Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 09:09

Dans la pléthore des films et séries Marvel, je ne sais pas pour vous, mais j'avoue avoir de moins en moins de patience. Ce qui était une bonne idée sur la base d'un film par an, tourne à la fois à la mauvaise manie, et au chantage commercial: en substance, venez voir nos films et prenez des notes car sinon vous n'y comprendrez plus rien. Un film, quel que soit son contexte, et sa participation à une série ou un ensemble, doit tenir tout seul. Je réclame le droit de voir L'empire contre-attaque sans avoir vu Star Wars, sans être obligé d'aller voir Le Retour du Jedi... Ce qu'il est impossible de faire avec Avengers, age of Ultron, par exemple. Mais ça, les frères Russo l'ont semble-t-il bien compris, qui jettent ça et là des balises immédiatement compréhensibles, et du coup la narration du film est fluide. C'est un excellent point...

Pourtant ça commence (De mon point de vue du moins) assez mal: une scène de castagne et grosse baston, en pleine rue, à Lagos, qui vire à l'accident bête: les Avengers, déjà sous le feu des critiques, ont effectué une intervention avec dommages collatéraux... Ce qui nous amène dès le départ au thème principal du film: toute action a ses conséquences, alors vivre une vie de super-héros, ça laisse des traces. L'affaire "Ultron" a déjà fait des dégâts, mais Lagos est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Les Nations-Unies posent un ultimatum aux Avengers, qui vont devoir passer sous contrôle, afin d'éviter toute conséquences de leur impulsivité. Le groupe est sérieusement divisé en deux factions, on devrait d'ailleurs dire trois: un certain nombre d'entre eux (Dont les particulièrement incontrôlables Bruce Banner et Thor) sont dans la nature... Les deux groupes qui sont en désaccord sur la proposition des politiques sont menés par une forte tête: autour de Tony Stark, qui regrette encore amèrement l'affaire Ultron dont il se sent responsable, les super-héros prêts à suivre les Nations-Unies sur leur proposition de contrôle. Autour de Captain America, ceux qui en revanche n'en attendent rien de bon...

Et les deux groupes vont se déchirer, suite à un attentat qui n'est rien d'autre qu'une manipulation: tout porte à croire qu'il a été perpétré par "Bucky" Barnes, un ancien ami du Captain, mais celui-ci en doute, et va se mettre dans l'illégalité en venant en aide à son ancien copain...

Voilà du nouveau, et plutôt intéressant: le Captain, anciennement le symbole du patriotisme à l'ancienne, celui qui ne pose pas de questions les yeux rivés sur la bannière étoilée, est désormais envahi par le doute. Et il va questionner ses valeurs... Sinon, le fait de mettre face à face pour une confrontation musclée mais jamais privée d'humour les deux personnages principaux, apporte beaucoup d'avantages au film, et en particulier une vraie lisibilité. Encore un bon point: chacun des deux camps va faire appel à des nouvelles recrues pour pallier à la division; si Captain America réussit à s'adjoindre les services de Scott Lang (Ant-Man), Tony Stark va lui former un jeûnot qui vit à New York chez sa tante, et s'est tricoté un costume dans le plus grand secret. C'est ainsi que Marvel lance le nouveau reboot de Spider-Man (Il y a tellement de reboots de Spider-man que chaque film semble être le premier). Ces deux apports fonctionnent à merveille...

Le film est entre les mains de deux metteurs en scènes qui savent doser l'action (Même si celle-ci, adaptée à cette ère de jeux vidéos, va décidément trop vite pour moi) et les autres scènes, gardent les acteurs (Y compris Downey, et ça il faut le faire, la diva ayant déjà fortement plombé les deux pires films du cycle) fermement sous contrôle, et réussissent à montrer intelligemment le thème principal. C'est d'ailleurs l'occasion en or de lancer Spider-man, dont toute la saga et toute l'ambiguïté du personnage repose précisément sur la même notion: les conséquences. Un super-héros met le monde qu'il veut sauver en danger (En sauvant Captain America, Wanda provoque une explosion d'un building et la mort de dizaines de personnes). Un super-héros n' pas le droit à la tranquillité (Clint Hawkeye doit abandonner sa retraite). Un super-héros n'a pas la possibilité d'une vie de famille (Spider-man demande à Tony Stark de laisser sa tante en dehors de sa vie)... Et tout le film passe, fluide, de fil en aiguille et de conséquence en conséquence. Pari réussi... Avant le prochain, car ces gens ne s'arrêtent jamais.

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Marvel Science-fiction
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 12:01
Iron man 2 (Jon Favreau, 2010)

Tout concept cinématographique valide possède ses risques. Iron man, c'est donc un excellent film; doté hélas d'une suite dont l'indigence navrante est due à un certain nombre de facteurs: pas de scénario, l'acteur a le melon, le metteur en scène a le melon, l'esbroufe est considérée comme une vraie bonne idée, la structure joue en permanence au clin d'oeil au mépris de l'intrigue et du spectateur, le personnage hyperactif est filmé de façon hyper-active, le film devenant un pur film d'action, c'est-à-dire pas grand chose d'intéressant. Restent quelques moments de flottement, décalage apaisant, répliques qui partent en délire (Merci, Sam Rockwell), salutaire prestation de Don Cheadle et... non, c'est tout.

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Marvel Navets
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 11:55

C'est curieux, le public: prêt à tout pour aller voir des films si forcément "décalés" (Si une comédie n'est pas décalée, elle est forcément mauvaise, vous avez remarqué?), et s'extasiant devant les manipulations et les jeux avec les codes existants par les Frères Coen, Tarantino, etc... Mais sitôt quittée cette sphère balisée, le public retrouve ses réflexes d'enfant, et un film comme celui-ci aura à la fois un gros succès et un gros souci d'incompréhension par les gens qui s'en saisiront pour vomir une fois de plus sur un cinéma Américain impérialiste, blah, blah, blah: certes, Captain America est un patriote, ce qui je le concède n'est jamais une preuve d'intelligence, et oui, il fait de la gonflette pour aller se battre avec son petit bouclier contre les nazis, mais... Superman ou Batman, ils sont pas ridicules peut-être? Et Iron man avec son costume rouge et jaune?

Non, le principal postulat problématique du film (Et de la saga de Captain America), c'est le fait qu'on essaie d'imaginer un super-soldat infaillible, un surhomme, pour lutter contre des gens qui voudraient que toute l'humanité ressemble justement à cette description, et qu'on éradique violemment les autres. Mais ce postulat débouche sur un traitement intéressant, en forme de revanche du petit, un homme qui même devenu fort, très fort, garde foncièrement son âme de gringalet. Et l'apport de Joss Whedon, discret mais présent au script de ce film, se retrouve dans l'abandon de toute dose de raisonnable dans une histoire qui débouche sur du fun, du gros fun, bien assumé. Et ce film est aussi un prologue, une façon de dire adieu à tous les clichés sur le supersoldat-patriote engagé dans un conflit contre la barbarie, avant d'en faire un anachronisme vivant et hilarant dans le film The avengers. Chris Evans joue le jeu à fond, Tommy Lee Jones amuse la galerie, et Joe Johnston promène son efficacité sans style d'une scène à l'autre avec conscience et métier. Ca aurait pu être une catastrophe, c'est une vraie réussite.

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Marvel
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 11:22

Cherchons les causes partout où elles se trouvent: les gens de Marvel ne doutent de rien, surtout pas du fait qu'on n'a autre chose à faire que de tenir une comptabilité de qui fait quoi, de qui est quoi, et d'où donc en sont les super-héros ballottés entre leur écrie d'origine (Le S.H.I.E.L.D.) et leurs allégeances plus ou moins privées, on n'est pas non plus forcément à jour de qui ces gens combattent, et des menaces qui planent sur le monde dans cet univers d'apocalypse quotidiennes. Et comme avec le deuxième Iron Man, les gens de Marvel ont tellement pris la grosse tête qu'ils en finissent par ne plus finir leurs films avant de les livrer en pâture au public qui est supposé dire merci, encore.

Et si il fallait savoir s'arrêter? Un film Avengers, c'est bien, c'est un excellent divertissement, dans lequel Joss Whedon a su intégrer ses obsessions personnelles, sur la fragilité humaine, les sentiments, le doute à l'heure du choix, et tout un tas d'autre choses qu'il sait si bien mettre en perspective au milieu de grosses bastons qui prennent toute la place. Comme à ce niveau tout a été dit, ici, il n'y a plus que de la baston, concentrée. Quel ennui... Ce film ne s'imposait donc absolument pas, pas plus qu'on est obligé de le regarder. Les établissements Marvel peuvent continuer à faire leur petit truc dans leur coin, on n'est pas obligé de les suivre. Et ça, c'est une bonne nouvelle, non?

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Navets Marvel Science-fiction
1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 09:29
Agent Carter (Louis D'Esposito, Christopher Markus, Stephen McFeely, 2015)

De toute la galaxie Marvel actuellement disponible sur nos écrans, les joyaux de la couronne ne sont pas pour moi les longs métrages de plus en plus calibrés, qui me semblent certes sympathiques, mais qui maintiennent de plus en plus une flamme artificielle entre le public et les décideurs du studio. On ne s'y retrouve plus... Le paradoxe, c'est que les deux séries créées à partir de l'univers Marvel, diffusées toutes les deux sur la chaîne ABC et supposées remplir quelques espaces narratifs laissés vacants par les longs métrages, sont en fait les fictions les plus excitantes, et les plus improbables du lot. C'est vrai pour Marvel's agents of S.H.I.E.L.D., réalisée sous le haut patronage de Joss Whedon, mais due essentiellement à son frère Jed et la petite amie de celui-ci, Maurissa Tancharoen. Ils ont repris pour eux la thématique Whedonienne de la famille, cet espace fragile et propice aux ennuis, et l'ont adapté à cette équipe de baroudeurs de luxe dont la tâche principale est de nettoyer derrière les passages des Avengers. De plus en plus sombre au fur et à mesure des développements de ses deux saisons, la série suit les développements de l'univers Marvel et s'y adapte en proposant des coulisses superbes... Et nettement plus intéressantes que bien des films.

Mais ce qui nous occupe ici, c'est l'autre série: là où Agents of S.H.I.E.L.D. est traitée comme une série classique, se déroulant sur 22 épisodes par saison (A l'instar des séries mythiques de Joss Whedon, Buffy the vampire slayer et Angel), Agent Carter a été crée pour boucher un trou: durant la trève hivernale de Agents of S.H.I.E.L.D., ABC s'est saisie de l'occasion pour diffuser les huit épisodes de ce petit retour en arrière, basé bien sur sur le final de Captain America, the first avenger, réalisé par Joe Johnston. On se rappelle (Si on a vu le film, bien sur) que Captain America y est porté disparu pour l'Amérique de 1945, lors de son naufrage au Pôle Nord, alors qu'il est en liaison radio avec sa petite amie, l'agent Carter, qui l'a guidé et aidé dans ses missions durant le film. C'est de là que part la série, tout comme le court métrage Agent Carter (Dont pour l'instant le script est incompatible avec les événements de la série telle qu'elle existe dans sa première saison) réalisé par Louis D'Esposito en 2012, et qui sert essentiellement de pilote à la série, sans y être inséré. En 1946, nous retrouvons l'Agent Carter (Hayley Atwell, qui reprend son rôle du film), qui est maintenue par les agents du SSR (Strategic Scientific Reserve, cette officine créée dans l'univers Marvel par Roosevelt, et qui développé le programme de "super-soldats" dont Captain America allait découler) dans une condition de subalterne: c'est une femme, elle est donc supposée devoir sa promotion à ses rapports avec Captain America, on ne lui confie pas de missions plus importantes que de classer les dossiers, faire du café, etc... Elle ronge son frein, et va faire une rencontre déterminante: Howard Stark (Dominic Cooper) va en effet être victime d'un coup monté, qui va faire de lui l'ennemi public numéro un. Mais le milliardaire, qui contrairement à tous les hommes qui entourent Carter, se rappelle de la valeur de l'agent Britannique, lui confie la charge de le disculper auprès de ses supérieurs. Comme il est impensable pour les hommes qui entourent la belle brune de lui confier la moindre mission "pour hommes", elle va donc le faire dans l'ombre, aidée de Jarvis (James D'Arcy), le majordome tous terrains de Stark... qui avec sa réserve toute Britannique, aura du mal à se faire aux méthodes musclées de la super-agente.

Tous les hommes qui entourent l'agent Carter ont un défaut: Stark, bien sur, est sur de lui, et est un obsédé sexuel de première classe. Jarvis est réservé sur tout, et réticent face à l'action, sans compter sa vie pépère d'homme marié qui n'a de cesse de rentrer chez lui pour faire la cuisine, ce qui semble incompatible avec le fait de se battre et de se trouver au milieu d'explosions variées. Les autres personnages masculins ont tous aussi leurs talons d'Achille (Si on met de leur côté leur misogynie galopante): Le chef Dooley (Shea Wigham, fantastique comme toujours) est rongé par une vie conjugale en lambeaux qui le pousse à se comporter en mâle dominant face à Peggy Carter; son second, Jack Thompson (Chad Michael Murray), est vaguement amoureux de Carter, mais gâche tout en se comportant en homme protecteur face à elle, et en se laissant guider par une ambition dévorante. Plus, s'il est comme Carter un vétéran de la seconde guerre mondiale, il cache un secret difficile à avouer sur son héroïsme. Enfin, Daniel Sousa (Enver Gjokaj, découvert par Joss Whedon, dans Dollhouse) est un homme qui semble comprendre l'agent Carter, jusqu'à un certain point: il est lui aussi revenu de la guerre avec des séquelles, à savoir une jambe farcie de plomb qui lui impose de porter une béquille et de subir le complexe de supériorité de l'agent Thompson. Mais lui aussi va inévitablement se méprendre sur l'agent Carter, et la prendre pour une faible femme à défendre... avant de se tromper encore plus en la croyant coupable de traîtrise.

Face à ce monde masculin en crise, l'Agent Carter porte haut les couleurs d'une féminité combattante, efficace et intelligente, même si elle aussi porte son étendard de femme blessée, mais essentiellement dans ses sentiments: elle a perdu l'homme de sa vie, et ne s'en remettra jamais. Malins, les scénaristes se sont efforcés de placer quand même le Captain America, même absent physiquement, au coeur de l'action, via une des nombreuses inventions de l'excentrique Howard Stark, et dans un final cathartique. Mais les déboires "civils" de Peggy Carter dans l'Amérique de 1946 ne sont pas oubliés, notamment le fait de devoir trouver un logement à New York quand on est une femme seule et respectable: Peggy trouve d'abord un appartement en colocation, mais va devoir l'abandonner lorsque sa colocataire est retrouvée exécutée par un espion d'en face. Non seulement ça oblige Carter à s'installer dans une pouponnière pour jeunes femmes comme il faut, une pension ultra-rigoriste (Ce qui est difficilement compatible avec la vie tumultueuse d'une espionne), mais ça lui donne aussi un regard résigné sur son impossibilité à développer une relation avec une personne étrangère à ses activités, qui serait immédiatement mis en danger: le fameux complexe des super-héros, une fois de plus... Femme et agent secret en 1945, cette super-héroïne (Toujours impeccable, pas de costume super-crétin à la Wonder Woman heureusement) a du fil à retordre dans ce monde de néandertaliens, de fascistes invétérés, et de mâles obsédés par l'illusion de supériorité que leur donne leur extrémité. D'autant qu'elle va tomber sur des ennemis (Devinez leur nationalité, sachant qu'on est en 1945...) qui ont une longueur d'avance, puisqu'il utilisent des super-espionnes formées à la dure, et qui sont virtuellement imbattables. Bref, l'avenir est à la femme... Ou devrait l'être.

La réalisation doit tout à ce court métrage séminal de Louis D'Esposito, développé dans le cadre désormais abandonné des Marvel One-Shots, des courts métrages qui servaient de bonus de luxe sur cinq DVD de la série des longs métrages Marvel. Le film jouait comme Captain America The first Avenger sur le décalage entre l'univers Marvel et l'Amérique de 1945, dont l'utilisation d'éclairages francs et massifs, de couleurs primaires, et des codes vestimentaires et langagiers contemporains donnaient une impression de patine vintage qui faisait beaucoup pour le charme du film. Avec l'Agent Carter (Dont le premier épisode est lui aussi réalisé par D'Esposito, qui imprime son style direct et "vintage" sur toute la série), on retrouve cet aspect proche du ton des Indiana Jones de Tonton Spielberg et Tonton Lucas... Un sentiment diffus d'assister à un spectacle à l'ancienne, sans grand enjeu, mais diablement distrayant. Les Russes y font un ennemi parfait, à ne surtout pas prendre au sérieux: on est dans de un méta-univers... De l'humour, de l'action, des surprises, des personnages attachants... En huit épisodes, la production de la série ne se développe par sur une multitude d'intrigue, mais propose à peu près le développement qui serait celui d'un solide long métrage, dont je répète qu'il serait inévitablement supérieur à bien des films Marvel: pour commencer, Agent Carter ne cache en rien son statut de petite production à part, dont le but est de s'amuser et d'amuser, sans pour autant se prendre au sérieux en faisant semblant de ne pas se prendre au sérieux, comme tant de films. Bref, un OTNI, Objet Télévisuel Non Identifié, qui est amené, pour une deuxième saison (De dix épisodes cette fois) à être complété dans l'avenir. Peut-être pas pour longtemps, mais tant que cette série existe, il faut en profiter...

Agent Carter (Louis D'Esposito, Christopher Markus, Stephen McFeely, 2015)
Agent Carter (Louis D'Esposito, Christopher Markus, Stephen McFeely, 2015)
Agent Carter (Louis D'Esposito, Christopher Markus, Stephen McFeely, 2015)
Agent Carter (Louis D'Esposito, Christopher Markus, Stephen McFeely, 2015)
Repost 0
Published by François Massarelli - dans Television Marvel
30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 16:36

Hulk est le plus mal-aimé des personnages Marvel, semble-t-il, ce qui explique le fait qu'outre ce film et la tentative antérieure d'Ang Lee, avec Eric "groumf" Bana, il faille se contenter des apparitions éventuelles du personnage dans The Avengers et au-delà. Ce qui explique aussi le fait qu'en trois films sous la bannière Marvel, il y ait eu trois acteurs différents: Eric "Ungawa" Bana pour le film de Lee, Mark Ruffalo avec Joss Whedon (Ruffalo qui est excellent comme toujours, et qui semble-t-il a décidé de continuer à explorer cette voie, donc tant mieux) et bien sur Edward Norton pour ce film. "Bien sur" n'est peut-être pas approprié, si on considère uniquement le phénomène Hulk sous l'angle d'une grosse bestiole antropomorphe toute verte avec des muscles. Je viens d'ailleurs de peindre un portrait peint en vert d'Eric Bana!! Mais Norton, c'est un excellent choix si on considère que Hulk, c'est une matérialisation de tout ce qui est normalement enfoui chez un super-héros, pour ressurgir au moment le moins opportun. Basiquement, un super-héros est un sur-être humain pour qui tout baigne jusqu'à ce qu'une crise existentielle ne vienne tout foutre en l'air. Eh bien, Hulk EST cette crise existentielle, tout comme il est l'incarnation même de la force brute (Loki: "I have an army"; Stark: "Yes, but we have a Hulk" dans The avengers). Et Norton donne à voir cette fragilité de l'humain face à des forces qui le dépassent, avec tout le talent qui le caractérise. Et paradoxalement, le fait qu'on ait confié ce film à un Français, un de ces exilés qui travaillent sur des films en oubliant toute prétention et en mettant toute la gomme sur l'action, n'a pas empêché le film de garder tout son intérêt; oh, bien sur, toute l'intrigue est dirigée avec insistance vers la confrontation finale entre Bruce "Hulk" Banner et un super-soldat qui lui a été volontaire pour se Hulkiser, avec des voitures qui volent partout, des gens qui crient et des damoiselles mises en danger. Mais en attendant, on a vu Banner tout faire pour reprendre pied dans une humanité qui ne peut que souffrir de sa présence, dans un suspense assez valide, annoncé d'ailleurs par un résumé en forme de montage rapide, rythmé au métronome. Et symbole d'un fil dans lequel Banner essaie de contrôler son inconscient embarrassant, il est celui qui arrêtera le métronome, justement. Et Leterrier, qui n'est heureusement pas cet escroc de Luc Besson (Oui, c'est gratuit, je sais) a laissé du temps aux personnages d'exister tout en s'amusant à des private jokes (Bruce Banner qui laisse l'antivirus Norton faire son tour de piste sur l'écran) et des allusions à l'histoire du cinéma (Hulk se réfugie avec sa bonne amie sur un promontoire qui ressemble furieusement à l'antre de Kong sur Skull island). On débouche sur un film limpide, et qui laisse l'impression d'un héros qui vit une galère décidément pas gérable, tout en distribuant des bourre-pifs. Le beurre et l'argent du beurre, quoi.

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Marvel
30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:56

Que faut-il attendre, à l'époque des écrans plats, de la cinéphilie jetable et des effets spéciaux qui doivent prendre toute la place, d'un film d'action comme celui-ci? Après tout, Marvel, c'est non seulement le royaume du super-héros unidimensionnel, de Captain America et de ces pauvres quatre fantastiques... Oui, mais c'est aussi le Spider-Man de Sam Raimi, apparu dans trois superbes films; c'est aussi un film splendide, parfait mélange de film d'action escapiste et de parcours rédemptoire d'un personnage fascinant, Iron Man. Bon, de fait, on n'a pas très envie de voir le Thor de Kenneth Branagh, ou de revoir l'indigent Iron Man 2. Mais de toute façon, The Avengers est un passage obligé: à la façon dont Brandywine Productions a toujours privilégié les auteurs (Ridley Scott, James Cameron, David Fincher, Jean-Pierre Jeunet) pour les films de la franchise Alien, il a été fait appel ici à un indéniable petit génie qui a fait ses preuves à la télévision, est son propre scénariste, et est totalement à son aise avec l'univers pulp de la bande dessinée telle que Marvel l'affectionne... Et c'est heureux: ce film est un pur bonheur.

 

 

Le script repose sur une idée simple: la terre devient la proie d'un demi-dieu venu d'Asgard, une autre dimension; Loki, frère du super-héros Thor, a décidé de réduire les humains en esclavage, en s'appropriant une matière-macGuffin qui va permettre d'ouvrir un portail par lequel s'engouffreront toutes les créatures diaboliques d'une armée de monstres. Il faut donc l'en empêcher, une mission qui sera confiée à l'agence S.H.I.E.L.D, de Nick Fury: charge à Fury (Samuel Jackson) de convaincre les super-héros avec lesquels il travaille, Iron Man (Robert Downey Jr), Captain America, congelé et récupéré des années 40 (Chris Evans), Black Widow (Scarlett Johansson) et Hulk (Mark Ruffalo), ainsi que Thor (Chris Hemsworth) qui a un contentieux avec son petit frère... le plus dur ne sera pas de vaincre les abominables monstres, mais bien de discipliner tous ces gens afin de travailler ensemble...

La famille, Whedon connait; depuis toujours, il ne parle pas tant de lutte contre les vampires (Buffy), contre le mal (Angel), contre la dictature intergalactique (Firefly, Serenity), ou contre une police corrompue (Dollhouse); non, ce qu'il raconte de série en série, ou de film en film, c'est la fragilité et la nécessité de la famille unie, aussi dysfonctionnelle soit-elle. Et dans chaque famille, chacun à son rôle à jouer, fut-il lié à l'idée de perdre toute raison (Hulk, qui comme Angel, est à son plus destructeur quand il est aussi à son plus efficace). Et la famille, en plus, a ses dangers internes (Mésentente, jalousie, malentendus, complexes) et externes (On cherche toujours à la monitorer, et ici, Nick Fury n'est pas plus le patron que ne l'était Angel dans sa série, ou Giles dans Buffy: un conseil d'administration un peu trop technocratique et pragmatique semble privilégier des compromis inacceptables aux solutions plus spectaculaires des héros du film).

Doté de héros qu'il n'a pas créés, Whedon passe à son péché mignon, la peinture de caractères; toute l'action passe très bien, parce qu'on a privilégié ici les personnages sur le reste; et les sujets qui normalement devraient fâcher sont ici pris frontalement: oui, Captain America est vaguement ridicule, et un peu coincé avec ses manières et ses jurons (Son of a gun!!) des années 40, et face à Iron Man, il semble has-been. Thor est incroyable de premier degré, avec son petit marteau, et ce pauvre Banner a beau être très dangereux, ce n'est rien qu'un petit scientifique mal fagoté... Mais plutôt que de se réfugier dans le conflit d'egos, les super-héros réussissent à se trouver des terrains d'entente, puisque après tout ils font leur boulot, le font bien, et ne se prennent jamais trop au sérieux. Leur travail après tout, c'est de combattre l'apocalypse, donc ils le font. Il y a un petit côté Hawksien chez Whedon, qui renvoie ici autant à Buffy sauvant le monde une fois par semaine, qu'à John T. Chance, qui répète dans Rio Bravo à qui veut l'entendre qu'après tout, ce n'est que son boulot...

Ajoutons que si les effets spéciaux sont à la mesure des enjeux (Ce qui n'a rien de surprenant, après tout c'était déjà le cas dans tous les films de George Méliès), et que la production a eu les coudées franches grâce au succès de certains des films précédents, le scénario de Whedon accumule les gags superbes, les dialogues ciselés, et surtout que le metteur en scène s'est efforcé de tourner à hauteur d'humain, en ne négligeant jamais d'adapter sa mise en scène et ses plans à ses personnages: vous verrez, le style change de façon certaine d'un héros à l'autre... On admettra qu'il est évident que dans ce film le héros est la super-star Robert Downey Jr, mais cela n'empêche pas Whedon de nous intéresser au touchant Bruce Banner (Hulk), ou de montrer en Natacha Romanoff une digne cousine de Buffy, Echo, River Tam et toutes ces sublimes héroïnes qui ont émaillé ses séries. On en redemande, donc... Et on espère être aussi agréablement surpris par son prochain film, une adaptation inattendue de Much Ado About Nothing avec des acteurs récurrents de ses séries, Nathan Fillion, Alexis Denisof, Amy Acker, ou Sean Maher...

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Science-fiction Marvel