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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 16:08

En sept (ou huit) historiettes, le diable nous fait la démonstration de son emprise sur l'homme, qui s'essaie malgré tout mais sans grand succès à une relative obéissance aux dix commandements. Michel Simon, qui travaille comme homme à tout faire dans un couvent, sert de prétexte initial, puisqu'il incarne un homme foncièrement bon mais un peu rustique, qui a le "nom de Dieu" un peu trop prompt, ce qui a pour effet de choquer les chastes oreilles qui l'entourent; Henri Tisot, fidèle client d'une boîte de strip-tease, a le privilège de rencontrer son idole, la belle strippeuse Tania (de son vrai nom Mauricette, incarnée par Dany Saval), mais la réalité va le faire sérieusement déchanter; Charles Aznavour, prêtre défroqué, ourdit une vengeance froide sur Lino Ventura en caïd du milieu qui a causé la perte de sa soeur, sous le regard impuissant de Maurice Biraud, inspecteur de police; parce qu'elle convoite un collier qu'elle ne peut s'offrir, Françoise Arnoul va céder aux avances d'un playboy (Mel Ferrer) sans savoir que la maîtresse de celui-ci (Micheline Presles) en profiterait pour coucher avec son mari (Claude Dauphin); un homme qui se prétend Dieu (Fernandel) arpente les routes désolées d'Auvergne et tente de réconcilier les hommes avec la religion; Alain Delon, étudiant en médecine, apprend de son père que sa mère n'est pas sa mère. Il rencontre donc la vraie (Danielle Darrieux), et... déchante bien vite; Un cambrioleur (Louis De Funès) fait un hold-up et le caissier (Jean-Claude Brialy) tente d'en profiter pour faire un peu de chantage et d'escroquerie. Pour finir, on retourne au couvent du début...

On pourrait s'arrêter là, car le casting est un sacré argument, et encore nous pourrions ajouter qu'il y a aussi Mireille Darc à ses débuts, Noël Roquevert, pour un rôle court mais mémorable, George Wilson et Madeleine Robinson, ou encore Jean Carmet pour quelques minutes marquantes... Mais un casting ne fait pas un film... Un sujet, surtout gros et gras comme la religion, si, semble-t-il. Donc Duvivier, esprit naturellement sceptique et noir, mais qui a débuté dans le film religieux (dans les années 20) louvoie entre une certaine irrévérence de bon aloi, et une tentation de laisser planer le mystère: moraliste ou narquois?

Ce qui est sûr dans ce film fort bien fait, et dont le temps escompté pour chaque prestation d'acteurs, réussit fort bien et bien paradoxalement à limiter les excès d'ego de nos chers monstres sacrés, c'est qu'il y plane un soupçon de sexisme bien trop assumé, comme si souvent dans la comédie à la Française, et aussi un goût de beaucoup trop! D'ailleurs il en existe une version courte (la sortie générale, à 2 heures et 5 minutes) et un version longue de vingt minutes supplémentaires: le sketch avec Tisot. Inégal, mais parfois très distrayant, il n'ajoute pas grand chose à l'intérêt qu'on peut (et qu'on doit) porter à Duvivier.

...Mais vous avez vu le casting?

 

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Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier Comédie
23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 13:05

Selon Hitchcock lui-même, ce film serait le plus bas point de sa carrière... je ne suis pas d'accord, je pense personnellement que la place est prise par l'infâme Juno and the peacock... Et à mon humble avis The skin game est assez lamentable, bien moins intéressant que cette étrange comédie musicale.

Oui, une comédie musicale, ou plutôt une comédie dans laquelle la musique joue une place prépondérante. Elle conte les circonstances romancées qui virent Johan Strauss (fils) composer Le Danube Bleu, et triompher alors que son père refusait de lui accorder le moindre talent. Outre les deux Strauss (Esmond Knight le jeune et Edmund Gwenn le père) le film met en scène la petite amie du héros, Rasi (Jessie Matthews), qui aimerait le voir abandonner son rêve musical, pour travailler avec elle dans la pâtisserie de son père, et la comtesse Helga Von Stahl (Fay Compton) qui va beaucoup manoeuvrer non seulement pour assister le jeune homme dans ses rêves artistiques, mais surtout pour l'amener dans son lit...

