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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 18:24

Le plus ancien des films parlants encore existants de Michael Curtiz est aussi son premier gros succès à la Warner, et sa première expérience en couleurs... C'est aussi un de ces musicals de la première heure, alors qu'entendre la voix synchronisée d'un acteur était encore relativement nouveau...

Une troupe de music-hall parcourt les Etats-Unis: parmi eux, Al Fuller (Al Jolson), la vedette de la troupe, amoureux de la fille du patron (Lois Moran) mais qui a accepté de mettre ses sentiments en veilleuse parce qu'elle est amoureuse de son meilleur copain (Lowell Sherman)... Mais le destin rôde et va semer la zizanie, allant jusqu'à laisser Al se faire injustement accuser d'une tentative de meurtre...

Al Jolson: c'est le premier écueil du film; il est, pour qui ne l'aime pas, difficilement supportable quand il chante. Maintenant, c'est un bien meilleur acteur que chanteur, et le film bénéficie d'une mise en scène rythmée... c'est un très bon point, tant les films qui vont vite sont rares en 1930, mais Curtiz a très vite maîtrisé les techniques du parlant, au point d'adopter avec son film un montage qui est très proche du muet...

Curtiz et le musical, y compris à la Warner (le futur studio de Footlight Parade!), c'est toujours l'impression d'un rendez-vous manqué, comme si le metteur en scène, avide de réalisme avant tout s'interdisait de tricher. Les numéros musicaux, chantés et dansés, sont donc ici représentés en temps réel, sur scène, sans ce décalage créatif qui fera le génie de Busby Berkeley... Mais pour une certaine portion, ceux de ce film vont bénéficier de 15 minutes (tout compris) de Technicolor, et c'est au moins ça de pris... Donc ce film qui aurait pu n'être que vaguement accessoire, finit de toute façon par être un document sur un monde que Curtiz connaissait bien, celui de la scène et des saltimbanques... Avec quelques chansons insupportables et des tonnes de "blackface" dedans.

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Musical
31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 15:21

1885: Brant Royle (Gary Cooper), le fils d'un ancien propriétaire d'une ville de Géorgie, revient au pays pour y relancer le business de sa famille. Mais au pays, tout est tombé dans les mains d'un seul homme, le Major Singleton (Donald Crisp), producteur de tabac, qui fait du cigare, du cigare et encore du cigare. Pour lui faire concurrence, Brant va développer de son côté la production de cigarettes... Son but n'est pas que de restaurer la fortune familiale, ni de manger toute crue la concurrence, non: il souhaite essentiellement séduire la fille de Singleton, Margaret (Patricia Neal) en parlant son langage de conquête...

C'est mitigé: bien sûr, ce film qui ressemble à une production super-Warner (Curtiz, avec Lauren Bacall, Patricia Neal et Jack Carson, avec Gary Cooper en cerise sur le havane) est un film de prestige qui mêle intelligemment, et avec le style flamboyant et impeccable qui caractérise les films de Curtiz, le western et le film noir, tout en louchant du côté du sulfureux film The fountainhead, avec déjà Cooper et Neal, qui adaptait Ayn Rand sous la direction experte de King Vidor, l'année précédente...

Mais voilà: c'est bien le problème, justement. Comme avec Passage to Marseille qui reprenait un peu trop les affaires là où Casablanca s'était interrompu, le film ressemble à une arrière-pensée un peu tardive, une resucée si je puis me permettre... Alors ce drame de l'ambition, rangé sous une rigoureuse structure de tragédie, est parfois un peu trop mécanique, et on peine à aimer les personnages, si ce n'est l'admirable Sonia (Lauren Bacall) en prostitue / petite amie de Gary Cooper, qui doit supporter la fascination de son amant pour une autre... 

Mais les films avec Patricia Neal ont malgré tout un atout: Patricia Neal. En garce vénéneuse avec accent du sud, elle est grandiose...

 

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Published by François Massarelli - dans Western Noir Michael Curtiz
29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 14:03

Michael Curtiz a sorti 6 films en 1933, tous pour la Warner (y compris quand le studio est sous le subtil pseudonyme de First National!) et tous sont, dans des genres différents, indispensables... Celui-ci est sans doute le plus léger, et le plus frivole, aussi: on est bien loin de la sombre et fascinante intrigue de The mystery of the wax museum, et son effroyable embaumement à la cire! Warren William, qui tentait de changer son image de vieux garçon séducteur à sang froid, y expérimente avec la comédie, et donne la réplique dans cette adaptation d'une pièce de théâtre à un superbe casting: Joan Blondell, Genevieve Tobin, Wallace Ford et Hugh Herbert...

Ken Bixby (William) est un auteur à succès: toutes les lectrices s'arrachent ses romans sulfureux, et il passe un temps important et lucratif à les rencontrer... Parfois, il fait aussi des conquêtes, au grand dam de sa secrétaire Anne (Blondell), qui l'aime sans jamais le lui avoir dit. Lors d'une étape, ils vont tomber dans les griffes d'une ancienne camarade d'université (Tobin) du romancier, qui a décidé qu'elle était certainement son inspiration. Il va être très difficile de se débarrasser d'elle, ainsi d'ailleurs que de son encombrante famille, et de leur avocat...

Fidèle à son habitude, Curtiz a pris la pièce en l'état et s'est amusé à lui donner de l'énergie, laissant les acteurs faire leur boulot avec conviction. On sent bien que Warren William s'amuse beaucoup, et il n'est pas le seul! Et époque pré-code oblige, le marivaudage éclabousse pas mal, d'autant que Genevieve Tobin, qui joue une bourgeoise fofolle, a le chic d'apparaître exactement où il ne faut pas être, à commencer par un lit qui n'est pas le sien. Curtiz a-t-il profité de ce film pour réaliser l'auto-portrait d'un coureur sans vergogne? Un regret toutefois: Joan Blondell est sous-employée...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code Michael Curtiz
14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 16:40

En Egypte, durant la période d'esclavage des Hébreux en Egypte, une guerre de succession se prépare: pour couper court, Pharaon décide: son fils (premier en lice, peu intéressé a priori par le pouvoir) épousera sa soeur (dont les dents rayent convenablement le parquet), comme ça on pare à toute éventualité. La future reine Userti (Arlette Marchal prend ça très au sérieux, pas son frère-époux Sethi (Adelqui Migliar), qui préfère se promener incognito dans les quartiers juifs. Il y rencontre la belle Merapi (Maria Corda), qu'il sauve d'un contremaître égyptien aux mains baladeuses... Entre le prince d'Egypte et la belle esclave aux pouvoirs étranges, c'est désormais à la vie à la mort... 

On se reconnectera à partir de là, à l'histoire de Moïse, aux sept plaies d'Egypte, à l'exode... Car la mission donnée à Curtiz (étrangement appelé Courtice sur la copie Anglaise visionnée) par Sascha Kolowrat est de faire du spectacle à la DeMille. C'est-à-dire de réaliser un film aussi dingo que son Sodome et Gommorhe, mais raisonnable! Une mission difficile, dont il va quand même s'acquitter avec les honneurs. Certes, le film est pesant, à plus forte raison paradoxalement quand on sait qu'il a été coupé et qu'il manque trois ou quatre bobines de matériel, mais il a obtenu de ses interprètes un jeu plus sensé que tout ce qu'avait pu faire cette pauvre Lucy Doraine, qui était partie fâchée, et en instance de divorce, du film monumental cité plus haut.

Place donc aux scènes de foule, aux jugements hâtifs assortis de bûcher vite monté, au marché au mariage, une valeur sûre du film biblique, aux guets-apents dans le désert (mais où donc ces Autrichiens l'ont il filmé?), aux rebondissements et bien sûr aux eaux qui se retirent de la Mer Rouge. Presque contemporain du film The ten commandments, cette Esclave Reine lui a fait de l'ombre en Europe, au point que la Warner a décidé d'engager le trublion. On connaît la suite... Mais ce film est l'une des premières fois où Curtiz évoque un thème qui reviendra souvent dans son oeuvre: l'exode est ici une évocation de l'exil, de la part d'un metteur en scène qui a fui son pays contraint et forcé, et ne s'en remettra jamais. Pour vus en convaincre, revoyez ses films...

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Muet 1924
9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 16:49

Réalisé entre Dorothy et Sodome et Gommorhe, ce film est sans doute l'un des meilleurs, sinon LE meilleur, des films muets Européens du futur réalisateur de Casablanca. Ce qui ne l'empêche pas d'être un sacré méli-mélo, avec accent sur le mélo, avec rebondissements, morale à tiroirs, etc...

Maud (Lucy Doraine) est une jeune femme recueillie par un vieil avare, l'industriel Racton: celui-ci a un lien vague de parenté avec la jeune femme, mais il l'utilise comme sa bonne à tout faire... par bonté. Racton souhaite marier sa fille avec le fils d'un concurrent pour "marier" les deux usines! mais le grain de sable proviendra bien sûr du fait que le fiancé putatif préfèrera Maud à la fort disgracieuse héritière. Maud, bien sûr, se fait chasser sans ménagements. Elle retourne dans sa famille et va devoir gagner de l'argent pour trois: elle, sa mère, et un bon à rien de frère, alcoolique et malhonnête. Celui-ci va aller jusqu'à commettre un meurtre: pour Maud, c'est la spirale de la déchéance qui commence...

Outre les péripéties toutes plus grosses les unes que les autres (ce qui est, selon la tradition établie par les Danois, parfaitement assumé), on remarquera d'une part que la mise en scène musclée de Curtiz repose déjà beaucoup sur le mouvement. Tout va très vite, et il se fait plaisir en mettant en scène un accident ferroviaire hallucinant, pour lequel il met évidemment ses personnages en danger dans un train en flammes... Et ce sont de vraies flammes! Ca bouge tout le temps, c'est du plus haut distrayant. Et son sens de la composition est déjà très impressionnant, sans parler de son futur péché mignon, les ombres, qui apparaissent ici: il n'avait pas son pareil pour utiliser l'art des ombres chinoises pour amener des effets de toute beauté.

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz 1921 Muet
7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 17:33

La Hongrie est passée par bien des vicissitudes entre le début du XXe siècle et les années 20 (et au-delà, du reste...), soit durant la période de formation du futur Michael Curtiz. Tourné durant les années post-première guerre mondiale, pendant le mandat chaotique de Bela Kun, ce court film de propagande se met au service d'une idéologie socialisante dans laquelle on a du mal à reconnaître le cinéaste, mais il est vrai qu'il était le plus en vue des réalisateurs Hongrois, et qu'il devait sans doute déjà songer à l'exil. Les troubles politiques, et les changements de régime nombreux dans cette période chaotique suite à la débâcle, vont pousser le jeune réalisateur à son premier départ, qui allait le meer en Autriche.

 

Le film, illustration d'un poème d'inspiration proto-communiste, qui est un portrait à peine déguisé du héros national, est donc à prendre comme un exercice de style, l'un des plus anciens qui nous soient abordables. le jeu des lumières et de l'ombre, et le goût pour la représentation de la nuit ne doivent pas nous tromper, si les personnages s'enflamment pour des idées, des idéaux, le metteur en scène est déjà ce pessimiste invétéré que nous connaissons si bien grâce à sa période Américaine.

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Published by François Massarelli - dans Muet Michael Curtiz
7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 17:14

Avant de partir pour l'Autriche, d'où il s'embarquerait pour une carrière fabuleuse à Hollywood, Mihaly Kertesz (de son vrai nom, Emmanuel dit Mano Kaminer) a quasiment été assimilé à la production Hongroise de films... Réalisateur des oeuvres les plus ambitieuses, sans doute, mais ça reste hypothétique puisque tant d'oeuvres ont disparu. Il en resterait, manifestement, une poignée; j'en ai recensé quatre, réalisés entre 1914 (A tolonc) et 1919 (le court métrage de propagande Jon Az Ocsem). L'un d'entre eux n'existe plus que sous la forme d'un fragment privé de son contexte...

Mais le film est intéressant, même réduit à sa plus simple expression, en trois pauvres petites minutes... Par exemple, l'art de l'ombre et de la lumière ici, la façon de capter les intérieurs, la composition, sont en droite ligne d'un forte influence Danoise: on sait que Curtiz, pour apprendre son art, a eu le culot de faire le voyage jusqu'à Copenhague et de s'inviter sur le plateau d'August Blom! Et à la fin de l'extrait, il filme une scène folklorique durant laquelle son acteur fétiche Victor Varconi est au milieu d'une foule impressionnante, et déjà, l'art de Curtiz explose quand il s'agit de manier les foules... Pour le reste, on se perd en conjectures devant ce sombre drame doublement muet.

 

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Published by François Massarelli - dans 1917 Michael Curtiz Muet
12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 19:53

Donald Free travaille pour la diplomatie Américaine, mais surtout pour des opérations secrètes et nocturnes. De là à le considérer comme un espion, il n'y a qu'un pas, que la justice Française franchit sans hésiter. Déporté, devenu persona non grata pour le gouvernement Américain, il doit désormais travailler dans le privé: une péripétie qui suit son arrivée à la maison l'inspire, il sera détective et commence donc à travailler pour une agence dirigée par le très inefficace et encore moins honnête Hogan (Arthur Hohl), dont l'affaire est financée par le louche Bandor (Gordon Westcott).

C'est un film aux rebondissements constants, et qui allie avec efficacité le légendaire montage de la Warner, un ton de comédie débridée (avec William Powell, donc grand luxe), et la mise en scène à son plus haut niveau de Michael Curtiz; certes, Powell n'est pas confronté à Kay Francis, mais Margaret Lindsay fait assez bien l'affaire. Et le personnage principal, un homme de l'ombre qui doit se remettre en question et retrouver une vocation tout en gardant la conscience claire, est l'un des premiers grands héros des errances de la filmographie de Curtiz. Certes, il n'est pas Rick, mais il ne faut pas trop en demander...

Et puis, Private Detective 62 fait aussi partie de la prestigieuse, parfois étonnante filmographie de William Powell, qui après ses rôles d'ignoble fripouille dans les années 20, a enfin trouvé sa vocation avec les interprétations de détectives toutes plus savoureuses les unes que les autres... La même année, Curtiz a réalisé avec l'acteur The Kennel Murder Case dans lequel il retrouvait le personnage de Philo Vance.

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Pre-code Comédie
10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 17:10

Dorothy (Lucy Doraine) a tué un homme... Quand on l'arrête, la confession a du mal à venir, mais une fois lancée, elle déballe tout: comment un escroc lui a fait miroiter monts et merveilles pour faire main basse sur sa fortune, comment une fois qu'ils se sont mariés, il l'a abandonnée à son triste sort une fois la fortune épongée, comment il a manoeuvré pour de nouveau tenter de profiter d'elle...

Il y avait une formule des films de Curtiz avec son épouse Lucy Doraine, en Autriche. L'actrice incarnait généralement une femme qui avait vécu et cherchait le salut en dépit des circonstances, avec le sort qui s'acharnait sur elle; les péripéties autour de sa vie tournaient le plus souvent au mélodrame avec force accidents, incendies, crimes et autres tricheries de grand luxe...

Ce  qui reste intéressant dans ces productions, ce sont souvent les artifices de constructions, notamment les flash-backs, et une mise en scène plus axée sur l'instant, voire la splendeur du plan, que sur un effet à long terme... Dire de ce film qu'il est bouleversant serait une bien grosse exagération, donc: Curtiz se cherchait au temps du muet, et il allait falloir attendre encore un peu avant qu'il ne se révèle... Mais il nous montre un Curtiz à la manoeuvre, qui tente de transcender le matériau mélodramatique avec de belles idées, et qui semble pour l'instant s'accomplir dans les scènes de foule, son péché mignon.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1921 Michael Curtiz
1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 18:34

Le parcours largement teinté de rose d'une jeune chanteuse (Doris Day), veuve de guerre, flanquée de son fils et d'un agent (Jack Carson)prêt à tout pour placer sa protégée, mais qui joue de malchance: le grand manitou des programmes radiophoniques qui fait la pluie et le beau temps dans le domaine de la chanson légère est complètement aveuglé par l'admiration que sa femme porte pour le chanteur Gary Mitchell... 

Les efforts portés à l'écran font l'essentiel d'une intrigue ô combien légère, mais le film est rythmé sans un seul temps mort, les personnages sont hautement sympathiques (sauf un) et comme on est à la Warner, on a demandé à Friz Freleng de participer à la fête et de laisser Bugs Bunny donner la réplique à Doris Day, sans doute en réponse à la fameuse rencontre entre Gene Kelly et la souris Jerry à la MGM! Michael Curtiz, qui était en quelque sorte l'agent de Doris Day (c'est lui qui l'a découverte), y raconte un peu une histoire proche de leur parcours...

Et il le fait avec le sens phénoménal de la mise en scène qui est le sien, paradoxal en diable dans ce contexte de comédie musicale, il se débrouille pour que toutes les chansons soient en situation plausible, sauf une (voir plus haut!), et s'ingénie à placer la caméra, et donc le public, au coeur de l'action. C'est donc une pause dans la noirceur de son oeuvre, mais cette parenthèse rose bonbon se laisse consommer avec gourmandise...

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Musical Bugs Bunny