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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 18:14

Un comptable Américain, Harry (Nicolas Rimsky), francophile jusqu'à la naïveté (il passe le plus clair de son temps de travail à lire une vieille édition d'un roman de mousquetaires et rêve de vivre "là-bas", rencontre une jeune femme (Dolly Davis) qu'il croit, dans son délire chevaleresque, sauver du suicide, et ils deviennent inséparables. Ils se fiancent, et quand Harry gagne de l'argent grâce à un coup en bourse, il décide qu'ils vont s'offrir un voyage mémorable à Paris, au terme duquel il envisage un mariage face à Notre-Dame!

Mais rien, alors rien du tout, ne se passera comme prévu! Pour commencer, lors du voyage organisé, Harry passera son temps à ralentir la troupe à cause de sa maladresse; ensuite, il va vite être supplanté par un bellâtre, nobliau de surcroît. Et pour finir, il va se perdre...

L'idée de Nicolas Rimsky, auréolé d'un beau succès pour son film précédent, était de contribuer avec Albatros à rendre le cinéma français international. Juste retour des choses, le film est construit sur une optique que les cinéastes jugeaient internationale, marchant aussi bien en France (caricature tendre des Américains visitant la France) qu'à l'étranger (un Paris éternel, mais parfois bien embrouillé pour le voyageur). Le film a eu du succès, mais il n'est pas la meilleure comédie de tous les temps loin de là. Au moins permet-il de nous rappeler l'existence, au sein de la décidément bien versatile compagnie de Montreuil, d'une équipe d'excentriques qui tentaient de faire sienne le slapstick, en le francisant un peu. Ici, on appréciera de quelle façon les cinéastes suivent l'exemple de Gance et Volkoff en se livrant à quelques prouesses de montage, et une visite express du Louvre (reconstitué en studio, et on y voit au moins deux "Jocondes"!)... Le reste est parfois un rien franchouillard quand même. Pas mal pour un Russe!

 

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Published by François Massarelli - dans 1925 Muet Comédie Albatros Nicolas Rimsky
7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 18:04

Il y a dans ce film court (19 minutes) un parti pris de non-subtilité, qui renvoie à tout un courant du cinéma, dans lequel se sont parfois illustrés, chacun à sa façon, Javier Fesser, Jan Kounen, Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, et même Terry Gilliam. Donc ça commence bien, mais... J'ai dit non-subtilité, et c'est vrai, donc ça peut aussi rebuter un poil. 

Ca commence de façon fort charnelle, mais la scène torride est une fausse piste... Jusqu'au moment ou la dame (Géraldine Martineau) mord de façon très sauvage le monsieur (Moustafa Benaïbout) qui ne s'y attendait pas. Le lendemain, Daphnée doit donc laisser momentanément Karim pour rejoindre ses parents, mais le jeune homme décide de lui faire une surprise et se cache dans le Scénic avec du champagne, répétant son texte: "Surprise!" pour se préparer au bon moment.

Il entend donc sa fiancée inviter un homme dans sa voiture, les entend parler avec une complicité troublante, et... les entend arriver, discuter avec les parents, puis... il entend le coup violent porté par Daphnée à la tête de l'autre homme. Après, ça vire au grand d'importe quoi comme il convient à un film burlesque sur l'anthropophagie des aristocrates... Delicatessen, en moins soigné, rencontre ici la bande dessinée Les Crannibales de Jean-Claude Fournier.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Yum yum
6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 18:33

Curieuse carrière que celle du cinéaste Arnold Fanck, un tenant conservateur d'une Allemagne forte qui durant les années 20 s'est réfugié en cinéaste dans sa passion: la montagne... Un metteur en scène qui ne pouvait faire des films que dans la neige et dans des conditions limite! Il est principalement célèbre pour avoir mis le pied (ou les crampons) de Leni Riefenstahl à l'étrier, ce qui n'est pas rien. Mais quand on pense à la plupart de ses films, des drames d'aventures dans lesquels l'humain est systématiquement confronté à la mort dans une nature plus forte que lui, on ne pense pas forcément à la comédie.

Et pourtant...

Dans Le Grand Saut, un citadin qui pense s'étioler dans la grande ville se voit prescrit par son médecin un séjour dans les Dolomites, où il va s'illustrer par sa gaucherie en matière d'alpinisme. Mais il va aussi y faire une rencontre, celle de Zita, tout son contraire, une paysanne bondissant de rocher en rocher comme si c'était des galets. Il est amoureux, elle n'est pas indifférente, il va donc lui falloir gagner une course à skis pour la conquérir!

Le film est donc une comédie, authentique, dans laquelle Fanck mâtine ses aventures Alpines d'une grande dose de slapstick, d'une solide rasade d'absurde et même occasionnellement de surréalisme. Le fait que le "héros" soit dans la vraie vie un illustre champion de ski n'y fait rien: dans le film, il est un piètre skieur, qui va devoir s'améliorer et se prendre en charge physiquement, au pris de prouesses certes mais aussi et surtout d'un système D à toute épreuve... Une structure qui n'est pas sans rappeler les films contemporains de Keaton. Pour Fanck, qui s'est beaucoup amusé avec son script, tous les coups sont permis: ralenti, retour en arrière, accéléré... Mais il demande à ses acteurs et surtout à Leni Riefenstahl la même discipline que dans les autres films. Il faut donc la voir, escalader à mains et pieds nus, une arête rocheuse de  mètres, en vrai... Elle n'est, par contre, pas forcément douée pour la comédie.

Bon, admettons qu'il n'y a pas forcément lieu d'y passer deux heures, sauf si on aime le ski-pour-rire; mais la copie est si belle, et les paysages si photogéniques... C'est assez rare pour être mentionné: un film Allemand de 1927, qui a survécu dans une magnifique copie de première génération, absolument 100% complète!

 

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Published by François Massarelli - dans Arnold Fanck Muet 1927 Comédie
5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 10:40

Ce n'est pas la première adaptation du roman de Louis Pergaud, mais la deuxième: La Guerre des gosses de Jacques Daroy et Eugène Deslaw est sorti en 1936. Mais la version d'Yves Robert reste la plus célèbre des adaptations du roman... Un roman qui portait en sous-titre "Roman de ma douzième année", et ce n'est pas un hasard: que cette histoire soit ou non authentique, elle résonne auprès de chaque enfant, ou de chaque personne qui a été un enfant... du XXe siècle en tout cas.

Nous suivons donc les mésaventures des garçons de l'école de Longeverne, contre leurs ennemis jurés, de la commune voisine de Velrans. Ils se définissent, simplement, par leur appartenance à l'une ou l'autre localité, les Longeverne contre les Velrans. Un prétexte au début du film permet d'expliciter la source de la discorde, lorsque deux Longeverne, les Gibus (le grand et le petit), tentent de vendre des carnets de timbres pour les tuberculeux, à des habitants qui ont tous déjà payés... aux Velrans. Si vous voulez mon avis, si ça n'avait pas été ce prétexte, il y en aurait eu un autre...

Les luttes sont quotidiennes, agressives, homériques évidemment, et les petits Longeverne et Velrans se forgent une sorte de culture héroïque et patriotique bien à eux, avec leurs valeurs (à cul les Velrans!), leurs symboles (les boutons de vêtements des adversaires qu'on a récolté au combat), des places fortes (la cabane au destin funeste), les cris de guerre (Couille molles! Peigne-Culs!), les chefs (Lebrac d'un côté, Laztec de l'autre), et même les techniques guerrières: ainsi seront testés, avec plus ou moins de bonheur, la cavalerie, les chars, et... le nudisme, dans une séquence bien connue. Ce sont tellement de vais guerriers, qu'il y a même un traître parmi les Longeverne... Le film a tout de la comédie initiatique, reposant sur le fragile équilibre entre le vert paradis de l'enfance, et l'impression d'une violence monumentale et cruelle, sauf que...

Ce n'est pas si drôle, en fait. Yves Robert a tourné une large partie du film comme une comédie, mais c'est aussi une question de point de vue. Il fait du public le complice adulte des parents, et ces complices sont invités à garder un sourire tendre face à ces enfants qui se font une montagne d'un rien, et qui apprennent la vie à leur façon, à l'imitation lointaine des adultes... Mais la musique ne nous trompe pas, le plus souvent elle adopte strictement le point de vue des enfants. Et les enfants, justement, voient ici beaucoup plus loin que les adultes. Leur lutte est idiote, inutile, dangereuse même, mais ils savent s'arrêter avant de devenir... trop cons. Et les aventures du petit Lebrac, leader le jour, souffre-douleur d'un père violent la nuit, ne sont ni de la blague, ni une petite historiette de rien du tout. C'est ce qu'a compris l'instituteur (Pierre Trabaud), qui va épauler Lebrac pour sa première journée en pension, lorsqu'il paiera pour l'ensemble de ses "crimes"... Lebrac, l'écorché vif, est une tendre, mais il souhaite que ça reste privé. Nous sommes donc les seuls à le savoir... La musique de José Berghmans, volontairement intensément dramatique au fur et à mesure de la progression du film, semble donc nous raconter une autre histoire qu'une simple plongée vaguement nostalgique dans l'enfance. Une histoire qui aurait pu dégénérer aussi: rappelez-vous de No greater glory de Frank Borzage dans lequel insidieusement, la guerre des enfants débouche sur un parfum de nazisme. Ou encore rappelez-vous de Sa majesté des mouches, le roman impitoyable de William Golding.

Et l'une des clés de ce film tendre, mi-figue mi-raisin, est sans doute à prendre quelque part entre la scène où, sans crier gare, les parents Longeverne (Jean Richard, Pierre Tchernia, Michel Galabru) se querellent avec les parents Velrans (Jacques Dufilho, Robert Rollis, Paul Crauchet) pour un rien avant de se rabibocher autour de... six bouteilles de vin (appartenant à trois hommes qui n'étaient pourtant partis que pour quelques heures), et la scène finale lorsque les deux leaders des gamins, réconciliés, se demandent s'ils réussiront à être plus intelligents que leurs parents.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Yves Robert
30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 17:07

Donc, on ne sait pas, et on ne saura probablement jamais, qui a réalisé ce tout petit film Gaumont, qui est tout sauf typique de la production comique de l'époque. Parce que si l'argument manque de sophistication (un ouvrier en repos passe de troquet en bistrot, drague à tout va, se bat et boit, avant de se faire corriger de façon sévère pas son épouse qui n'a rien d'une tendre amante), la réalisation elle est une grande première: il a été décidé de traiter l'intégralité du film en ne cadrant que les jambes du protagoniste (jusqu'au dernier plan, qui nous révèle des visages grimaçants qui justifient pleinement le fait de les avoir cachés!), à une époque où les films étaient surtout réalisés en plans généraux...

Ce principe sera repris en Italie par Marcel Fabre dans un Amor Pedestre, un court métrage de 1914, puis par Gaston Ravel et Jacques Feyder avec Des pieds et des mains (1915). On peut aussi se rappeler du Roman de Max, de Max Linder, qui faisait vivre non seulement une histoire d'amour à Max et sa partenaire Lucy D'Orbel, mais aussi à leurs chaussures respectives! Comme quoi une bonne idée, au cinéma, est rarement sans descendance... 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet
27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 13:28

Une jeune sirène (Darryl Hannah) s'entiche d'un jeune homme, Allen Bauer (Tom Hanks)maraîcher et chef d'entreprise à New York. Elle l'a rencontré dans sa jeunesse, puis une nouvelle fois lors d'une promenade à Cape Cod. Il est un peu décontenancé par son comportement, mais il s'adapte d'autant plus qu'elle est irrésistible... Mais elle ne peut se résoudre à lui dire la vérité. Pendant ce temps, un scientifique qui lui aussi a rencontré "Madison" la sirène, essaie de mettre sa main sur elle pour réussir à exister auprès de ses pairs...

A l'origine de ce film (qui aurait pu être un désastre absolu!) il y avait une démarche qui est à l'opposé de ce qui se pratique aujourd'hui... Disney souhaitait permettre à des films plus compliqués, plus adultes, que leur production habituelle, et a donc inauguré Touchstone Pictures, une nouvelle enseigne destinée à cette fonction. Donc Splash!, avec tous ses ingrédients qui aujourd'hui l'apparentent sans problème à un film pour les plus jeunes, était donc avant tout destiné aux adultes... Il est d'ailleurs question de sexualité (sur le frigo, manifestement), de solitude, d'obsession sexuelle (le personnage du frère d'Allen, joué par John Candy), et le film est fermement une comédie, qui utilise le merveilleux plus qu'un film fantastique qui occasionnellement débouche sur la comédie.

...Et ça marche, le film reprend un peu à son compte une sorte de penchant du cinéma des années 80 pour le retour à l'innocence, après la violence post-60s; les personnages sont adorables, et Tom Hanks est, déjà, d'une solidité à toute épreuve. Une bonne part de la comédie vient d'ailleurs des difficultés de son personnage à se couler dans le moule. La charmante sirène, qui est pour une grande part du film habillée en sirène, si vous voyez ce que je veux dire, fournit aussi un décalage inattendu et parfois effectif... Admettons que bien des aspects ont vieilli (John Candy, Eugene Levy en scientifique raté, etc) mais ce film qui n'a pas subi de formatage garde ses charmes...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Ron Howard
23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 12:16

Un homme qui croyait son épouse partie pour longtemps dans sa famille la voit revenir au pire moment... En effet il est en très bonne compagnie: afin d'expliquer la situation, il présente l'inconnue comme sa belle-soeur arrivée à l'improviste des Etats-Unis. C'est une bonne idée, sauf si sa famille Américaine choisit précisément ce moment pour arriver à l'improviste...

Je pense que tout est dit: on sait très bien où ça va. On notera un portrait particulièrement tordu de danois Américanisé, où le grotesque du pire mauvais goût l'emporte... Sinon, Lauritzen n'a pas encore eu la bonne idée de construire un film autour de, disons, deux vagabonds. Ca, ce serait une bone idée, non?

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Published by François Massarelli - dans Comédie Lau Lauritzen Muet DFI
23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 12:05

Nokke (Rasmus Christiansen) et Joregensen (Charles Willumsen) sont deux ouvriers du tramway de Copenhague, et ce sont les meilleurs amis du monde. Cependant il y a une ombre au tableau: Jorgensen boit, et pas qu'un peu. Nokke essaie de lui faire entendre raison... Jusqu'au jour où son copain finit à l'hôpital; Nokke se met en quête d'aller l'y retrouver, mais ça se passe mal: il est tellement incohérent qu'on cherche très vite à l'interner à son tour...

L'impression qu'on va assister à un plaidoyer anti-alcoolique s'estompe très vite, d'autant que le personnage de Jorgensen utilise beaucoup sa soûlographie pour déclencher les rires, surtout quand on le voit tenter d'attraper les mouches dans sa cellule capitonnée comme le premier Renfield venu... L'intention est donc de faire rire, avec une situation idiote qui dégénère en course-poursuite dans un hôpital... Ce qui est distrayant, comme peut l(être un Mack Sennett très moyen.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Lau Lauritzen DFI
23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 11:53

Le colonel Serjberg Oscar Stribolt) s'oppose à ce que son ami le pharmacien (Rasmus Christiansen) ne vienne courtiser sa nièce (Kate Fabian); le jeune homme comprend que c'est essentiellement la jalousie et la frustration qui poussent l'oncle à refuser le bonheur de sa nièce, et il imagine un stratagème pour lui faire entendre raison, qui implique une potion d'amour un tant soit peu bidon...

Lauritzen se cherchait, et avec lui sans doute toute la comédie Danoise... Les ficelles du boulevard, une vulgarité assumée et bourgeoise, sont les ingrédients essentiels des comédies qu'il a tournées avec le fort rondouillard Oscar Stribolt; et invariablement, les femmes deviennent un ensemble caquetant de jeunes gourdes qui ne peuvent aller que par groupes de quatre ou cinq; ici, elles se prêtent volontiers à la comédie, en faisant croire au colonel qu'il est irrésistible... D'ailleurs parmi les gens qu'il croit séduire, on peut aussi voir notre ami Carl Schenström en jardinier complice...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet DFI Schenström & Madsen Lau Lauritzen
13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 18:53

Tartarin, rentier, vit à Tarascon et se trouve être un peu la mascotte de la ville: dans la douceur locale, on accepte plutôt bien ce matamore, obsédé par la chasse aux fauves, sur laquelle il a lu, tout lu, et tout retenu, au point d'en faire des causeries à n'en plus finir. On accepte, jusqu'au jour où le soupçon qu'il se préparerait à partir pou de vrai commence à poindre. Tartarin, qui ne l'avait pas projeté, se retrouve obligé s'il ne veut pas entacher l'honneur de la commune, de partir chasser le lion en Afrique du Nord... Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est d'une part qu'il soit un imbécile, un beau, un gros. D'autre part, il n'avait pas prévu non plus que d'autres s'en soient aperçus bien avant lui, et ne cherchent à profiter de cette impressionnante naïveté. Pendant ce temps, tout Tarascon attend des nouvelles de son héros...

Côté pile, c'est un film pour changer, après des films muets flamboyants et totalement au-dessus de la mêlée (Le miracle des Loups - 1924, Le joueur d'échecs - 1926, Tarakanova - 1929), et trois films parlants dont deux sont particulièrement notés: Les croix de bois en 1932, et surtout l'impressionnant Les misérables de 1933, en trois parties. On passe donc de Dorgelès et Hugo, à la farce de Daudet... C'est vrai que ça change, mais si les dialogues, caution provençale oblige, sont de Marcel Pignol, le film est malgré tout soigné: on a du empêcher le dramaturge cinéphobe d'approcher le plateau, ouf! Tartarin, c'est Raimu, et ça lui va comme un gant. Il ne fait aucun concession à qui que ce soit et traverse le film à la hussarde, donc si vous n'aimez pas Raimu, vous détesterez Tartarin!

Raymond Bernard n'est sans doute pas allé vers ce film comme il avait fait ses Misérables, et c'est peut-être ce qui l'avait motivé, justement. Et il y trouve l'occasion de se placer dans un entre-deux intéressant: une comédie qui lui permet évidemment comme à Daudet de se moquer des sous-préfectures et de leur médiocrité (un thème plus que récurrent chez l'auteur du Sous-préfet aux champs), mais aussi de faire un portrait tendre d'un imbécile qui va bien finir par s'apercevoir qu'il n'est pas ce qu'il prétend. Tendre, oui: c'est qu'on l'aime bien, à Tarascon, ce bon Tartarin...

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Published by François Massarelli - dans Raymond Bernard Comédie