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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 16:57

Texas (Texas Guinan) est l'heureuse propriétaire d'un ranch, mais elle passe ses nuits à veiller sur ses bêtes qui attirent la convoitise de tous les desperados du coin. Une seule solution, engager un "night rider", un veilleur de nuit qui passera du temps avec les bêtes à l'heure où out le monde est couché sauf les bandits. Quand elle propose son idée en ville, un cow-boy lui rit au nez en disant qu'elle ferait mieux de se marier...

Donc elle l'épouse sur le champ, sauf que d'une part elle ne tardera pas à comprendre qu'elle n'a pas fait le bon choix... et qu'en prime c'est l'un des voleurs de bétail! Heureusement un valeureux employé veille au grain...

C'est mené sans tambour ni trompette ni temps mort, et c'est assez typique des films de Texas Guinan qui tout en assumant le destin d'une héroïne du muet qui se respecte (elle va trouver l'amour, donc), est aussi et surtout une forte personnalité qui ne s'en laisse pas conter! En 25 minutes, c'est un court métrage d'une grande qualité et qui ne se prend pas trop au sérieux, e louchant souvent du côté de la comédie...

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Published by François Massarelli - dans Western Muet Texas Guinan
29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 09:10

Ann (Fay Tincher) est vraiment incorrigible: on ne peut pas imaginer pire garçon manqué, sur le ranch de ses parents. Et si parfois ils tentent de la défier, elle fait la loi parmi les cow-boys... Bref, elle a de quoi désoler une mère, qui décide pour la féminiser un peu de l'envoyer faire des études dans l'Est; Dans le train, elle repère un pied-tendre qui arnaque les autres au jeu, et le vire à coup de révolver... Mais une fois installée à l'université, et devenue très copine avec les filles de sa chambrée, elle réalise que le fiancé de l'une d'elles n'est autre que le joueur qu'elle a viré du train...

C'est un film d'une grande qualité, qui est basée sur des péripéties de comédie burlesque, mais interprétée par les principaux acteurs avec une certaine retenue. Tout le monde n'est évidemment pas logé à la même enseigne (ah, le doyen, tout un poème!), mais la façon dont Fay Tincher joue le décalage entre son côté brut de décoffrage et les attentes liées à sa féminité reste un moteur qui motive le spectateur...

Et si l'enjeu posé par la mère, de rendre sa fille féminine, nous est présenté comme partiellement acquis en fin de film, je me permets d'exprimer des doutes... Par ailleurs, les auteurs du film ont choisi de ne pas "faire rentrer Ann dans le droit chemin", car elle ne découvrira pas l'amour en route! Et ça c'est un peu une révolution. Du début à la fin du film, sa personnalité s'exprime à travers ses activités que les conventions tendent à considérer comme masculines, et elle finit par se faire accepter. Bref, elle reste elle-même, interprétée par une comédienne douée, dynamique, et qui n'hésite pas à se moquer d'elle-même dans une scène de décalage formidable, qui la voit suivre un cours de danse, en véritable vilain petit canard...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Al Christie
29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 09:01

Dans une ferme, une histoire compliquée d'héritage lié à une union risque de compromettre le gentil couple de la fille du fermier (Ora Carew) et de son benêt de fiancé... Le jumeau de la jeune femme trouve un stratagème qui implique de se déguiser et de prendre sa place...

Bon, je ne vais pas être tendre, mais... Chez Sennett (le film date de la période Triangle Keystone), on a parfois des films incontournables qui font avancer le médium, et parfois... on a un film comme celui-ci, qui repose sur tellement de mécanismes et de sales manies qu'il en devient irritant. Le contexte rural (qui reste quand même bien plus subtil ici que, disons, chez le Griffith de Way down east), les personnages tellement caricaturaux qu'ils en sont vides, et une intrigue compliquée à souhait, basée sur l'argent, l'honneur et d'autres billevesées de mélodrame: les ingrédients même sont tous des clichés, qu'on retrouve à la pelle dans les films plus longs du studio. Et si on regarde bien on verra que le film est essentiellement axé sur sa deuxième bobine, la première n'étant qu'une très longue exposition.

Reste une composition intéressante, celle d'Ora Carew qui joue deux jumeaux, un garçon et une fille: si on a du mal à croire à son rôle masculin, le fait que celui-ci prenne la décision de se déguiser en femme rend les choses un peu plus intéressantes sur la fin. Mais bon on est chez Sennett, donc... poursuite, cascades, intervention lamentable de la police, et bien sûr, elle est rurale.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 08:53

Une jeune femme (Louise Glaum) qui n'a pas de situation trouve une opportunité: devenir cuisinière sur un ranch, mais... on cherche un homme plutôt qu'une femme. Elle se déguise, et obtient aisément le travail. Mais une fois sur place elle ne tarde pas à révéler son identité... aux autres femmes présentes. Elles la protègent et vont l'aider à trouver l'âme soeur...

C'est assez différent de ce que proposaient les comédies environnantes, de la Vitagraph ou bien sûr de la Keystone: si l'exposition est vite expédiée (le film ne fait qu'une bobine), la comédie aussi d'une certaine façon. C'est indicatif de ce que sera la comédie chez Christie, qui essaiera toujours de trouver une voie en dehors du grotesque qui dominait la comédie burlesque...

Le film reste intéressant pour sa faculté à mêler la comédie avec les codes du western. Ici le déguisement n'est pas tant un ressort burlesque qu'un empêcheur de tourner en rond! Il n'y a pas la tentation, comme dans d'autre films (A woman, de Chaplin, par exemple), de jouer avec les frontières des genres... C'est gentil et ça se laisse regarder. Mais la compagnie de Christie fera mieux.

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Comédie Al Christie
27 janvier 2023 5 27 /01 /janvier /2023 19:16

Running Wolf, un guerrier important d'une tribu Native Américaine (donc, des "indiens"), est en âge de se marier mais il ne trouve pas la perle rare dans sa tribu... Il entend parler de la légende d'une tribu étrangère, des guerriers moins sophistiqués, mais dont les dirigeants sont trois frères qui ont unis leurs pouvoirs de conquête et de manipulation. Leur soeur est paraît-il d'une beauté incroyable... Running Wolf se met donc en quête...

Les deux personnages principaux sont interprétés par des vedettes inattendues dans ce contexte, car pour figurer des indiens des plaines, Ince a fait appel à deux acteurs d'origine Japonaise sous contrat, Sessue Hayakawa et Tsuru Aoki. Ils se sont d'ailleurs mariés quelques temps après, et si on fait un peu travailler son imagination, on arrivera à les accepter dans ces rôles!

Le film est excellent, bien qu'il repose sur une posture assez franchement raciste (l'idée d'un degré dans la sauvagerie, avec une tribu "avancée" ou "civilisée", et une autre clairement montrée comme restée à l'état sauvage!), ce qui ne surprendra pas trop quand on sait que Thomas Ince a souvent professé des idées assez cousines de celle du KKK! Mais le film est malgré tout un fascinant court métrage qui ose des ruptures de ton impressionnantes, et confronte deux acteurs l'un à l'autre dans des scènes au romantisme assez inédit...

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Published by François Massarelli - dans Thomas Ince Muet Western
26 janvier 2023 4 26 /01 /janvier /2023 18:34

Un (mélo)drame se joue dans une famille Américaine : un couple avec enfant se déchire, et le père et sa fille décident de partir avant que ça ne dégénère… La fille grandit, et le père qui a tenté sa chance dans l’ouest en a fait, pour la protéger, un véritable garçon manqué. Arrivés dans un ranch, ils trouvent un travail tous les deux, et la fille est priée par son père de dissimuler sa vraie identité… Mais un cow-boy s’attache à elle…

Il est inévitable, en 2023, de se poser la question de cet attachement : qu’est-ce qui le motive ? S’agit-il d’un amour inconditionnel et immédiat entre un homme et quelqu’un qu’il croit être un homme ? Il serait quand même assez hâtif de vouloir faire du film, comme cela semble être le cas (dans la compilation Cinema’s First nasty women), un plaidoyer en avance de plus d’un siècle sur son temps sur la nouvelle donne des genres. Et je ne peux pas vraiment suivre l’historienne Laura Horak quand elle propose de faire de ce film un ancêtre de Brokeback mountain

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Published by François Massarelli - dans Muet Western
23 janvier 2023 1 23 /01 /janvier /2023 16:33

Une jeune femme d'une tribu Indienne se fait agresser dans un saloon par un blanc raciste, et Dick Sutton, un valeureux pionnier, s'interpose. Mais en guise de vengeance, le sale type enlève la petite fille du héros... La jeune femme qu'il a sauvée va tout faire pour sauver l'enfant.

C'est, d'une part, un film sur l'héroïsme d'une protagoniste, qui ne manque ni d'énergie ni de ressources. La première fois qu'on la voit, Lillian St Cyr (nue authentique native) est un peu la damoiselle en détresse, mais elle saura se rattraper... Elle se déguise en homme, s'introduit sur un campement de bandits, et traverse un précipice à l'aide d'une corde, avec un enfant sur le dos (et sans trucage, même si le précipice est probablement plus modeste qu'il n'y paraît). 

D'autre part, comme certains films de Griffith de l'époque et comme ne tarderont pas à le faire des films de Thomas Ince, c'est le point de vue des Américains Natifs (on disait des Indiens à l'époque) qui nous est donné, par un metteur en scène et une actrice mariés, qui se revendiquaient de ces peuplades. Des films qui furent de façon intéressante bien accueillis, et étaient même inclus dans le circuit de distribution de compagnies prestigieuses, dont Pathé qui a produit ce court métrage. 

Une ouverture d'esprit dont ne profiteront évidemment pas les Afro-Américains (un protagoniste de ce film est d'ailleurs un acteur blanc en black face, placé dans le film pour dénoncer le racisme des protagonistes...), et on pourrait aussi se plaindre du cliché qui consiste à faire des bandits voleurs d'enfants des gitans subliminaux, par l'utilisation de foulards sur les têtes de certains et certaines d'entre eux... 

On n'en sort jamais.

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Published by François Massarelli - dans Muet Western
22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 17:25

Ce n'est pas à proprement parler un film de long métrage, mais une série, située durant la guerre de Sécession, qui met en scène les agissements d'une espionne confédérée, Nan. Fille d'une respectable famille, elle a décidé de se battre à sa façon pour la cause des Sudistes et accomplit des exploits...

Il ne reste que trois épisodes (sur 6) de cette série, qui n'est pas un feuilleton au sens strict du terme; le cinéma avait encore à se servir de ce moyen pour fidéliser les spectateurs en utilisant chaque semaine ou chaque mois le pouvoir magique des mots "A suivre"... C'est à la compagnie Kalem que Gene Gauntier (Nan) et Sidney Olcott tournaient à l'époque, avant de se lancer dans des tournages exotiques (Palestine, et... Irlande pour une série de films significatifs). Kalem était basée à New York, mais les tournages étaient relocalisés en Floride durant l'hiver, ce qui fut le cas pour tous ces "épisodes", et c'est peut-être l'une des raisons qui ont poussé la compagnie à adopter un point de vue sudiste sur la Guerre Civile. Rappelons qu'embrasser la cause sudiste revient à défendre le point de vue de l'esclavage... La Floride en 1915 (mais plus de cent années plus tard, un peu aussi) était quand même encore nostalgique des années d'avant la guerre, et on y gardait un point de vue très tranché aussi bien sur le conflit que sur ses causes... 

D'autres raisons ont peut-être joué: on constatera d'ailleurs que la majorité des films muets consacrés au conflit ont pris fait et cause pour le Sud, depuis les nombreux courts métrages de Griffith qui y ont été consacrés, à The General de Keaton (et je ne parle évidemment pas ici de The Birth of a Nation, mais il ne faudrait pas l'oublier quand même), ainsi que de nombreuses productions de Thomas Ince, certaines réalisées par Francis Ford: le cinéma penchait sans doute sur le versant romantique de la cause perdue du Sud, et c'est probablement le cas ici aussi...

Et d'ailleurs, pas de plaidoyer ouvertement raciste en vue, juste de l'aventure, et des péripéties dans lesquelles Nan se met en danger... La réalisation est encore assez plate (Olcott n'est pas Griffith) mais avec Gene Gauntier, qui avait son mot à dire sur la conception de ses films, il a manifestement souhaité mettre l'accent sur l'aventure, les risques pris, et l'audace de cette jeune femme, dont les parents savent les dangers qu'elle encourt...

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Published by François Massarelli - dans Gene Gauntier Sidney Olcott Muet 1911
22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 09:06

Trois hommes assez âgés s'ennuient dans leur maison, qu'ils n'arrivent pas à "tenir". Ils décident de placer une annonce pour trouver une gouvernante et reçoivent des propositions, l'une en particulier: ils sont unanimes, et invitent la dame à se rendre chez eux, et vont l'accueillir à la gare...

C'est hélas (?) à ce moment que le film, incomplet, se termine: car si on a bien le temps de voir que la dame, contrairement à ce qui était attendu, est Afro-Américaine, grande et joviale, on n'ira pas plus loi. Ce qui a filtré de ce film, dans sa version complète, serait que d'une part la gouvernante, en plus, est intelligente et lettrée, ce qui est peu banal dans le cinéma Américain de cette époque pour un personnage noir...

...Mais aussi, hélas, que conformément à ce qu'attendent les spectateurs, le personnage est ici pour faire rire, car dans une comédie, la principale raison d'amener un personnage noir, ça reste justement pour provoquer le gag. Au vu de l'exposition du film, de la composition des plans, du ton gentiment loufoque, on regrette quand même de ne pas en savoir plus...

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Published by François Massarelli - dans Muet
22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 08:49

Mme Pied manifeste un inquiétant désir d'indépendance: elle souhaite sortir sans M. Pied, qui lui se refuse avec véhémence à accepter le postulat sans négocier. La voilà partie (pour aller faire un tour aux "Galeries Nébuleuses", nous dit-on), suivie de son mari, et dans l'agitation due à la nervosité des participants de la poursuite, le chaos s'ensuit...

C'est normal, après tout, ce constat de chaos, puisque la raison d'être des films de Durand, c'est précisément de montrer de quelle façon il se déclenche... Quand vous passez dans une rue, le plus souvent rien n'arrive... Dans un film de Jean Durand, la moindre interaction d'un personnage avec le décor débouche sur une catastrophe: un étal qui tombe, avec tout ce qui s'y trouve, un échafaudage qui ne tient plus debout, tous les meubles qui rendent l'âme... C'est profondément idiot, mais après tout c'est le but de l'opération...

Pourquoi, maintenant, avons-nous droit ici à un cas de travestissement, puisque si Lucien Bataille interprète M. Pied, c'est à Ernest Bourbon, le célèbre Onésime, que revient le redoutable honneur d'interpréter son épouse? Il eut y avoir plusieurs raisons, comme des nécessités acrobatiques, une envie pour Durand de protéger son épouse, l'actrice Berthe Dagmar pourtant rompue aux dures réalités physiques du cirque, un refus catégorique de celle-ci qui n'avait pas le caractère facile, ou même une envie de faire rire un peu plus en mettant une vedette reconnaissable dans le rôle... ou tout simplement, Bourbon, avait-il envie de le faire.

Quoi qu'il en soit, c'est plus que fonctionnel, ça ajoute au loufoque de la situation... Tout comme le fait que le film commence dans un intérieur bourgeois qu'on imagine Parisien, avant de se déplacer dans un décor qui là encore nous donne l'impression d'être une rue commerçante Parisienne... Mais dans la poursuite, M. et Mme Pied empruntent un train au milieu de zones humides, que les spectateurs des westerns Camarguais de M. Durand connaissent bien, et se lancent même dans une poursuite maritime... Bref, faisons feu de tout bois, du moment qu'on rigole... C'est, je pense, la devise de l'unité rigolote des tournages de Jean Durand.

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Published by François Massarelli - dans Muet Jean Durand