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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 17:04

A la fin de son contrat Keystone, Chaplin aspirait à pousser son expérience un peu plus loin en continuant sur la voie qu'il avait tracée avec, hélas, trop peu de films de qualité. La machine à rire de chez Mack Sennett ne lui permettait que peu souvent de vraiment investir le temps nécessaire à la sophistication dont il rêvait. D'où, sans doute, ce film en forme de farce, ou plutôt de rêve: Chaplin s'endort, et se voit à l'age de pierre, couvert de peaux de bêtes, et disputant à Mack Swain les clés du royaume de Wakiki Beach.

Coups de massue, jeunes femmes en peaux de bêtes sauvages (D'ailleurs for mal ajustées, à moins que ce ne soit volontaire... c'est l'actrice Helen Carruthers qui en fait les frais), et quelques anachronismes savamment choisis (notamment les chapeaux) sont la règle de ce genre de films. On sourit forcément, même si on dit que tout ce petit monde avait forcément mieux à faire. Mais après tout, Griffith qui tournait Man's genesis, un court métrage supposé sérieux sur le même sujet deux ans plus tôt, n'était pas forcément moins ridicule.

A noter que Lloyd, Keaton et Laurel & Hardy feront à leur tour le détour préhistorique: Respectivement avec When clubs are trump (1917), The three ages (1923), et Flying elephants (1927). Par contre, pas de Langdon en peaux de bêtes à ma connaissance...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett Charles Chaplin Groumf
8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 10:36

Dell Henderson, acteur et metteur en scène était déjà un vétéran de la comédie quand il  a mis en scène ce tout petit film, rendu encore plus petit par l'outrage du temps: il y manque le début, ce qui fait qu'on commence bille en tête par...

Le drame: la patron d'une usine (Walter Coyle) s'est saisi de l'une de ses employées (Madge Kirby) afin de lui faire subir les derniers outrages, soit s'enfermer avec elle et la regarder en levant les bras vers le plafond, avec des yeux concupiscents, pendant que la pauvre créature reste en place, prostrée, incapable d'envisager quoi que ce soit: bref, comme dans un court métrage de Griffith, mais en étirant au maximum (Et en exagérant encore plus chaque geste). On sait la dette de Sennett à son maître Griffith, ce qui ne l'empêchait pas, la preuve, de pousser à la parodie!

Et pendant que le fiancé totalement inepte (Clarence Barr) court un peu partout comme un poulet qu'on aurait confronté à l'existence de la brosse à dents, il réussit à trouver la présence d'esprit d'appeler la police, véritable héroïne de ce film. Par "police", comprendre bien sur les fameux "Keystone cops", ces flics tellement peu efficaces qu'ils sont un spectacle à eux seuls, leur façon de partir d'un point A pour se rendre à un point A est restée célèbre entre toutes...

Donc c'est mineur, mais tellement bien conservé qu'on y prend quand même le plaisir coupable d'y rire, devant la façon dont déjà, Sennett raillait le mélodrame. Et d'y apercevoir un acteur qui... ressemble à Roscoe Arbuckle, car non, décidément ce n'est pas lui même si tout a été fait pour que cet acteur corpulent fasse illusion: on cultivait de bien des façons le star-system chez Sennett.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett
22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 11:38

Tout le petit monde est en place, lorsque Sennett sort ses premiers films sous le label Keystone. Il est encore acteur et n'a pas encore délégué la place de réalisateur comme il le fera si souvent, et il est bien entouré: Ford Sterling est de la partie, et Mabel Normand aussi. Elle était indispensable, car dans les derniers Biograph réalisés par Sennett, elle était déjà identifiée par le public. Elle avait d'ailleurs une image de sportive, ce qui allait avoir des conséquences aussi bien sur ce film, que sur l'histoire des films Sennett...

L'intrigue est réduite à sa plus simple expression: Sennett joue un jeune homme amoureux qui s'apprête à présenter sa petite amie Mabel Normand à ses parents. je ne sais pas qui est la maman, mais le père est joué par Sterling et il vole la vedette à tout le monde... Il va à Coney Island, y perd de vue son épouse et en attendant son fils qui ne devrait pas tarder, il flirte avec une jolie fille qui semble largement poser en maillot de bain pour la caméra... Et bien sur c'est Mabel Normand.

Celle-ci est donc en maillot de bain 1912 pour une large partie du film (Tourné dans l'est, car Sennett n'avait pas encore relocalisé son studio dans l'ouest), et doit faire des démonstrations de plongeon, l'une de ses spécialités (même si la scène est filmée à une certaine distance et il est fort probable que ce n'est pas elle). Mais d'ici quelques années le studio allait surtout se concentrer sur le maillot de bain, et en faire un argument de vente imparable...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett Nabel Normand
21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 18:32

S'il est un film qui est célèbre pour des raisons inattendues, c'est bien celui-ci: un acteur inconnu y faisait l'une de ses premières apparitions à l'écran, la plus courte et la plus obscure en réalité. Et c'est pour cette raison et cette raison que la découverte de ce film très moyen, dont l'intrigue est très très ténue, est en réalité un événement majeur!

Les policiers poursuivent une bande de malfrats, mais le pauvre Ford Sterling est pris entre deux feux: pris pour un bandit par les pandores, et poursuivi par les voleurs parce qu'il les a vus. Bref, c'est un peu David Vincent.

Allez, on va le dire quand même: c'est Chaplin, et il a beau n'être vraiment visible sur l'écran que durant 25 secondes en tout, il marque. Ce garçon avait du talent, quand même...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett Charles Chaplin
21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 18:26

Il y a semble-t-il débat, pour savoir si oui ou non ce film est la naissance d'une immense légende, celle des "Keystone cops", ces policiers ineptes qui courent dans tous les sens en sautant en l'air. Et en fait, non, et puis c'est anecdotique. L'important, c'est de savoir que le studio de Mack Sennett tournait sans jamais s'arrêter des film dans lesquels la frénésie (la plupart des acteurs ici en fait) côtoyait parfois la grâce, situés dans un monde si souvent rural ou le grotesque (Fred Mace et sa barbiche improbable) n'était qu'un reflet à peine déformé de la vie, la vraie. 

Après, si vous me demandez de résumer ces six minutes de comédie, je dois bien avouer en être incapable...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett Mabel Normand
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 17:49

Tiré de l'oeuvre Biograph de Sennett, ces films qu'il a tournés pour la firme de Griffith, dans un genre auquel l'aristocratique metteur en scène ne daignait pas s'adonner, ce court métrage surprend: il est clair, subtil, et évite de prendre le chemin de la frénésie qu'on connait tant chez Sennett. Ce dernier y interprète un rôle posé, qu'il joue avec clarté mais sans forcer les effets. 

L'intrigue conte un épisode de la vie d'un barbier, qui a engagé une manucure (Vivian Prescott). Elle est aimable avec les clients, les attire même dans la boutique, mais elle a un défaut: le barbier (Sennett) est fou amoureux d'elle... Et non seulement il tombe dans une grave crise de jalousie à chaque fois qu'elle sourit à un client, mais en prime, elle n'a rien à faire de lui. Le barbier, timide et complexé, va tenter le tout pour le tout dans une scène inattendue...

C'est un petit film qui s'éloigne donc des canons de la comédie tels que Sennett les avait déjà posé chez Griffith, sous l'influence des européens. On est dans une narration basée sr la richesse des personnages, c'est indéniable, et le metteur en scène ne perd jamais de vue que nous devons être avec son barbier, contre son rival (Edward Dillon). Ce qui se fait sans problème...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 14:00

Encore un chaînon manquant! Mack Sennett, premier producteur-réalisateur vraiment spécialisé dans la comédie aux Etats-Unis, a toujours revendiqué un double héritage: celui du burlesque Français (En particulier les films Pathé des temps héroïques), et celui du maître David Wark Griffith, qui était à la Biograph son employeur principal. On voit ici la jonction des deux, dans l'un des premiers films non seulement interprétés, mais aussi écrits, par Sennett.

Il y interprète un personnage de dandy (Dont les historiens pensent qu'il serait un hommage appuyé à Max Linder, ce que le nom Français du personnage dans le script semble devoir confirmer) qui a cassé une tringle à rideau chez des amis et qui va se mettre en quatre pour la remplacer, déclenchant au passage le chaos dans les rues où il passe. Ce qui commence comme une comédie domestique se termine par une course poursuite délirante impliquant au moins une cinquantaine de passants...

Le film a éé un gros succès, et est très réussi. Il porte en plus la marque des grands Biograph: une invention formelle qui se manifeste dans deux plans spécifiques; un gros plan appuyé sur un personnage à la fin, et surtout un plan dans lequel on suit de gauche à droite un personnage qui sort de chez lui, dans un mouvement de caméra dont Billy Bitzer était pourtant avare à cette époque. On comprend maintenant que Griffith, qui détestait la comédie et avait dû être affligé par le résultat de ce tournage aussi réussi soit-il, ait ensuite confié la direction des comédies à une autre: Frank Powell, puis Mack Sennett justement à partir de 1911. Et le monde du cinéma en a été durablement influencé...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett David Wark Griffith
10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 11:33

On le sait bien, les gags se recyclent comme un rien dans le Hollywood burlesque. Un gag apparu chez Billy West dans les années 10 peut très bien se retrouver ensuite aussi bien chez Charley Chase, Max Linder, voire les frères Marx. C'est d'ailleurs précisément le cas... Mais il ne s'agit en rien d'un plagiat, juste d'un vaste bien commun, dans lequel puisent à volonté des gagmen qui doivent fournir, et qui bien souvent passent d'ailleurs d'un studio à l'autre. Mais les décors? Eh bien, et les travaux formidables de l'historien John Youngson sont là pour le prouver, oui, les décors se recyclent d'un film à l'autre... Ce film en fait la preuve.

Etant un film de Del Lord, on ne va s'attarder ni sur la finesse, ni sur l'intrigue. Mais ce qui me frappe en le voyant (Outre une énième occasion pour Madeline Hurlock de faire la démonstration de sa sexytude), c'est que les deux personnages principaux, interprétés par Andy Clyde et Billy Bevan, sont des livreurs de glace (D'où le titre), qui doivent monter et descendre en permanence un escalier très impressionnant, situé à flanc de colline...

En 1932, on y transportera un piano.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett
10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 11:22

Aller d 'un point à un autre, ou pas, un bon vieux ressort de la comédie, sachant qu'en route il peut arriver bien des déboires. Et comme en 1926, pour traverser tout le continent Américain d'est en ouest, on fera bien sur confiance à la voiture, ce qui attend Billy Bevan, entre les mains du spécialiste de la cascade automobile sera du plus haut burlesque...

Pas tant que ça, remarquez: pour une fois, Lord a poussé Bevan a créer un personnage, celui d'un insupportable boute-en-train. Il est tellement irritant, que son patron le mute sans lui demander son avis... en Californie. Ce qui peut paraître étrange si c'est une punition, mais je crois qu'il nous fait laisser toute lecture logique au vestiaire avant d'aborder un film comme celui-ci. Sur la route (qui passe, bien sur, par monts, vaux, marais et canyons, sinon ce ne serait pas du plus haut intérêt...), lui et sa famille (Epouse et belle-mère sont fournies avec le tacot) rencontrent en permanence une autre famille: un couple, dont l'irascible élément mâle est Vernon Dent. Et il va souffrir, toute la route durant, du sens de l'humour inapproprié de Bevan...

La chute sera prévisible et inévitable car après tout rappelons que le héros du film n'a jamais mis les pieds dans la branche Hollywoodienne de son entreprise, il ne connait donc pas encore son patron...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett
7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 16:02

C'est en une seule bobine que l'équipe de Del Lord a fait ce film, un cas d'école en matière de crétinisme total, en même temps qu'un film tellement bouffon qu'on ne peut que rendre les armes. L'intrigue est située dans une île des mers du Sud donc on peut dire qu'il y aura des gags liés à une vision noire de l'anthropologie... C'est exactement ce qui se passe: Andy Clyde et la troupe de Sennett y jouent une tribu locale. Clyde se contente d'un peu de maquillage, mais les autres possèdent... un T-shirt "noir" du plus étrange effet, et d'abominables perruques afro! Sur l'île, donc, la princesse (Madeline Hurlock, pas du tout maquillée, comprenne qui peut), a vu dans un magazine un portrait de Billy Bevan, et ne voudra pas d'autre homme. Vernon Dent, puni, a pour mission de le ramener, ce qu'il fait. 

Une fois Bevan arrivé, le film devient un peu plus surréaliste encore, et une bonne partie voit l'acteur plonger pour effectuer une épreuve d'admission: plonger au milieu des requins. Et il craque même une allumette sous l'eau, c'est dire! La dernière partie du film est consacrée à une rencontre de l'acteur avec une sirène. 

Et e pire, devant ce qui est un festival de n'importe quoi qui dure douze minutes, c'est qu'on a parfois le sentiment qu'il a pu être plus long, coupé soit par l'outrage des ans, soit par un monteur quand même un peu plus lucide que tout le reste de l'équipe!

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett