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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 08:59

Elmer Finch (W.C. Fields) est un homme usé par le temps, mais surtout par son épouse et le grand fils de celle-ci (dont un intertitre nous annonce qu'Elmer n'est pas responsable). Il a une fille, mais elle aussi souffre du remariage, et par dessus le marché le parfois très distrait Elmer est maltraité à son boulot où on le prend pour une andouille certifiée premier choix. Jusqu'au jour où, suite à un enchaînement d'événements, Elmer se fait hypnotiser (mais oui!), se prend pour un lion, et... règle ses comptes dans une scène de furie dont nous admettrons, nous qui avons vu le début du film, qu'elle est particulièrement légitime...

C'est un petit film particulièrement sympathique, à la croisée des univers de La Cava et Fields. Celui-ci n'a pas écrit l'argument cette fois, mais on y retrouve de nombreux éléments qui renvoient à ses scripts: notamment l'amour filial et exclusif pour une fille d'ailleurs adorable (Mary Bryan). Et il y est question des Américains moyens, saisis dans leur médiocrité embarrassante...

Comme souvent avec les comédies de Fields, celle-ci prend un peu trop son temps dans l'exposition, mais assume ensuite avec beaucoup de drôlerie un comique qui n'est pas que visuel, étrangement: il est parfois... verbal: on voit distinctement le comédien hurler 'I'm a lion' par exemple, et les intertitres sont parfois drolatiques: il convient par exemple de savoir que toute la ville parle, dans le film, d'un bal organisé le samedi à venir  par le Lion's club; ce qui donne l'occasion à une voisine de glisser à Mrs Finch le commentaire suivant: "Quel dommage que votre mari ne soit pas un lion; vous passeriez un très bon samedi soir". Je pense que, compte tenu des personnalités facétieuses du metteur en scène et de son comédien, le double sens y est volontaire.

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Published by François Massarelli - dans 1927 Gregory La Cava Comédie Muet
23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 09:23

Ce film est le premier long métrage dans lequel W.C Fields, également comme souvent auteur de l'argument initial (qu'il avait joué au théâtre), a pu avoir un degré de contrôle important. Sans surprise, c'est donc un joyeux fatras, anarchique, d'une drôlerie qui n'hésite jamais à se lancer dans la méchanceté, et assez éloigné des canons esthétiques de la comédie de l'époque...

Elmer Prettywillie (Fields) est pharmacien, et il a une vie assez bien rangée: il vivote de son métier, qu'il fait sans grande conviction philanthropique; sa soeur (Marie Foy) vit avec lui et elle a un enfant qui est un cauchemar pour son tonton. Par ailleurs, sa jeune employée Marilyn (Louise Brooks), qui l'aide au drugstore est, on le sent bien, la seule personne qui trouve grâce à ses yeux. Mais elle fait tout pour caser sa tante Tessie (Blanche Ring) avec le vieux célibataire. 

Bref, tout va pour le mieux dans le plus médiocre des mondes, quand arrive un élément perturbateur: un jeune homme (William Gaxton), qui croise la jeune Marilyn, et c'est le coup de foudre. Agent immobilier, il est venu pour vendre des parcelles, et il va convaincre Elmer de s'associer avec lui. Bon. Mais... est-ce tout à fait légal?

Vous savez quoi? Je n'ai pas la réponse à cette question! Et pourtant, je viens de voir le film... Il me semble que cette portion de l'histoire a été un peu ré-arrangée afin de permettre à une sous-intrigue amoureuse de se développer. Cet ajout permet donc aussi à Louise Brooks d'intégrer le film, sous la direction de son futur mari, Eddie Sutherland. Celui-ci est un réalisateur adepte, et qui a mon avis a du bien s'entendre avec Fields: le réalisateur en titre, en effet, se plie selon les règles classiques de la comédie muette, aux exigences de ses scènes, ses personnages, son intrigue, dans ce sens précis. Le résultat est donc un peu inégal, mais reste constamment distrayant...

Et Fields est libre de développer son personnage selon son coeur; attendez-vous à des allusions à l'alcoolisme militant, à la prohibition, à la haine viscérale des enfants, et tout un tas de choses politiquement incorrectes qui sont tellement grosses qu'on n'y croit pas une seconde.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1926 Louise Brooks
21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:40

Ce film d'Ozu est une comédie étudiante, et le titre fait bien sûr écho à J'ai été diplômé, mais..., de 1929. ce genre de titre, en particulier pour des comédies, est assez courant dans la production de l'époque. On décèle une fois de plus dans ce film Japonais l'amour d'Ozu pour les comédies de Harold Lloyd, dont le modèle ici choisi est le film The Freshman, de 1925... Ca nous apparaîtra dans plusieurs détails, et une scène de tendresse amoureuse.

Le héros est interprété par Tatsuo Saito, et il fait partie d'une confrérie de zozos fort sympathiques, mais pas destinés à la réussite. Leur principale activité académique consiste à préparer des moyens de tricher, qui ont tous tendance à rater lamentablement. Cela étant dit, s'ils sont unis dans leur tricherie, le plus à même de réussir est justement le personnage principal.

Et s'ils sont tous un peu amoureux de la voisine (Kinuyo Tanaka), celle-ci ne s'intéresse qu'à lui, justement: elle lui promet une cravate pour son diplôme... Mais la réalité va rattraper tout le monde avec une ironie particulièrement cruelle...

Le film de Lloyd dont s'inspire Ozu était construit selon le modèle habituel des films estudiantins: on y faisait du sport, du sport, du sport et encore du sport. Chez Ozu, on va certes en classe, mais l'université et les études nous apparaissent surtout comme une période glorieuse de camaraderie et de rigolade... Le film maintient un ton léger jusqu'au dernier quart d'heure, mais réussit à éviter le pathos lors de la séparation des amis... et lors des résultats inattendus. C'est un peu tout le petit monde de Yasujiro Ozu, ses acteurs et techniciens habituels, que nous voyons à l'oeuvre dans ce petit film sympathique.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Yasujiro Ozu 1930
21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:33

Trois copains décident d'offrir à son insu à un de leurs amis un cadeau original: un robot féminin, d'occasion (la fausse jeune femme était jusqu'à présent serveuse dans un café). Sans le savoir, l'heureux élu se retrouve donc flanqué du'ne petite amie extrêmement amoureuse, mais qui est synthétique...

Le suspense principal, bien sûr, est basé sur la question "que va-t-il arriver quand il s'en rendra compte?". La réponse viendra vite, remarquez, car le film est très court. Mais surtout la fin apportera des développements inattendus...

Ce court métrage provient d'une mission assignée à des étudiants (Regroupés sous l'appellation "Les Parasites"), qui devaient pour un festival Tourangeau tourner en deux jours un court métrage... Le résultat est fortement sympathique, d'autant qu'il est basé sur une idée loufoque..On pourra toujours dire qu'il "questionne notre rapport aux nouvelles technologies", mais le grand atout de ce film c'est surtout qu'il est loufoque...

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Published by François Massarelli - dans Comédie
21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:26

Vincent (Vincent Heneine) et Margot (Margot Bancilhon) doivent tourner une scène d'amour charnel pour un film. Ils sont très nerveux, l'un comme l'autre d'autant qu'ils se connaissent à peine. Et puis, clairement, c'est la première fois de leur carrière de comédien. Pour les mettre à l'aise, le metteur en scène leur demande de faire "Du cul, du cul, du cul, bestial, mais tendre"... 

Ca ne les met pas à l'aise, mais alors pas du tout...

C'est un court métrage drôle, même si ça part un peu dans la convention. Mais le réalisateur Tomer Sisley a une petite idée derrière la tête, et va l'exploiter avec bonheur, montrant de quelle façon une humeur plus que conflictuelle va d'abord s'installer entre les comédiens, puis tout à coup la complicité... et enfin la tendresse.

Tout en maintenant bien sûr une atmosphère de franche comédie.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:06

Pour sa deuxième réalisation, Jodie Foster choisit de ne pas apparaître devant la caméra, mais on peut quand même au moins émettre l'hypothèse que ce ne soit pas tout à fait un hasard si Holly Hunter lui ressemble un peu sur les photos promotionnelles. Mais voilà: par principe, la cinéaste interdit à l'actrice qu'elle est de prendre toute la place dans le film, et cette fois, contrairement à la mère dépassée par les événements de Little Man Tate, le moins qu'on puisse dire de Claudia, c'est bien qu'elle est le rôle principal du film...

