Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 18:01

Dans une famille nombreuse (on n’a pas de mention du lieu, mais ce pourrait être dans un coin reculé et campagnard du Kentucky), on fait connaissance du fils adoptif… Celui-ci (Bobby Harron) n’est pas logé à la même enseigne que les autres, et en particulier, un de ses frères (Elmer Booth) le lui fait bien sentir. Et surtout, le jeune fils adopté fait tout pour rester dans le droit chemin…Mais son frère va être arrêté pour délinquance, et jeté au bagne : en s’évadant il n’aura de cesse que de retrouver son frère adoptif pour se venger de lui.

C’est un film notable sans doute plus pour de menues qualités que pour une réussite générale : plus supervisé par Griffith que vraiment réalisé par lui, il ne se fait pas remarquer par sa mise en scène, mais lus par l’atmosphère, la justesse des costumes et du jeu des acteurs, en particulier bien sûr Harron et Booth, l’un et l’autre très bons dans leurs rôles antagonistes.

C’est, symboliquement, le dernier film Biograph en une bobine, et le dernier court métrage de Griffith, qui à l’époque tentait de tourner un film de long métrage (Judith of Bethulia) au nez et à la barbe des patrons de la Biograph, qui ne voulaient pas se lancer dans cette aventure…

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet
16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 17:45

Comme un écho à The sealed room, un drame à la Poe qui se situait dans une Europe d'avant la Renaissance, vient ce film nettement plus élaboré, qui est intéressant à plus d'un titre, par sa production, ses acteurs, et les thèmes et gimmicks Griffithiens qu'il contient...

Un noble (Henry Walthall) vient de se marier, c'est la passion... mais il lui fait partir à la guerre. Il laisse sa jeune épousée (Marion Leonard) derrière lui, sous la responsabilité de son cousin, mais celui-ci convoite un bijou nuptial que le couple a dissimulé: profitant de l'absence du maître de maison, il fait pression sur la jeune femme pour qu'elle révèle la cachette du rubis... Un jeune messager est en route pour alerter le mari, mais arrivera-t-il à temps?

Les acteurs, pour commencer, sont intéressants par leur nombre, car même s'il s'agit d'un film d'une bobine (ici, 16 minutes), Griffith qui a une troupe entière à sa disposition peut bénéficier d'une importante distribution et ne s'en prive pas. Contrairement à The sealed room situé dans un décor unique, et hâtivement assemblé, ici, il y a un château, probablement trouvé dans une demeure extravagante, bien que pas tourné en Californie (c'est dans le New Jersey, du côté de Fort Lee). Et une jeune actrice n'était pas du tout contente d'apparaître en collants d'homme, et l'a fait savoir: Mary Pickford prête son énergie au jeune page qui doit prévenir son maître de la traîtrise du cousin.

On a donc ici un amour trahi, un départ à la guerre, un soupçon de non-consommation nuptiale (comme dans Intolerance), un objet, forcément rouge, et convoité par un salopard sans scrupules, et qui symbolise l'hymen, une tentative de forcer une porte close, souvent assimilable à un viol, un suicide (comme dans The Birth of a Nation) pour échapper à un sort "pire que la mort", et enfin une course contre la montre... Tout ça en 16 minutes.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith
16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 17:32

Mme Jones (Florence Lawrence) est contente: nouvellement mariée, elle vient de tester une recette de cookies, et elle fait goûter sa production à son mari (John Cumpson)... Qui les trouve absolument dégoûtants, et se rend précipitamment à son travail pour échapper à la suite de la fournée... Il est promoteur de spectacles, et un grand nombre d'artistes passent par son bureau... justement, son épouse enhardie par ce qu'elle croit être un succès, vient distribuer des cookies, dont les effets seront désastreux...

C'est un film attachant, basé sur un gag et un seul, mais monté en sauce par la troupe de Griffith. La comédie ne vole pas haut, mais l'énergie pour la véhiculer est plaisante à voir, et le rythme du film est, du coup, assez enlevé...

Je parlais de la troupe: ils sont nombreux, justement, et il y a quelques personnages historiques: Mack Sennett pour commencer, qui assume un rôle secondaire (il fait partie des histrions, un rôle qui lui sied); Owen Moore, Dorothy Bernard, Linda Arvidson, tous liés à Griffith et/ou à l'histoire du cinéma... Et puis dans un rôle stoïque, Jeanie McPherson!

