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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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19 juin 2022 7 19 /06 /juin /2022 10:38

Dans une petite communauté de Nouvelle-Angleterre, deux événements simultanés, sans rapport apparent, vont bouleverser la vie locale: d'un côté, l'armée va installer une base sur la commune, pour un projet ultra-secret, ce que la population accueille avec une méfiance évidente; de l'autre, le très frustré Harry Bannerman (Paul Newman), qui habite justement dans la ville, et est marié et père de deux enfants, doit subir les avances insistantes d'une voisine, Angela, également mariée (Joan Collins) mais désireuse d'aller voir ailleurs si l'eau est bonne... Et Grace Bannerman (Joanne Woodward) va justement être le témoin d'une situation qui va lui donner une impression évidente que son mari la trompe avec ladite gourgandine... Grace, qui est présidente de tous les comités de préservation des us et coutumes locaux, a justement nommé son mari pour représenter la communauté, ce qui va l'éloigner un temps de son domicile.

La scène dont il était mention plus haut, est du boulevard revisité par le slapstick, ce genre de situation dans laquelle on imaginerait volontiers l'acteur Charley Chase, spécialiste au temps du muet de ces accumulations d'indices qui sont autant de hasards, mais peuvent être lus par n'importe qui comme autant de preuves d'un adultère: il faut dire qu'en rejoignant son mari par surprise dans un hôtel de Washington, Grace va tomber dur Harry en caleçon, et Angela en déshabillé vaporeux... Et pourtant, il ne s'est rien passé!

Et puisqu'on parle de Charley Chase, faut-il rappeler que Leo McCarey fut son élève, puis son metteur en scène quasi attitré entre 1925 et 1927, et qu'à eux deux ils ont justement accumulé les chefs d'oeuvre de la comédie burlesque, tendance problème matrimonial: le genre le plus évidemment représenté chez Hal Roach. ON ne s'étonnera pas qu'une certaine folie douce héritée de ces temps héroïques, flotte sur le film, jusqu'au jeu de certains acteurs. Si Paul Newman n'est pas vraiment à l'aise en Charley Chase, il y a un rien d'Anita Garvin dans Joan Collins, en plus outrageusement sexy cela va sans dire... Et Jack Carson, qui interprète un capitaine plus que borné, est aussi assez proche de ce qu'Oliver Hardy aurait pu faire d'un tel rôle. Donc pour son dernier film, Leo McCarey revient aux sources, comme il était revenu à l'un de ses films favoris (Love Affair) en en faisant un remake avec An affair to remember, l'année précédente.

Maintenant, le film a une toute autre dimension qui n'est pas à négliger si les comédies du muet prenaient souvent le bonheur conjugal comme terrain de jeu, elles n'allaient pas dans le sens d'être très explicites sur le terrain de la sexualité... Mais avec son dernier film, McCarey est confronté à une période de grande mutation qui va mener à la libération des moeurs cinématographiques. En clair, Billy Wilder et The seven-year itch, d'ailleurs également produit par la Fox, sont passés par là... Et le metteur en scène appelle un chat un chat, le nombre de fois où un personnage tente ouvertement d'en amener un autre dans la chambre à coucher est impressionnant... Et la confrontation finale entre Paul Newman et Joanne Woodward, qui s'opposent physiquement sur le soutien à apporter aux militaires dans leur projet ultra-secret (l'envoi d'un primate en orbite), passe par une chorégraphie parfois digne du Kama-Sutra...

Coquin, McCarey? Peut-être, mais surtout, le film est pour lui l'occasion d'envoyer un ou deux missiles en direction de la communauté W.A.S.P, qui infeste les communautés cossues de Nouvelle-Angleterre... Ici, ces conservateurs protestants sont saisis dans toute leur hypocrisie, entre les coucheries de leurs épouses, et les célébrations stupides de l'héritage des pionniers du Mayflower. Pour le catholique Irlandais McCarey, la cible était trop belle.

Ah, au fait, le primate qui sera envoyé sur orbite est un militaire. Faute de singe...

