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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 10:52

Le duel de M. Myope n'est pas un film "de" Max Linder, car s'il y a bien une filmographie difficile à établir, c'est celle du grand acteur-réalisateur... A ses débuts chez Gaumont (Entre 1907 et 1911), il était le plus souvent l'auteur de l'argument, mais les réalisateurs maison (Gasnier, Nonguet, voire George Monca) se chargeaient de la mise en image. Quelques années après ils devenaient des "assistants techniques", ce qui me fait penser que le patron sur le plateau, ce devait quand même être Max lui-même, comme plus tard Keaton (Qui a signé lui-même la plupart de ses films, mais le plus souvent en co-direction), et Harold Lloyd (Qui lui n'a jamais été crédité à la moindre réalisation de ses films chez Hal Roach ou ailleurs).

Ce petit court métrage est typique de la production de Linder de l'époque: il pose une situation et l'exploite jusqu'au bout, en l'occurrence la mauvaise journée d'un homme si myope qu'il provoque autour de lui des catastrophes, et donc à un moment ou un autre il était inévitable dans cette France d'avant la première guerre mondiale, qui n'a pas encore réussi à sortir du XIXe siècle, qu'un duel ne soit provoqué... C'est drôle; mais ça l'est essentiellement par le fait que Linder réussit à jouer cette "scène comique", comme on dit, avec une assurance et une rigueur étonnante: le jeu des acteurs en cette période était le plus souvent exécrable... Pas Max.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Max Linder
8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 17:55

Max Linder et son épouse sont bien tranquillement installés dans leur salon, lorsqu'on leur apporte deux choses volontiers complémentaires: à monsieur, une missive qu'on devine écrite de la main friponne d'une amie qui a des idées derrière la tête, à madame, une lettre et un paquet: le colis contient un baromètre de la fidélité et la lettre,signée de sa maman, lui explique que c'est un révélateur essentiel de la vie de couple; si l'un des deux trahit l'autre, le liquide qu'il contient se colore de noir... Ce qui ne va pas les empêcher de sortir, et de fauter tous les deux.

C'est l'un de ces innombrables films tournés par Linder au début de sa carrière, et si le sujet est du pur vaudeville, et pas des plus fameux, on constatera que derrière la tentation de n'y utiliser que des plans ou presque du salon, sous une forme assez théâtrale, affleure chez le comédien la tentation de la subtilité, et même une certaine forme de prise de pouvoir cinématographique: puisqu'il doit en faire des tonnes, le sujet l'exige après tout, il ne se prive pas et va jusqu'à utiliser une mèche de cheveux pour créer un effet burlesque, dont lui-même (Mais aussi Harold Lloyd) se souviendra. Du coup, en dépit de la direction sans âme de l'infect George Monca (Le Jean Girault des années 1900?), on s'en sort finalement assez bien...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Max Linder
6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 08:19
Up the river (John Ford, 1930)

Le parlant en était encore à ses balbutiements lorsque Ford a réalisé ce film, une comédie sans grande prétention qui témoigne au moins de sa capacité à s'adapter à la nouvelle donne cinématographique. S'il est un aspect du film qui nous pouse à nous y intéresser aujourd'hui, c'est bien sur la présence de jeunes acteurs venus du théâtre, et qui tranchaient sur les jeunes premiers favorisés par les studios en cette époque de tout-parlant et tout-chantant, par leur naturel et leur aura: Spencer Tracy et Humphrey Bogart. C'est d'ailleurs sans doute à Tracy, vedette en titre du film pour son tout premier rôle dans un long métrage, qu'on doit la présence de Bogart, les deux étant à l'époque très proches. Si Bogart est encore un peu vert, mal à l'aise dans un rôle qui tranche sur sa future personalité cinématographique (Sauf lorsque le personnage doit montrer les dents, sans surprise...), Tracy est déjà là et bien là... Pour le reste, cette comédie d'évasion et d eprison est largement, comme on dit, "sympathique":

On y asiste aux aventures de Saint Louis (Tracy), un professionnel de l'évasion carcérale, qui est une vedette confirmée dans toutes les prisons où il passe... Et ne fait que passer. Mais le film se concentre essentiellement sur une évasion qu'il va mettre à profit pour venir en aide à un ancien copain de prison, Steve Jordan (Bogart), d'une bonne famille de la Nouvelle Angleterre, dont l'image est menacée par un escroc qui menace de révéler son passé de taulard à sa famille. Saint Louis s'évade donc uniquement pour régler le problème, et promet de revenir...

