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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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28 avril 2022 4 28 /04 /avril /2022 06:41

Nous assistons à la naissance du procédé Cinerama: un prologue (en format 1:33:1 standard) retrace l'évolution de la représentation du mouvement, principalement dans la photographie puis le cinéma, et aboutit à la création du nouveau procédé: l'écran s'élargit, le son se spatialise... S'ensuit une série de représentations: voyages, caméra embarquée sur des véhicules en mouvement, spectacles vus et entendus dans toute leur largeur, etc...

Le nom qui frappera le plus les esprits, au-delà par exemple de la famille Todd (dont le procédé Todd-Ao a été développé en parallèle) est Merian C. Cooper, ci-devant producteur et réalisateur à ses heures, notoirement en compagnie d'Ernest B. Shoedsack, et du coup heureux père d'un célèbre bambin bien poilu: avez-vous jamais entendu parler de... Kong?

Le film est une succession de démonstration par l'image, avec des moments qui ont sérieusement perdu de leur charme, en particulier ces extraits de spectacles pré-péplum, ou cette longue séquence qui nous fait entendre un choeur de Salt Lake City interprétant des extraits du Messie de Haendel... Le plus intéressant (au-delà de l'intérêt sociologique des données ethniques assez embarrassantes, puisque ce tour des Etats-Unis est 100% blanc) est bien sûr l'extraordinaire final qui est un survol magnifique sur triple écran des Etats-Unis.

On en prend plein les yeux, c'est l'idée: on ne m'empêchera pas de penser que c'est aussi une mise en abyme vertigineuse: un film qui s'abstient de raconter une histoire, mais se présente au public pour démontrer ce qu'il est.

 

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Published by François Massarelli - dans Cinerama Documentaire Merian Cooper Filmouth
16 février 2022 3 16 /02 /février /2022 17:56

La caméra de Lamprecht se promène en Sicile, au pied de l'Etna... Et en profite pour visiter les villages environnants, et saluer la population...

Filmant le volcan, Lamprecht agit finalement bien plus en touriste qu'en cinéaste, se désintéressant bien vite d'un géant de feu, qui bien qu'actif, reste bien sage durant le séjour. Pas de drame en vue donc, et on notera que Lamprecht, qui aimait croire qu'il montrait la vie sans la moindre idéologie, est une fois de plus attiré en optimiste par la vie en apparence indolente des habitants... Le film est manifestement peu connu, absent des filmographies officielles.

https://www.youtube.com/watch?v=sr_ItruvadE

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Published by François Massarelli - dans Gerhard Lamprecht Muet Documentaire
11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 09:45

L'histoire de la censure aux Etats-Unis est passionnante, en particulier en ce qui concerne le cinéma: c'est bien simple, on en ferait un film! C'est en gros ce que le documentariste Kirby Dick a souhaité faire, mais on ne s'attendait pas à ce que ça vire à l'enquête policière! 

Le système actuel d'évaluation des films est un héritage de la longue, tortueuse et fort compliquée histoire du Code, comme on l'appelait, cet ensemble de règles adoptées par les studios entre 1922 et 1934, puis érigées en dogme absolu jusqu'aux coups de boutoirs de la libération des moeurs dans les années 60. Voyant qu'on ne pouvait maintenir des règles démodées, et toujours selon eux désireux d'empêcher toute censure, les studios ont donc adopté un système d'évaluation qui leur permettait d'envoyer des signaux aux parents: un film évalué "All", par exemple, est pour tous. Un film "PG 13" indique qu'en dessous de 13 ans, un enfant aura besoin de l'accord (et donc implicitement de la présence) de ses parents pour se rendre au cinéma. Le grand débat réside, le film le montre bien, entre R et NC-17. Un film R, c'est à dire "Restricted" (restreint) est sujet à la controverse, mais un adolescent de 17 ans peut aller le voir. Mais NC-17 est en fait une descendance du fameux X, qui aux Etats-Unis ne désignait pas le porno, mais tout film qui suscitait un maximum d'objections de la part des "évaluateurs", parfois pour des raisons qu'eux-mêmes avaient les plus grandes raisons à donner... Un film NC-17 (ou X) était parfois relativement accepté culturellement dans les années 70: les derniers Pasolini, par exemple, qui y allaient un peu fort, étaient certifiés X, ce qui ne gênait pas outre mesure leur public, le plus souvent adulte. Ca a probablement gêné leur carrière, on s'en doute, mais s'ils avaient été certifiés R ou PG-13, le public serait-il massivement venus les voir? 

A l'âge de la vidéo, des écrans permanents, en revanche, la donne a changé: NC-17 est devenue la marque infamante, l'assurance que les chaînes de cinéma seront sélectives (le Sud en particulier choisira selon toute vraisemblance d'ignorer le film, par exemple), mais surtout, le film le prouve, il y a deux poids et deux mesures: bien souvent, un NC-17 est obtenu pour des raisons de représentation de la sexualité, plus que pour la violence... Et il y a plus intéressant encore: les orgasmes sont comptabilisés, la présence ou non de poils pubiens, voire les coups de reins! Ce qui donne lieu dans le film à des montages hilarants et des animations rigolotes... Mais pour finir sur cet inévitable chapitre, la censure (car c'en est bien une) est effectuée par des gens qui sont bien souvent des représentants hétérosexuels des grands studios, des parents ou des membres déclarés de deux églises (les deux seules qui ont le droit de cité dans l'association, les Catholiques et les Episcopaliens), et les films ciblés par les pires infamies représentent le plaisir féminin, cet inconnu, et bien évidemment les minorités sexuelles...

Le film se concentre ensuite beaucoup sur une enquête menée par une formidable détective privée avec sa belle-fille pour essayer de débusquer les membres secrets de cette organisation qui n'a pourtant aucune (bonne) raison d'être tentaculaire. Et ça devient comique quand le film est soumis à ce même organisme pour classification.

Il a été classé NC-17 en raison précisément du nombre de citations sous forme d'extraits des films qui avaient déjà eu cette marque infamante. Au moins, c'est logique...

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire
28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 10:56

Historien du cinéma, écrivain, Bernard Eisenschitz a passé une grande partie de sa vie professionnelle (et pas que) autour de L'Atalante, le chef d'oeuvre paradoxal de Jean Vigo: paradoxal à plus d'un titre, puisque le cinéaste n'était plus de ce monde au moment où le film a pu être montré, parce que come pour beaucoup de chefs d'oeuvre, l'état même du film, ce qu'il est pour de bon, n'a jamais vraiment été établi, et paradoxal enfin dans la mesure où le film n'était pas un désir de Vigo, plus une commande de ses producteurs... Une commande dans laquelle le metteur en scène allait littéralement jeter son dernier souffle.

C'est donc des rushes nombreux, conservés miraculeusement et accumulés à la Cinémathèque Française, que Bernard Eisenschitz a monté un film de 70 minutes, qui retrace, montre, commente et complète l'histoire du film de 1934: dans ces images, des gestes, des sons aussi, des propositions de montage, des tentations finalement abandonnées, et ici ou là, l'image émouvante de Vigo, amaigri, mais déterminé, fixé sur sa pellicule comme un fantôme. L'image des amis aussi, Eisenschitz nous montre par exemple les copains du groupe Octobre, dont on reconnaît Jacques B. Brunius, parmi les figurants... 

Paradoxal, enfin: complément d'un film auquel il n'ajoute rien, mais peut permettre de nous expliquer à quel point L'Atalante est un beau film.

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire Jean Vigo
1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 08:59

A l'automne 1925, Max Linder et son épouse Ninette Peters ont selon toute vraisemblance fait un pacte de suicide, c'était leur deuxième tentative, et on n'en sait guère plus, si ce n'est que l'un et l'autre étaient depuis longtemps psychologiquement fragiles. Ils ont donc laissé derrière eux un enfant, une fille: Maud, élevée par sa famille, a donc grandi dans une relative ignorance de ces parents, et surtout de ce père, dont elle fait ici le portrait à partir des images qu'il a laissées et qui ont survécu...

