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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 10:25

The three must-get-theres est un film étonnant à plus d'un titre; c'est une parodie parfaitement assumée, des Trois mousquetaires d'ailleurs, comme le jeu de mots glorieusement affligeant du titre le laisse comprendre. Une pochade tellement délirante qu'on jurerait qu'elle a été conçue pour le plaisir d'une soirée privée, d'autant que les décors en sont "volés" à Douglas Fairbanks, qui venait de tourner sa version du roman de Dumas. Fairbanks avait de l'humour, il aimait bien Linder, il n'a pas eu à se faire prier trop longtemps pour prêter ses décors et son studio...

Après les deux films Américains précédents (Seven years bad luck et Be my wife), plus sophistiqués, c'est toujours un peu curieux de voir Linder se vautrer dans une telle débauche de gags idiots, mais la plupart sont très inventifs. Beaucoup d'entre eux utilisent un don pour le gag chorégraphié, comme dans Seven years bad luck, et l'observation est souvent mordante. Les clichés et les passages obligés du roman sont soulignés, les anachronismes pleuvent Linder et son équipe ne font aucun effort pour cacher poteaux et fils électriques, les gardes du Cardinal se déplacent à moto, on utilise le téléphone, etc...

L'ensemble est une inventive pochade qui permet en somme de s'amuser sans pour autant se prendre au sérieux... Mais ce n'est en rien un effort destiné à rire entre amis, le film a vraisemblablement été conçu dès la base comme un film pour le grand public, au vu des moyens, et du casting: Bull Montana, Jobyna Ralston y participent, et le grand Fred Cavens a servi de consultant pour le travail d'escrime... Et certaines séquences ont un pouvoir assez fort, puisqu'il m'est désormais impossible de voir le film de Fairbank et Niblo sans penser à celui-ci, ce qui tend à détruire un peu l'effet de sérieux...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet 1922
20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 10:23

Be my wife, longtemps invisible dans une copie intégrale, est le deuxième film de long métrage de Linder aux Etats-Unis. Il semble conçu largement pour en finir une bonne fois pour toutes avec le style très boulevardier de l'auteur, qui s'apprète à changer, en tournant deux longs métrages bien différents: The three must-get-theres d'une part, une parodie échevelée, et la comédie Le Roi du cirque.

Le film est à nouveau doté d'une intrigue qui part d'une situation sentimentale: Max aime Mary et Mary aime Max, mais la tutrice de cette dernière (Caroline Rankin, qu'on reverra dans le film suivant) préfère Simon, un gros benêt. Les deux amoureux usent de stratagèmes pour se voir, jusqu'au grand jeu utilisé par Max pour conquérir la tante de sa future épouse: il y est question de faire croire qu'un voyou s'est introduit, et que Max est le seul apte à le faire déguerpir. Un sujet qui fera le bonheur de Charley Chase quelques années plus tard dans une séquence de Mighty like a moose... La comparaison avec Chase est d'ailleurs intéressante: une grande part des ennuis de Linder est basée sur l'embarras. Il n'est pourtant pas entièrement assimilable au comédien Américain, victime toujours plus ou moins innocente: Max, lui, s'attire les ennuis tout seul...

La deuxième partie est quant à elle située après le mariage, avec des quiproquos liés à un endroit qui est à la fois la maison d'une couturière, un speakeasy et un lieu de rendez-vous fripons. De fait le film s'essouffle tout en conservant un rythme assez rapide, mais à trop vouloir charger la barque, Linder a été trop loin. Et le film est son dernier situé dans la grande bourgeoisie, un domaine déjà largement squatté par DeMille: les comiques, eux, savaient situer leurs films chez les gens modestes, voire dans le monde de la misère.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1921
20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 10:19

Les films interprétés et parfois dirigés par Linder en France jusqu'à 1916 ne sont pas selon moi des sommets d'inventivité comique, contrairement à ce qu'on en dit. Vus par le biais d'extraits, au sein de la compilation réalisée par Maud Linder (L'homme au chapeau de soie) ils donnent l'impression d'un ensemble impressionnant, mais les films vus en entier souffrent de leur côté démonstratif, appuyé, de leur aspect boulevardier sans le culot d'un Lubitsch. Le premier grand problème (Le deuxième étant son état de santé) de Linder au moment de sa tentative Américaine de 1917, pour la Essanay, c'était de traduire son style en l'adaptant au burlesque Américain, reposant plus sur un comique d'observation que sur les variations sur les comportements sociaux.