Mineur dans la carrière de Ford qui en ces débuts du parlant attendait, un peu maussade, qu'on lui donne de vrais bons sujets à la Fox après ses oeuvres personnelles de 1924 à 1928, on pense en voyant ce film à un autre auteur: Ford considérait, disait-il jusque dans les années 60, le film Fox The honor system de son collègue Raoul Walsh (Sorti en 1917, et hélas perdu), comme le meilleur qu'il auit jamais vu. Le film exposait avec un style coup de poing la violence et la brutalité de la vie en prison, ainsi que les liens des prisonniers avec l'extérieur, généralement situés dans une ambiance d'uintimidation et de corruption politique... Au vu de ce qui est pour Ford son seul film "de prison", on se dit qu'il a laissé passer une belle occasion!

Néanmoins,le film reste quand même d'un niveau honnête, avec la diction rapide typique des films de prison, mais si on cherche ici un film coup de poing à la Big house, on sera déçu: la prison ressemble surtout à un endroit sympa, ou les hommes parlent fort, mais s'amusent à organiser des spectacles et des matchs de base-ball, avec la complicité du directeur de la prison, et tout ce petit monde reluque en permanence du côté de la prison pour femmes située juste à côté des bâtiments pour les hommes... C'est malgré tout le plus distrayant des trois films de 1930 (Les deux autres sont Born Reckless, et Men Without women, dont seule une copie partiellement parlante a survécu), en dépit de la qualité douteuse de la seule copie ayant survécu... On pourra toujours y chercher un lointain cousinage avec les scènes de camaraderie et de comédie des films de cavalerie des années 40-50, ou des ingrédients qui rattachent ce petit film du folklore des comédies Sudistes indolentes qui n'allaient pas tarder à raviver le petit univers de Ford, quelques années plus tard, toujours pour la Fox. Et à propos de l'univers Fordien, le film nous permet d'assister à la correction d'un grand barraqué qui s'en prend aux plus faibles, et qui est interprété par... Ward Bond.

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Published by François Massarelli - dans John Ford Pre-code Comédie
31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 09:15

Dans la jungle représentée par les films WB de 1933, Lady Killer n'est sans doute pas le plus brillant des joyaux... Il ne manque pourtant ni d'intérêts, ni de qualités. Et surtout, il est un de ces films qui rendent totalement transparente la politique du studio en cette période riche en expérimentations, tout en étant une bien aimable comédie... Le film, comme d'autres avant lui, et de nombreux autres après, nous conte l'ascension et la chute d'un truand, Dan Quigley (James Cagney), qui est venu à ce métier par véritable talent et vocation, et qui, à environ la moitié du film, se fait doubler par sa bande. Acculé, il réussit à s'en sortir, trouve un emploi de figurant sur les tournages, et de fil en aiguille, devient une star, qui file le parfait amour avec sa co-vedette Lois Underwood (Margaret Lindsay). Mais bien sur au moment ou tout va bien, sa bande se rappelle à son bon souvenir...

Comme Edward G. Robinson à la même époque, Cagney semble enchaîner les comédies en cette période. Rien d'étonnant: si le code de production n'est pas vraiment en vigueur, et les studios sont en relative liberté, de nombreuses voix s'élèvent pour demander à ce que les films de gangsters cessent de glorifier la pègre... D'où la profusion de comédies durant lesquelles les durs tentent de s'affranchir de leur passé (Little giant, Archie Mayo, 1933; Jimmie the gent, Michael Curtiz, 1934...). C'est doublement payant: on retient donc des films initiaux les frissons et l'image de leurs stars (Public enemy et Little Caesar restent à ce niveau les principales références), tout en dotant d'une intrigue qui dégonfle un peu la charge, voire des situations qui les tournent un peu en ridicule.

Mais ici, la Warner joue de toute évidence un double jeu: oubliez Margaret Lindsay, l'essentiel du film est une joute entre Cagney et une autre actrice, Mae Clarke. Vous la connaissez certainement, elle était dans de nombreux films, notamment en 1931 Waterloo Bridge et Frankenstein, tous les deux de James Whale, mais aussi et surtout, Public enemy, cachée dans une scène célèbre derrière un pamplemousse. Ici, l'actrice a une fois de plus à subir le caractère de Cagney, mais d'une façon différente (même si lors d'une scène, l'acteur lui donne de façon menaçante... un ananas!). Le film, vendu au public sur cette réminiscence, vaut bien sûr mieux que ça... Et il participera sans doute de façon importante à la cristallisation du statut de star de James Cagney, et ça, après tout, ce n'est pas rien!

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Comédie
20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 16:21

 

Une ex-petite amie d'autant plus récalcitrante qu'elle est morte? On a déjà vu ça, bien sur, dans Blithe Spirit de David Lean, d'après Noel Coward. Mais là où les deux maîtres d'oeuvre très Anglais de ce classique de 1945 ont eu recours au très traditionnel et très Britannique procédé du fantôme qui hante le nouveau couple, Joe Dante, Américain et surtout, comme nul n'ignore, fan de films d'épouvante, a quant à lui à gérer une affaire de zombie... Ou de zombies, comme nous révèle l'intrigue de cette, mais oui, comédie sentimentale, car techniquement, il s'agit pour Max (Anton Yelchin) de se débarrasser d'une petite amie encombrante, Evelyn (Ashley Greene), dont il est clair qu'ils n'ont décidément rien en commun, afin de filer enfin le parfait amour avec la jolie Olivia (Alexandra Daddario) qui elle est totalement faite pour lui... Le film ajoute du piment avec le fait qu'Evelyn soit morte, et enterrée d'ailleurs.

La décennie précédente a entériné le fait que Dante, naguère enfant prodige sous la protection de Seven Spielberg, appartient plus ou moins au passé, et il n'a sorti entre 1999 et 2009 que deux films au cinéma, le controversé (Mais il a ses fans, et j'en suis) Looney Tunes back in action, et d'autre part le film d'horreur sage pour ados The hole; on a aussi vu quelques productions télévisées, notamment deux épisodes de l'anthologie Masters of horror: c'est tout, et ce n'est pas grand chose...

Donc qu'un nouveau film sorte d'un studio avec sa griffe, même si c'est pour finir directement en vente en DVD, c'est toujours une bonne nouvelle. Et ce Burying the ex, techniquement très soigné, est une comédie bien dans la ligne des films de ce réalisateur qui a choisi un jour de ne pas choisir entre burlesque (Il est très fan de cartoons) et horreur (Un domaine dans lequel, comme la plupart de ses héros, il s'y connait particulièrement!). Les acteurs font donc bien leur travail, et jouent clairement la carte de la comédie contemporaine, avec un certain succès... Mais quant à penser qu'il apporte quoi que ce soit de plus à la légende et à l'oeuvre du réalisateur de tant de films majeurs, je crois qu'il ne faut pas rêver. On y passe une heure et demie en agréable compagnie, et certaines scènes nous rappellent vaguement quelques frissons passés, c'est à peu près tout. Déjà pas mal...

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Published by François Massarelli - dans Joe Dante Comédie
19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 16:23

T.S. Garp est né d'une étreinte atypique: en 1945, sa mère Jenny (Glenn Close), une infirmière désireuse d'avoir un enfant mais peu encline à s'encombrer d'un mari, a littéralement violé un soldat à l'agonie, en profitant de son érection permanente. Ca a sans doute contribué à l'achever tout en adoucissant sa fin, mais pour Jenny, ça lui a apporté un fils. Né sous cette étoile peu banale, Garp (Robin Williams) aura à coeur d'évoluer dans la vie en constituant une famille aussi normale que possible. Il écrira aussi, et sera confronté à l'étrange destin de sa mère qui elle aussi écrira, mais elle connaîtra le succès avec un pamphlet féministe...

Dès l'énoncé des circonstances étranges de la procréation de Garp, racontée par jenny à ses parents outragés (Jessica Tandy et Hume Cronyn dans une scène très drôle par son décalage), plusieurs des thèmes et des fils rouges de l'oeuvre nous apparaissent en pleine lumière: le lien fort entre le sexe et la mort, bien sur, pour commencer, mais aussi la filiation, avec cette obsession de Garp de s'inventer un père qui ne soit pas un légume dont sa mère aurait profité... Les échos à cette entrée en matière embarrassante seront nombreux dans le film, mais il y aura aussi d'autres entrelacs et d'autres thèmes, en particulier une confrontation forte entre hommes et femmes, vues sous un angle inédit, Garp étant confronté au succès féministe des écrits de sa mère d'une part, et à une étrange société féministe, qui pour rendre hommage à une victime d'un viol dont la langue a été coupée (Amanda Plummer), se mutilent en imitant son handicap. Et il y a le cas de Roberta (John Lithgow), un ancien joueur de football devenu transsexuelle, qui va être la grande amie de la famille.

