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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 07:41
Early to bed (Emmett Flynn, 1928)

Laurel et Hardy sont des vagabonds, dont le suartier général est un banc public. Un jour, Hardy reçoit une bonne nouvelle: il hérite d'une fortune... Laurel inquiet, apprend qu'il restera avec lui: son ami l'engage comme majordome. Maissi d'un côté la vie du nouveau millionnaire est faite de fêtes et de ripaille, notamment alcoolisées, le domestique trouve la nouvelle situation difficile. Et Stan souhaite donc reprendre sa liberté...

Emmett Flynn, metteur en scène à la Fox, était-il en disgrâce auprès de son studio? En tout cas voici la seule comédie burlesque qu’il ait réalisé, et il n’était pas fait pour cela. Le script n’est de toutes façons pas bon, poussant Laurel et Hardy l’un contre l’autre, et les séparant de façon souvent gênante. Le sujet même est la tentative de libération de l'un d'entre eux, et ça ne passe donc pas. Pire, Stan est l’élément raisonnable, et Hardy le trouble-fête conscient, tellement énervant que Stan en devient méchant… Non, ça ne marche pas. Dommage, car le principe de base, laisser Laurel et Hardy seuls dans un film, à la façon de Chaplin dans One A. M., était une bonne idée… C’est la seule.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie
17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 18:45
Should married men go home? (James Parrott, 1928)

Avec ce nouveau court métrage, nos héros vont revenir à la série « Matrimoniale »; le film est intéressant à plus d'un titre: le nouveau ton des films y est en effet mis à profit afin de caractériser en profondeur, et l'impression est qu'on se situe bien au-dessus du tout-venant, notamment des anciens films Roach, où il suffisait d'une allusion au mariage pour déclencher les rires. Ici, ce qui fonctionne, c'est qu'il semble bien qu'Hardy soit heureux en mariage, ce qui fait de Laurel venant proposer de jouer au golf, un authentique trouble-fête. mais le golf est si irrésistible, Hardy finira par s'exécuter...

L'essentiel de la première bobine est occupée à montrer la lutte inégale entre le couple Hardy et Stan, mais la deuxième bobine montre les exploits de Stan et Ollie (Bien accompagnés, ils se sont trouvé des petites amies pour l'après-midi), mais surtout la souffrance profonde d'Edgar Kennedy, dont la balle est tombée dans une flaque de boue, et qui se voit rappeler à l’ordre par Stan: la balle est dans la boue, il faut la jouer à partir de là. La suite est inévitable : la boue joue ici, en 5 minutes de sauvagerie calculée, le rôle de la crème dans The battle of the century.

C'est la première fois que Laurel et Hardy sont officiellement crédités, avec leur propre série. Une façon d'entériner ce que le verdict du public avait déjà consacré. C'est aussi la première fois, et ce n'est pas rien, que les deux amis tournent sous la direction de James Parrott. le petit frère de Charley Chase est bien monté en grade depuis ses rôles dans des courts métrages idiots mais hilarants, sous le pseudonyme de Paul Parrott. Il va travailler souvent avec Laurel et Hardy, sera de la partie pour le premier long métrage Pardon us, entre autres hauts faits d'armes...

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Published by François Massarelli - dans James Parrott Laurel & Hardy Muet Comédie
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 11:58

It a obtenu un succès phénoménal, en cristallisant un concept fumeux, celui du 'It', justement, une façon de désigner le sex-appeal sans trop entrer dans les détails, qui avait été la grande trouvaille de l'auteure Elinor Glyn dans un livre qui serait probablement imbuvable aujourd'hui. La dame apparaît d'ailleurs dans le film, pour essayer de définir elle-même le principe, dans une scène inattendue mais assez plaisante. Mais bon, on s'en fout: on veut Clara Bow, et c'est sur elle que repose le film... Clarence Badger l'a bien compris, qui a bâti It autour d'elle... je ne vais pas lui donner trop de crédit, en même temps, nous sommes à la Paramount en 1927, et Badger exécute, bien, et même très bien, un film qui a été planifié dans un gros, très gros studio. A tel point que, parmi les gens qui ont travaillé sur ce film, on relève parfois le nom du réalisateur qui l'a commencé, avant de bifurquer vers le film Underworld: Josef Von Sternberg. Aucune trace, a priori, du style de "Von" dans ce film. C'est d'abord et avant tout une comédie virevoltante, comme sa star.

Betty (Clara Bow) travaille dans le très grand magasin du père de Cyrus Waltham (Antonio Moreno). Celui-ci remplace actuellement son père à la direction et Betty, la petite vendeuse, est amoureuse de lui... Mais il ne la voit pas. Par contre, Monty, l'ami de celui-ci, un riche oisif (William Austin), l'a repérée, parce qu'il n'a que ça à faire, mais aussi parce qu'il est obsédé par le "It", et estime que la jeune vendeuse possède ce caractère essentiel. Il l'invite à déjeuner dans un restaurant de la bonne société, et là, c'est le miracle: une fois dans son élément, Cyrus aperçoit la jeune femme, et s'éprend d'elle. Mais il va y avoir des complications: d'un côté, la fiancée (Du meilleur monde) voit évidement d'un mauvais oeil la fréquentation entre son fiancé et une petite vendeuse; ensuite, celle-ci vit en compagnie d'une amie qui est fille-mère, et qui est menacée par les mères-la-vertu du coin de devoir abandonner son enfant tant qu'elle ne travaille pas, ce qui va pousser Betty à mentir en prétendant qu'elle est la mère; enfin, Cyrus va devoir comprendre que Betty n'est pas une fille facile, et que ses vues sur lui sont aussi légitimes que celles de la première pimbêche venue...

Le film est empreint de cette splendide technique à laquelle le cinéma Américain était parvenu en 1927. Dés le départ, la caméra nous embarque à sa suite, en nous plongeant au coeur de la ville moderne où se situe l'action. Et elle suit en particulier Clara Bow, dont le dynamisme et l'optimisme coloré donnent le la du film. Mais l'essentiel de ce film est dirigé dans le sens d'une évocation d'une structure de classe, à deux vitesses, dans laquelle Betty joue un peu le rôle du grain de sable... une scène (Typique du ton Paramount des années 1925-1934) le résume assez bien, en nous montrant comment deux femmes séparées par leur niveau social se préparent simultanément pour une soirée: d'un côté, la fiancée de Cyrus, Adela (Jacqueline Gadsen) se déshabille dans un dispositif de mise en scène sophistiqué, avec un fondu au moment ou sa chemise glisse de ses épaules; on passe à Betty, filmée en buste, qui laisse son amie poudrer son corps avant qu'elle n'enfile sa robe. Betty danse en riant... Le film a choisi son camp, et Betty, qui sera amenée avec la complicité de Monty à imiter les gens de a haute, va mettre un joyeux bazar là-dedans...

On peut se réjouir qu'une copie de ce film ait été retrouvée dans les années 60, car comme la plupart des films avec Clara Bow, il était perdu. Elle est lumineuse, et on comprend le succès de ce film... et de sa star, véritable résumé à elle toute seule du jazz age et de ses contradictions. A propos de contradictions, si le film accuse avec une certaine pertinence les bourgeois du film de se comporter de façon déplorable, en montrant un oisif obsédé par l'inutile quête du "It", il est intéressant de constater que les publicistes en ont fait un argument de vente du film!

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Published by François Massarelli - dans Clara Bow Comédie Muet 1927
15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 16:40
From soup to nuts (Edgar L. Kennedy, 1928)

Edgar L. Kennedy, c'est ce merveilleux acteur qui apparaît chez Sennett dans les années 10, fait un long passage chez Roach face à Our Gang, Laurel et Hardy, Charley Chase, Garvin et Byron, et va ensuite fréquenter le gotha de la comédie à travers des apparitions mémorables: citons Duck Soup, de Leo McCarey, ou Unfaithfully yours, de Preston Sturges. Il n' a pas tourné beaucoup de films, et n’a tourné que deux courts avec les deux comédiens, mais il commence bien, avec ce film qui part bille en tête, surtout que les premières images en ont disparu: une famille de nouveaux riches typiquement Hollywoodiens de 1925 (Tiny Sanford et Anita Garvin) organisent une petite sauterie, et ont engagé en dernière minute deux garçons qui vont, de par leur bonne volonté, saboter la réception , et pour l’un d’entre eux, passer une bonne partie de ces vingt minutes la tête dans la crème.

