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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 09:04

Un camp militaire Allemand est survolé par des avions... Un parachutiste se lance: c'est Daffy Duck...  S'ensuit une lutte sans merci entre des nazis et un canard. 

Ce dernier n'est pas la créature veule et malchanceuse (a faute à Chuck Jones qui en a fait un anti-Bugs) des dessins animés futurs: Freleng utilise encore les côtés incontrôlables et parfaitement cinglés du personnage tel qu'il a été créé par Bob Clampett sous la responsabilité de Tex Avery. Et son personnage a une légitimité dans ce contexte, en outsider venu semer la pagaille dans l'armée des nazis...

Freleng, dont le forte allait bientôt devenir de réaliser des courts métrages dont l'ingrédient unique serait une confrontation entre une figure d'autorité menaçante mais défectueuse (Yosemite Sam ou Sylvester) et un personnage ayant tout pour être une victime, mais infiniment supérieur intellectuellement (Bugs Bunny, Tweety ou Speedy Gonzales), s'essaie ici à cette figure, avec un officier nazi qui s'en prend plein la figure, mais il est flanqué malgré tout d'un troisième larron, un aide de camp nommé Schultz, qui donne d'ailleurs lieu à un running gag.

Quoi qu'il en soit les nazis ne sont qu'une proie facile pour la folie furieuse de Daffy Duck, qui donne ici son meilleur gag avec une cabine téléphonique... Et un gag autour de la traduction qui débouche sur du loufoque. Notons une allusion à une mystérieuse Myrt, au téléphone, qui vient tout droit de Blitz Wolf de Tex Avery, aussi...

Et puis Hitler s'en prend plein la figure, littéralement d'abord, mais aussi dans un gag sublime, qu'on rêve d'essayer avec Eric Zemmour Eric Ciotti ou Eric Dupont-Aignan: l'officier Nazi passe près d'une tente, et se fend d'un salut agrémenté d'un "Heil Hitler" retentissant... Mais c'est un putois qui sort de la tente. L'erreur était bien compréhensible. L'officier, gêné mais fataliste, nous prend à témoins de sa méprise...

 

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 08:54

Ce film est une fois de plus un de ces faux documentaires contenant anecdotes et vignettes autour d'une thématique: cette fois, il s'agit de l'armée et de ses nouvelles recrues, le décor est donc une base d'entraînement, avec ses tentes, et ses jeunes aspirants. Tous les gags tournent autour de cet aspect, et le ton est bon enfant... Un avant-goût inoffensif de ce que la production des courts métrages d'animation allait devenir chez Warner, après Pearl Harbor... 

C'est d'ailleurs certainement symptomatique d'une nation entière qui devait bien se douter vers quoi le pays allait, l'intervention devenant inéluctable. La production de ces courts métrages le reflète: même sans déclaration de guerre, et en dépit d'une forte attente de non-intervention, le sujet de l'armée, de ses forces, de la préparation des recrues actuelles et futures, tous ces sujets étaient dans l'air...

Ca reste pourtant typique de Freleng: léger, sans la méchanceté caractéristique ou le délire absolu des films de Bob Clampett, sans la dent dure des films de Tex Avery. Freleng observe, transcrit ou illustre, il se fait constamment plaisir avec le rythme et la musique, mais son film n'a pas de possibilités d'interprétations idéologiques, et son absurde reste, aussi inattendu que ce soit possible, très premier degré. Bref, c'est de la rigolade...

 

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
16 août 2022 2 16 /08 /août /2022 09:25

Dans une ferme, deux canards attendent un heureux événement... L'oeuf est noir, et quand il se rompt, le nouveau né a une petite moustache carrée... Devenu adulte, la chose confirme toutes les craintes de son entourage: violent, intolérant, méchant et agressif, il va malgré tout devenir copain avec une oie énorme qui parle avec un abominable accent italien, puis ils seront rejoints par un canard Japonais. 

Le film multiplie les allusions aux conflits en cours, à la politique expansionniste et dictatoriale des peuples alliés à l'Allemagne, et tant qu'à faire les piques les plus osées aux trois dictateurs. Accessoirement, on pourra toujours objecter, devant la force de l'attaque, que la représentation des Japonais effectuée dans le film est odieuse, mais... Propagande oblige, sans doute. Quoi qu'il en soit, voici un film hautement inflammable, à l'animation survoltée...

Pour finir, bien sûr, le film s'inscrit de plain-pied dans l'effort de guerre, en finissant sur un rappel: si on veut (comme c'est le cas dans le film, et de manière radicale) se débarrasser du problème des dictateurs visés par ce court métrage, on peut participer en achetant des bons de la défense.

 

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Published by François Massarelli - dans Norm McCabe Looney Tunes Animation
16 août 2022 2 16 /08 /août /2022 09:20

Un narrateur passe en revue divers aspects de la préparation des fermiers Américains face à une hypothétique attaque des forces de l'axe: le film accumule les gags visuels autour des possibilités, et oui, fatalement, il y aura un jeu de mots autour de la race de chiens Spitz, de l'avion Spitfire et du fait de cracher! C'est généralement idiot, facile, et assez loufoque.

C'est surtout impressionnant, de constater que Clampett, y compris en participant à l'effort de guerre, maintient bien vivant son mauvais esprit triomphal. Un film à la fois anecdotique et indispensable, donc.

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Looney Tunes Animation
14 août 2022 7 14 /08 /août /2022 13:42

Un chien jaloux de sa position chez ses maîtres mène une vie infernale au pauvre chat qui devient facilement le bouc émissaire de son mauvais esprit...

Enfin! Un film qui ose dire la vérité sur les chiens et les chats, nous présentant ce dernier comme la victime évidente des pires saletés, et le chien comme un être corrompu, vil, calculateur, menteur et malhonnête. Ca fait du bien...

Sinon, c'est aussi un film qui arrive à la fin de la première partie de la carrière de Jones, qui avait un graphisme superbe à l'époque, avant de s'égarer dans une recherche de la stylisation angulaire... C'est donc fort beau. 

 

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
14 août 2022 7 14 /08 /août /2022 13:36

Le film s'intéresse uniquement aux enseignes en néon et autres lumières intrusives de la vie citadine en 1942, en s'adonnant à moult jeux de mots et autres visualisations loufoques...

Ca fait partie de ces courts métrages géniaux et irracontables, dans lesquels les équipes de Leon Schlesinger se faisaient plaisir sans pour autant s'obliger à suivre ou animer un héros... Des films hautement inventifs, dont Tex Avery et Bob Clampett étaient les maîtres. On attendait moins Freleng sur ce terrain, mais il s'en sort très bien... C'est très rythmé, très musical, sans l'ombre d'une goutte de bons sentiments.

 

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Looney Tunes Animation
14 août 2022 7 14 /08 /août /2022 13:31

Une oiselle qui en a plus qu'assez de couver son unique oeuf le confie au gentil éléphant Horton, qui est un peu simplet... Mais il n'a qu'une parole, y compris quand la corvée va durer 51 semaines...

On n'attendait pas l'excentrique sauvage Clampett aux commandes d'une adaptation assez respectueuse d'un conte. Mais il a totalement fait sien le coté délirant et l'arrière-plan ironique de l'histoire du Dr Seuss, qui fustige les hypocrites. Et il l'a fait en beauté, avec son équipe rodée et des animateurs tous plus fous furieux qu'il ne l'était lui-même...

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Looney Tunes Animation
9 août 2022 2 09 /08 /août /2022 18:10

Des années avant de réaliser une trilogie de variations sur le thème de la chasse, Chuck Jones avait repris la bonne vieille situation popularisée longtemps avant lui par Tex Avery et Bob Clampett. Il en fait un court métrage de transition dans lequel Daffy Duck prend le pouvoir, le Daffy d'avant la normalisation/affadissement des années 50.

Et Elmer Fudd, de chasseur, se retrouve en boxeur malgré lui, aux prises avec une armée de canards, pendant qu'un chien mal assuré essaie en vain de lui apporter un soutien symbolique. On est, en quelque sorte, en plein cauchemar...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Chuck Jones Animation
9 août 2022 2 09 /08 /août /2022 18:04

Un chien se fait abandonner sur une aire d'autoroute... Et immédiatement, se met en quête d'un nouveau maître. Il tombe sur Porky Pig, qui va vite découvrir que l'animal est absolument insupportable...

Ne vous laissez pas attraper par la première phrase du résumé qui précède: ce film n'est en rie un plaidoyer. Il est même particulièrement politiquement incorrect, montrant un animal rigoureusement infect, qui va épuiser les nerfs d'un des personnages les plus gentils et patients de toute l'histoire du dessin animé.

Ce chien affreux est un personnage qui s'avère vite épuisant, mais qui cadre tellement peu avec les fadaises qu'on raconte si souvent sur les chiens, ces êtres vils, qu'il me plaît intensément...

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Published by François Massarelli - dans Animation Chuck Jones Looney Tunes
7 août 2022 7 07 /08 /août /2022 17:23

Porky Pig vient d'acheter une maison, où il compte bien s'installer en compagnie de son chat Sylvester. Autant Porky est content de son achat, une maison gothique à souhait, à laquelle on n'accède bien entendu que pendant une nuit lugubre, autant le chat n'est pas rassuré. Et les souris, qui se sont organisées quasiment en société secrète, sont déterminées à les faire fuir. Mais ça ne marche que sur le pauvre chat, qui passe la pire nuit de son existence...

Certains courts métrages d'animation Warner sont tout dans l'animation, mais il n'est pas rare qu'à l'inverse les films de Chuck Jones soient tout entiers dans les personnages: c'est l'un d'eux, avec une belle division entre un optimiste qui voit tout en rose, et un pessimiste qui bien sûr a toujours raison. Le parcours imposé au pauvre chat tournera bien évidemment au tour de force graphique, et le tout sans que le chat ne prononce une seule parole. C'était avant que Friz Freleng et Mel Blanc (pour la voix) ne reprennent définitivement le personnage pour en donner une version très affadie. Ici, c'est du velours...

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Chuck Jones