Le parti-pris est donc biographique, cinématographique (il s'agit de replacer Linder dans une histoire d'un art qui l'a pour une grande part totalement oublié), historique, et surtout extrêmement personnel, comme si Maud cherchait à provoquer une intimité factice avec ce père flamboyant, si présent mais aussi si absent: dans leur vaste majorité, les images qu'elle utilise sont après tout des oeuvres de fiction, et elles mentent par essence, donc c'est et ce n'est pas Gabriel Leuvielle, dit Max Linder, sur l'écran...

C'est me dernier acte d'une longue quête personnelle, qui avait commencé par la compilation de trois longs métrages En compagnie de Max Linder sortie 20 ans plus tôt: dépositaire des films de son père, Maud Linder a sans dote eu un peu trop tendance à tailler dedans, comme pour les rendre un peu plus attrayants, ce qui n'arrange pas les choses. Reste que les extraits présentés ici, qui sont soit choisis pour leur capacité à illustrer certains aspects biographiques, soit pour représenter l'oeuvre, donnent au moins à voir et apprécier un style, certes suranné, mais foncièrement personnel, et un certain sens du rythme... En même temps qu'une tendance théâtrale qui ne quittera Max Linder que lorsqu'il se rendra aux Etats-Unis, pour une période intéressante, mais bien moins bénie que ne semble dire le film. 

Donc ce documentaire qui finit avec pudeur sur une note déchirante, et qui parfois reste profondément subjectif, permet-il de donner l'envie à qui le verra, de tenter de se replonger dans les films de Linder, ce qu'il en reste du moins: il existe d'ailleurs deux versions du film, celle de 1983 sortie en salles, et une révision effectuée pour la télévision, lorsque Maud Linder a recensé un certain nombre de films dont elle ignorait la préservation. Max In a taxi, par exemple, Le petit Café ou Le roi du cirque, qu'elle annonce perdus, ont tous été retrouvé au moins dans des copies fragmentaires. Pourtant, c'est cette version de 1983, au montage soigné et au ton si juste, qui reste ma préférence. Maud Linder y a t-elle satisfait sa quête personnelle? Ca m'étonnerait, mais elle est très claire dans son commentaire final, tranchant, cassant, et encore une fois, juste.

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Published by François Massarelli - dans Max Linder Documentaire
26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 16:43

A l'heure où Me too rabat les cartes, ce documentaire pas très frileux raconte, recense, observe l'évolution de la nudité dans l'histoire du cinéma... Américain. Les moins informés seront sans doute surpris d'apprendre que la représentation de la nudité n'a pas attendu les années 80 ou la libération des moeurs dans les années 60; ou encore que la nudité est tellement partie intégrante de l'art qu'elle a été là dans le cinéma dès le départ. On sera surpris aussi de voir à quel point les changements sont liés non seulement à une évolution, mais surtout à des aller et retours de la moralité, des convenances, et de la société en général. Ainsi en va-t-il du tabou du déshabillage des acteurs et actrices principaux: un geste libérateur en 1960, un piège de contrat en 1990, un choix déterminant en 2020. On assiste ici, grâce à des têtes qui parlent et de généreux extraits de films (jamais censurés), aux batailles avec la censure, aux débats philosophiques, religieux, moraux ou parfois tout simplement pratiques, entre censeurs, producteurs, metteurs en scène, acteurs, agents, et journalistes. 

Beaucoup de scènes historiques, et beaucoup d'intervenants sans aucune honte, qui enfoncent le clou: la nudité est partie intégrante du cinéma, de Muybridge à aujourd'hui, et en faire l'inventaire ou en raconter l'histoire, c'est toujours l'histoire du cinéma dans son ensemble, celle du corps qu'on montre. Par contre, cette sale manie de raconter "The movies" comme étant l'histoire du cinéma Américain quasi exclusivement, montre ici particulièrement ses limites... A chaque fois qu'il est question d'un film Européen qui a changé la donne (Extase, Et Dieu créa la femme), on se demanderait presque de quelle planète il vient... Allez, ne boudons pas notre plaisir devant un documentaire bien fait, souvent réjouissant, et mettons-nous tous tout nus.

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire Mettons-nous tous tout nus
14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 16:07

Sorti entre l'étrange Knight of cups (vous pouvez substituer à "étrange" l'adjectif de votre choix) et l'irritant Song to song (même remarque), ce "Voyage du temps" est un documentaire qui émane directement de The tree of life, son grand oeuvre à l'origine d'un virage expérimental. A vrai duire, ce film de 90 minutes ressemble au long métrage en question, mais sans les personnages ni le semblant d'intrigue... Et a du être commencé en même temps, du reste de nombreuses correspondances, voire des bribes de séquences, apparentent les deux films.

Les images, dues essentiellement à Paul Atkins mais saupoudrées d'un grand nombre d'effets qu'on peut attribuer à Douglas Trumbull, tournent autour de la naissance et de la mort de l'univers... Afin de nous aider (mais c'est sans doute raté...) à suivre/comprendre/faire sens, un commentaire absurdement idiot est lu par Cate Blanchett, dans la plus pure tradition de l'écriture de Malick: des questions, prétendument poétiques, sans réponse possible (mère, qui es-tu? Pourquoi suis-je? et dans quel état? etc)... 

Alors oui, c'est beau, sauf lorsque des images vidéo de notre monde si laid viennent perturber l'esthétique vaporeuse de ces tableaux majestueux de vie, de mort, d'orages, de tempêtes, de paysages sublimes, de dinosaures sur les plages, de proto-humains tout nus, de poissons qui se mangent entre eux...  C'est beau, très beau, mais ce n'est que très beau, justement, pas plus. Il doit bien y avoir un projet philosophique derrière ces belles images. Mais lequel?

...Je crois que je m'en fous.

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire Terrence Malick On s'en fout
31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 11:30

Certains films ont les acteurs qui vont faire se déplacer les foules et, ce qui est plus important, donner une interprétation iconique; d'autres reposent sur une mise en scène parfaite, novatrice qu'elle soit discrète ou voyante; pour d'autres films, c'est la musique, d'autres enfin reposent sur un décor tellement emblématique... Le cinéma c'est toujours une combinaison de ces facteurs (j'entends une personne au fond qui dit "et le script"?, je répondrai que je l'ai sciemment laissé de côté, on parle de choses sérieuses ici), mais rares sont les films qui cochent toutes les cases... Le troisième western de Sergio Leone, lui, y parvient sans problème...

Les gens qui habitent au sud de Burgos, en Espagne, le savaient, quelque part dans le désert, on trouve les lieux sur lesquelles la production de Il buono, il bruto, il cattivo pour reprendre le titre Italien, s'était installée à l'été 1966 pour recréer une Guerre de Sécession fantasmée qui devenait le symbole glorieusement absurde de toutes les guerres; de part et d'autre d'une colline, deux séquences emblématiques du film avaient été tournées: près d'un ruisseau miteux, le décor de tranchées plus proche de celui de la première guerre mondiale, et le pont qu'il a fallu faire sauter... deux fois, comme on l'apprend dans le film grâce à un Clint Eastwood hilare. de l'autre côté, le cimetière mythique qui sera l'arène finale, le lieu du sacro-saint duel, un cimetière de 5000 tombes qu'il a fallu créer de toutes pièces! Les lieux ont été laissés tels quels par la troupe une fois le tournage fini, et la nature a fait le reste...

Mais des dizaines d'années plus tard des passionnés, locaux comme étrangers, se sont mis en quête d'abord de retrouver le site du cimetière (facile à repérer d'en haut, d'ailleurs, puisque si la nature a repris ses droits, elle l'a fait en imitant la structure particulière circulaire et concentrique de la construction initiale. Puis ces doux dingos organisés en association se sont décidés à recréer le cimetière puis à l'entretenir. Seule quelques débris de tombes subsistaient... C'est l'étonnante histoire de ce film, qui est fait e constants allers-retours entre les pèlerinages des passionnés, puis leur entreprise du dimanche (il se trouve que certains d'entre eux sont des archéologues, ça tombe bien) , et des interviews de spécialistes (Christopher Frayling), des survivants de l'équipe du film (en premier lieu Eastwood, mais aussi Morricone, et pas qu'eux!) mais aussi d'autres passionnés, dont James Hetfield de Metallica, ou les réalisateurs Alex de la Iglesia et Joe Dante! Enfin, un concert de Metallica en Suède est utilisé avec pertinence, bien que ce soit parfois très surprenant! 