De Stan qui ne comprend pas un ordre et sert la salade sans vêtements (au lieu de sans assaisonnement), à Hardy qui s’obstine à vouloir servir des gros bons gâteaux sans visibilité, nous sommes servis, mais le clou du spectacle, c’est Anita Garvin. Celle-ci joue une apprenti-bourgeoise de luxe, qui a la mauvaise idée de porter une tiare qui passe son temps à l’aveugler en tombant sur ses yeux ; et surtout elle s’attaque à une salade de fruit dont la cerise ne veut pas se laisser attraper. Et c’est avec une infinie patience qu’elle combat sa cerise, dont elle ne triomphe que lorsque sa tiare se met de la partie, lui faisant à chaque fois lâcher le fruit, et donc tout recommencer. Son timing, le naturel qu’elle déploie, et ses mimiques réactives sont une source de pur bonheur. La séquence est d’ailleurs répartie sur l’ensemble de la deuxième bobine, et elle vole largement la vedette à tout le monde. Oui, oui, tout le monde, dans ce film assez vachard qui nous renvoie un écho grinçant de ces nouveaux riches si répandus dans l'Hollywood des années 20... Une fois de plus, derrière la comédie, se cache un portrait franc d'une certaine époque.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie
15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 10:14
The finishing touch (Clyde Bruckman, 1928)

Avec ce film et les trois précédents, on peut, et c’est rare, dégager un style de mise en scène de trois films de Laurel et Hardy, et c’est celui de Clyde Bruckman. Bruckman n’est forcément pas un inconnu : il a co-signé The general (Ce qui fait de lui un assistant de Keaton, mais ce n’est pas rien), a travaillé en tant que gagman avec Keaton, justement, et a fait de nombreux films pour Hal Roach, dont des courts métrages avec Max Davidson. Il a hérité une tendance Keatonienne assez typique, qui est de résoudre un gag en un plan. A une époque ou le montage a pris tant d’importance, Keaton aimait limiter ses gags à un plan, choisissant parfois ses décors en fonction. Dans The finishing touch, par exemple, un plan montre Hardy lançant un paquet à Laurel, et un homme qui essaie de le leur prendre (Il s’agit d’une somme d’argent). Le plan est notable à cause de sa lisibilité. De même les nombreux plans de la bataille de tartes dans Battle of the century sont-ils autant de petites histoires, filmées à distance, par une caméra neutre à force d’être rigoureusement immobile. A l’opposé, Edgar Livingston Kennedy tend à filmer à hauteur d’acteurs, en particulier dans From Soup to nuts, ou il rapproche beaucoup la caméra, sélectionnant des plans plus éloignés afin d’accompagner les gags ou d’y apporter une chute. Les deux styles, combinés en particulier grâce au talent d’un James Parrott, donneront un style Laurel et Hardy, sous la houlette de Stan, toujours attentif à ce genre de petites (grandes) choses. En attendant, The finishing touch est le dernier des quatre courts métrages de Laurel et Hardy mis en scène par Bruckman, et le verdict est qu'il a beaucoup apporté, en étant la bonne personne au bon moment...

Dans ce film, les deux compères travaillent dans une entreprise de construction, à la finition... Les deux «finisseurs» sont des bâtisseurs de maisons préfabriquées, qui doivent finir un contrat, et ils vont « finir » la maison. Le génie de Clyde Bruckman réside ici dans le placement impeccable de la caméra, et Stan saupoudre ce petit bijou d’un ensemble de gags qui lui viennent de son lourd passé : le fameux gag de la planche tellement longue qu’elle est tenue aux deux bouts par le même Laurel, a déjà fait des apparitions dans sa filmographie solo (dans Smithy ou The Handy man) ainsi que dans un Larry Semon. Sinon, Hardy a le chic pour rendre parfaitement logique l’absorption de clous. A plusieurs reprises, afin de transporter des clous d'un bout à l'autre du chantier, il décide de les mettre dans sa bouche, car il a les mains pleines. Il est donc inévitable que de son côté, Laurel dans ses activités ne provoque (Deux fois!) les circonstances qui vont faire que Hardy avalera les clous. Dans l'intrigue, l'autorité est vraiment représentée par Dorothy Coburn, qui joue l'infirmière en chef d'un hôpital à proximité. Elle souhaite faire respecter le silence, et charge l'agent Edgar Kennedy de le faire. Il finira en très mauvais état…

Le film, enfin, contribue à donner à ces courts métrages l'impression qu'ils forment autant de capsules temporelles, d'un temps révolu: ici, un quartier résidentiel populaire de Los Angeles en 1928 est capté dans sa vérité, et c'est tout un univers...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Clyde Bruckman Comédie
15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 10:09
Leave 'em laughing (Clyde Bruckman, 1928)

