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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 06:49

Dans le milieu des concours canins, une rivalité mène à la mort d'un homme. Détesté de tous ceux qui le côtoient, il est retrouvé chez lui, une arme en main, dans une pièce fermée de l'intérieur... Mais Philo Vance, le détective qui lui aussi est intéressé par le milieu compétitif canin, ne croit pas une seconde à son suicide. Et il ne va pas tarder à prouver qu'il a bien raison... Mais il va aussi montrer qu'il n'y a pas UN meurtre, mais plusieurs.

Michael Curtiz a traité ce sujet très classique de façon très frontale: c'est un whodunit très classique dans lequel une liste de suspects longue comme le bras (une jeune femme trop bien sous tous rapports, des personnages interlopes ayant un peu trop roulé leur bosse, un majordome au passé louche, etc...) est d'abord vue en pleine action: les événements banals qui se déroulent sous nos yeux dans la première bobine servent à planter dans notre cerveau captif de spectateur satisfait la suspicion d'absolument tout le monde dans le film! Et c'est ça qui est bien, non pour la noblesse de l'exercice, car s'il y a bien un domaine de la fiction policière qui n'est en rien noble, c'est le whodunit! Non, c'est bien parce qu'une fois aiguillé vers la résolution finale, le spectateur n'a plus à se préoccuper de rien d'autre que de regarder le film concocté par Michael Curtiz.

Et celui-ci s'est fait plaisir! Passant outre les pesanteurs de l'adaptation théâtrale, le metteur en scène choisit comme le ferait Hitchcock d'innover absolument partout, ne répétant jamais le moindre mouvement de caméra, plaçant celle-ci de manière inattendue dans les endroits les plus improbables en variant ainsi la composition constamment. La suspicion créée par le prologue est maintenue, soulignée par une mise en scène rigolarde qui ne s'embarrasse jamais de subjectivité inutile, et donne souvent la part belle aux rigolos: Eugene Pallette en inspecteur désireux de ne jamais écarter la piste du suicide, ou Etienne Girardot en médecin légiste appelé littéralement tous les quarts d'heure, et qui aimerait bien un jour disposer de temps pour déjeuner...

Bien sûr Curtiz va "signer" son film en utilisant sa magie des ombres au moment où William Powell expose sa théorie quant au meurtre. Le flash-back hypothétique nous montre l'ombre fantomatique d'un suspect pour l'heure inconnu. Les dialogues fusent les nombreux personnages qui râlent, mentent, dissimulent, haïssent, sont tous vivants... Enfin presque tous bien sûr! Et on peut se demander, devant ce film de 1933 avec lequel William Powell incarne un détective mondain et surdoué, dans quelle mesure ce pourrait être un prototype pour le célèbre The Thin Man, qui sera tourné à la concurrente MGM l'année suivante...

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Published by François Massarelli - dans 1933 Michael Curtiz Comédie Pre-code
27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 16:59

Comme son titre l'indique sans prendre trop de gants, ce film est l'inévitable suite du film de 1934 The thin man qui introduisait les personnages de Dashiell Hammett, Nick et Nora Charles. C'est la première de cinq suites, qui sont bien dans l'esprit des "franchises" développées par la MGM de Louis B. Mayer entre les années 30 et 40: Dr Kildare, Tarzan... 

L'intrigue est de nouveau l'occasion de fouiller dans les squelettes familiaux d'une bande de personnages traités avec la dent dure d'une comédie de situation assez corrosive, même si l'accent, deux années après l'introduction du code de production, est porté sur la respectabilité de la famille, cette fois, plus que sur ses turpitudes... On cherchait autrefois le meurtrier du père divorcé, on cherche cette fois à trouver qui a commis l'assassinat du mari dissolu... dont pas une occasion ne manque pour souligner le fait qu'il ne manquera décidément à personne!

En parlant de famille: deux indices insistent sur le fait que la série est devenue une vraie occasion de sortir en famille: un épisode situé dans l'introduction du film, met en vedette Asta, le chien des Charles, un vrai cabotin. Un intermède certainement destiné à attirer les enfants vers la série... mais l'anecdote montre quand même qu'Asta, lui, a aussi de sérieux problème conjugaux en même temps qu'une impressionnante descendance...

L'un des intérêts, au-delà du plaisir constamment renouvelé de retrouver Nick, Nora, et leur consommation déroutante de produits liquides (qui tourne à l'avantage de Nick, partant du principe qu'un alcoolique masculin fait toujours plus rire qu'une alcoolique, fut-elle interprétée par Myrna Loy), reste le rôle confié à James Stewart, sur lequel j'aurais beaucoup de choses à dire... si je ne craignais d'en révéler trop. Disons en tout cas que parmi ces gens comme il faut, des oisifs richissimes, David est celui qui a choisi d'admirer les arts, si j'en crois sa collection entrevue chez lui. Et il n'est décidément pas comme les autres: il y a du message subliminal dans l'air, un peu rance, mais bien de son époque.

Pour le reste, disons que le film, en étant clairement un peu moins bon, reste du divertissement impeccable de fort bon niveau...

 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 09:45

Bon, s'il fallait inventer une catégorie pour ce film, le troisième de la franchise, ce serait bien sûr "les films dont vous n'avez pas besoin"... Sorti en 2016, et démodé deux minutes plus tard, le troisième film des aventures de Bridget Jones est une fois de plus taillé autour de l'actrice Renée Zellweger, et raconte une fois de plus les lamentables mésaventures sentimentales d'une jeune femme indépendante et Londonienne.

L'essentiel de l'intrigue repose ici sur un enchaînement d'événements: Bridget participe à un festival, au cours duquel elle se lâche et couche avec un parfait inconnu (Jack Dempsey); puis quelques jours plus tard elle rencontre son ex Mark Darcy (Colin Firth) lors d'un baptême, et couche avec. Elle est enceinte: de qui est le bébé? ajoutez à ça un problème important: les deux hommes vont non seulement revendiquer la paternité, mais aussi le coeur de la belle.

On se demande pourquoi.

Pardon, reprenons: on rit parfois, dans cet étalage mécanique de vannes ultra-calibrées, et dont on a finalement l'impression, au vu des nombreux films de comédie sentimentales torchés par les britanniques qui travaillent pour le studio Working Title, qu'elles sont aussi interchangeables que les films. Quand on rit, ce n'est jamais à cause de Renée Zelweger, qui j'imagine a du s'amuser sur le tournage. Je pense qu'elle adore maquiller son accent Américain en accent qu'elle imagine sans doute authentique. Pas à mes oreilles. 

Bref.

L'un des meilleurs éclats de rire (il y en a, je crois trois) est du à la co-scénariste Emma Thompson, qui interprète une gynéco-obstétricienne de première classe. C'est déjà ça... Si vous tenez jusque là, c'est vers la fin.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 17:31

Ce film dont la sauvegarde est due à la fameuse découverte de Dawson City, Canada, est dans un bien mauvais état, comme la plupart des bobines trouvées sur place. Et on peut toujours douter qu'il soit complet, tant son "intrigue" est rendue complexe par la perte systématique d'information de part et d'autre de l'image: l'effet de l'eau glacée... 

L'intrigue est liée en tout cas à la crise de jalousie qu'un majordome (Harry Beaumont, futur metteur en scène) fait à sa petite amie femme de chambre (Jeanie McPherson, future scénariste de Cecil B. DeMille): il refuse de l'inviter à un bal auquel elle aurait tant aimé se rendre. A la place, pour alimenter la jalousie de la jeune femme, il invite... une statue (Viola Dana).

Ca se résout dans une rencontre surréaliste avec un pandore. le burlesque à la Parisienne n'est pas loin, ce qui n'a rien d'un compliment!

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 08:58

En Islande, un jour: Anna (Didda Jonsdottir) a un petit commerce florissant, puisqu'elle vend de l'herbe qui rend nigaud à tout un petit monde. ais ce jour-là est bouleversé par une série d'enchaînements: son frère la conduit à un rendes-vous avec un malfrat qui convoite le portable de la dealeuse (et par extension son imposant carnet d'adresses) et elle est disposée à le vendre contre un million et demi de couronnes; le frère fait la tête à sa soeur, pourtant, suite au refus de cette dernière d'assister aux obsèques de leur père, et en plus Anna passe son temps à fumer des joints dans sa voiture et ça l'énerve; ils recueillent par hasard Joy, une Irlandaise venue rendre visite à son petit ami en prison; le père de l'un des deux garçons d'Anna débarque sans crier gare pour passer du temps avec son fils; le cousin d'Anna a mal choisi son moment pour tenter de se suicider, et l'une de ses oies a avalé, devine quoi...

...Le portable. Bref, pendant que les clients avides de relaxation loufoque s'accumulent chez Anna, elle n'est pas là et peine à revenir avec tous ces problèmes.

Il y a au moins quatre courants chez Solveig Anspach: les fictiomentaires, ces petits courts de rien du tout qui partent du réel pour aboutir à une sorte de fiction décalée; les documentaires, les vrais, dont le long métrage Made in  the USA est un excellent exemple, de long métrage de surcroît; les logs métrages rigoureux, dont Haut les coeurs! et Lulu femme nue illustrent assez bien la sensibilité; et une série de films très personnels, et volontairement foutraques, dans lesquels elle crée la comédie à partir de riens savamment accumulés: en particulier, sa "trilogie" Franco-Islandaise, formée de ce film, de Queen of Montreuil et de L'effet Aquatique.

Il faut croire que les gens aimaient tourner avec Anspach, puisqu'ils reviennent: Julien Cottereau (Haut les coeurs!), Joy Doyle (Jane by the sea), et Didda Jonsdottir (Stormy weather) ont tous déjà tourné pour elle. Nous aussi on y est bien, avec ce ton fait de lenteur bouffonne, ses héros qui sont vaguement en colère mais qui s'aiment bien, ces gens venus de nulle part (Julien Cottereau, dans un rôle proche de celui qu'il avait dans Haut les coeurs!, fait un trip étrange avec un gâteau chargé en psychotropes, et Anna, qu'il est venu rencontrer parce qu'elle a écrit jadis un recueil de poésie qui a acquis une dimension mythique, lui apparaît comme une fée...), et cette non-héroïne revenue de tout, qui semble ne pas trop se rendre compte, finalement, qu'elle est un peu le centre du monde. Ses "clients", rassemblés dans sa petite maison où ils s'adonnent à une orgie de substances rigolotes, non plus... Mais certains de ces protagonistes, et en particulier les suicidés, les dépressifs et les déboussolés, vont trouver un peu de bonheur dans l'épopée.

A la fin du film, pendant le générique, les "clients", justement, se transforment en un orchestre qui joue du reggae. Rien que de très normal, quoi... Tout comme le fait de s'asseoir au milieu de nulle part, de mettre sa main en l'air, et cueillir hors champ une guitare mystérieusement disponible.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Solveig Anspach
8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 18:42

Astor est un jeune homme au romantisme exacerbé, qui vient de perdre la femme de sa vie, Mila. Il demande conseil à sa meilleure amie, Cali, afin de devenir un bourreau des coeurs. Elle lui conseille un certain nombre d'approches qui toutes, tourneront au désastre, tout en confirmant son attachement à celle qui reste l'unique petite amie de son histoire sentimentale...

Certes, on peut effectivement partir de bien mieux pour réaliser une comédie, mais ce qui est le plus intéressant, dans ce film, n'est pas le scénario. Pas non plus la réalisation, extrêmement fonctionnelle, après tout! Encore moins le jeu global, souvent un peu vert. La comédie? oui, si on veut, notamment le fait que tout ou presque semble permis, dans une ambiance farfelue. 

Mais le plus intéressant, c'est cette idée saugrenue, qui a poussé le réalisateur (et l'une des productrices, également actrice, Dichen Lachman), à rassembler le casting suivant: Fran Kranz dans le rôle d'Astor, Dichen Lachman, Enver Gjokaj, Miracle Laurie, et dans des rôles mineurs, Felicia Day et Maurissa Tancharoen. Tous se connaissent, et pour cause: ils ont participé à l'étrange aventure de la série Dollhouse, de Joss Whedon. L'alchimie entre eux, en dépit d'une ambiance générale assez chaotique, garde un soupçon d'étrangeté...

 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 17:06

Mêlant une fois de plus la comédie, une dose de sentimentalisme et une rasade de sensationnel, Lawyer man est un film typique de la période: bourré de sous-entendus, souvent joyeusement immoral, et un exercice de style plus direct pour Dieterle, dont les films ont généralement plus de préciosité. Tout y est probablement question de public: ici, avec William Powell en vedette, il vise le public masculin, et le fait avec des armes parfois inattendues...

Anton Adam est un avocat doué, mais en pleine ascension: un jour, un adversaire malheureux mais admiratif lui offre un partenariat. Son ascension sera de courte durée, car il tombe entre les mains d'une organisation mafieuse, qui va tout faire pour le coincer. Car Anton Adam a un défaut: il est certes intègre, mais perd tout sens de la réalité dès lors qu'une jolie fille croise son chemin... Toutes, sauf une: sa secrétaire, Olga, dont il n'a pas l'air de s'apercevoir qu'il s'agit de Joan Blondell, et qui elle en revanche n'a d'yeux que pour lui...

Immoral, disais-je: en effet, cet avocat intègre va passer carrément de l'autre côté lorsqu'il se rend compte qu'il lui est impossible de faire triompher la justice en restant honnête... La fin justifie les moyens. Et Dieterle prend une décision inattendue: il se tient quasi systématiquement à l'écart des scènes de procès, préférant les scènes de tractation, de manipulation ou de négociation. Et surtout il nous intéresse à la vie privée de son héros et à son hobby principal: les femmes... Un accessoire lui sert d'ailleurs d'indicateur du trouble d'Anton Adam: quand il est en conversation avec Claire Dodd, les yeux dans son décolleté, l'avocat ne contrôle plus l'énorme havane qu'il arbore constamment à la bouche, et celui-ci se relève sans vergogne... Bref: on est en 1932, et Dieterle avait envie de s'amuser...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code William Dieterle Comédie
2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 09:18

Don Wilson (Johnnie Walker) est une vedette de Broadway, à la carrière parfaitement placée sur ses rails, mais le succès lui pèse parfois... Il décide de s'octroyer un peu de repos et de s'aérer, et se rend dans la campagne... Où il tombe en panne avec son agent et des amis. Durant la réparation, les quatre hommes se rendent à un spectacle de théâtre itinérant donné par des saltimbanques, et reconnaissent que c'est "tellement mauvais que ça en devient bon". Don, sous un faux nom, participe même au spectacle et joue lamentablement un petit rôle dans la pièce (un abominable mélo de la guerre de Sécession). Mais il est intéressé par la personnalité de l'actrice principale, Ginger Bolivar (Bessie Love), la fille du directeur de la troupe: il décide demanoeuvrer pour faire venir la troupe à Broadway dans le but de les utiliser, en faisant rire les spectateurs à l'insu des acteurs...

Ca rappelle souvent Spite Marriage de Buster Keaton, sorti l'année suivante, et il est probable que les deux films ont été inspirés de la même pièce: les similitudes entre les deux versions d'une pièce de répertoire sur la guerre civile sont troublantes. Sauf quand dans le cas du flm de Keaton, c'est un spectacle supposé d'une grande dignité qui est saboté par les inepties d'un figurant, quand ce film de Capra pose finalement le cas contraire... En acteur doué qui tente d'adapter son style à son incognito d'une part, et à la mauvaise qualité de son entourage, le très spiritueux Johnnie Walker fait du beau travail. Le reste de la troupe est pour le metteur en scène l'occasion de développer une galerie de portraits parfois un peu outrés, mais qui se situent dans les habitudes de la comédie: Bessie Love, bien sûr, se détache particulièrement, en dominant par son investissement physique la distribution...

Mais cet aspect de farce n'occupe que les vingt premières minutes dont le tempo et le ton sont ceux d'un court métrage de deux bobines: Capra développe différemment sa deuxième partie, en se concentrant surtout sur le point de vue des acteurs: aussi médiocres soient-ils (et ils le sont, vous pouvez me croire...), il apparaît qu'ils croient à ce qu'ils font, et le film souligne à quel point finalement leur public rural est après tout satisfait de l'offre théâtrale des acteurs de troisième choix. Et Don Wilson, en faisant son malin, va découvrir à ses dépens que bonne ou mauvaise actrice, Ginger vaut la peine. Une sorte de préfiguration de Mr Deeds et Mr Smith, avec ses naïfs ruraux pris dans la tourmente citadine, nous apparaît ici.

Et la mise en scène de ces Capra muets réalisés pour la Columbia est toujours aussi dynamique et enthousiasmante, on y sent la rapidité à l'oeuvre (même si cette impression est certainement accentuée par un montage qui a été revu, pour une version qui n'est pas aussi longue que l'originale), et l'efficacité du metteur en scène fait merveille. Dans le cadre de la comédie, bien sûr, et sa touche est déjà bien présente, mais il s'octroie une très jolie scène de révélation sous la pluie, avec Bessie Love au sommet de son art, un mélange subtil de comédie de situation, et même de tragédie, la jeune actrice comprenant qu'elle a été roulée dans la farine par l'homme qu'elle aime...

 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Muet Frank Capra Comédie
1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 11:08

"He stole her jewels, but that wasn't all" clamaient les affiches de ce petit film (moins de soixante-dix minutes) qui était assurément un produit de série por la Warner, le deuxième film en vedette de l'actrice Kay Francis, cette fois accompagnée de la séduction légendaire du grand William Powell. Dieterle, concurrent direct de Michael Curtiz au sein du studio, a réalisé cinq films en cette année 1932, et tous portent évidemment sa marque celle d'une mise en scène excentrique, inattendue, et constamment inventive. Quand les sujets sont intéressants, il n'y a pas moyen de s'y ennuyer...

Vienne: Kay Francis, en héroïne exemplaire des films pré-code, interprète la baronne Teri, qui est doté d'un mari tendre, âgé, et richissime: donc elle s'ennuie à mourir, entre les séances de massage et les visites aux bijouteries. Les deux péchés mignons de la belle sont en effet les diamants et les amants. Lorsqu'en se rendant dans une bijouterie, elle est victime d'une attaque à main armée par un génie du vol, spécialisé dans les bijoux justement: c'est l'amour fou entre les deux...

Et oui, le voleur élégant qui utilise son charme (et des cigarettes qui font rire pour endormir les pandores) dans ce film est bien interprété par William Powell, et ces deux acteurs ensemble font toujours des merveilles...

Le metteur en scène n'a sans doute pas pris très au sérieux cette histoire, et lui a appliqué un traitement inattendu: d'une part il a constamment accéléré le tempo, rendant les dialogues presque surréalistes; ensuite il a appliqué à cette petite comédie une structure presque Shakespearienne, dissociant souvent l'action (avec des mouvements de caméra, des angles d'approche et des plans d'une grande invention) et des dialogues dont il a demandé à ses acteurs de souligner l'artifice: Francis est géniale dans ce registre. Enfin, il a laissé le farfelu s'installer avec tranquillité, tout en se ménageant des moments de pur cinéma "à l'Allemande". Bref, d'un petit film de rien, il a fait une petite merveille, pas si éloignée d'une rencontre entre Curtiz et Lubitsch...

 

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Comédie William Dieterle
1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 10:58

Lois Ames (Kay Francis) est la rédactrice en chef du magazine dont son mari (Kenneth Thompson) est le propriétaire: il est riche, héritier, et ne fit absolument rien de ses journées. Leur vie est un arrangement perpétuel entre Madame, qui travaille cogite, ne se repose jamais et vit une vie exaltante, et Monsieur, qui papillonne, cocktailise, et flirte. Et pas qu'un peu: bref, l'arrangement a l'air, comme ça, de leur convenir, mais on s'imagine bien qu'un jour ou l'autre, ça ne pourra plus aller. Jusqu'au jour où Madame engage en qualité de secrétaire Thomas Sherman (David Manners), un représentant qui se lasse de son travail, et qui présente bien, voire très bien...

Il est fiancé, elle est mariée. Le mari est volage, la fiancée (Una Merkel) insupportable, donc forcément on sait où ça ira. N'empêche, Dieterle joue en permanence avec de la dynamite dans ce petit film où Kay Francis, qui pour la première fois avait un rôle en vedette pour un film Warner, est la meneuse du jeu dangereux de la séduction. Le film est d'ailleurs taillé pour elle, et c'est un délicieux interlude dans une carrière faite de hauts, glorieux et justement célébrés, et de bas, le plus souvent dispensables mais riches en petites qualités finement dispersées...

Et aux côtés de Ruth Chatterton, spécialisée dans les rôles de grande bourgeoise qui se fait rabattre son caquet plus souvent qu'à son tour, on apprécie au moins que Kay Francis puisse interpréter des rôles de femme forte... ...qui le reste.

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code William Dieterle Comédie