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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 08:46

Après Tale of two kitties, de Bob Clampett, les personnages de Babbitt et Catstello deviennent des souris. Largement influencés par Abbott et Costello, les deux sous-comiques curieusement très populaires (on se demande vraiment pourquoi!) des années 40, les deux personnages de cartoon ont un duo assez classique, avec un dominant et un dominé parfaitement nigaud. Ils font beaucoup, beaucoup appel, comme leurs modèles, à des éléments verbaux qui personnellement me tapent sur le système.

L'histoire est un prototype de ce qui arrivera souvent dans les cartoons de Speedy Gonzales: deux souris convoitent du fromage, et doivent braver un chat. Sauf que ce sont les deux souris qui sont à la peine, et Catstello impose à Babbitt de faire tout le travail.

Tashlin n'est pas crédité dans ce film, qui a été fini à son départ du département d'animation de la Warner, et par moments on jurerait qu'il s'agit d'un film de Clampett: même distorsion des corps, même décomposition anarchique du mouvement, et même tendance à l'excès. mais, est-ce l'irritation que me causent les personnages, l'indigence du script, ou un ratage de l'ensemble? Ca ne marche pas, le film n'arrive pas à se hisser au-dessus de son anecdote.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Frank Tashlin
26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 08:20

Produit durant l'étrange période qui voyait la Warner participer à l'effort de guerre, y compris dans son département des dessins animés, ce film de Tashlin met en scène Porky Pig pour l'une des dernières collaborations du metteur en scène au studio. D'emblée, il se distingue par le côté volontiers anarchique de son animation, mais d'une anarchie bien différente de celles développées par Avery et Clampett: une tendance, notamment, à "poser sa caméra" beaucoup plus près des personnages, par exemple, qui participe à l'hystérie de l'ensemble. Autre fait notable: Porky Pig, dans ce film, porte... un pantalon.

L'intrigue est donc liée à l'attitude générale des Américains moyens durant la guerre, tout en usant d'une certaine ironie: toutes proportions gardées, on n'est pas trop loin de Draftee Daffy, de Clampett, qui voyait le peu patriotique canard tenter d'échapper à la conscription. Ici, une maman toute entière dévouée à l'effort de guerre, et désireuse de partir travailler sans inquiétude, confie son abominable garnement à Porky, et lui donne même un manuel d'instructions qu'elle prétend fort utile.

Oui, mais il faut savoir s'en servir... 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 15:16

Ce court métrage qui ne paie (vraiment pas) de mine, est un cas d'école: c'est sans doute à ce genre de films, qu'on voie que Freleng, qui parfois avait du génie, était quand même un peu décalé par rapport à ses collègues, Avery, Tashlin, Clampett et Jones... D'ailleurs, il reprend ici un truc fréquent des films de Tex Avery quand celui-ci réalisait des Merrie Melodies: le "travelogue", ou le faux documentaire qui accumulait les anecdotes, toutes prétextes à d'abominables gags. Avery, disais-je, en avait fait l'une de ses spécialités, et Clampett avait repris le truc.

Mais Freleng, ici, ne s'en sort pas très bien, car ce qu'on attend d'un dessin animé comme celui-ci, c'est qu'il soit drôle... Et dans ce cas... il ne l'est pas. A l'exception d'une intervention de deux loups, toutefois, voir photo...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Friz Freleng Looney Tunes
3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 16:13

C'est une "Merrie Melody", mais on est bien loin des fadaises de Freleng et de Harman et Ising! Avery n'avait pas son pareil pour dépoussiérer à la dynamite tous les départements où il passait, et on voit bien avec ce film que la respectable série animée en couleurs, qui était au départ prévue pour chasser avec le plus d'élégance du côté de Disney, ne lui a pas résisté. En route donc pour un film de gangsters à la manière de, avec un bull-dog qui répond au nom pas vraiment crypté de Edward G. Robemsome, dans le rôle du bandit.

Dès le départ, Avery n'attend même pas que la situation soit installée pour balancer des gags idiots (mais alors vraiment!) à la mitraillette. Le chef de la police s'appelle Flat-foot Flanagan, ce qui permet un sous-titre 'With a floy-floy", allusion au méga-tube de Slim Gaillard et Slam Stewart, The flat-foot floogee with a floy, floy (une preuve de goût). Les banques dévalisées commencent par la First National bank, mais très vite ça dégénère: la 2nd National bank, puis ça monte jusqu'à la 112e. A l'exception notable de la treizième, le bandit étant superstitieux... Enfin, c'est l'une des plus célèbres intrusion dans le film d'un membre du public avec ce spectateur qui cafte à la police...

Bref tout n'est jamais sérieux. On regrette que l'imitation de Robinson tombe quand même un peu à plat, et on se délecte des jeux autour du langage, l'un des péchés mignons d'Avery, auteur de l'incontournable Symphony in slang.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Tex Avery
9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 10:04

La chanson qui donne le titre à ce film de la série Merrie Melodies, selon la tradition, est donc une ritournelle de basse extraction, le genre qui se chantait à l'entracte lors de séances cinématographiques...

C'est précisément le cadre du film, décousu et inégal, mais souvent glorieusement loufoque: pendant une séance, donc, nous assistons au ballet des changements de place intempestifs, à l'indécision d'un gigantesque hippopotame qui ne parvient pas à se décider, aux mésaventures d'un petit canard qui s'ennuie ferme, et pendant ce temps, nous voyons un certain nombre de passages de films parodiés. Le plus notable est une scène de The Petrified Florist, qui si vous voulez mon avis est nettement meilleure que l'intégralité du très ennuyeux The Petrified Forest...

Les scènes du public de la salle de cinéma seront recyclés plus tard, en particulier dans A Bacall to arms de Bob Clampett, en 1944.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 09:54

En 1933, finalement, Ising et Harman, les transfuges de chez Disney qui ont constamment roulé leur bosse en passant sans vergogne d'un studio à l'autre, pouvaient en remontrer à n'importe qui: c'est la leçon de ce petit film d'une grande qualité en dépit de ses aspects franchement épisodiques...

Sur les étalages d'un marchand de journaux, les personnages des couvertures de magazines prennent vie, et dans un premier temps, se lancent dans l'interprétation d'une chanson (qui donne son titre au film). C'est un cow-boy qui donne le ton mais tout le monde participe. La deuxième partie voit des gangsters s'échapper des magazines de cinéma, et tenter de voler le contenu de la caisse, et tout le monde se ligue contre eux...

D'une part, on voit bien le mode de fonctionnement des Merrie Melodies, et leur limite: illustrer une chanson du répertoire Warner... De l'autre, outre le prétexte du film qui reviendra plusieurs fois notamment dans Book Revue de Clampett (et ce de façon autrement plus spectaculaire), nous voyons ici tout l'univers des cartoons de la WB, qui tranchait quand même beaucoup sur celui de Disney: une thématique volontiers adulte, un ton plus sérieusement acide, et une invention graphique solide... Sans oublier une inspiration fortement cinématographique. Une leçon que retiendra l'animateur en chef, ici: c'est Friz Freleng...

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Pre-code
18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 16:46

Tous les matins, Ralph le loup et Sam le chien quittent leur domicile respectif en se saluant; ils travaillent tous les deux au même endroit: l'un garde les moutons, l'autre doit les chasser. C'est bien sûr absurde, mais une fois le prologue établi on peut assister à une série de tentatives toutes plus lamentables les unes que les autres du loup, qui ressemble furieusement à un de ses cousins... Un certain coyote.

Sachant que l'histoire (pour sa plus grande part constituée de gags purement visuels) est signée du complice Michael Maltese, que les décors, fortement abstraits et stylisés, sont de Maurice Noble, on ne s'étonnera pas que l'ombre de la série des films du Coyote plane au-dessus de ce film. Mais c'est de bonne guerre, car le film inscrit son message éminemment philosophique dans le cadre de l'absurdité du monde du travail, un chantier de réflexion que l'humoriste Chuck Jones se plaisait à contempler, et en prime la situation est l'occasion pour les animateurs d'expérimenter avec non seulement le timing, mais aussi l'espace filmique. Comme dans les films du Coyote, le champ, le hors-champ, le vide sont mis à contribution avec une aisance déconcertante, et en plus...

...On se bidonne.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Chuck Jones Looney Tunes
18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 16:34

D'une part, ce film très enlevé, qui tranche de façon saisissante sur les habitudes prises par Freleng, McKimson et Jones concernant le personnage de Daffy Duck, est un des rares films d'Arthur davis, qui fut entre 1947 et 1955 un des quatre mousquetaires... généralement, le quatrième, alors que son talent était bien supérieur à celui de ce pauvre McKimson, et bien qu'il ait retenu les leçons des trois dingos qui l'avaient précédé, avant de partir du studio: Frank Tashlin, Tex Avery et Bob Clampett...

Oui, donc on est face à un excellent film de la série des Looney Tunes, dans lequel Daffy Duck n'est pas cette lavette vouée à l'échec et à subir la vanité d'un Bugs Bunny par exemple, mais bien un vari héros de cartoon, surprenant et définitivement à l'épreuve des balles.

D'autre part, ça tombe bien qu'il soit à l'épreuve des balles, car l'idée principale de ce film est de montrer le canard aux prises avec ses pires ennemis: c'est, en effet, la saison de la chasse au canard.

Oui, vous avez bien lu: en Anglais, on appelle ça Duck season. Une paire de mots qui n'a l'air de rien, comme ça, mais qui est à la source d'une impressionnante trilogie de films signés de Chuck Jones, sortis quelques temps plus tard. Soyons juste: Jones n'a pas copié, il a juste offert une série de variations, toutes plus sublimes les unes que les autres, à ce film, qui lui reste quand même basé sur une histoire et non une série de gags. Et en lieu et place de Bugs Bunny, Elmer et Daffy Duck partagent la vedette avec un renard. Mais quand même: il est bon de retourner aux sources parfois, et ce film est une belle occasion de sortir des sentiers battus... 

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Arthur Davis Animation
18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 16:18

Le film commence par une introduction qui me rappelle à la fois A corny concerto (de Bob Clampett, sorti vers la fin de la même année) et son grand modèle, le film Fantasia... et justement, comme souvent avec les films de Freleng, ce Pigs in a polka est très musical: il est d'ailleurs soutenu du début à la fin par un recours de Carl Stalling aux Danses Hongroises de Johannes Brahms. En quelque sorte, on peut considérer le film comme une parodie (bon-enfant) de deux films Disney: Fantasia, même si l'animation y utilise beaucoup moins le vitriol que A Corny Concerto, et The three little pigs, dont on a ici toutes les traditions établies: I'll huff and I'll puff, les différences entre les trois cochons, et un loup menaçant mais essentiellement cartoonesque.

...Si ce n'est que c'est le loup qui effectue l'introduction, et qui présente les trois porcins comme ses faire-valoir. Une façon comme une autre pour Freleng, qui adorait ses "méchants", de signer un peu plus un film très tonique et plaisant.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Friz Freleng Looney Tunes
18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 15:40

Après le départ de Tex Avery, Bob Clampett a "hérité" de son unité, pour ses bons et loyaux services en tant qu'animateur sous les ordres de Tex, puis en tant que réalisateur des Looney Tunes, les dessins animés "économiques" en noir et blanc; ce qui veut dire qu'il allait pouvoir lui aussi réaliser des "Merrie melodies" (soit des films plus ambitieux, en couleurs, qui portaient en eux le prestige du label WB...

Sauf que Clampett étant Clampett, il a probablement fait plus fort encore que Tex Avery en matière de délire et d'affranchissement des limites. Ce film, qui raconte l'histoire rythmée dans le jazz le plus swing, d'un chat dragueur et assez clairement obsédé sexuel, en est une illustration parfaite: l'animation n'y est pas confortable et rassurante, mais frénétique et excessive, une marque de fabrique des films de Clampett, qui va profiter des moyens qui lui sont donnés pour pousser le bouchon de l'animation très loin: c'est à partir de cette époque en particulier qu'avec Manny Gould et Rod Scribner, il va prendre l'habitude de multiplier les dessins extrêmes dans les mouvements rapides, ajoutant à l'impression de folie furieuse de ses séquences animées...

Bref, on en prend plein la figure, et les Merrie Melodies, vitrine huppée du département animation de la Warner, qui souhaitait faire concurrence aux Silly Symphonies, ne survivra pas longtemps: pour preuve, ce film est sorti sous étiquette Looney Tunes...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Bob Clampett Animation