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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 08:55

Mal-aimé de la saga Alien, et pas forcément apprécié, ni même parfois connu, des fans de Jeunet, ce film sensé plus ou mettre fin au cycle (Comme le précédent, Alien3) est en réalité situé au confluent de trois univers. Il ne peut être pris que comme une rencontre, donc, entre d'une part l'univers d'Alien (Ripley, les "Xénomorphes", l'ombre de Weyland-Yutani), d'autre part les thèmes chers au scénariste Joss Whedon (Buffy the vampire slayer, Firefly, Angel, Dollhouse, dont le péché mignon est de questionner la féminité dans un contexte de science fiction ultra-référencée), et enfin le monde de Jean-Pierre Jeunet, fait de bricolage, d'une efficacité narrative se reposant sur un enchaînement logique d'événements, et bien sûr son excentricité visuelle... 

Rappelons l'histoire, tout d'abord: sur un vaisseau spatial appartenant à un conglomérat terrien, en collaboration avec l'armée, on attend une cargaison particulière. Des scientifiques présents sur le vaisseau ont réussi, à partir de prélèvements effectués avant la mort de Ripley (Dans Alien3), à cloner cette dernière, interprétée une fois de plus par Sigourney Weaver, évidemment. Après 8 tentatives, ils ont obtenu de la "ressusciter', elle est l'alien qui est en gestation dans son abdomen. L'alien a été 'extrait' de façon chirurgicale, ce qui était le but de la manoeuvre, mais contre toute attente, Ripley a survécu... Un médecin (Brad Dourif) a donc décidé de la garder en vie, ce qui n'était pas prévu au départ, pour voir...

La cargaison attendue, donc, est un chargement d'humains frais, en hibernation: quand la "reine" Alien va être opérationnelle, elle ne manquera pas de pondre, et il faudra, pour chaque oeuf, un humain prêt à devenir l'hôte d'un petit. La cargaison en question est amenée par des commerçants d'un genre particulier, à la fois convoyeurs et mercenaires, ils sont des spécialistes des jobs difficiles, dangereux, qui dépassent allègrement les limites de la légalité. Ils sont 6: Elgyn, le capitaine du vaisseau (Michael Wincott), sa compagne et mercenaire Hillard (Kim Flowers), Christie, rompu au maniement des armes (Gary Dourdan), le grand costaud Johner (Ron Perlman), gros bras, gros flingue et petite tête, Vriess (Dominique Pinon), qui se déplace en fauteuil roulant, ce qui ne l'empêche ni d'être efficace, ni d'être dur à cuire, et enfin la petite nouvelle, Call (Winona Ryder). Autant le dire tout de suite, c'est un robot, nouvelle génération, ceux qui sont créés et maintenus par des robots. Et elle est sacrément militante: elle s'est introduite sur le vaisseau-cargo dans le but d'infiltrer la mission de recréation des aliens, car elle a une mission: protéger les humains contre leurs mauvais instincts...

Trois choses vont donc se passer: d'une part, quand on manipule des aliens, ça finit toujours de la même façon. Ensuite, Call va tenter d'intervenir, simultanément à l'évasion des aliens, qui échappent à leurs gardiens et se retrouvent en liberté totale dans le grand vaisseau. Et Ripey, qui est rappelons le un clone issu de la résurrection d'une Ripley AVEC une reine alien à l'intérieur, est, pour le moins, imprévisible! Lors de la pagaille monumentale qui s'ensuit, elle s'allie avec les "commerçants"... Mais jusqu'où?

"Pagaille", disais-je: c'est le maître-mot. Depuis Alien (Ridley Scott, 1979), on est habitué à la montée progressive d'un suspense de plus en plus étouffant. Mais ce qu'on a ici, c'est plus l'annonce d'un catastrophe qui se produit trop tôt, suivie d'une longue, mais alors logue agonie du film. On aimait l'alternance, d'un film à l'autre, entre une invasion d'un vaisseau, ou d'une planète (Alien3, David Fincher, 1991) par un seul individu, et la plongée des humains dans un nid, un nuage, une marée, un océan d'aliens (Aliens, James Cameron, 1985)... Mais ici, ça tourne au trop-plein: trop de bestioles, trop de possibilités, et... trop de gore, ça oui. Ca tourne même au ridicule absolu quand la reine, qui provient du même mélange que le clone de Ripley, accouche littéralement d'un être mi-humain, mi-alien, qui est d'une laideur inconfortable, et qui va rencontrer l'une des fins les plus dégueulasses qui puissent être. Voyez le film avec une cuvette à cet égard... Donc, si le film offre à Ripley une "fin" plus décente que celle que lui avait donnée Fincher, il tend à gâcher l'héritage en permanence.

La faute à qui? On a envie d'utiliser le dicton anglais "Too many cooks in the kitchen spoil the broth", dont vous irez si vous ne la connaissez pas chercher la signification sur internet, autant que ça serve ces petites machines. Comme tous les autres films de la saga, il y a eu du monde sur ce bébé-là, et... y-avait-il un capitaine? On sait qu'il y en avait un sur tous les autres films, y compris quand la Fox et Brandywine Productions mettaient des bâtons dans les roues de David Fincher. On sait aussi que sur un plateau de Jean-Pierre Jeunet, il est le seul maître à bord, engagé à 300% sur son film. Mais... le langage, peut-être? la timidité face à la tâche titanesque? Jeunet n'est pas à son aise, ni dans le genre, qu'il connaît bien en tant que fan, ni dans les règles imposées, qui sont habituellement imposées... par lui. Ici, le cahier des charges n'est absolument pas de sa responsabilité, et ça se sent. Alors on retrouve certains aspects de son oeuvre, des inventions inattendues comme le cube de whisky, des bricoleurs de génie comme la troupe de mercenaires, ou encore quelques moments qui reposent sur un enchaînement d'événements, mais... c'est assez peu. Reste son efficacité? Oui, mais elle est mise à mal par le souci du langage, et un script dont les dialogues possèdent peu de subtilité ('Die, you motherfucker'). Au final, on sait que c'est du Jeunet, tout de même. Il y a Dominique Pinon!

Et Joss Whedon dans tout ça? Même si ça ne sauve pas le film, on constate que dans ce script probablement conçu au début des années 90 par le jeune aspirant scénariste, on retrouve beaucoup, mais alors beaucoup de ses thèmes. La prépondérance des femmes, avec ici quatre figures de féminité, de la maternité carnassière (la Reine), à l'amazone fragile (La scène durant laquelle Hillard perd son amant est touchante), en passant par les deux bizarres: Call, le robot que certains mercenaires auraient bien mise dans leur lit, et bien sûr la Ripley-Alien, qui est au centre de toutes les interrogations. Elle a été au bout de l'enfer, et en est revenue, comme Buffy, ou Darla (Dans la série Angel). Et comme elles, elle est revenue... différente. une constante, là encore des personnages féminins de Whedon: Fred/Illyria, Cordelia Chase, Echo, Skye, River Tam... Mais ce qui frappe aujourd'hui, c'est à quel point Whedon avait en tête, des années avant, une équipée à la Firefly: un équipage de bras cassés revenus de tout, effectuant des livraisons légales ou illégales, dans un vaisseau cassé de partout et rafistolé, et tous rompus au maniement des armes. Bon, admettons quand même que Firefly est bien, bien meilleur, et de très loin, que ce film dans lequel une fois de plus un(e) héros/héroïne questionne son humanité, film sympathique, mais...

...raté.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Jean-Pierre Jeunet Joss Whedon
5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 19:08

D'un point de départ comme celui-ci, on n'attend pas grand-chose: deux personnes qui ne se sont jamais rencontrées ont une connexion, sans aucune raison. Ils entendent, voient, ressentent, ce que l'autre entend, voit, ressent. Ils ont réussi à enfouir cette communication à laquelle ils ne comprennent rien, depuis l'enfance, mais elle resurgit un jour, et le contact est si fort que les deux êtres commencent une vraie relation, l'un au nouveau-Mexique, l'autre dans le New Hampshire...

Habituellement, ce qui précède serait le sujet même du film, avec des signes avant-coureurs durant au moins la première moitié, et une grande révélation en forme de coup de théâtre pour les deux protagonistes. Mais le scénario de Joss Whedon, s'il a été écrit à l'aube de sa brillante carrière, a au moins le mérite de laisser les héros du film, Dylan (Michael Stahl-David) et Rebecca (Zoe Kazan) savoir très tôt à quoi s'en tenir, et du coup l'enjeu devient différent. Mais on reste fermement dans un film pour ados, sauf que celui-ci est intelligent, et terriblement attachant. La relation va donc explorer des zones de complicité touchantes et souvent drôles, le côté paranormal passant finalement complètement à la trappe. Pour résumer, c'est l'histoire d'une relation à distance entre deux personnes faites l'une pour l'autre, avec communication ...mais sans portable. Parce que ces deux-là, eh bien, ils n'en ont pas besoin.

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Zoe Kazan
20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 07:48

La cinquième saison, de pus en plus sombre et de plus en plus adulte, précède un changement de chaîne de télévision qui va bouleverser la planification de la série, d'où l'idée symbolique de tout casser nue fois de plus... Inventive et exubérante, cette saison de passage définitif à l'âge adulte présente une fois de plus le cadre de la famille élargie et désormais soudée, avec l'arrivée de nouveaux membres, dont, de façon inattendue, l'ennemi d'avant, Spike. Mais il y a aussi une certaine gravité: Buffy a de nouvelles responsabilités, d'autant que Joyce est bien malade. C'est un secret de polichinelle: la saison 5 est bien celle durant laquelle l'héroïne va devoir dire adieu à sa maman, dans un épisode d'une audace remarquable, The body. C'est aussi la saison pour laquelle il faut avaler des couleuvres plus incroyables que d'habitude: une petite soeur, qu'on n'a jamais vue? Giles, devenu commerçant? Willow, ou l'improbable geek mal à l'aise en société, devenue une sorcière aux pouvoirs considérables? Et pourtant ça marche! Il faut dire que dans un esprit pulp ultime, l'équipe doit combattre cette fois contre un dieu, Glory (Clare Kramer), qui a pris forme humaine, et quelle forme! 

1.Buffy vs Dracula (Ecrit par Marti Noxon, réalisé par David Solomon)

Titre improbable, tout comme la rencontre... Pourtant, c'est presque d'égal à égal que se déroule, au pays des vampires kitsch, la confrontation entre le vampire numéro un, et la tueuse... Une façon comme une autre de prendre le public à rebrousse-poil, pour lui asséner d'une part quelques prophéties bien senties, d'autre part... l'arrivée de la petite sœur.

2.Real me (Ecrit par David Fury, réalisé par David Grossman)

Dawn est l'héroïne de cet épisode malin qui réécrit l'histoire, vue par un point de vue neuf. Mais on ne perd pas de vue le fil rouge, avec une confrontation de Dawn et d'un fou, la première. De son côté, Tara profite de la frustration de Dawn pour faire comprendre ses propres sentiments de décalage par rapport au groupe...

3.The replacement (Ecrit par Jane Espenson, réalisé par James Contner)

Xander est scindé en deux dans un épisode drôle, mais pas forcément essentiel. Par contre le personnage va faire des pas de géant, et devenir de plus en plus adulte, en s'engageant auprès d'Anya.

4. Out of my mind (Ecrit par Rebecca Rand Kirshner, réalisé par David Grossman)

Buffy « chasse » le vampire pour se défouler de sa vie quotidienne tumultueuse, et se retrouve flanquée non seulement de Riley, mais aussi de Spike... Ce dernier va prendre une décision radicale : il va faire enlever la puce qui le rend inoffensif pour les humains. Une occaion lui est fournie clés en mains, en effet Joyce a été emmenée à l'hôpital suite à un malaise, et les internes ont décelé une tachycardie sévère chez Riley, que ses ex-amis de l'Initiative décident de faire opérer par un chirurgien très doué...

On avance sur beaucoup de dossiers ; Riley et son état, le malaise de Joyce, et Dawn sont au cœur de l'épisode. Cette dernière en particulier, que l'espace d'un instant sa mère ne reconnaît plus. Autre avancée : Spike se découvre un nouvel amour...

5. No place like home (Ecrit par Doug Petrie, réalisé par David Solomon)

Le « méchant » de la saison est donc là : un dieu surpuissant, coincée dans l'enveloppe mortelle d'une jolie femme, et à la recherche d'une clé pour retrouver toute sa splendeur. Et on va donc apprendre que cette clé est... Dawn.

La condition de Joyce s'aggrave, et Buffy a un réflexe, celui de chercher dans le surnaturel la cause de son mal.

6.Family (Ecrit et réalisé par Joss Whedon)

Une pause dans l'intrigue et dans l'évolution de l'état de santé de Joyce : cette fois, Whedon à la barre nous donne enfin une raison pour une foule de petits indices qui rendaient le personnage de Tara troublant. Il en profite pour rappeler que le mal ne vient pas que des êtres maléfiques...

7.Fool for love (Ecrit par Doug Petrie, réalisé par Nick Mark)

Spike est interrogé par Buffy pour la renseigner sur les tueuses qu'il a lui-même supprimées... L'occasion d'une part pour un grand épisode dans lequel James Marsters s'en donne à coeur joie pour donner toujours plus de substance à son personnage, mais aussi pour un cross-over magique entre Buffy et Angel...

8.Shadow (Ecrit par David Fury, réalisé par Dan Attias)

Le mal de Joyce se concrétise, et la réalité brutale fait son apparition dans le fantastique... Pendant que Riley se sent de plus en plus écarté par Buffy. Et Glory continue à évoluer entre sa recherche incessante d'ne « clé », et sa collection impressionnante de chaussures.

9.Listening to fear (Ecrit par Rebecca Rand Kirshner, réalisé par David Solomon)

Une créature venue de l'espace se nourrit de la folie des gens touchés au cerveau, soit fous, soit... malades. Joyce est donc en danger. Mais surtout elle commence à voir comme tous les autres « malades », que Dawn n'est pas humaine. Riley se rend compte que Spike fait sans doute plus pour aider Buffy que lui...

10.Into the woods (Ecrit et réalisé par Marti Noxon)

Riley part. Le personnage est très amer, a de bonnes raisons de partir : c'est un home un vrai, et il est le second couteau d'une femme... Celle-ci en revanche ne lui pardonnera cette décision qu'avec difficultés...

11.Triangle (Ecrit par Jane Espenson, réalisé par Christopher Hibbler)

Anya et Willow, laissées par Giles pour garder la boutique, vont s'affronter et... créer un troll par inadvertance. Celui-ci, Olaf (Abraham Benrubi) s'avère être le petit ami qu'Anyanka avait puni pour se venger, ce qui lui avait valu une offre pour devenir démon de la vengeance... Episode très drôle, comme toujours quand on a un bon gros troll.

12.Checkpoint (Ecrit par Doug Petrie et Jane Espenson, réalisé par Nick Marck)

Glory vient réclamer sa « clé » chez Buffy. Durant la scène dawn inconsciente du danger vient et se montre particulièrement adolescente ! Et le conseil des observateurs vient en délégation pour effectuer une inspection de Giles et Buffy... Qui tournera à l'avantage de ces derniers. De son côté, Spike s'essaie au bien, avec une certaine touche personnelle.

13.Blood ties (Ecrit par Steven S. DeKnight, réalisé par Michael Gershman)

Dans ce qui est le désormais traditionnel épisode consacré à l'anniversaire de Buffy, le mal existentiel de Dawn atteint un point de crise ; en effet elle sait... Spike se rapproche de plus en plus, et on apprend enfin quel est le lien entre Glory, ou le dieu Glorificus, et le gentil interne de médecine Ben.

14.Crush (Ecrit par David Fury, réalisé par Dan Attias)

Das un premier temps, le 'crush' en question semble être celui de dawn pour Spike. Mais il s'agit, bien sur, de l'amour fou furieux de ce dernier pour Buffy... Suffisamment pour que Buffy s'en inquiète, d'une part, mais aussi pour qu'on convoque pas moins de deux femmes pour s'attaquer à cette montagne de n'importe quoi : Harmony et Drusilla. C'est malgré tout à une confrontation entre Spike et Buffy que ous assistons essentiellement.

15.Iwas made to love you (Ecrit par Jane Espenson, réalisé par James Contner)

Oui, la jolie April qui cherche son petit ami partout est un robot. Mais cette histoire amusante de jeune femme parfaite qui a été créée pour satisfaire aux besoins émotionnels d'un éternel adolescent frustré aura des résonnaces sombres, burlesques, voire tragiques. Et Joss Whedon choisit précisément l'épisode le plus loufoque de la saison pour asséner le coup le plus terrible au spectateur...

16.The body (Ecrit et réalisé par Joss Whedon)

En une narration toute en tension, ce que souligne encore plus l'absence totale de musique, et les silences pesnts qui accompagnent l'intrigue, une chronique, minute après minute, d'une famile qui doit désormais vivre avec la perte de l'un(e) d'entre eux, d'autant plus frustrante que rien ne pouvait être fait, et qu'en dépit de tout, cette disparition n'a absolument rien de surnaturel... Chef d'oeuvre, douloureux et définitif.

17.Forever (Ecrit et réalisé par Marti Noxon)

Comment gérer la perte ? C'est le sujet de cet épisode, qui montre chacun affairé du mieux qu'il/elle peut pour supporter le choc ; Mais Buffy, responsable de sa petite sœur, et Dawn, trop jeune, n'auront pas la même façon de faire. Et Willow, qui a confiance dans la magie pour tout résoudre, n'arrange pas les choses en aidant Dawn à mener un projet dangereux...

18.Intervention (Ecrit par Jane Espenson, réalisé par Michael Gershman)

Buffy désire comprendre comment elle peut arriver à triompher de son nouvel ennemi... Giles l'amène en plein désert pour un dialogue en tête à tête avec l'esprit de la première tueuse, qui va lui révéler une information dont dans un premier temps elle ne saura pas quoi faire : elle est mue par le feu, la passion et l'amour : elle a un don, et ce don est la mort... Elle comprendra plus tard. De son côté, Spike accuse réception de son nouveau jouet, un « Buffybot », qui va jouer un rôle crucial. Mais tout d'abord, il y aura bien sur beaucoup de confusion... Et une très jolie scène qui renverse enfin la vapeur, entre Buffy et Spike, lorsque cette dernière comprend enfin que le vampire veut vraiment les aider contre Glory.

19.Tough love (Ecrit par Rebecca Rand Kirshner, réalisé par David Grossman)

Glory se rapproche, et croyant trouver la 'clé', s'en prend à Tara : mal lui en prend, on en profite pour constater que Willow est de plus en plus puissante. Prenons-en note, ça pourrait servir plus tard ! Pour le reste, à la fin de cet épisode, Glory comprend enfin où elle doit aller chercher l'objet de sa convoitise, et le compte à reburs est lancé pour la fin de la saison...

20.Spiral (Ecrit par Steven S. DeKnight, réalisé par James Contner)

Le Scooby gang, flanqué de Spike, prend a fuite, poursuivi par un groupe de chevaliers... Whedon s'amuse à mélanger les époques, et rejoue la scène de poursuite dans le désert de Stagecoach, avec un fourgon aménagé, des chevaliers moyen-âgeux, et un vamire qui conduit...

21.The weight of the world (Ecrit par Doug Petrie, réalisé par David Solomon)

Avant le grand final, une pause onirique superbe, qui explore de nouveau l'inconscient de l'héroîne ; ce n'est pas la première fois, mais c'est cette fois-ci d'une grande lisibilité : Willow se rend 'dans le subconscient' de Buffy, et cherche à la remotiver alors qu'elle semble avoir abandonné sa mission, suite à l'enlèvement de sa sœur par Glory. Un excellent gag récurrent est lié à un truc de scénario embarrassant: le fait que Ben et Glry soient liés, semble impossible à capter pour les humains... Tant mieux, car sinon la saison ne tient pas debout !

22.The gift (Ecrit et réalisé par Joss Whedon)

Final, et à plus d'un titre. Comme souvent, l'équipe se ressoude, et triomphe, ou presque, grâce à leur travail de groupe. Mais plusieurs constats : d'une part, Spike semble passé totalement du bon côté ; ensuite, Giles est décidément bien plus sombre qu'on ne le croirait, enfin, Willow devient tellement douée, qu'elle en serait presque inquiétante. Elle fait ici ses premières armes avec la télépathie, par exemple...

Une fois vu cette épisode, il semble ne  plus y avoir d'échappatoire. Et pourtant, il y aura une sixième saison: nouvelle, plus noire, plus belle pour moi, mais aussi controversée sur bien des points...

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon TV
11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 10:00

Il y a une sorte de recadrage nécessaire dans cette quatrième saison, ce qui oblige les spectateurs fidèles à s'adapter. Le lycée, c'est fini (Et détruit du reste!), les rôles de chacun sont changés à jamais: ainsi, de nos quatre protagonistes restants (Buffy, Willow, Xander et Giles), seules deux vont à l'université, Xander ayant décidé sagement de tenter de rentrer dans la vie active, et Giles ayant doublement perdu son poste: "viré" par le conseil de observateurs, et documentaliste d'un lycée qu'il a lui-même contribué à faire exploser. Sachant que Willow a une vie sentimentale assez intense, et Buffy une tâche lourde à accomplir, on comprendre pourquoi cette saison nous parle essentiellement de séparation, du carrefour situé à ce moment crucial d'un jeune adulte: fini le lycée et l'enfance, bonjour la suite... Mais cette séparation va prendre de multiples formes.

C'est une saison virtuose, pauvre en épisodes mineurs, et qui grandit sensiblement avec ses personnages. On sent bien que Whedon cherche à changer son public... du coup, c'est plus sombre, plus varié aussi, et la division entre le bien et le mal change: l'ennemi principal ici est une structure gouvernementale et militaire qui fait concurrence à Buffy et ne s'embarrasse pas de scrupules. Ce qui ne va pas simplifier les choses, bien sur, c'est que Buffy va se laisser séduire par l'un des membres de la dite organisation, le charmant Riley Finn (Marc Blucas), qui ressemble à s'y méprendre à un brave garçon de l'Iowa... le premier petit-ami normal de Buffy!

Si Xander, de son côté, s'affiche en couple avec l'hilarante ex-démon Anya, et Giles a, mais oui, une vie sentimentale avec la jolie Olivia (Phina Oruche, dans trois épisodes), ce sont malgré tout Oz, Spike et Wilow qui remportent la palme: Oz, d'abord, qui va terminer sa participation à la série dans un ensemble d'épisodes, est finalement beaucoup plus compliqué en tant qu'être humain qu'en tant que loup-garou, ce qui va bien sur rejaillir sur Willow. Celle-ci va trouver, de façon inattendue, dans la timide Tara (Amber Benson) la possibilité d'une nouvelle vie. En continuité avec le thème global de la féminité qui court sur les sept saisons, bien sur... De plus, avec ses nouveaux pouvoirs, Willow échappe désormais à ce qui était son lot: la mise en danger permanente... Et Tara, timide, mal à l'aise et gauche, est parfaite pour devenir la victime potentielle des vampires, monstres, et autres loup-garous... Spike de son côté, se retrouve brièvement entiché de Harmony, devenue une vampire à la fin de la saison 3. ce qui confirme ce qu'on soupçonnait depuis longtemps: oui, William the bloody aime les blondes... Et en cerise sur le gâteau, le vampire est désormais inoffensif pour les humains, ce qui va contribuer à le rapprocher de ses ennemis.

Une saison de Buffy sans petits mystères ne serait pas complète, pas plus qu'on ne l'imagine sans retour en arrière. On verra donc ça et là des apparitions de Angel, bien sur, de Faith, mais aussi de Joyce Summers. Mais les petites énigmes valent leur poids, et la plupart seront résolues dans la cinquième saison: que voulait dire l'étrange compte à rebours dans le dernier épisode de la saison 3, rappelé dans le dernier de la quatrième à travers le chiffre 730? Pourquoi faire un lit (Vu ou mentionné dans les rêveries de deux épisodes en question)? Et lorsque Buffy croise en rêve la toute première tueuse de l'histoire, elle prend tout à coup une place mythologique plus fantastique que jamais, devenant la première et la seule à triompher du mal en se faisant aider de... sa famille, le maître-mot de cette excellente série.

Et pour finir de convaincre que cette saison, parfait mélange d'une thématique intelligente et de pulp, est exceptionnelle, on y trouve les extraordinaires épisodes Hush, Superstar et Restless.

1 The freshman (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

L'arrivée de Buffy, Willow et Oz à l'université; l'épisode est largement consacré à l'incertitude de Buffy, dont les doutes sur l'avenir se transforment en doute tout court.

Par ailleurs, qui sont ces soldats masqués, qui la nuit enlèvent les vampires ?

2 Living conditions (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Grossman)

L'équipe installe le nouvel environnement. Ca passe par des épisodes plus anecdotiques, mais qui tous font progresser le petit mystère soulevé lors du premier épisode. Dans celui-ci, Buffy affronte seule (Personne ne la croit) une co-locataire diabolique... dans un mélange de pulp et de pure banalité : il sera question ici de frigo, de musique et d'ongles d'orteils...

3 The harsh light of day (Ecrit par Jane Espenson, dirigé par James Contner)

Les vampires sont toujours là, et la nouvelle Harmony est de retour... avec Spike ! Alors que Buffy rencontre Parker, un séduisant jeune homme, elle doit une fois de plus lutter contre son principal ennemi, à la recherche d'une bague qui pourrait le rendre invulnérable. Classique...

4 Fear, itself (Ecrit par David Fury, dirigé par Tucker Gates)

Cet épisode de maison hantée est un joyau du genre, mais sa conclusion (Qui remet le nouveau « Scooby gang » ensemble, c'est à dire Giles, Willow, Xander, Oz et la nouvelle recrue Anya) qui les voit affronter le terrible démon de la peur, permet au moins de constater qu'ils ont grandi.

5 Beer bad (Ecrit par Tracey Forbes, dirigé par David Solomon)

Buffy est tellement mal suite à sa désastreuse rencontre avec Parker qu'elle se laisse convaincre par l'invitation de quelques étudiants de noyer son chagrin dans la bière. Un épisode qui rappelle que tous les hommes, finalement, ne sont que des Néandertaliens...

6 Wild at heart (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Grossman)

Oz n'est pas le seul Loup-garou du campus, et l'apprend d'une manière embarrassante... Ce qui aura pour conséquence son départ. Un avantage, malgré tout : les histoires de loup-garou, c'est toujours soumis à des maquillages qui sont d'une absolue laideur, et Buffy ne fait pas exception.

7 The initiative (Ecrit par Doug Petrie, dirigé par James Contner)

On en vient enfin à la question qui s'impose : mais qui sont ces militaires en armes qui rôdent la nuit et enlèvent les monstres ? Episode de haute volée, dans lequel Spike se découvre un handicap de poids. Par ailleurs, il figure désormais au générique de la série...

8 Pangs (Ecrit par Jane Espenson, dirigé par Michael Lange)

Thanksgiving: Buffy qui tente de se forger une vie normale en organisant la fête tout en bourrant les pifs! Spike est désormais inoffensif, et est sous la protection de Giles; une tribu Indienne revient d'entre les morts pour se venger, et le tout est complété par le premier cross-over entre Buffy et Angel!

9 Something blue (Ecrit par Tracey Forbes, dirigé par Nick Marck)

Buffy (Qui revient de LA) va tomber victime, comme tous ses amis, d'un sort que Willow, qui ne parvient pas à gérer l'absence de son petit ami, ne contrôle plus. Beaucoup de moments anthologiques...

10 Hush !(Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Celui-ci parle de communication, et c'est sans doute l'un des meilleurs épisodes de toute la série, les sept saisons confondues... J'y reviendrai plus en détail. Disons qu'il y est question de se battre contre des démons qui vous ont enlevé la faculté de parler, voire... de hurler.

11 Doomed (Ecrit par David Fury, Marti Noxon, Jane Espenson, dirigé par James Contner)

Une intrigue de démons qui, une fois de plus, déclenchent une apocalypse qu'il va falloir contrer, cache à peine le fait que cet épisode montre la difficulté pour Buffy d'avoir un petit ami (Riley Finn), qui lui-même fait partie d'un commando anti-monstres, et d'effectuer sa mission en bon ordre.

12 A new man (Ecrit par Jane Espenson, dirigé par Michae Gershman)

Giles s'isole de plus en plus et ressent avec rancoeur le fait que Buffy semble accorder plus de crédit à Maggie Walsh et l'Initiative, qu'à son observateur. Alors quand il se réveille, transformé en démon et impossible à reconnaître, le vase déborde... Une première dans la série : c'est la première fois que Giles a « son » épisode... qui l'oblige à faire équipe avec Spike !

13 The I in team (Ecrit par David Fury, dirigé par James Contner)

Buffy prend très à cœur son arrivée au sein de l'Initiative, et en prime au plus près de Riley. Elle délaisse ses copains, son observateur, à tel point que Willow va chercher refuge auprès de sa nouvelle amie Tara. Mais Maggie Walsh, qui traficote des trucs en secret, veut-elle vraiment le bien de Buffy ?

14 Goodbye Iowa (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Solomon)

Les conséquences de la tentative d'assassinat de Buffy par Maggie Walsh, du meurtre de cette dernière par la créature Adam, et de la fuite enfin du monstre, sont variées, mouvementées, intéressantes. Willow et Tara se rapprochent de plus en plus, Riley perd les pédales... On en profite pour lancer un salut appuyé au Frankenstein de James Whale avec la créature Adam.

15 This year's girl (Ecrit par Doug Petrie, dirigé par Michael Gershman)

Une revenante : Faith sort du coma ! Non sans avoir une fois de plus partagé le même rêve que sa rivale, Dans lequel il est question de faire son lit, de la rancune de Faith d'avoir été poignardée, et aussi d'une mystérieuse « petite soeur ».

Faith finit, grâce à un gadget légué par Richard Wilkins, par échanger sa personnalité avec celle de...

16 Who are you ? (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

...Buffy n'est donc plus Buffy. Très bel épisode, dense et riche en interrogations. Pendant que Buffy/Faith doit lutter pour prouver qu'ele n'est pas la tueuse pirate, Faith/Buffy, sous son nouveau déguisement, essaie de semer la pagaille dans la vie de sa concurrente en profitant de lui avoir volé son apparence, mais ressent un besoin de faire la justice, qu'elle ne connait pas mais qui finit par prendre toute la place en elle.

17 Superstar (Ecrit par Jane Espenson, dirigé par David Grossman)

Le générique a changé, et en fait tout a changé. La seule chose qui semble en continuité avec le reste de la saison, c'est que nos héros sont bien nos héros avec leurs problèmes (Les conséquences du passage de Faith dans leur vie, la menace d'Adam, des vampires et des monstres, etc), mais ils sont éclipsés en tout par l'extraordinaire génie de... Jonathan. Danny Strong s'est fait plaisir, et ce script très malin rappelle que le mal peut venir de partout, que décidément, tout a des conséquences.

18 Where the wild things are (Ecrit par Tracey Forbes, dirigé par David Solomon)

Un petit ratage. A force de vouloir trop en faire, l'équipe se plante en créant un épisode de maison hantée non par des fantômes, mais par des pulsions érotiques incontrôlables. Buffy et Riley passent tout l'épisode au lit... La température monte, mais on s'ennuie, à part dans un moment de pur bonheur : Willow, Tara, Xander et Anya découvrent Giles chantant Behind blue eyes dans un café, et ils en restent bouche bée... et un peu embarrassés.

19 New moon rising (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par James Contner)

Oz revient, et se retrouve confronté à une situation inattendue : il a été remplacé dans le cœur de Willow par Tara... Qui elle-même n'en est pas très sure.

Et Buffy découvre donc que Willow a un amour "contre nature" . Sa réaction nous confirme une impression déjà forte : elle est un peu conservatrice, pour quelqu'un qui s'affiche avec des créatures surnaturelles, non ?

20 The Yoko factor (Ecrit par Doug Petrie, dirigé par David Grossman)

Whedon a tourné cette fois le curseur des forces du mal dans une direction inattendue, qui met un beau désordre dans le monde auparavant si tranché de Sunnydale.

Le titre est une allusion à Yolo Ono et sa supposée responsabilité (d'ailleurs démentie) dans a fin des Beatles : Adam cherche à éloigner nos héros les uns des autres, et utilise Spike pour parvenir à ses fins. En coulisses, Angel revient...

21 Primeval (Ecrit par David Fury, dirigé par James Contner)

Puisque on cherche à les désunir, les héros vont s'allier enfin, de nouveau, par la magie: sous la haute responsabilité de Giles qui trouve enfin quelque chose à faire au-delà de son rôle limité de conseiller, ils s'unissent en Buffy pour être tout-puissants, et défaire Adam... Episode rempli, hautement satisfaisant, qui laisse quelques mystères pour le 22e, et qui par contre clôt l'intrigue de la saison. Donc pourquoi un 22e ?

22 Restless (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

...Parce que si le thème de la saison est bien la séparation, il convient aussi d'examiner le cas de chacun des protagonistes, d'où ce merveilleux moment passé à voir les rêves respectifs de Willow, Xander, Giles et Buffy. Ils sont riches en notations magnifiques sur le caractère de chacun, l'insécurité de Willow, les angoisses de Xander quant à son avenir, et l'omniprésence du sexe dans son esprit, la difficulté de Giles à se voir comme autre chose qu'un professeur décalé par rapport à ses élèves … De son côté, Buffy reçoit la clé de l'énigme : leurs rêves sont tous envahis par un personnage mystérieux, l'esprit de la première tueuse qui a été 'dérangée' dans son sommeil éternel par le sort utilisé lors de l'épisode précédent. Tout a une conséquence, certes, mais tout est aussi annoncé. On parle, dans ces rêves, d'un certain nombre d'éléments futurs.

L'épisode, et la saison, se terminent donc sur un mystère : Buffy réalise, sans le comprendre, que Joyce a réaménagé une chambre.

Buffy the vampire slayer #4 (Joss Whedon, 1999-2000)
Buffy the vampire slayer #4 (Joss Whedon, 1999-2000)
Buffy the vampire slayer #4 (Joss Whedon, 1999-2000)
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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon TV
25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 10:21

La troisième saison de la série poursuit sur sa lancée, et continue à illustrer et chroniquer la vie des adolescents dans un lycée Américain, mais cette fois, c'est pour en finir une bonne fois pour toutes : s'avisant du fait que le lycée ne dure que trois ans, Whedon et son équipe ont donc prévu une sortie en beauté, des perspectives d'avenir, et des changements drastiques. Et du coup le sujet même de cette saison devient la sortie du lycée, le rite de passage qui contient sa dose de maturité, de remise en question, de choix difficile et de deuil. Tout ça sera donc contenu dans la progression de cette excellente saison.

Buffy va donc une fois de plus faire face à une tueuse différente, et après Kendra qui était si rigoureuse, la nouvelle, Faith (Eliza Dushku) est en réalité encore plus rebelle qu'elle, ce qui bien sur a pour effet de renvoyer d'elle-même une image à laquelle elle est peu habituée. Eliza Dushku est formidable, boule d'énergie qui trouve très vite s place, en reflet déformé de Buffy mais apte à se doter d'une vie propre. Poursuivant sa politique des poupées russes, Whedon introduit ici des méchants qui se font vite remplacer, avant d'asséner un coup de grâce : le "villain" viendra de là où on ne l'attend pas... Et les démons commencent à évoluer parmi les humains, en étant de moins en moins stigmatisés, et combattus.

L'extension de lunivers passe par une redéfinition du rapport de Buffy au conseil des observateurs, qui tentent de reprendre le dessus sur la jeune femme en dépéchant un envoyé, Wesley Wynda-Pryce, qui ne fera qu'accentuer le gouffre désormais creusé entre les instances et leur tueuse qui ne travaile bien qu'en équipe restreinte.

Agel revient de l'enfer, sans qu'on sache pourquoi... On voit ici l'équipe s'amuser avec la perspective de « tourner » Angel en vampire maléfique une fois de plus, mais l'essentiel du rôle du vampire avec une âme consiste à préparer son départ, autant dans l'intrigue de la série qu'en tant que future vedette de sa propre série.

Et les amis de Buffy continuent d'évoluer, Wilow dans sa maîtrise de la sorcellerie, mais aussi dans son affirmation d'elle-même. Elle, comme Xander, ont même leur épisode en solo, et les deux font partie de la rême de la saison. Xander, à ce propos, continue de se démarquer des autres : pas de talent particulier, des résultats scolaires médiocres, et une inimitié mordante pour Cordelia... Rien de nouveau ? Disons que le personnage ermet un ancrage de point de vue des « gens normaux », ce qui est appréciable.

1 Anne (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Buffy a disparu, d'autant qu'elle a aussi été virée par le principal Snyder. Giles la cherche, ses amis Willow, Xander, Cordelia et Oz qui doivent commencer sans elle une troisième année de lycée essaient tant bien que mal de la remplacer. Nous la suivons, quant à nous, à Los Angeles, où elle s'est réfugiée afin d'exorciser la décision qu'lle a prise récemment, de tuer son petit ami. Elle veut cesser d'exister, échapper à cette insupportable responsabilité qui consiste à sauver le monde. Mais une aventure à Los Angeles, manifestement un enfer sur terre, la pousse à se reconnaître, enfin, comme ce qu'elle est. L'épisode est crucial dans une saison qui va confirmer cette donne : la troisième et dernière année de lycée, c'est celle durant laquelle on termine le travail sur soi, et pour Buffy, ça prend évidemment des proportions cosmiques. Le début de saison est en demi-teintes, mais il est séduisant, et il change complètement de la routine...

2 Dead man's party (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par James Whitmore Jr)

Le retour de Buffy n'est évdemment pas anodin, il fallait au moins un épisode. Donc en apparence, on lui prépare une fête, mais en vérité, tout le monde lui fait un peu la tête. Et ce qui n'arrange rien, c'est que le mal qui la ronge, la mort nécessaire d'Angel qui venait de retrouver son âme, Buffy ne peut en parler à personne. Mais cet état de faits douloureux passe par du fun parfaitement assumé, avec une petite fête qui dégénère en bal des zombies, à l'aide d'un McGuffin fourni par Joyce ! Celle-ci, du reste, voit désormais le vrai quotidien de sa fille...

3 Faith, Hope and Trick (Ecrit par David Greenwalt, dirigé par James Contner)

Le titre s'explique facilement : Faith est donc le nom de la nouvelle tueuse... qui a un gros vampire dangereux aux trousses. Hope est le nom codé du nouveau petit ami potentiel de Buffy (Scott, de son prénom), un type normal et qui ne fera sans doute pas long feu. Et Trick est le nom d'un vampire qui va momentanément incarner une menace importante sur Buffy et Sunnydale. Mais soyons francs : ce qui est important, c'est d'une part l'arivée de Faith, . Son nom (la foi) lui permet de faire son devoir sans poser de questions, et elle y a pris goût : Faith est une tueuse, douée, sans merci, et qui aime la violence. La relation avec Buffy part très mal. D'autre part, un détail : Angel revient.

4 Beauty and the beasts (Ecrit par Marti Noxon, diirigé pr James Whitmore Jr)

...Et Buffy qui le recontre au hasard d'une chasse nocturne a donc appris le retour de son fiancé, qui revient choqué d'une dimension infernale. Elle s'interroge bien sur sur la marche à suivre, et se demande s'il redeviendra normal... Pendant qu'un phénomène mystérieux fait des victimes, des gens qui sont retrouvés horriblement mutilés. Le loup-garou Oz a-t-il tué ? La réponse permettra à Marti Noxon de faire passer un message en subtilité sur les femmes parfois victimes des hommes, les vrais, et le titre est à prendre dans ce sens.

5 Homecoming (Ecrit et dirigé par David Greenwalt)

Buffy essaie décidément de mettre de l'ordre dans sa vie...

Scott rompt avec elle, anéantissant du même coup le seul lien avec une vie de lycéenne à peu près normale qui lui restait. De son côté, Cordelia est affairée à devenir Homecoming Queen, ce qui augmente son comportement de personne persuadée d'être le centre du monde. Buffy décide de lui faire une sérieuse concurrence... Pendant ce temps, Trick lance une chasse à la tueuse, qui fait intervenir un certain nombre de personnages louches, et attire l'attention d'un nouveau personnage, le maire de la ville.

Et Xander et Willow font face à un développement inattendu de leur amitié...

6 Band candy (Ecrit par Jane Espenson, et dirigé par Michael Lange)

Episode fantastique, durant lequel Ethan Rayne est engagé par le maire et Trick pour organiser les confitions d'une cérémonie secrète : il s'agit de donner un tribut à un des démons qui permettent au maire de rester en place depuis, disons, fort longtemps... fin de rendre possible la fête, le chaos doit rêgner à Sunnydale. La mairie distribue des caisses de chocolat à l'école, et la mission des lycéens est d'en vendre à leurs parents. Mais les parents, rajeunis par le chocolat, commencent à perdre les pédales...

Faith est totalement absente, mais l'épisode est formidable de drôlerie, tout en fournissant un écho particulièrement pertinent à la frénésie de Xander et Willow qui arivent de moins en moins à contrôler leur attirance mutuelle.

7 Revelations (Ecrit par Doug Petrie et dirigé par James Contner)

Une nouvelle observatrice pour Faith, Gwendolyn Post, qui s'en prend à Giles et Buffy, arrive à un bien mauvais moment, car Xander a vu Buffy dans les bras d'Angel, et le révèle à ses amis. Faith se met donc en tête de le traietr comme tout vampire, pendant que Mrs Posts'avère être mue par des motifs peu glorieux... Il ressort de cet épisode que Buffy est au moins dotée d'amis, même si elle peut parfois en souffrir, au moins leur motivations sont-elles nobles. Faith affiche de plus en plus sa solitude.

8 Lovers walk (Ecrit par Dan Vebber, et dirigé par David Semel)

Ce formidable épisode se charge de ppermettre aux personnages de faire le point sur leurs relations respectives, et en particulier bien sur Xander et Willow qui « trompent » (chastement pour l'instant) leurs compagnon respectif l'un avec l'autre. C'est Spike, revenu à Sunnydale pour oublier ses conflits avec Drusilla, qui va donner l'occasion : il les enlève afin d'obliger Willow à lui confectionner un filtre d'amour pour Drusilla. Cordelia et Oz vont surprendre, en voulant les sauver, Xander et Willow en plein baiser, et Cordelia est blessée... Mais Spike va aussi faire sérieusement réfléchir Buffy et Angel en leur révélant à quel point ils sont incapables de rester amis. L'épisode est excellent de bout en bout, et nous donne un nouvel aperçu de l duplicité du maire Wilkins, dont on sent bien qu'il va apporter des ennuis.

9 Wish (Ecrit par Marti Noxon, et dirigé par David Greenwalt)

Cordelia identifie Buffy comme la source de tous ses maux, et regrette qu'elle ne soit jamais venue à Sunnydale... Devant Anya, démon de la vengea,ce,qui exauce ce vœu immédiatement. Tout ce qui suit découle logiquement du souhait de Cordelia, et éclaire un peu plus les personnages, qui sont vus en pleine crise. Willow en vampire est étonnante...

10 Amends (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Quel meilleur moyen dans un film Américain de symboliser le miracle de Noêl, qu'un peu de neige ? Bien sur, nous sommes au sud de la Californie, mais ce n'en est que plus remarquable... Cet épisode permet à Buffy et Angel d'affronter la réalité de leur situation, tout en offrant à Angel une occasion de souffrir vraiment : c'est la deuxième fois que le mal absolu, « the first », est mentionné...

11 Gingerbread (Ecrit par Jane Espenson et Thania St John, et dirigé par James Whitmore Jr)

Parce qu'en accompagnant sa fille sur une patrouille elle a vu les cadavres encore tous chauds de deux enfants, probablement tués par un culte de sorciers, Joyce Summers se lance das une croisade pour nettoyer la ville de tout ce qui est malsain. Une foule fanatisée, soutenue par le maire, s'en prend donc à tous les jeunes qui ne filent pas droit, et Buffy, Willow et Amy sont en première ligne...

Mais qui sont les deux enfants en question, et d'où viennent-ils ?

L'épisode montre bien le pouvoir de la foule, et la façon dont un soupçon de politique peut venir agiter une foule et transformer des braves gens en des fascistes, un thème totalement d'actualité hélas. Par ailleurs, l'épisode éclaire le rapport difficile de Willow à ses parents, d'une façon intéressante, et est l'occasion pour Amy de disparaître en beauté, en se métamorphosant en rat...

12 Helpless (Ecrit par David Fury, dirigé par James Contner)

Buffy décline. Pourquoi ? Il semble bien que Giles en sache plus qu'il ne l'admet...

Testée par le conseil ds observateurs, Buffy va prendre un peu plus son indépendance, et Giles va se faire virer...

13 The Zeppo (Ecrit par Dan Vebber, dirigé par James Whitmore Jr )

Zeppo Marx : des cinq frères, c'est le quatrième : il jouait l'élément raisonnable dans les films Paramount, et ses trois frères lui ont prié de ne plus apparaître à l'écran lors du passage à la MGM. Cordelia, qui a des références, indique donc à Xander qu'il n'a rien à faire avec les Buffy, Giles, Willow... Il n'est rien, et n'a rien pour lui, contrairement à Oz qui lui au moins est un loup-garou. Ca va être le point de départ d'un épisode complètement centré sur le personnage, auquel un certain nombre de choses vraiment intéressantes vont arriver, sans que jamais personne d'autre (Hum, à part Faith, qui partage une petite heure avec lui...) le sache. Ils étaient trop occupés à sauver le monde d'une apocalypse imminente.

14 Bad girls (Ecrit par Doug Petrie, dirigé par Michael Lange )

Après avoir patrouillé chacune de son côté, après s'être évitées même, les deux tueuses patrouillent et zigouillent les vampires ensemble, et Buffy se prend à voir les choses du côté de Faith : le plaisir de tuer, l'éveil sensoriel, et la tentation de laisse de côté ses chères études pour se laisse aller à la nature prédatrice de sa vocation... Seulement un homme est tué par erreur lors de leurs sorties...

De son côté, le maire Wilkins se révèle de plus en plus inquiétant... Pourtant ce ne sera pas lui la grande menace de cette saison...

A côté de cette sombre occurrence, l'épisode voit l'arrivée de Wesley Wyndam-Pryce, le nouvel observateur...

15 Consequences (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par Michael Gershman)

Le titre est on ne peut plus clair, et rappelle que tout a des conséquences justement. Ici, c'est le comportement de Faith qui pose problème. Elle va jusqu'à dénoncer Buffy pour le crime qu'elle a elle-même commis. L'épisode est dur, sombre et une fois de plus on voit que le mal est parfois tout proche...

16 Doppelgangland (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Une autre série de conséquences est à l'oeuvre ici : Anya, le démon qui avait enoyé Cordelia dans une autre dimension, a perdu son penditif qui lui permettait de conserver ses pouvoirs, et en fait il est perdu dans l'autre dimension, celle où Buffy n'habitait pas Sunnydale. Suite à une erreur de manipulation de Willow, à laquelle elle a demandé de l'aider dans un sort pour le récupérer, elles ont ramené un vampire de cette dimension, et non des moindes : Willow. L'épisode est hilarant, et c'est un festival de phrases à la Willow, de situations à la Willow, et elle va même apprendre des choses sur elle-même.

17 Enemies (Ecrit par Doug Petrie, dirigé par David Grossman)

Cette fois, Faith abat ses cartes : pour le compte du maire Wilkins, elle tente de « tourner » Angel en Angelus, et se révèle une ennemie très coriace... De leurs côtés, Agel et Buffy réalisent qu'ils sont dans une impasse amoureuse.

18 Earshot (Ecrit par Jane Espenson, dirigé par Regis Kimble)

Pour dévélopper un peu plus le concept du « tout a des conséquences » érigé en pierre fondatrice de la série, cet épisode utilise un prétexte simple : Buffy, en tuant un démon, a été « infectée » par lun de ses pouvoirs, et désormais entend les pensées des autres. Pittoresque au départ, utile ensuite, ça finit par être encombrant car le pouvoir s'installe, et elle entend vraiment tout : Xander ne pense qu'au sexe, que Cordelia ne fait aucune différence entre ses pensées et ses paroles, et Buffy apprend en entendant les pensées de sa mère qu'elle a couché avec Giles lors de l'épisode fameux des chocolats ensorcelés...

Mais surtout elle entend distinctement un tueur annoncer un carnage au lycée. Mais qui ?

Jonathan acquiert soudainement un relief phénoménl dans un épisode qui semble nous expliquer pourquoi on le voyait si souvent incarner l'étudiant lambda.

19 Choices (Ecrit par David Fury, dirigé par James Contner)

Le choix, c'est celui de l'avenir : la sortie du lycée se profile... Pour ceux qui survivront, bien sur. Pendant ce temps, le maire continue à préparer son « ascension », dont personne ne parvient à comprendre encore ce qu'elle représente, si ce n'est que le risque est énorme. Dans cet épisode, une fois de plus, la règle absolue du « mettre Willow en danger » est appliquée, ce qui a pour conséquences d'une part de lui montrer à elle-même qu'elle peut encaisser bien plus (Elle tue un vampire avec la magie), et d'autre part qu'elle va donc devoir résister aux sirènes d'Oxford, Harvard, Yale, etc, pour rester à Sunnydale. L'épisode se clôt sur une révélation inattendue à propos de Cordelia.

20 The prom (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Solomon)

Le choix, c'est le thème essentiel de cette saison, c'est aussi l'inévitable conclusion de l'étrange relation entre Angel et Buffy : alors que ses amis se préparent à affronter le départ du lycée le cœur relativement léger, Buffy entend Angel lui annoncer son départ définitif après la fin du lycée.

L'aboutissement de trois ans de lycée est donc pour elle essentiellement consacré à protéger les autres lycéens contre les inévitables attaques durant le « prom ». Elle y reçoit de Jonathan et de tous les autres lycéens, un vibrant et inattendu hommage. Néanmoins, on appréciera l'image de ces étudiants tellement rejetés par les autres qu'ils ont décidé de lâcher "les chiens de l'enfer" sur leur camarades.

21 Graduation day part 1 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

22 Graduation day part 2 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

L'aboutissement de cette saison est ultra-maîtrisé et permet de brasser les thèmes : la remise de diplômes comme rite de passage, finalité aboslue de trois années de lycée, départ vers l'ailleurs, et en même temps futile pince-fesses qui ne prend ici de l'intérêt que parce qu'on y a rendez-vus avec un démon... Comme d'habitude. Joss Whedon s'amuse une fois de plus à confondre la vie de ses personnages avec le show lui-même et à la veille de partir vers de nouvelles aventures... Fait exploser le lycée ! Nombreux en ont sans doute rêvé.

Les personnages arrivent exactement à ce point émotionnel d'incertitude fait d'un mélange de profonde satisfaction d'avoir été jusque là, et d'angoisse pour un avenir incertain. Certain se préparent à tirer leur révérence (Angel, Cordelia, Wesley), d'autres arrivent pour s'installer définitivement : Anya. Enfin, dans ce final en or, une connection étrange se fait jour entre Buffy et Faith. Ennemies, elles se rapprochent malgré tout, et apparaissent comme des sœurs. Ca coutera du sang, mais elles ont un lien, qui apparaît à travers un étrange rêve qui les voit partager le même inconscient. Et Joss Whedon y lâche, à travers les répliques de Faith, des indices cryptés sur la suite des événements, qui tendent à prouver qu'il a décidément prévu beaucoup de choses, longtemps avant...

Buffy the vampire slayer #3 (Joss Whedon, 1998-1999)
Buffy the vampire slayer #3 (Joss Whedon, 1998-1999)
Buffy the vampire slayer #3 (Joss Whedon, 1998-1999)
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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon TV
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 11:08

La deuxième saison de Buffy the vampire slayer est fantastique: c'est la véritable naissance de l'esprit de la série, et c'est là que se mettront en place les vrais thèmes de ce qui était jusqu'à présent une aimable bluette, métaphore des années adolescentes. Elle se transforme en un parcours qui vise désormais plus haut (La peinture de l'évolution d'une adolescente qui doit devenir une femme), et Joss Whedon jette ici les bases de tout un univers, dont certains développements attendront toute une saison... alors que d'autres attendront jusqu'à la septième, voire pour certains une autre série: Angel. Whedon et son équipe enrichie, et qui compte déjà en ses rangs des collaborateurs aussi cruciaux que Marti Noxon, David Fury ou David Greenwalt, se voient aussi allouer un budget conséquent, et le monde de Buffy est moins limité dans cette nouvelle saison. Nous verrons moins la boîte le Bronze, le lycée semble agrandi, certains appartements et maisons nous sont montrés alors qu'ils étaient ignorés dans la première saison: chez Angel, chez Giles aussi.

A côté de cette construction de nouveaux décors, la série détruit aussi: on prend une habitude, celle de voir le premier épisode d'une saison comme un jeu de destruction des acquis... Ca reviendra souvent. Et dans chaque série pilotée par Whedon, voire dans le deuxième film de la franchise The Avengers.

Et surtout, la série quitte à mon sens le tout-venant en lançant un personnage fabuleux, le genre de méchant que Buffy ne doit surtout pas tuer parce que sinon il manquerait trop! Il s'appelle Spike, est interprété par James Marsters, qui bien qu'Américain, lui a dégoté un fabuleux accent cockney, et il lance des répliques toutes plus drôles les une sque les autres. Et la cerise sur le gateau, c'est que dans l'ensemble, c'est juste un homme qui désire vivre aussi tranquillement que possible, en se battant à l'occasion, et en mangeant un humain ou deux. Le contraire des vampires mystiques de la première saison... Que Angel va devenir. Ce qui va pousser Spike à s'allier avec Buffy!

L'essentiel de l'intrigue de cette deuxième saison concerne pourtant un autre vampire: comme je le disais plus haut, le gentil Angel, vampire doté d'une âme, va la perdre et retomber dans le crime. Ca va aller loin, très loin, et ça passera par une thématique inattendue, car c'est lié à un motif permanent de la saison 2: les hormones! Ces jeunes gens ont 17 ans, et Buffy, Willow et Xander vont commencer à sentir des chatouillements là où il faut. Willow, après avoir attendu Xander tant d'années, se laisse tenter par une bluette avec le musicien Oz (Seth Green), un senior du lycée, laconique et intéressant (Voir plus bas); Xander succombe à l'inévitable: une idylle avec Cordelia Chase, celle qu'il prenait pour son ennemie naturelle, ce qui ne va pas les empêcher de continuer à se battre: enfin, Buffy concrétise ses amours avec Angel, et une nuit d'amour plus tard, s'en mordra sérieusement les doigts. Les adultes ne sont pas en reste, car d'une part Spike vit le parfait amour (Du moins pour un temps) avec la vampire folle Drusilla (Juliet Landau), les relations de Giles avec la belle Jenny se compliquent, et même Joyce Summers cherche l'âme soeur, dans un épisode mémorable.

Un apport significatif de la saison est le passage de témoin, de Jenny à Willow, qui va commencer à s'intéresser à la magie noire... Rétrospectivement, on sait maintenant qu'elle ne devrait pas! De leur côté, les rapports entre mère et file aussi se compliquent: Joyce a du mal à comprendre la vie de sa fille, dont elle finit par découvrir le secret à la fin de la saison. Et admettre à Giles qu'elle lui en veut d'avoir construit avec sa fille une relation père-fille bien plus complice que la sienne propre.

Certains personnages font un petit tour, d'autres resteront, et on apprend à y gérer de façon inattendue les rapports avec certaines créatures: un loup-garou s'avère être Oz, par exemple, ce qui oblige les humains à l'épargner; mais un ami peut aussi se transformer en ennemi, ce qu'indiquait déjà Xander dans un épisode de la première saison; ici, Buffy fait les frais de la transformation d'Angel en Angelus, mais elle subit aussi la trahison d'un ancien petit ami de L.A. Dans Lie to me. Enfin, on apprend dans cette saison riche que les personnages ne sont pas à l'abri. Kendra, une autre tueuse (Automatiquement “activée” par la mort de Buffy à l'épisode 12 de la première saison), mais aussi Jenny Calendar en feront les frais; de toute façon , toute la saison mène à une prise de décision douloureuse, liée à un choix dramatique, qui ne peut laisser tout le monde indemne...

Pour finir ce tour d'horizon, des personnages apparaissent, qui auront peut-être (ou pas) de l'importance plus tard: on appréciera en particulier les apparitions de Danny Strong, qui joue Jonathan Levinson, un petit lycéen râleur et souvent victime des circonstances, voire des monstres, dans certains épisodes: chaque apparition ressemble à un gag.

Pourtant...

1. When she was bad (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Le retour de Buffy s'effectue, naturellement, via la rentrée au lycée. Une scène d'ouverture sert non seulement à introduire l'épisode, mais aussi toute la saison, sa thématique, et... son atmosphère de surprises. Willow et Xander sont seuls, Buffy n'est pas encore rentrée de L.A. Et ils parlent. Un détail mineur, le fait que Willow a de la glace sur son nez, manque de les faire s'embrasser... Mais ils sont interrompus par un vampire, puis par Buffy, en pleine forme, qui tue l'importun. Le grand thème est donc installé, il sera question de la tentation, des désirs, du passage à l'acte... et des hormones, essentiellement. Pour le reste, Buffy promène sa mauvaise humeur durant tout l'épisode, en provoquant Xander de façon lamentable lors d'une danse plus que suggestive. L'idée était bien sur de rendre Angel jaloux...

Pour commencer une saison, on casse ses jouets : ici, c'est le squelette du « maître » qui en fait les frais, laissant derrière lui un gamin à la tête des vampires... Qui ne fera pas long feu.

C'est aussi la première fois que Whedon, pour agrémenter les soirées du « Bronze », la boîte de Sunnydale, fait appel à un groupe significatif. Buffy et Xander dansent donc sur la musique de Cibo Matto... à l'époque, le bassiste s'appelait Sean Lennon.

2. Some assembly required (Ecrit par Ty King et dirigé par Bruce Seth Green)

Un gamin a décidé de faire revivre son frère mort, façon Frankenstein. Mais le grand frère n'est pas satisfait : il veut une fiancée ! Il y a donc une menace sur Cordelia, une fois de plus... Outre l'hommage à Frankenstein, et le thème en continuité parfaite avec celui de la saison, cet épisode est une illustration de l'atmosphère qui s'éloigne de plus en plus du postulat adolescent de la première saison.

D'ailleurs, comme pour illustrer cette montée en grade, Giles commence une relation ouvertement amoureuse avec la jolie Ms Calendar... Celle-ci sera souvent contrariée... C'est le moins que l'on puisse dire !

3. School hard (Ecrit par Joss Whedon et David Greenwalt, et dirigé par John T. Kretchmer)

Episode crucial, School hard présente Spike, l'un des personnages les plus importants de la série, fait évoluer de manière significative la relation Joyce-Buffy, et permet à Whedon de finir de détruire son premier univers de vampires : avant, les sales bêtes sont organisées selon une hiérarchie vaguement mystique, avec un leader sentencieux, attaché à de vieilles reliques et des traditions antédiluviennes. Avec cet épisode, on fait table rase, pour donner à voir du vampire l'image essentiellement d'un charognard nomade, pas si éloigné du mode de vie solitaire et reclus de Angel, mais avec le mal en plus !

Joyce se rend donc à une soirée parents-professeurs au lycée, et découvre la vraie vie de sa fille, du moins certains aspects. Elle décide donc de lui laisser du champ, et de lui faire confiance, au gand dam du proviseur Snyder.

4. Inca mummy girl (Ecrit par Matt Kiene & Joe Reinkemeyer et dirigé par Ellen S. Pressman)

Un épisode moindre, mais une fois de plus relié à la thématique : Xander tombe amoureux de la correspondante étrangère de Buffy... Sauf que celle-ci s'avère être une momie Inca, qui se maintient en vie en tuant des jeunes hommes. Mineur, mais plaisant bien sur, avec la première apparition de Jonathan Levinson. Un autre personnage notable fait son apparition, le guitariste Oz, qui pour l'instant reste dans l'ombre, et repère Willow. Celle-ci l'intrigue beaucoup...

5. Reptile boy (Ecrit et dirigé par David Greenwalt)

Un autre épisode mineur, relié une fois de plus à la thématique du désir et des hormones : des étudiants kidnappent des jeunes femmes, dont Buffy et Cordelia, pour les offrir en sacrifice à leur dieu, le démon Machida, qui ressemble à une très longue quéquette. La blague est facile, mais la censure n'a rien vu venir ! Et l'épisode, qui montre Buffy quasiment charmée par Tom, l'un des étudiants, rappelle que le danger ne vient pas nécessairement des vampires... Jonathan et Oz reviennent.

6. Halloween (Ecrit par Carl Ellsworth et dirigé par Bruce Seth Green)

Un grand classique, avec l'apparition d'un personnage qui sert à éclairer le passé de Giles : Ethan Rayne est un ancien condisciple du Britannique, versé sur les arts occulte, mais qui a dédié lui sa vie au mal. Il lance un sort sur Sunnydale : pendant Halloween, les jeunes qui se sont fournis en déguisement dans son magasin vont devenir littéralement ce en quoi ils sont grimés: Xander un soldat efficace, Buffy une noble du XVIIIe siècle (Effrayée par un rien), et Willow un fantôme... Aperçue par Oz dans une scène en forme de running gag.

7. Lie to me (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

On monte d'un cran, avec un épisode grave, où Buffy s'interroge sur la finalité de ses relations avec son petit ami. C'est le moment qu'a choisi un ancien petit ami de L.A. Pour faire son apparition. Elle se verrait bien finir avec lui, mais Ford est en réalité de passage dans la série: il ne vient que pour attirer Buffy dans un piège. Il est mourant, et souhaite survivre en devenant un vampire... Il fait donc un marché avec Spike. A nouveau, on le voit, les relations amoureuses débouchent sur trahison, complexité, et déception. Et le thème du mensonge devient le fil rouge de l'épisode, qui nous rapporte une nouvelle dimension du personnage d'Angel et ses relations complexes avec ses semblables, mais aussi qui nous montre Buffy faire des choix de plus en plus difficiles.

8. The dark age (Ecrit par Dean Batali et Rob Des Hotel, dirigé par Bruce Seth Green)

Cet age sombre, c'est celui des vieux... dans cet épisode malin, on continue à jeter le trouble en s'intéressant une fois de plus au passé décidément étonnant de Rupert Giles : des amis à lui tentent de le contacter, et meurent, et ça le met dans des états pas possibles. On apprend que lorsqu'il était étudiant, il avait, avec quelques amis, fricoté un peu avec la sorcellerie, et ils s'étaient amusés à réveiller un démon... Qui ne les a pas oubliés, et vient désormais les tuer les uns après les autres. Il ne reste plus que deux d'entre eux, tous les deux condamnés à plus ou moins brève échéance : Giles, et... son étrange ennemi Ethan Rayne, qui revient donc montrer sa duplicité dans cet épisode. La métaphore du démon permet, pour une première fois, d'insérer une allusion aux déviances liées aux paradis artificiels : lorsque Giles parle de ses aventures avec la sorcellerie, le vocabulaire qu'il utilise est celui de l'addiction.

L'épisode éclaire la relation naissante entre Giles et Jenny d'une lumière troublante, d'autant que cette affaire de possession rejaillit sur la jeune femme, confirmant une des lois de la série : le mal atteint les autres, par ricochet. On le reverra bientôt de façon cinglante...

9. What's my line part 1 (Ecrit par Marti Noxon et Howard Gordon, dirigé par David Solomon)

10. What's my line part 2 (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Semel)

Tout ce qui arrive a une, ou des conséquences. Bon ou mauvais, tout incident dans la série aura des répercussions, bénéfiques, ou pas. C'est particulièrement rigoureux dans Buffy et Angel, et on le verra les scénaristes ne reculeront devant rien pour observer cette consigne à la lettre. Ces deux épisodes liés en sont la première preuve spectaculaire, introduisant un personnage inattendu mais logique : à la mort de chaque « tueuse », une autre apparaît pour prendre sa place. Ici, il s'agit de la Jamaïcaine Kendra (Bianca Lawson), qui est tout le contraire : elle a lu les manuels, ne passe pas son temps à autre chose qu'à son devoir, et manque cruellement de ressource dans certains cas. Elle manque aussi de distance, et bien sur manque de tuer Angel. La relation entre les deux tueuses est un ressort de comédie, mais fait ressortir aussi la spécificité, et la force (En même temps que le handicap), de Buffy : elle a des relations, des amis, bref, une famille !

On revoit Jonathan Levinson, pris en otage lors d'une tentative d'assassinat sur Buffy. De leur côté, Xander et Cordelia, isolés dans la maison de Buffy, en proie à une menace, se jettent l'un sur l'autre pour laisser lire cours à la montée de leurs hormones dans un baiser fougueux, il y en aura d'autres... Et Willow fait la connaissance de Oz, avec lequel elle sympathise. Elle va aussi, lors d'une scène, être sauvée par lui, qui prend une balle dans le bras à sa place... Ce qui le fait intégrer d'office le cercle des amis de Buffy, et on peut être sur qu'il va en souffrir. Willow comence à montrer des talents dans l'occulte, ce qui ne va pas s'arrêter là...

Spike et Drusilla, enfin, se révèlent un peu plus : ils sont venus à Sunnydale, pace que Spike est à la recherche d'une façon de soigner Drusilla, qui dépérit. Leur motif est finalement privé, ce qui les rend, surtout Spike du moins, relativement sympathique. Dans ce contexte, Buffy n'est pas une ennemie parce qu'elle lutte pour le bien, mais parce qu'elle les éloigne des chances de guérison de la vampire folle.

11. Ted (Ecrit par Joss Whedon et David Greenwalt, dirigé par Bruce Seth Green)

Ceci est un épisode de haute volée: Joyce Summers a été très occupée à son travail, et une conséquence intéressante : de plus elle a trouvé un petit ami, le sympathique Ted (John Ritter), qu'elle a décidée de ramener chez elle pour le présenter à Buffy. L'épisode tire donc parti d'un état de fait, et le scénario fait des merveilles avec... Ted, en effet, est tout sauf normal, et représente bien sur pour Buffy un danger potentiel qui aura sans doute des résonances chez tous les enfants de parents séparés. Et la relation qui s'établit entre elle et ce beau-père potentiel est un danger du quotidien, l'une des rares mais nécessaires intrusions de la série en terrain réaliste, avec même, dans un passage dramatique, une visite à la police, un signe que décidément la série peut nous surprendre avec un rien.

Par ailleurs, l'épisode contient aussi un nouveau développement de la relation entre Giles et Jenny, confirmant la thématique « amours adultes » de l'épisode. Mais pour faire bonne mesure, Xander et Cordelia continuent leur idylle secrète.

12. Bad eggs (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Greenwalt)

La responsabilité est sans doute l'un des mots-clés de l'univers de Buffy. C'est parce qu'elle est responsable que la tueuse doit veiller au grain, à la sécurité de toutes et tous, et à garder son secret en plus. Alors quand un professeur propose une expérience pour tester la responsibilité de ses élèves, dans le cadre de l'éducation sexuelle, et pour voir s'ils seraient capables de s'occuper d'un enfant, l'ironie fait que cette expérience dégénère avec des œufs bizarre, qu'on fait garder et surveiller par tous les élèves, et qui prennent possession d'eux. Et les seuls qui s'en tireront indemnes, seront Xander qui par feignantise a fait bouillir l'oeuf, et Buffy, qui va une fois de plus sauver la communauté sans que celle-ci s'en rend compte.

Jonathan Levinson refait une apparition désormais habituelle, sans pour autant qu'on lui accorde une importance quelconque, et Buffy et Angel parlent de leur engagement l'un avec l'autre, et même de l'avenir potentiel... Ce n'est jamais bon quand des personnages de cette série parlent d'avenir.

13. Surprise (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par Michael Lange)

…Et la confirmation de cette supputation n'attendra pas ! Surprise est le premier épisode d'un diptyque mémorable, décisif non seulement pour l'avenir de la série, mais aussi pour l'autre série qui en déculera, Angel. Il y est question d'une part des agissements de Drusilla et Spike pour se débarrasser de Buffy, ils ont cette fois contacté un mythique démon, le Juge, qui lutte contre le bien, et « qu'aucune arme forgée ne peut tuer », dit la légende. On y rappelle qu'Angel est un vampire dotée d'une âme, par la grâce d'une tribu de gitans qui l'ont ainsi condamné à l'éternel remords... Mais ce qu'on ne savait pas, c'est que Jenny en faisait partie. Ca restera un secret pour l'instant pour les autres personnages, mais ça jette le trouble, car on apprend aussi qu'une minute de bonheur pour le vampire annulerait le sort, et donc le priverait d'une âme.

Mais ce n'est pas le sujet : Buffy et Angel doivent en effet combattre Spike et Drusilla, et... dans le feu de l'action, se rapprochent de plus en plus. Ils vont passer à l'acte. Ils passent à l'acte. Et l'épisode s'arrête sur Angel pris de violentes convulsions...

Car le sujet, une fois de plus, est le désir, et le trouble né de cette impression que l'accomplissement du désir est inéluctable. La plupart du temps, cet accomplissement n'est que le début du bonheur...

14. Innocence (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Cet épisode concerne donc le lendemain de l'anniversaire de Buffy, lorsqu'elle vient de fêter ses 17 ans, et accessoirement de perdre sa virginité. Ce n'est en rien un détail, d'une part parce que les conséquences de l'acte seront cruciales (Angel redevient Angelus, car il a perdu son âme), et que le sous-texte de l'épisode est magistralement traité ; Buffy s'est faite avoir, et le garçon qui l'a possédée dans son lit la rejette. La douleur de la jeune femme est très impressionnante. A côté de ce drame si banal, les amis de Buffy ont aussi leurs problèmes : Willow découvre que Xander et Cordelia ont une petite intrigue secrète, et Giles comprend que Jenny leur a caché des choses. Enfin, cerise non négligeable sur le gâteau, Buffy contrecarre les plans des vampires en utilisant un bazooka, image certes un peu facile, mais ô combien efficace d'une revanche explosive sur la gent masculine. M'est avis que l'image de la frêle tueuse, portant ce symbole phallique et l'actionnant dans la galerie d'une supermarché, a du être un enjeu important pour l'équipe de geeks qui concoctent la série.

15. Phases (Ecrit par Dean Batali et Rob Des Hotel, dirigé par Bruce Seth Green)

Oz est un loup-garou, et à la fin, ce paradoxal avantage décide Willow a sortir avec lui... L'épisode est formidable, et nous rappelle un certain nombre de thèmes : derrière le mal, ou du moins les créatures maléfiques, il y a toujours des humains. Mais les humains en eux-mêmes ne sont pas forcément fréquentables, ainsi en est-il d'un chasseur de loups-garous qui lui est un super-connard. Sinon il est souvent question d'hormones, une fois de plus : Willow aimerait bien aller plus loin plus vite avec Oz, et Cordelia lance à Xander des appels du pied de plus en plus récurrents, de moins en moins discrets... qu'il ne repère jamais.

16. Bewitched, Bothered and Bewildered (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par James Contner)

Cordelia quite Xander parce qu'il est une entrave à sa popularité... Afin de se venger, il a recours à la sorcellerie. Il fait appel à Amy, la jeune fille victime des agissements surnaturels de sa mère dans l'épisode 3 de la première saison. Celle-ci lui concocte un petit sort supposé provoquer chez Cordelia un amour irrésistible pour lui, mais elle se trompe, et ce sont toutes les femmes SAUF Cordelia qui se trouvent affectées... Un épisode drôle, inventif, et plaisant, au terme duquel Cordelia prendra une décision qui l'honore...

17. Passion (Ecrit par Ty King, dirigé par Michael Gershman)

La “passion” du titre, c'est paradoxalement celle d'Angel pour Buffy, puisque pour se venger d'avoir eu des sentiments humains à son égard, il est décidé à lui en faire baver... Mais effectuera surtout un crime sans nom, immonde et qui prouve ne fois pour toutes que dans cette série on n'hésite pas à sacrifier des personnages importants. Introduit et conclu par la voix neutre d'Angel, cet épisode distille une poésie noire qui tranche définitivement sur l'atmosphère souvent légère de la série.

18. Killed by death (Ecrit par Dean Batali et Rob Des Hotel, dirigé par Deran Sarafian)

Un épisode mineur à la X-Files, qui voit Buffy quitter l'intrigue principale pour se rendre à l'hôpital, ou elle déjoue les plans d'un croquemitaine invisible...

19. I only have eyes for you (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par James Whitmore, Jr)

Lors d'une soirée festive, des étudiants possédés par les fantômes d'un couple maudit (Un élève du lycée qui avait tué la prof dont il était amoureux, en 1955), rejouent un drame passionnel, jusqu'à ce que le fantôme du garçon n'en appelle à Buffy. On quitte l'intrigue principale avec un épisode franchement poétique et très maîtrisé dont une scène permet à Buffy et Angel de se réunir...

20. Go fish (Ecrit par David Fury et Elin Hampton, dirigé par David Semel)

Encore un épisode mineur, cette fois centré sur les agissements du coach d'une équipe de natation pour donner plus d'efficacité à se nageurs. On apprécie la comédie, principalement grâce à Cordelia.

21. Becoming part 1 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

22. Becoming part 2 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Le premier épisode commence par un flashback, qui inaugure une série d'aller-retours sur la “vie” du vampire Angelus, de la rencontre fatale de l'humain Liam avec celle qui va le transformer, Darla (Julie Benz, déjà vue dans la saison 1, avant sa mort), jusqu'à l'arrivée du vampire désormais doté d'une âme à Los Angeles, pour veiller sur Buffy, avant son départ pour Sunnydale. C'est que Angel est véritablement le principal protagoniste de ce double épisode, qui voit la saison arriver à terme avec une surprenante noirceur... Car après avoir batifolé pendant 20 épisodes autour de ces désirs de jeunes et moins jeunes, l'heure est venue de prendre ses responsabilités, pour Buffy comme pour les autres: une tueuse de vampires doit tuer les vampires. C'est ce que lui rappelle Kendra, venue lui prêter main forte, mais elle ne survivra pas au premier épisode, tuée par Drusilla. Celle-ci passe de fofolle un peu folklorique, à folle furieuse, et particulièrement dangereuse... L'heure est venue aussi de former des alliances contre-nature: ainsi, pour contrer Angelus, Buffy doit-elle compter sur l'aide de Spike. Ce ne sera pas la dernière fois...

A la fin de la saison, Buffy a beaucoup appris, est devenue adulte: ça veut dire qu'elle souffre. On la reverra pour une troisième saison riche en promesses...

    Buffy the vampire slayer #2 (Created by Joss Whedon, 1997-1998)
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    Published by François Massarelli - dans Joss Whedon TV
    5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 09:36

    Buffy, c'est non seulement une série à succès, c'est aussi et surtout le point de départ de la partie vraiment intéressante de la carrière de Joss Whedon. De là, vont venir non seulement 144 épisodes de la série en sept saisons sur sept années, mais aussi un formidable spin-off (Angel) qui aura autant de succès, reprenant une partie de l'univers et des personnages sans jamais donner l'impression de répéter une formule, et élargissant le cadre de la série initiale à un monde plus adulte. Et puis il y a eu les autres séries, Firefly et Dollhouse, puis le cinéma, puis Marvel...

    Joss Whedon a tout gagné dans Buffy: sa crédibilité de scénariste, bien sur, en écrivant un nombre conséquent d'épisodes, mais aussi en supervisant les arcs de ce qui reste SA série, et à personne d'autre. Il a également fait ses premières armes de metteur en scène, en supervisant également la direction de ses petits camarades, étant constamment sur le plateau, mais aussi en dirigeant le 12e et dernier épisode de cette première saison: le meilleur, justement. Et il s'impose comme un dialoguiste virtuose, ce qui me rappelle un impératif absolu: à voir en VO. Pas d'autre solution si on veut véritablement en profiter!

    Buffy the vampire slayer (Fran Rubel Kuzui, 1992) est supposé être l'acte de naissance du concept, mais le film Fox, mal foutu et mal vendu, n'a pas grand intérêt. Il conte quand même ce qui reste la base de la série: afin que le monde dans lequel les forces occultes existent à notre insu, puisse tourner, chaque génération voit la naissance d'une jeune femme, dont le destin est de combattre les vampires et autres démons, en secret. Sa vie est tout le contraire d'une partie de plaisir, d'autant qu'elle ne vit généralement pas longtemps. Elle est aidée dans sa tâche ingrate par un "Observateur", un spécialiste tous terrains des forces du mal, tout aussi dévoué à une vie obscure et austère, et l'un et l'autre sont remplaçables en cas de mort subite... Mais Buffy, dans le film comme la série, est une adolescente Américaine dont la vocation primale reste justement d'être une ado, et elle supporte assez mal la charge de responsabilité qui lui incombe. Le film était prévu pour être une parodie, c'est un navet, on ne va pas en parler.

    Par contre, la série en reprend les contours, et permet à Whedon de vraiment s'amuser avec les personnages, tout en créant un univers de bande dessinée qui semble pénétrer notre monde de façon convaincante. Donc Buffy (Sarah Michelle Gellar) a seize ans, elle vient de déménager de L.A. (Son action occulte devant rester secrète, elle n'avait aucune bonne raison officielle de brûler le gymnase de son lycée!) et elle vient s'installer dans une nouvelle ville, la fictive Sunnydale; nouveau lycée, nouvelle ville, nouveaux amis, elle est naïve et s'imagine qu'elle est sortie de ce cauchemar... Mais non: d'une part, le nouveau documentaliste du lycée est son observateur, le Britannique Rupert Giles (Britannique jusqu'à la caricature, mais un personnage essentiel, attachant, et dont l'acteur Anthony Stewart Head saura faire évoluer les zones d'ombre, vers lesquelles Whedon aime tant que ses personnages se dirigent), et d'autre part, le déménagement à Sunnydale a une raison cosmique: c'est un endroit qui a la réputation d'être la bouche de l'enfer, l'activité démoniaque y est donc phénoménale... Il y a du boulot! Et la cerise sur le gâteau, c'est la façon dont Whedon dès le départ rappelle que le pouvoir est aux femmes. Un élément essentiel, et un véritable arc sur l'ensemble des sept saisons, et un "féminisme" Whedonien qu'on retrouvera aussi dans Angel, Firefly, Dollhouse et dans les longs métrages.

    La première saison installe donc la situation, qui mêle joyeusement tout cet univers fantastique singulier, et une atmosphère de série adolescente typique: pour Buffy, la super-héroïne qui commence à comprendre que ses super-pouvoirs sont une tare, comment vivre une vie normale, avoir des amis, un petit ami, etc... Comment vivre une vie de famille dans laquelle sa mère (Kristine Sutherland), séparée de son père, peut avoir pour elle des espoirs d'avenir, même si elle ne se doute absolument pas de la vraie vie de sa fille. Comment concilier une vie de bagarre intense et de sorties nocturnes à chasser les créatures interlopes, avec les devoirs, et enfin, le pire: dans un univers aussi dégueulasse que le lycée Américain, comment ne pas passer pour une folle, et ne pas se faire rejeter de partout par tous, quand on passe son temps à donner des bourre-pifs aux vampires que personne ne semble voir? La série développe aussi une métaphore de la société, vue comme une jungle dans laquelle les gens doivent s'organiser en familles pour survivre. Un thème qui reste très présent dans le reste de la carrière de Whedon.

    Cette première saison est courte, 12 épisodes seulement. C'était un galop d'essai, qui permet à Whedon d'installer ses pions, et de développer quelques personnages, outre Buffy, et Giles déjà mentionnés, on découvre les amis proches de Buffy, la très intelligente Willow Rosenberg (Alyson Hannigan), élève surdouée, mais sans aucun talent pour s'insérer dans le monde ingrat de son lycée, et Xander (Nicholas Brendon), un ado assez typique, mais considéré lui aussi comme un loser. Son obsession de garçon, il a seize ans après tout, l'empêche de se focaliser sur autre chose que le fait de séduire Buffy, et le fait qu'elle soit plus forte que lui n'arrange pas les choses. Willow est amoureuse de lui, sans succès. A noter, les deux acteurs sont plutôt versés vers la comédie, un choix que Whedon privilégiera constamment. Joyce Summers, la maman de Buffy, est une mère inquiète pour l'avenir de sa fille, et totalement ignorante de la vérité. Ca ne durera pas... Deux personnages seulement pour l'instant complètent ce panorama: une lycéenne, Cordelia Chase (Charisma Carpenter), bourgeoise, hautaine, belle et sure de sa supériorité. Elle aussi sait que le lycée est une jungle dans laquelle il fait manger les autres, elle a choisi de se placer au sommet. Pour elle, Buffy et les autres ne sont que des losers, mais elle aura une autre utilité que celle de n'être qu'une caricature, et le personnage aura une évolution formidable dans la série Angel... Angel, justement, apparaît dès le premier épisode, c'est un mystérieux allié qui vient parfois en aide à Buffy avant de disparaître. Qui est-il? d'où vient-il? que veut-il? ...et pourquoi est-il si attirant, pourrait-on ajouter: c'est David Boreanaz qui interprète le garçon qui doit faire chavirer le coeur de Buffy, et qui va amener un certain nombre de péripéties...

    Comme toutes les autres saisons, celle-ci est organisée autour d'une année scolaire, et apporte un aspect de la vie de Buffy: dans ce cas, concilier le fait d'avoir seize ans et des amis, et la responsabilité de défendre le monde contre le mal.

    1. Welcome to the hellmouth (Ecrit par Joss Whedon, dirigé par Charles Martin Smith)

    Le pilote voit Buffy s'installer dans sa nouvelle vie, découvrir que celle-ci n'est pas si éloignée de l'ancienne, et commencer à se battre contre les vampires de Sunnydale, parmi lesquels le Maître (Mark Metcalf), un vieux vampire coincé dans sa dimension, qui a besoin de destruction et de la mort des adolescents pour sortir et continuer le massacre. C'est l'enjeu de la saison, et le fil rouge des douze épisodes. Il fallait bien commencer, pourrait-on dire! Sinon, Buffy rencontre ses amis, et tente de les préserver de la vérité, ce qui ne durera pas longtemps... Elle fait aussi sa première rencontre avec Angel, ainsi qu'avec Darla (Julie Benz), une vampire qui mourra assez rapidement dans la série, mais reviendra d'une certaine façon... Symboliquement, c'est elle qui ouvre le bal dans le pré-générique: jeune femme séduisante en accoutrement de lycéenne, elle nous prend par surprise lorsqu'elle se révèle être une vampire, installant la métaphore essentielle de cette série: l'adolescence, c'est la jungle. Et par ailleurs, on devra prendre l'habitude de ces surprises...

    2. The harvest (Ecrit par Joss Whedon, dirigé par John Kretchmer)

    La suite du précédent, qui clôt la première salve de rencontres avec les vampires, et finit d'installer le dispositif: Buffy, Willow et Xander passent le plus clair de leur temps au lycée à la bibliothèque, l'endroit que personne ne vient jamais visiter, et s'y préparent à sauver le monde.

    3. Witch (Ecrit par Dana Reston, dirigé par Stephen Cragg)

    Buffy, et Cordelia aussi, affrontent une autre lycéenne qui comme elle a décidé de tenter de joindre l'équipe des cheerleaders. Mais elle utilise à cet effet de la sorcellerie. La compétition entre les jeunes femmes, très réaliste finalement, permet donc la première apparition du thème de la sorcellerie dans Buffy, qui reviendra et permettra toutes les métaphores... Un personnage ici aussi aura des répercussions sur l'avenir de la série, celui d'Amy (Elisabeth Anne Allen), qui illustrera plus tard le précepte Whedonien selon lequel il ne fait jamais se fier à un ami...

    4. Teacher's pet (Ecrit par David Greenwalt, dirigé par Bruce Seth Green)

    Premier épisode dans lequel l'intrigue repose sur les hormones, celles-là même qui seront le principal enjeu de la seconde saison. Un professeur a disparu, il est remplacée par une jeune femme tellement séduisante que tous les adolescents sont motivés pour faire des heures supplémentaires... Mais elle est en fait une prédatrice particulièrement dangereuse. C'est Xander qui va prendre un gros risque ici...

    5. Never kill a boy on a first date (Ecrit par Rob Des Hotel & Dean Batali, dirigé par David Semel)

    La question essentielle de l'univers de l'adolescente Buffy, comment concilier une vie d'expérimentation amoureuse avec la responsabilité de sauver le monde; obtient une réponse cinglante ici: on ne peut pas.

    6. The pack (Ecrit par Matt Kiene & Joe Reinkemeyer, dirigé par Bruce Seth Green)

    Un présupposé faiblard (Des hyènes ensorcelées possèdent l'esprit de lycéens) donne au moins lieu à deux idées de génie: une parfaite métaphore du mode de fonctionnement rendu possible et même encouragé par la société Aéricaine au lycée: exclure, rejeter les autres afin d'exister soi-même. C'est troublant que ce soit le gentil Xander qui tout à coup se mette à rejeter sa meilleure amie Willow. D'autre part il est question ici d'un proviseur de lycée qui se fait bouffer. Cruel.

    7. Angel (Ecrit par David Greenwalt, dirigé par Scott Brazil)

    Dans lequel on découvre un élément essentiel de l'histoire, à savoir l'identité réelle de l'étrange Angel. Et cette découverte a lieu à un moment crucial, alors que Buffy et lui échangeaient un baiser passionné. Et la découverte a le résultat infortuné de gâcher le plaisir, je peux vous le dire... Ce ne sera pas la dernière fois. Un épisode dans lequel le groupe constitué autour de Buffy et Giles remet bien des choses en question... C'est aussi le premier épisode 7, un passage qui traditionnellement sera systématiquement l'occasion de jeter un défi particulier au spectateur dans toutes les saisons qui suivront. Un autre élément notable ici, est le fait qu'en dépit des efforts de l'héroïne pur compartimenter sa vie, sa mère rencontre aussi bien Giles que le mystérieux Angel.

    8. I robot, you Jane (Ecrit par Ashley Gable & Thomas A. Swyden, dirigé par Stephen Posey)

    Willow se fait un ami sur internet, et il y a des chances que ça devienne sérieux, mais... C'est un démon qui possède l'ordinateur, et elle est en danger. Un épisode très faiblard, qui permet au moins de sacrifier à une tendance de la série: en cas de panne d'inspiration, mettre Willow en danger ça marche toujours! Et on découvre ici un nouveau personnage attachant, Jenny Calendar (Robia La Morte), une prof d'informatique adepte par ailleurs du paganisme, et d'autres joyeusetés proches de la sorcellerie. Elle va vite devenir une alliée, ainsi qu'une preuve du fait que toutes ces horreurs et phénomènes surnaturels, ça se voit quand même comme le nez au milieu de la figure.

    9. The puppet show (Ecrit par David Greenwalt, dirigé par Bruce Seth Green)

    Un nouveau venu, le principal Snyder (Armin Shimerman) qui remplace l'infortuné Flutie, mangé par des élèves (Je ne m'en lasse pas) a charge d'incarner ce que ni Giles ni Joyce Summers ne sont: la menace adulte. L'incompréhension, l'impossibilité de se mettre dans la peau d'un ado pour le comprendre... Et il est un fabuleux personnage de comédie, qui aura très peu de zones d'ombre, c'est suffisamment rare pour être souligné. Pour le reste, un épisode amusant dans lequel le nouveau proviseur organise une journée des talents qui se transforme en une série de punitions. La relation difficile entre Snyder et Buffy, Willow et Xander commence ici...

    10. Nightmares (Ecrit par David Greenwalt d'après Joss Whedon, dirigé par Bruce Seth Green)

    Un petit garçon dans le coma communique via ses cauchemars avec Buffy et se amis pour les appeler au secours. Un épisode de X-Files dans Buffy! Beaucoup d'humour ici, qui sauve un peu le tout. On est clairement dans la partie molle de la saison...

    11. Out of mind, out of sight (Ecrit par Ashley Gable & Thomas A. Swyden d'après Joss Whedon, dirigé par Reza Badiyi)

    Encore une métaphore riche; une étudiante a été tellement rejetée qu'elle est devenue invisible...Avant de devenir homicide. Evidemment, Cordelia Chase, la fille la plus populaire du lycée, va en faire les frais... Premier rapprochement significatif de cette dernière avec les héros.

    12. Prophecy girl (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

    Pour le dernier épisode, Whedon accède à la réalisation, et fait en sorte que tous les petits cailloux qu'il a plantés sur le chemin arrivent à bon port. Et il le fait dans le care logique d'une fin d'année: les jeunes s'apprêtent à partir en vacances, et il y a une célébration de fin des cours... Il y a aussi une apocalypse à venir: tremblements de terre, robinets qui crachent du sang... la maître est sur le point de gagner sa liberté, et Buffy qui n'en peut plus de la pression, apprend en entendant Giles et Angel discuter qu'elle est supposée mourir des mains du vieux vampire. elle démissionne donc...

    Ca ne durera pas, mais il se passe un événement significatif, et qui aura des répercussions. Buffy meurt.

    Ce n'est, après tout, que la première fois... Fidèle à ce qui deviendra une manie chez lui, Whedon casse ses jouets, la seule façon pour lui de renouveler son univers... La aussi ce ne sera pas la dernière fois!

    On notera que cet épisode sert de conclusion à la première saison, mais aurait tout aussi bien pu être la fin de la série entière si celle-ci n'avait pas été renouvelée. En ce cas, on aurait perdu des occasions mémorables... A suivre, donc.

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    Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Télévision
    27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 11:22

    Cherchons les causes partout où elles se trouvent: les gens de Marvel ne doutent de rien, surtout pas du fait qu'on n'a autre chose à faire que de tenir une comptabilité de qui fait quoi, de qui est quoi, et d'où donc en sont les super-héros ballottés entre leur écrie d'origine (Le S.H.I.E.L.D.) et leurs allégeances plus ou moins privées, on n'est pas non plus forcément à jour de qui ces gens combattent, et des menaces qui planent sur le monde dans cet univers d'apocalypse quotidiennes. Et comme avec le deuxième Iron Man, les gens de Marvel ont tellement pris la grosse tête qu'ils en finissent par ne plus finir leurs films avant de les livrer en pâture au public qui est supposé dire merci, encore.

    Et si il fallait savoir s'arrêter? Un film Avengers, c'est bien, c'est un excellent divertissement, dans lequel Joss Whedon a su intégrer ses obsessions personnelles, sur la fragilité humaine, les sentiments, le doute à l'heure du choix, et tout un tas d'autre choses qu'il sait si bien mettre en perspective au milieu de grosses bastons qui prennent toute la place. Comme à ce niveau tout a été dit, ici, il n'y a plus que de la baston, concentrée. Quel ennui... Ce film ne s'imposait donc absolument pas, pas plus qu'on est obligé de le regarder. Les établissements Marvel peuvent continuer à faire leur petit truc dans leur coin, on n'est pas obligé de les suivre. Et ça, c'est une bonne nouvelle, non?

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    Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Navets Marvel Science-fiction
    4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 07:48

    Whedon ne fait rien comme tout le monde, et même si c'est en train de devenir partie intégrante de son image publique, un peu de la façon dont auparavant Tim Burton par exemple a été labellisé puis absorbé dans le sillage de son propre culte, on aime cette vision décalée, cette façon de prendre Hollywood, et le monde de la télévision, avec une approche systématiquement différente. Mais jusqu'à présent, l'heureux papa de Buffy the vampire slayer et Angel, le bienheureux metteur en scène des Avengers, le géniteur presque secret de Dollhouse et Firefly a pu s'imposer en auteur, comprendre essentiellement en scénariste autant, sinon plus, qu'en réalisateur ou producteur: ce qui lie les 144 épisodes de Buffy, par exemple, ce sont les personnages, le contexte particulier, et le talent à mettre en mots les situations rocambolesques vues à l'écran. Des critiques ont d'ailleurs parlé de 'Whedonese' pour désigner le langage particulier, fait de mots ou expressions altérés, de timing parfait et d'invention burlesque utilisé pour verbaliser les apocalypses généralement mise en scène par le monsieur ou par les réalisateurs (Drew Goddard, Tim Minear, ...) des épisodes des séries concernées. C'est pourquoi on n'imaginait pas Whedon s'attaquer à Shakespeare. Non pour des questions de noblesse ou d'intellect, ou quoi que ce soit d'autre, la culture du monsieur ne faisant aucun doute, mais envisager un film de Joss Whedon dont ce dernier n'aurait pas assuré ou supervisé le dialogue était jusqu'à présent bien difficile. Comment du reste imposer à un film adapté d'une comédie de Shakespeare une réplique aussi établie que le fameux "We've got a Hulk" de Iron Man (The avengers), ou le magnifique échange entre Nathan Fillion et Alan Tudyk qui ouvre Serenity:

     

    Wash (Tudyk): This landing is gonna get pretty interesting.

    Mal (Fillion): Define "interesting".

    Wash: Oh God, oh God, we're all going to die?

     

    (Wash: cet atterissage va être particulièrement intéressant.

    Mal: Donne-moi une définition de "intéressant".

    Wash: "Mon dieu, mon dieu, nous allons tous mourir!")

     

    Donc, dans ce film tourné dans sa propre maison de Santa Monica, avec des acteurs qui sont venus vêtus de leurs propres habits (Comme pour la web-série Dr Horrible), Whedon a tourné en douze jours avec une équipe réduite, en vidéo numérique et en noir et blanc, une adaptation de Much ado about nothing, "beaucoup de bruit pour rien", l'une des plus connues, et plus réjouissantes, comédies du barde. Les acteurs ont été choisis comme d'habitude par Whedon, en raison de leur capacité à varier les émotions, et si la plupart sont issus de la comédie, beaucoup viennent de la télévision, et ce ne sera pas une surprise quand on connait Whedon, une grande partie d'entre eux viennent justement de l'univers Whedonien: pour commencer, les deux principaux acteurs, Amy Acker (Beatrice) et Alexis Denisof (Benedick) ont déjà incarné une paire amoureuse comique et compliquée avant que ça ne vire au noir, dans la série Angel; les deux 'adultes', Leonato et le prince Pedro, sont interprétés par Clark Gregg (The Avengers) et Reed Diamond (Dollhouse). Fran Kranz (Dollhouse) est ici Claudio, le fougueux amoureux d'Hero, et Sean Maher (Firefly) est le méchant Prince félon qui va précipiter le drame... On se réjouit de voir Nathan Fillion (Firefly, Buffy) et Tom Lenk (Buffy) se partager les rôles des pandores profondément stupides, qui malgré eux et malgré leur lourdeur font grandement progresser l'action tout en commettant d'odieux crimes contre la langue Anglaise...

     

    Rappelons l'intrigue de cette pièce, située à Messine dans l'original, et visible à Santa Monica, de nos jours dans le film: lors d'une fête organisée pour le retour des héros de la guerre, le prince Pedro est venu avec le jeune Claudio chez son ami Leonato. Claudio tombe amoureux de la fille de celui-ci, Hero, et Beatrice la cousine de cette dernière se fait une fois de plus remarquer par ses chamailleries constantes avec Benedick, un des valeurreux compagnons de Pedro. Tout en arragent le mariage de Claudio et Hero, la compagnie va pousser les deux querelleurs impénitents à reconnaitre leur amour...

     

    Ce n'est pas la première fois que Much ado about nothing est adapté au cinéma, avec un changement d'époque à la clé. La plus connue des versions précédentes, celle de Kenneth Branagh (1993) était tournée en Toscane, située vaguement dans un XIXe siècle approximatif, et comptait dans sa distribution un mélange déjà aventureux d'Américains et d'Anglais. Mais cette nouvelle version plaque le texte de Shakespeare sur une situation moderne, et de fait, ici, pas de tricherie (A part le recadrage inévitable d'une réplique attaquant les Juifs dans le texte original, impossible à justifier, et hors contexte de toute façon, et une légère condensation du texte original): c'est du Shakespeare pur jus. Mais la nouveauté, c'est qu'aucun des acteurs Américains ici présents ne tente de se faire passer pour Anglais, et que le texte passe très bien, sans heurts, de façon, mais oui, naturelle. Force reste bien sur à la comédie, que Whedon a su rendre très visuelle (En laissant Denisof et Acker faire l'essentiel du travail de comédie corporelle), et l'énergie déployée par tous, ainsi qu'une technique essentiellement de caméra à l'épaule (Dans une vraie maison, ce qui a du poser de nombreux problèmes techniques, n'en doutons pas) finissent par donner une robuste version d'une comédie déjà alerte. Contrairement à Branagh qui profitait de décors grandioses situés autour  de la belle propriété dont il faisait le théâtre des opérations, jamais Whedon et ses acteurs ne sortent de la maison et du petit (Tout est relatif) jardin attenant...

    

    Parler de l'amour en des termes moins noirs qu'à l'habitude, c'est ce que Shakespeare aura permis à Whedon de faire ici, puisqu'on sait que l'une des lois qui régit le petit monde de l'auteur de Buffy, c'est que lorsqu'une histoire permet à un couple de vivre heureux ou d'exprimer leur amour dans l'espoir de le partager longtemps (Willow, Tara; Wash, Zoe; Angel, Cordelia...),  le désatre est inévitable. On aurait assez facilement attendu que Whedon s'attaque à Romeo and Juliet, bien sur! Pourtant, dans cette pièce, le barde William Shakespeare montre au contraire deux amours contrariés qui vont éventuellement triompher des barrières qui viennent se dresser devant les couples. Mais devant ce qui est bien sur la peinture d'une crise, on devine quelques secrets inavouables. Pour commencer, de quelle guerre reviennent ces messieurs en costumes, qui sortent de limousines dans lesquelles des pandores patibulaires les accompagnent? Ou sommes-nous exactement, et qui sont ces 'voisins' subalternes qui veillent au grain, agents de sécurité, agents secrets? Ensuite et surtout, Whedon a donné corps de façon insideuse à une réplique de la pièce, qui laissait entendre que Benedick et Beatrice avaient déjà été atirés l'un vers l'autre avant de devenir des querelleurs impénitents. Un flashback qui les montre faire l'amour confirme que les deux tourteraux, qui vont répondre de façon positive à leur affection mutuelle essentiellement par le biais d'un stratagème de leurs amis, n'en sont pas à leur coup d'essai. Et l'ouverture du film, détachée de tout contexte, nous montre un Benedick sombre qui quitte le lit de Beatrice, un matin. Ils se sont disputés, sans doute. Mais cette scène d'ouverture, qu'aucune explication ne viendra nous permettre de situer, est-elle supposée s'être passée avant ou après le film? Nul ne le saura, évidemment...

    

    Aucun besoin d'appropriation de toute façon dans ce qui est une respectueuse expérience: Much ado about nothing est un film-hommage, à Shakespeare, et aux possibilités ouvertes du cinéma, permettant de passer du tournage monstre d'un blockbuster (The avengers) à la confection en douze jours d'une petite adaptation, tournée avec des amis chez lui. Et en prime, c'est un hommage amusé et amoureux aux acteurs qui sont tous venus en amis, et ont pris un malin plaisir à relever le défi, non seulement de parler le Shakespeare avec talent, mais aussi de s'exposer à des critiques qui ne manqueront pas de venir tenter de prouver que ce film n'était comme dit la formule consacrée, "ni fait ni à faire". Peu importe, car le résultat, dans un noir et blanc numérique qui ne s'imposait sans doute pas au-delà du marquage net d'une différenciation du film par rapport aux sagas de science-fiction qui ont fait la célébrité de Whedon, est une réussite, un film attachant, plein d'énergie, drôle au-delà du plaisir de retrouver des têtes familières dans des rôles inattendus. C'est un plaisir de cinéma, de texte aussi, qui réussit à laisser la pièce de Shakespeare à sa dimension de comédie impertinente, spirituelle, et physique.

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    Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Shakespeare
    22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 08:51

    Firefly est un accident de l'histoire, une de ces séries qui ont souffert de la pléthore des années 2000 sur les networks Américaines; de plus, le temps de plus en plus court durant lequel toute série doit faire ses preuves, et le manque d'enthousiasme des chaines en ont eu la peau alors que seuls 14 épisodes en avaient été réalisés, dont seuls 4 ont été diffusés. Joss Whedon, heureux papa de Buffy the Vampire Slayer et Angel, avait réussi à se lancer en compagnie de son complice Tim Minear dans un show de science-fiction innovant qui venait à point nommé pour le sortir de sa routine: d'une part, un univers futuriste original et particulièrement bien campé, montrant comment l'humanité avait évolué en quittant la terre devenue trop petite (Et désormais obsolète, devenue quasi mythique sous le nom de 'Earth that was', la Terre-qui-n'est-plus), en créant des mondes à l'extérieur de notre univers dans une nouvelle galaxie; on y "terraformate" les planètes avant de les coloniser, et ceci résulte en une des meilleures idées de la série: les gens n'y sont pas des guerriers en uniforme plastique, des Flash Gordon conducteurs de Falcon Millenium où des scientifiques en pyjama moulant: ce sont des pionniers, des gens qui vont conquérir l'espace avec de la boue sur les bottes, des ruraux qui refont le monde à partir de la base: Firefly était, après tout, un héritier paradoxal du western tout autant que de la science-fiction. Au milieu de tout cet univers cohérent et particulièrement séduisant, Whedon a introduit un passé qui incorpore une ligne de rupture dans l'humanité: après quelques années de cette nouvelle ère, une Alliance des planètes s'était formée dans le but d'assoir le contrôle de tout l'univers, afin de créer in fine une société sans crime, sans oppression, sans péché... que les gens le souhaitent ou non: cette tentation totalitaire n'a évidemment pas été du gout de tous, et une guerre a donc eu lieu, dont le point d'orgue, le baroud d'honneur des indépendants, fut la bataille de Serenity Valley, la vallée de la Sérénité. L'alliance y a écrasé les derniers rebelles, et deux d'entre eux se sont donc retrouvés sur le carreau, avec une forte envie de ne pas se plier aux règles: ils ont donc acheté un vaisseau, un Firefly (Un gros machin qui ressemble à une luciole, d'où le nom), l'ont inévitablement appelé Serenity, et se sont lancé dans le commerce et le transport de marchandises, disons... Parallèle!

     

    Le capitaine (Anciennement sergent dans l'armée indépendante) Malcolm Reynolds (Nathan Fillion), flanqué de son second Zoe (Gina Torres) sont donc les premiers matelots du Firefly, vite rejoints par une mécanicienne de génie, Kaylee (Jewel Staite) et un pilote sans faille, Wash (Alan Tudyk), qui va d'ailleurs séduire Zoe, et l'épouser. Pour compléter l'équipage, un mercenaire a été engagé, une grosse brute sans aucun scrupule, sans principes, à surveiller donc, qui va parfois amener des ennuis plus gros que lui: Jayne Cobb (Adam Baldwin). En plus de cet équipage prèt à tout affronter, le Firefly Serenity accueillera aussi des passagers, dont quatre vont devenir permanents: tout d'abord, déjà présente au sein de la petite famille quand la série commence, Inara (Morena Baccarin) est une "compagne", soit une prostituée de luxe, mais en plus compliqué: c'est un métier de prestige, qui apporte au Serenity un air de respectabilité. Inara est très bien intégrée sur le vaisseau, même si elle bénéficie de son indépendance, louant une navette ou elle vit, et parfois officie. Le prêtre ('Shepherd', c'est-à-dire berger) Book (Ron Glass) est un sexagénaire qui est venu sur le tard à la prêtrise, et s'intègre très bien lui aussi à l'univers du vaisseau; enfin, Simon et River Tam, arrivés sur le vaisseau lors du premier épisode, soit en même temps que Book, sont des fuyards, des transfuges de l'autre monde, celui de l'alliance, dont leurs parents riches furent des soutiens de poids; ils se sont échappé car River, enfant prodige, était la prisonnière des scientifiques de l'Alliance, qui l'utilisaient comme cobaye; Simon, jeune médecin surdoué, a tout plaqué pour sauver sa soeur, et l'a introduite en contrebande sur le Serenity, mais leur statut de fugitifs a sans doute empêché Malcolm de les dénoncer; si les services du médecin (Sean Maher) vont vite s'avérer utiles, l'incontrôlabilité de River (Summer Glau) sera vite un problème, en particulier pour Jayne...

     

    L'univers, en dehors de cette famille  paradoxalement assemblée par un esprit de résistance partagé officiellement par seulement deux membres (Le capitaine Mal Reynolds et Zoe), est constitué comme je le disais de dizaines de planètes en des états variés d'acclimatation et d'installation, dépendant des intérêts de grands groupes industriels, de tripatouillages diplomatiques et bien sur de la richesse, ou de son absence, des habitants. L'ethnocentrisme Anglo-Saxon voire Américain, une erreur autrefois commune des sagas de Science-fiction a été évitée, puisque l'univers y est essentiellement d'inspiration Chinoise, et la première religion est le bouddhisme, conférant d'ailleurs eu prêtre Book (Chrétien) un aspect gentiment exotique. Un calcul simple: dans plusieurs siècles, les Chinois seront tellement nombreux... Le chinois envahit dont tout, et reste la principale langue pour la grossièreté, une ficelle qui permet à Whedon de nous montrer des gens qui sont certes fort grossiers, mais sans jamais traduire les insultes, jurons, interjections et autres; de la même façon que l'Anglais a été colonisé par le langage (Le Chinois étant devenu la langue officielle), la culture s'est orientalisée un peu plus aussi, dans les vêtements, et comme dans Blade Runner, les rues sont peuplées d'échoppes de nouilles. La référence au film de Scott n'est ici pas un hasard, il y a fort à parier que l'influence en est consciente, mais la série est bien plus généreuse, moins glacée que la création de Ridley Scott. Pour en revenir au langage, celui-ci a évolué sans parler de l'introduction du Chinois: des expressions actuelles ont évoluées pour se figer dans des formes impropres, par exemple God Damn, devenu dans Firefly Gorram. Certains mots ont évolué de façon familière aussi, comme Universe, devenu 'verse. une façon subliminale de décharger le mot de sens, maintenant que l'univers a perdu de son mystère après avoir été conquis par une seule faction? En tout cas dans ce monde multiculturel, ou se croisent des riches (Les Tam), des pauvres (Reynolds et sa troupe), on croise des gens de toutes origines: Africaine (Zoe), Anglo-Saxonne, voire Anglaise ( Badger, un complice occasionnel de Malcolm), et d'un exotisme Est-Européen (Niska, un riche malfrat sadique aperçu dans deux épisodes). Complété par le très séduisant mélange entre conquête pionnière façon western et modernité post-intergalactique, l'univers de la série est visuellement très riche.

     

    Whedon a comme d'habitude pris en main la dimension visuelle de la série, en particulier en mettant en scène lui-même les deux pilotes (Le premier n'avait pas satisfait, il a donc fallu en tourner un deuxième, mais l'équipe les a rendus complémentaires, ce qui évitait  le gaspillage); son style, fait de plongée au coeur de l'urgence des situations avec ou sans l'aide de plans-séquences magistraux, et d'un parfait équilibre entre morceaux de bravoure, dialogues ciselés et coups de théâtre violents, fait mouche. Il a aussi décidé, à juste titre, de conférer un peu plus d'urgence au style visuel en imposant le recours à une caméra tremblée, réactive, à des années lumières d'un style léché, glacé, esthétisant: la vie sur le Serenity n'est pas de tout repos, surtout quand pèsent les menaces: l'Alliance cherche bien sur River et Simon, et ont dépéché deux énigmatiques tueurs aux gants bleus (Qui étaient sensés prendre de l'importance au fur et à mesure de la série); des chasseurs de primes les recherchent, et le dernier épisode de la série montre comment l'un d'entre eux a bien failli réussir; les missions proposées sont parfois fort dangereuses, comme celle qui leur est confiée par Niska: qui faillit à son contrat doit ensuite passer par une mort atroce, précédée de tortures toutes plus sadiques les unes que les autres. Donc lorsque le vieux bandit leur confie la mission de voler des médicaments qui sont indispensables à la survie de la communauté à laquelle ils sont destinés, l'équipage décide de ne pas éxécuter la mission, devenant du même coup passibles de subir une effroyable punition; les rencontres avec l'Alliance sont nombreuses dans la série, mais on y constate souvent le flou idéologique des gens qui travaillent pour les nouveaux dictateurs de l'univers, rejoignant d'ailleurs un thème qui est très présent dans Angel: on y comprend bien que les génies du mal sont représentés par la firme Wolfram & Hart, mais tant de gens travaillent pour eux qu'on sy perd, semblant finalement diluer le mal dans le dédale des activités: c'est la même chose ici: l'Alliance est le mal, mais un mal assumé par tant de personnages que plus personne ne le conteste.

     

    Les principales menaces sur le bien-être de nos héros restent d'une part les Reavers (Nommés "termites" en Français), des humains qui sont "allés au bout de l'humanité et en sont revenus fous" selon les mots de Book, des brigands bestiaux devenus cannibales, qui sont une menace peu vue dans la série, mais ressentie, et dont le film Serenity explique l'existence au cours d'un passage assez embrouillé du reste. Ils fournissent de très beaux moments de suspense, et sont un fil rouge qui permet de fournir de la matière aux nombreuses menaces de la vie dans l'espace. L'autre menace qui ne sera pas vraiment explorée dans la série, et abendonnée pour le film, revient encore à l'angoisse de Whedon devant les corporations: il avait commencé à truffer sa série de publicités, visions subliminales d'une marque de médicaments qui devaient apparaitre comme le deux ex machina du nouvel univers, le véritable contrôle maléfique du monde. Les hommes aux gants bleus aperçus dans quelques épisodes (Et ressentis par River dans une crise de divination, qui lui fait dire "two by two, hands of blue", ils vont deux par deux, ils ont des mains bleues... Ce que ses compagnons de voyage prennent comme un délire) sont une des incarnations de ce cartel maléfique. Et puis, menace la plus indicible, la plus complexe, River elle-même, cobaye de l'Alliance en raison de son extrême intelligence, de ses capacités psychiques, et de son hypersensibilité, va permettre à nos héros d'aller de surprise en surprise: "implantée" d'informations, dotée même de balises psychiques de manière à ce que l'Alliance finisse par la retrouver, River est aussi une petite fille qui n'a pas fini de grandir, et qui s'avèrera aussi touchante que dangereuse, aussi incontrôlable que fragile... Y compris avec un gros flingue en mains. Parmi les pistes non explorées de la série, figure aussi la véritable histoire de Book, dont on voit dans quelques épisodes qu'il est connu voire craint, tirant parfois ses compagnons d'infortune de mauvais pas, qu'il a du métier dans les arts martiaux et le maniement des armes, mais... on n'en saura pas plus. Au passge, le personnage peut suprendre dans une série d'un athée comme Whedon, mais celui-ci aime à faire s'allier les contraires, et Book apporte plus de sagesse philosophique que de véritable pensée religieuse... Il est une indispensable part de l'humanité, qu'on le veuille ou non, comme le belliciste mercenaire Jayne ou le fragile médecin Simon.

     

    Véritable laboratoire pour Whedon et sa bande, la série a donc survécu durant quatorze épisodes dont un double, mais tout en attirant beaucoup de monde, n'a pas convaincu. Le résultat est bien sur que le culte qui s'est développé après l'arrêt de la série est en particulier justifié par les promesses de ces premières heures, mais il faut le reconnaitre: la richesse de ces épisodes, de cet univers, la multitude de possibilités laissées ouvertes laisse pantois. Et comme d'habitude, Firefly / Serenity qui après tout nous parlent d'un groupe humain en vadrouille, est une fois de plus une métaphore de la famille pour Whedon, qui a assemblé avec ses 9 héros une groupe fascinant, dont tous partagent qu'ils le veuillent (Mal est parfaitement concient de sa faiblesse, sa fidélité pour les gens) ou non (Jayne n'a aucun complexe à trahir aussi bien les Tam que Malcolm le moment venu, mais se prendra lui aussi à agir pour le bien commun. Plus ou moins!) le même destin, liés par les circonstances, mais aussi l'affection mutuelle: c'est le sens d'une conclusion inattendue à la série, le film Serenity. Lors d'une scène, Mal supervise les premiers pas de River au pilotage du Serenity: "Il faut de la technique, c'est sur, mais un vaisseau comme celui-ci se conduit d'abord avec de l'amour!"... et en terme de sentiments, la série est très riche: Zoe et Wash, le couple officiel, est très solide, et Gina Torres réussit à être très touchante en mercenaire rompue à tous les combats qui fond littéralement à la vue de son pilote. Kaylee (A la vie sexuelle très décomplexée, puisque Malcolm l'a rencontrée alors qu'elle était en plein ébats sexuels dans la salle des machines avec un mécanicien qui la précédée à ce poste!) en pince pour Simon, mais celui-ci est coincé, trop préoccupé de la santé de sa soeur (Ce qui fait dire à Kaylee dans un dialogue du film "Ca fait huit mois que mes seuls contacts se font avec des objets à pile", ce qui choque particulièrement Malcolm!) pour se laisser aller à une attraction qui est bien réciproque. Enfin, Inara et Malcolm sont amoureux l'un de l'autre, mais le métier d'Inara (Compagne de la Guilde, donc officielle, et une prostituée qui choisit ses clients. elle a une fonction proche de celle d'une prêtresse, et le prend très mal lorsque Malcolm la traite de prostituée - "Whore" -, ce qu'il fait environ dix fois par épisode) et la volonté chevaleresque de Mal de ne pas encombrer celle-ci, plus les caractères de cochon de l'un et de l'autre, sont autant d'obstacles. Pourtant tout le monde le sait, et cela occasionne de brefs moments de rapprochements. En particulier lorsque le groupe rencontre son ennemi le plus inattendu: Our Mrs Reynolds raconte en effet comment après une fête sur une planète de pionniers Malcolm s'est retrouvé marié sans la savoir à une jeune paysanne, la pulpeuse Saffron (Voir ci-dessus Christina Hendricks, le rôle de sa vie!), mais celle-ci a tout fait pour qu'il accomplisse son devoir conjugal... afin de l'endormir pour prendre le contrôle du vaisseau. Devant Malcolm, endormi par un baiser empoisonné, Inara perd ses moyens et se jette sur le capitaine, l'embrassant à son tour... pour le rejoindre dans le sommeil!

     

    Une fois la série annulée, l'équipe est donc revenue à la charge pour un baroud d'honneur. Comme Whedon ne fait pas les choses à moitié, il a été décidé de faire appel aux dons pour financer un long métrage, ce qui sera finalement repris en main par Universal, mais le film fini est bien tel que Whedon (Dont c'est la première réalisation pour le grand écran, 6 ans avant The Avengers) l'a voulu. Fait exceptionnel, le film réunit tout le casting brillant, les neuf acteurs ayant répondu présents. Morena Baccarin n'y apparait que dans la deuxième moitié (Inara avait quitté le groupe à la fin de la série) et Ron Glass n'y a qu'une petite apparition mais ils sont bien tous là. Le film est un moyen de donner au moins une vraie fin décente à la série, qui passe par la mort de deux personnages, et qui ajoute des pistes plus encourageantes pour les divers arcs narratifs laissé en plan: la fuite et la mise à prix des Tam, les moyens déployés par l'Alliance pour les retrouver (avec un personnage menaçant et intéressant joué par Chiwetel Ejiofor), les réelles raisons de l'existence des Reavers, le couple potentiel formé par Simon et Kaylee, et bien sur l'idylle contrariée de Mal et d'Inara. Le film remplit aussi quelques vides, en montrant dans une séquence d'ouverture le big-bang de cet univers, l'abandon de la terre, puis l'évasion de River. 

     

    Serenity (le film, pas l'épisode pilote qui porte ce même nom!) n'est sans doute pas le meilleur épisode de Firefly, mais c'est un moyen décent d'une part de finir la saga (Avec regret, c'est très addictif) voire d'y accéder dans d'assez bonnes conditions, même si le film ne remplit pas totalement sa mission de former une histoire indépendante: celle-ci reste compliquée pour quiconque n'est pas familier de la série. Comme toutes les séries, et les films de Whedon, on y met l'accent non seulement sur l'humanité synthétisée par un groupe familial, mais aussi sur l"importance de la femme, dont les multiples visages dans la série (Kaylee, l'enfant-mascotte, Inara, la belle embassadrice de l'amour, Zoe, la femme forte et combative, River, le phénoménal potentiel féminin et Saffron-Yolanda-Bridget, la féminité extrême passée au service de la traîtrise) sont complétées par la vision fugace d'un lovebot, un robot femelle qui rappellera des souvenirs à tous les fans de Buffy... La femme reste une fois de plus le centre de l'univers, mais aussi sa base et sa finalité. Femmes inaccessibles, femmes fortes aussi, telles ces prostituées (le mot est utilisé par Inara elle-même) qui doivent se défendre contre un propriétaire terrien dans un épisode riche en péripéties, elles font une fois de plus la pluie et le beau temps dans une série dont les actrices sont toutes sans exception fabuleuses... une fois de plus, on note l'importance visuelle de Summer Glau, qui a une façon unique d'utiliser le mouvement (Elle est ballerine) et a pu, dans le film, effectuer elle-même ses propres cascades, ce qui a du plaire à Whedon, qui a toujours souffert à faire doubler ses actrices, en particulier Sarah Michelle Gellar et Eliza Dushku. Dans deux scènes impressionnantes de Serenity, river déploie une science inattendue des arts martiaux; la première fois, c'est dans un état second, mais la deuxième c'est en faisant appel à sa propre volonté... Et puis bien sur, les acteurs là aussi sont tous excellents: comme d'habitude, Whedon puise dans plusieurs viviers: inconnus (Sean Maher), vieux briscards (Ron Glass), jeunes en devenir (Nathan Fillion) , acteurs confirmés (Adam Baldwin) et acteurs de comédie (Alan Tudyk). Tous sont excellents, ont rejoint cette communauté qu'ils n'ont jamais vraiment quittée (Récemment, on a vu Rick Castle - Fillion- dans la série qui lui est consacrée se déguiser en Malcolm Reynolds pour un bal masqué dans un épisode!).

     

    Reste que le vrai héros de cette petite famille, c'est bien sur Nathan Fillion. Pour une première véritable interprétation en vedette, le futur Castle a fait plus que du beau travail. Toute réplique gagne à être prononcée par lui, il a une assurance physique absolue, une capacité à passer d'un extrême à l'autre, et aucun scrupule à faire passer son personnage pour un butor s'il le faut; dans un passage de Serenity, il va jusqu'à refuser de sauver un homme qui va ensuite être saisi par les Reavers. Tout au plus lui accorde-t-il une certaine miséricorde en le tuant d'une balle... mais Nathan Fillion est l'un des acteurs les plus doués du moment, et Whedon ne s'est pas privé de faire appel à lui: le super-héros qui afronte Dr Horrible dans la fameuse web-série, ce Captain Hammer victime d'une hypertrophie du pénis, c'est lui. Il gratifie la septième saison de Buffy (Tournée dans le sillage du désastre de Firefly) d'une apparition en méchant prêtre psychopathe qui vole la vedette à tous, y compris au Spike de James Marsters! Et plus près de nous, il fait partie du casting de luxe assemblé par Whedon pour une version de Much ado about nothing très réussie... Mais soyons francs: Fillion, pour moi, c'est Malcolm Reynolds.

     

    ..."We aim to misbehave."

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    Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Science-fiction Television