Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 16:50

A Bruxelles, on s'apprête à fêter par un mariage l'alliance de deux brasseurs, Meulemeester et Beulemans: la fille de ce dernier, en effet, s'apprête à convoler en justes noces avec Séraphin, le fils du précédent... Sauf que Suzanne (Andrée Brabant) apprend que son fiancé (René Lefebvre) est déjà papa d'un Séraphin Junior, qu'il a eu en secret avec une jeune femme dot il est amoureux... Et comme elle aime bien le nouveau stagiaire (Parisien) de son papa, ça l'arrangerait bien d'annuler le mariage, mais il faut le faire sans faire de scandale...

Et ça, ce n'est pas facile en 1927.

C'est d'une comédie à énorme succès, créée en 1910), que ce film a été tiré, et d'emblée on va le dire: c'est inattendu, dans la mesure où cette pièce reposait justement sur... ses dialogues, et en particulier ses accents! Duvivier a pris le parti de respecter l'intrigue, et de la situer dans un Bruxelles qui est plus qu'authentique (tourné évidemment sur place, et sur ses marchés, avec de vrais Bruxellois ravis d'être de la partie), et d'en exagérer la gestuelle en lieu et place de l'accentuation ou de l'intonation, et le résultat lui donne raison. 

Ce n'est sans doute pas un Duvivier des grands jours (il est trop léger, voire trop optimiste pour ça!) mais c'est un film au caractère bien trempé, où les personnages vient sous nos yeux, et dans lequel le cinéaste affirme sa maîtrise du cadre, et de la direction d'acteurs, qu'ils soient un, deux, ou... cinquante, comme dans la scène fameuse entre toutes du concours de pipes. 

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier Comédie Muet 1927
27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 16:19

Don Camillo est donc parti de son village suite au scandale qu'il a provoqué... Exilé au milieu de nulle part, il n'avouera pas que ses paroissiens lui manquent. Et à Brescello, c'est pareil: on aimerait bien le retrouver, mais... l'avouer? Ca non... Peppone et Camillo vont pourtant se retrouver autour des querelles habituelles.

Sans aucun doute, la production du film avait à coeur de lui donner une suite, avant même la sortie du premier film, intitulé Le petit monde de Don Camillo en référence au best-seller qu'il adaptait, une suite de chroniques rédigées par Giovanni Guareschi... Mais ce retour (qui s'embranche avec rigueur et exactitude sur le premier film, au point de perdre du rythme dès les premières minutes qui sont situées loin du théâtre attendu des opérations) est en fait une série de péripéties qui sont pour la plupart également dans le livre en question...

Duvivier s'exécute donc avec la rigueur qu'on lui connaît, pour un film qu'il a quand même structurellement signé: il commence dans la froideur de la séparation de Camillo d'avec son village, et s'achève sur une catastrophe naturelle, une inondation, qui est marquée par la mort et la destruction... temporaire, nous n'en doutons pas: il y aura, comme chacun sait, des suites. Aucune ne sera vraiment indispensable, et aucune ne sera jamais aussi soignée que les deux premiers films, dans lesquels Duvivier nous offre une vision du monde au milieu, entre les excès d'une municipalité communiste et la réaction (sans jeu de mots) d'un prêtre militant. Le plus remarquable des compliments qu'on puisse faire à Duvivier, Fernandel et Gino Cervi, c'est qu'en dépit de l'éternelle querelle entre les personnages, la sympathie profonde qu'ils inspirent en dépit (et parfois à cause) de leur fanatisme rigolo, n'a pas bougé d'un pouce...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier Comédie
21 décembre 2021 2 21 /12 /décembre /2021 08:04

En Forêt Noire, l'historien Français Michel Boissard a été invité à se rendre au château du vieux Mathias Desgrez: il espère y trouver de quoi alimenter son prochain livre qui sera consacré à une affaire vieille de plusieurs siècles, concernant une histoire de sorcellerie ayant coûté la vie à une ancêtre de son épouse, la frêle Marie D'Aubray. Mathias Desgrez étant lui-même obsédé par cette intrigue, se réjouit d'avance de rencontrer une descendante de la supposée sorcière que son aïeul avait dénoncé... Pour l'occasion, la famille Desgrez est rassemblée: son neveu Mark, l'avocat en peine d'argent et son épouse Lucy que Mathias déteste, Stephane, le vendeur de voiture en mal de succès, qui est prié de passer le séjour sans jamais voir son oncle qui le hait, et les amis (un étrange médecin radié de l'ordre, le dr Herrmann) et domestiques... 

Comme tout le monde est rassemblé, fatalement, il y a un mort, selon le théorème d'Hercule: on retrouve le vieux Mathias au matin, terrassé. Ce qui arrange bien les affaires de sa famille, bien entendu. Mais le mystère e tarde pas: d'une part, s'agit-il d'un meurtre? Mark est bien pressé d'en finir avec les formalités, et pas grand monde ne semble vraiment concevoir de tristesse... Et si meurtre il y a eu, qui est cette femme qu'on a vue lui porter sa collation du soir, dont le verre qui s'avèrera contenir des traces d'arsenic?

Le titre nous est explicité dès le départ: la chambre ardente est un type de tribunal qui a officié dans des affaires de sorcellerie au XVIIe siècle, et qui est justement celui qui a condamné la marquise de Brinvilliers à la décapitation suivie de barbecue...

Autant le dire tout de suite: même si dès la fin du premier acte, un ou plutôt des coupables se dénoncent, ça restera compliqué, et tout le monde va s'épuiser la santé à essayer d'y comprendre quoi que ce soit. S'il a soigné son film, Duvivier s'est beaucoup plus intéressé à ses personnages et à leurs rapports entre eux, qu'à une intrigue de roman policier assez classique. Il a d'ailleurs convoqué quelques jeunes loups de la nouvelle vague pour l'interprétation: Mark, c'est Brialy, qui est étonnant (c'est à dire, pour une fois, bon) en jeune avocat trop sérieux qui cache une crapuleuse aventure sentimentale; Stephane est interprété par Claude Rich, toujours à l'aise quel que soit le contexte; et Marie d'Aubray, la frêle et névrotique marquise à l'héritage trop lourd à porter, aura les traits illuminés d'Edith Scob... On trouve également Antoine Balpêtré, Antoine Duvallès ou Helena Manson pour faire bonne mesure, et on sera surpris de croiser Claude Piéplu en inspecteur fine mouche...

Duvivier ne choisit pas de privilégier un point de vue, ni de désigner un héros en titre: Mathias meurt bien vite, le Dr Herrmann m'a tout l'air d'un vieux maniaque probablement un rien libidineux, l'historien est d'un vulgaire assumé et les deux frères sont d'abominables fripouilles obsédées par l'argent du vieux Mathias... Reste Marie, qui éclaire le film d'une interprétation fantastique, ce que Duvivier rend possible en multipliant les scènes de brume, les poursuites angoissées dans la forêt, et une magistrale scène de meurtre aux relents trop bizarres pour être honnête... Et de toute façon, sa cible, ce sont ces braves gens, ces sales types pleins de sales idées qui s'agitent comme des pantins devant nous. Car à la fin de sa carrière, le moins qu'on puisse dire, c'est que la noirceur légendaire du cinéaste était loin de s'arranger! Reste une oeuvre qui est un jeu de massacre stimulant par ses failles même: le genre de trous béants dans le script qui a du faire tiquer plus d'un commentateur, mais qui, bizarrement, donne de la classe au film... Et je ne parle pas de "qui a tué", vous verrez qu'il y a plus intéressant.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier Noir Comédie
19 décembre 2021 7 19 /12 /décembre /2021 08:16

Le 6e film des frères Coen est la rencontre parfaite entre le film noir contemporain et la comédie, et un des films les plus directs qui soient... Situé entre Minnesota (L'état ou les deux frères ont grandi) et Dakota du nord, on peut en fait considérer aussi qu'il y a une part autobiographique tordue devant cette histoire qui met en scène des petites gens des environs, à l'accent Américano-Nordique très prononcé (On notera le jeu sur les "yah!" ). Le film revient par ailleurs en arrière en utilisant les personnages codés du film noir, comme Blood Simple en 1984, mais en les sortant du cadre strict du film policier... Autre apparente redite, on assiste ici à un enlèvement (ce qui sera à nouveau le cas d'un ou deux aspects de The big Lebowski et The man who wasn't there, incidemment), mais ce n'est pas un vrai: Jerry Lundergaard, un minable qui a épousé la fille de son patron, possesseur du concessionnaire automobile qui l'emploie, décide de fomenter avec l'aide d'un truand un faux kidnapping de son épouse, ainsi son beau-père paiera. Mais grains de sable sur grains de sable, morts violentes en cascade, vont empêcher dès le départ la bonne tenue du plan...

La construction de ce film, qui s'avère donc une étude de l'échec et de ses mécanismes, repose sur trois actes, séparés par deux fondus; dans le premier, on voit la rencontre entre Lundergaard (William H. Macy, veule et pleutre à souhait) et les deux truands qui ont répondu à l'appel, le laconique et dangereux Gaear Grimsrud (Peter Stormare), et Carl Showalter (Steve Buscemi), qui lui au contraire parle trop. L'arrangement est simple: Jerry négocie auprès du beau-père, et les trois se partagent la rançon. On apprend vite que Lundergaard a des ennuis jusqu'au cou, avec des prêts crapuleux, des comptes falsifiés, etc... par ailleurs, son beau-père (Harve Presnell) le méprise ouvertement. Les deux truands sont tellement dissemblables, et Grimsrud est tellement étrange, qu'on sait dès le départ qu'il y a aura des embrouilles. Quant au kidnapping, il se déroule sans heurts, et illustre bien le mélange typique du film entre narration et action violentes, et comique de décalage et de situation... La première partie se clôt sur un massacre, lorsque les deux truands sont arrêtés par un policier, en plein milieu d'une route, et que le policier mais aussi deux témoins sont froidement abattus par Grimsrud, aussi efficace qu'il est laconique...

Dans la deuxième partie on fait la connaissance d'un fin limier d'un genre nouveau, Marge Gunderson: enceinte jusqu'aux yeux, locale jusqu'aux sourcils, elle promène son ventre en relief et son bon sens nordique d'un lieu de crime à l'autre, et est aussi efficace que Droopy. Elle est interprétée avec génie par Frances McDormand. Dans cette partie, on voit le plan s'enrayer de multiples façons, en particulier lorsque le beau-père répugne à faire confiance à Jerry, mais aussi à se séparer de l'argent réclamé pour sauver sa fille. On voit aussi que Jerry ne parle pas de mêmes chiffres à son beau-père et aux "Kidnappeurs"... Enfin, l'entente déjà fragile entre ces deux-là se lézarde, et Carl fait de plus en plus cavalier seul. Une sous-intrigue, soulignant la duplicité et les coups tordus, montre Marge qui reprend contact avec un ami de lycée qui lui fait le numéro de l'époux veuf trop tôt. Elle apprend peu après la vérité, tout en continuant son enquête.

Dans la troisième partie, tout arrive à sa conclusion logique, et les morts s'accumulent: le vieux Gustafson, le beau-père; Carl; L'épouse; un pauvre type à un péage de parking, etc... Jerry a de plus en plus de mal aussi bien à assumer son plan, qu'à dissimuler la minable vie de tromperie qu'il mène. Quant à l'argent que tous convoitent, il est "planqué" par Carl, dans un champ enneigé, au milieu de nulle part... Il sera d'ailleurs récupéré sur cette même route quelques semaines plus tard, dans un épisode de la série dérivée Fargo, mais c'est une autre histoire et un autre contexte.

Des objets, isolés dans la brume neigeuse, des champs enneigés à perte de vue: les frères Coen utilisent le coté cotonneux de la saison hivernale de façon magistrale, dans des plans dont la composition renvoie au flou de l'horizon, et à l'isolement des êtres. Seuls, Marge et son mari Norm ont le droit dans cette histoire de minables (Située, comme le film suivant The big Lebowski, dans un passé proche, cette fois 1987) d'assumer tranquillement un bonheur à deux. tous les autres mentent (Jerry), truandent (Le vieux Gustafson pique un bon plan financier à Jerry sans aucun scrupule), font semblant (les prostituées, escort girls, ou autres filles de passage qui rencontrent le chemin des deux tueurs chaotiques)... Pourtant, dans ce film drôle et au rythme parfait, la mort rode, et elle n'est pas commode, comme en témoigne la scène baroque dont Marge, au détour d'un petit bois tout enjolivé de neige, va être le témoin... Avec du rouge un peu partout. Caustique, digne, dans son flux et son ambiance, et particulièrement méchant, je tiens Fargo pour le chef d'oeuvre des frères Coen.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Joel & Ethan Coen Comédie Noir
11 décembre 2021 6 11 /12 /décembre /2021 11:51

Deux jeunes garçons, les deux enfants d’une famille qui vient de s’installer dans la banlieue de Tokyo, affrontent leur quartier, devant s’affirmer devant une bande de petits voyous qui les menacent de représailles s’ils osent se rendre à l’école… Il va leur être dur de s’imposer. Mais pendant ce temps, nous suivons les efforts du père (Tatsuo Saito) pour s’imposer également, lui qui a le but de devenir le bras droit de son patron, et ne recule devant aucune opportunité pour attendre ce but…

C’est l’un des plus connus sinon LE plus connu, des films muets d’Ozu : une épure aussi, un de ces films que le réalisateur refera dans les années 50, car le mélange de chronique du quotidien et de poignante critique sociale fait mouche sans aucun effort apparent, se reposant pour commencer sur deux personnages formidables : parfaitement dirigés, totalement complémentaires (leurs gestes sont aussi naturels que simultanés), les deux garçons fournissent un fil rouge totalement séduisant, avec leurs histoires de bagarres, de défis à la noix (gober un œuf de moineau en classe) et les anecdotes autour de leur intégration, de plus en plus inéluctable.

Le titre français ne traduit pas vraiment l'original, qui correspond à toute une série de films du metteur en scène qui se terminent en "mais" avec des points de suspension. Je suis né, mais... est autrement plus amer que le fonctionnel mais générique Gosses de Tokyo, et laisse entendre que la vie ne sera pas facile...

Tatsuo Saito, souvent clown en chef dans les films d’Ozu, a un rôle intéressant ici, en père plus préoccupé par son propre avancement que par les frasques de ses deux galopins, mais il est à la source d’une scène formidable : les deux garçons sont invités par le fils du patron, qui a lui-même invité ses employés à regarder les films amateurs qu’il a tournés. Sur l’écran, les deux garçons qui ont une image sanctifiée et assez autoritaire de leur père le découvrent tout à coup en boute-en-train avide de devenir le préféré de son supérieur, et commencent à douter de leur envie de « réussir à l’école pour devenir quelqu’un d’important », comme on le leur serine en permanence…

Avec ses deux anti-héros de la débrouille, qui affrontent l’enfer de l’enfance avec élégance et la main près des fesses (qu’ils se grattent en permanence !), cette comédie douce-amère est un joyau.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1932 Muet Yasujiro Ozu Comédie
4 décembre 2021 6 04 /12 /décembre /2021 10:47

Okajima (Tokihiko Okada) travaille dans une compagnie d'assurances de Tokyo, où la prime annuelle va bientôt être distribuée. Au milieu de a fébrilité ambiante ( le bonus est bien plus avantageux qu'anticipé) il remarque un vieil employé prostré: il vient d'être mis à l'écart. Okajima, poussé par les autres, va se plaindre du traitement réservé à son collègue, et est licencié. Commence alors pour lui la galère de devoir trouver un travail alors qu'il est trop qualifié, l'humiliation pour lui et sa famille quand il doit accepter des travaux indignes, et finalement l'entraide des anciennes fréquentations universitaires...

Et pourtant c'est bien une comédie, assez typique de la façon dont Ozu traite de la vie quotidienne avec un regard inspiré de Harold Lloyd, son idole! La vie de tous les jours ne vient malgré tout pas en droite ligne de Safety last, ou de Hot water, deux films qui restent fermement optimistes, mais plus d'une lecture subtilement contestataire vis-à-vis du capitalisme triomphant adopté par le Japon impérialiste... Le patron d'Okajima est montré classant des bagues de cigare de sa collection avant de se livrer à un licenciement sec: Ozu charge le patronat, d'une façon étonnante, et qui lui passera d'ailleurs assez rapidement, pour adopter en permanence le point de vue d'un homme victime de comportements plus que de circonstances... On n'est pas non plus devant un pamphlet communiste, le licenciement d'Okajima étant après tout provoqué par la vindicte syndicale des collègues, qui le poussent à agir tout en s'écrasant!

Mais cette lecture sociale ne fait de toute façon absolument pas de ce classique, l'un des meilleurs films muets de son auteur, un brûlot. Son propos est plus d'étudier avec sa caméra placée au plus près des hommes et des femmes, l'effet de l'embarras sur les gens, la façon dont les dispositions économiques défavorables s'insèrent entre les gens et le bonheur. Okajima chômeur devient irascible, colérique, perd patience avec ses enfants; Mme Okajima ne comprend pas que son mari s'abaisse à accepter de devenir homme-sandwich, par exemple... 

Tout cela n'empêche pas les gags, comme une ouverture très chorégraphiée avec une revue de détail à l'université (tous les étudiants y portent un uniforme) effectuée par un professeur excentrique (Tatsuo Saito, très présent à l'époque dans les films d'Ozu), puis une séquence enlevée et osée, où les toilettes communes deviennent le seul endroit où les employés peuvent aller compter les sous de leur prime! La dernière partie permet au professeur facétieux de revenir et au ton de redevenir léger, mais on ne s'y trompera pour autant pas: quand Okajima retrouvera du travail, ce sera pour quitter Tokyo, déraciner sa famille et affronter l'inconnu. Toute opportunité a sa part d'ombre...

Pour finir, la petite fille aperçue en haut sur la gauche de la photo, n'est autre qu'Hideko Takamine (1924 - 2010), actrice qu'on retrouve souvent chez Mikio Naruse, et qui fera jusqu'aux années 70 une belle carrière...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Yasujiro Ozu 1931
2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 08:00

Allemagne, années 70: Léopold (Bernard Giraudeau) a ramené dans son bel appartement le jeune Franz, 20 ans (Malik Zidi), qui se demande bien pourquoi au lieu de se rendre à son rendez-vous avec sa petite amie, il a suivi le vieux beau... Celui-ci fait rapidement évoluer la conversation vers l'inévitable et six mois plus tard, Franz est toujours là, mais le couple n'est pas heureux, sauf au lit... Franz, qui n'a plus qu'une obsession, soit quitter l'emprise dévastatrice que son amant a sur lui, contacte Anna (Ludivine Sagnier) pour l'aider, pendant que Véra (Anna Thompson), l'ancien(ne) compagnon/gne de Léopold, débarque après plusieurs années d'absence...

C'est l'adaptation d'une pièce de rainer Werner Fassbinder, et Ozon s'est manifestement beaucoup amusé à grimer ses acteurs et à décorer un appartement dans le style de l'époque voulue... c'est donc volontairement assez moche, et chaque acte respecte l'unité de lieu et de temps. Pourtant Ozon, qui aime à provoquer, choisit des angles de prise de vue, au plus près des acteurs, qui lui permettent d'aérer le tout: l'un de ces exemples est le plan de Giraudeau, assis, qui tout à coup se lève sans que la caméra ne le suive. Résultat, le plan devient un gros plan du pantalon au niveau des parties génitales... 

Fassbinder, un couple gay insatisfait, c'est bien sûr un film militant. Mais que c'est glauque! Giraudeau est excellent, bien sûr, en sale type qui gère son emprise sur les autres en étant absolument odieux, mais on finit par souffrir de sa méchanceté. Le reste du casting (uniquement 4 acteurs) est moyen, avec une mention spéciale toutefois pour Ludivine Sagnier, qui n'est pourtant gâtée ni par le script ni par la coiffure! 

Pour résumer, Ozon nous dit que c'est une comédie, donc on eut bien le croire, mais il faudra un jour expliquer aux auteurs français qu'un gag et une scène excentrique par film n'en font pas nécessairement une comédie... C'est agaçant.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans François Ozon Comédie
11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 17:51

Dans les années 20, dans les quartiers miséreux de Paris pour citer un intertitre, une jeune femme est exploitée sans vergogne par sa maman, tenancière d'un bouge infernal, qui l'oblige à danser avec les clients... Elle s'enfuit et se retrouve sans rien à Paris, où une vendeuse d'un magasin de couture la repère et lui suggère de devenir mannequin. C'est rapidement chose faite et elle est vite repérée par un peintre...

Ce petit film de deux bobines est essentiellement une oeuvre promotionnelle des couturiers de Paris, qui souhaitaient faire connaître le petit monde de la profession, et se proposaient d'utiliser le cinéma afin de toucher le plus large public possible. Le mélodrame est vite oublié, et le drame n'arrive jamais, parce que Lekain s'est vu fixer un objectif de représenter au maximum le glamour de la mode... Sans surprise, c'est aussi très anecdotique et pas exempt de remplissage... Sans parler le fait que la morale de la chose est douteuse, avec sa vision des pauvres qui en fait d'affreux bandits... On n'est pourtant pas chez Gaumont!

Incidemment, Lekain a justement travaillé chez Gaumont, en particulier dans le cadre de ses collaborations avec son ami Gaston Ravel dont il a été l'assistant, le décorateur et même le co-réalisateur sur de nombreux films (dont le très bon Figaro).

Ce court métrage est visible sur la plateforme Henri, de la Cinémathèque Française.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 14:19

Onésime doit voir sa fiancée, Pétronille; celle-ci travaille pour Mademoiselle Badinois et sa maîtresse vient de recevoir une tenue affriolante: Pétronille décide de braver l'interdit et met la robe et le chapeau... Ceux-ci vont subir tous les outrages possibles, de l'eau savonneuse au feu! 

C'est du burlesque de grimace, un genre dont j'avoue ne pas être friand, et Ernest Bourbon (Onésime) et Sarah Duhamel jouent la farce avec absolument zéro subtilité. Mais le film reste intéressant par l'importance qu'il donne au vêtement, et aussi parce que comme tout bon film Gaumont de l'époque, force reste à la bonne morale bourgeoise: quand la patronne de Pétronille s'aperçoit de ce qui est arrivé à ses habits, la bonne passe un mauvais quart d'heure... Léon Gaumont a certainement été satisfait.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Jean Durand Muet Comédie
11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 14:13

Un inventeur qui s'apprête à révolutionner le monde de la communication en créant un visiotéléphone néglige un peu trop sa fiancée, celle-ci décide de lui faire une farce, il l'appelle et... la voit en compagnie d'un homme!

C'est une gentille farce, qui se moque gentiment des scientifiques en imaginant un dispositif délirant qui va permettre à la facétieuse fiancée d'obtenir une petite vengeance bien innocente... A base de déguisements, bien sûr, confirmant l'intérêt du cinéma de ces années d'innocence pour le vêtement et les apparences.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Comédie Muet