Après Hats off et Battle of the century, les films de Laurel et Hardy prennent ce rythme très particulier, qui ne se précipite pas au désastre, mais qui y conduit plutôt par des étapes scientifiquement calculées. Plutôt que la frénésie, c’est le calme dans le malheur, amplifié par l’importance de la réactivité des acteurs, qui reste le maître mot, d’où l’importance des acteurs de second rôle : à un James Finlayson en froid avec Roach, qui l’a sacrifié sur l’autel de Laurel et Hardy (Rappelons qu'avant l'association entre Laurel et Hardy, les trois comédiens faisaient jeu égal au studio, avec même un léger avantage d'ancienneté à Finlayson) succèdent justement de nouveaux acteurs qui vont marquer les films d’une façon indélébile, et qui se démarquent de l’éternel colérique excessif qu’était Finlayson, par leur calme, parfois dangereux, comme Charlie Hall, éternel voisin irascible, laconique et au geste violent, et parfois désespéré, comme Edgar Kennedy, éternel flic malmené, qui fond parfois en larmes au bout d’un combat impossible contre la logique dans sa version Laurelethardyienne: l’impuissance faite policier. Kennedy en particulier sera crucial à cette époque pour deux raisons : premièrement, il joue mieux que quiconque la réaction méthodique et la montée progressive et lente de l’exaspération; deuxièmement, il sera aussi metteur en scène.

A propos de metteur en scène, on retrouve Clyde Bruckman pour la mise en scène de ce film, et c'est une bonne nouvelle. Son style direct et économique fait merveille pour ces courts métrages qui établissent le nouveau rythme épuré des films...

Voici par ailleurs le premier court métrage qui présente les deux garçons au quotidien, dans leur maison, en proie à un problème qui fera des petits dans leur filmographie : l’un d’entre eux a un problème de santé, ici une rage de dents. Plus tard ce seront les affres de Ollie avec la goutte, mais ici la victime, Laurel, porte des oreilles de lapin. La rage de dents permet un bon nombre de gags savamment disposés, et le film s’ouvre peu à peu à d’autres acteurs (Le voisin, joué par Charlie Hall, dans sa première intervention pour se plaindre du bruit que font les deux compères) avant une inévitable et hilarante visite chez le dentiste (Qui arrache une dent… à Hardy) puis une séquence « gaz hilarant » qui ne serait pas si intéressante si elle n’introduisant pas Edgar Kennedy au monde de Laurel et Hardy.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Clyde Bruckman Comédie
13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 14:31
Putting pants on Philip (Clyde Bruckman, 1927)

Exit donc Fred Guiol, le réalisateur efficace mais sans âme de la majorité des premiers films du tandem. Au fait, c'est probablement un signe: Clyde Bruckman est à cette époque un metteur en scène établi en dépit du fait qu'il a peu tourné. Mais il est surtout ancien gagman et scénariste de Buster Keaton, dont il a été le co-réalisateur, excusez du peu, pour The general. et Laurel a travailé avec lui sur un court métrage, en 1925. Donc son arrivée chez Roach (Il a mis en scène deux films avec Max Davidson) a donné l'idée au patron de lui confier la mise en scène des deux comédiens, tout en demandant à Leo McCarey de prendre en charge la supervision des opérations, comprendre par là la production proprement dire. On prend enfin Laurel et Hardy au sérieux, et ça commence avec cet excellent film...

Contrairement à Hats off (Film perdu, réalisé par Hal Yates entre The second hundred years et celui-ci) et The second hundred years, ce film n’est pas un Laurel et Hardy typique: Hardy, descendant d’une vieille famille Ecossaise dont l’ancêtre a émigré aux Etats-Unis, doit recevoir la visite de son neveu Philip. Celui-ci, interprété par Laurel bien entendu, est un Ecossais relativement traditionnel (Donc en kilt) qui est, mais oui obsédé sexuel: sitôt qu’il passe à la portée d’un charmant minois, il esquisse une sorte de geste rituel, sautant en l’air en lançant sa jambe droite en avant, et pliant sa jambe gauche, puis il se met à lui courir après de façon irrépressible.