Claudia est peintre, mais elle est surtout restauratrice d'oeuvres d'art. "Etait", plutôt, car elle est licenciée dès la première scène. C'est Thanksgiving, et elle doit quitter Chicago pour retourner chez ses parents à Boston. Sans sa grande fille Kitt (Claire Danes), qui a décidé de passer le jour de fête chez son petit mi, avec lequel elle admet à sa mère, fièrement, qu'elle aimerait bien coucher.

Bref, Claudia ne va pas bien, et en plus il lui faut affronter le cirque familial: des parents (Anne Bancroft et Charles Durning) qui s'adorent mais passent le temps à se chercher des poux dans la tête, une soeur (Cynthia Stevenson) critique de tout, avec un mari (Steve Guttenberg) ennuyeux au possible et des enfants qui vont avec, et son frère Tommy (Robert Downey Junior) qui vient de se marier plus ou moins en secret avec son compagnon de longue date, Jack. Celui-ci est absent, mais la tante Glady (Geraldine Chaplin) est bien là, elle, un peu gâteuse, et un peu pétomane sur les bords...

Bref, beaucoup d'occasions de rappeler, voire revivre, le passé en famille pour Claudia, et peu de perspectives d'avenir, s'il n'y avait Leo, un ami de Tommy qui l'accompagne. Et ça tombe bien, car la raison qui l'a poussé à venir, c'est une photo de Claudia...

Le trait est volontiers grossier, un peu comme la première demi-heure de Money Monster. Mais Claudia et sa famille, y compris dans ses escarmouches entre la prude grande soeur, et le transgressif Tommy. On sent que Downey n'en fait absolument qu'à sa tête, comme beaucoup d'acteurs du film du reste (Et Cynthia Stevenson est géniale). Ca maintient une certaine bonne humeur, dans ce qui risquerait d'être un peu une recherche molle du temps perdu. Et même si nous nous sommes longtemps couchés de bonne heure, on préfère un film comme celui-ci quand on peut y rigoler un peu...

Vers la fin du film, quand la restauratrice d'oeuvres anciennes, qui vient d'aller au bout de ses souvenirs, trouve enfin une raison de se raccrocher à l'avenir, ce sont tous les personnages qui défilent sous nos yeux, dans une certaine joie de vivre (y compris la soeur acariâtre) en super 8, comme si les valeurs du passé et du présent s'étaient inversées... Une jolie idée, finalement, qui nous évite un gros coup de bourdon, car la déprime, ça passe.

Hélas, comme les années.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Jodie Foster
19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 17:58

Ce film, hélas posthume, est le dernier volet d'une trilogie commencée en 2008 avec Back soon, que prolongeait Queen of Montreuil. La réalisatrice avait commencé par situer une intrigue en Islande (Back Soon), puis de déplacer ses personnages Islandais vers la France (Queen of Montreuil); là, les héros rencontraient divers personnages locaux, dont le grutier Samir et surtout la jeune veuve Agathe...

Celle-ci (Florence Loiret-Caille) est maître-nageuse, et elle fascine Samir (Samir Guesmi) qui aimerait tant la rencontrer pour de vrai. Il prend donc la décision d'apprendre à nager, ce qui va être risqué, parce qu'en réalité il sait déjà. Ils deviennent assez vite complices, et une nuit, Samir qui s'est fait enfermer à la piscine Maurice Thorez de Montreuil (!), a la surprise de constater qu'il n'est pas seul: Agathe s'est, pour sa part, volontairement enfermée... Ils discutent, s'embrassent, mais...

Un collègue d'Agathe a fait entrer des femmes un peu louches dans la piscine, et l'une d'entre elles tombe. Samir, devant Agathe médusée, plonge et la sauve. Comprenant qu'il lui ment sur lui-même depuis le début, Agathe s'enfuit...

Il faudra à Samir aller la retrouver en Islande, avec ses vieux copains, dans une équipée mi-burlesque, mi-poétique, où Agathe pèse le pour et le contre d'une relation avec Samir. Quant à ce dernier, il va involontairement résoudre la situation par un accident suivi d'une crise d'amnésie...

C'est gentil, et certes un peu inabouti, surtout si on le compare avec le beau Lulu femme nue de 2013. On devine que la cinéaste, qui est décédée peu de temps avant la fin du montage, savait que finir son film serait difficile. Il a été supervisé par le co-scénariste Jean-Luc Gaget, et on ne saura donc pas quelle est la part exacte de ce que Solveig Anspach souhaitait voir dans son dernier film... Mais tel qu'il est, avec son rythme lunaire et doux, il peut tout aussi bien faire l'affaire. Que ce soit dans la première partie, dominée par le point de vue (certes décalé) de Samir, qui a du Hulot en lui, ou dans la deuxième qui mélange les parcours de ses deux personnages. On rit souvent, et sans la moindre méchanceté, devant ce joli petit, tout petit film.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Solveig Anspach
18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 11:07

L'hésitation sur le titre vient du fait qu'on en trouve plusieurs, et pour causes: ce film n'est pas sorti en France. C'est un moyen métrage, à l'origine, une de ces petites comédies de complément de programme qu'Ozu tournait vite et bien. Comme d'autres, le film n'est conservé que sous une forme partielle, et la copie la plus fréquemment vue est directement tirée d'une version abrégée conservée en 9.5mm, soit un format de visionnage à la maison. on y retrouve le squelette de l'intrigue.

Deux gangsters (Tasuo Saito, Takeshi Sakamoto) se sont associés afin de se lancer dans une entreprise qu'ils croient lucrative: ils vont kidnapper un enfant (Tomio Aoki) et demander une rançon. Mais la période durant laquelle ils vont garder chez eux le petit sera tellement infernale, qu'ils vont le renvoyer chez lui... les bras chargés de cadeaux, parce qu'il n'a pas envie de partir! 

Cette histoire provient d'une nouvelle de O'Henry, un auteur Américain dont les histoires sont très connues aux Etats-Unis. Une autre adaptation de The ransom of Red Chief, dirigée par Howard Hawks (et pas franchement folichonne) figure au menu du film collectif O'Henry's full house, produit par la Fox en 1952... Le film d'Ozu est en apparence plus léger, plus burlesque aussi. Les deux acteurs adultes vont au bout de la comédie, et comme avec Jours de jeunesse, Ozu est à l'aise pour diriger deux personnages complémentaires, dans leurs différences aussi bien physique que psychologique. Le gamin mérite bien son "surnom" de galopin, et deviendra en très peu de temps un enfant star au japon. On le reverra dans d'autres films d'Ozu...

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet Comédie Yasujiro Ozu
17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 17:03

Ce film de 1929 (également connu sous le titre d'Amis de combat) est une fois de plus un film dont l'ensemble du métrage a disparu, à l'exception de courts extraits assemblés dans une continuité qui résume l'intrigue pour le visionnage à la maison. Les copies existantes, tirées d'une source en 9.5 mm, sont dans un très mauvais état, comme du reste les autres films muets d'Ozu! 

C'est une comédie, qui doit une fois de plus beaucoup aux grands comédiens, Harold Lloyd en tête, dont un gag célèbre (Basé sur la consommation inopinée de boules de naphtalines, dans Grandma's boy, 1922) est ici détourné. Les héros sont deux amis qui cohabitent et partagent tout, au point de s'associer dans un garage un peu miteux. 

Les deux hommes provoquent sans le vouloir un accident, et renversent une jeune femme. celle-ci est sans domicile, ils la recueillent, et organisent une cohabitation...

Le film rejoint pour partie l'argument de Jours de jeunesse, à travers le fait que les deux amis vont devenir rivaux pour l'affection de a jeune femme, en vain: elle va rencontrer un étudiant, un gendre parfait, avec laquelle elle part pour la ville à la fin du film, sous les yeux tristes, mais résignés, de leurs deux amis. 

Le titre s'explique par une scène au cours de laquelle les deux complices exorcisent leur rivalité à la lutte, mi-sérieusement, mi-sportivement... 

Le film est évidemment, plus encore que J'ai été diplômé, mais..., l'ombre de lui-même. C'est dommage, une fois de plus de devoir conclure qu'il faudra nous en contenter, l'état des collections de cinéma Japonais muet étant ce qu'il est.

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Published by François Massarelli - dans Yasujiro Ozu 1929 Comédie Muet
17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 09:46

Le plus ancien film existant d'Ozu, qui est le seul de 1929 à subsister dans une version intégrale, est une comédie, l'une de ces histoires d'étudiants, qui étaient si populaires à l'époque sur les écrans Nippons que la Schochiku poussait le réalisateur à en tourner plusieurs par an. On peut sans doute se dire que c'est ce qui lui a donné son métier, d'ailleurs. 

L'intrigue tourne autour des efforts particulièrement peu glorieux de deux étudiants, des co-locataires, pour séduire une jeune femme. Ils la connaissent tous les deux, mais n'ont pas la moindre idée du fait que chacun d'eux est le rival de l'autre pour les affections de Chieko (Junko Matsui). Ils sont par ailleurs tous les deux bien différents: Watanabe (Ichiro Yuki), un fainéant aux allures supérieures, menteur, farceur et insouciant, a d'ailleurs rencontré la jeune femme par un stratagème un peu limite (Il souhaitait louer sa chambre à une jeune femme, mais choisissait les candidates sur leur mine...). Il est obsédé par le magnifique film Seventh Heaven de Frank Borzage, dont il a des photos et une affiche géante placardés sur tous ses murs, et il en cite d'ailleurs une phrase clé: "I am a very remarkable fellow"... De son côté, Yamamoto (Tatsuo Saito) porte des lunettes, ne sait pas quoi faire de son long corps élancé, et s'il est motivé par les études, et stressé par les examens (contrairement à son copain!), il ne se met pas en posture de les réussir, à cause de son obsession pour Chieko. Quand ils ont fini leurs examens, les deux compères apprennent que la jeune femme souhaite aller faire du ski: chacun d'entre eux va annoncer à l'autre son désir de sports d'hiver! Ils se rendent donc en montagne, mais ils ne sont définitivement pas doués...

Le slapstick, parfois présent dans le film, n'est pas un domaine dans lequel Ozu est à l'aise. C'est essentiellement Yamamoto qui en fait les frais. Il serait difficile, surtout quand on connait l'obsession d'Ozu pour l'acteur, de ne pas penser à Harold Lloyd, mais je rejoins Briony Dixon quand elle dit que les tentatives d'installer une comédie de l'embarras à la Hal Roach (Par exemple un moment durant lequel Yamamoto se retrouve sans le savoir avec de la peinture fraîche sur la paume) sont particulièrement ratées. Les aventures des deux jeunes hommes dans la neige sont plus réussis, de même que l'atmosphère estudiantine dans les dortoirs de la station...

Mais ce qui marche mieux, c'est bien sûr la comédie de caractères, la façon dont les deux amis, soit se serrent les coudes, soit (lorsqu'il est enfin établi qu'ils ont compris la situation) se font une concurrence plus sévère. Le plus touchant reste bien sûr Yamamoto, mais les deux sont mis à égalité par leur échec académique, à la fin du film, et surtout par le fait qu'aucun d'entre eux ne gagnera les faveurs de Chieko. Ce qui est notable, par contre, c'est que cette fois, Ozu se garde de glisser vers le pathos. Le ton reste léger jusqu'au bout.

C'est un film long, plus de 100 minutes, et ça amène un certain nombre de redites. La première partie en particulier, celle qui situe les personnages, n'est pas des plus réussies. Finalement, les enjeux et les difficultés causés par le séjour au ski, restent la meilleure source d'aventures pour les deux compères. Et c'est là qu'Ozu tentera d'ailleurs quelques expériences, notamment sur le point de vie, en adoptant celui de Yamamoto à ses pires moments: quand il tombe, par exemple, la scène est vue par un plan chaotique pris par une caméra qui est agitée dans tous les sens. Un plan de Chieko est vu à travers la buée de ses lunettes, et si le gag le plus récurrent du film nous montre Yamamoto qui enfourche ses skis, et... tombe en arrière, un plan nous en montre le contrechamp, avec un horizon qui se retrouve tout à coup vertical...

Bref, un film... de jeunesse, justement. Ozu raffinera vite, très vite même, son style, das d'autres comédies, mais aussi d'autres genres.

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Yasujiro Ozu Comédie