Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 09:22

1970, en Californie, sur une petite commune côtière: a priori, un bel endroit pour y situer un film de Paul Thomas Anderson, qui aime tant reconstituer dans leurs moindres détails les époques qu'il explore: la fin des seventies dans l'industrie du porno (Boogie Nights), la fin du XIXe siècle au nord-ouest (There will be blood), ou encore les Etats-Unis du début des trente glorieuses (The Master). Place donc à l'intrigue chargée en péripéties et personnages d'un roman noir de Thomas Pynchon, dans lequel on suit les aventures aux vapeurs d'herbes aromatiques d'un privé d'un nouveau genre, Larry "Doc" Sportello (Joaquin Phoenix), qui reçoit une demande inattendue de son ancienne petite amie, Shasta (Katherine Waterston). Elle pense que des escrocs réunis autour de son actuel petit ami, un homme riche et très médiatique, trament des trucs pas honnêtes. Parmi eux, l'épouse légitime de son petit ami. Tenter de résumer le reste de l'intrigue serait inutile, puisque suivant la bonne vieille règle d'or du film noir (The Maltese Falcon, The big sleep, Laura en tête), je n'ai pas compris grand chose: trop de personnages, trop de développements... Ce n'est en aucun cas une critique, puisque je m'en fous complètement. Ce n'est, une fois de plus, pas le sujet. Dans un film noir, l'intrigue est un McGuffin. Peu importe ce qu'il cherche, du moment que le détective privé ait une enquête à mener, c'est tout ce qui compte. Le reste, c'est de l'atmosphère, une ambiance, une galerie de portraits, et un voyage plus ou moins initiatique dans lequel le héros va changer, s'améliorer, et pour autant qu'on puisse en juger, pencher du bon côté de la morale.

La galerie de portraits, justement, est succulente, dans un Los Angeles post-hippie, où la drogue s'est installée dans le quotidien des gens entre la poire et le fromage, et dans lequel la reprise en main par la majorité silencieuse qui a voté Nixon en 1968 n'a pas encore effectué tous ses ravages. Coy (Owen Wilson), un saxophoniste légendaire, a-t-il disparu? Shasta, la belle et douce jeune femme, joue-t-elle un double jeu? Que faut-il chercher au siège de "The golden fang": une association de dentistes, ou le siège d'un trafic d'héroïne multinational? et quel rôle y joue l'étrange dentiste camé jusqu'au sourcils joué par Martin Short? Enfin, que jeu joue Bigfoot (Josh Brolin), le flic à la coupe en brosse impeccable dont Larry peut sans doute se targuer, même si c'est embarrassant pour les deux, d'être son ami? Autant de questions auxquelles Larry va essayer de répondre, en se déguisant parfois, en portant des sandales le plus souvent, et en ne se lavant jamais les pieds. Par contre, il va y avoir une consommation impressionnante d'herbe qui fait rigoler comme un nigaud...

Constamment sur le fil entre comédie parfaitement assumée, mais comédie à froid, et une certaine impression de découverte de la fin de l'innocence, entre pathos et parodie, le film est impeccable, on sait qu'on y reviendra, pour reprendre un peu de cette impression d'avoir passé du temps en contrebande dans une autre époque, dans des lieux mythiques et probablement disparus. Anderson le filme avec rigueur et comme d'habitude livre une somme, 148 mn, largement dominées par des plans-séquences magistraux, son péché mignon, et des images fortes, à la narration off (Toujours le spectre du genre "noir") menée par un petit bout de bonne femme qui reste gentiment à l'écart de l'action... ou pas?

Et pour finir, le film a été promu par de nombreuses bandes-annonces. Ne croyez pas celles qui donnent l'impression qu'il s'agit d'un nouveau Lebowski. ce serait une erreur, non que le film des frères Coen soit indigne, loin de là, mais ce sont bien deux films différents, très différents même, en dépit de leurs similarités (Californie, détective loser, drogue, enquête aux ramifications délirantes, etc...).

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Paul Thomas Anderson Noir Comédie
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 09:10
Sugar daddies (Fred Guiol, 1927)

Une fois de plus, ce film met en valeur l'équipe constituée de James Finlayson, Stan Laurel et Oliver Hardy. A mon sens, au vu de cette histoire on peut considérer que dans l'esprit des concepteurs de ce court métrage de deux bobines, l'ordre d'importance des personnages est celui dans lequel j'ai énuméré leurs noms. Finlayson joue un homme porté sur la bouteille qui lors d’une bordée particulièrement arrosée (Il se lève avec une tele gueule de bois qu'elle est visible...), est revenu marié, et avec une belle-famille dangereuse: la belle épousée est connue, c'est Charlotte Mineau, qui jouait déjà les belle-mères chez Chaplin en 1915; elle a une fille d'une quinzaine d'années, qui est assez peu remarquable dans le film, d'autant que son frère, menaçant et impressionnant, est interprété par Noah Young. Le majordome (Hardy) et l'avocat du millionnaire (Laurel, qui a repris les bésicles exaspérantes qu’il arborait en permanence dans ses films de 1925) l’aident à se sortir de cette situation. Plus ou moins...

Tourné après, mais sorti avant Flying elephants, ce film retourne à une situation inspirée de Love’em and weep, et réutilise le gag final (qu’on retrouvera dans Chickens come home, donc). Hardy aide Finlayson à se tirer des griffes de son encombrante famille, et Finlayson est caché littéralement sous Laurel dans un attelage rocambolesque (Dans Love'em and weep, c'était Mae Busch qui était à cheval). Par contre, le gag perd on pouvoir visuel, parce qu'il est ici utilisé trop longtemps...

D'une manière générale, le film ressemble à une improvisation dans une station balnéaire de la côte Californienne. Roach a lâché ses comédiens en pleine rue, et la réaction du public est visible sur l'écran... C’est drôle, mais on ne va pas tarder à retourner à du plus sérieux, du plus solide, bref, du Laurel et Hardy, et du vrai cette fois.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie
11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 16:57

Un pas en avant, deux pas en arrière… Chez Hal Roach en 1927, on a beau avoir vu le résultat de l’assemblage de Laurel et Hardy dans Do detectives think ?, il n’en reste pas moins que les deux films qui suivent ne sauront pas tirer parti de cet enseignement, et on retourne donc à la case départ.

Plutôt qu’à la case départ, c’est à l’âge de pierre que Hal Roach emmène ses stars, Laurel, Hardy et Finlayson, avec ce petit film improvisé dans un coin désertique du Nevada. S'il n'y avait la même équipe que dans le film précédent, c'est à dire Laurel, Hardy, Finlayson et Viola Richard, on croirait être revenu cinq ou six années en arrière! On a le droit de se laisser aller à la bouffonnerie de l’ensemble, mais ce film est nul. Il n’apporte rien (Pas plus que le film His prehistoric past de Chaplin, mais au moins celui-ci a-t-il été réalisé durant la préhistoire du burlesque, en 1914), et Laurel et Hardy ne se voient qu’épisodiquement. Laurel, héros de l’ensemble, est de nouveau le clown agressif et excessif qu’il était en 1923/24, absolument ridicule dans un costume fait de peaux de bêtes, d'une perruque blonde et bouclée, et de chaussures en peau de mammouth. Inutile de dire que les gags sont trop exagérés...

Bien qu’attribué à Frank Butler, celui-ci n’aurait réalisé que quelques compléments et retouches, et c’est en fait Roach lui-même qui a réalisé le film. Quant au titre, il ne se justifie que par une remarque de Hardy, si vous ne l’avez jamais vu, je vous laisse découvrir. Ca vous donnera une raison de voir le film, après tout...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet groumf Comédie
10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 19:22
Do detectives think? (Fred Guiol, 1927)

Lors d'un procès, le juge Foozle (James Finlayson) a condamné à mort un homme (Noah Young), celui-ci ayant tué deux Chinois ("Tous les deux grièvement", nous précise un intertitre). L'homme ne se laisse pas faire, et indique clairement se volonté de s'évader afin de se venger... Ce qu'il fait justement. Le juge et son épouse (Viola Richard) ont besoin de protection jusqu'à ce qu'on ait mis la main sur le tueur fou, ils font donc appel à la police qui leur envoie les deux plus fins limiers: Ferdinand Finkleberry ("Le deuxième pire policier de l'histoire", Stan Laurel), et Sherlock Pinkham ("Le pire", Oliver Hardy...). Mais ce soir-là, le juge et son épouse attendaient aussi leur nouveau majordome. Il ne viendra jamais, à la place, c'est le tueur qui se présente...

Cette fois, ça y est, voici tout simplement un chef d'oeuvre. Pour la première fois depuis Duck soup, on a Laurel et Hardy, ensemble, et en prime, ils ont des costumes proches de ceux qu'ils porteront bientôt tout le temps, et ils ont... DES CHAPEAUX! Il faut croire que le melon, ou plutôt le Derby n'attendait que cette rencontre avec les deux comédiens, car il s'anime étrangement à leur contact... La première occurrence de la routine lente et sacrément énervante des chapeaux qui s'échangent commence avec ce film. On peut également noter que leurs vrais noms ne sont pas encore utilisés pour leurs personnages, mais ça viendra. Sinon, on trouve ici une cascade de gags dans un script futé, et les policiers s'avéreront inadaptés à l'enjeu, c'est le moins que l'on puisse dire.

Bien que l'association entre Laurel et Hardy est naturelle, parfaite, et que les occasions de s'en apercevoir n'avaient après tout pas manqué les mois précédents, il semble malgré tout que ce soit une fois de plus un hasard, Roach tentant toutes les combinaisons, après Laurel, hardy et Garvin, c'était au tour de Finlayson, Laurel et Hardy! Du coup, Finlayson se taille la part du lion, ce qui est bien sur en soi très satisfaisant. D'ailleurs, il n'allait pas tarder à avoir de sérieux motifs de mécontentements: en effet, il est chez Hal Roach depuis plus longtemps que nos deux compères, et il sent bien la possibilité du vedettariat lui échapper. Ce sera bientôt chose faite.

Un dernier mot pour les acteurs de cette petite merveille: le grand, l'immense Noah Young, le génial acteur de chez Roach qui a joué les méchants dans deux films sur trois, et dont Chase et Lloyd raffolait (Au point pour ce dernier de faire appel à lui plusieurs reprises une fois parti de l'écurie Roach) que son visage prédestinait à jouer les tueurs fous, s'en donne ici à coeur joie. Je crois que c'est son meilleur rôle... Enfin, l'épouse du juge est interprétée par Viola Richard, une jeune actrice qui fait quelques apparitions chez Roach à cette époque. Elle était par exemple dans Sailors beware!, With love and hisses, et Why girls love sailors. Elle allait continuer jusqu'en 1928 au studio de Roach, et interpréter en particulier son rôle le plus spectaculaire, celui d'une jeune femme qui a perdu tous ses vêtements, dans Limousine love, aux côtés de Charley Chase, un film admirable (Et très drôle, ce qui va de soi). On ne sait pas trop ce qu'elle est devenue depuis...

Do detectives think? (Fred Guiol, 1927)
Do detectives think? (Fred Guiol, 1927)
Do detectives think? (Fred Guiol, 1927)
Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie
8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:47
Love 'em and weep (Fred Guiol, 1927)

On s’approche de très près d’une vision d’avenir, avec un film de… Finlayson et Laurel, dans lequel le grand Hardy fait une apparition, et Mae Busch fait plus qu’une apparition, dans une tentative de come-back après une dépression nerveuse. Somme toute, l’actrice Australienne revient à ses premières amours, elle qui a joué les pin-ups chez Sennett en 1915… Ce film est à nouveau, comme Slipping wives, une opportunité pour Roach d'engager une vedette dépassée par les événements, mais comme chacun sait, Mae Busch a de l'avenir chez Hal Roach, en particulier auprès de Laurel et Hardy.

