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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 13:09

OVNI récent, Cabin in the woods n'est pas ce qu'il parait être. Mais ça, la plupart des nombreuses personnes qui se sont intéressés au film le savent déja: c'est un superbe acte de parodie et de réflexion sur un genre, une approche intellectuelle rare et précieuse, qui renvoie tant de parodies et de métafilms à leurs chères études... Et c'est une nouvelle fois une brillante pépite dans la mine d'idées de Joss Whedon, père de Buffy, Angel, Dollhouse, Firefly, récent metteur en scène heureux de The avengers, et repreneur gonflé de Shakespeare dans un Much Ado Bout Nothing qu'on brûle de voir... Parmi les acteurs on remarquera les habitués Fran Kranz (Dollhouse, Much ado about nothing), Amy Acker qui a comme d'habitude une blouse blanche et une sortie spectaculaire (Angel, Dollhouse), l'admirable Tom Lenk en stagiaire douteux (Buffy, Angel) et tant qu'à faire Chris 'Thor' Hemsworth (The Avengers); Si Goddard est bien le réalisateur, il faut rappeler qu'il a débuté dans l'ombre de Whedon sur Buffy, qu'ils sont co-scénaristes sur ce film et que la raison pour laquelle Whedon ne l'a pas réalisé est sans doute que le méga-film Paramount / Disney sur lequel il travaillait alors était probablement déjà suffisant pour son appétit; cela ne l'a pas empêché de visiter le plateau fréquemment, et d'apposer sa touche... Et celle-ci est tout sauf discrète.

 

Cinq ados (Chris Hemsworth, Kristen Connolly, Fran Kranz, Anna Hutchinson, Jesse Williams) partent en week-end dans une cabane dans les bois qui leur est prétée par le cousin de l'un deux. Parallèlement à leur arrivée sur les lieux, on assiste à d'étranges scènes dans un bureau de contrôle qui semble justement monitorer les héros, leur arrivée et leurs réactions comme dans un gigantesque show de télé-réalité. Mais on découvrira que c'est bien différent lors des premières manifestations de créatures étranges, et généralement meurtrières. Les adolescents auront beau se comporter comme on attend qu'ils le fassent, la situation va dégénérer dans des proportions inattendues, et plutôt réjouissantes...

 

Les surprises finales, inévitables, sont séparées en deux catégories: d'une part, ce que les scénaristes cachent aux personnages, mais nous montrent non seulement tôt dans le film (Voire pour la toute première scène!), à savoir la façon dont les héros sont observés, scrutés, poussés à agir dans un sens ou dans l'autre; à ce titre, la peinture d'une entreprise dont les finalités restent bien obscures, mais dont la vie quotidienne est faite de moyens de tromper l'ennui (Chicanes, drague, alcool, paris idiots) détonne lorsqu'en fond les écrans de contrôle renvoient des images de diverses activités de massacre et autres phénomènes sanglants dont sont victimes les cinq héros! L'ironie ici est propice à de superbes ruptures de ton, et cette double casquette ironie/violence rend en plus le film plus regardable et plus intelligent: on n'est définitivement pas devant I know what you did last summer... Heureusement! D'autre part, les surprises réservées au spectateur sont largement concentrées sur la fin, et on ne va pas bien sur les révéler ici; mais avec Whedon, on passe le temps en compagnie d'un groupe humain qui tient moins de la famille dysfonctionnelle que d'habitude, mais dont les gagnants seront comme d'habitude les losers... Enfin, gagnants, gagnants... C'est beaucoup dire!

L'accumulation de scènes d'anthologie va de pair avec un dialogue brillantissime dans lequel le loser le plus acharné de la bande (Qui fume des substances qui font rire en permanence) se distingue avec aisance, et on a même droit à une scène d'approche amoureuse d'une rare délicatesse... Mais qu'on se rassure: il est aussi question d'apocalypse potentielle, ce que les fans de Buffy, Firefly, Dollhouse, The Avengers et Angel connaissent bien; enfin, comme toujours, le scénario (Et l'impeccable mise en scène de Goddard) joue brillamment sur plusieurs niveaux, et sur le principe des poupées russes. Ce film à regarder sans modération "n'est pas Citizen Kane" selon les mots de Whedon commentant le premier épisode de sa série Buffy the Vampire Slayer, mais on s'y amuse énormément, et on n'est pas au bout de ses surprises. Hautement recommandé, un méta-chef d'oeuvre qui en plus est...

 

...du fun pur.

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Comédie
30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:56

Que faut-il attendre, à l'époque des écrans plats, de la cinéphilie jetable et des effets spéciaux qui doivent prendre toute la place, d'un film d'action comme celui-ci? Après tout, Marvel, c'est non seulement le royaume du super-héros unidimensionnel, de Captain America et de ces pauvres quatre fantastiques... Oui, mais c'est aussi le Spider-Man de Sam Raimi, apparu dans trois superbes films; c'est aussi un film splendide, parfait mélange de film d'action escapiste et de parcours rédemptoire d'un personnage fascinant, Iron Man. Bon, de fait, on n'a pas très envie de voir le Thor de Kenneth Branagh, ou de revoir l'indigent Iron Man 2. Mais de toute façon, The Avengers est un passage obligé: à la façon dont Brandywine Productions a toujours privilégié les auteurs (Ridley Scott, James Cameron, David Fincher, Jean-Pierre Jeunet) pour les films de la franchise Alien, il a été fait appel ici à un indéniable petit génie qui a fait ses preuves à la télévision, est son propre scénariste, et est totalement à son aise avec l'univers pulp de la bande dessinée telle que Marvel l'affectionne... Et c'est heureux: ce film est un pur bonheur.

 

 

Le script repose sur une idée simple: la terre devient la proie d'un demi-dieu venu d'Asgard, une autre dimension; Loki, frère du super-héros Thor, a décidé de réduire les humains en esclavage, en s'appropriant une matière-macGuffin qui va permettre d'ouvrir un portail par lequel s'engouffreront toutes les créatures diaboliques d'une armée de monstres. Il faut donc l'en empêcher, une mission qui sera confiée à l'agence S.H.I.E.L.D, de Nick Fury: charge à Fury (Samuel Jackson) de convaincre les super-héros avec lesquels il travaille, Iron Man (Robert Downey Jr), Captain America, congelé et récupéré des années 40 (Chris Evans), Black Widow (Scarlett Johansson) et Hulk (Mark Ruffalo), ainsi que Thor (Chris Hemsworth) qui a un contentieux avec son petit frère... le plus dur ne sera pas de vaincre les abominables monstres, mais bien de discipliner tous ces gens afin de travailler ensemble...

La famille, Whedon connait; depuis toujours, il ne parle pas tant de lutte contre les vampires (Buffy), contre le mal (Angel), contre la dictature intergalactique (Firefly, Serenity), ou contre une police corrompue (Dollhouse); non, ce qu'il raconte de série en série, ou de film en film, c'est la fragilité et la nécessité de la famille unie, aussi dysfonctionnelle soit-elle. Et dans chaque famille, chacun à son rôle à jouer, fut-il lié à l'idée de perdre toute raison (Hulk, qui comme Angel, est à son plus destructeur quand il est aussi à son plus efficace). Et la famille, en plus, a ses dangers internes (Mésentente, jalousie, malentendus, complexes) et externes (On cherche toujours à la monitorer, et ici, Nick Fury n'est pas plus le patron que ne l'était Angel dans sa série, ou Giles dans Buffy: un conseil d'administration un peu trop technocratique et pragmatique semble privilégier des compromis inacceptables aux solutions plus spectaculaires des héros du film).

Doté de héros qu'il n'a pas créés, Whedon passe à son péché mignon, la peinture de caractères; toute l'action passe très bien, parce qu'on a privilégié ici les personnages sur le reste; et les sujets qui normalement devraient fâcher sont ici pris frontalement: oui, Captain America est vaguement ridicule, et un peu coincé avec ses manières et ses jurons (Son of a gun!!) des années 40, et face à Iron Man, il semble has-been. Thor est incroyable de premier degré, avec son petit marteau, et ce pauvre Banner a beau être très dangereux, ce n'est rien qu'un petit scientifique mal fagoté... Mais plutôt que de se réfugier dans le conflit d'egos, les super-héros réussissent à se trouver des terrains d'entente, puisque après tout ils font leur boulot, le font bien, et ne se prennent jamais trop au sérieux. Leur travail après tout, c'est de combattre l'apocalypse, donc ils le font. Il y a un petit côté Hawksien chez Whedon, qui renvoie ici autant à Buffy sauvant le monde une fois par semaine, qu'à John T. Chance, qui répète dans Rio Bravo à qui veut l'entendre qu'après tout, ce n'est que son boulot...