Il me paraît évident, au regard des films qu'il a vraiment soignés à cette même période, que ce genre n'était absolument pas la tasse de thé du metteur en scène, et donc si Alma Reville (Mrs Hitch) a effectivement collaboré au scénario, c'était ni plus ni moins une commande... Et contrairement à e qu'il a raconté par la suite, il a, finalement, assez bien fait son travail puisqu'il a cherché par tous les moyens à rendre la chose attrayante. Et par moments, il y est parvenu!

D'une part, il a laissé l'inévitable empreinte de Lubitsch sur le genre infuser le projet, dans une scène "domestique" très drôle qui implique un couple marié et leurs deux domestiques; on la croirait tout droite sortie de Monte-Carlo. Ensuite, il a cherché à trouver une dynamique visuelle, qui implique la caméra mobile telle que Karl Freund et Murnau l'avaient développée en 1924-1925: les scènes avec Jessie Matthews sont souvent frappantes et enlevées. 

D'ailleurs, de tous les acteurs, c'est elle qui s'en sort le mieux: elle apporte une légèreté, une fantaisie juvénile, dont le film avait certes bien besoin! Pour le reste, ce n'est évidemment pas le chef d'oeuvre d'Hitchcock, on en est même très loin, mais... Ca se laisse regarder, comme on dit.

 

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock Comédie Musical
21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 17:02

Voici l'un des films (les autres sont, sans aucune espèce de doute, les comédies musicales de Busby Berkeley à la Warner, Baby Face et le malheureux film Convention city sacrifié sur l'autel du retour à la morale) qui a probablement rendu le retour du code Hays totalement inévitable...

Des escrocs à peine sortis de prison (Robert Armstrong, James Gleason) lancent une affaire pour se remettre en selle: sous le couvert d'une reprise d'un magazine consacré au sport et à la santé, ils souhaitent se faire un maximum d'argent en exploitant sans vergogne les corps suggestifs des athlètes et les bas-instincts des lecteurs et lectrices potentiels... Ils vont aussi essayer de lancer une auberge de la santé pour y organiser des parties fines aux dépens de leurs athlètes. Ceux-ci, en bons petits soldats, s'offusquent et vont leur rendre la monnaie de leur pièce.

Cette charmante comédie un peu foutraque, avec dans les rôles principaux Buster Crabbe et Ida Lupino en athlètes très propres sur eux, est un hallucinant film, qui tire dans tous les coins, exploitant avec aussi peu de scrupules les corps des athlètes que les personnages, tout en déroulant une morale qui paraît acceptable... mais est aussi douteuse: c'étaient les années 30, et elle fait tomber le film, parfois, dans le giron du fascisme (Ah! ces corps parfaits, qui défilent au pas) qui fascinait tant Hollywood à l'époque. 

Et sinon, il convient de se poser la question: l'actrice Toby Wing était-elle la Ward Bond de l'époque pre-code? la preuve en image:

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code
20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 11:11

Le film de Philippe de Broca a pour point commun avec le roman de Jules Verne qu'il adapte une morale, simple mais efficace: le malheur fait le sel de la vie... Pour le reste, de Broca a considérablement dépoussiéré l'intrigue la transformant en l'histoire d'un riche Français des années 60, Arthur Lempereur (Jean-Paul Belmondo), playboy devenu suicidaire par ennui: il a tout, et n'a rien à attendre de la vie. Il apprend sa ruine, et entend bien réussir son suicide. Mais un ami, le philosophe Mister Goh (Valerii Inkijinoff), lui propose de le faire tuer. Arthur accepte, mais très vite il va se raviser: il rencontre l'amour en la personne de la jolie Alexandrine Pinardel (Ursula Andress), et la menace permanente de la mort lui a redonné envie de vivre. Seulement pour revenir en arrière il lui faut retrouver M. Goh...

C'est bien sûr après le succès de L'homme de Rio que de Broca a mis ce film en chantier, co-production internationale qui sera distribuée par United Artists! Le ton est à la comédie à cent à l'heure, à la poursuite d'un Belmondo qui s'amuse autant que le spectateur, sans jamais totalement prendre au sérieux ce film gentiment farfelu. D'ailleurs, on attendait Jules Verne, ce fut Hergé qui arriva: Jean Rochefort, magistral de bout en bout, porte la livrée (noire et jaune) d'un domestique et suit son maître du début à la fin; il s'appelle Léon mais on a une irrésistible envie de l'appeler Nestor... deux inquiétants personnages qui s'avèreront finalement amicaux, Cornac et Rocantin (Pau Préboist et Mario David) sont un démarquage des Dupondt. Un gag dans un aéroport est directement tiré de Tintin au Tibet. D'ailleurs le Tibet? On y va! Arthur Lempereur porte une tenue inspirée de celle du héros de Hergé, mais le pull est rouge vif au lieu de bleu...

C'est plus que plaisant, loufoque de bout en bout; parfois on baillera peut-être un peu tellement Belmondo qu'on ne connaissait pas encore comme le cabot de ses années Audiard (et un couscous poulet, un!) en fait des tonnes. Mais que voulez-vous? Il y a ici un je-ne-sais-quoi de l'enfance, un rien psychédélique avant l'heure à souhait, qui peut enchanter... Et on voyage loin de notre lugubre Aube, de nos Ardennes ou de la morne Vendée, et pour pas un rond: Hong Kong, l'Inde, l'Himalaya... 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 11:53

Dans une toute petite ville où vivent un grand nombre de jeunes adultes qui étudient ensemble, on n'a de conversations que pour se plaindre du playboy local: immensément riche, Romer Sheffield (Cary Grant) s'affiche en effet au bras de plantureuses créatures qui changent régulièrement... Les mères déconseillent à leurs filles de l'approcher, les garçons le jalousent mais voudraient tant l'approcher... C'est ce qui va arriver quand il décide de tenter de séduire Ruth (Nancy Carroll), une jeune fille de très bonne famille. Celle-ci est attirée par lui, mais elle va déclencher un scandale quand elle passera la nuit (littéralement, car il ne coucheront pas ensemble) avec Romer...

Un deuxième homme est interprété par Randolph Scott: Billy, le brave géographe, ami d'enfance de Ruth et un brin boy-scout sur les bords. Dans un premier temps, Ruth s'apprête à se marier avec lui, mais elle constate bien vite que comme la bonne ville de son enfance, son futur mari semble obsédé par sa faute supposée. Le film, mis en scène avec un solide métier par un vieux routier de la comédie, alterne avec adresse les scènes plaisantes et les soupçons de scandale.

Seiter donne le principal point de vue à Nancy Carroll, qui a la tâche redoutable de faire passer la pilule d'un comportement que les ligues de décence ont du avoir bien du mal à avaler: quand le scandale éclate, plus besoin de se retenir, nous dit-elle en substance. Le film vaut aussi pour son portrait d'une Amérique profonde en proie aux tentations du jazz age qui est enfin parvenu à eux, avec ses étudiants à la recherche de plaisir facile, et par la retenue de Cary Grant qui était encore à ses débuts. 

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Comédie Lewis A. Seiter
5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 18:29

Pour son dernier court conservé, Langdon relève le niveau, avec une histoire (Ecrite par Ripley et Capra) de musicien tellement affligeant que son professeur (Vernon Dent) lui a donné un diplôme pour se débarrasser de lui.

Pas de partenaire féminine cette fois, le désir de Langdon est en effet de devenir musicien coûte que coûte, ce qui va surtout coûter à son entourage! Par contre, dans les deux parties distinctes du film, il est flanqué de deux versions différentes de Vernon Dent, qui en plus du professeur de musique (affublé d'une perruque du plus haut ridicule) interprète aussi un fripier Juif chargé en stéréotypes, un peu comme les personnages de Max Davidson, mais qui va agir de façon très positive sur Harry...

Le contraste entre l'enthousiasme juvénile du contrebassiste Harry et les envies de meurtre du public est très drôle, par exemple lorsque toutes ses tentatives de jouer en public le voient risquer de se prendre des objets de plus en plus lourds sur la tête, mais surtout lorsque sa famille le jette dehors sans ménagement, et qu'il leur sourit, et leur dit: "C'est bien parce que c'est vous..." avant de s'en aller. Un film parfois Laurelien, avant la lettre...

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Published by François Massarelli - dans Harry Langdon Muet Mack Sennett Comédie
5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 11:58

CRITIQUE MILITANTE

Pour commencer, on évacue le tout-venant: cette comédie, qui imagine l'arrivée d'un musicien absolument raté dans un univers parallèle où les Beatles (et pas seulement les Beatles, d'ailleurs) n'auraient jamais existé, est une jolie idée qui a été soufflée à Richard Curtis, scénariste intéressant mais cinéaste sans grand talent, qui a eu la bonne idée de la confier à Danny Boyle qui venait de mettre en scène un cas de médiatisation formidable dans Slumdog Millionnaire... 

Jack Malik (Himesh Patel), musicien raté, devient donc "le" compositeur de She loves you, Let it be, Yesterday ou Hey Jude (devenue sur les conseils avisés d'experts de la vente de musique en gros Hey Dude!), dans un monde où on le prend pour un génie... Ca va, vous vous en doutez, changer sa vie, mais pas trop vite non plus, les "nouvelles" chansons devant passer par le processus de médiatisation du web qui est désormais le cheminement de tout artiste...

Le truc du monde parallèle est évidemment un procédé facile et assez courant (il n'y a pas si longtemps, un film français imaginait un univers parallèle très séduisant puisque Johnny Hallyday n'existait pas: une perspective qui fait rêver), dont l'équipe a le bon goût de ne pas abuser, et même à un moment, de s'en débarrasser... et puis les acteurs sont bons et bien dirigés, voir plus haut. Danny Boyle a ainsi pu tempérer la tendance à la facilité et au verbiage des personnages des films de Curtis. Le portrait d'une industrie musicale dans laquelle on marche sur la tête, globalement, est mordant, même si le film s'assure la complicité d'un chanteur authentique pour figurer l'industrie du spectacle, Ed Machin, qui a l'air de ne pas avoir un gramme de talent spécifique. je n'avais jamais entendu parler de lui, je n'entendrai probablement jamais plus parler de lui, et tout est pour le mieux. Mais l'humour est aussi présent: par exemple, en entendant pour la première fois une chanson de Beatles (qui donne son nom au film), un personnage assure qu'il ne faut pas s'emballer: "c'est moins bien que Coldplay", ce qui en soi est non pas une critique des Beatles mais bien une pique adressée au mauvais goût... Un autre gag drôle et relativement subtil est à trouver dans le fait qu'après avoir constaté en cherchant sur Google que le mot Beatles n'aboutit à aucun résultat, il a la curiosité de chercher le groupe Oasis. Il n'est pas surpris de faire, également, chou blanc...

Car oui, dans ce film drôle, fantaisiste et qui reste jusqu'au bout une excellente comédie sentimentale, on imagine effectivement un monde dans lequel non seulement les Beatles n'ont jamais existé, mais aussi dans lequel l'industrie musicale n'a jamais eu l'opportunité de changer pour accommoder les désirs légitimes d'artistes exigeants, comme les Beatles qui ont pu par exemple à partir de Rubber soul, contrôler leurs albums de A jusqu'à Z. Ils étaient les premiers, sans eux, l'industrie musicale était réduite à des labels qui vont dicter aux musiciens le titre, la pochette, le devenir d'un disque, comme dans cette scène qui voit un patron de label imposer un double album à son artiste, qui vient de lui apporter du reste plusieurs chefs d'oeuvre qui assoient tout le monde.

