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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 18:43

Film, Flirt og Forlovelse (Lau Lauritzen, 1921) Carl Schenstrom et Harald Madsen, comiques Danois, étaient mieux connus sous le nom hallucinant (mais justifié) de Doublepatte et Patachon, ou Pat und Patachon en Allemagne. Leurs films sont encore aussi populaires en Scandinavie que le sont Laurel et Hardy, et on peut comprendre pourquoi à la vue de ce film, court mais très typique de leur style. C'est d'ailleurs l'un des premiers; ils sont surtout préoccupés par leur propre survie, comme tous les vagabonds du muet, et traversent sans trop les comprendre des histoires qui ne les concernent pas. cela ne les empêche pas d'avoir une morale: dans la maison autour de laquelle ils vagabondent, ils ont remarqué que le fiancé de la jeune fille de la maison était un vil coquin, et vont redresser malgré eux les torts, en favorisant le mariage avec un type plus sur, et dont en plus elle est vraiment amoureuse... Ce genre de script, ils en tourneront des dizaines, au danemark, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suède. La poésie lunaire générée par les deux acteurs se mélange encore bien avec l'esthétique de la décennie, si envoutante pour les mutophiles, ou amateurs de films muets... Mais quel dommage que leurs films ne soient disponibles que dans des versions sonorisées et remontées pour la télévision Allemande. On espère qu'un jour cette injustice (Qui fait que leur impressionnant Don Quichotte, par exemple, soit long de 45 minutes contre 180 en 1926) sera un jour réparée.

Sol, sommer und Studiner (Lau Lauritzen, 1922) On prend les mêmes et... A nouveau vagabonds, Schenström et Madsen tournent encore autour d'une maison bourgeoise, mais cette fois ci ils ressemblent surtout à deux cerises sur le gâteau, l'intrigue semblant ne pas vraiment les concerner. on remarque quand même qu'elle leur permet de s'installer dans une maison vide ou ils se comportent en sales gosses, et que Lau Lauritzen, contrairement à Mauritz Stiller en Suède, qui privilégiait pour ses beaux films dramatiques l'hiver (Le trésor d'Arne, La saga de Gösta berling), filmait lui de préférence en été, aussi près que possible de la mer, afin d'avoir des scènes de jeunettes en maillot de bain (Une constante)...

Mellem muntre musikanter (Lau Lauritzen, 1922) Encore un scénario obscur pour ce film réduit au tiers de sa durée par la loi de la télévision Allemande. Les deux héros y sont des escrocs musiciens, sinon comme d'habitude des jeunes gens de la bourgeoisie y draguent sur la plage des filles à papa...

Vore venners vinter (Lau Lauritzen, 1923)

Parce qu'ils ont trop bu en compagnie d'un amoureux privé de sa bien-aimée, les deux héros-vagabonds Schenström et Madsen sont transportés malgré eux en montagne, ou ils vont retrouver... la fiancée en question. le film étant particulièrement raboté, la compréhension et la logique en prennent un coup. Amusant, surtout pour les magnifiques images neigeuse en toute liberté.

Daarksab, dyd og driverter (Lau Lauritzen, 1923)

Deux vagabonds escrocs vont de plage en plage avec une boite à chaussures qui passe pour un appareil photo. ils se font payer en avances, mais ça ne marche pas fort... sinon, deux amoureux, comme d'habitude, vont avoir besoin de leurs services...

Lille Lise Letpaata/Die kleine Tänzerin (Lau Lauritzen, 1924)

Schenström et Madsen, musiciens, vont aider la vedette de la petite compagnie de ballet qui les emploie à devenir une grande artiste. Comédie du versant plutôt tendre...

Professor Petersens plejeborn (Lau Lauritzen, 1924)

Schenstrom et Madsen sont placés par des contrebandiers dans la maison d'un ornithologue, pour préparer un mauvais coup, mais ils sont deux bien inefficaces majordomes, et vont finir par changer de camp. Beaucoup de slapstick la-dedans, en particulier dans la maison livrée à deux domestiques dangereux...

Raske Riviera Rejsende (Lau Lauritzen, 1924)

Premier film "exotique" du duo Schenstrom-Madsen, largement situé en Italie, prétexte à quelques gags, dont l'inévitable découverte des spaghetti... L'intrigue est nébuleuse, sans intertitres...

Ole opfinders offer (1924, Lau Lauritzen)

Takt, Tone og Tosser (Lau Lauritzen, 1925):

Lauritzen continue à placer ses héros dans des intrigues classiques, dans un cadre bucolique impeccablement filmé: ici, une histoire de vieux moulin à sauver de la destruction, et un mélodrame avec fille de riches cachée dans un cirque...

M. le commissaire (Gustaf Molander, 1925)

Premier film hors du danemark, pour Schesntrom et Madsen, et première tentative de sortir de la routine jusqu'alors imposée par la collaboration avec leur mentor, Lau Lauritzen; pour commencer, Molander les sépare: Madsen est le chef de la police, et Schenstrom sa nemesis, un vagabond qui finit toujours en prison; ensuite, le reste du film est une comédie mélodramatique avare en gags. Mais la beauté de la photographie, et les extérieurs hivernaux (On est en Suède), restent de mise...

Les millionnaires (Lau Lauritzen, 1925)

Modeste comédie, dans laquelle Schenstrom et Madsen sont utilisés pour sauver une petite ville dont il vont incarner la réussite, avec come d'habitude une séquence gratuite au bord de mer, en compagnie de jeunes femmes en maillot...

Chasseurs de loup (Lau Lauritzen, 1926)

La chasse au loup, dans la ravissante campagne danoise, il n'y a que ça de vrai...

Dodsbokseren / Ca va barder (Lau Lauritzen, 1926)

Enorme succès en son temps, ce film nous présente Schenstrom et Madsen en naufragés sur un bloc de glace (Suite à un accident de char à voile...) recueillis par un cargo; ils deviennent marins et participent à une séquence de slapstick fort bien arrangée.

Don Quichotte (Lau Lauritzen, 1926) Ce film, qu'on aimerait voir entier (Il est réduit à une cinquantaine de minutes, alors qu'il totalisait près de trois heures...) est une fascinante entreprise: faire une adaptation stricte de la tragi-comédie de Cervantès, avec deux comiques dans les rôles principaux; seul film ou ne reconnaisse pas le maquillage traditionnel des deux comédiens Schenstrom et Madsen, c'est un film manifestement illustratif, un peu trop littéral; mais l'idée de décalage entre un monde qui tourne dans un sens et deux hommes qui tournent dans l'autre (Surtout Quichotte, par le grand Schenstrom qui m'a l'air parfait dans le rôle) est somme toute présente dans les fragments qui nous sont parvenus. Au passage, le film n'est pourtant pas perdu... Allez, le DFI, faites votre boulot!

Eté joyeux (Urban Gad, 1926): Urban Gad, réalisateur du sombre et baroque L'Abîme qui révéla Asta Nielsen, se trouve pour son dernier film réalisateur de comédie avec Schenstrom et Madsen... Anecdotique.

Vester-Vov-Vov/En mer du nord (Lau Lauritzen, 1927)

En mer du nord, donc... Les deux vagabonds habituels créés par Shenström et Madsen vagabondent sur les rives Nordiques.

Pierres-tonnerre (Lau Lauritzen, 1927)

Sous cette approximative traduction du danois, se cache un film ambitieux, dans lequel Lauritzen essaie de casser les systématismes du duo Madsen et Schesntrom; notamment, il les place au milieu d'un écheveau d'intrigues parfois un peu difficiles à décoder sans intertitres... Mais il le fait sans jamais oublier le gag, contrairement à son Don Quichotte.

Le roi de Pélicanie (Valdemar Andersen, 1927)

Grosse komédie, avec ce petit film qui nous montre les deux héros burlesques Danois aux prises avec un royaume de pacotille...

Force et beauté (Lau Lauritzen, 1927)

Le meilleur film de la série? Peut-être, mais il faudrait le voir en entier, au lieu d'un raccourci de 25 minutes. Schenstrom et Madsen sont des vagabonds devenus des statues vivantes, pour rendre service à deux jolies filles... l'un des rares films ou leurs étonnantes capacités physiques (gymnastes et contorsionnistes, quand même, excusez du peu) sont bien mises à contribution.

Filmens Helte (Lau Lauritzen, 1928)

http://allenjohn.over-blog.com/article-filmens-helte-les-heros-du-cinema-lau-lauritzen-1928-105835984.html

Schenström et Madsen
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Published by François Massarelli - dans Scandinavie Muet Comédie Schenström & Madsen
1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 16:03

Rien à voir avec le milliardaire populiste, ce When clubs are trump est un court métrage de la série Lonesome Luke, imaginée par Harold Lloyd et hal Roach à leurs débuts. C'est en fait la deuxième série de films mettant en scène Lloyd, après Willie Work dont peu d'images circulent, et les Lonesome Luke diffèrent des autres films plus connus de Harold Lloyd par le costume du personnage, ressemblant à une variation en négatif sur le personnage de Chaplin: costume rapiécé, trop petit, et moustache fine. Et surtout... Pas de lunettes! Le film fait parte des quatorze rare courts de la série à avoir survécu, c'est donc une chance... et une opportunité historique, surtout, car pour ce qui est du plaisir qu'on y trouvera, on admettra que ce n'est à proprement parler pas vraiment un film d'un grand intérêt... En dépit du fait que ce court métrage se déroule sur deux bobines, ce n'est pas pour autant la garantie d'une construction solide, et Snub Pollard et Lloyd sont lâchés au début du film dans un parc public pour y improviser quelques gags, avant qu'il ne se passe quelque chose de notable: ils font tous deux le même rêve, et sont transportés... à la préhistoire. Ce ne sera pas une garantie que les gags soient du lus haut niveau, certes, mais il y a toujours dans ces films burlesques situés à l'époque de nos ancêtres (Flying elephants, His prehistoric past, The Three Ages...) un je-ne-sais-quoi de profondément anarchique et réjouissant par l'à-peu-près idiotissime qui s'en dégage. Et bien sur, ce film ne fait pas exception.

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Muet Comédie groumf
24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 15:58

Max Linder est amoureux d'une jeune femme, qui le lui rend bien. Mais le père, un riche industriel, est contre cette union... Qu'importe, Max s'accroche! Et il va coller aux basques du père (De plus en plus excédé) et de la fille, les suivant à peu près partout...

Max Linder est populaire, demandé, et fournit Pathé de façon régulière, pour ne pas dire prolifique. Ce film, rendu disponible par Maud Linder dans l'anthologie de dix courts métrages sortie il y a quelques années, est un exemple de ce tout-venant qui n'apporte pas grand chose, et qui surtout donne l'impression d'accumuler des péripéties répétitives sans grand intérêt...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Max Linder
20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 10:25

The three must-get-theres est un film étonnant à plus d'un titre; c'est une parodie parfaitement assumée, des Trois mousquetaires d'ailleurs, comme le jeu de mots glorieusement affligeant du titre le laisse comprendre. Une pochade tellement délirante qu'on jurerait qu'elle a été conçue pour le plaisir d'une soirée privée, d'autant que les décors en sont "volés" à Douglas Fairbanks, qui venait de tourner sa version du roman de Dumas. Fairbanks avait de l'humour, il aimait bien Linder, il n'a pas eu à se faire prier trop longtemps pour prêter ses décors et son studio...

Après les deux films Américains précédents (Seven years bad luck et Be my wife), plus sophistiqués, c'est toujours un peu curieux de voir Linder se vautrer dans une telle débauche de gags idiots, mais la plupart sont très inventifs. Beaucoup d'entre eux utilisent un don pour le gag chorégraphié, comme dans Seven years bad luck, et l'observation est souvent mordante. Les clichés et les passages obligés du roman sont soulignés, les anachronismes pleuvent Linder et son équipe ne font aucun effort pour cacher poteaux et fils électriques, les gardes du Cardinal se déplacent à moto, on utilise le téléphone, etc...

L'ensemble est une inventive pochade qui permet en somme de s'amuser sans pour autant se prendre au sérieux... Mais ce n'est en rien un effort destiné à rire entre amis, le film a vraisemblablement été conçu dès la base comme un film pour le grand public, au vu des moyens, et du casting: Bull Montana, Jobyna Ralston y participent, et le grand Fred Cavens a servi de consultant pour le travail d'escrime... Et certaines séquences ont un pouvoir assez fort, puisqu'il m'est désormais impossible de voir le film de Fairbank et Niblo sans penser à celui-ci, ce qui tend à détruire un peu l'effet de sérieux...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet 1922 Max Linder
20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 10:23

Be my wife, longtemps invisible dans une copie intégrale, est le deuxième film de long métrage de Linder aux Etats-Unis. Il semble conçu largement pour en finir une bonne fois pour toutes avec le style très boulevardier de l'auteur, qui s'apprète à changer, en tournant deux longs métrages bien différents: The three must-get-theres d'une part, une parodie échevelée, et la comédie Le Roi du cirque.

Le film est à nouveau doté d'une intrigue qui part d'une situation sentimentale: Max aime Mary et Mary aime Max, mais la tutrice de cette dernière (Caroline Rankin, qu'on reverra dans le film suivant) préfère Simon, un gros benêt. Les deux amoureux usent de stratagèmes pour se voir, jusqu'au grand jeu utilisé par Max pour conquérir la tante de sa future épouse: il y est question de faire croire qu'un voyou s'est introduit, et que Max est le seul apte à le faire déguerpir. Un sujet qui fera le bonheur de Harold Lloyd dans Dr Jack, et Charley Chase quelques années plus tard dans une séquence de Mighty like a moose... La comparaison avec Chase est d'ailleurs intéressante: une grande part des ennuis de Linder est basée sur l'embarras. Il n'est pourtant pas entièrement assimilable au comédien Américain, victime toujours plus ou moins innocente: Max, lui, s'attire les ennuis tout seul... 

A propos de similitudes, de variations et d'emprunts, si courants dans le domaine de la comédie muette Américaine, dans cette première partie, se situe une scène avec Max déguisé en épouvantail, qui pourrait bien avoir influencé Keaton pour son court métrage The scarecrow, aussi. Décidément!

La deuxième partie est quant à elle située après le mariage, avec des quiproquos liés à un endroit qui est à la fois la maison d'une couturière, un speakeasy et un lieu de rendez-vous fripons. De fait le film s'essouffle tout en conservant un rythme assez rapide, mais à trop vouloir charger la barque, Linder a été trop loin. Et le film est son dernier situé dans la grande bourgeoisie, un domaine déjà largement squatté par DeMille: les comiques, eux, savaient situer leurs films chez les gens modestes, voire dans le monde de la misère. Le défaut principal de ce film en roue libre étant peut-être qu'il est quand même assez difficile d'aimer qui que ce soit dans cette galerie de personnages menteurs, manipulateurs, tricheurs et coucheurs, non?

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1921 Max Linder
20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 10:19

Les films interprétés et parfois dirigés par Linder en France jusqu'à 1916 ne sont pas selon moi des sommets d'inventivité comique, contrairement à ce qu'on en dit. Vus par le biais d'extraits, au sein de la compilation réalisée par Maud Linder (L'homme au chapeau de soie) ils donnent l'impression d'un ensemble impressionnant, mais les films vus en entier souffrent de leur côté démonstratif, appuyé, de leur aspect boulevardier sans le culot d'un Lubitsch. Le premier grand problème (Le deuxième étant son état de santé) de Linder au moment de sa tentative Américaine de 1917, pour la Essanay, c'était de traduire son style en l'adaptant au burlesque Américain, reposant plus sur un comique d'observation que sur les variations sur les comportements sociaux.

C'est justement ce qui fait le prix de Seven years bad luck tourné 3 années plus tard: certes, Max Linder y est un bourgeois sur le point de se marier, élégant et séducteur, mais il est surtout amené à prendre la fuite à cause des malheurs qui s'accumulent sur lui. Il a cassé un miroir, et sa fiancée l'a immédiatement quitté, ce qui l'amène à voyager pour oublier, et à être confronté à des situations comiques, toujours exposées in extenso, et à la logique implacable.

Il rejoint de fait Harold Lloyd, dans ce film comme le suivant, puisque chaque situation le pousse à rivaliser d'ingéniosité (Parfois franchement malhonnête) pour se tirer d'un mauvais pas. La scène la plus connue est bien sur le gag du miroir, qui a été inventé bien avant, mais comme l'a démontré David Kalat, il est bien difficile de savoir par qui. Mais il y a d'autres scènes, autant de constructions ouvragées et maniaques: une séquence peut retenir l'attention par le fait que Max Linder s'y comporte comme aucun autre acteur ne l'aurait fait, ni Chaplin, ni Laurel, Ni Lloyd, ni Keaton ou Langdon. a moins que... Arbuckle, peut-être. Réfugié dans une cage avec un lion, pour échapper à la police, il met constamment les agents au défi de le rejoindre pour l'arrêter... La scène joue sur le déguisement comme une grande partie du film, mais pas le costume de Max: un singe a chapardé le képi d'un policier, et un autre porteur d'uniforme se voit contraint de porter une armure pour affronter les fauves.

Contrairement à Keaton et Chaplin, si le comédien Français se met dans les ennuis dès qu'il se confronte au monde, il entraîne consciemment les autres à sa suite, pour notre plus grand bonheur... le film est élégamment mis en scène, fort bellement photographié, et le montage en est d'une grande rigueur... Ce qui est une prouesse, tant le script donne l'impression d'avoir été assemblé avec des séquences disjointes, dont je ne serais d'ailleurs pas étonné d'apprendre que certaines ont été improvisées! 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet 1921 Max Linder
19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 17:02

Max veut faire du théâtre, et la belle Jane également... sauf que ces deux-là ne se connaissent pas, du moins pas encore. Mais de toute façon, leurs parents respectifs ne souhaitent en aucun cas que leur progéniture se fasse voir sur les planches. Et on veut les faire se rencontrer, afin de les marier... Comme ils ne se connaissent pas, l'un et l'autre ont la même idée: se déguiser en se rendant si repoussant que l'autre ne pourra pas être séduit, et ainsi échapper au mariage arrangé... La rencontre a bien lieu, et le jeu d'enlaidissement bat son plein... Jusqu'à ce que...

Jane Renouardt, je l'ai déjà dit ailleurs, est l'une des plus importantes rencontres de la vie de Max Linder. Comédienne, n'ayant peur ni du ridicule ni de payer de sa personne, elle a parfois eu une sorte d'égalité virtuelle en partageant e titre avec son partenaire, comme ici. Et la comédie est fort drôle dans ce film quasi totalement visuel: Même si on se doute qu'il s'agit d'un accident de préservation plutôt que d'une volonté des auteurs, le film est présenté avec en tout et pour tout un seul intertitre. Ainsi on devine la teneur de la conversation des jeunes gens avec leurs parents (Max avec son père, Jane avec sa mère) par leurs seuls gestes. Et le processus d'enlaidissement (Particulièrement difficile pour Jane Renouardt) y est laissé aux seules images. Max a choisi un fax dentier ridicule, et Jane a fait confiance à sa seule coiffure pour se ridiculiser, même si elle choisit à un moment absurde (Et fort politiquement incorrect) de faire peur à Max en se déguisant, hélas, le mot est celui qu'on utilisait à l'époque, en "négresse". La réalisation par l'un et l'autre est un moment de pur charme cinématographique, qui rappelle que max Linder, le prince du rire en Europe, avait l'ambition à peine cachée de réaliser des films sentimentaux, et l'aurait fait si le monde entier ne l'en avait empêché: Pathé ne voulait pas tenter la chance, et son public voulait que Max reste un amuseur...

La fin attendue de cette histoire (Réalisation des tourtereaux, puis début de l'idylle) est située 6 minutes avant que la bobine ne se termine, ce qui laisse penser que le film a peut-être été allongé après coup. Quoi qu'il en soit, Max Linder s'est amusé à jouer un peu avec ses spectateurs en leur montrant la vie conjugale de Max et Jane sous la forme d'un pur cauchemar: la jeune femme est restée au taudis familial pour s'occuper de leur enfant, et semble malheureuse, la robe déchirée et les cheveux sales... Quand Max rentre, les habits déchirés, il s'emporte contre elle parce que la seule bouteille de vin présente est vide. Puis il la bat, et enfin la poignarde, avant de mourir d'horreur...

Le rideau tombe, les spectateurs applaudissent à tout rompre, et Max Linder et Jane Renouardt reviennent saluer leur public, aux premiers rangs desquels leur parent respectif... Ouf. C'est la fin d'une comédie remarquablement bien troussée, qui figure aujourd'hui en HD dans la compilation de dix courts métrages sélectionnés parmi les films d'avant la première guerre mondiale par Maud Linder, dans le coffret qu'elle a consacré à son père, aux Editions Montparnasse. C'est, de loin, l'un des meilleurs.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Max Linder
19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 17:00
Vale (Alejandro Amenabar, 2015)

Je n'aime pas la pub, à plus forte raison la publicité pour le vin ou l'alcool, ces produits pour sous-développés du bulbe. Mais lorsqu'une marque de bière propose à Amenabar de réaliser un film à vocation publicitaire, et que celui-ci décoche un court métrage de plus de dix minutes sous forme de comédie, on en redemande. Oui, vous avez bien lu: une comédie... L'auteur de The others a de l'humour, mais ce n'est pas ce à quoi il nous a habitués, ces derniers temps...

Une touriste Américaine (Dakota Johnson) visite l'Espagne, et se lie avec un groupe d'autochtones. On pourrait s'attendre à ce qu'elle soit larguée durant les conversations, mais en fait c'est un jeune homme de la bande (Quim Guttierez), ne parvenant pas à baragouiner le moindre mot d'Anglais, qui est perdu. D'autant qu'il en pince pour la belle.

C'est tendre, finement observé, et en plus c'est conclu par une fin ouverte. Sur laquelle je ne dirai rien, mais la bière semble y jouer un rôle important... Pour ceux que ce breuvage pour touristes en short ne rebute pas, c'est un plus...

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Published by François Massarelli - dans Alejandro Amenabar Espagne Comédie
18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 15:36

Linder, qui a tourné à cette époque un film dédié à son goût pour le spectaculaire intitulé Max pratique tous les sports, joue ici une version un peu plus timorée de lui-même: venu rendre visite à sa fiancée Lily (Lucie D'Orbel), ils s'adonnent aux joies du tennis, mais Lily s'ennuie. Elle propose donc d'aller se baigner, mais déchante très vite en constatant que Max est totalement effrayé à l'idée de rentrer dans l'eau. Elle lui lance un défi: elle jette une bague dans les vagues, et annonce qu'elle n'acceptera de le revoir que lorsque il aura repêché le bijou. Max décide relever le défi, et s'entraîne d'arrache-pied afin de s'accoutumer à l'élément liquide (En improvisant d'étranges douches dans son salon), mais une fois devant la mer, il perd ses moyens...

Cette énième satire de la classe oisive et de son temps libre est assez inutile. Tout au plus permet-elle de s'amuser à voir la mode des maillots de bain 1910, ce qui est, il fait l'admettre, un peu court...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Max Linder
18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 15:18

Max Linder interprète, dans ce film d'une bobine entière (Qui totalise 17 mn) une sorte de double de lui-même, ce qu'il fait souvent à cette époque. Le Max de l'écran habite généralement des appartements chics, est un bourgeois raffiné, et un Parisien des pieds à la tête. Et c'est un artiste, bien sur, puisque il est supposé être LE Max Linder! Et cet artiste a des amis qui sont eux aussi des artistes, tel Harry Fragson, qui est ici son partenaire. Fragson, auteur-compositeur-interprète de variétés, était un chanteur pas comme les autres, car non seulement il composait, mais en prime il s'accompagnait au piano. Habitué des planches, et mort en 1913, il n'a pas laissé d'autre trace filmique que ce court métrage...

L'argument du film commence par l'annonce faite à Max de l'arrivée à Paris de son ami Fragson. Il va le chercher à la gare (L'artiste vient de Londres), et tout va bien jusqu'à ce qu'on apporte le piano, qu'il va falloir remorquer dans les rues de Paris... Puis les deux hommes s'installent, et une jeune femme (Jane Renouardt ou Renouard, une collaboratrice très fréquente de Linder) se présente: elle vient répondre à l'annonce posée récemment par Linder, qui cherche une bonne. Les deux hommes sont tout de suite frappés par a beauté de la jeune femme, et vont se livrer une concurrence acharnée, allant jusqu'au duel! Mais la providence (Et la jeune femme, qui a déjà fait son choix entre les deux amis) veille...

C'est plaisant, d'autant qu'au milieu d'une intrigue qui fait la part belle à un certain sentimentalisme, les deux amis Linder et Fragson utilisent un gimmick idiot mais plaisant, celui de se sauter dans les bras à la moindre occasion, pour marquer leur complicité. Et le rôle dévolu à Jane Renouard (Qui inspirait aussi beaucoup les peintres et les photographes, et que voulez-vous, paris sera toujours Paris!) dépasse celui d'une potiche, ce qui est aussi une nouvelle évolution intéressante du cinéma de Linder. Et pour finir, le réalisateur a trouvé mieux que la pirouette de scénario finale (Que je vous laisse découvrir) pour ajouter une fin marquante, il a imaginé un final absurde dans lequel Fragson commence à jouer du piano, et tout le monde se met à danser à l'écran... y compris les meubles.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Max Linder