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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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19 décembre 2021 7 19 /12 /décembre /2021 08:22

L'explorateur Jacques d'Athys (René Cresté) revient d'orient avec une protégée, la petite Tih-Minh (Mary Harald), qui lui aurait sauvé la vie (on n'en saura guère plus sur ce sujet); ils s'aiment et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si leurs voisins du côté de la propriété Niçoise des D'Athys n'étaient trois espions interlopes: l'asiatique Sitka (Louis Leubas, qui sera affublé de cette appellation qui fleure bon une certaine xénophobie, durant toute la série), le mystérieux docteur Gilson (Gaston Michel) et l'étrange Marquise Dolores de Santa Fe (Georgette Faraboni), dotée de puissants pouvoirs occultes. Très vite, les trois affreux s'en prennent à Tih-Minh. Jacques, ainsi que son fidèle domestique Placide (George Biscot), vont avoir du pain sur la planche...

En 1919, Feuillade qui est toujours sous contrat à la Gaumont est encore sous surveillance: en dépit de son phénoménal succès, Les Vampires s'est attiré les foudres des apôtres de la bienséance et des bonnes moeurs imposées, et ce style de feuilleton est désormais impensable pour la firme de la Marguerite. Plus grave, la situation politique ambiante, sous l'influence d'une victoire assumée sur l'Allemagne, donnera encore plus de gages à ces attitudes conservatrices dans le contexte de la "chambre Bleue Horizon", une assemblée nationale dominée par une droite pressée de se mêler de tout... C'est dans ce contexte que le cinéaste a été prié de revoir le dosage de ses feuilletons: moins de crime, moins de turpitudes, et le curseur placé résolument du côté du bien. La première manifestation de ce retour aux bonnes moeurs était Judex, un film qui sera détesté par une partie de ceux qui aimaient les 5 Fantômas de Feuillade et évidemment Les Vampires. Puis d'autres films suivront, dont cette étonnante série...

Comme souvent avec le metteur en scène, les quatre ou cinq premiers épisodes contiennent les meilleurs moments, ceux qui installent le mystère et les grandes lignes. Les suivants seront surtout là pour prolonger en attendant une conclusion. C'est dès le premier épisode qu'on voit la teneur de ce que va nous raconter Feuillade: des enlèvements à la pelle, dont la victime sera presque toujours Tih-Minh, justifiant du même coup le titre (car il faut bien reconnaître qu'en dépit de quelques initiatives, la jeune femme est plutôt passive, voire, je tremble au moment de l'écrire, un peu idiote); des mystères comme la présence d'une trentaine de femmes, dépenaillées, muettes et amnésiques, dans la villa des espions, un mystère qui n'est pas totalement expliqué dans le film; des intrusions nocturnes; des déguisements... Bref, la routine de ces films, si ce n'est qu'on nous fait souvent comprendre que le mal, c'est mal, et le bien, c'est bien.

Après avoir assisté à l'émergence chez Feuillade de la magnifique Irma Vep, et vu le prolongement de cette dernière par Musidora qui interprétait la mystérieuse Diana Monti dans Judex, on sera frappé par l'absence d'un personnage féminin vraiment intéressant dans Tih-Minh: la famille d'Athys est complétée par la mère (une sainte femme), la soeur (admirable de dévouement et qui ne posera jamais vraiment de questions; Tih-Minh, la pauvre, est ballottée d'enlèvement en enlèvement, et souvent ses initiatives prouvent qu'elle est essentiellement une petite fille écervelée! Georgette Faraboni en médium et hypnotiste incarne le mal, mais elle n'est pas suffisamment charismatique pour faire de la concurrence à Musidora. Jane (Ou Jeanne) Rolette, qui joue la domestique fiancée de Placide est sans doute la mieux lotie... Bref, Feuillade n'est sans doute pas le plus féministe des cinéastes, mais ici il finit par justement mettre en scène cette pénurie en revenant constamment sur les dangers qui menacent l'héroïne paradoxale en titre! Et cette mise en abyme s'accompagne d'une sorte de présentation ironique du monde, dans laquelle Jacques d'Athys, bourgeois bien né qu'on imagine catholique jusqu'au bout des ongles, comme Léon Gaumont et Feuillade lui-même, d'ailleurs, est le valeureux héros... Mais regardez le film, et vous verrez: sans Placide et Rosette, point de salut, comme Judex sans Cocantin, Daisy Torp et le Môme Réglisse, comme Philippe Guérande sans Mazamette dans Les Vampires!

Comme pour conjurer toute chance d'influence néfaste du cinéma (un député dira à cette époque que le crime est enseigné dans la salles de cinéma, à la faveur d'une obscurité complice qui rend possibles tous les comportements déviants), c'est un peu comme dans Judex: on ne verra pas ici la police, étrangement absente de ces exactions dans lesquelles trois pays, trois fripouilles, un diplomate et un explorateur de bonne famille s'affrontent avec insistance. Un rêve éveillé, en somme... C'est la meilleure lecture pour ce feuilleton sans queue ni tête, aux images délibérément poétiques de l'arrière-pays Niçois...

 

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Published by François Massarelli - dans 1919 Muet Louis Feuillade
18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 19:18

Le banquier Favraux s'est construit une fortune considérable en exploitant sans scrupules la misère d'autrui... Un jour, alors que tout semble aller au mieux pour lui, que sa fille, jeune veuve et mère d'un enfant, s'apprête à se remarier, il meurt, et un scandale éclate. Le fautif? Judex, un homme mystérieux dont la famille a été autrefois victime des agissements du banquier... Mais Favraux est-il mort? Et qui est réellement Marie Verdier, la jeune gouvernante dont Favraux s'est entichée et qui une fois le banquier mort va chercher fortune ailleurs?

Côté pile, le film commence comme du pur Feuillade, qui installe avec un talent fou une intrigue qui pose une masse de questions, des personnages en liberté, des maniaques et des gens bien, des bandits et des justiciers… Le prologue est exemplaire et les premiers épisodes donnent une envie folle de savoir la suite! Judex (René Cresté) est un personnage fascinant parce qu’à la demande de Gaumont c’est un justicier, un vrai, et contrairement aux Vampires sa quête est motivée par des raisons hautement morales… Et pour le cas où on s’ennuierait d’Irma Vep et de ses collants noirs, Feuilade a engagé sa muse préférée pour le rôle riche de Marie Verdier / Diana Monti… On s’en doute, cette dernière s’avérera un authentique génie du mal…

Côté face, Judex fait suite, dans l'oeuvre de Feuillade, aux Vampires, à son impressionnant succès... et aux polémiques nées de ce que certains censeurs considéraient comme la nature scandaleuse de son cinéma: qui pouvait douter un seul instant que dans le serial en dix épisodes qui avait tenu en haleine les spectateurs Français durant 9 mois, les héros étaient en fait la dangereuse mais fascinante mafia de voleurs, d'assassins et d'escrocs des "Vampires", rassemblés autour d'Irma Vep (Musidora)? Le film, d'épisode en épisode, marquait de façon spectaculaire son époque, et bien que se déroulant à l'arrière, soulignait par le recours à des armes de plus en plus sophistiquées (Lance-flammes, canons, gaz et masques) l'existence quotidienne, ressentie par toute la population, de la guerre qui se jouait dans le nord du pays... Et du coup, la violence et la mort y étaient partout.

Judex est donc né de cette nécessité d'une revanche pour la Gaumont et les bien-pensants, qui souhaitaient que les lucratives idées de Feuillade s'expriment dans un sens qui puisse aller conformément avec le bien public tel que les autorités morales le concevaient... On sent bien que l’auteur a été pris entre deux feux avec ce nouveau film, passant d’une vengeance terrible, celle de Judex, à un appauvrissement de plus en plus évident au fur et à mesure de l’évolution de son amour pour la belle Jacqueline (Yvette Andreyor), la fille de son ennemi.

Et c'est bien ce qui me chiffonne dans Judex, un feuilleton qui part tambour battant, et qui installe vite l'idée que derrière le drame bourgeois qui est à la base, il y a une force, mystérieuse et secrète, représentée par l'énigmatique Judex, un justicier masqué qui s'arroge de le droit de vengeance en utilisant une machinerie compliquée, qui a le pouvoir de tuer s'il le souhaite et veille au grain, aussi menaçant que l'auraient été les Vampires... avant de se rétracter par amour, et d'abandonner une à une toutes ses ficelles, quasiment émasculé. Alors bien sûr, le film accumule les péripéties, et Feuillade comme à son habitude dose de façon convaincante les coups de théâtre préparés, et l'improvisation, mais le coeur n'y est pas autant qu’on l’aurait souhaité. René Cresté, en justicier énigmatique, est parfois terne lorsque le doute qui le ronge l’empêche d’agir, les relations avec l'entourage sont convenues, et on réclame toujours plus de Diana Monti, l'aventurière jouée par Musidora, qui par sa vilénie rappelle les exactions basses, viles et immorales, des Vampires. Et au milieu de tout ça, à travers le personnage de Cocantin (Marcel Levesque) et de sa bonne amie Daisy Torp (Lili Deligny) si prompte à se déshabiller pour plonger en maillot noir (un épisode lui est dédié vers la fin, L’ondine) on voit bien que Feuillade était gêné aux entournures par ces préoccupations de censeurs.

 

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Published by François Massarelli - dans Louis Feuillade Muet 1917
17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 17:57

Mademoiselle Musi (Musidora) est une fervente lectrice des exploits des Vampires, d’après les célèbres films de Louis Feuillade mettant en scène Irma Vep interprétée par... Musidora. Une fois qu’on sera prêt à accepter ce postulat, on regardera d’un œil parfois distrait ce film de moyen métrage, dans lequel Louis Feuillade trouve un ton moins farcesque à la comédie, un peu à l’imitation des œuvres de Léonce Perret:

Lagourdette (Marcel Levesque) courtise Melle Musi, et en l’entendant vanter les exploits de sa bande de criminels favoris, il prend la décision qui s’impose: il va lui montrer que lui aussi peut commettre des crimes… Et pour faire semblant, il propose à ses domestiques de jouer les victimes innocentes, un stratagème qui se retournera contre lui. Car si la jeune femme est fantasque, elle n’est pas sotte pour autant…

Je parlais de Léonce Perret, c’était sans doute l’inspiration pour Feuillade. Mais en terme de comédie et de marivaudage, les deux metteurs en scène ne jouent pas dans la même catégorie. Feuillade était certes plus à l’aise dans les drames baroques, les séries policières et les films sentimentaux, sans oublier les drames patriotiques, passage obligé de l’époque...

Mais il est assez plaisant de voir Musidora en complicité avec Levesque, son ennemi juré dans Les Vampires, dans un film qui ressemble beaucoup à un produit dérivé sans doute sans grande importance.

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Published by François Massarelli - dans Louis Feuillade 1916 Comédie Muet
6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 14:19

Romeo Bosetti, c'est l'un des noms qui reviennent souvent lorsqu'on parle des burlesques Français des tous débuts du cinéma. Chez Gaumont, le monsieur précurseur du surréalisme a créé un style propre, fait d'une excentricité contrôlée, jouant plus sur la notion de décalage que sur le chaos, contrairement à un Jean Durand dont la troupe de comédiens-acrobates avait pour mission de faire régner l'anarchie dès le début d'un film. 

Expressions photographiques (1906) est une fantaisie basée sur un principe simple: trouver dans la vie amoureuse des équivalents de ce qu'on fait en photographie, et donc bien sur en matière de cinématographie. La prise d'un cliché, ou l'histoire d'un couple, placés sur le même plan, une idée poétique de Louis Feuillade, qui donne un film court et plaisant. C'st aussi d'une grande sophistication, Bosetti jouant le rôle principal sans aucun dérapage vers le grotesque...

On peut sans doute s'étonner de la présence de Feuillade, le moustachu bourru, futur auteur des serials prestigieux et de drames, au générique de cette comédie, mais voilà: il en va ainsi des trajectoires de cinéma des pionniers, ils étaient souvent versatiles... Et même s'il serait loin de se spécialiser dans le genre, Feuillade a aussi donné dans la comédie en tant que réalisateur.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Louis Feuillade Romeo Bosetti
2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 13:35

Monsieur et Madame divorcent, car Madame a fauté... C'est donc Monsieur qui obtient la garde de l'enfant. Celui-ci ne tarde pas à se languir, d'autant que son papa, un monsieur important, a du travail, et des affaires qui l'attendent. Avec la complicité de sa belle-mère, la maman réussit à voir son fils, et l'enlève... Le père n'a d'autres ressources que de faire appel aux gendarmes.

C'est un petit film, à peine une bobine, qui a bien du faire pleurer dans les salles, le bon public réuni... Devant une situation où le bon droit tel que la très conservatrice Gaumont et le très traditionnel Feuillade le concevaient, triomphera in extremis: donc le divorce, c'est mal, et il faut un papa et une maman, ce qui nous rappelle les idées nauséabondes d'une frange peu ragoûtante de notre actuel fascisme à la française, mais je m'arrête là sur ce terrain.

Car ce qui compte ici ce ne sont pas les idées, mais bien la faculté du cinéma à se glisser dans le quotidien, et tout en préservant une certaine licence poétique de mélodrame (quelques grands gestes et quelques pleurs pur la grande Renée Carl), Feuillade semble ici rôder le style "réaliste" ou à peu près, qu'il utilisera pour sa célèbre série de films "La vie telle qu'elle est" entre 1911 et 1913.

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 10:36

A Paris, une pièce, La vierge de Corinthe, rencontre un énorme succès, et l'actrice Lina Béryl (Suzanne Grandais) y triomphe... La pièce fait l'objet d'un petit mystère, car l'auteur, considéré par tous comme un génie, a souhaité rester anonyme. Mais l'auteur, justement, a vu la pièce et il est littéralement subjugué par son interprète principale, au point de la contacter régulièrement (notamment au téléphone, ce qui occasionne un superbe "split-screen"). Mais toujours à distance: car que se passerait-il si elle apprenait que Paul Darcourt est un nain?

C'est le célèbre nain Delphin qui interprète ce difficile rôle, celui d'un homme qui est né trop petit, mais contrairement à ce qu'on voit souvent dans les films, appartient à une famille aisée. Il vit seul avec sa mère (Renée Carl) dans des appartements cossus, et la brave dame le couve comme elle l'a toujours fait, pour le protéger...

Le film, qui fait partie de la série "sociale" de Feuillade, "la vie telle qu'elle est", nous raconte une histoire qui est une réponse exacte et cruelle à la question posée plus haut... Il est à porter au crédit du metteur en scène et des interprètes, non seulement d'avoir évité les clichés, mais aussi d'avoir traité ce sujet de la différence, du préjugé, et de la difficulté de s'intégrer, d'une manière frontale.

 

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Published by François Massarelli - dans Louis Feuillade Muet
31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 10:25

M. et Mme Trévoux (René Navarre et Renée Carl) vivent heureux, ils ont un garçon, et les affaires de Monsieur sont prometteuses. Mais Madame a une attirance pour la chiromancie qui va lui jouer des tours: une dame inquiétante lui révèle que sa main trahit un avenir sombre, elle va "perdre un être cher". Elle a, forcément, des appréhensions quand son mari quitte Paris pour Cherbourg, afin de prendre le bateau pour New York... Et ces appréhensions seront vite confirmées, car le bateau va rencontrer un iceberg...

Deux préoccupations pour Feuillade ici: d'une part intégrer à sa série de films "la vie telle qu'elle est" un scénario sur la chiromancie, vaste entreprise d'exploitation des nigauds très en vogue à l'époque... Mais d'autre part, le réalisateur est à l'écoute de l'actualité, comme le Danois August Blom (réalisateur du film Atlantis la même année): il a été lui aussi frappé par l'anecdote du Titanic, et il introduit cette réalité-là dans son film; ce qui aura pour effet de pilonner un peu plus le charlatanisme des chiromanciennes, d'ailleurs, ce qui était l'intention première.

Comme souvent dans cette série, c'est dans les intérieurs que Feuillade révèle l'étendue de son talent, et on se souviendra longtemps de cette scène captée dans la pénombre, où seule apparaît la silhouette de Renée Carl, éternelle mère inquiète qui veille sur son enfant, et éclairée seulement d'une petite lampe...

Notons pour finir que le film est réduit à 24 minutes, il manque le dernier acte, celui dans lequel on confond les escrocs de la chiromancie. Dommage...

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Published by François Massarelli - dans Louis Feuillade Muet 1912
31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 09:01

La fée des grèves montre le sens de l'histoire de Feuillade, avec un conte que n'aurait pas renié Méliès. En plein seizième siècle, un noble pêche par hasard une sirène, et la ramène chez lui. Ils se marient, mais elle ne peut accepter de vivre loin de son royaume sous-marin. Il prend la décision de la suivre...

Tourné pour moitié dans des décors "naturels" (Et un château en bord de mer), et en studio où le "royaume" sous-marin a été reconstitué (Occasionnant un ballet sub-aquatique de naïades aussi empesées que les "fées" du film Le Printemps de la même année), il a été aussi colorié au pochoir. Là s'arrêtent les comparaisons avec Méliès, le film étant loin de la magie des contes de la Star-film...

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Published by François Massarelli - dans Louis Feuillade Muet
31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 08:57

La féérie selon Feuillade... Dans ce film des premiers temps de son oeuvre, on assiste un peu embarrassés à un ballet, disons, artistique... Un genre de film qui fait florès et qui s'inspire du goût des gens bien comme il faut, des spectacles de patronage.

Une vingtaine de femmes, en toges, se livrent à une bacchanale sur le thème de l'arrivée du printemps, parfois accompagnées d'enfants nus. C'est ridicule, c'est vain, et c'était une tendance, ce que n'oubliera pas Chaplin qui fera une parodie ultime de ce genre de films, mais en mille fois mieux, dans Sunnyside...

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Published by François Massarelli - dans Muet Louis Feuillade
31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 08:51

On oublie souvent qu'à partir de son arrivée chez Gaumont, Louis Feuillade, d'abord assistant d'Alice Guy, a vite du apprendre à tout faire. on lui doit donc, avant même que ses goûts ne le poussent vers l'exploration gourmande du genre policier, un nombre de films impressionnants dans tous les genres: féeries, drames, et bien sur des comédies. Certaines, regroupées dans des séries (Bébé, Bout-de-Zan) sont embarrassantes à regarder aujourd'hui, mais certaines témoignent au moins du fait qu'il savait attacher une certaine rigueur dans son métier. C'est de cette époque que date ce petit film...

Pour autant, il n'y a pas grand chose à dire sur Une dame vraiment bien, un film entièrement basé sur une idée simple, mais efficace: une dame élégante (Renée Carl) traverse la ville tranquillement, sans se soucier des catastrophes qu'elle déclenche sur son passage. En effet, tous les hommes sont subjugués par elle, et ont la tête toute retournée, aussi bien les commerçants, les passants, les ouvriers et bien sur les gendarmes... J'ai deux hypothèses quant au gag qui illustre cet article, et j'imagine que les émules de Freud s'attacheront à l'une d'elles. Mais je pense que l'autre est plus raisonnable: Feuillade souhaitait faire une allusion aux temps héroïques et déjà lointains des frères Lumière...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Louis Feuillade