Ajoutons que si les effets spéciaux sont à la mesure des enjeux (Ce qui n'a rien de surprenant, après tout c'était déjà le cas dans tous les films de George Méliès), et que la production a eu les coudées franches grâce au succès de certains des films précédents, le scénario de Whedon accumule les gags superbes, les dialogues ciselés, et surtout que le metteur en scène s'est efforcé de tourner à hauteur d'humain, en ne négligeant jamais d'adapter sa mise en scène et ses plans à ses personnages: vous verrez, le style change de façon certaine d'un héros à l'autre... On admettra qu'il est évident que dans ce film le héros est la super-star Robert Downey Jr, mais cela n'empêche pas Whedon de nous intéresser au touchant Bruce Banner (Hulk), ou de montrer en Natacha Romanoff une digne cousine de Buffy, Echo, River Tam et toutes ces sublimes héroïnes qui ont émaillé ses séries. On en redemande, donc... Et on espère être aussi agréablement surpris par son prochain film, une adaptation inattendue de Much Ado About Nothing avec des acteurs récurrents de ses séries, Nathan Fillion, Alexis Denisof, Amy Acker, ou Sean Maher...

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Science-fiction Marvel
23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 11:02

Au moment ou Dollhouse accède au prime time sur une chaîne hertzienne de grande écoute, il est paradoxal de rappeler que cette série s'est arrêtée, au bout de deux courtes saisons, en janvier 2010. Les raisons? D'abord, le fait que les séries sont un marché, qui plus est encombré, et que désormais il s'agit de séduire aussi rapidement que possible, et tout le monde n'a pas la chance de bénéficier d'une carte blanche sexe et violence sur une chaine comme HBO, ou Showtime. Donc, la nouvelle série de Joss Whedon, après ses succès Buffy the vampire slayer et son spin-off Angel, après le rare Firefly, a rejoint la cohorte des séries tuées dans l'oeuf. Gageons que la récente grève des scénaristes a suffisamment énervé les networks, ces chaînes nationales qui font la pluie et le beau temps, et qui depuis exigent des séries un rendement maximal pour un pilote. Parmi les victimes récentes, on compte des séries fabuleuses, telles Pushing daisies ou encore le superbe Wonderfalls, de Tim Minear.

Quant à Whedon lui-même, il a déjà vu ça, et s'attendait même à le revivre dès la fin de la première saison de Dollhouse: Firefly, peut-être le bébé dont il était le plus fier (avec raison), n'a pas survécu à son treizième épisode, et seuls quatre ont été programmés à la télévision aux Etats-unis... Quoi qu'il en soit, l'équipe qui a fait Dollhouse saison 1 s'attendait à une annulation rapide, et a donc maintenu un certain ordre, relativement raisonnable, alors que l'équipe de Dollhouse II, enhardie par la commande d'une nouvelle saison, a été beaucoup plus loin, mais sans se faire d'illusions. On peut donc argumenter du fait que Whedon et ses auteurs ont rempli ces 13 épisodes avec des péripéties qui auraient pu tenir normalement sur 45 ou 60 heures... D'où un certain sentiment de trop plein. Mais avec Whedon, on a l'habitude que ça aille loin, très loin...

Dollhouse tourne autour d'une idée, relativement simple: un nouveau service existe, de façon secrète, protégé par une corporation de recherche pharmaceutique: la "maison de poupée" est un endroit ou un client fortuné peut demander à bénéficier d'un être humain qui lui est prété pour une durée donnée, entièrement formaté à ses désirs: si on veut une fiancée, un collaborateur hyper-doué, un spécialiste dans quelque champ que ce soit, ils peuvent fournir, grâce à une technologie ultra-sophistiquée: les "poupées", toutes et tous volontaires, sont privés de leur personnalité, stockée à part, et sont dotés, pour chaque mission, d'une "empreinte", une cartouche complète de personnalité. Parmi les clients, on trouve aussi bien un veuf qui souhaite avoir sa femme auprès de lui lors de ses anniversaires, qu'une femme décédée qui se doutait qu'on voulait la tuer, et souhaite enquêter post-mortem... Les "véhicules", soit les poupées, sont tous jeunes, et supposés être dociles et vides de toute pensée, de toute intelligence, jusqu'au jour ou on s'aperçoit que les plus brillants d'entre eux commencent de plus en plus perceptiblement à développer une sorte de culture, une intelligence, des souvenirs, et se rendent compte du traitement qui leur est infligé. Adelle de Witt (Olivia Williams), la dame Britannique qui tient l'établissement dont il est question (Il y a plusieurs succursales de cette société secrète) est ambigue, et semble à la fois travailler pour ou contre ses employeurs; d'autres histoires se greffent sur ce canevas, la plus notable étant l'histoire de Paul Ballard (Tamoh Penickett), un agent du FBI qui enquête sur la disparition de Caroline (Eliza Dushku), une jeune activiste alter-mondialiste, et qui a entendu parler de la légende urbaine des Dollhouses. Il n'a d'ailleurs pas tort de faire le rapprochement, puisque Caroline, sous le nom d'Echo, est la plus populaire des Poupées... Sous la direction de Boyd Langton, son superviseur, elle mène à bien dans la première saison des missions dont elle s'acquitte de façon exceptionnelle. D'autres poupées apparaissent au gré des épisodes, tous et toutes clairement identifiées: Sierra (Dichen Lachmann, qui cache un lourd secret; Le très versatile Victor, très prisé des dames (Enver Gjokaj); November (Miracle Laurie) ou encore Whiskey et Alpha. Le personnel de la Dolhouse de Los Angeles est aussi très détaillé, outre DeWitt et Langton, on fait la connaissance de Topher Brink, le responsable des machines, un génie sociopathe interprété de façon hallucinante par Fran Kranz: a mon sens, il faut sans doute y voir le double de Whedon lui même. Pour compléter ce casting, le chef de la sécurité (dont on apprend très vite à se méfier), Laurence Dominic (Reed Diamond), mais aussi le dr Claire Saunders (Amy Acker), au visage marqué de cicatrices, souvenir d'un accident qui restera longtemps inexpliqué, ont des rôles récurrents.

 

On est en pleine science fiction, donc, versant manipulation des consciences, mais avec une bonne dose de militantisme personnel de la part de Whedon qui décidément n'aime pas les corporations tentaculaires. Dans sa ligne de mire, ici, un groupe de recherche pharmaceutique, Rossum, qui n'apparait qu'en filigrane dans la première saison pour revenir de façon plus menaçante dans la deuxième. afin de rendre la partie plus intéressante, Rossum est non seulement l'employeur de la Dollhouse, c'est aussi leur ennemi. Il est montré dans la deuxième saison que Rossum se doute de l'esprit de résistance de la Dollhouse de LA, et a infiltré ses murs, mais aussi qu'ils sont attentifs à la technologie de Topher Brink, dont la scientifique équivalente de Tucson (Summer Glau) souhaite voler les principales inventions. Comme dans la cinquième saison d' Angel, Dollhouse II nous montre les héros aux prises avec le mal dont il sont eux-mêmes les employés... Comme Buffy et Angel, ils vont devoir affronter une menace d'apocalypse, déjouer les pièges de leurs propres amis, et bien sur dénouer quelques fils sentimentaux qui sont typiques de Whedon: quand tout va bien, c'est que tout ne va pas tarder à aller mal, qu'on se rappelle du destin de Tara et Willow (Buffy), de l'amour entre Fred et Wesley (Angel), ou de la mort du pilote de Firefly dans le long métrage Serenity, etc...

 

La famille: c'est LE thème de Joss Whedon, qu'on retrouve de façon explicite ou symbolique dans toutes ses séries. celle-ci ne fait pas exception à la règle, avec sa mère protectrice (DeWitt), son père dysfonctionnel (Brink) et ses enfants turbulents (les poupées). Il y a aussi le fils maudit, Alpha, qui est souvent cité dans les premiers épisodes, et dont on apprend très vite qu'il est à la source de beaucoup de problèmes passés: c'est une "poupée" qui s'est rebellé, et s'est chargé de quarante personnalités différentes. Alan Tudyk l'interprète avec, eh bien, génie. Mais on voit dans cette série aussi un goût pour les causes perdues, tout comme dans Angel: c'est Paul ballard qui a pour mission de l'incarner dans la première saison: seul contre tous, il enquête à la risée de ses collègues sur les "Maisons de poupées", et va bien vite se rendre compte qu'il est lui-même le jouet de l'organisation, avec sans doute la complicité du FBI. Arroseur arrosé, il va prendre à la fin dela première saison une décision radicale et inattendue, riche en conséquences. La "cause" est perdue d'avance...

 

Le principal thème, le pus surprenant, c'est bien sur de voir comment les personnages de poupées peuvent évoluer, apprendre, fixer des mémoires, sensorielles ou autres; cela apparaît bien sur dans les personnages de Victor et Sierra qui s'aiment au-delà de tout, sans prendre en compte leur condition; Mais c'est Echo, et Alpha qui montrent les dispositions les plus spectaculaires: ils réussissent à devenir de vrais êtres humains, avec leurs aspirations et une intelligence au-dessus de la moyenne (Ainsi que de vrais symptômes de serial killer en ce qui concerne Alpha bien sur...). Comment un être humain se forge-t-il, quelles sont les chances de véritablement effacer toute trace d'humanité, telles sont les questions posées par la série... En plus d'autres, notamment un regard sur la prostitution, qui fait écho à un personnage de Firefly, la "Compagne" Inara: les poupées sont-elles des prostituées? Certains répondent non, puisqu'elles ne sont amenées à n'accepter les rapports sexuels que si elles ont programmées pour, et ce n'est pas toujours le cas. Mais lorsque les souvenirs commencent à exister dans les enveloppes supposées vides, la question revient immanquablement à la surface; la série est d'ailleurs ambigue, jouant le chaud et le froid sur la question du traitement et du conditionnement infligé à ces êtres humains...

 

Si la série n'est qu'un demi-succès, elle le doit principalement aux circonstances, qui en ont précipité la diffusion, et qui ont accéléré son développement. on aurait aimé que la dose ne soit pas aussi forte dans la deuxième saison, que Whedon puisse faire comme avec Buffy ou Angel et bénéficier de temps... Il faut sans doute remercier la Fox d'avoir au moins laissé la série se développer sur 26 épisodes, et se demander pourquoi elle ne l'a pas fait sur Firefly. Au moins, la série nous laisse-t-elle apprécier une fois de plus le merveilleux monde noir et tordu de Joss Whedon, et nous permet aussi d'entendre ce merveilleux langage, ces dialogues, et voir ces personnages aux prises avec le mal, mais si souvent drôles: une conversation hallucinante entre Topher Brink et "Victor" doté de la personnalité de Topher, une Eliza Dushku devenue une dame morte, tentant de résister aux avances de son fils, la surprise de voir Adelle DeWitt cliente de sa propre succursale, le plaisir de voir ou revoir les "habitués": Alan Tudyk (Firefly), Amy Acker (Angel), Summer Glau (Angel, Firefly), Eliza Dushku (Buffy, Angel), Alexis Denisof (Buffy, Angel), Felicia Day (Buffy, Dr Horrible)... La "famille" fonctionne bien dans ce sens là aussi. Sinon, elle s'étend aux collaborateurs, qui sont tous là, de Tim Minear à Marita Grabiak, en passant par David Solomon: auteurs et réalisateurs, ils secondent Whedon comme ils l'ont toujours fait, même si la trame principale porte totalement sa marque, ainsi que des bribes de dialogues, et certains personnages: Topher Brink et sa consoeur Bennett, en particulier. Whedon n'a réalisé et écrit en solo que deux épisodes, mais l'affaire est entendue: il était constamment présent sur le plateau de toute façon.

 

Voilà, on ne peut qu'encourager, en leur enjoignant d'être patients, à tous ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur l'âme humaine, si elle laisse des traces sur notre enveloppe corporelle ou pas, et passer du temps en compagnie de l'âme de Joss Whedon, de regarder ce qui est une série ambitieuse, belle, prenante, compliquée, et glorieusement ratée. Bref: un chef d'oeuvre maudit, de la part d'un auteur fou dont la présence à la télévision est décidément indispensable...

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Science-fiction Television