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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 08:11

C'est un film extrêmement verbal, pour ne pas dire verbeux, qui se réclamerait volontiers de Sacha Guitry s'il y avait plus de bons mots. L'essentiel de l'intrigue tourne autour, d'ailleurs, d'une conversation entre Julie Gayet et Michaël Cohen, qui se rencontrent à Nantes: elle est Parisienne, lui est Nantais, ils se plaisent, dînent, il la raccompagne, mais elle refuse un baiser, puis explique pourquoi...

Ils sont tous deux en couple, mais surtout elle veut lui raconter ce qui est arrivé à deux connaissances, interprétés par Virginie Ledoyen et Emmanuel Mouret. C'est le point de départ d'un récit où anecdotes entraînent digressions et autres anecdotes, pour un récit qui se veut édifiant sur les conséquences néfastes d'un baiser...

Et c'est terriblement inégal: pas la faute au scénario qui tient la route, à la structure qui est souvent intéressante. Une bonne partie de la mise en scène, qui aurait pu être au ras des pâquerettes (rappel, c'est un film sur des gens qui parlent, donc c'était bien mal parti) est même inventive, Mouret ayant de fort bonnes idées: la meilleure est la façon dont il utilise les toiles exposées dans un musée à Nantes pour souligner ce que dit un personnage; c'est une femme qui vient d'être quittée et finalement se réjouit: maintenant elle est libre. A chaque nouvelle phrase, elle se déplace dans le musée et comme par magie le tableau derrière elle souligne, prolonge ou illustre son propos...

Non, le souci vient de l'interprétation: Mouret et Ledoyen en particulier sont irritants par la façon dont, dans leurs scènes qui sont supposées être piquantes, le texte lourdingue devient plus pesant encore par la façon dont ils le prononcent, en articulant comme pour une récitation de collège. Je l'ai déjà dit, la gaucherie de Mouret peut être très pertinente, mais ce qui fonctionne avec Frédérique Bel ne fonctionne pas avec n'importe qui... 

 

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Published by François Massarelli - dans Emmanuel Mouret Comédie
26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 09:31

A Paris, Clément (Emmanuel Mouret), professeur des écoles, ne rate jamais ni un film, ni une pièce de la grande actrice Alicia Debary (Virginie Efira). Celle-ci doit garder son neveu pour quelques semaines, et s'adresse à l'école où Clément travaille pour lui donner des cours particuliers: c'est bien sûr Clément qui va s'en charger... Très rapidement, Clément et Alicia développent une forte complicité, puis ils vivent ensemble. C'est le moment que choisit Caprice (Anaïs Demoustier), une jeune actrice, pour entrer de force dans la vie de Clément...

On fait la connaissance de Caprice avant de faire celle d'Alicia, et elle donne son nom au film. Il y a beaucoup d'indices, dans le film, pour nous indiquer son importance, et pourtant le fil conducteur apparent est bien le couple fragile et un rien fantasque, composé d'un professeur des écoles timide et maladroit et d'une actrice qui vit sur une autre planète. C'est la fragilité qui domine, ici, fragilité des sentiments, fragilité aussi des voeux amoureux. Aussi bien Clément qu'Alicia ont déjà eu le coeur brisé, et en ont acquis une incapacité à réagir correctement devant les événements.

C'est malgré tout une comédie, qui se joue dans les chassé-croisés entre les personnages, qui obéissent à une mécanique implacable, d'une logique totale: c'est à partir du moment où Alicia est en couple avec Clément que les vrais ennuis commencent, et que la moindre rencontre, le moindre hasard, le moindre geste prennent une signification inattendue. C'est aussi, comme la plupart du temps quand il tourne dans la capitale, une déclaration d'amour fervente et permanente pour Paris.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Emmanuel Mouret
25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 08:29

David (Emmanuel Mouret), corniste de son état, cherche un appartement, et Anne (Frédérique Bel), qui travaille dans une boutique de photocopies, cherche un colocataire... Ils sont donc faits pour s'entendre oui, mais... Elle est amoureuse, d'un garçon que nous ne verrons jamais, et lui va rencontrer en donnant des cours une jeune élève (Fanny Valette) qui lui plaira beaucoup. Les deux vont donc s'épauler, avec une complicité phénoménale, ignorant avec insistance l'inévitable éléphant dans la pièce, comme on dit...

C'est frais, c'est tourné dans Paris (et à Trouville, pour une séquence), c'est gentiment décalé par ce je-ne-sais-quoi dans la diction et dans les dialogues, qui rend les films de Mouret plus loufoques que, disons, pédants: certes, on ne parle pas comme ça dans l vraie vie, mais qu'importe. Et on s'amuse d'un rien, la comédie n'est jamais basée sur la vulgarité ou la moquerie, mais la confusion, l'embarras, la méprise et une certaine subtilité des sentiments. Un dialogue au début manie un soupçon d'absurde, un rien de coquinerie: il y est question de jouer du cor, d'apprendre à s'en servir, de finalement montrer son cor: vous voulez voir mon cor? J'en rêve! Ca parait facile, mais c'est tellement bien dosé. Et dans ce film où une fois de plus le metteur en scène joue mais interprète le rôle d'un timide un peu godiche, Mouret et Frédérique Bel développent, pour leur première collaboration, une fantastique complicité.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Emmanuel Mouret
18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 17:40

Jean-Jacques (Emmanuel Mouret) et Ariane (Frédérique Bel) se réveillent... Ou du moins Jean-Jacques, car Ariane n'a pas, mais alors pas du tout envie de s'éveiller. Par contre, Jean-Jacques, lui, a très envie... d'Ariane. C'est ce petit problème de synchronisme de couple, ainsi qu'un flash-back sur la journée du jeune homme, qui va être à l'origine de la mésaventure parfois cocasse, parfois troublante, souvent embarrassante que va vivre le jeune homme. Car quand Ariane se décide enfin à accorder ses faveurs, le téléphone de Jean-Jacques sonne, c'est une femme (Judith Godrèche), et ça pose un gros problème à Ariane. La seule solution, pense-t-elle, c'est de laisser son compagnon la tromper.

Ni Ariane ni Jean-Jacques ne pouvaient prévoir que la jeune femme rencontrée plus tôt, et qui téléphonait pour prendre rendez-vous, serait la fille du président de la république (Jacques Weber), ni qu'elle serait particulièrement compliquée et excentrique, ni que sa bonne (Déborah François) allait se révéler plus désirable encore, ni qu'Ariane allait elle aussi trouver une occasion... etc.

Précieux: le second sens de cet adjectif est le plus souvent un brin péjoratif mais point trop n'en faut. On a un peu peur, car Mouret, passé chez Rohmer, a un peu tendance à pratiquer comme lui les dialogues dans un français suranné, impeccable et dit avec une diction parfaite... Mais si c'est parfois gênant, ça ne l'est jamais trop. Et l'irruption d'un Dany Brillant survolté, qui profère un tonitruant "on mais tu t'fous d'ma gueule", n'en a que plus de saveur. C'est, en fait, tout le style des comédies de Mouret que de placer le terrain de jeu dans cet univers parallèle de gens qui parlent bien... Et ça marche.

Embarrassé: le meilleur de la comédie Américaine, c'est ce qui est basé sur la gêne... L'impossibilité pour un personnage de reculer, la confusion, les moments où le ridicule est tellement gros qu'il faut vivre avec. On verra ici des bribes de Lubitsch, et un zeste de Blake Edwards, car si Emmanuel Mouret n'a pas vu The party, alors c'est une étonnante coïncidence... Jean-Jacques, en effet, se retrouve en invité de trop, décalé et cherchant les toilettes, dans une réunion du tout-Paris...

Ancillaire: chez Lubitsch, les films sont souvent vus par le point de vue des gens de maison. ca permet souvent des digressions, des non-dits, des non-montrés aussi. Et ç remet les pendules à l'heure. Du début à la fin du passage de Jean-Jacques dans le grand monde, il s'avère que ce sera Aneth (Déborah François) qui aura le plus la tête sur les épaules dans le film, et elle le prouve d'un étonnant baiser qui est l'un des plus belles scènes du film...

En bref: certes, je le disais plus haut, la diction ne peut pas donner la moindre impression d'authenticité. Mais c'est convaincant, parfois physique, touchant, et le moins qu'on puisse dire, c'est que comme Tati ou Keaton (il réfère aux deux dans le film), Mouret sait ne pas se donner le beau rôle...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Emmanuel Mouret
18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 16:38

Voici un film fait à l’économie, avec des acteurs non professionnels ou débutants, et un décor « naturel » (une villa du nord de Marseille, et les quartiers environnants), réunis autour ‘un marivaudage simple : Fleur est une jeune femme qui vient passer des vacances dans la villa d’un proche, et qui secrètement ambitionne de trouver l’âme sœur. Elle rencontre Venus, une Russe bohême qui est arrivée à Marseille pour retrouver un petit ami, qui entretemps a développé une autre relation : elle n’a pas de lieu où dormir, Fleur la timide invite donc Venus l’extravertie à loger en sa compagnie et à bouleverser son quotidien. Très rapidement, Venus va communiquer sa soif d’amour à son amie et elles vont donc pouvoir se consacrer à la séduction… d’un seul et même garçon, le taciturne Bonheur, un ami du frère de Fleur qui passe par là pour randonner dans les collines…

Ca aurait du être un film troublant sur l’appel des sens, ça ne l’est pas. Ca aurait pu être délicat, centré sur le naturel et les non-performances des comédiens, d’autant qu’on ne risque pas de s’y perdre : ils sont essentiellement quatre… Mais non, en fait de naturel on a surtout de la gaucherie, et des dialogues idiots baragouinés sans conviction par des comédiens auxquels on a sans doute imposé de voir toute l’œuvre d’Eric Grohmer.

Emmanuel Mouret, qui aime Lubitsch, fera mieux.

…Ouf !

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Published by François Massarelli - dans Comédie Emmanuel Mouret