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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 18:15

Premier film de Langdon à dépasser les trois bobines, ce Saturday afternoon montre bien pourquoi l'équipe voulait étendre le champ d'action des film du comédien. Doté d'une épouse tellement acariâtre que sa belle-mère prend sa défense, Langdon a l'idée saugrenue de vouloir prendre du bon temps avec son copain Vernon Dent qui a justement rencontré deux jolies demoiselles... L'épouse du héros le croit tellement minable qu'elle le laisse partir sans discuter et le récupère, à la fin, distraitement.

Si on verra de bien meilleurs développements pour cette tentation de liberté impossible du mari enchaîné dans le merveilleusement bizarre The Chaser (1928) qui par bien des côtés est un remake ou une extension de Saturday afternoon, ce film permet au comédien de faire ce qu'il souhaitait: prendre son temps, et montrer l'étendue de son étrange talent en matière de pantomime... Les 27 minutes qui lui sont allouées lui permettent un festival formidable de réactions, de développements minutieux, et de cette capacité phénoménale à faire du sens rien qu'avec ses yeux...

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Comédie Mack Sennett 1926
14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 17:42

Le passage progressif au long métrage, qui n'était pas donné à tout comédien à l'époque, se fera pour Harry Langdon par le biais d'un alongement de ses films, un peu à la manière de Chaplin, qui avait commencer à expérimenter avec des trois bobines avant de se lancer dans The Kid. De fait, les derniers courts en deux bobines de Langdon, tous réalisés par Harry Edwards sur des idées de Capra et Ripley, comme si les têtes étaient déja ailleurs, tournent un peu en rond. Certains toutefois sont excellents. la plupart continuent à exploiter l'alchimie entre Langdon et son complice Vernon Dent, qui savait tout faire, et on retrouve souvent Natalie Kingston.

 

Plain clothes (1925) est une histoire invraisembleble, dans laquelle Harry est un policier infiltré malgré lui dans la famille d'escrocs de sa petite amie. Il fera le ménage, malgré lui aussi, et se conduira en héros. Par hasard.

 

Remember when (1925) est le meilleur de ces quatre films. Il conte l'histoire d'un vagabond, mais ce n'est pas du Chaplin, même si ce film de 1925 anticipe certains aspects de The circus: Harry a fui l'orphelinat étant enfant, lorsque sa petite amie en est partie. typiquement, 15 ans plus tard, il est toujours dans les environs... Il y vole des poules, avec une méthode particulièrement voyante. Il croise le chemin d'un cirqie qui l'engage parce qu'il a sans le vouloir des facultés pour l'acrobatie. Il ne sait pas que sous le déguisement de la femme à barbe, se cache son ancienne petite amie...

 

Lucky stars (1925) est franchement mal fichu, et la seconde partie se traine: Harry est un homme qui décide de ses conformer à la lettre à une prédiction qu'in lui a faite, ce qui ne lui apportera que des ennuis. L'ennui, c'ets ce qui se dégage d'une répétitive et statique partie consécre à un medecine show, avec vernon Dent en charlatan.

 

Fiddlesticks (1926) Pour son dernier court conservé, Langdon relève le niveau, avec une histoire de musicien tellement affligeant que son professeur lui a donné un diplôme pour se débarrasser de lui. Le contraste entre l'enthousiasme juvénile du contrebassiste Harry et les envies de meurtre du public est très drôle, surtout lorsque sa famille le jette dehors sans ménagement, et qu'il leur sourit, et leur dit: "C'est bien parce que c'est vous..." avant de s'en aller. Un film parfois Laurelien, avant la lettre...

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Mack Sennett
23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 13:26

Non, Arbuckle, vedette chez Sennett dès les années Keystone, et ce dès les premiers temps héroïques, n'est pas que l'homme du fameux scandale, ni le mentor des premières années de Keaton au cinéma. Plus que rondouillard, doté d'un sens de l'humour méchant et d'un timing ravageur, il promène sa silhouette dans une impressionnante série de courts métrages aux prétentions ouvertement et outrageusement boulevardières...

 

Fatty joins the force (George Nichols, 1913)

A flirt's mistake (George Nichols, 1914)

Ces deux exemples des films d'Atbuckle, encore un peu crus, nous montrent un comédien dont le maquillage n'accentue pas encore le côté poupin, et il est intéressant de noter qu'il a de fait l'air plus jeune dans les films ultérieurs, en particulier les films de 1917 à 1919 avec Keaton et St-John... Le comédien est aux prises avec des gens et des enfants qui l'empêchent d'accomplir son devoir, dans Fatty joins the force , ou il est un policier pourtant valeureux. Dans A flirt's mistake, il joue un rôle dont il lui restera souvent des séquelles, puisqu'il joue un homme marié qui saute sur toutes les femmes qui passent, et sur un rajah un peu remonté (Tous les hommes du coin le draguent à cause de son accoutrement). Bien construites, les deux comédies sont un paradoxe flagrant: Arbucle a beau se vautrer dans la vulgarité, avec délectation, voire militantisme, on ne peut s'empêcher de noter que même dans le comique gras, il y a une certaine noblesse...

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett Roscoe Arbuckle
20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 14:32

Avec Feet of mud, on est de nouveau confronté à un film hybride, après la belle réussite de All night long. Et là, on sent les coutures, le film est divisé en trois périodes distinctes, dont la jonction ne s'opère pas toujours bien: dans un premier temps, on assiste à un match de football, dont Harry est, par inadvertance, la vedette. Cela lui ouvre des portes, et le riche père de sa petite amie (Natalie Kingston) lui promet un travail... qui s'avère être un cadeau empoisonné, puisqu'il doit nettoyer les rues, tel Chaplin dans City lights. La deuxième partie le voit donc dans ce nouveau travail, et la troisième partie concerne le passage de Harry par Chinatown, en pleine guerre des gangs. Natalie est enlevée, et un Harry plus ou moins héroïque sauve sa petite amie...

Inévitablement, on trouve dans le film une foule de gags liés à l'opium, mais également quelques clichés bien assumés sur les Asiatiques, leurs mystères et leurs étranges coutumes, qui remplissent un petit film qui n'a pas grand chose de révolutionnaire à proposer, mais qui au moins expédie les affaires courantes...

 

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Mack Sennett
17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 10:50

Avec Harry Langdon, Sennett a donc enfin trouvé un artiste qui est absolument insoluble dans le type d'humour favorisé par sa compagnie... et All night long est un bon exemple de cet état de fait. Capra datait à peu près de ce film, il est vrai classique, l'invention du personnage de Langdon, qu'il s'attribuait à 100%. Bon, sachant qu'il ne travaillait pas encore pour Sennett à l'époque, on sait quoi faire d'une telle affirmation... Non, la réussite de All night long est attribuable à deux hommes: d'une part, le réalisateur Harry Edwards, qui a su faire avec les moyens du bord et avec un patron attaché à "son" style, un film étonnant qui est beau à voir, particulièrement astucieux dans son déroulement (il y a un flashback très bien mené) et constamment drôle.

Sinon, l'autre Harry bien sur, Langdon lui-même, qui imprime ici par la seule grâce de son jeu étonnant une lenteur doucereuse, qui sied parfaitement au burlesque de l'évocation de la guerre, provoquant un choc permanent entre le monde et Harry: deux hommes se rencontrent dans un cinéma; ils se connaissent depuis qu'ils ont été en France durant la guerre, ou Harry était un soldat de deuxième classe inepte, et Vernon Dent son sergent. Courant après la même fille, Nanette (Natalie Kingston, qu'on reverra), Harry l'a séduite précisément par son coté lunaire... Ils sont d'ailleurs mariés. Vernon a une sérieuse dent contre son ancien camarade...

Belle réussite que ce film, souvent montré, le plus célèbre sans doute des courts Keystone de Langdon. Rempli de touches typiques: la vision d'une immense pile de pommes de terre, suivie de l'apparition du soldat Harry Langdon en train de les éplucher. il fait une pause, regarde la pile, puis son seau dans lequel on compte... trois tubercules; une série de scènes de bataille, très bien réalisées, pleine de gags qui jouent sur l'obscurité, etc...

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Mack Sennett
4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 18:50

Avec l'arrivée de Harry Edwards à la réalisation de ses films, l'équipe de Harry Langdon, chez Sennett, est de plus en plus soudée autour de l'acteur, et les films qui ont entamé une mutation après quelques erreurs de jeunesse, s'en ressentent. Marceline Day, la soeur d'Alice, devient la partenaire, et on la connait en particulier pour son rôle dans The cameraman. Autour d'eux, les acteurs de la compagnie Sennett: Madeline Hurlock, Andy Clyde, Charlotte Mineau. Les histoires, tout en maintenant un brin de loufoquerie et une structure typiquement Sennett (autant de parties que de bobines), sont plus soignées, et on y croit désormais, on a aussi le temps de s'intéresser aux personnages.

 

Luck of the foolish (Harry Edwards, 1924)

 

Harry et Marceline sont dans un train, ils rentrent chez eux, et c'est la nuit: l'essentiel de la première bobine va être consacré à une série de déboires dans le wagon-lit, harry étant absolument empêché de se coucher sans réveiller les voisins, sans non plus que Marceline ne lui demande un service. Une préfiguration conjugale de Berth Marks, de Laurel et Hardy. Le réveil est intéressant, avec une scène hilarante dans lessalles d'eau des hommes  durant laquelle Harry et un rasoir terrorisent un autre passager, sans que l'acteur ne s'aperçoive de l'effet qu'il rend. la première bobine s'achève sur une histoire d'évasion d'un malfrat dans le train, qui voit Harry langdon basculer, de l'influence de harold Lloyd à celle de Charley Chase. La deuxième bobine est plus typique de son style propre, avec un harry, auquel on a volé son argent, qui se voit obligé de reprendre son ancien travail: il est un policier inepte, avec un uniforme trop grand. Il manque de conviction, et c'est très douloureux, pour ne pas dire embarrassant pour le spectateur: c'est d'ailleurs un trait de son oeuvre qui explique peut-être pourquiu tant de cinéphiles sont réticents à s'intéresser à lui: ce n'est pas confortable. Néanmoins, avec son final spectaculaire, tourné dans la villa de Mack Sennett lui-même, on a ici du burlesque de grande qualité. Et la cerise sur le gateau, c'est que le film est désormais complet grâce au travail d'archéologue de David "Indiana Jones " Kalat.

 

The hansom cabman (Harry Edwards, 1924)

 

Ce film possède bien deux parties lui aussi, mais la deuxième ne fait pas toute la deuxième bobine: Langdon a réussi à imposer une structure plus souple, qui lui permet d'exploiter à fond toute la situtation de base: au matin de son mariage (Avec Marceline Day), Langdon se réveille avec une gueule de bois et.. marié à Madeline Hurlock. c'est embêtant, surtout lorsque Marceline et sa maman (Charlotte Mineau) se déplacent, ou lorsque la jeune femme se plaint à son père (Andy Clyde)... qui est justement chef de la police. Harry va donc en prison, faire des travaux d'intérêt général. Les cinq dernières minutes le voient s'évader, et devenir chauffeur de fiacre. Il conduit notamment des Chinois, qui fument de l'opium, et le film se casse un peu la figure. Mais les quinze premières minutes, entièrement centrées sur Harry et sa réalisation de la situation extrêmement délicate dans laquelle il est, sont tordantes.

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Mack Sennett
29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 14:26

Oublions ce brave Capra, qui a passé sa vie à prétendre avoir inventé Langdon, mentant comme un arracheur de dents pour sans doute venger l'humiliation qu'il a subi en 1927, date de son renvoi du montage de Long pants, leur deuxième long métrage ensemble, par un comédien qui s'était mis en tête de réaliser ses films tout seul. Les débuts de Langdon au cinéma datent de 1923, et ses débuts chez Sennett de 1924, soit avant l'arrivée du gagman et futur metteur en scène dans le studio. Mais une chose, en revanche, est sure: Capra avait raison lorsqu'il dit que personne ne savait quoi faire avec Langdon: la preuve dans ce qu'il reste de ses trois plus anciens films de deux bobines conservés...

 

Horace Greeley Jr (Alf Goulding, 1923) est presque un mythe; ce film, le seul des deux (Encore qu'on ne sache pas si l'autre a bel et bien été tourné...) produits par Sol Lesser et cédés ensuite à sennett avec le contrat du comédien, ne subsiste plus que sous la forme de deux minutes de pellicule, la fin de la deuxième bobine, qui voit langdon dans une poursuite, avec le rôle de héros hypothétique. Il m'a vaguement fait penser à West of Hot-Dog, un Laurel de 1925 basé sur une parodie de western, et voir langdon en héros, c'est fatalement aussi incongru que Stan Laurel... le film n'est sorti qu'en 1925, sans grande publicité.

 

Picking peaches (Erle C. Kenton, 1924), est du pur Sennett. Ce n'est ni bon, ni mauvais, et ça se laisse regarder, mais ça manque de cohérence; Harry y incarne un vendeur de chaussures obsédé sexuel, et agressif dans ses tentatives de conquête... Il est marié, et son épouse essaie de lui rendre la monnaie de sa pièce. Une scène prétexte le voit assister  à un concours de beauté, permettant d'aaligner les jeunes femmes en maillot. A ce titre, le film est sorti accompagné d'une publicité qui mettait en avant les Bathing Beauties, en plus de Harry Langdon.

 

Smile please (Roy del Ruth, 1924) ce film est un pur concentré d'incohérence, dans lequel on passe du coq à l'ane, et avec un Harry Langdon prêt à s'abaisser à toutes les bassesses auquel on le confronte: il respire un putois, baisse son pantalon devant les dames, court en culottes à dentelles, etc... Il y est un shériff-pompier-photographe qui a maille à partir avec son rival pour les affections d'une jeune femme. Les gags les plus gras et les plus répétitifs sont mntrés, en succession et sans temps mort. Totalement idiot, absolument pas indispensable, à voir pour savoir jusqu'ou on peut aller très loin.... Pour en finir avec cet étrange film j'ajoute que c'est le premier court métrage qui m'ait donné l'impression que The mystery of the leaping fish, de John emerson avec Douglas Fairbanks, était finalement un petit film assez routinier...

 

La route est longue, vers la plénitude de The strong man (1926)... mais on y viendra.

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Mack Sennett