C'est bien Mae Busch qui reçoit le principal crédit de ce film. Elle y est une vamp qui menace de chantage la félicité conjugale de Finlayson, celui-ci n’ayant d’autre ressource que de demander son aide à son collaborateur Laurel, dont le mariage va souffrir aussi. Sur un scénario cousin, Charley Chase avait déjà tourné Too many mammas en 1925, et Laurel et Hardy reviendront à cette histoire en 1931 sous le titre Chickens come home. Cette fois, c'est Hardy qui jouera le rôle de Finlayson. Pour l'heure, Hardy joue une fois de plus les utilités de luxe, en interprétant un juge invité par l'épouse du personnage de Finlayson. Quant au final, essentiellement visuel, il contient un gag charpenté ui sera totalement repris dans le remake, qui au passage permettra à Miss Busch de reprendre son rôle de croqueuse de maris. Il est vrai qu'il lui allait si bien...

Sans doute moins abouti que son remake, ce film pré-Laurel and hardy a au moins l'avantage de nous permettre en deux bobines de passer du temps avec quatre protagonistes qui sont partie intégrante de l'univers du duo.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Laurel & Hardy Comédie
8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:25

La réussite de Duck soup n’a pas poussé Roach et Laurel à continuer l'association entre les deux acteurs. Si Laurel comme Hardy sont bien tous deux de nouveau présents dans le film, les deux acteurs sont séparés de plusieurs façons ici. La réussite de Slipping wives est réelle, mais elle n’exploite que peu l’interaction possible entre les deux futurs partenaires. Ce film fait partie d’une série de courts métrages dans lesquels Roach faisait tourner des has been, et c'est un mélange curieux de comédie sophistiquée et de boulevard outrancier.

Priscilla Dean, ancienne pointure de la Universal (Notamment vedette de plusieurs films de Tod Browning, dont deux films de gangsters dont elle partageait l'affiche avec Lon Chaney, The wicked darling, et Outside the law) est la "star" du film, qui interprète une dame bien sous tous rapports, une bourgeoise qui constate que son mari, un peintre (Herbert Rawlinson), ne "l'embrasse plus que les dimanches et jours fériés". Elle décide de faire quelque chose, et avec l'aide d'un ami (Albert Conti), trouve un plan: elle va faire venir un homme et le payer pour la séduire afin de susciter la jalousie du mari. C'est Laurel, innocent venu amener de la peinture, qui va s'y coller, et ça ne va pas être facile, car avec la présence de deux hommes élégants dans la maison, il ne sait pas exactement qui est le mari... Par ailleurs, le majordome (Oliver Hardy), immédiatement hostile au nouveau venu, n'arrange pas les choses...

Ce n’est pas un chef d’œuvre, mais c’est du Hal Roach en bonne forme, empreint de cette folie communicative qui n’épargne pas les héros, généralement bien comme il faut, de ces films. Le grand plaisir pris par les acteurs et metteurs en scène de ces films est de mélanger les contraires: qu'on se rappelle que déjà, 45 minutes from Hollywood opposait le monde des héros à l'univers urbain et moderne de Hollywood, et ses hôtels sophistiqués. Enfin, une remarque s'impose encore, au sujet du manque de clairvoyance de Roach qui n'avait pas compris qu'il fallait impérativement allier Laurel et hardy dans leur propre série: au moins, il les traitait à égalité: après 45 minutes from Hollywood, dans lequel Laurel jouait les utilités, et Hardy avait un rôle plus important, cette fois, c'est le contraire...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Laurel & Hardy Comédie
7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 17:12
Duck soup (Fred Guiol, 1927)

Aucun rapport avec le film du même titre réalisé par Leo McCarey avec une fratrie de bavards encombrants en 1933. Ce film revient de loin, très loin puisque il a été longtemps cru perdu, et avait acquis assez naturellement une stature excessive: les collectionneurs et fans de Laurel et Hardy du monde entier en faisaient le mythique "premier film" du duo. Et de fait, c'est bien le premier court métrage dans lequel les studios Roach ont décidé de tester la validité du duo entre Laurel et Hardy, même si ce n'est pas encore la dynamique qu'ils établiront quelques mois après.

Roach avait demandé un scénario à Laurel, dans le but de construire un film autour de l’acteur: s’inspirant d’un sketch écrit par son père, Laurel a donc inventé une improbable et impeccable histoire de maison squattée par des vagabonds, un corpulent autoritaire et un fluet déphasé . Roach envisageait de donner le rôle du premier à Syd Crossley, mais c’est Hardy qui en a hérité.

Le film est drôle, et joue à fond du décalage non seulement entre les deux héros-vagabonds, mais aussi entre eux. Hardy, en faux noble désargenté, est splendide, et Laurel a encore un personnage à raffiner. Le futur Stanley émerge ça et là, dans des pleurnicheries, des gestes uniques. Et à un moment, il se déguise en bonne, qui va bien sur prendre le nom d'Agnes, le patronyme systématique emprunté par Laurel lorsqu'il doit se grimer ainsi. Bref, ce Duck Soup (Pourquoi ce titre, au fait?) prouvait que ces deux-là étaient faits l'un pour l'autre.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Laurel & Hardy Comédie
6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 19:41
45 minutes from Hollywood (Fred Guiol, 1926)

Voici le premiers des sept courts métrages qu'on pourrait qualifier de pré-Laurel et Hardy, tournés à une époque durant laquelle Roach ne savait pas quoi faire avec ses futures vedettes. Ce premier film en est un bon exemple, tourné par un assez anonyme tâcheron du studio, avec une vedette qui ne percera jamais (Glenn Tryon, également héros de Along Came Auntie , de Fred Guiol, ainsi que de Lonesome et Broadway de Paul Fejos, tournés pour la Universal en 1928) et un second rôle pour Hardy.

une famille d'Américains moyens (Un peu simplets) partent pour Hollywood sur un prétexte. le fils, la fille et le grand-père ont hâte d'aller voir les stars, mais vont vite déchanter en participant à ce qu'ils croient être un tournage, mais s'avère être un hold-up. La course-poursuite va dégénérer dans un hôtel des environs, où ils vont croiser le détective (Hardy) et un client moustachu et irascible (Laurel)

Laurel et Hardy participent, mais ne servent pas à grand-chose, dans un film qui ressemble à de l’authentique bas de gamme des studios Roach. A noter, toutefois, une séquence très idiote de voyage en vélo (Les séquences idiotes, dans les burlesques muets, valent toujours le détour), et une question historique: à voir le maquillage de Laurel, on se pose la question; James Finlayson était-il injoignable lors du tournage de ce film?

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie
28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 16:15
James Parrott, 1922-1925

On connait fort bien les carrières de certains acteurs de comédie, dont bien sur Keaton et Chaplin, Laurel avec Hardy, Harry Langdon et bien sur Harold Lloyd. Mais les autres? Certains ont été authentiquement redécouverts, le plus célèbre - et l'un des meilleurs - étant bien sur Charey Chase. De son vrai nom Charles Parrott... A côté, combien de premiers rôles d'un jour, de Max Davidson, de Snub Pollard, de James Parrott... Et notez bien que, acteur chez Hal Roach ou d'autres studios dans des films qui sont un peu passés inaperçus entre 1918 et 1925, Stan Laurel était probablement destiné à ce type d'anonymat, s'il n'avait été considéré comme judicieux de l'allier avec Oliver Hardy...

Pourquoi fut-il décidé que James Parrott, le petit frère de Charles, allait devenir le héros d'une série de courts métrages sous le pseudonyme de "Paul", c'est un mystère insondable. En tout cas, le paradoxe est que la nomination de son grand frère à la direction artistique des studios Hal Roach a permis la chose, et Charles a de plus eu un rôle prépondérant dans la réalisation de plus d'un film. De même, la démission de Charles en 1923 a occasionné un renversement de situation, et à l'exception de quelques films (Dont Are parents pickles?), à partir de 1923, l'unité de "Paul" Parrott est devenue celle de Charley Chase, et James a lui-même tourné un certain nombre de courts métrages avec son frère en vedette (Il a aussi, mais c'est plus connu, présidé aux destinées de Laurel et Hardy, entre 1929 et 1932, tournant entre autres leur premier long métrage).

Après ça, on ne s'étonnera pas qu'ils aient été confondus aussi souvent! Non qu'ils soient si semblables, mais leur univers est à peu près le même (Avec une prédilection pour l'absurde chez James, que Charles ne partageait pas avec le même dosage!) et compte tenu de l'état déplorable des copies, et du peu qu'on sait sur les films, la confusion est à peu près compréhensible... Jusqu'à ce que la compagnie All day entertainment consacre un coffret entier (De quatre DVD) à Charley Chase, dont les copies ont été fournies par des passionnés et autres collectionneurs fous, et spécialistes maniaques... mais la photo choisie pour illustrer la jaquette de cette édition est une photo de James. C'est embarrassant...

Et justement, puisque l'on parle des passionnés de tout poil: c'est à eux qu'on doit la préservation des films de Pollard, Parrott et autres. Pas regardants, ouverts à toutes les formes de comédie, et aussi (Voire surtout) aux moins nobles, ils oeuvrent aujourd'hui pour que tout un pan obscur de l'héritage cinématographique Américain soit préservé. La disparition éventuelle du DVD donnera probablement un rôle accru à des sites comme Youtube, sur lequel un nombre de ces passionnés publient déjà leurs découvertes, dont ces quatre films:

Loose Change (Ray Grey, 1922)

Plus qu'incomplet, celui-ci est réduit à d'incompréhensibles extraits, mais on y sent bien le délire permanent de l'équipe de James Parrott, et le plaisir de surprendre par des images aux limites du surréalisme. Parrott y incarne le fils du patron de la banque.

Watch your wife (Jay Howe, 1923)

Plus complet que le précédent, mais toujours privé d'intertitres, ce film est un festival de déguisements sauvages, d'absurde, et de bizarreries qui prennent du sens lors de la dernière scène qui révèle qu'on a assisté à une représentation théâtrale. Jobyna Ralston se rappelle à notre bon souvenir, elle était la principale co-vedette de Parrott avant de devenir celle de Lloyd.

Shoot straight (Jay Howe, 1923)

Ceui-ci est complet, et a été rendu disponible par le musicien passionné de cinéma muet Ben Model. On y assiste aux efforts de Parrott pour chasser l'écureuil, mais ces petites bêtes sont redoutables. L'apparition de Jobyna Ralston est certes contractuelle, mais c'est toujours mieux que rien...

Are parents pickles? (Gil Pratt, 1925)

Je soupçonne ce film d'avoir été gardé dans les cartons durant une ou deux années. D'une part, chez Roach la compartimentation était sévère, afin de ne pas avoir à verser deux salaires, on était acteur, gagman, scénariste, metteur en scène... mais pas deux fonctions à la fois. Or en 1925, Parrott était devenu metteur en scène à plein temps (Ce qui ne l'empêchait pas d'apparaître sans crédit dans les films de son frère... Mais il n'était sans doute pas payé pour ça) et ce film le met clairement en vedette. D'autre part, Jobyna Ralston était devenue la leading lady à plein temps des films de Harold Lloyd, désormais dégagé de son contrat avec Roach. Quoi qu'il en soit, le film est basé sur ces situations qui font le sel de tant des films Roach: le vendeur d'un produit ans intérêt tente de le placer, ce qui va déclencher un certain nombre de situations glorieusement idiotes. Ajoutons qu'il est ici question de trombone, qu'une scène s'amuse de la manie qu'ont les Américains de cette période prospère de s'organiser en loges de type maçonnique et autres sociétés secrètes (Lloyd, Roach, Laurel, Hardy et Chase en faisaient tous partie, comme en témoignent un nombre impressionnant de leur films), et on verra qu'on y trouve une source fort sympathique de gags...