On est surpris par les façons dont le romancier John Irving, auquel George Roy Hill a confié l'adaptation de on propre best-seller, joue avec les résonances et les échos: ainsi, une scène cristallise le rapport compliqué qu'aura Garp avec son épouse Helen (Mary Beth Hurt): quand ils sont tous deux étudiants, elle le surprend recevant une fellation par une jeune femme qu'il connait depuis longtemps, et vers la fin viendra un écho lorsque qu'une petite gâterie buccale se transformera en drame à la faveur d'un accident qui'l était tout à fait possible de voir venir... Le film fonctionne ainsi au gré de balises dont le public doit se saisir au passage, dans un élan tragi-comique inédit et décidément très engageant.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 18:04

Sold at auction fait partie d'une série oubliée et malchanceuse de courts métrages qui n'ont eu aucun succès, effectués afin pour le studio d'Hal Roach d'aborder la transition entre la domination d'Harold Lloyd et le départ de celui-ci. Snub Pollard, le comédien qui est en vedette, avait en effet été la co-vedette de Lloyd dans une série de films, mais on ne saurait les confondre, tant le style favorisé par Pollard est distant de celui de son ex-partenaire: absurde, basé sur des gags créés avec amour par de doux dingues qui ne reculent devant rien: a des années-lumières de la patiente et délicate construction de comédies basées sur la vie tranquille et la civilisation urbaine de Californie, chers à Lloyd...

On connaît sans doute mieux Charles Parrott sous le pseudo de Charley Chase, mais quand on sait que qu'il a finalement été amené à prendre le créneau vacant de Lloyd dans le studio, on est surpris de le voir aux commandes d'un tel film... Mais le fait est que Chase, réalisateur, était attiré par le surréalisme, ouvert aux gags les plus indignes, et le résultat, eh bien, lui donne raison:

Pollard est employé par hasard par des commerçants qui l'utilisent pour faire des démonstrations (Parfois violentes) de leurs articles, et il en a un peu marre de prendre des coups. Il obtient un jour de mener une vente, mais celle-ci va tourner à la catastrophe: les meubles à vendre seront confondus avec ceux d'une autre maison, et le propriétaire des meubles qui n'étaient pas à vendre, un policier irascible (James Finlayson), ne prendra pas ça très bien...

Ca sonnerait presque normal dit comme ça, mais le scénario a été conçu par cadavre exquis, et les idées les plus saugrenues s'enchaînent avec génie! Chase utilise des truquages photographiques, les images qui dégoulinent, par exemple, de l'animation (Une escadrille de moustiques vindicatifs) ou encore des ralentis; Pollard quant à lui ose tout, et se retrouve en poursuite juché sur un piano, conduisant une baignoire dans laquelle un homme se lave, ou se faisant tellement amocher qu'il en est propulsé littéralement à 10 mètres... L'espace de deux bobines, le studio de Roach mélange son fond raisonnable et ses intrigues charpentées avec l'anarchie propre à Mack Sennett. Ce film jugé comme l'un des plus idiots de la période par ses zélateurs, est aussi l'un des plus réjouissants. Et si l'on vote un jour pour le court métrage le plus jouissif de toute l'écurie Hal Roach, il pourrait bien avoir mon vote...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Chase
26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 09:41

J'ai triché. J'ai écrit en en-tête de cet article le vrai nom du réalisateur, mais le film, production Educational avec Al St-John, est en réalité crédité à William Goodrich. L'histoire de ce pseudonyme, selon Buster Keaton, est cocasse, même si elle n'est pas forcément vraie: le grand Roscoe Arbuckle, ayant été acquitté dans un ignoble procès, était malgré tout persona non grata dans le métier, et ses copains lui avaient trouvé un pseudonyme ironique, "Will B. Good"; légèrement modifié, il devint donc William Goodrich... Mais c'est à Arbuckle qu'il faut rendre justice, bien sûr.

Ce film est évidemment une parodie, mais on attend plus facilement de ce court métrage en deux bobines un démarquage de The Iron Horse, de John Ford sorti l'année précédente. Mais le film est en réalité bien plus inspiré de Our hospitality de Buster Keaton: même époque, même costume, et surtout le principal personnage y est un train, celui-là même que Buster avait construit à partir d'un véhicule historique de 1840, et qui était si bien reproduit qu'il avait été acquis par un musée... Le film, comme la première partie du long métrage de Keaton, relate un voyage en train qui est évidemment plein de gags et de péripéties, sous la responsabilité de Al St-John, le conducteur... Et cela ne surprendra personne, ces vingt minutes sont glorieusement idiotes.

J'ai beaucoup mentionné Keaton dans cet article, pourtant il n'est absolument pas dans ce film. La preuve, il n'est pas du tout crédité au générique. Par contre, il y a un chef indien très emplumé, qui fait des cascades très impressionnantes.

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet Comédie Roscoe Arbuckle
17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 13:52

Beaucoup des films du jeune Spielberg s'intéressent d'une façon ou d'une autre à l'âme Américaine, que ce soit en créant du suspense à partir du mythe de la route (Duel), ou de l'univers des stations balnéaires (Jaws), en racontant un folk tale qui dépoussiérerait presque les légendes de l'Ouest Américain tout en révélant de façon poussée le dangereux culte des armes au Texas (The Sugarland Express), ou en s'intéressant à la famille sous l'angle inattendu... de la science fiction (Close encounters of the third kind, E.T.). Spielberg a aussi, dans cette première décennie, exploré le passé glorieux du cinéma d'aventures en participant comme chacun sait à la création en compagnie de George Lucas d'un personnage doté désormais d'un univers solide, et si éminemment Américain (Raiders of the lost ark)... Donc 1941 ne ressemble pas tant à un accident de parcours qu'on a bien voulu le dire depuis sa sortie qui avait comme on s'en rappelle débouché sur un flop, et engendré un désamour persistant de la critique voire d'une partie du public, désamour facile à motiver: le film est raté.

En décembre 1941, la Californie vit dans une certaine psychose bien compréhensible: Pearl Harbor attaqué par les Japonais, tout porte à croire que l'état richissime est le suivant sur la liste. On s'y prépare donc. La défense civile anti-aérienne, l'aviation, la marine, toute l'armée est sur le pied de guerre, et les civils s'attendent au pire. Le risque de sombrer dans la folie paranoïaque sera-t-il franchi? ...Oui. D'autant qu'un sous-marin Japonais croise justement au large de Santa Monica, et que bien des militaires, rendus fous par l'attaque inattendue et spectaculaire du 7 décembre, sont au-delà de leurs esprits dans des proportions inédites...

L'alliance entre Spielberg et le duo Zemeckis-Gale était inévitable, tant Spielberg, jeune producteur, appréciait leur esprit, tel qu'il s'était déchaîné en particulier dans le film I wanna hold your hand, qui contait le chaos qui régnait dans les coulisses d'une visite des Beatles aux Etats-Unis. En gros, 1941, c'est le même film, mais cette fois dans les coulisses de l'après Pearl Harbor. Sans doute Spielberg qui savait quel était son enviable statut en tant que principal des jeunes loups qui s'étaient établis dans les années 70 (Aux côtés de Scorsese, Lucas, Cimino, ou le plus âgé Coppola), et souhaitait devenir un chef de clan, en produisant et mettant le pied à l'étrier des plus jeunes. Peut-être avait-il jugé que Zemeckis était trop peu aguerri pour mettre lui-même le film en scène, ou peut-être la stature de Spielberg permettait-elle d'accumuler les grands noms: après tout, on peut voir ici, rien moins que Robert Stack, Slim Pickens, Christopher Lee, ou Toshiro Mifune. Les jeunes vedettes qui montaient à l'époque, Dan Aykroyd ou John Belushi, y côtoient des acteurs qui s'étaient illustrés dans le film de Zemeckis: Bobby Di Cicco, Nancy Allen ou l'insupportable Wendy Jo Sperber, dont l'énergie en apparence inépuisable finit par devenir lassante... après deux secondes. Parce que le problème du film, c'est que l'excès pour l'excès, ça ne marche pas. Aucun dosage, aucun répit, tout part en vrille dès le départ. Parfois, c'est drôle: Belushi en aviateur fou arriverait à nous faire rire plus facilement, si par exemple tout ce qui l'entoure n'était pas plongé dans le chaos. Robert Stack, en général ému par Dumbo aux larmes, est splendide, et le duo incarné par Mifune et Lee, en général Japonais et en saleté de Nazi SS respectivement, est mémorable, mais le film peut parfois nous arracher un sourire grâce à ses allusions au cinéma: de Spieberg d'abord (Une scène de Duel est rejouée par la même actrice, avec un avion en lieu et place de camion), de Ford ensuite (une bagarre se déroule au son de la même musique folklorique Irlandaise que The Quiet Man).

Peut-être que Kubrick, qui avait expérimenté (Dr Strangelove) le même type d'exploration du chaos avec tellement plus de réussite que Spielberg, estimait que ce genre de film ne devait surtout pas être vendu comme une comédie, afin que le décalage fonctionne. Il avait sans doute raison, ais il faut ajouter que dans ce film dont les cinq premières minutes sont le sommet du film (En particulier si on a vu l'ouverture de Jaws), on surtout la preuve éclatante que Spielberg est certes un génie, mais qu'il ne sait pas tout faire, loin de là. L'intention de montrer l'Amérique profonde, et la Californie en particulier, en proie au chaos était bonne, mais ces deux heures (Et 25 minutes dans la version intégrale) sont souvent dures à passer.

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Published by François Massarelli - dans Steven Spielberg comédie Robert Zemeckis
24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 13:50

C'est curieux de voir à quel point ce film, pourtant servi par des personnalités de premier plan, et non des moindres, n'a pas bonne presse... C'est vrai qu'aujourd'hui on tend à préférer les films antérieurs de Claudette Colbert, et les films postérieurs de James Stewart. Et Van Dyke, qui toute sa carrière a mérité le surnom de One-take Woody, car il tâchait toujours de ne faire qu'une prise de chaque plan, ce qui le rendait systématiquement efficace, est toujours plus ou moins soupçonné de bâcler ses films, ce qu'on pourrait accuser John Ford (Qui l'a d'ailleurs souvent fait, et sciemment) d'avoir fait aussi... Les hypothèses pour expliquer ce désamour persistant sont nombreuses: Le mélange des genres? Un James Stewart pas vraiment conforme à l'idée qu'on se fait de lui? L'idée fausse que Van Dyke n'était pas doué pour la comédie? des soucis de vraisemblance dans le scénario? une année particulièrement encombrée en matière de films importants ce qui expliquerait qu'on soit particulièrement exigeant?

Le film nous conte une intrigue qui est d'abord celle d'un film policier: un milliardaire récemment marié est soupçonné du meurtre de sa maîtresse, mais c'est précisément un piège organisé par sa nouvelle épouse qui n'attend rien d'autre que l'exécution de son cher époux pour rafler la mise. Un détective, Guy Johnson (James Stewart), un détective assigné à la protection du milliardaire, se doute qu'il y a une machination derrière tout cela, et bien qu'il soit lui aussi en état d'arrestation pour avoir tenté d'aider son employeur à fuir, s'évade dans le but de prouver l'innocence de son client. Il va faire une rencontre, qui va être déterminante bien sur, celle d'une femme, Edwina Corday (Claudette Colbert), poétesse farfelue, qui tombera très vite amoureuse de lui, et va tout faire pour l'aider... Provoquant quelquefois des catastrophes...

La star du film, si on en croit l'ordre dans lequel les noms sont mentionnés au générique, c'est bien sur Claudette Colbert, et Stewart était encore dans ses années d'apprentissage. Ce dernier avait déjà tourné avec Van Dyke, et interprète ici un rôle de détective dur et pas vraiment sympathique, mais le film va vite, et on apprécie assez rapidement le personnage, d'autant que Edwina Corday est une gaffeuse de première! Par contre, la rapidité avec laquelle le personnage formule des intuitions qu'il me semble malaisé à motiver, et qui correspondent point par point à la réalité de l'affaire, est parfois embarrassante. Van Dyke, qui avait l'habitude avec sa série des "Thin man" (Dont il a réalisé quatre des six films) de mélanger adroitement intrigue policière et comédie farfelue, semble avoir ici trouvé la bonne formule dans ce film: la première demi-heure expose toute l'intrigue, les personnages et leurs rapports, permettant aux deux tiers restants de plonger avec bonheur dans le loufoque. On retiendra en particulier les séquences dans lesquelles Stewart se déguise en scout myope, ou il est assez proche d'un Cary Grant. Et le casting est celui d'une comédie, avec en particulier l'aide de Edgar Kennedy, et de Guy Kibbee, deux spécialistes du genre. Le film est séduisant, avec sa situation qui n'est pas sans rappeler une sorte de It happened one night qui serait mâtiné de The 39 steps, et ça, franchement, c'est quand même une bonne incitation à vouloir voir ce film... non?

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Published by François Massarelli - dans Comédie