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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 11:46

Collaboration totale entre les deux petits génies de la Keystone, The roundersréussit à être fidèle aux deux univers des deux acteurs, puisant l’argument chez Chaplin (Deux gentlemen saouls comme des cochons rentrent séparément à leur hôtel, ont des déboires avec leurs épouses légitimes, et résolvent de partir continuer leur activité favorite ensemble), lui permettant de distiller son sens de l’observation, mais beaucoup dans le déroulement de l’histoire est du à Arbuckle (Celui-ci n'est d'ailleurs pas vu les mains vides, et Al St-John fait partie de la distribution)... Par exemple, la façon dont les deux comédiens évitent de creuser jusqu’à épuisement leurs conflits conjugaux, pour s’enfuir et continuer la fête ailleurs, donnant lieu à toujours plus, toujours plus loin.

Chaplin aurait peut-être choisi de rester à l’hôtel, mais ici la situation s’enrichit de l’esprit vaguement anarchiste d’Arbuckle. Le final, d’ailleurs, qui voit les deux poivrots s’abîmer lentement mais surement dans l’eau d’un lac alors que leur bateau coule. Au préalable, ils ont mis une salle de restaurant à sac, et jeté pas mal de gens parfaitement innocents dans l’eau… On est toujours chez Sennett, mais on va loin dans l’humour délirant, on quitte assez franchement l’univers de Chaplin. Non qu’il ait à redire, il est évident qu’il s’amuse comme un fou.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin Roscoe Arbuckle
8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 16:57

Excellent film dès le départ, The masquerader est unique dans la mesure ou Chaplin y opère un nombre impressionnant de transformations. Il prend pour commencer le prétexte de montrer la vie du studio Keystone, allant jusqu'à prétendre pendant les premières minutes avoir un caractère documentaire: on y voit, effectivement, Chaplin se préparer pour un film, en costume de ville et sans moustache, puis pendant le maquillage.

Mais la présence dans les vestiaires de Roscoe Arbuckle, et le fait que les comédiens se sentent l'un comme l'autre d'humeur farceuse (Ce qui est bien dans l'esprit de cet éternel gamin d'Arbuckle, mais qui détonne par rapport à la réputation de grand sérieux dont faisait preuve Chaplin dans son travail), et la séance de maquillage dégénère bien vite. Après, un Chaplin enmoustaché se préoccupe tellement peu du film qui se fait qu'il drague sans vergogne les femmes présentes, déconcentre ses partenaires, et empêche Chester Conklin (que le metteur en scène excédé a obligé à remplacer le héros) de faire son travail. Le résultat? Chaplin se fait virer du plateau, et n'aura d'autre ressource pour se faire rengager, que de venir déguisé... en femme.

Mais pas de façon caricaturale: on le sait, quand Chaplin joue un vagabond ou un bourgeois, il EST un vagabond ou un bourgeois. Quand il joue un poulet dans The gold rush, il est un poulet. Et donc, ici, il est une femme, séduisante, élégante, et bien sur il n'a aucun problème à se rendre sur le plateau...

C'est fascinant: non seulement Chaplin a réussi sans aucune gaucherie à faire du studio le décor de son film, non seulement il a réussi à intégrer la comédie et la réalité bien mieux que dans tous les films improvisés sur les événements publics, qui sont le pire du pire de la firme de Sennett, mais il a réussi à mener ce film, à une époque ou les spectateurs ne connaissent pas le nom des vedettes, en assumant trois identités différentes tout en maintenant une parfaite lisibilité.

Un tour de force, aidé par une construction très adroite, et la complicité de toute l'équipe. Maintenant, pour ceux qui espèrent voir Chaplin au travail, ce n'est pas encore ça: en réalité, il détestait qu'on le filme quand il mettait en scène, et ici, il n'est supposé être qu'un acteur... En tout cas, le film ment: on n'aurait jamais viré Chaplin de la Keystone de cette façon, à cette époque. C'était, déjà, le maître.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin
8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 16:53

La "nouvelle profession" du titre, en fait, est celle de garde-malade, puisque l'intrigue de ce petit, tout petit film tourne autour de la situation suivante: un jeune couple souhaitant folâtrer se débarrasse du vieil oncle (Jess Dandy) en chaise roulante, que le jeune homme (Charles Parrott, futur Charley Chase) est censé accompagner, en le confiant à un vagabond, qui n'a de cesse de se débarrasser à son tour de sa charge pour aller boire un coup.

Pas de surprise, et retour donc à du classique, un peu lourd et vulgaire, autour d'un lieu emblématique et utilisé jusqu'à la corde dans le film: en l'occurrence, une jetée en bois.On regrette bien sur qu'il n'y ait pas plus d'interaction entre Chase et Chaplin, mais pourquoi y en aurait-il eu? L'un est un anonyme en 1914, l'autre est déjà une star.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin Mack Sennett
7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 19:20

S'il est le film le plus court de la production Keystone par Chaplin, c'est aussi le plus mal conservé, à l'exception bien sur de Her friend the bandit (Mack Sennett), qui a carrément été perdu, et le restera jusqu'à nouvel ordre...

Le film est difficile à regarder, sauf pour une brève minute conservée par le British Film Institute sur une copie 35 mm à la définition splendide. Pour le reste, la version la plus complète (disponible sur le coffret Lobster de 2010) est tirée d'un abominable contretype en 16mm tellement dégoûtant qu'on ne sait pas toujours ce qui se passe, et comme c'est une fois de plus une histoire de gens qui se draguent et qui se battent à coups de briques, on se passera d'en savoir plus.

...Il y est beaucoup question de pousser des gens dans l'eau.

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Published by François Massarelli - dans Charles Chaplin Muet Comédie
7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 19:17

Adaptation d'un poème de Hugh Antoine d'Arcy, ce film d'une bobine est la première intrusion de Chaplin dans la parodie. Mais quand on sait le soin que le metteur en scène mettra dans The gold rush, qui est une authentique comédie ET un vrai film sur la ruée vers l'or, on comprend vite que ce n'est pas un terrain de prédilection pour lui. Le film, une fois de plus se démarquant au maximum de la production Keystone, est pourtant assez fascinant, par la subtilité du décalage, apporté par de simples détails, des ajouts faits au comportement par ailleurs fortement histrionique de l'acteur Chaplin, qui joue ici le drame comme s'il y croyait: En plein geste ultra-dramatique, il rote, ou s'assoit sur sa palette, et se retrouve couvert de peinture, etc... Pour le reste, le film est joué de façon directe, le metteur en scène seul se réservant le droit de dériver vers la comédie...

L'histoire: un vagabond apparaît dans un bar, et supplie les hommes présents de l'écouter: il était un peintre de renom, jusqu'au jour ou la femme de sa vie l'a quitté pour un homme qu'il avait peint. depuis, il boit pour oublier. Dans le poème, le vagabond meurt en dessinant à la craie le visage de sa bien aimée. Ici, Chaplin a réservé une fin différente, mais pas illogique, à son héros. En tout cas, quelles que soient les limites du film, il est remarquable ne serait-ce que pour la tentative de diversifier ses films.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett Charles Chaplin
6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 21:56

Avec ce premier effort en deux bobines, totalisant 24 mn, Chaplin situe son personnage dans un cadre professionnel lié au spectacle, autant dire que le comédien est à la maison. On le sent beaucoup plus à l'aise qu'avec les courses poursuites à vocation extra-conjugales qui étaient de mise chez son employeur...

Si la présentation des coulisses d'un minable vaudeville ramène forcément Chaplin en arrière, au temps des planches avant la célébrité des années Karno, il convient de noter que le comédien interprète un accessoiriste, et laisse donc le cabotinage à d'autres. D'ailleurs un détail me frappe: exactement comme son personnage dans le film Mutual Behind the screen, en 1916, l'accessoiriste ici joué par Chaplin est entièrement grimé en Chaplin, à trois détails près: il a tombé la veste, ne porte pas systématiquement de chapeau, après tout on est en intérieurs, mais surtout il fume la pipe en permanence: Chaplin a senti le besoin d'établir une bonne fois pour toutes le coté sédentaire du personnage, et la pipe est un outil essentiel à cet effet.

Mais bien sûr, on est encore à la Keystone, et si le film se passe de catastrophe en catastrophe, toutes liées plus ou moins au fait que les comédiens et le théâtre qui les emploie sont minables, ce qu'on retiendra en particulier c'est l'extrême agressivité, de tout le monde en général, et de Chaplin en particulier: voilà le trait de caractère qu'il lui faudra éliminer une fois qu'il aura quitté l'usine à gags, celle ou on envoie des briques et des tartes à la crème plus vite que son ombre. Pour l'instant son personnage est campé, qu'il soit vagabond ou pas importe peu, mais il lui manque un soupçon d'humanité qu'il saura lui conférer bientôt.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett Charles Chaplin
6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 21:54

Encore rudimentaire, ce film est malgré tout un grand pas en avant dans la carrière de Chaplin: pas d'improvisation dans le parc, pas d'intrigue basée sur les frasques conjugales, et des gags liés cette fois à une profession: Chaplin n'y est pas vagabond, mais assistant dentiste.