Le film est drôle, très drôle, et on a le plaisir de voir Laurel et Hardy vraiment jouer ensemble, mais leur complicité manque encore quand même. De plus, Hardy, en bourgeois satisfait tout à coup confronté à un impossible défi au bon goût en la personne d’un Ecossais priapique dont le caleçon ne tient pas toujours, joue plus dans le style de l’embarras cher à Charley Chase que dans son registre personnel. Quant à Laurel, naïf et doux, enfantin même (C’est quasiment dit, d’ailleurs, il est souvent présenté comme un jeune homme, et la filiation fait de lui une personne d’une autre génération qu’Hardy) il est quand même un être sexué, terrestre, ce que ne sera jamais le Laurel que nous connaissons. Pas de raisons pour autant pour bouder le plaisir primal qu'on prend à visionner ce film, tourné pour une large part dans d'authentiques rues de Los Angeles, et pour lequel Bruckman a tout bonnement profité de la foule qui s'amassait sur les lieux de prises de vues pour filmer d'authentiques réactions à "Philip" et son kilt récalcitrant...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Clyde Bruckman Muet Comédie
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 16:27
The second hundred years (Fred Guiol, 1927)

Laurel et Hardy sont deux bagnards qui tentent de s’évader pendant une bobine, avant d’avoir une opportunité en or: ils se font passer pour deux peintres venus faire un travail dans le pénitencier, et sortent sans encombre. Dans la deuxième bobine, un quiproquo va les renvoyer sous une fausse identité en prison, en tant que visiteurs de marque. Voilà à nouveau une totale réussite, d’une grande cohésion, et pleine de gags mémorables. On remarquera aussi un recyclage, d’ailleurs irrésistible, d’un vieux gag que Laurel avait utilisé chez Larry Semon en 1921, avec Frauds and Frenzies : les bagnards se promènent à la file, marchant lourdement au pas le bras droit sur l’épaule du prisonnier devant eux : ce réflexe risque à tout instant de trahir Laurel.

les deux bagnards évadés sont clairement dans la même bulle, avec déjà le fonctionnement mythique du duo: Hardy qui tente par tous les moyens d'être un meneur, et Laurel en enfant qui n'a pas grandi, totalement indifférent aux catastrophes engendrées par ses impulsions, et se réfugiant dans les bras de son copain à la première frayeur...

On voit ici l’une des premières apparitions de la rue typique des studios Hal Roach, avec ses enseignes rigolotes (The Pink Pup, Ice Cream Cohen, etc) : les deux comédiens y sont tellement à l’aise qu’on se dit que c’est mieux qu’une vraie rue. D’ailleurs, on y retournera souvent. Sinon, Finlayson, qui joue le directeur de la prison, est vraiment considéré comme un acteur de second rôle ici. Fred Guiol va se voir retirer la réalisation des films avant que Roach ne confie la supervision de Laurel et Hardy à Leo McCarey, qui vient de mettre en scène des films de Charley Chase pendant 2 ans et demi avec succès : on prend, enfin, le duo au sérieux chez Roach. Et pour longtemps.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 09:22

1970, en Californie, sur une petite commune côtière: a priori, un bel endroit pour y situer un film de Paul Thomas Anderson, qui aime tant reconstituer dans leurs moindres détails les époques qu'il explore: la fin des seventies dans l'industrie du porno (Boogie Nights), la fin du XIXe siècle au nord-ouest (There will be blood), ou encore les Etats-Unis du début des trente glorieuses (The Master). Place donc à l'intrigue chargée en péripéties et personnages d'un roman noir de Thomas Pynchon, dans lequel on suit les aventures aux vapeurs d'herbes aromatiques d'un privé d'un nouveau genre, Larry "Doc" Sportello (Joaquin Phoenix), qui reçoit une demande inattendue de son ancienne petite amie, Shasta (Katherine Waterston). Elle pense que des escrocs réunis autour de son actuel petit ami, un homme riche et très médiatique, trament des trucs pas honnêtes. Parmi eux, l'épouse légitime de son petit ami. Tenter de résumer le reste de l'intrigue serait inutile, puisque suivant la bonne vieille règle d'or du film noir (The Maltese Falcon, The big sleep, Laura en tête), je n'ai pas compris grand chose: trop de personnages, trop de développements... Ce n'est en aucun cas une critique, puisque je m'en fous complètement. Ce n'est, une fois de plus, pas le sujet. Dans un film noir, l'intrigue est un McGuffin. Peu importe ce qu'il cherche, du moment que le détective privé ait une enquête à mener, c'est tout ce qui compte. Le reste, c'est de l'atmosphère, une ambiance, une galerie de portraits, et un voyage plus ou moins initiatique dans lequel le héros va changer, s'améliorer, et pour autant qu'on puisse en juger, pencher du bon côté de la morale.

La galerie de portraits, justement, est succulente, dans un Los Angeles post-hippie, où la drogue s'est installée dans le quotidien des gens entre la poire et le fromage, et dans lequel la reprise en main par la majorité silencieuse qui a voté Nixon en 1968 n'a pas encore effectué tous ses ravages. Coy (Owen Wilson), un saxophoniste légendaire, a-t-il disparu? Shasta, la belle et douce jeune femme, joue-t-elle un double jeu? Que faut-il chercher au siège de "The golden fang": une association de dentistes, ou le siège d'un trafic d'héroïne multinational? et quel rôle y joue l'étrange dentiste camé jusqu'au sourcils joué par Martin Short? Enfin, que jeu joue Bigfoot (Josh Brolin), le flic à la coupe en brosse impeccable dont Larry peut sans doute se targuer, même si c'est embarrassant pour les deux, d'être son ami? Autant de questions auxquelles Larry va essayer de répondre, en se déguisant parfois, en portant des sandales le plus souvent, et en ne se lavant jamais les pieds. Par contre, il va y avoir une consommation impressionnante d'herbe qui fait rigoler comme un nigaud...

Constamment sur le fil entre comédie parfaitement assumée, mais comédie à froid, et une certaine impression de découverte de la fin de l'innocence, entre pathos et parodie, le film est impeccable, on sait qu'on y reviendra, pour reprendre un peu de cette impression d'avoir passé du temps en contrebande dans une autre époque, dans des lieux mythiques et probablement disparus. Anderson le filme avec rigueur et comme d'habitude livre une somme, 148 mn, largement dominées par des plans-séquences magistraux, son péché mignon, et des images fortes, à la narration off (Toujours le spectre du genre "noir") menée par un petit bout de bonne femme qui reste gentiment à l'écart de l'action... ou pas?

Et pour finir, le film a été promu par de nombreuses bandes-annonces. Ne croyez pas celles qui donnent l'impression qu'il s'agit d'un nouveau Lebowski. ce serait une erreur, non que le film des frères Coen soit indigne, loin de là, mais ce sont bien deux films différents, très différents même, en dépit de leurs similarités (Californie, détective loser, drogue, enquête aux ramifications délirantes, etc...).

 

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Published by François Massarelli - dans Paul Thomas Anderson Noir Comédie
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 09:10
Sugar daddies (Fred Guiol, 1927)

Une fois de plus, ce film met en valeur l'équipe constituée de James Finlayson, Stan Laurel et Oliver Hardy. A mon sens, au vu de cette histoire on peut considérer que dans l'esprit des concepteurs de ce court métrage de deux bobines, l'ordre d'importance des personnages est celui dans lequel j'ai énuméré leurs noms. Finlayson joue un homme porté sur la bouteille qui lors d’une bordée particulièrement arrosée (Il se lève avec une tele gueule de bois qu'elle est visible...), est revenu marié, et avec une belle-famille dangereuse: la belle épousée est connue, c'est Charlotte Mineau, qui jouait déjà les belle-mères chez Chaplin en 1915; elle a une fille d'une quinzaine d'années, qui est assez peu remarquable dans le film, d'autant que son frère, menaçant et impressionnant, est interprété par Noah Young. Le majordome (Hardy) et l'avocat du millionnaire (Laurel, qui a repris les bésicles exaspérantes qu’il arborait en permanence dans ses films de 1925) l’aident à se sortir de cette situation. Plus ou moins...

Tourné après, mais sorti avant Flying elephants, ce film retourne à une situation inspirée de Love’em and weep, et réutilise le gag final (qu’on retrouvera dans Chickens come home, donc). Hardy aide Finlayson à se tirer des griffes de son encombrante famille, et Finlayson est caché littéralement sous Laurel dans un attelage rocambolesque (Dans Love'em and weep, c'était Mae Busch qui était à cheval). Par contre, le gag perd on pouvoir visuel, parce qu'il est ici utilisé trop longtemps...

D'une manière générale, le film ressemble à une improvisation dans une station balnéaire de la côte Californienne. Roach a lâché ses comédiens en pleine rue, et la réaction du public est visible sur l'écran... C’est drôle, mais on ne va pas tarder à retourner à du plus sérieux, du plus solide, bref, du Laurel et Hardy, et du vrai cette fois.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie