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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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2 novembre 2021 2 02 /11 /novembre /2021 17:00

Mary Stevens (Kay Francis) et Donald Andrews (Lyle Talbot) ont affronté ensemble la fac de médecine, et ils sortent diplômés en même temps, et ouvrent un cabinet au même moment, en compagnie d'une infirmière commune, Glenda (Farrell). Mais... Très vite il apparaît que si Donald a pris leur relation pour de l'amitié, ce n'est pas du tout le cas de Mary, qui doit s'effacer lorsque son petit ami fricote, puis se marie, avec la fille (Thelma Todd) d'un politicien. Ce qui va apporter beaucoup d'opportunités au jeune homme, et des ennuis avec la justice aussi. Après quelques temps, les deux médecins doivent se rendre à l'évidence: le mariage est un fiasco, ils s'aiment et tout irait pour le mieux si la machine politique de son beau-père acceptait de lâcher Don. Mary, qui est enceinte à l'insu de Don, décide de s'effacer et part pour l'Europe avec Glenda le temps que la situation s'éclaircisse.

A l'opposé d'un Curtiz, Lloyd Bacon utilise son étonnant talent de metteur en scène afin de faire faire des économies au studio. Il n'y a pas, chez lui, de grande envolées spectaculaires, juste une solide efficacité narrative, mais il arrive qu'il s'en dégage une certaine austérité. Par exemple, Bacon va à l'essentiel et ne s'encombre pas d'ambiguités inutiles, perdant parfois des occasions... Kay Francis doit affronter aussi souvent que possible une hostilité presque burlesque du monde entier (et de sa patientèle) à l'égard des femmes médecins, par exemple, jusqu'à ce qu'un jour, pouf! ça a disparu... Glenda ne semble exister que pour son travail, voire pour Mary, mis elle la soutient dans un constant abandon d'elle-même... Et si vous voulez mon avis, ce Don, il n'est pas du plus fiable... 

Mais c'est comme ça qu'il en va de ces petits films Warner dont le ton, le rythme et l'abattage des acteurs reste un plaisir constant... Y compris quand il est question comme ici, d'assumer un adultère et une grossesse hors extra-maritale, ou de confronter le public à la mort tragique d'un enfant, voire à la possibilité du suicide: oui, Kay Francis souffre dans le film. On est en droit de penser qu'elle en fait trop, je l'ai lu ici ou là... Pas pour moi.

 

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Published by François Massarelli - dans Lloyd Bacon Pre-code
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:17

Un film absolument passionnant, typique de la production Warner des années 30, et qui semble accomplir l'impossible: réunir le savoir-faire maison acquis au terme d'une longue et riche décennie d'une part, et la verve grinçante des films de l'époque 1930-1934, dont on sait qu'elle a pris fin lorsque le Breen office a réussi à obtenir des studios Hollywoodiens qu'ils cessent la course toujours plus folle vers les sujets osés, la représentation des turpitudes et toutes ces sortes de choses. En d'autres termes, Marked woman réussit à parler de choses dont on ne peut pas parler, et à montrer ce qu'on ne peut pas montrer, le fait en construisant un suspense formidable, avec des personnages qu'on ne peut vouloir que suivre. Et il est du à Lloyd Bacon, un cinéaste pouyrtant mal aimé, et souvent accusé à tort de n'être qu'un tâcheron. Et d'une façon presqu'officielle, il est aussi un peu l'oeuvre d'un autre cinéaste, souvent appelé à cette époque pour donner un peu plus de punch  aux films des autres: Michael Curtiz. C'est désormais un fait acquis, et on retrouve occasionnellement sa patte, mais je ne vais pas tomber dans le travers qui consisterait à lui atribuer tout le succès du film: Lloyd Bacon a fait un travail formidable, et on lui dout en particulier la formidable caractérisation des jeunes femmes, Bette davis et Isabel jewell en tête, qui sont exceptionnelles.

 

Joe Vanning, un mafioso inculte ( -"Club intime"?  Qu'est-ceque ça veut dire?

-Ca patron, ça veut dire "intimate".

-Parle Anglais, je ne te comprends pas!

-Intimate, ça veut dire être ensemble.

-Changez le nom, si ça veut dire "intimate", il faut que ça s'appelle "Club Intimate".), prend les rênes d'un club de rendez-vous, dans lequel des jeunes femmes ont pour fonction de pousser les clients non accompagnés à consommer. Mary (Bette Davis) sait qu'elles sont entre les mains d'un malfrat qui n'hésitera pas à les supprimer si le besoin s'en fait sentir, et est très inquiète, d'autant qu'elle fait ce métier afin de payer l'université à sa soeur Betty, qui ignore tout de ses activités. Mais lorsqu'un client qui payait par chèque disparait au terme d'une soirée passée avec elle, ellle est immédiatement soupçonnée par l'énergique assistant du procureur, interprété par Humphrey Bogart dans un rôle rare à cette époque de "Good guy"... Il lui va falloir témoigner, en sachant la menace qui pèse sur elle...

 

La prostitution, déguisée en un business de dames de compagnie, voilà bien sur le sujet dont il est question... ou pas. Bien sur, les 5 jeunes femmes qui travaillent dans le Club "Intimate" se plaignent de leur sort, et sont soumises à la loi du milieu, mais les allusions sont nombreuses, notamment les ellipses, qui nous permettent d'extrapoler sur le véritable emploi du temps des héroïnes. leur façon aussi de parler de leur sort, voire de le dissimuler, telle Mary qui ne révèle à Betty la nature de son travail lors d'un procès...

Le ton volontiers plus policé des films dans les années qui suivent le pré-code ne s'applique pas autant à la Warner qu'à la MGM, et ce film en est un bon exemple. Le montage suit bien sur la dictyion mityraillette des acteurs, Bogart en tête, et l'ascension de l'adrénaline culmine avec violence (Bette Davis se fait passer à tabac hors Champ!! Elle a une scène, déguisée en momie sur un lit d'hôpital!!) dans une scène de procès qui est un modèle du genre.... La façon dont la caméra filme alors que les 5 jeunes femmes sortent de leur lieu de travail leurs jambes, marchant d'un pas décidé sur le trottoir, aporte bien sur une rime lexicale au soupçon de prostitution: on appelle les prostituées,  entre autre, des "Street walkers", après tout. Enfin, l'apport de Curtiz se ressent essentiellement dans certains plans typiquement coûteux, comme un beau plan du night-club, qui part d'ue femme en train de chanter sur scène, et s'éloigne jusqu'à cadrer tout l'établissement, avec ses nombreux figurants, mais aussi les acteurs de la scène qu'on voit distinctement s'installer à leur table. Sinon, la fin porte sa marque, avec son impression de happy ending dans ce qui nous est raconté, et l'impression contraire par ce qui nous est montré: le cinéaste à l'oeuvre fait tout, et réussit d'ailleurs, pour contredire la promesse de Bogart qui dit à Davis 'tout va aller bien maintenant, je suis là', en particulier lorsque les jeunes femmes s'enfoncent dans la nuit... Des scènes du procès ont été également assurées par Curtiz, et deux ou trois séquences, bien nerveuses. Mais de toutes façons, on ne va pas couper le film en petits bouts: voyez-le!!

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Published by François Massarelli - dans Lloyd Bacon