Et de tout cela on va prendre une belle leçon d'histoire, méthodique et qui ne néglige pas le moindre détail, on va évidemment revenir sur la scène du duel le plus spectaculaire des films de Sergio Leone et en détailler la genèse, on va aussi aborder la question de l'absurdité d'aller faire un tel film en plein pays fasciste... Mais on va aussi et surtout assister à une belle leçon d'humanité, de la part de ces quidams qui vont aller tellement loin dans la reconstruction de leur lieu de mythe, qu'ils vont être applaudis par trois artistes de premier plan à la fin du film, à leur grande surprise d'ailleurs... Ce film inattendu est un documentaire humain et tellement réjouissant qu'il est hautement recommandé...

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire Clint Eastwood Sergio Leone
15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 07:23

S'il y a une chose qu'on apprend, en visionnant cet étrange documentaire, c'est qu'on consomme des drogues récréatives et psychédéliques quand on est une star et/ou un musicien/comédien/stand-up artist, et plus si affinités. Donc on n'apprend pas grand chose...

Dans un film à la forme forcément éclatée, avec moult références au style cartoon si particulier de la fin des années 60, alternant entre interviews franches, cartoons (notamment pour visualiser Sting expérimentant avec du peyotl, pendant que la star nous explique par le menu ses sensations), recréations sur-jouées avec des acteurs, et hallucinantes (ben tiens) images d'archives nous montrant les films éducatifs de la grande époque et leur parodie, on écoutera sagement un certain nombre de nantis (Dont Carrie Fisher, Ben Stiller, Sarah Silverman, Donovan, Sting...), on peut le voir comme ça, nous expliquer que c'est soit une expérience unique à faire obligatoirement, soit ça vous met la tête à l'envers pour toujours...

L'intérêt dépend donc plus de la teneur en rigolitude des anecdotes narrées, bien sûr, et certaines sont marrantes comme tout... Mais le documentariste termine sur une note militante, puisque les produits hallucinogènes (LSD, champignons divers) sont sérieusement à l'étude en psychologie, pour traiter certains troubles. Ca va sans doute nous mettre la tête à l'endroit. 

Visible sur... devinez.

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire
25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 17:19

Ce film d'après-guerre, totalisant 24 minutes, réalisé sur un coup de tête par une cinéaste qui avait été virée de son école de cinéma, est donc le premier film de Yannick Bellon, qui se place de fait dans le sillage d'autres cinéastes, qui ont eux aussi commencé par des documentaires: Dréville, Grémillon, Carné... 

Elle a posé ses caméras à Béniguet (Finistère), un îlot à peu près nu où pourtant, à l'époque, vivaient à l'année des hommes et une femme: la seule activité économique était le ramassage des goëmons...

La vie est austère, mais curieusement le film, des images prises sur le vif (et pour au moins une séquence, à la façon de Flaherty, une reconstitution quasi dramatique, celle d'un départ volontaire d'un ouvrier qui a en a eu assez, mais cela ne le mènera nulle part) et mises en son par un commentaire, dit d'une voix presque cassante par Michel Vitold, qui insiste sur le manque absolu de perspective, d'avenir ou de distractions pour les ouvriers, dont nous partageons l'ordinaire et l'intimité... Et c'est effrayant. 

Bien sûr on pense à Epstein qui a tant filmé la Bretagne, et en particulier à Finis Terrae filmé en 1928 à Ouessant; mais on pense aussi, inévitablement, à Terre sans pain de Bunuel, et son commentaire impitoyable. Le film a été restauré, et est désormais disponible en bonne place sur le Blu-ray de Finis Terrae de Jean Epstein.

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire