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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 18:48

Après Bambi et la réalisation que les longs métrages prestigieux sont décidément trop chers pour les établissements Disney, le studio s'est rabattu sur les films anthologiques, principalement musicaux. Ces films ont assez mauvaise réputation, ce qui est injuste... D'autant que certains, celui-ci en particulier, se posent un peu en pendant de Fantasia pour la musique prise sur son versant populaire.

Et en une poignée de segments tous différents, mais alternés avec une certaine prudence (comédie, sentiment, comédie, sentiment d'une part, tempo enlevé puis ballade d'autre part...), le film déroule le tapis rouge à autant de moments de bravoure, dont on retiendra en priorité le superbe All the cats join in (interprété par le Benny Goodman Orchestra), l'inamovible et increvable Pierre et le loup, ou encore l'histoire de la baleine qui voulait chanter à l'opéra (The whale who wanted to sing at the met).

...Avec une tendresse particulière toutefois pour le tout premier segment, un bijou de méchanceté ironique et une merveille d'animation jubilatoire, The Martins and the Coys, longtemps supprimé du film pour cause d'omniprésence des armes, sans parler du goût ouvertement douteux de la caricature des hillbillies. Toute honte bue, c'est une merveille!

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 13:50

On n'a sans doute pas besoin de rappeler l'importance historique de la musique pour l'univers de Disney, de la présence très tôt d'une bande -son très travaillée (dès la fin de 1928) pour les courts métrages, à l'existence de Fantasia, des Three Caballeros et autres musicals important pour le studio. Mais comme l'empire Disney s'est toujours chargé (pour le meilleur et pour le pire) d'éduquer, il y a aussi eu une série de films de courts métrages, dans les années 50, qui ont tenté d'adopter une approche vulgarisatrice de la musique, dans laquelle on n'a non seulement pas dit que des bêtises, mais en plus on l'a fait avec une animation au top-niveau...

Place donc à une hilarante et très pédagogique leçon sur l'histoire de la musique à travers les âges, présentant chaque famille d'instruments, les vents (séparés en cuivres, toot!, et en anches, whistle!), les cordes (plunk!) et bien sûr la percussion (boom!), depuis un quartet d'hominidés, jusqu'aux années 50 et au be-bop... C'est souvent irrésistible, toujours magnifique à voir, et c'est aussi l'un des premiers courts métrages Disney en Cinemascope, et le premier en stéréo...

Logique!

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Disney
26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 18:13

Ben Sharpsteen est l'un des vétérans de la production de courts métrages chez Disney, depuis les années 20. ce qui explique sans doute que ce troisième film en couleurs ait tendance à se replier sur les recettes établies depuis quelques années, en montrant Mickey faire du patin à glace dans d'étranges parcours géométriques qui sont un peu datées: les premiers Sylly Symphonies et les premiers Mickey raffolaient de ce genre de trucs, mais justement: c'est un truc, pas autre chose... 

Ce qui resitue le film dans l'évolution, par contre, c'est une animation formidable, y compris dans une introduction impressionnante par le nombre de personnages. Et le fait que dans cette évocation des plaisirs de la glace, le spectateur apprécie les aventures croisées de Mickey, Goofy, Donald et Pluto, dans une formule que les réalisateurs de ces courts utiliseront souvent: établir dans un premier temps que tous les amis vont faire du patinage ensemble, puis les séparer pour multiplier les possibilités. Bref: ce badinage artistique est du pur plaisir...

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 10:41

Ce film de court métrage est le deuxième de la série Mickey Mouse produit en Technicolor trois bandes. On sait que Disney avait l'exclusivité de ce procédé jusqu'à cette année 1935 précisément, et ne l'utilisait que sur les films de la série Silly Symphonies. Mais The band concert déjà réalisé par Wilfred Jackson en 1935, qui était d'ailleurs un remake d'un ancien film en noir et blanc, était une révélation en même temps qu'un chef d'oeuvre. Une réussite dure à suivre, d'ailleurs...

C'est pourtant assez réussi. Plus routinier dans sa seconde partie toutefois: Mickey et Pluto s'occupent de leur jardin comme on part à la chasse: Mickey porte son vaporisateur de produit insecticide comme on tient un fusil, et Pluto se met en arrêt en bon chien de chasse, devant des fruits et légumes infestés d'insectes... Derrière le gag d'assimilation, un constat: l'équipe de Disney ne laisse aucune occasion de surprendre et de réinterpréter la nature de côté; et en plus ils le font si bien...

Mais après un passage époustouflant, où les bestioles doivent s'enfuir puis se réorganisent (notons que du coup c'est Mickey le méchant), le film devient un peu plus attendu, lorsque Mickey s'asperge de son propre produit et perd conscience, devenant en rêve minuscule à son tour. Ca reste drôle, a occasionne de fabuleux gags (Mickey coincé sur un ver de met à imiter la démarche de Chaplin, un gag que je ne pourrais pas vous décrire plus explicitement, il faut le voir), mais c'est le sempiternel "Mickey contre les monstres" qui virait au procédé, aussi efficace soit-il: pas de variations vertigineuses sur la tempête ici, comme dans The band concert...

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 09:23

Ce qui est bien avec les studios Disney (je parle ici spécifiquement de la partie animation, la VRAIE), c'est qu'ils n'avaient pas abandonné leurs vedettes, les reprenant a besoin, et les mettant au goût du jour apparemment sans qu'il y ait besoin d'un effort particulier. Et la politique de sorties des années 80 et 90 avait au moins l'avantage de laisser de la place aux moyens métrages, celui-ci par exemple a été distribué en première partie du pas vraiment mémorable The rescuers down under...

La formule est simple, a déjà été testée sur Mickey's Christmas Carol, et sera à nouveau appliquée sur The three musketeers: on prend une histoire connue, et on l'adapte de manière à ce qu'elle corresponde au format relativement court en donnant au maximum la vedette aux "stars" Disney: Mickey, Goofy, Pluto, Donald, Peg-leg Pete. Et le résultat est un petit film très soigné, à l'animation réussie, et qui bouge tout le temps puisque ça doit durer 24 minutes...

L'histoire de Mark Twain permet en prime à Mickey Mouse de jouer un double rôle, et on accepte facilement ce procédé, tellement le design de cette toute petite souris nous apparaît comme l'évidence même.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Disney
24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 11:39

Une jeune femme de New Orleans se retrouve changée en grenouille après avoir croisé la route d'un Prince vain et dragueur, qui a subi le même sort. Les deux créatures vont devoir cohabiter (hi hi) afin de rétablir la situation, et pour cela affronter le maléfique vaudou de Facilier le shadow man...

Ceci est l'avant-dernier film de vraie animation proposé par les studios Disney (le dernier est Winnie the pooh), et comme on est chez Disney, je propose de régler un détail tout de suite: ce qui fâche...

Alors, cette manie de truffer le film de chansons, cette sur-simplification culturelle dans laquelle toutes les cases sont cochées (c'est la Louisiane, alors... accent, check, gumbo, check, vaudou, check... etc), cette cohabitation si harmonieuse entre les noirs et les blancs, non je vous assure il n'y a pas le moindre problème, et d'ailleurs les noirs sont pauvres, et les blancs sont riches et ils emploient les noirs, l'obsession soulignée à gros traits des filles pour devenir princesses, les personnages d'animaux copains-grotesques-mais-plein-de-ressources-même-si-zut-il-y-en-a-un-qui-meurt-à-la-fin, les jeunes gens qui forcément ont tous un talent fou pour chanter/danser, et enfin, bien sûr, un monde dans lequel tout est bien rangé: certes, la jeune noire tombe amoureuse du prince... mais ouf: celui-ci n'est pas blanc.

Voilà, je pense qu'on a fait le tour. C'était important, parce qu'une fois évacués tous ces menus défauts énervants, je pense que ce film ultra-distrayant est le plus réussi, le plus réjouissant, le plus drôle, le mieux animé, le plus inspiré, le mieux composé (Randy Newman!), le plus riche, et enfin celui doté de la plus riche vie intérieure que les studios Disney ont pu réaliser depuis Sleeping beauty. Carrément. Comme en plus l'idée était (voir plus haut) d'explorer et exploiter le folklore de la Lousiane, il y a nécessairement de la matière. le personnage principal, celui de Tiana, est une jeune femme née du très mauvais côté de la barrière et s'il n'y a pas un gramme de présence du racisme ambiant dans le film, on peut aussi lire entre les lignes... Le casting est inspiré, et si on profite assez peu de l'interprétation de John Goodman, on a en Keith David, qui joue le Shadow man Facilier, un méchant de toute beauté. 

Bref: un classique, dont je suppose qu'il sera peut-être refait un jour en fausse live-action pour oblitérer un peu plus l'héritage d'animation d'un des fleurons du cinéma mondial. Plutôt de d'aller voir le remake par John Favreau de l'infect dessin animé qu'était The lion King (suis-je le seul à y trouver une interprétation fasciste?), repassez-vous celui-ci, il swingue.

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 09:19

Dernier des films de compilation des années 40, ceci n'est crédité qu'à trios metteurs en scène, et pour cause: d'une part, après tout il n'y a que deux segments qui tirent en longueur là où Melody time le film précédent en proposait sept, et d'autre part il est probable qu'en 1949 le gros des troupes chez Disney devait être très occupé à soigner le film Cinderella qui était programmé pour 1950 et devait voir le studio retourner à sa splendeur passée... Ce film basé sur deux contes Anglo-saxons très connus dans leurs pays respectifs, est clairement un film mineur, et c'est l'un des rares films de long métrage pour lesquels Jack Kinney, qui était par ailleurs un excellent réalisateur de courts métrages (Goofy et Donald lui doivent quelques chefs d'oeuvre) est crédité au générique.

Deux segments donc, le premier, Britannique, est adapté de The wind in the willows (Du vent dans les saules) adapté du roman pour enfants de Kenneth Grahame (1908): mr Toad (Crapaud) est un incorrigible excentrique, qui dilapide sa fortune dans des lubies, au point de finir un jour en prison. Mais ses amis Ratty, Mole (Taupe) et McBadger (Blaireau) lui viennent en aide. 

C'est le principal attrait de ce long métrage, avec sa narration tout en flegme de Basil Rathbone, un jeu d'accents très réussi, et une bonne mesure entre animation (cette fois totalement traditionnelle), gags et rythmes. Les fouines-malfaiteurs sont très réussis, et la légèreté de l'ensemble fait merveille. 

Le deuxième segment résonne désormais de façon particulière, puisque si la nouvelle The legend of Sleepy Hollow n'a jamais été très connue ou appréciée en France, le film de Tim Burton de 1999 a au moins eu pour effet de nous en faire connaître les contours... Oui, certes, même si le film n'a plus grand chose à voir avec la nouvelle de Washington Irving telle qu'elle est parue en 1820: c'était essentiellement de l'observation sociale à caractère comique, et non un conte horrifique. Sans rien dévoiler, dans la nouvelle il était évident que ce conte à dormir debout, de cavalier sans tête, était faux. Le fillm reprend cet aspect mais avec subtilité...

L'essentiel de ce deuxième segment est constitué par la description d'Ichabod Crane, vaniteux pédagogue coureur de dot, et le film rend justice à la description par Irving: les animateurs s'en sont donnés à coeur joie, et on reconnait ici la patte de Wolfgang Reithermann dans le personnage. Mais c'est très probablement Jack Kinney qui a le plus donné dans cette partie, car on retrouve le style de sa direction des Goofy. Cette deuxième partie est de toute façon trop longue à mon avis, et ce pour donner de la place au narrateur Bing Crosby et à ses chansons. 

Cela étant, il est intéressant de se replonger dans des films assez clairement oubliés et qui restaient dans l'ombre des classiques Disney. Quels que soient leurs défauts, ils ne manquent pas de charme, et leur fantaisie est une vraie qualité.

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 18:23

Après Bambi, il y a eu une assez longue période pour les studios Disney, qui nous est finalement assez peu connue: autant les longs métrages d'avant (Snow White, Pinocchio, Dumbo) ont été sortis et ressortis de génération en génération, ainsi que Fantasia qui avait forcément un statut très particulier, autant les films qui ont suivi jusqu'à 1950 ont été ignorés des ressorties de fin d'année, et pour cause: c'était tous des compilations assez disparates, pour ne rien dire de Victory through air power, film de propagande, et The reluctant dragon film d'auto-promotion au pedigree incertain...

Il y a pourtant beaucoup à prendre dans ces films, et pour commencer je pense qu'ils sont beaucoup plus libres que ne l'étaient les longs métrages qui devaient toujours subir un formatage: l'intrigue devait satisfaire aussi bien le grand chef, que les animateurs, que le public visé... Avec des films à sketches, l'aventure et l'expérimentation restaient tout à fait possibles, et c'est précisément ce qui fait le sel de ces étranges films, avec leurs hauts et leurs bas.

J'ai déjà dit le bien que je pensais des oeuvres liées à l'Amérique du Sud avec lesquelles les studios Disney entendaient s'adapter à la drôle de situation née de la guerre, les privant du marché Européen. C'était en 1942-1943, et le mode de fonctionnement des longs métrages était donc devenu cette tendance à compiler les histoires liées plus ou moins par une thématique, soit musicale soit culturelle, et de laisser les équipes assemblées autour de chaque projet faire leur travail. Comme Make mine music de 1946, ce nouveau long métrage est centré sur la musique, et construit afin de donner de plus en plus satisfaction au fur et à mesure de son visionnage...

Sept séquences se suivent, toutes plus ou moins axées sur une chanson. Once upon a wintertime joue sur la fibre nostalgique en s'amusant avec la tendance la plus marquée chez Disney, celle d'associer les animaux aux humeurs des humains dans l'ombre desquels ils vivent. L'animation est inventive et illustre bien la façon dont le style Disney devient légèrement plus anguleux sans rien perdre de son harmonie (ce qui se retrouvera bientôt dans Cinderella, le grand retour au conte unique). Bumble Boogie est presque abstrait et se situerait presque dans une optique "jazz" de Fantasia avec son interprétation du Vol du bourdon par le pianiste soliste Jack Fina. Johnny Appleseed est un conte Américain, un brin lénifiant, dont l'animation est soignée mais classique. Little Toot, conte pour enfants avec des objets anthropomorphiques (cette fois des remorqueurs) est l'instant hautement édifiant du film, avec un retour assumé à l'animation "ronde" des années 30.  

Trees est ce que j'appellerais volontiers une pause-pipi, suivie des deux meilleurs moments du film: tout d'abord, dans la grande tradition instaurée par Fantasia avec L'apprenti sorcier, une "star" Disney vient contribuer à Blame it on the samba, il s'agit de Donald pour une nouvelle aventure en compagnie de Joe Carioca, cette fois ils nous entraînent de nouveau au pays de la Samba. C'est époustouflant, et l'animation se mélange sans dommage à un film de la multi-instrumentiste Ethel Smith. Le dernier segment est assez long, et consacré à la légende de Pecos Bill qui non seulement tient très bien la route en dépit de l'apparition inutile d'authentiques cow-boys chanteurs aseptisés avec d'insupportables enfants blonds, mais en prime est une fête d'animation qui prouve que les gens de chez Disney étaient très attentifs à ce qui se faisait chez la concurrence... 

Sans surprise, les segments ont ensuite été exploités de façon séparée, à la télévision notamment, ou sur des vidéos jusqu'à l'ère du DVD. Il n'empêche, ce format ingrat a beau être la porte ouverte à du remplissage occasionnel, il a au moins l'avantage de libérer complètement les animateurs, qui se livrent ici à une fête d'expérimentation permanente sur la texture, le jeu des couleurs, les incrustations d'images filmées avec des acteurs, etc... On rêverait d'avoir autant d'idées sur les films des années 50, qui a une exception près m'ont toujours parus plus insipides que ce genre de film-compilation...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Disney
22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 08:10

Existe-t-il quelque part un film plus influent que celui-ci? ...car quand on pense à la façon dont ce premier long métrage Disney a laissé une marque sur le cinéma, on est face à du vertigineux! Comme on dit, il y a un avant et un après...

Avant, c'est un fonctionnement du système cinématographique dans lequel l'animation est reléguée, cantonnée dans les compléments de programme, et laissée à l'écart des longs métrages; à de très rares exceptions près: certes, en Allemagne (Lotte Reiniger et ses ombres chinoises) et en France (Ladislas Starewicz et ses poupées manipulées en stop-motion) il y a eu des longs métrages mais leur succès et leur portée n'a rien de comparable. Dans le cinéma Américain, il y a eu essentiellement les tentatives de Willis O'Brien (The lost World, King Kong...); pour le reste...

Mais Snow White inaugure une sorte de domination par l'évidence de Disney et ses équipes sur le cinéma familial mondial, qui finira pas passer par des oeuvres aujourd'hui mythiques. Et pour couronner le tout, certains sont magnifiques!

Maintenant il est de coutume de dire "oh oui, mais Blanche-Neige a bien vieilli quand même": c'est indéniablement un film de 1937... Dans lequel l'intrigue est une épure, simplifiée à l'extrême: la reine maléfique est jalouse, Blanche Neige échappe à la mort, se réfugie chez les nains, la reine comprend la situation, intervient de nouveau, les nains arrivent trop tard, mais le Prince qui passait par là fait son travail, fin! Des balises qui de plus sont truffées de chansons, mon impression est que le film est pour moitié occupé par ces interludes musicaux, dont je vous avouerai qu'on peut très bien couper le son: même s'ils font partie intégrante du film...

Non, c'est l'animation qui m'enthousiasme: même si j'avoue une certaine irritation devant ce qui était déjà une tradition fermement établie chez Disney, à savoir cette assimilation systématique du monde animal et des petits animaux de la forêt aux héroïnes pures, la façon dont durant trois ans les studios Disney ont tout sacrifié au long métrage qu'ils préparaient, et chaque court métrage (notamment le fameux The old mill) devenait un chantier expérimental pour telle ou telle technique, et l'implication de chaque responsable de l'animation dans chaque séquence, tout porte ses fruits, et le résultat est toujours aussi exceptionnel tant d'années après. Ce film porte en germe tout ce que Disney fera, et plus encore, car il date du'ne époque où l'économie (réutilisation systématique de cellos, répétition de gestes, etc) n'était pas encore la règle. Bref, l'animation coûtait cher, c'était un luxe même. Mais quel résultat!

Et quelles frayeurs aussi, car je pense que ce qui mettra toujours les productions Disney au sommet, c'est ce monde intérieur effrayant qui y est étalé de façon presque indécente, dans lequel de pures jeunes filles sont soumises aux pires cauchemars dans de sombres forêts. Ici, c'est le prototype...

Pour finir, n'ayant que peu de place pour mentionner dans le bandeau-titre les nombreux metteurs en scènes officiels (car pas vraiment crédités de façon très claire au générique), j'ai décidé d'y placer le nom du superviseur David Hand. Car pour tous les documents d'époque qui nous montre un certain Walt venant sur le plateau pour y visiter ses employés, il convient quand même de rappeler que chez Disney, s'il y a un homme qui n'était absolument pas impliqué dans la partie artistique, autrement que pour la supervision des travaux déjà finis, c'était Walt. Et ce n'est pas parce que le bonhomme a déplu à Disney au point d'être écarté de l'histoire du studio, qu'il faut oublier l'importance de David Hand...

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 17:15

Tout en affichant ma méfiance, j'ai décidé de faire comme tout le monde et de créditer Waly Disney à la réalisation de ce film, mais je n'y crois pas une seconde: c'est très probablement Ub Iwerks, principal animateur de ce qui est la toute première (et la plus courte!) des Silly symphonies, ces courts métrages qui allaient pendant environ dix années envahir les cinémas, bien placés dans des programmes de complément des longs métrages, et parfois rafler la vedette tellement ils étaient bons. Et chacun d'entre eux allait à sa façon apporter une pierre à l'édifice: l'utilisation inventive de la couleur, les raffinements de la bande-son, les essais de perspective et l'illusion du relief, tout vient des Silly symphonies! 

Pourquoi ne pas en créditer le patron lui-même? Tout simplement parce que le bonhomme a passé sa vie à placarder son nom sur des films réalisés par d'autres, le moins souvent possible crédités, alors que le nom de Walt Disney était sur toutes les lèvres: mais David Hand, Ub Iwerks, Burt Gillett, Jack King ou d'autres encore ont toujours fait beaucoup plus que le VRP Disney, commercial de génie, oui, mais dont la principale idée aura été de s'approprier les personnages des autres, à commencer par Mickey Mouse, créé par Iwerks...

Ce qui n'enlève rien à ce film, véritable merveille de grand n'importe quoi ironique et macabre, dont les squelettes prennent vie à l'heure où tout le monde se couche, et se lance dans une grande faradole à la fois noire et idiote, faisant autant rire que peur. La musique de Carl Stalling (futur compositeur pour les Looney Tunes et les Merrie Melodies de la Warner, les éternels concurrents) y est formidable et a clairement servi de base pour les danses joyeusement crétines de ces squelettes bien inoffensifs. Pas un plan de trop, pas un geste inutile: cette Danse macabre (qui tourne autour de Saint-Saens plus qu'autre chose, sans jamais citer ouvertement le maître) est tellement rigolote que les modèles d'animation qu'elle propose seront utilisés dans plusieurs autres films de l'époque.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Silly symphonies Disney