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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 18:20

Le premier film de Pierre Chenal est un documentaire...sur le cinéma. En trois chapitres, Chenal assisté de l'enthousiaste Jean Mitry qui deviendra un critique et historien nous montre comment à Paris et sa région, on fait du cinéma: d'abord, comment on passe de la machine (des appareils de prise de vue, de la pellicule, des objectifs) on passe à la création d'images: on suit des caméramen dans leurs activités en extérieurs. Puis Chenal nous entraîne dans l'atelier des animateurs, dont Ladislas Starewicz... Enfin il nous montre le tournage de quelques scènes de Capitaine Fracasse (D'Alberto Cavalcanti) ou de Quartier Latin (D'Augusto Gennina)...

Le film est plein de bonnes choses, à commencer par un ton très libre, et une solide dose d'humour... C'est un beau petit moyen métrage qui communique assez facilement le goût du septième art. Cela dit, s'il fallait se plaindre, le moins intéressant des chapitres reste le dernier, plus statique, plus convenu aussi.

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Published by François Massarelli - dans Pierre Chenal Muet 1929
8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 09:52

Sur un paquebot en route vers la Tunisie, quatre hommes en rencontrent un cinquième, Guerlantec (André Luguet). Une fois débarqués, lors de leurs visites aux autochtones, ils provoquent un incident avec un paysan: considérant qu'ils ont manqué de respect à sa fille unique (ce qui est d'ailleurs parfaitement exact), le vieux les maudit tous les cinq, prédisant leurs morts dans un ordre bien précis... Au bout de quelques jours les hommes vont disparaître les uns à la suite des autres... Guerlantec est inquiet.

Le prétexte est ici un roman policier d'André Reuzé, sans doute pas un livre de la première fraîcheur, un de ces romans dont les coups de théâtre et leur enchaînement sont les seules qualités. Le film, disponible aujourd'hui uniquement sous la forme d'une série de bobines 9,5mm (Pathé-Baby), est considérablement réduit au tiers de sa durée, le montage est tronçonné et haché donc il est bien difficile de se faire une idée d'une intrigue réduite à sa plus simple expression, et plus encore des éléments décoratifs inévitables puisque le film a effectivement été tourné en Afrique du Nord, à grands renforts d'images glorieuses de paysages qui ont tous disparu, car dans ces condensés pour le visionnage à la maison (en famille), priorité allait à l'intrigue... Donc les éventuelles audaces (le film commence dans une fumerie d'opium, un épisode réduit à sa plus simple expression) étaient impitoyablement rabotées pour ces versions.

Néanmoins le jeu ampoulé des protagonistes, la naïveté des héros et de l'intrigue ne nous laissent que peu de doutes: si le remake de Julien Duvivier est (un peu) supérieur, ici il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1920
1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 17:11

Un couple se fait, mais avec ses petits secrets: madame (Virginia Pearson) n'a pas prévenu son deuxième mari (Anders Randolf) qu'elle avait un grand fils (Charley Chase), donc quand celui-ci vient visiter à l'improviste, il faut trouver un stratagème... Il se fait donc passer pour le valet personnel de son beau-père, afin que celui-ci s'habitue à lui. L'exercice serait foncièrement déplaisant, s'il n'y avait la nouvelle bonne (Martha Sleeper) dont il devient rapidement complice...

La situation est en place, que la fête commence: c'est un festival de quiproquos, de soupçons, de stratégies qui sont d'autant plus louches que les secrets qui sont ici cachés n'ont rien d'inavouable... La comédie de DeMille a permis au cinéma d'entrer dans les chambres à coucher, elle a fini par passer le flambeau à ces comédies de précision telles qu'elles étaient concoctées chez Hal Roach. Mais l'observation de ces nouveaux couples, ces gens mariés pour la deuxième fois avec un passé, faisait vraiment son entrée dans le cercle de la comédie burlesque Américaine qui n'en finissait pas d'accompagner le développement de la société moderne des années 20...

Et l'équipe de quatre acteurs, menés par Chase et Martha Sleeper (comme d'habitude l'égale en tous points du génie de la comédie avec lequel elle travaille, et prête à payer physiquement de sa personne) est fantastique, avec un timing superbe et des performances à l'avenant de la part de tous les acteurs...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Leo McCarey
1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 15:49

Kiki (Norma Talmadge) est une jeune parisienne qui end des journaux à deux pas d'un music-hall; elle y entend les répétitions des revues et rêve tout haut de s'y faire une place... Pas pour devenir une vedette, non: parce que ça la rendrait toute proche de M. Renal, le producteur (Ronald Colman). A la faveur d'une défection, elle va user de tous les stratagèmes y compris les plus malhonnêtes pour se faire engager, puis y parvenir... La revue va en souffrir, mais pas autant que Renal car une fois dans la place, Kiki n'est pas du genre qu'on déloge...

C'est une superbe comédie, qui bénéficie de tout le soin apporté habituellement aux films de Norma Talmadge. Et pourtant on ne l'attendait pas vraiment sur ce terrain, mais Clarence Brown est vraiment l'homme de la situation, sa mise en scène enlevée réussissant à nous mettre à 100 % aux côtés d'une indécrottable peste, une jeune femme dont la passion n'a d'égale que la débrouillardise. On en vient bien sûr assez rapidement à deviner qu'elle parviendra à ses fins coûte que coûte, mais les moyens qu'elle utilise sont quand même assez impressionnants: un chantage au suicide (qui ne débouchera sur aucune tendance excessive au pathos, c'est remarquable) et surtout une fausse crise de catalepsie qui fait que la star va jouer toute la dernière bobine, contrainte et forcée, en poupée totalement immobile...

Le scénario est solide, signé de Hanns Kräly arrivé de Berlin dans les valises d'Ernst Lubitsch; les décors sont impressionnants par le soin qui leur a été prodigué; outre les deux stars, on a des performances de premier choix de Marc McDermott, Gertrude (la rivale en amour de Kiki) et même George K. Arthur qu'on a jamais connu aussi bon, et qui interprète le domestique Adolphe, devenu l'ennemi juré de Kiki une fois celle-ci installée dans la maison de son patron... Et le film est en prime constamment enthousiasmant, grâce à sa structure qui culmine dans la plus jubilatoire des comédies physiques.

 

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Published by François Massarelli - dans Norma Talmadge Clarence Brown Muet 1926 Comédie
26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 08:28

Jim Warren (H.B. Warner) est condamné à mort, et l'exécution est imminente... Un reporter vient l'interviewer, et lui pose la question qu'on lui pose depuis son arrestation: est-il vraiment coupable: l'homme ne répond pas, mais se souvient... Il remonte alors 20 ans en arrière: il était un malfrat, évadé de prison, en couple avec une jeune femme enceinte (Vera Reynolds), mais leur mariage était invalide pour des raisons administratives. Devant fuir, il l'avait laissée, et n'était retourné, traqué, que 6 ans après: la petite était née, et Norma s'était mariée avec Phil Powers (Rockliffe Fellows): manifestement un brave homme... Mais pouvait-on en être sûr?

L'essentiel du film se déroule encore quinze ans après, quand la petite Norma (A nouveau Vera Reynolds) est devenue une femme que Powers s'apprête à marier avec un jeune home bien sous tous rapports; le drame se noue dans la confrontation entre Warren, revenu après quinze ans d'absence, Powers et celle qui se croit sa fille. Un maître chanteur (Raymond Hatton) va précipiter le drame entre les trois personnages...

