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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 15:28

Cinquième film de Clampett à mettre Bugs Bunny en vedette, Corny concerto (1943) anticipe le travail de Friz Freleng, qui allait représenter dans Herr meets hare un lapin qui s'adonne à du ballet avec rien moins qu'Hermann Goering, ainsi que le fameux (Mais plus tardif) What's opera Doc? de Jones. Et ce nouveau film est une parodie de Fantasia, que Clampett a vu et revu avant de s'y attaquer : il y représente un Elmer Fudd modelé sur le présentateur du film-concert, mais avec un rien moins d'élégance dans le maintien...

Deux oeuvrettes musicales y sont illustrées à la façon de Disney (Et dans un style comme toujours animé par McKimson, mais visiblement bien différent de celui habituel de Clampett): Tales from the Vienna Woods, et Le Beau Danube Bleu, de Johann Strauss. Si le deuxième se voit gratifier d'une intrigue inspirée du Vilain petit canard, le premier est une énième variation sur le principe du chasseur et du lapin... Le premier est Porky pig, le deuxième est bien sûr Bugs.

C'est éblouissant de bout en bout, surtout la première partie, où chaque geste est pensé non seulement pour accompagner la musique, mais aussi en fonction de la marodie et de l'histoire racontée. On peut faire confiance à Bugs Bunny pour en faire des tonnes, et Clampett le rend virevoltant, excessif, en contrôle mais pas que : sur la fin, le lapin est une silhouette qui se perd dans ses excentricités au point de tomber à la renverse...

Le Danube bleu est l'occasion pour Clampett d'improviser une jeunesse de Daffy duck, en canard qui souhaite s'incruster dans une famille de cygnes. C'est impeccable et très drôle, là encore, avec un style qui rappelle Disney, mais qui n'en est pas...

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Published by François Massarelli - dans Animation Bugs Bunny Bob Clampett Looney Tunes
20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 17:00

C'est en 1937, soit trois ans après la sortie du film WB Dames, que Tex Avery va en détourner la pièce de résistance. On sait que la plupart des fimls de la série Merrie Melodies sont largement basés sur les chansons entendues dans les films de la Warner; le fait que I've only got eyes for you, chanté à deux reprises par Dick Powell dans le film déjà cité plus haut de Ray Enright, soit devenu plus ou moins un « tube » de l'époque, n'a fait qu'encourager le studio de Leon Schlesinger...

Mais en 1937, on attendrait plutôt que Friz Freleng ne dirige un tel film... Car le style du vétéran et celui du Texan, sont quand même radicalement différent. A la base, le script du film raconte l'habituelle histoire mélodramatique du ver de terre amoureux d'une étoile. Un oiseau, vendeur de glace, aime une belle dame canari, qui ne se soucie pas de lui, puisqu'elle n'aime que les crooners. Il va la séduire par un stratagème, et rater sévèrement son coup... Mais dans le film d'Avery, tout change. D'abord, il allonge l'exposition pour en faire un prologue, donne une substance (parodique, certes, mais quand même) non négligeable au personnage principal, et en fait la victime des attentions pas vraiment catholiques d'une oiselle défraîchie, qui veut le garder avec elle pour le gaver de tartes ; enfin, il fait de la dame des pensées du héros une émule de Katharine Hepburn, un gag qui reviendra souvent... Et c'est plutôt drôle.

Le héros, qui parle avec un bafouillage particulièrement prononcé, est le contraire même de la sophistication, et il lui faut trouver un partenaire pour devenir un crooner : il persuade un imitateur (doué, il en fait une démonstration impressionnante) de chanter dans son camion de glace, pendant qu'il chante en play-back, une chanson qui n'est autre que...

(Soupir)

...I've only got ice for you. Tout ça pour ça ? Disons que quand un jeu de mot est aussi insondablement, glorieusement, pathétiquement mauvais, il mérite au moins l'attention, sinon le respect...

Quant à la morale, c'est le héros qui la fournit, lorsqu'il se résigne à accepter les avances en tartes de l'autre femme : Anyhow, she can cook.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Tex Avery
17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 16:13

Porky Pig, producteur de music-hall, aimerait aller déjeuner, mais... il doit affronter une tempête: l'impresario Daffy Duck venu lui présenter son poulain, un très très jeune canard qui ne cesse pratiquement jamais de téter une sucette géante, sagement et passivement assis sur un fauteuil. Sage et passif, deux adjectifs qui en revanche ne vont pas pouvoir être utilisés pour une description de Daffy Duck, qui dans son numéro classique de dynamo vivante, vante les mérites supposés de son poulain...

Freleng dans ses oeuvres, en fait: avant que le personnage de Daffy Duck ne s'affadisse, il en reprend la folie totale et profondément indomptable, qu'il oppose à la normalité affichée de Porky. L'idée d'un personnage raisonnable, confronté à la folie dangereuse et impossible à arrêter d'un perturbateur, c'est aussi le contexte de Back alley oproar, chef d'oeuvre du réalisateur. 

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 17:06

Dans le cadre permissif de l'effort de guerre, ce film est l'un des derniers authentiques Looney Tunes, c'est à dire en noir et blanc; pas de héros, comme dans les travelogues bouffons de Tex Avery et Bob Clampett, juste une narration basée sur une idée simple: nous sommes supposés voir un film d'actualité et de propagande du Japon durant la seconde guerre mondiale, et bien sûr, ce que nous voyons est en réalité une oeuvre de propagande anti-Japonaise...

...Et la charge est lourde, odieuse, profondément raciste, jubilatoire, inexcusable, hystérique, et proprement injustifiable. Alors à vous de choisir: si vous avez un problème avec les gags raciaux de Buster Keaton, ou avec l'interprétation de Mickey Rooney dans Breakfast at Tiffany's de Blake Edwards, surtout passez votre chemin. Si vous êtes prêt à encaisser l'impossible, et si vous avez un minimum de second degré... Ca peut peut-être passer.

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation
5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 17:16

On est partagé.

D'un côté, il y a le fait que ces films sans queue ni tête qui tournent autour de la cohabitation entre humains et personnages de cartoons, depuis Who framed Roger Rabbit, ne parviennent pas à renouveler l'apport essentiel du film de Zemeckis, qui reste la référence du genre, et ne devrait pas avoir à subir de concurrence.

Sans parler du fait que le plus souvent, l'intrigue n'est qu'un prétexte et ne vaut pas tripette, et qu'en plus on a le sentiment que les acteurs qui jouent das ces films ont été punis... 

Alors je ne parlerai pas de l'intrigue, je me contenterai de dire qu'elle est un énième prétexte à virer Daffy Duck, à afficher sa tendance à être jaloux de Bugs Bunny, et sinon, qu'on y voir Steven Martin dans ce qui est sans doute son rôle le plus atroce. Même si cette fois, en revanche, c'est volontaire...

Mais c'est un film de Joe Dante, l'enfant terrible déchu, qui a accepté le défi, non seulement parce qu'il fait bien vivre, mais aussi parce qu'il lui permettait de rendre un hommage vibrant à Chuck Jones. Après tout, pourquoi pas? Mais qu'il est loin, le temps de Matinée, de The howling, ou de The Burbs.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Animation Looney Tunes Joe Dante
5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 17:01

A 1:29 dans ce cartoon tardif, le coyote est pris dans un engrenage de désastres particulièrement impressionnant: juché en haut d'un rocher que le décorateur Maurice Noble a rendu très risqué, il s'apprête à utiliser un arc... Mais se prend l'élastique en pleine poire, et par conséquent, tombe. Le gag aurait du s'arrêter là, mais en tombant, l'arc s'accroche sur un piton rocheux. L'effet d'élasticité propulse alors le coyote sur un autre piton rocheux auquel il tente de s'accrocher... Le premier roc casse, et l'élastique ramène alors le bout de rocher sur le coyote, l'écrasant. Là encore on aurait pu s'en contenter... mais pas Chuck Jones. Par enchaînement, le piton rocheux qui vient de subir un choc se casse à son tour, et le coyote, pris en sandwich entre deux fragments de roche, tombe donc. Le gag rebondit encore deux ou trois fois avant d'aboutir.

C'est le meilleur moment d'un film qui n'apporte rien, ni ne retranche rien, à la légende du coyote qui n'arrive pas à attraper son déjeuner. Si ce n'est le fait que désormais Michael Maltese est loin, et sinon, le style évolutif de Chuck Jones (en partenariat, désormais, avec son animateur numéro 1, Abe Levitow) est moins attractif que par le passé...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Chuck Jones
5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 16:50

Dans ce douzième cartoon des aventures du coyote, Michael Maltese et Chuck Jones ont décidé de varier le début d'une manière inattendue: en lieu et place d'une exposition, l'ouverture se fait, avant même l'arrivée du titre, sur un gag en cours... Qui va comme d'habitude se terminer sur une défaite cuisante pour l'animal, cela va sans dire. 

La suite est conforme à ce qui était attendu: des gags courts et longs, des plans élaborés à l'aide de matériel acheté chez Acme, et souvent spécialisé (un "élastique pour attraper les Roadrunners", par exemple!); des chutes qui se terminent par des nuages de poussière vus de très haut, en plongée, et des enchaînements savants d'ennuis compliqués...

Mais à cette période, Jones qui s'apprêtait en compagnie de son animateur Abe Levitow a changer considérablement sa manière (en rendant ses animaux plus touffus notamment, et ses humains plus anguleux), a permis à Maurice Noble, le décorateur des films, de rendre son désert de plus en plus abstrait, et l'artiste s'est fait plaisir avec les rochers en équilibre fragile, notamment...

Autre changement notable: alors que les dessins animés avaient toujours gardé une sorte de logique globale, fut-elle fragile, les auteurs s'évertuent à trouver pour varier les gags des choses de plus en plus farfelues: ici, les "graines de tornade". Pourquoi pas?

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Chuck Jones
5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 16:39

Sous un titre glorieusement paré d'un jeu de mots absolument lamentable, se cache ce film, le septième parmi les cartoons de Chuck Jones consacrés aux quêtes de nourriture d'un coyote dans le désert au prise avec la fatalité symbolisée par un oiseau de taille modeste, mais qui ferait certes un en-cas fort appréciable. Je ne vous apprendrai donc rien si je vous dis que cette fois-ci, eh bien... il ne l'attrapera pas.

Il me semble qu'il est temps de s'intéresser à la fameuse compagnie Acme: derrière ce nom hérité du Grec (et Akme en grec veut dire plus ou moins "premier choix", ce qui est bien sûr totalement ironique), se cache en fait une parodie éclairée d'un mode de consommation en vogue dans les années 50, née dans ces courts métrages spécifiquement. Le coyote, on le constate, a la plus totale confiance dans la compagnie, qui lui envoie régulièrement les équipements les plus improbables afin de mettre à exécution des plans qui foireront toujours; ici, l'animal se commande un livre inattendu, au titre hilarant: "Comment couvrir un géocoucou de goudron et de plumes". 

Ca s'imposait, je pense...

Et ce film est, pour la première fois, la reconnaissance définitive de la part du coyote de sa vraie condition: lassé, à la fin, de se prendre des coups, il démissionne de sa fonction de personnage de cartoon.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Chuck Jones
5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 16:21

Ceci est le cinquième film de la série des aventures désastreuses du coyote qui aurait tant voulu manger un roadrunner, alias le géocoucou (oiseau natif dans grandes zones désertiques du centre du continent Américain). Ca commence par un détail monstrueusement graphique, puisque lors de l'exposition usuelle (assortie de noms latins délicieusement idiots), le coyote (Eatibus anythingus) en question mange... une mouche, puis mâche sans grande conviction une boîte de conserve avant de se faire bousculer et aplatir par l'oiseau (Hot-Roddus supersonicus). Ces notations scientifiques en latin de cuisine, par ailleurs parfaitement inutiles à l'intrigue, font partie des plaisirs renouvelés de cette série de cartoons, et au passage... quelle intrigue?

Un autre plaisir renouvelé tient dans un des codes narratifs et graphiques, nés par accident de la répétition à l'identique ou presque des gags les plus idiots: les chutes du coyote, inhérente à la malchance chronique qui le poursuit, sont souvent assorties de plans en plongée (sans jeu de mots, cette fois-ci) du désert, dans lequel la chute très longue se termine par un nuage de poussière vu du ciel. Le plan est souvent présenté, souligné, et prend son temps... A tel point qu'on aurait l'impression que le film serait vide sans lui, comme il le serait d'ailleurs sans le Meep-meep de l'oiseau, ou sans les arrêts du images avec latin de cuisine du début.

...Et puis, tant que j'en suis à parler du latin de cuisine, on constate que dans ce film, Jones et Maltese ont convoqué, exceptionnellement une tierce personne, et je ne parle pas de l'infortuné diptère du début. Ca donne un gag qui permet aux auteurs de renchérir sur leur petit plaisir préféré: le clin d'oeil au spectateur, qui fait exploser le fameux quatrième mur...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Chuck Jones
3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 11:22

Zipping along est le quatrième film de la série de dessins animés de Chuck Jones, mettant en scène un coyote aux prises avec la proie la plus difficile qui lui soit: un oiseau trop rapide pour lui. Le film, comme tous les courts métrages sur ce modèle, ne se distingue en rien, si ce n'est qu'il semble un peu plus que les autres construits sur les gags courts.

Une certaine tendance de chaque court métrage du coyote (dont je rappelle que le script de Michael Maltese consistait uniquement en une suite de gags, puisque aucun des cartoons n'avait d'intrigue) consistait à enquiller les gags en en variant la longueur, en s'autorisant toujours deux ou trois gags ultra-courts, et au moins un élaborés, avec déguisements, matériel ultra-sophistiqué (commandé à ACME, bien sûr), et mise en place digne d'un ingénieur, établie sur un plan détaillé qui nous est montré. Ici, le film repose surtout sur des gags vite faits bien faits, dont certains sont tellement purs qu'ils en deviennent sublimes: mon préféré, aussi rudimentaire soit-il, prouve qu'on n'a même pas besoin d'un antagoniste coriace quand on a la malchance du coyote: 

Ce dernier a installé une planche sur un gros caillou, afin de créer un balancier. Le but est de se projeter en hauteur, pour attraper le roadrunner à flanc de colline. Il jette donc une énorme pierre en l'air, afin qu'elle tombe de l'autre côté de la planche et le propulse... Mais elle tombe en réalité de son coté et l'écrase. Temps: 10 secondes en comptant l'exposition du gag, qui nous montre l'oiseau assister à tous les préparatifs depuis sa position en hauteur...

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Chuck Jones