A ce propos, en pleine rue il lance des briques, qui en atterrissant sur des mâchoires, provoquent une sérieuse envie d'aller se faire soigner... Ca nous rappelle bien sûr une autre situation, d'un autre film, mais transposé à un vitrier et son fils adoptif (The kid, 1921)... Chaplin continue donc à planter ses petites graines, tout en devenant, de plus en plus, le seul maître à bord: le film ne ressemble plus à du Sennett.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin
6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 21:20

Trois modèles New-Yorkaises prennent un appartement de luxe, afin de commencer à évoluer dans le grand monde, car la mission que se sont fixée Schatze (Lauren Bacall), Pola (Marilyn Monroe) et Loco (Betty Grable), c'est de se débusquer, pour chacun d'entre elles, un type plein aux as, et si possible sympathique, bien entendu, mais on comprendra bien vite que c'est optionnel. Les trois jeunes femmes vont bien trouver des opportunités, mais la vie leur réserve bien des surprises...

Quant à la mission de ce film, c'est simple: c'est le tout premier film en Cinémascope, sorti après mais tourné et monté avant The robe... Negulesco fait donc en quelque sorte un film de démonstration, dans lequel il ne perd pas une opportunité d'expérimenter avec ce format idéal, selon la formule popularisée par Fritz Lang, pour filmer les serpents et les enterrements! Mais il s'en sort extrêmement bien, dans la mesure où le procédé est souvent utilisé justement pour traiter l'espace en faisant l'économie de plans de coupe et de montage. 

Mais le plaisir qu'on y prend étant quand même une donnée essentielle d'une comédie, j'avoue apprécier ce petit film de rien, qui oppose trois actrices absolument délicieuses, dont deux monstres sacrés, à des acteurs chevronnés, dont William Powell, mais pas tous véritablement connus et reconnus. Ca se laisse voir sans aucun déplaisir, et au pire, c'est ce qu'on appelle sans doute un plaisir gentiment coupable... Dans lequel Lauren Bacall, avouant son attirance pour les vieux, dit qu'elle a un faible pour "le vieil acteur qui joue dans The African Queen", et Marilyn Monroe nous fait rire constamment avec une myopie carabinée...

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Published by François Massarelli - dans Comédie
5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 11:29

Bien que signé par Mack Sennett, le film met en valeur, souvent séparément, les deux stars de la firme que sont Chaplin et Mabel Normand. De plus, ils sont très officiellement crédités du script de ce petit film, on peut raisonnablement le leur attribuer, sachant que c'est très éloigné du style de Sennett, comme pouvait l'être The knockout, et que la complicité entre les deux acteurs, pourtant rivaux, est évidente dans la scène finale. C'est une comédie conjugale qu'on peut considérer comme une certaine forme de parodie de court métrage à la Griffith, dont n'oublions pas que les films de la Keystone sont les héritiers directs.

Chaplin et Normand y sont un couple, aux prises avec un voyou, interprété par Mack Swain. Mabel reproche à son mari de ne pas la défendre contre les séducteurs, et lui lui reproche de se laisser faire. Une dispute plus tard, elle achète un mannequin pour faire croire qu'elle a un homme (Un vrai) chez elle, et lui va consciencieusement s'abimer dans une intense soûlographie, qui lui donne tant de courage, qu'il rentre chez lui et casse la figure au mannequin. Certes, on n'est pas dans Citizen Kane, mais on sent l'effort pour faire évoluer la comédie conjugale, et Chaplin, quant à lui, confère à ses segments un jeu de plus en plus subtil, non seulement de sa part, mais aussi de ses partenaires: Sennett n'aurait jamais permis à ses figurants d'être aussi bons...

A ce propos, dans la scène du café, l'un des jeunes voyous présents retrouvera Chaplin 17 ans plus tard, sur un ring: il s'agit de Hank Mann dont la scène qu'il jouera dans City Lights est un des très grands moments de la carrière de Chaplin.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin Mabel Normand
5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 11:25

Mack Sennett fait comme d'habitude: il investit un endroit public un jour de forte affluence, lâche ses comédiens au milieu, et leur demande d'improviser. Chaplin, Mabel Normand, Chester Conklin font ce qu'il peuvent, le film était destiné à être sans intérêt: c'est réussi. Mabel normand y incarne une jeune femme venue vendre des hot-dogs sur le site d'une course de voitures, et va se faire escroquer par un indélicat à moustaches.

On sent la présence du réalisateur, qui aboyait sas doute les instructions de jeu au gré de ses humeurs, à des comédiens qui font ce qu'ils peuvent, en présence d'un public qui cache à peine sa curiosité et sa joie de se trouver sur le lieu d'un tournage...

A noter, toutefois, le titre Français le plus crétin de l'histoire du cinéma, après l'immortel navet de Philippe Clair Rodriguez au pays des merguez: Charlot et les saucisses.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mabel Normand Charles Chaplin