Alors j'admets, mais très mollement, qu'il y aura probablement des gens qui verront ce film et qui feront la fine bouche, en disant un truc du genre "oui, bon les Beatles, moi tu sais..."

Tant pis pour eux.

Et d'autres qui ne rigoleront pas du tout en entendant la comparaison entre Lennon/McCartney et Coldplay...

Tant pis pour eux aussi. Non, le message du film, et il aurait je pense été fonctionnel avec n'importe quel artiste qui a eu un succès phénoménal, c'est qu'on a besoin de musique, de chansons aussi, d'une certaine exigence dans notre vie. On trouve ces chansons, cette musique, cette exigence dans les chansons des Beatles, et le monde de 2020 est façonné au moins pour une petite proportion par le passage de ces quatre météorites conjointes entre 1960 et 1970. De même que sans Sidney Bechet, Louis Armstrong, Duke Ellington ou Jelly Roll Morton, on ne parlerait pas de jazz aujourd'hui, et peut-être pas non plus... des Beatles! Pour finir, le film assume son statut de comédie pop, en nous montrant une scène au cours de laquelle Jack, subjugué, rencontre un vieil homme de 78 ans, à l'existence modeste, qui a fait sa vie sans heurts ni spectaculaire et qui s'appelle... John Lennon. celui auquel Paul McCartney (en 1982) dédiait ces mots: I really love you and was glad you came along. Celui aussi qui a dit "the Beatles are just a band, a band that made it very very big, that's all".

Bref, peu importe les artistes: on a besoin de ces gens dans nos vies, et le mode de fonctionnement de cet art mineur majeur qu'est la chanson (la pop, le rock, appelez ça comme vous voulez) est effectivement en danger aujourd'hui. Ainsi, quand deux autres rescapés du même univers parallèle que Jack le rencontrent, au lieu de lui reprocher son acte de piraterie insensé (ce que lui se reproche tout le temps), ils... le remercient d'avoir reconstitué cette part essentielle de leur vie.

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Published by François Massarelli - dans Musical Comédie
5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 08:51

Tout commence comme dans une comédie romantique des années 20, avec la dignité et les codes attendus: Tom Jones (Reginald Denny), comme son précédent littéraire, est un homme bien de son temps, mais il ne possède pas les signes extérieurs de la très bonne société. Il a pourtant conquis une riche héritière (Marion Nixon) avec laquelle il va se marier, un peu contre la désapprobation bougonne des parents... Un rival jaloux (William Austin), avec du sang bleu celui-là, suggère aux parents de s'intéresser à la moralité du fiancé avant qu'il ne soit trop tard...

Et c'est là que la comédie dérape vers le burlesque, sans crier gare... En effet, Jones EST irréprochable, mais pas son colocataire. Quand il rentre chez lui ce soir là, il organise en effet une partie illégale de poker, et... la police intervient, tout le monde doit donc s'échapper: poursuite, fuite, puis dissimulation: avec un compagnon d'infortune (un père de famille bien sous tous rapports mais qui a une passion secrète pour le jeu, interprété par Otis Harlan), Jones trouve refuge aux bains, le soir des dames, se déguise en femme, puis dans une aggravation de la situation, va finir par usurper l'identité d'un évêque : celui-là même qui est supposé officier au mariage... Pendant cette nuit agitée, la police trouve un pantalon qui incrimine le jeune homme!

Voilà qui promettait, et ce film très enlevé ne fait pas que promettre. Seiter adopte du début à la fin une réalisation efficace, élégante, mais qui n'a jamais peur des embardées. Le rythme s'accélère souvent, les acteurs sont impeccables, c'est un film comme on sait que Denny en a interprété des dizaines, mais son bonheur de l'interpréter et l'énergie qu'il dépense dans ce film, en gardant une bonne humeur assez britannique, est tout à fait communicative! Et toute la séquence autour du faux évêque est un bonheur. Zasu Pitts y est une domestique évaporée, c'est formidable...