C'est un beau film, dans lequel Julian transcende la matière théâtrale en ayant recours à une forte stylisation, et il est aidé de façon impressionnante par la photographie de Peverell Marley, qui était à l'époque le principal chef-opérateur des productions de DeMille... A ce titre, on remarquera que les acteurs eux aussi sont de premier plan, à commencer par Warner qui était à l'époque sous contrat avec DeMille lui-même pour interpréter Jésus dans King of Kings... Donc contrairement à la plupart des productions DeMille qui n'avaient pas été tournées par le maître lui-même, ce Silence était une production importante. 

...D'où sans doute le job confié à Julian qui était quelle qu'ait été réellement sa contribution à The phantom of the opera, un nom de tout premier plan en raison du succès du film avec Chaney. Et comme avec the yankee clipper réalisé l'année suivante pour les films DeMille, on voit qu'il était bien un metteur en scène inspiré, pour autant qu'il ait le bon sujet. Cette intrigue bâtie sur des flash-backs, toute en tension avec la menace d'une exécution, ces intrigues aux rebondissements mélodramatiques, est passionnante. ...Et miraculée: une copie nitrate d'exportation (amputée de quelques passages et sous intrigues disponibles uniquement dans la version "domestique") a été retrouvée intacte à la cinémathèque française et présentée à San Francisco...

 

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Published by François Massarelli - dans Rupert Julian Cecil B. DeMille Muet 1926
23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 10:38

Les aventures tout sauf mémorables de deux troufions (Wallace Beery, Raymond Hatton), engagés malgré eux dans le conflit mondial, et cherchant par tous les moyens à échapper à toute forme d'héroïsme...

Perdu depuis longtemps, le film est aujourd'hui de nouveau visible à la faveur de la découverte à Prague de trois fragments, dont deux sont assez longs. Il en subsiste désormais 23 minutes... Il est sûr que le film à l'époque de sa sortie était bien plus intéressant que ne nous laissent imaginer les fragments disponibles, sur lesquels on ne va paradoxalement pas s'appesantir, car ce film est désormais condamné à n'être qu'un prétexte, un de plus, pour parler de Louise Brooks.

Pour commencer, rappelons les faits: à la faveur de trois films Européens (Die Büchse der Pandora mieux connu ici sous le titre de Loulou, Das tagebuch einer Verlorenen ou Journal d'une fille perdue, et enfin Prix de beauté, les deux premiers de G.W. Pabst, le dernier d'Augusto Gennina), on a de l'actrice une image assez erronée, celle d'une star ultime du cinéma muet. ..Ce qu'elle est effectivement pour ces trois productions! Pourtant quand Pabst l'engage, c'est une starlette lessivée, qui n'a absolument pas percé malgré un important nombre de participations à des films de premier plan... Elle a vu son rôle amoindri dans son dernier film Américain, the The Canary murder case qui aurait pu lui apporter une plus grande notoriété, et sa voix (il était partiellement parlant) doublée par quelqu'un d'autre... En retournant aux Etats-Unis en 1930, ça a été pire: condamnée à interpréter des tout petits rôles dans des films peu glorieux, puis à ne jouer que dans des films produits à l'écart des grands studios, Louise Brooks a fini par prendre sa retraite en 1938. Si tout le monde s'accorde à reconnaître aujourd'hui l'importance en particulier de sa période muette, il est triste de constater que tant de films de tout premier ordre (The American Venus, de Frank Tuttle, ou The city gone wild, de James Cruze) n'aient pas survécu, tout comme il est embarrassant de voir que jusqu'à 1928, elle a surtout été considérée comme une aimable silhouette à laquelle on confiait des rôles, disons, "esthétiques"... 

C'est le cas ici, où elle interprétait une paire de jumelles, Griselle et Grisette, dont seule une a survécu au cruel destin de la pellicule nitrate, et encore: devenue le seul argument sérieux pour regarder ces 23 minutes, Louise Brooks n'y apparaît (plus ou moins vêtue d'un affriolant tutu noir) que durant deux minutes...

Image 1: Grisette, image 2: Griselle

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1927 Comédie Première guerre mondiale Louise Brooks
23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 08:37

Ce tout petit film, du haut de ses 18 minutes, fait partie de ce qu'on pourrait appeler les "pré-Laurel & Hardy"... Des films basés sur une formule éprouvée, dans lesquels l'intrigue servait de prétexte à un déferlement d'interactions comiques entre les comédiens, car Hal Roach était à la recherche d'une équipe qui pourrait apporter à son studio beaucoup; comme chacun sait, il allait la trouver, mais pas ici!

Donc Glenn Tryon et Vivie Oakland sont mariés, et les affaires ne sont pas florissantes. Recevant la visite d'une acariâtre et richissime tante, ils vont devoir prétendre que le divorce de madame n'a pas eu lieu, car en plus Tantine est très vieux-jeu... On demande donc à Oliver Hardy, le premier époux, de rejouer son rôle; sauf que le deuxième mari, lui, a les plus grandes difficultés à accepter la situation!

On cherche Laurel à l'écran, on ne le trouvera pas: il aurait pu interpréter un rôle secondaire, mais sa contribution se limite à une participation au scénario, et aux gags, et ce ne sont pas ce qu'on pourrait appeler des titres de gloire! L'inspiration, peut-être due au rythme imprimé par le superviseur F. Richard Jones, est largement tributaire du style Sennett, ses situations scabreuses, ses gags physiques et ses coups de pied aux fesses. Cela dit, Hardy fait consciencieusement son travail, et Martha Sleeper illumine de sa présence les 5 premières minutes...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Laurel & Hardy
22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 12:57

En Norvège au début du siècle, la petite Anne est une espiègle enfant, qui passe son temps à faire les quatre cents coups avec son frère Haldor. C'est généralement elle qui inspire les r=tours pendables dont invariablement elle le laisse endosser la responsabilité et donc, la punition. Jusqu'au jour ou sa mère ou du moins celle d'Haldor lui fait comprendre qu'elle va devoir prendre ses distances car elle n'est que tolérée dans le foyer qui l'a recueillie, et qui maintenant le regrette! Elle apprend de la bouche de Jon, le garçon de ferme qui est toujours gentil avec elle, qu'elle est effectivement la fille d'une gitane qu'on a retrouvée morte après son accouchement, et que c'est uniquement par charité Chrétienne qu'on l'a adoptée...

Des années après, devenue une jeune femme, Anne (Aasta Nielsen, rien à voir avec l'actrice Danoise au nom presque similaire) a gardé sa complicité avec Haldor et celui-ci va bientôt devenir le maître de sa ferme. Il assure à sa presque soeur qu'une fois qu'il sera le patron elle aura sa place à ses côtés, mais elle n'en croit rien... De son côté, Jon aimerait bien lui demander sa main...

C'est l'un des premiers films tournés en Norvège, le premier avec une équipe Norvégienne. On ne s'étonnera pas d'y trouver un décor rural et une intrigue mélodramatique car ces éléments vont devenir monnaie courante durant toute la décennie et ne jamais vraiment pouvoir concurrencer les autres films venus d'Europe. Breistein n'est pas un grand novateur, et son intrigue parfois convenue se déroule conformément aux usages en vigueur dans le mélo, mais sa direction d'acteurs en particulier est impeccable... Quel dommage que les acteurs employés n'aient jamais vraiment l'âge de leurs rôles! Sinon, la rude campagne dans les régions de Fjords, les solides cabanes en bois, une utilisation intelligente des décors existants... Le film fait tout pour mériter sa place d'acte fondateur de toute une cinématographie. 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1920
21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 12:08

C'est en 1940 que le département «Kulturfilm» de la UFA sort ce court métrage de 12 minutes, monté sous la direction de Werner Buhre. Pour la compagnie, il s'agit de produire des programmes fourre-tout, exploitable sur l'ensemble du territoire Allemand, et donc ne portant pas à la moindre pensée politique...

Ce sont des chutes de Tabu, concernant essentiellement deux scènes entièrement faites de plans inédits: la première, qui est présente dans le film sous une forme bien différente, est le fameux cliché aperçu dans tous les films situés dans les Mers du Sud (voir à ce sujet Tabu, mais aussi Bird of Paradise de King Vidor qui lui doit beaucoup, et bien sûr différentes versions de Mutiny on the Bounty qui ne se privent pas de revisiter le cliché): un bateau arrive alors toute la tribu se précipite sur des bateaux de fortune pour aller jeter un œil aux nouveaux arrivants. La séquence présente une série d'images ethnographiques, prises aussi bien par Floyd Crosby que par Robert Flaherty, et mises bout à bout, finissent par faire ce que Tau ne fait jamais: rabaisser les Polynésiens au statut de grands enfants...

La deuxième séquence est une pêche, là encore filmée d'un point de vue ethnographique, avec une dimension clairement documentaire. D'une certaine façon, on reconnaît, bien plus que dans le long métrage achevé, la patte de Flaherty, ce qui confirme que l'ombrageux Irlandais n'était pas là pour faire que de la figuration au début du tournage. Mais Robert Plumpe, le frère de Murnau, a aussi tenu à souligner que son frère préparait au moment de sa mort un nouveau film, qui s'orienterait vers une exploration documentaire des îles où il a tourné Tabu, et que certaines des séquences écartées du montage de son drame, étaient justement prévues pour figurer dans ce nouveau projet, que Plumpe disait devoir s'appeler Islands of happiness. Voilà qui donne à se montage tardif des chutes (rapatriées vers l'Allemagne et rendues à la famille du cinéaste) un statut particulier...

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Published by François Massarelli - dans Friedrich Wilhelm Murnau Muet
19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 10:51

C'est un court métrage d'une bobine, tourné la deuxième année de la période durant laquelle David Wark Griffith était metteur en scène à la Biograph; c'est aussi l'un de ses premiers films présentant une actrice de premier plan: Mary Pickford...

Celle-ci interprète une jeune femme qui est soliste dans le choeur d'une église. Le pasteur de la paroisse (Arthur Johnson) est amoureux d'elle et la fait répéter le soir. C'est lors d'une de ces occasions que des passants l'entendent, et subjugués par sa voix ils viennent lui proposer une carrière internationale. Une fois installée dans sa nouvelle vie de diva, la jeune femme va se laisser corrompre, et le jeune prêcheur décide de la tirer de là coûte que coûte, pour "sauver son âme" comme le suggère le titre...

C'est un film des premiers temps et pourtant... le parcours émotionnel des deux protagonistes est impressionnant, ainsi que la richesse thématique du film. Griffith joue sur toutes les ficelles et/ou cordes sensibles qu'il manipulait déjà à la perfection: l'opposition entre cité et campagne, la première corruptrice et la deuxième salvatrice: une vieille rengaine du mélodrame qui va faire des petits dans le cinéma, mais aussi un prétexte ici à des scènes qui virent au baroque. Les moyens déployés dans ce petit film d'une seule bobine sont considérables, du reste. Et le parcours de cette jeune artiste, qui a du mal à cacher son mal-être en arrivant sur scène (pendant qu'autour du pasteur atterré les spectateurs mâles, dont Mack Sennett, se rincent l'oeil sans vergogne), avant d'arborer un sourire forcé, va aller bien au-delà de ce que le mélodrame des chaumières pouvait proposer à l'époque: dans son script, Griffith a en effet imaginé que le jeune homme d'église, pour remettre la femme qu'il aime dans le droit chemin, serait prêt à... la tuer.

Ce court métrage est une belle entrée en matière pour se faire une idée de la collaboration entre un metteur en scène surdoué, et une actrice de génie, à l'aube du cinéma.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet David Wark Griffith Mary Pickford