Voilà, en attendant d'en retrouver d'autres, ce qu'on pouvait dire sur ces petits bouts de films retrouvés. On pourra aussi râler contre l'incurie d'une société qui laisse sciemment des pans de son héritage artistique pourrir ou mourir dans l'indifférence générale. Mais à quoi bon?

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans James Parrott Comédie Muet
26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 16:39

Avec une réalisation d'Allan Dwan, un scénario de Frank Tuttle et la photo d'Arthur Rosson, on peut considérer Gloria Swanson fort bien entourée... Et ce qui frappe, dès le début du film, c'est l'excellente tenue du slapstick proposé; car en effet, après avoir été sur 5 films la muse de Cecil B. DeMille, puis celle de Sam Wood, dont les films ont eux aussi contribué à forger une image distante de star intouchable pour la belle actrice, Allan Dwan a décidé de changer un peu les choses. Dans Manhandled, on retrouve un thème exploré à deux reprises par DeMille, dans The golden chance d'une part, puis dans son remake Forbidden fruit: la différence impossible à réduire entre les gens de la bonne société et les autres. Et sous couvert, dans les deux films, de vaguement critiquer les riches pour leur côté hautain, on se retrouvait finalement avec les pires clichés sociaux, les pauvres étant finalement destiné à la canaille, l'alcoolisme et la médiocrité... Avec Manhandled, Dwan est honnête, et il est aussi assez proche d'un Harold Lloyd (Safety last, bien sûr) dans sa peinture d'une Amérique moderne, en mouvement, dans laquelle les opportunités sont finalement offertes, il faut donc savoir les saisir au bond...

Tessie (Gloria Swanson) et Jim (Tom Moore) sont deux amoureux de la classe ouvrière. Elle est vendeuse dans un grand magasin, et lui plombier. Il est ambitieux, inventeur à ses heures, et il tente de tout faire pour décrocher un brevet sur une de ses trouvailles. Le résultat c'est qu'il a moins de temps pour sa fiancée. Donc un soir, celle-ci est invitée (Ou réquisitionnée...) par le fils de son patron, le playboy Chip Thorndyke (Arthur Housman), pour se rendre à une soirée où elle va être confrontée à des gens de la très bonne société, dont un sculpteur qui l'engage afin qu'elle pose pour lui, car elle l'a subjuguée. Puis après une expérience malheureuse (Le grand artiste ayant les mains baladeuses), elle est engagée pour un travail inattendu, celui qui consiste à prétendre être une riche héritière Russe... Mais pendant ce temps, Jim ronge son frein...

Le film commence par quinze minutes de mouvement, de gags observés finement, essentiellement consacrés à la vie quotidienne de Tessie. C'est une belle surprise, et une belle revanche pour celle qui a tant incarné de comtesses et autres bourgeoises à salle de bain géantes. Elle est excellente dans la comédie dite "physique", et ce n'est après tout pas une très grande surprise pour une actrice venue de chez Sennett. Et Dwan joue à fond la carte de la comédie sophistiquée sur le reste du film, le ton restant très léger...

Mais la charge est là, bien là: ces gens qui en engagent d'autres pour jouer le rôle de personnalités inexistantes, ou qui tentent de créer un art "uniquement plastique", sont aussi vides que leurs créations, et force reste ici aux deux protagonistes de la classe ouvrière, Gloria Swanson (Ironiquement, future Marquise de la Falaise, mais c'est une autre histoire) et Tom Moore. Un joli film, qui confirme décidément l'intérêt de redécouvrir les oeuvres muettes d'Allan Dwan. Et sinon, ce film est une rare occasion de découvrir Arthur Housman sobre. Pour qui l'a vu chez Laurel et Hardy, ou dans Sunrise, c'est assez étonnant.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Allan Dwan Muet Gloria Swanson Comédie 1924