 

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Published by François Massarelli - dans 1926 Muet Comédie Reginald Denny Lewis A. Seiter
2 septembre 2020 3 02 /09 /septembre /2020 18:35

M. Skinner gagne sa vie et alimente donc son mariage, mais il pense, et son épouse aussi, qu'il mérite largement une augmentation. La décision est prise, il va la demander... alors quand il revient sans l'avoir demandée, il n'a pas le coeur de le dire à son épouse qui a déjà une foule de choses à acheter avec les quarante dollars mensuels qu'elle attribue virtuellement à son mari, et celui-ci n'a pas le coeur de la contredire. Encore moins après avoir effectivement demandé et essuyé un échec, sans parler du licenciement qu'il n'avait lui-même pas vu venir...

Mais non, c'est bien une comédie, et une de ces nombreuses productions de la Universal qui obtenaient un franc succès, avec l'acteur Britannique Reginald Denny. Sa partenaire ici est Laura LaPlante, et une fois admis que son rôle correspond à des schémas totalement passés (l'épouse au foyer, maîtresse de maison, laissée à l'écart des questions financières), elle est formidable dans le film, d'autant que si bien sûr notre attention est fixée sur le point de vue de M. Skinner, elle a un rôle non négligeable. Donc elle est loin d'être autant une potiche que son rôle pourrait nous faire croire...

Ce qui est formidable dans ce film, devenu enfin un classique à force d'être projeté dans les festivals, c'est la qualité totale de la production, avec un script linéaire dont pas un détail ne dévie de la ligne fixée dès le départ, des personnages qui sont attachants au possible et surtout, avec le même terrain de jeu qu'un Lubitsch par exemple, un résultat complètement différent. Ni meilleur ni moins bon, rassurez-vous... Et le film épouse de façon assez convaincante la comédie d'embarras que Charley Chase pratiquait dans d'époustouflants courts métrages de chez Hal Roach à la même époque, avec un rien moins de gags visuels.

Mais il y a encore mieux: comme avec Harold Lloyd dans Hot Water, le film se situe en plein au coeur des préoccupations du quotidien des Américains des classes moyennes de 1925, ceux qui avaient enfin les moyens de se payer une voiture pour Lloyd, ou qui allaient peut être enfin y parvenir pour Denny et LaPlante. Bref, des gens qui étaient plus que des témoins de leur temps. Le titre du film, qui se focalise sur l'habit de soirée que Mme Skinner va acheter, mettant ainsi le ménage en danger, et qui de signe extérieur de richesse va devenir le symbole même de la spirale du mensonge, permet au film de symboliser pleinement aussi bien le jazz age, que l'importance de l'apparence dans les années 20.

 

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Published by François Massarelli - dans Reginald Denny Comédie 1926 Muet Lewis A. Seiter
1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 15:06

Le scénario est cette fois signé de Arthur Ripley et Frank Capra, la réalisation est de Harry Edwards... mais Lucky Stars est franchement mal fichu, et la seconde partie se traine: Harry est un homme qui décide de ses conformer à la lettre à une prédiction qu'on lui a faite, ce qui ne lui apportera que des ennuis. Le résultat de ce choix est une longue, répétitive et statique partie du film consacré à un medicine show, avec Vernon Dent en charlatan.

Dans le train qui l'emmène vers sa destinée, il rencontre ce personnage haut en couleurs qui va l'engager pour vendre un peu de poudre aux yeux et beaucoup de médicament-miracle fait maison, ce qui déclenchera finalement la foudre des habitants: au propre comme au figuré... Et Natalie Kingston a un rôle intéressant, en fille du docteur local qui cherche à se venger, mais son personnage, pas plus que le film d'ailleurs, ne semble aboutir nulle part.

Les courts métrages de cette fin de cycle étaient sans doute le cadet des soucis de Langdon, qui avait fini par obtenir ce qu'il voulait: tourner des longs métrages avec son équipe. L'économie du studio Sennett étant ce qu'elle était, ça voulait dire qu'entre deux films plus longs (qui allaient rester plusieurs mois sur les étagères), il fallait continuer à fournir des films en deux bobines...

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Published by François Massarelli - dans Muet Harry Langdon Comédie