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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 16:24

On célèbre à Los Angeles la création d'une branche aérienne de la LAPD... A cette occasion, les deux McDonnell sont honorés: l'un, le père Ralph Lewis), pour ses nombreuses années de service en Californie; l'autre, le fils (Neil Hamilton), qui va être le premier pilote de l'air à travailler pour la police. Ce dernier fait aussi la connaissance de la belle Gwen O'Day (Dorothy Gulliver), fille d'un joaillier.

Alors que la police s'intéresse de très près à la disparition de diamants de chez O'Day, qui leur fait soupçonner qu'il y ait un informateur des trafiquants chez le joaillier, le vieux O'Donnell apprend, le jour de son 65e anniversaire, qu'il lui faut prendre sa retraite. Mais il va être personnellement engagé pour effectuer des travaux de gardiennage et de surveillance nocturne dans l'immeuble où est situé le siège de la bijouterie. Pendant ce temps, les bandits, sous la direction du bras droit de O'Day, s'apprêtent à commettre une escroquerie de grande envergure...

Si on s'en tient au synopsis sous sa forme la plus simple, on pourrait dire "un jeune policier et son vétéran de père réussissent à contrecarrer les plans maléfiques d'une bande d'escrocs", et on voit bien qu'on est en plein mélodrame... Mais Johnson, d'une part, a à coeur de s'intéresser au sort des gens qui travaillent. C'est un thème de prédilection chez lui, qui était déjà au coeur de ses films indépendants, avant son arrivée à la Universal... Nous avons donc une bonne part des 63 minutes du film qui est consacrée à la douleur et au sentiment d'abandon du père qui doit dire adieu à sa carrière en quelques minutes... 

Et mélodrame oblige, on a aussi, grâce à l'enquête et ses ramifications, toute la panoplie du film policier, et on a même des cliffhangers internes et des fausses pistes pour faire se dresser les spectateurs sur leurs sièges, le tout relevé par une mise en scène impeccable, du suspense, une interprétation tout à fait solide, et un montage d'une grande précision! Les effets spéciaux nécessaires à l'utilisation de l'aviation dans l'intrigue sont très réussis, et on a ici l'un des premiers plans de l'histoire du cinéma (très probablement un effet spécial d'ailleurs) qui nous montre l'étrange parterre étoilé de Los Angeles by night, vu d'en haut... C'est sans aucun doute un petit film, mais en tant que tel, c'est aussi une grande réussite...

Et pour couronner le tout, ce film est aussi l'un des premiers de la filmographie de Thelma Todd, qui ne déçoit pas en fille de mauvaise vie qui a réussi à se faire engager come secrétaire chez le joaillier O'Day...

 

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Published by François Massarelli - dans 1927 Muet Emory Johnson
25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 11:25

Pietro, un musicien aveugle (Francis X. Bushman), est amoureux d’une jeune femme qui décide de sacrifier anonymement sa fortune pour qu’il recouvre la vue… Quand il parvient à ce résultat, il est embarrassé de constater qu’elle n’est pas du tout à son goût, et la quitte…

Elégant!

C’est un mélodrame atmosphérique, qui brille bien plus par les moyens techniques mis en œuvre (une influence européenne évidente sur les éclairages, notamment) que par son originalité ou son interprétation.

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Published by François Massarelli - dans Francis X Bushman Muet
25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 11:22

Troublant : pour ce film, l’intrigue qui nous apparaît n’est pas exclusive, et c’est donc du déjà vu… Très précisément dans the thief d'Alice Guy, qui est sorti exactement la même année. 

Un homme qui a coupé les ponts avec ses amis, dans un groupe uni qu’il a contribué à fonder, est dans une situation financière difficile. Il se rend à l’invitation annuelle de ses camarades, mais ne leur a pas parlé de sa situation. Durant le dîner, un convive fait passer une bague très onéreuse… Qui disparaît. A la fin du repas, on demande à tous de prouver qu’ils ne l’ont pas prise, tous s’exécutent, sauf le héros.

…car il a rempli ses poches de victuailles pour sa famille. Ce film, donc qui prend une idée mélodramatique en l’air à cette époque, est de qualité moyenne, manifestement: c’est un ensemble de fragments d’un film d’une bobine, dont plus de la moitié a disparu. Francis X. Bushman incarne l’infortuné protagoniste. Comme beaucoup de films Essanay de l’époque, on n’a aucune information sur l’identité du réalisateur ou de la réalisatrice. Quant à comparer, le film d'Alice Guy, qui lui a survécu intégralement, est très bon.

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Published by François Massarelli - dans Francis X Bushman Muet
25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 11:19

Impossible de savoir qui a réalisé ce court métrage Essanay, dont les vedettes sont Francis X. Bushman et Dolores Cassinelli : en pleine campagne, un nouvel arrivant, cycliste, croise le chemin d’une jeune femme, qui est immédiatement attirée par lui ; mais un ami de la jeune femme, jaloux, décide de tuer son rival… La jeune femme sait ce qui se trame et décide d’agir… avec une arme.

C’est un film honnête, jusqu’à ce qu’une scène ne relève singulièrement le plat : on y voit le cycliste incarné par Bushman, ignorant que derrière lui son rival s’apprête à le rattraper, également en vélo. Et tout au fond, également à bicyclette, Dolores Cassinelli qui tout en roulant tire un coup de feu pour désarmer le jaloux…

Maintenant, on aimerait bien savoir qui a eu cette idée saugrenue mais très efficacement réalisée : GM Anderson lui-même, le « A » de Essanay (S&A) ? Ou pourquoi pas Allan Dwan, qui était en contrat avec la compagnie à l’époque ? Nous ne saurons probablement jamais…

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Published by François Massarelli - dans Francis X. Bushman Muet
25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 11:03

The Marriage Clause est l’un des derniers films de Lois Weber, le premier qu’elle ait réalisé après le hiatus de 1923: elle revenait à la Universal, mais son statut n’était décidément plus du tout le même qu’avant, en particulier durant les années 10…

Barry Townsend (Francis X. Bushman) repère une aspirante actrice, Sylvia (Billie Dove) dont il tombe amoureux : il fait d’elle une star, et en dépit de l’ombre que cela projette sur leur relation, il accepte qu’elle donne une réponse favorable à une offre très lucrative d’un autre impresario, Max Ravenal (Warner Oland). Mais le contrat avec ce dernier contient une clause qui interdit à la jeune femme de se marier… elle va devoir se séparer de son fiancé, et en dépit du succès phénoménal qui est le sien, va peu à peu perdre toute envie de vivre…

Le film n’existe plus que sous la forme d’un fragment réduit à 20 minutes, contre environ 80 au départ, et ça se sent : chaque étape importante de l’intrigue est réduite à la portion la plus congrue qui soit… Et pourtant on obtient, de ce fantôme de film, une image qui est sans doute en accord avec ce qu’il était : une œuvre de transition, à la fois versée dans des clichés du mélo (le grand méchant impresario contre l’amour pur, par exemple) et tournée vers des thèmes sensibles et différents, qui ont fait la réputation de la réalisatrice : notamment le fait non seulement de représenter une femme qui devient la principale source de revenus d’un couple, mais aussi la souffrance « sociale » d’un homme qui en finit par ne plus vouloir sortir de chez lui. Cette tendance, probablement prudente, à vouloir couvrir tous les aspects d’un sujet polémique en ménageant une porte de sortie objective, avait fait les grandes heures de la carrière de Weber. Par-dessus le marché, la photo semble ouvragée, et l’interprétation est splendide… Pour autant qu'on puisse en juger, du moins.

 

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Published by François Massarelli - dans Lois Weber Muet 1926
19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 09:13

Deux trajectoires inversées: les deux vedettes de ce film sont Ramon Novarro, qui peinait à confirmer les espoirs suscités par ses apparitions dans les films de Rex Ingram en 1922-1924, et par sa participation à Ben-Hur (son meilleur rôle avec Scaramouche), allait bientôt glisser vers la série B, avant de se fondre dans l'anonymat des anciens acteurs du muet... Pendant ce temps Joan Crawford, de plus en plus présente dans les films MGM, allait connaître un succès phénoménal avec Our dancing daughters et les autres films de la même formule. 

C'est une adaptation d'un livre, All the brothers were valiant de Ben Ames Williams, dont Irvin Willat avait déjà réalisé une version avec Lon Chaney en 1923 pour Metro, aujourd'hui perdue. Le rôle de Chaney est ici repris par Ernest Torrence, le grand acteur versatile au physique parfois étonnant. La première demi-heure est par certains côtés annonciatrice de Steamboat Bill Junior, dans lequel il tiendra la vedette aux côtés de Buster Keaton...

Des quatre frères Shore, trois sont marins: les plus grands, dont l'aîné Mark (Ernest Torrence) est d'ailleurs capitaine. Le petit frère, Joel (Ramon Novarro), attend son tour et pour l'instant passe le plus clair de son temps avec la jolie voisine Priscilla (Joan Crawford), dont la nature de la complicité qui l'unit à lui ne fait aucun doute. Un jour, alors que les trois marins sont rentrés au port, Joel leur force la main en utilisant un stratagème et se fait engager sur le bateau de son grand frère, en partance pour Singapour.

Mais juste avant, il apprend que son père et celui de Priscilla se sont mis d'accord pour marier Mark et la jeune femme, bien que celle-ci ne le souhaite pas. Coincé entre son amour pour elle, sa loyauté pour son frère et le désir de naviguer, Joel laisse faire. Mais une mutinerie larvée va précipiter les frères dans le chaos...

C'est un film d'aventures en trois parties, extrêmement bien construit et qui commence quasiment dans la comédie, où Novarro est très à l'aise en petit frère qui a de la ressource... Le tout début nous fait croire un instant que le film commence par une mutinerie (les deux adolescents Joel et Priscilla jouent!) est surprenant, et la suite confirme pendant 25 minutes cette atmosphère légère. Le mariage arrangé précipite le film dans le mélodrame...

Par la suite la mise en scène est d'une grande solidité, avec une mention spéciale pour les scènes de tempête, parfaitement convaincantes grâce à des effets spéciaux brillamment utilisés, et les scènes de conflit entre les mutins, Novarro d'un côté et Torrence de l'autre, qui multiplient les péripéties, tout en évitant de donner à Crawford le statut d'une simple potiche! C'est une belle réussite, dans laquelle on a même droit à une apparition d'Anna May Wong: même si elle n'est pas créditée, c'est un rôle important.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1928
19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 08:44

C'est le premier film de man Ray, qui en moins de trois minutes pose les bases d'un cinéma d'avant-garde qui se contente de jeux visuels sans chercher à faire du sens. Ce n'est pas encore le cinéma surréaliste qui sera à l'oeuvre chez Bunuel et pour lequel Man Ray réalisera L'étoile de Mer d'après Desnos, ce court métrage appartient plus à la période Dadaïste du photographe...

Dans un premier temps, l'image sert de cadre à des phénomènes chimiques et photographiques au résultat abstrait avant de finir en apothéose avec une exploration du buste généreux de Kiki de Montparnasse... Comme on est chez Dada, le rapport entre le titre et l'effet qu'il produit (on est bien loin d'un retour à la raison ici!) est essentiel...

N'empêche que le montage du film, les associations arbitraires qu'il recèle, les truquages utilisés, le style du début qui sera réemployé par Chomette dans Cinq minutes de cinéma pur, et le recours à la nudité, tout ceci est l'invention d'un langage du cinéma d'avant-garde, dont ces trois minutes sont l'un des premiers fleurons...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Man Ray
9 septembre 2021 4 09 /09 /septembre /2021 17:47

La vie, les amours contrariées, la souffrance, la surdité et la mort de Ludwig Van Beethoven, en 70 minutes...

Beethoven? Tout de suite, on pense soit à Gance, soit à Kubrick! Pas spécialement à Hans Otto Lowenstein, cinéaste à la fois Autrichien et méconnu. Par contre, Fritz Körtner en Ludwig Van, ça me paraissait être pertinent. Ca l'est. C'est, par contre, la seule chose, car...

Le film, fondamentalement, est un biopic sans saveur, sans apport vraiment pertinent. On se souviendra peut-être de quelques moments où le cinéaste prévoyant anticipait sur le bonnes idées des accompagnateurs musicaux de ses bobines, et pourquoi pas en effet? La même époque, Gance (encore lui!) faisait intervenir la musique dans son Napoléon, pourtant rigoureusement muet... Mais au-delà de Körtner, donc, point de salut dans ce film illustratif, lisse, dont le seul ingrédient mémorable est le visage torturé de l'un des acteurs les plus doués de l'écran Germano-muet...

Notons pour la bonne cause que le film, considéré comme totalement perdu, a été retrouvé dans une copie française pas forcément complète, et dotée de fort jolis intertitres.

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Published by François Massarelli - dans 1927 Muet
5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 08:58

Une bande d'actualité, ou quelque chose d'approchant... Dziga Vertov, Boris Kaufman et Elisabeth Svilova se sont lancés au milieu des années 20 dans la réalisation de moyens métrages de points de vue documentaires, qui sont autant de la propagande que de l'actualité. Il y en a eu 23 en tout, et celui-ci est notable pour une raison assez évidente: il s'agit de celui qui prend prétexte de célébrer Lénine mort en janvier 1924, pour rappeler les avancées de la révolution... à moins que ce ne soit le contraire.

On retrouve donc le style "volontariste" soviétique, fait d'une certaine maîtrise de tout ce qui concerne le montage, d'une apostrophe permanente du spectateur par des intertitres envahissants et sans le moindre "quatrième mur, d'une constante insistance sur la vérité supposée de ce qui reste un montage de propagande, et... des tracteurs, ben tiens.

Vertov, qui restera un éternel électron libre dans son pays, reviendra quand même à Lénine dans un film de propagande folle furieuse, qu'il intitulera pompeusement Trois chants sur Lénine. Mais c'est une autre histoire...

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Published by François Massarelli - dans 1925 Dziga Vertov Demain, nous serons des milliers Muet
3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 17:27

Cheyenne Harry, le hors-la-loi, sacrifie tout, y compris ses copains bandits, à la survie d'un enfant nouveau-né qu'ils ont trouvé dans le désert... 

On reconnaît ici l'intrigue de The three Godfathers, les deux versions: celle de Richard Boleslavski en 1936 et celle de John Ford en 1948, qui rendait ouvertement hommage à Harry Carey récemment décédé... Il ne s'agit pourtant pas de la première version!

C'est la deuxième fois que l'histoire était filmée, et la première fois sous la direction d'Edward LeSaint, c'était déjà avec Carey. Officiellement, le film est perdu, mais on peut trouver sur la chaîne Youtube du Eye institute d'Amsterdam, un fragment intrigant de 2:55 qui ne peut être qu'issu de ce film. L'actrice qui y joue est bien Winnifred Westover, qui ne jouait pas dans la première version, et en moins de trois minutes, le fragment regorge de touches typiquement Fordiennes. C'est situé selon toute vraisemblance vers la fin du film... Ces moins de trois minutes sont-elles tout ce qui a été conservé du film? 

 

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Published by François Massarelli - dans Western John Ford Muet 1919