C'est justement ce qui fait le prix de Seven years bad luck tourné 3 années plus tard: certes, Max Linder y est un bourgeois sur le point de se marier, élégant et séducteur, mais il est surtout amené à prendre la fuite à cause des malheurs qui s'accumulent sur lui. Il a cassé un miroir, et sa fiancée l'a immédiatement quitté, ce qui l'amène à voyager pour oublier, et à être confronté à des situations comiques, toujours exposées in extenso, et à la logique implacable.

Il rejoint de fait Harold Lloyd, dans ce film comme le suivant, puisque chaque situation le pousse à rivaliser d'ingéniosité (Parfois franchement malhonnête) pour se tirer d'un mauvais pas. La scène la plus connue est bien sur le gag du miroir, qui a été inventé bien avant, mais comme l'a démontré David Kalat, il est bien difficile de savoir par qui. Mais il y a d'autres scènes, autant de constructions ouvragées et maniaques: une séquence peut retenir l'attention par le fait que Max Linder s'y comporte comme aucun autre acteur ne l'aurait fait, ni Chaplin, ni Laurel, Ni Lloyd, ni Keaton ou Langdon. a moins que... Arbuckle, peut-être. Réfugié dans une cage avec un lion, pour échapper à la police, il met constamment les agents au défi de le rejoindre pour l'arrêter... La scène joue sur le déguisement comme une grande partie du film, mais pas le costume de Max: un singe a chapardé le képi d'un policier, et un autre porteur d'uniforme se voit contraint de porter une armure pour affronter les fauves.

Contrairement à Keaton et Chaplin, si le comédien Français se met dans les ennuis dès qu'il se confronte au monde, il entraîne consciemment les autres à sa suite, pour notre plus grand bonheur... le film est élégamment mis en scène, fort bellement photographié, et le montage en est d'une grande rigueur... Ce qui est une prouesse, tant le script donne l'impression d'avoir été assemblé avec des séquences disjointes, dont je ne serais d'ailleurs pas étonné d'apprendre que certaines ont été improvisées! 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet 1921
19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 17:02

Max veut faire du théâtre, et la belle Jane également... sauf que ces deux-là ne se connaissent pas, du moins pas encore. Mais de toute façon, leurs parents respectifs ne souhaitent en aucun cas que leur progéniture se fasse voir sur les planches. Et on veut les faire se rencontrer, afin de les marier... Comme ils ne se connaissent pas, l'un et l'autre ont la même idée: se déguiser en se rendant si repoussant que l'autre ne pourra pas être séduit, et ainsi échapper au mariage arrangé... La rencontre a bien lieu, et le jeu d'enlaidissement bat son plein... Jusqu'à ce que...

Jane Renouardt, je l'ai déjà dit ailleurs, est l'une des plus importantes rencontres de la vie de Max Linder. Comédienne, n'ayant peur ni du ridicule ni de payer de sa personne, elle a parfois eu une sorte d'égalité virtuelle en partageant e titre avec son partenaire, comme ici. Et la comédie est fort drôle dans ce film quasi totalement visuel: Même si on se doute qu'il s'agit d'un accident de préservation plutôt que d'une volonté des auteurs, le film est présenté avec en tout et pour tout un seul intertitre. Ainsi on devine la teneur de la conversation des jeunes gens avec leurs parents (Max avec son père, Jane avec sa mère) par leurs seuls gestes. Et le processus d'enlaidissement (Particulièrement difficile pour Jane Renouardt) y est laissé aux seules images. Max a choisi un fax dentier ridicule, et Jane a fait confiance à sa seule coiffure pour se ridiculiser, même si elle choisit à un moment absurde (Et fort politiquement incorrect) de faire peur à Max en se déguisant, hélas, le mot est celui qu'on utilisait à l'époque, en "négresse". La réalisation par l'un et l'autre est un moment de pur charme cinématographique, qui rappelle que max Linder, le prince du rire en Europe, avait l'ambition à peine cachée de réaliser des films sentimentaux, et l'aurait fait si le monde entier ne l'en avait empêché: Pathé ne voulait pas tenter la chance, et son public voulait que Max reste un amuseur...