...Et une débutante, dans son tout premier rôle pour Griffith: Mary Pickford. Elle n'est que figurante, mais on la repère de suite...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith
14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 11:02

Un jeune couple décide d'adopter un enfant. L'épouse se rend à l'orphelinat, et en sort maman... Mais la première chose qu'elle fait est de se rendre dans un magasin, où elle doit d'abord "garer" la poussette avec l'enfant à l'extérieur. Un petit malin s'amuse à intervertir les numéros des poussettes laissées en consigne, et quand les clientes du magasin sortent, il y a confusion.

...et bien sûr, pour rendre la chose (?) cocasse, il y avait une maman noire, donc un enfant noir, et la jeune héroïne est bien embêtée lorsqu'elle se retrouve avec un bébé d'une autre couleur.

Le film ne se vautrera pas plus dans le racisme au niveau de son scénario, mais il y a eu une décision étrange: pour la majorité des scènes, tournées de loin, c'est une actrice blanche en blackface qui interprète le rôle de la maman afro-Américaine, mais dans le plan final, tourné de près (qui d'ailleurs est en soi une belle image de la maman noire et de la maman blanche, complice et ayant toutes deux retrouvé leurs petits respectifs). Comme si en se rapprochant, le travestissement raciste établi en amont, devenait soudain définitivement inacceptable?

C'est un film qui date de la période de "formation" de Griffith (qui n'aura pas ces pudeurs dans l'interprétation de son film le plus célèbre), quand il était acteur et parfois scénariste de la Biograph, pour le réalisateur vétéran Wallace McCutcheon. On le reconnaîtra sans doute avec difficulté, mais Bobby Harron, future star d'Intolerance, joue ici un petit rôle, celui d'un adolescent...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet
24 décembre 2022 6 24 /12 /décembre /2022 18:43

En 1916, Griffith a réalisé ce qui reste sans doute son film le plus important, le plus avant-gardiste et le plus beau, avec Intolerance. J'en ai déjà (longuement) parlé ici: 

http://allenjohn.over-blog.com/article-intolerance-david-wark-griffith-1916-68298447.html

...j'y faisais allusion aux circonstances qui ont amené le metteur en scène a prendre un film qu'il venait de terminer mais n'avait pas sorti, pour le gonfler artificiellement en une prouesse narrative et technique, réalisant ainsi un pamphlet géant (plus de trois heures pour certaines versions) autour de la notion d'intolérance. Mais si le film est resté célèbre pour son enchevêtrement de quatre intrigues, pour ses scènes historico-biblico-antiques (les murailles de Babylone! La nuit de la Saint-Barthélémy!) il était difficile d'oublier en le voyant, que tout était parti d'un autre film, ce The mother and the law, un long métrage qui en lui-même n'était certes pas aussi spectaculaire, mais contenait pourtant à lui seul suffisamment de frissons (dont une préparation d'exécution, un meurtre, diverses scènes de répression sociale, et une course contre la mort programmée d'un homme, excusez du peu) pour justifier de tenir debout tout seul sans l'ajout des épisodes tournés ultérieurement.

On pouvait croire, après tout que des quatre histoires saupoudrées dans Intolerance, deux en particulier pouvaient prétendre être considérées comme des films à part entière, les deux plus opposées... d'un côté, l'histoire vue par le petit bout de la lorgnette des fantasmes d'un réalisateur de films qui vient d découvrir la réinterprétation par le cinéma Italien de l'antiquité (The fall of Babylon), et de l'autre une chronique sociale qui s'attaque aux réformateurs qui maintiennent une population de la classe ouvrière dans un assujettissement coupable (The mother and the law)... On ne s'étonnera pas que pour récupérer un peu de bénéfices sur un film dont l'exploitation avait été coûteuse, le réalisateur ait pris la décision de sortir, justement, des versions remontées de ces deux histoires en deux films indépendants en 1919. J'ai parlé de The fall of Babylon ici: 

http://allenjohn.over-blog.com/2020/02/the-fall-of-babylon-david-wark-griffith-1916.html

Quant à The mother and the law, la grande surprise qui nous saisit quand on voit cette version remontée, c'est à quel point Griffith avait soigné son pamphlet contre les père- et mère-la-pudeur... L'intrigue reste la même (un jeune couple, qui s'est rencontré dans l'adversité suite à une répression des grèves dans une usine, se retrouve séparé: le jeune homme a été accusé à tort d'un crime, et la jeune femme a accouché d'un garçon qui lui a été enlevé par un comité de bienfaisance auto-proclamé), mais privé des histoires parallèles qui le sous-tendent, Griffith n'avait plus besoin d'élaguer dans la continuité.

En effet, l'une des forces d'Intolerance était de permettre à quatre intrigues de se chevaucher en donnant l'impression d'un zapping avant la lettre, le fait de passer d'une histoire à l'autre faisait qu'on abandonnait parfois les personnages à leur triste sort. Mais cette version de 99 minutes restitue à The Mother and the law sa continuité romanesque originale, avec l'évolution progressive de ses quatre personnages principaux, donnant un poids supplémentaire à l'unique scène durant laquelle ils sont tous réunis: je veux bien sûr parler de la séquence du meurtre. Le passage par la prison, pour le jeune homme interprété par Bobby Harron, va totalement dans le sens d'une dénonciation de l'intolérance par la vision de la crudité du système carcéral. Je ne sais si ces séquences ont toutes fait partie d'Intolerance à un moment ou un autre, mais elles sont d'une force rarement atteinte. Et le personnage de Miriam Cooper prend une dimension plus importante (ce dont il n'existe aucune raison de se plaindre) ainsi que le brave policier joué par ce bon vieux Tom Wilson: il devient un personnage secondaire à part entière au lieu de débarquer de nulle part à la fin du film...

Il y a quand même une scène de l'épisode Christique d'Intolerance qui figure dans ce film, celle de la femme adultère, mais c'est dans l'air du temps. Et Griffith n'a jamais caché ses intentions profondément ancrées dans la religion. Quoi qu'il en soit, on en a la preuve: Intolerance est certes fondée sur The mother and the law, mais The mother and the law, la version sortie en 1919, est un tout autre film, excitant, fort et d'une urgence formidable. Un chef d'oeuvre à part entière, qui existe indépendamment du chef d'oeuvre officiel.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet 1916
17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 09:57

Nora (Mary Pickford) vit dans les montagnes rocheuses avec son père alcoolique et brutal. Elle doit aller à l'école contre son gré, et a des difficultés à s'intégrer auprès de ses camarades. Par contre elle apprécie le maître (Edwin August), jusqu'à ce qu'il la punisse pour l'absence de travail. Elle tente de rentrer chez elle mais son père la rejette. Elle est prête à accepter une fausse proposition de mariage effectuée par un forain, quand l'instituteur se lance à sa poursuite...

C'est du Griffith pur jus, situé dans le cadre de la simplicité des gens des montagnes, et en natif du Kentucky, Griffith y retourne constamment, fasciné... Mais ici un personnage ne se fond pas dans le moule, celui du professeur qui a vu derrière le côté exubérant, provocant de la jeune femme une âme à sauver. Le metteur en scène coche toutes les cases de ce genre de mélodrame, bien servi par la photographie ensoleillée de Billy Bitzer, et le jeu tout en énergie de Mary Pickford. L'un de ses "camarades" ici est le jeune Bobby Harron...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet Mary Pickford
13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 17:03

Dans les rudes collines du Kentucky, une jeune femme (Mary Pickford) se retrouve plus ou moins obligée d'accepter des fiançailles avec un ami de la famille, qui est un homme assez violent (Henry B. Walthall). Mais quand le jeune frère (Walter Miller) de ce dernier revient de la vallée où il a effectué des études, l'affection qui le liait déjà à l'héroïne est très présente, et le jeune frère va donc devoir repartir pour laisser la place à son dangereux aîné. Mais au moment de son départ, une vieille rivalité avec les voisins refait surface et il reste pour participer à la bataille...

C'est complet: du Kentucky, on retiendra donc le dénuement social et intellectuel, le manque total de considération pour la femme, l'omniprésence d'une vision revancharde et avec oeillères de la Bible, et bien sûr la tendance à se fâcher littéralement à mort (mais vraiment) avec ses voisins, résultant dans des batailles rangées à balles réelles... Les paysans des contrées montagneuses du Sud, on a bien fait le tour d'un sujet qui reviendra de façon lancinante au cinéma, à travers des oeuvres de Frank Lloyd (The call of the Cumberlands), Buster Keaton (Our hospitality), Henry Hathaway (The trail of the lonesome pine) ou Michael Curtiz (Mountain Justice)...

Amusant à quel point des fois Griffith (lui-même natif du Kentucky) jouait contre son camp parfois! Le film est très distrayant, assez riche, avec une performance qui surclasse toutes les autres, sans aucun effort extrême: Mary Pickford était, déjà, une grande actrice. Sans jeu de mots intentionnel, puisqu'elle était quand même bien frêle. 

On n'est qu'en 1912, mais un grand nombre de ce qui sera en place dans The birth of a nation qui montre également une famille en proie à un danger de mort comme ici: la bataille entre les deux clans est très bien délimitée, et l'un des motifs les plus présents dans l'oeuvre du réalisateur se met doucement en place, avec les femmes qui attendent dans la cabane pendant la bataille, la plus jeune s'exaltant en entendant le bruit des combats.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet David Wark Griffith Mary Pickford
16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 08:11

Deux jeunes personnes se disputant: quand un vagabond les a abordés, le jeune homme (Edwin August) a préféré éviter la bagarre. La jeune femme (Mary Pickford) reproche à son ami d’être un lâche… Quand elle est agressée par un prisonnier évadé, le sang du héros ne fait qu’un tour…

Ca va, sans surprise mais de façon toujours aussi satisfaisante, se résoudre par une de ces poursuites bien menées qui font le sel des petits drames en une bobine de Griffith : le suspense va être utilisé avec tout le savoir-faire du metteur en scène, d’une façon impeccable . Et Griffith, qui a désormais bien établi cette thématique, peut se reposer sur l'habitude prise par le public de l'hypothèse d'un "destin pire que la mort", en nous montrant Alfred Paget, qui interprète le prisonnier, dévisager Mary Pickford avec un regard clairement lubrique, pendant qu'à l'extérieur nous savons que les secours arrivent. ...Arriveront-ils à temps?


 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Mary Pickford David Wark Griffith Muet
16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 08:08

Quand la domestique (Blanche Sweet) d’une famille très comme il faut tombe malade, elle est automatiquement remplacée par la fille de la maison (Mary Pickford)… celle-ci s’acquitte très bien de la tâche, et va du même coup rencontrer un jeune homme (Arthur Johnson) avec lequel elle s’entend particulièrement bien. Mais quand il revient pour s’adresser à la bonne, il a la surprise de constater que ce n’est pas la même personne…

C’est mignon tout plein, et d’une grande simplicité ; le film est enrichi par les prestations de tous les acteurs, dont Kate Bruce, inévitablement préposée au rôle de la mère de l’héroïne, ou Mack Sennett qui interprète le petit ami jaloux de la domestique, la vraie…

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Mary Pickford Muet Comédie
16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 08:05

Avec Mary Pickford, dont le rôle est bien effacé, ce court métrage connu est un film-matrice important dans l’œuvre de Griffith : il s’agit d’une de ces histoires de famille assiégée dont les exemples abondent, et dont Griffith savait faire fructifier le suspense. A ce titre, il est exemplaire !

L’argument est simple : Voulant investir sa maison, des vagabonds éloignent un bourgeois, et assiègent l’épouse et les trois filles (La plus grande est jouée par Mary Pickford, ici s’arrête sa contribution) tandis que réalisant son imprudence, le mari téléphone à son épouse, et revient sur ses pas avec d’autres hommes, et la police. Sa voiture ne fonctionnant pas, il emprunte une roulotte à des bohémiens et arrive à temps. On le voit, c’est pour nous de l’éprouvé, du classique, mais chez le Griffith de 1909, c’est une recette qui reste à établir, et en prime, le metteur en scène va savamment doser le suspense, et ce dès le premier plan : il nous présente en effet les vagabonds qui complotent à l’extérieur avant de nous montrer la famille. Une façon d’annoncer la couleur, et ça marche !

Sinon, il utilise efficacement les ressources à sa disposition : voiture, téléphone (Un échange téléphonique est d’ailleurs à la source du dispositif de montage qui fait monter le suspense : l’épouse et les filles assiégées/ le mari qui téléphone depuis un café/l’épouse qui répond /le mari qui exprime sa surprise/les bandits qui assiègent la pièce ou sont les trois fille et la mère/retour à la mère, etc…) ; Les plans sont courts, nombreux, et le film est une fois de plus très excitant à suivre, et très maitrisé. Il y aura des variantes, et même un remake, cette fois centré sur les filles : The Unseen Enemy (1912), d’autant plus célèbre que les Sœurs Gish y assurent leur première apparition chez Griffith.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet Mary Pickford