 

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Published by François Massarelli - dans Leo McCarey Comédie
14 avril 2022 4 14 /04 /avril /2022 09:44

Michel Marnay (Charles Boyer), playboy international et bourreau des coeurs bien connu, se rend aux Etats-Unis pour y épouser une riche héritière, et Terry McKay (Irene Dunne), chanteuse de cabaret, est sur le même transatlantique pour rejoindre son fiancé, qui est aussi son patron. Les deux conviennent assez vite qu'il est très agréable d'être ensemble, et qu'il convient donc de marquer ses distances... ce qui s'avère vite impossible, car comme le dit Michel, ils sont sur le même bateau. Une excursion à terre, pour rendre visite à la grand-mère de Michel, finit par sceller leur entente: au moment où le bateau entre à New York, ils se mettent d'accord pour rompre avec leurs fiancés respectifs et se donnent six mois pour se retrouver au plus près du paradis, soit au sommet de l'Empire state building. Michel devient peintre, et Terry reprend ses activités. Mais à la date convenue, en chemin vers le lieu de rendez-vous, elle a un accident qui la prive de l'usage de ses jambes. resté seul, Michel pense donc qu'elle l'a oublié, alors que...

Refait en Scope et en couleurs en 1957 (An affair to remember), avec Cary Grant et Deborah Kerr, parce que c'était l'un de ses films préférés, ce classique a été produit pour le compte de la RKO, et c'est une merveille: McCarey y raffine sa formule, forgée durant des années, dont bien sûr sa période d'apprentissage chez Hal Roach: une comédie du quotidien, qui est d'autant plus prenante et touchante qu'ici elle est quasiment privée du moindre gag ou de la moindre velléité de faire rire. Sourire, par contre, est tout à fait possible: d'une part parce que le rapprochement cosmique entre les deux fiancés-oui-mais-à-deux-autres-personnes, sur le bateau où le destin les a réunis, est constamment magique, ensuite parce que les héros vient au milieu d'un problème dont l'humain n'est, définitivement, pas la cause: en effet il n'y a pas de méchant ici, que des gens qui veulent le bonheur d'un côté et d'autres qui sont ravis de pouvoir les aider, y compris les fiancés délaissés. Et puis McCarey filme l'évidence des sentiments, ceux qu'on n'a jamais besoin de dire parce qu'ils sont là. Ca passe, par exemple, par la révélation à la fin d'une conversation sur tout et sur rien, du fait que depuis quelques minutes les deux protagonistes se tiennent la main sans qu'on s'en soit aperçu, et peut être qu'eux non plus...

Et si le film traite souvent du quotidien en terme d'embarras selon la règle de la comédie burlesque (en particulier les films avec le comédien Charley Chase dont McCarey était le réalisateur), il traite aussi de l'amour, des sentiments, voire du sacrifice en terme de sacré. Un domaine qui le passionnait tout autant comme le montre The bells of St Mary's, mais qu'il va chercher ici dans le lien indicible entre un artiste peintre amoureux d'un souvenir et persuadé que ce souvenir se dérobe à lui, et une musicienne qui ne veut surtout pas que son amant sache qu'elle est devenue, du moins le croit-elle, un poids lourd.

Lors d'une rencontre motivée par l'amertume et la rancoeur, le salut viendra de la providence, après quelques déconvenues cruelles, mais aussi grâce... à un tableau. Bref, on n'est pas si loin que ça de la notion d'amour fou et sacré telle que la pratiquait Frank Borzage. Une comédie sentimentale qui n'a pas peur de faire délirer ses spectateurs, voilà tout ce dont nous avons besoin!

 

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Published by François Massarelli - dans Leo McCarey Comédie
14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 09:30

Réalisé durant l'année 1926 et distribué en janvier 1927, ce court métrage de deux bobines est l'avant-dernier film d'une très grande dame: Mabel Normand. Après avoir été chez Sennett l'une des stars, l'une des premières d'ailleurs pour le cinéma tout court, elle avait été frappée par un déclin de plus en plus prononcé, en particulier dans la faveur du public. Elle a fait partie d'un certain nombre de "vieilles gloires" du cinéma qui vont être repêchées par les studios Roach, soit pour les aider, soit... parc qu'ils souhaitaient désespérément travailler à n'importe quel prix: Betty Blythe, Nita Naldi, Theda Bara, Creighton Hale et Priscilla Dean sont tous passées par là...

Normand interprète une jeune femme qui est recueillie par un automobiliste (Creighton Hale): il est cambrioleur, elle est voleuse, ils sont faits pour s'entendre! Ils montent donc une affaire "à la Tod Browning": comme dans The exquisite Thief, le film de ce dernier, ils s'introduisent dans des fêtes organisées dans le beau monde pour y subtiliser des bijoux et, manifestement, de l'argenterie.

J'ai toujours été intrigué par Creighton Hale... L'impression qu'il dégage est qu'on aurait facilement le sentiment qu'il n'a rien ç faire sur l'écran, qu'il est l'erreur de casting ultime. Come s'il ne savait pas jouer, réagir, faire rire, et comme s'il était utilisé précisément pour ces défauts: ce film au titre générique (le nombre de ces courts métrages Roach avec "should" dans le titre est assez impressionnant) n'enlève rien à cette impression. 

Pour Mabel Normand, c'est différent: d'une part elle a fait ses preuves, à la fois en incarnant des héroïnes délicates et sentimentales lâchées dans l'enfer de la comédie physique à la Sennett, et en réussissant à faire vivre ses héroïnes bien au-delà du cliché. Elle possédait un vrai timing, et la ressource mystérieuse d'un des visages les plus distinctifs qui soient... Ici, elle a 34 ans: le bel âge, certes, mais elle se remettait d'une tuberculose, et en prime elle s'adonnait à une toxicomanie galopante; ça se voit, quand même... Cela étant elle garde un talent corporel évident, qui est assez étonnant dans la mesure où elle joue sur la lenteur, et le décalage entre l'action et sa présence physique.

...Bref, elle fait quand même beaucoup penser à Harry Langdon.

Sinon, dans un film qui est loufoque à souhait, un peu répétitif mais bien construit, on verra aussi Eugene Palette, et une superstar en devenir: Oliver Hardy, rien que ça.

 

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Published by François Massarelli - dans Mabel Normand Laurel & Hardy Muet Comédie Leo McCarey
17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 11:22

Mr et Mrs Moose sont mariés, pour le pire et l'inesthétique. Elle a, un intertitre nous le signale, un visage apte à "arrêter les pendules", et lui un faciès qui pourrait les faire repartir... Elle (Vivien Oakland) a un nez proéminent, une mine en relief, un excès de respiration en 3D; lui (Charley Chase) a des dents qui dépassent, mais tant que ça en devient risible pour l'humanité entière... 

Ils vont tous les deux, mais sans en informer l'autre, procéder à des changements radicaux, l'un chez le dentiste et l'autre chez le chirurgien esthétique. Quand ils sortent, ils se sentent tellement renaître qu'ils vont chacun expérimenter leur nouveau pouvoir de séduction avec un(e) inconnu(e), et mettre leur mariage en danger. Et bien sûr, ils ne vont pas reconnaître, face à eux, leur conjoint...

C'est merveilleux, et il restait une fois ces bases posées, à ajouter que bien sûr, les tractations avec le destin pour maintenir la confusion aussi longtemps que possible, font partie des moments les plus intéressants du film, qui est virtuose. Reste aussi que le metteur en scène s'amuse en effet à questionner la validité des liens du mariage, dans un film qui certes reste une comédie, mais... on est passé près d'un désastre moral. Les comédies 'matrimoniales" de Hal Roach étaient clairement en avance sur leur temps.

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Chase Leo McCarey Muet Comédie
1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 17:11

Un couple se fait, mais avec ses petits secrets: madame (Virginia Pearson) n'a pas prévenu son deuxième mari (Anders Randolf) qu'elle avait un grand fils (Charley Chase), donc quand celui-ci vient visiter à l'improviste, il faut trouver un stratagème... Il se fait donc passer pour le valet personnel de son beau-père, afin que celui-ci s'habitue à lui. L'exercice serait foncièrement déplaisant, s'il n'y avait la nouvelle bonne (Martha Sleeper) dont il devient rapidement complice...

La situation est en place, que la fête commence: c'est un festival de quiproquos, de soupçons, de stratégies qui sont d'autant plus louches que les secrets qui sont ici cachés n'ont rien d'inavouable... La comédie de DeMille a permis au cinéma d'entrer dans les chambres à coucher, elle a fini par passer le flambeau à ces comédies de précision telles qu'elles étaient concoctées chez Hal Roach. Mais l'observation de ces nouveaux couples, ces gens mariés pour la deuxième fois avec un passé, faisait vraiment son entrée dans le cercle de la comédie burlesque Américaine qui n'en finissait pas d'accompagner le développement de la société moderne des années 20...

Et l'équipe de quatre acteurs, menés par Chase et Martha Sleeper (comme d'habitude l'égale en tous points du génie de la comédie avec lequel elle travaille, et prête à payer physiquement de sa personne) est fantastique, avec un timing superbe et des performances à l'avenant de la part de tous les acteurs...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Leo McCarey
2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 09:56

Max Davidson incarne une fois de plus un père dont la fille (Martha Sleeper) a grandi, et fréquente un jeune homme bien sous tous rapports, mais qu'il va falloir surveiller. La mère décide donc d'envoyer son mari accompagner les deux tourtereaux à la plage, et... il est tellement peu adapté à cet environnement qu'il va déclencher catastrophe sur catastrophe, au grand dam d'un policier local (Tiny Sandford) qui aimerait tant manger son sandwich sans être interrompu...

C'est une merveille comique, avec une certaine unité de lieu, probablement la plage de Venice. Davidson y est en roue libre et assure le show à lui tout seul, d'abord aux prises avec une improbable voiture, puis un maillot de bain trios fois trop grand, une troupe d'enfants qui n'en peuvent plus de rigoler à son passage, et surtout un policier qui fait le double de sa taille! 

Et qui dit maillot de bain trop grand, dit forcément nudité forcée, et c'est l'occasion pour Roach de tester un gag qui sera ensuite raffiné pour un superbe film de Charley Chase, Limousine love, dont une bonne part de l'intrigue tourne autour de la nudité et de son corollaire, la dissimulation: parce qu'il lui fallait recouvrir sa nudité, Max a volé la veste d'uniforme de Sandford. Afin de se dérober à sa vue, il demande à la troupe de gosses qui le suivent partout de le cacher, mais forcément ça fait, au contraire, un attroupement très voyant...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Max Davidson Leo McCarey
26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 15:53

Une riche veuve (Lillian Elliott) a décidé de se marier, au grand dam de ses deux fils (Spec O'Donnell et David Butler): elle a choisi Wattles (Max Davidson). Afin de se débarrasser de lui, ils vont se livrer à tous les stratagèmes les plus tordus, dont le fait de se faire passer pour fous, ou monter un bobard gigantesque le jour du mariage...

On prend les mêmes? C'est vrai que le prétexte du film ressemble à celui de Don't tell everything, mais le film va plus loin avec moins de personnages. Et c'est la première apparition d'un dispositif qui resservira: alors que Max est supposé être seul avec la veuve, derrière le dos de celle-ci les deux grands fils font des clowneries hilarantes pour persuader le beau-père potentiel de passer son chemin... On retrouvera une scène similaire, en plus drôle encore, dans le génial Pass the gravy en 1928.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Max Davidson Comédie Leo McCarey
26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 15:41

Cette fois, pour leur troisième collaboration, Hal Roach a décidé de donner à l'acteur Max Davidson le premier rôle officiel, ce qui était justice tant les films qu'il interprétait sont totalement centrés sur ses personnages. Cette fois, il incarne un veuf, papa Ginsberg, qui tente de se remarier mais possède un handicap certain: son fils, Asher (Spec O'Donnell), est insupportable. Aussi lorsque dans une soirée, il rencontre la riche veuve Finklemeyer (Lillian Elliott), il lui dissimule l'existence de son rejeton car il sait que ça risquerait de faire capoter ses plans de mariage.

Avant d'aborder la suite, Ginsberg rencontre un garagiste (Jess De Vorska) avec lequel les rapports seront compliqués, ce qui enrichit le film, et donne lieu à un gag final bien amené. Et la relation entre les deux acteurs est fantastique... Sinon, le sel du film réside dans le développement de la situation compliquée entre les jeunes mariés et le fils qui décide de trouver un stratagème pour venir habiter chez lui sans révéler à sa belle-mère qu'il est cet insupportable gamin qu'elle avait détesté lors de la soirée où elle avait rencontré Ginsberg: il va donc se déguiser en jeune femme et se faire passer pour la bonne.

...Et là ça va dépasser les bornes de la censure pour des séquences du plus haut comique gonflé, la deuxième bobine est un festival de trucs à ne pas faire!

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Max Davidson Leo McCarey Comédie
26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 15:19

Le deuxième film de Roach qui présentait l'acteur Max Davidson est l'un des deux plus connus, puisqu'il a été édité dans un coffret consacré à Laurel et Hardy, dans la section des bonus: et pour cause, l'idée était de Stan Laurel à l'époque où, juste avant de devenir partie intégrante du duo le plus important de l'histoire du cinéma de comédie, il envisageait de rester dans l'ombre, en écrivant et mettant en scène. Ce film, très réussi, est beaucoup plus explicite que le premier quant à son exploitation savamment consciente des stéréotypes culturels juifs...

Max Davidson y incarne un père de famille qui accepte de donner sa fille (Martha Sleeper) en mariage à un jeune avocat débutant (Gaston Glass), à la condition que celui-ci gagne un procès. En attendant de caser sa fille, Papa Gimplewart tente de faire en sorte de faire travailler ses deux fils, Abie (Jess De Vorska) et Junior (Johnny Fox), qui sont deux incapables. dans un premier temps, il achète un camion pour Abie, puis essaie différentes combines avec Junior: l'une d'entre elles, désastreuse, consiste en une tentative d'escroquerie à l'assurance. Ce qui amènera bien sûr Papa Gimplewart au tribunal, où il fera face à un redoutable accusateur, en la personne de son futur gendre...

Bien que pour une fois, Davidson ne soit pas flanqué de Spec O'Donnell dans le rôle de son fils (Johnny Fox est moins bien percutant), le film est très drôle, d'une logique et d'une fluidité imparable. La scène la plus drôle est celle durant laquelle le père et le fils prétendent que ce dernier est paralysé, avec deux agents d'assurance (dont Eugene Pallette) qui plantent des couteaux et autres instruments tranchants, d'abord dans une fausse jambe, puis dans l'authentique membre du fils... A noter, le rôle important joué par Jess De Vorska, un acteur déjà aperçu dans le film précédent, et qui comme Martha Sleeper reviendra souvent.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Max Davidson Leo McCarey Muet
26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 14:06

C'est le premier film que Hal Roach a produit mettant en vedette le comédien Max Davidson (au milieu d'une pléiade d'acteurs chevronnés), qui avait été très remarqué dans le court métrage de deux bobines Long fliv the king, avec Charley Chase. De façon intéressante, bien qu'on s'apprêtait à lancer une série de comédies centrées autour de lui, Davidson n'a pas eu à montrer l'étendue de son talent dans des films d'une bobine, et a directement eu accès aux deux bobines, plus prestigieux. Il est vrai qu'en cette fin de la décennie, l'économie du cinéma de comédie burlesque est en pleine mutation, et le public séduit par les longs métrages est plus intéressé par des films plus longs qui mettent en avant une atmosphère et surtout des personnages. Donc, fini le court métrage d'une bobine...

A ce titre, Davidson qui vient au studio avec tous les stéréotypes et le bagage culturel très particulier des juifs d'Europe centrale, est quasiment caractérisé dès sa première apparition dans tous ses films, et toute l'intrigue tourne le plus souvent autour de ses origines et autour de cet univers si particulier: on ne s'étonnera pas qu'aujourd'hui ces courts métrages qui installent un humour autour de ces stéréotypes soient justement mal vus aux Etats-Unis. Pourtant, à aucun moment le comique de Max Davidson ne se vautre dans l'antisémitisme... On rit toujours AVEC le judaïsme ici, jamais contre...

Dans ce court métrage, donc, Davidson est Ginsberg, l'heureux père d'une jeune femme, Rachel (Ann Brody), qui est courtisée par tout le quartier. Mais le père Ginsberg est très pointilleux et souhaite que son futur gendre soit juif. Or le plus intéressant des candidats (Creighton Hale) fait un peu trop Irlandais à son goût...

C'est fort bien mené, et ça permet à la troupe de Roach de faire étalage du savoir-faire maison. On appréciera la façon dont Oliver Hardy en flic soupçonneux prend en chasse Creighton Hale, et se retrouve systématiquement face à son pire ennemi, un trou d'eau d'1m50 de profondeur qui lui en voulait, pour le nombre de fois où il tombera dedans dans sa carrière... Une scène hilarante de poursuite mène aussi, dans la deuxième bobine, à un ballet entre Hale et Davidson.

Creighton Hale n'était pas un star, juste un acteur connu en bout de course qui n'était pas regardant par rapport à ses rôles: Griffith en avait fait un benêt systématique, et il allait incarner quelques seconds rôles intéressants dans des films d'épouvante. Mais son rôle en jeune premier à qui on ne la fait pas et qui retourne les préjugés culturels dans une scène finale, est une excellente opportunité. Ann Brody n'a pas laissé une grande trace dans l'histoire contrairement à la délicieuse Martha Sleeper qui assumera bientôt les rôles de la fille du personnage principal, mais par contre on aperçoit aussi Spec O'Donnell, dans ce qui va devenir son principal rôle aux côtés de Davidson: le fils qui amène les ennuis. On ne présente plus ni Oliver Hardy en flic malchanceux, ni Noah Young qu'on aperçoit en automobiliste irascible...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Leo McCarey Comédie Max Davidson Laurel & Hardy