La fin attendue de cette histoire (Réalisation des tourtereaux, puis début de l'idylle) est située 6 minutes avant que la bobine ne se termine, ce qui laisse penser que le film a peut-être été allongé après coup. Quoi qu'il en soit, Max Linder s'est amusé à jouer un peu avec ses spectateurs en leur montrant la vie conjugale de Max et Jane sous la forme d'un pur cauchemar: la jeune femme est restée au taudis familial pour s'occuper de leur enfant, et semble malheureuse, la robe déchirée et les cheveux sales... Quand Max rentre, les habits déchirés, il s'emporte contre elle parce que la seule bouteille de vin présente est vide. Puis il la bat, et enfin la poignarde, avant de mourir d'horreur...

Le rideau tombe, les spectateurs applaudissent à tout rompre, et Max Linder et Jane Renouardt reviennent saluer leur public, aux premiers rangs desquels leur parent respectif... Ouf. C'est la fin d'une comédie remarquablement bien troussée, qui figure aujourd'hui en HD dans la compilation de dix courts métrages sélectionnés parmi les films d'avant la première guerre mondiale par Maud Linder, dans le coffret qu'elle a consacré à son père, aux Editions Montparnasse. C'est, de loin, l'un des meilleurs.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet
19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 17:00
Vale (Alejandro Amenabar, 2015)

Je n'aime pas la pub, à plus forte raison la publicité pour le vin ou l'alcool, ces produits pour sous-développés du bulbe. Mais lorsqu'une marque de bière propose à Amenabar de réaliser un film à vocation publicitaire, et que celui-ci décoche un court métrage de plus de dix minutes sous forme de comédie, on en redemande. Oui, vous avez bien lu: une comédie... L'auteur de The others a de l'humour, mais ce n'est pas ce à quoi il nous a habitués, ces derniers temps...

Une touriste Américaine (Dakota Johnson) visite l'Espagne, et se lie avec un groupe d'autochtones. On pourrait s'attendre à ce qu'elle soit larguée durant les conversations, mais en fait c'est un jeune homme de la bande (Quim Guttierez), ne parvenant pas à baragouiner le moindre mot d'Anglais, qui est perdu. D'autant qu'il en pince pour la belle.

C'est tendre, finement observé, et en plus c'est conclu par une fin ouverte. Sur laquelle je ne dirai rien, mais la bière semble y jouer un rôle important... Pour ceux que ce breuvage pour touristes en short ne rebute pas, c'est un plus...

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Published by François Massarelli - dans Alejandro Amenabar Espagne Comédie
18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 15:18

Max Linder interprète, dans ce film d'une bobine entière (Qui totalise 17 mn) une sorte de double de lui-même, ce qu'il fait souvent à cette époque. Le Max de l'écran habite généralement des appartements chics, est un bourgeois raffiné, et un Parisien des pieds à la tête. Et c'est un artiste, bien sur, puisque il est supposé être LE Max Linder! Et cet artiste a des amis qui sont eux aussi des artistes, tel Harry Fragson, qui est ici son partenaire. Fragson, auteur-compositeur-interprète de variétés, était un chanteur pas comme les autres, car non seulement il composait, mais en prime il s'accompagnait au piano. Habitué des planches, et mort en 1913, il n'a pas laissé d'autre trace filmique que ce court métrage...

L'argument du film commence par l'annonce faite à Max de l'arrivée à Paris de son ami Fragson. Il va le chercher à la gare (L'artiste vient de Londres), et tout va bien jusqu'à ce qu'on apporte le piano, qu'il va falloir remorquer dans les rues de Paris... Puis les deux hommes s'installent, et une jeune femme (Jane Renouardt ou Renouard, une collaboratrice très fréquente de Linder) se présente: elle vient répondre à l'annonce posée récemment par Linder, qui cherche une bonne. Les deux hommes sont tout de suite frappés par a beauté de la jeune femme, et vont se livrer une concurrence acharnée, allant jusqu'au duel! Mais la providence (Et la jeune femme, qui a déjà fait son choix entre les deux amis) veille...

C'est plaisant, d'autant qu'au milieu d'une intrigue qui fait la part belle à un certain sentimentalisme, les deux amis Linder et Fragson utilisent un gimmick idiot mais plaisant, celui de se sauter dans les bras à la moindre occasion, pour marquer leur complicité. Et le rôle dévolu à Jane Renouard (Qui inspirait aussi beaucoup les peintres et les photographes, et que voulez-vous, paris sera toujours Paris!) dépasse celui d'une potiche, ce qui est aussi une nouvelle évolution intéressante du cinéma de Linder. Et pour finir, le réalisateur a trouvé mieux que la pirouette de scénario finale (Que je vous laisse découvrir) pour ajouter une fin marquante, il a imaginé un final absurde dans lequel Fragson commence à jouer du piano, et tout le monde se met à danser à l'écran... y compris les meubles.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 17:38

Il n'y aurait pas grand chose à dire sur ce film s'il ne s'agissait en fait d'un de ces mystères filmographiques dont le muet est riche, et dont la carrière oubliée et largement perdue de Max Linder regorge de façon excessive. Je m'explique: d'une part, au visionnage, le film est embrouillé et même brouillon: alors qu'elle discute avec un homme, une lettre de Max lui donne rendez-vous dehors... avec un âne. Elle convient de quelque chose avec l'homme, qui disparaît du film. A l'extérieur, elle monte d'abord sur un âne authentique, avant de se retrouver juchée sur un homme déguisé en âne. C'est le seul animal qui restera, et en dépit du fait qu'il s'agit d'un déguisement, ce ne sera jamais soulevé dans le reste du film... Les copies Anglophones sont pourtant différentes (Dans leurs intertitres, et dans l'intrigue): bien sur, l'homme qui est caché dans le costume d'âne est le rival de Max, qui s'avère d'ailleurs être le fiancé officiel de la dame. Par contre pas plus dans les copies disponibles en Anglais que dans les originales, on ne trouve la moindre révélation de "l'identité" de l'âne! Quoi qu'il en soit, les questions soulevées par le film sont les suivantes: quel est la version originale? Le synopsis fourni sur le site de Pathé va dans le même sens que a version Anglaise, on peut donc en conclure qu'il s'agirait de la version d'origine. L'autre est tirée des collections de Maud Linder, celle-ci aurait-elle réadapté le film à sa convenance (On sait qu'elle a souvent été amenée à procéder à des petits arrangements de la sorte)? Et si oui, pourquoi? Enfin, existe-t-il une copie plus complète? Autant de questions auxquelles il est bien sur impossible de répondre, et tant pis, car avec sa poursuite sur les toits filmée poussivement dans les studios Pathé, avec ses toiles peintes, le film est un objet bien poussiéreux.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 13:35

Encore un film de Max Linder qui part d'une situation médicale: comme Max Linder ne se sent pas bien, il va voir un médecin qui lui prescrit de boire un verre de quinquina par jour. Avec son épouse, il ne trouve qu'un seul verre pour absorber le liquide, le médecin lui ayant conseillé d'utiliser "un verre à Bordeaux", ils choisissent donc un immense récipient, sur lequel est estampillé "Souvenir de Bordeaux"! Inévitablement, Max se sent bien mieux après absorption de la boisson, et part en vadrouille immédiatement. Il se rend dans un café où il se fâche avec plusieurs clients. Tous lui donnent leur carte, et il terminera la journée en revenant se coucher... mais pas chez lui, ce qui provoquera des problèmes.

C'est l'un des films les plus connus de Linder, et l'un de ses plus classiques aussi. On constatera plusieurs aspects dans cette bobine qui lient l'oeuvre de Linder à celle de Chaplin: une certaine tendance dans ce film à s'attacher avec minutie à tous les gestes d'un fêtard, dont l'enchaînement des tribulations provoque également un enchaînement des catastrophes, est à la base de One A. M., mais aussi de The Rounders (Tourné par Chaplin en collaboration avec Arbuckle), et cette veine comico-éthylique se poursuit chez Chaplin jusqu'à City lights. Pour Linder, on pense bien sur à quelques séquences de Seven years bad luck, mais aussi à Be my wife qui tourne beaucoup autour de la soûlographie à l'age de la prohibition. Mais dans Max victime du quinquina, on constatera aussi un début de prise de conscience esthétique pour Linder qui jusqu'à présent tournai ses films sans trop se préoccuper de l'image. Un plan est frappant par son côté comique: après l'absorption du liquide, une voiture est en attente devant la maison de Max. Elle est vue de l'arrière, et simultanément, Max (A gauche) et un autre monsieur (A droite) entrent dans le véhicule. Une fois dedans, ils sortent immédiatement, se retrouvent tous les deux au premier plan pour se confondre en excuses, Puis... retournent ensemble pour rejouer exactement la même scène. Une simple observation débouche ici sur un effet visuel, qui confine à l'absurde. Voilà qui place immédiatement Max à l'avant-garde des comiques Français. En même temps, au vu des films de Bosetti, Jean Durand et Georges Monca, ce n'était pas trop compliqué!

Dans le film tel qu'il se déroule, on trouve un autre lien avec Chaplin, mais qui débouche sur une curieuse absence de scrupules: là ou Chaplin aime beaucoup montrer ses personnages qui défient les moments solennels en affichant ouvertement des remontées de gaz grossières, l'artiste s'arrêtait toujours à temps: mais là ou Chaplin jouait à nous faire croire qu'il vomissait depuis le bateau de The immigrant, Linder lui vomit carrément dans le chapeau d'un de ses antagonistes, qui va en plus mettre le chapeau sur sa tête, et en recevoir l'inévitable conséquence. C'est presque choquant,..

Avec ses qualités et ses défauts, ce film montre en Max Linder un auteur décidé à forger sur les bases qu'il a installées auprès du public (Un ton, un univers et un personnage qui sont tous distinctifs, reconnaissables et appréciés) un comique qui va jouer, de plus en plus, sur la précision des gestes. Une tentation du raffinement, que ne permettait pas toujours ni l'économie particulière du cinéma comique Français dans lequel il fallait travailler vite et sans trop dépenser, ni le tempérament de Linder qui filmait tout ce qui bouge sans jamais prendre le temps de s'arrêter. En attendant, avec ce film qui s'est très bien vendu dans le monde entier à partir de sa sortie en janvier 1912, Max Linder a définitivement imprimé sa marque.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 11:29

Mise en abyme superbe, le film commence par l'arrivée de Max Linder, timide, chez Charles Pathé, qui le regarde à peine! C'est d'autant plus inattendu que Linder était vraiment à cette époque LA grande vedette de chez Pathé... La suite est inévitable: on essaie max devant la caméra, et celui-ci ne sait pas vraiment comment se placer, et s'en remet à ses réalisateurs (Lucien Nonguet et George Monca jouent ici leur propre rôle, pendant que Gasnier assure la mise en scène effective du film lui-même. Le "cinéma dans le cinéma" n'a pas attendu les années 20). Max Linder interprète un vaudeville comme il en avait l'habitude, mais ici se fait humilier en direct par l'utilisation d'un tuyau d'arrosage, pendant que les réalisateurs imperturbables continuent à assurer leur métier avec un flegme rare...

C'est un classique, bien sur, et le premier d'une longue série de films dans lesquels Max Linder revient avec humour sur sa propre situation. Non seulement il le fait avec humour mais il sait aussi se moquer assez méchamment de sa propre image. Et ce court métrage est émouvant, quand on pense qu'il s'agit d'une des premières manifestations des coulisses du 7e art, pour un public qui devait découvrir ce monde avec une certaine curiosité...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 11:24

Un jeune ménage a tout pour le bonheur, sauf un enfant... Mais les mois passent, et toujours rien, du coup les amoureux commencent à se quereller pour un rien. Jusqu'à ce que Monsieur tombe sur une publicité inattendue: un laboratoire a créé une technique de reproduction assistée, infaillible... Une potion à avaler pour madame, et hop: un gosse! Ils se rendent sur place, payent la somme convenue, et... une, deux, trois, quatre... les naissances s'accumulent. Le dernier plan, effrayant, montre Max Linder en proie à une crise de larmes, au milieu de dix bébés qui ne sont pas en reste non plus... Image traumatisante s'il en est, je pense que ce film serait sans doute réalisé avec un peu plus de délicatesse aujourd'hui...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie