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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 09:19

Camille de Morlhon a la dangereuse réputation d'être un faiseur, à la chaîne, de films vite faits mal faits qui sacrifiaient à tous les pires clichés des genres populaires, mais on ne voit pas ses films à l'exception de quelques projections à la Cinémathèque, qui par l'entremise de l'historienne Renée Lichtig, passionnée et regrettée, a restauré tout un pan de son oeuvre... La Broyeuse de Coeurs est disponible sur un ensemble de DVD peu banals, puisqu'ils sont entièrement consacrés à ces films que Franz Kafka a commentés dans des correspondances privées et autres journaux intimes.

Pierre (Pierre Magnier) et Marthe (Clémence Liceney) s'aiment et vont se marier, mais lors d'une réunion de son cercle, il rencontre la fascinante Ida Bianca (Léontine Massart), chanteuse et artiste. C'est le coup de foudre... Il utilise les prétextes les plus classiques pour ne pas honorer ses rendez-vous avec sa fiancée, et celle-ci le prend en flagrant délit: attablé à un café en compagnie de la chanteuse... Marthe, le coeur brisé, est guettée par la tuberculose, et part se refaire une santé dans les Pyrénées, mais elle croise Pierre et Ida qui sont en panne sur la route de l'Espagne... Et Ida rencontre un autre homme, un toréador: voila que ça la reprend...

On est en plein mélodrame classique, avec un jeu souvent ampoulé... Je ne sais pas si tout ce petit monde prend très au sérieux cette histoire dont on a par ailleurs gommé certains aspects scandaleux, puisque Pierre et Marthe ne sont pas encore mariés. Du coup, l'adultère n'en est pas tout à fait un... Quelques passages surnagent, dont des échanges enflammés de regards entre Magnier et Massart, ou encore le voyage aux Pyrénées, qui permet à Morlhon de photographier de magnifiques paysages... Sinon, il s'inspire directement du cinéma Italien et de ses actrices passionnées, en présentant le numéro de music-hall de la chanteuse, accompagnée de surimpressions de flammes...

 

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Published by François Massarelli - dans Camille de Morlhon Muet 1913
2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 09:10

La publicité le proclamait: "encore meilleur que There it is"... Ce qu'il va falloir croire sur parole faute de pouvoir juger sur pièces; non que le film n'existe plus, il a été retrouvé en 2008 et restauré, mais c'est uniquement la deuxième bobine qui a pu faire l'objet d'une restitution, et les données qui manquent (environ 10 minutes) nous empêchent d'appréhender l'intrigue de façon claire...

En effet, quand la deuxième bobine commence, Charley Bowers concierge d'un hôtel qu'il a partiellement mécanisé, est en grande conversation avec une huître.

Littéralement.

Le reste de l'intrigue concerne principalement le fait que l'animal en question, ainsi que ses copains (oui, elle sont toutes en colonie, c'est un cas probablement unique dans l'histoire du cinéma) sont effrayés par un individu qui se présente comme un fou homicide (très grand, armé de hachoirs et de très gros couteaux, le doute est assez peu tangible) qu'elles appellent un morse, et dont on ne se débarrasse pas comme ça: il est doté de la même ubiquité que Droopy...

Bon, bien sûr, tout ceci est un rêve, mais quand même... Whoozit, hélas, est le dernier des films muets conservés de Charley Bowers.

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Published by François Massarelli - dans Muet Charley Bowers Comédie
1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 10:02

Seule la deuxième bobine de ce film de court métrage est parvenue jusqu'à nous, soit la moitié. Cela nous laisse dans l'obligation de deviner l'intrigue, qi sans surprise est hautement farfelue: un client ombrageux se rend dans un restaurant à la ferme dans un but unique: déguster un oeuf d'autruche. Ca tombe bien, puisque Cleo, une autruche, travaille justement dans cette ferme. Tout devrait donc aller tout seul, sauf que... Le garçon de ferme qui est en charge de la nourriture de l'autruche est Charley Bowers. On peut donc lui faire confiance pour faire preuve d'inventivité quand on ne le lui demande surtout pas...

C'est presque un inventaire à la Prévert: une autruche, du ciment, un oeuf trop dur, une naissance d'autruche en costume, etc... Le film reste obscur même si on en possède la fin (qui est salement amochée par les traces de décomposition, par contre), et une fois de plus l'acteur Bowers (mais cette fois plus encore que d'habitude) disparaît derrière ses animations...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Bowers
31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 16:53

Charley Bowers sort un peu plus de sa routine, mais cette fois ça donne une merveille: d'autant que le film nous est parvenu dans une copie Anglo-saxonne, donc dotée d'intertitres authentiques. Et le film est dominé par l'humour graphique de Bowers...

Dans la maison des Frisbie, un esprit frappeur frappe: un petit monsieur, chauve et très moustachu, qui cache un regard énigmatique derrière de très grosses lunettes, effraie tout le monde; alors on décide de faire appel à... Scotland Yard! Car les Ecossais sont sans doute les seuls à pouvoir prendre une maison hantée au sérieux... Donc, à Scotland Yard, qui est effectivement un Yard situé en pleine Ecosse, et rempli de détectives en kilt, on prend effectivement la chose au sérieux, et en mains, et on envoie Charley, un détective en kilt accompagné d'une puce savante elle aussi en kilt, et le reste est indescriptible...

Certes, on a droit au gag inévitable autour de l'avarice du détective, mais ce qui compte, c'est cette maison dans laquelle un pépé fou furieux se promène en trottinette, et qui effraie tout le monde sans parler de sa manie d'enlever les gens et de les passer par de mystérieuses trappes. Dans ce sommet de n'importe quoi, on apprend finalement que tout le monde est fou, et on en vient à douter de la santé de notre détective,

de sa puce,

et de leurs kilts,

respectifs.

 

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Published by François Massarelli - dans Charley Bowers Comédie Muet
30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 10:05

Pas de grande invention délirante dans ce film, qui utilise l'animation dans le but de faire avancer l'histoire: Bowers courtise une jeune femme dont le père refuse catégoriquement qu'elle se marie à une personne qui ne serait pas un policier... Il sait donc ce qui lui reste à faire: s'engager. Mis ce ne sera pas de tout repos, puisqu'il est trop petit (la solution va être un grand moment de torture canine que je vous laisse découvrir), et qu'il est assez franchement inapte, ce qu'il prouve avec une série de gaffes particulièrement graves.

Et justement, ces gaffes: on aime, chez les personnages développés par nos acteurs de comédie, qu'ils soient décalés, rêveurs, naïfs même. Mais bêtes? Pas vraiment... Et ici Bowers, à court d'inspiration peut-être (sans parler d'n costume dans les premières scènes qui ressemble dangereusement à celui de Langdon) s'est quand même laissé aller.

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Published by François Massarelli - dans Charley Bowers Muet Comédie
29 juillet 2019 1 29 /07 /juillet /2019 17:09

Charley bricole, invente, et ne fait que ça. Et sa belle-famille s'inquiète, pensez: il a été jusqu'à inventer une souricière à guillotine (qui fait bien rigoler les souris, on en a la preuve à l'image), et planche actuellement sur une invention vitale, qui est d'ailleurs une commande d'un monsieur tout à fait comme il faut: un système pour débarrasser les peaux de banane de leur facteur glissant...

C'est particulièrement n'importe quoi: le film est entièrement situé dans la maison de l'inventeur, et on plaint son épouse. Comme dans Hot Water, le conflit naît ici de l'irruption d'une belle-famille hostile, et Bowers maintient l'intérêt par le sérieux imperturbable qu'il affiche en toute circonstance, envers et contre tout y compris l'inutilité glorieuse des objets qu'il invente.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Charley Bowers Muet
29 juillet 2019 1 29 /07 /juillet /2019 16:57

Je ne suis pas tout à fait sûr qu'il faille créditer ce film à Garbagni, mais celui-ci était le co-réalisateur de l'acteur Georges Vinter sur de nombreux films de Nick Winter... le très populaire personnage d'une série de courts métrages Pathé était une création de l'acteur, bien évidemment inspiré par l'Anglo-Saxon Nick Carter, héros cinématographique d'une série de films Eclair dont certains auraient été réalisés par Jasset. 

Mais dans ce film en tout cas, il est question de parodie, et Vinter se moque assez ouvertement de son personnage sentencieux, qui trouve une solution en faisant le malin, mais... se plante en beauté!

On a volé la Joconde: on en informe le conservateur du musée du Louvre, qui prend d'ailleurs un temps infini à s'habiller, et Nick Winter arrive sur les lieux, trouve des indices, suit la piste, en arrive à la conclusion que c'est le conservateur qui a volé le fameux tableau. Sur ces entrefaites, alors que personne ne fait attention à lui, le vrai voleur (un petit monsieur rigolard à très longue barbe) arrive sur les lieux, raccroche la Joconde, et prend le tableau d'à côté: il s'était trompé car il était myope...

Deux choses à dire sur ce petit film: d'une part, il est contemporain du vrai vol du tableau, qui a eu lieu en août 1911 et ne sera pas résolu avant 1913. le film pourrait donc bien avoir été influencé par l'actualité brûlante... Et ce film fait partie d'une collection peu banale, celle des oeuvres commentées par Kafka dans ses écrits, privés comme publics. Et il y derrière cette histoire de voleurs multiples un je-ne-sais-quoi de Kafka, en effet, mais... pour rire.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet
29 juillet 2019 1 29 /07 /juillet /2019 11:14

Amarilly Jenkins (Mary Pickford) vit de ce que d'aucuns considèrent comme le mauvais côté de San Francisco, avec sa famille Irlandaise: elle a quatre frères, ceux qui sont adultes sont devenus policiers, et ceux qui ne le sont pas encore sont plus ou moins des voyous... La mère (Kate Price) est une fière lavandière, fille de lavandière et si Amarilly veut bien suivre la lignée, mère de lavandière. Une famille simple, saine, qui vit sa petite vie tranquille loin des soucis, et en plus Amarilly a un petit ami, le barman Terry (William Scott). Jusqu'au jour où, à l faveur d'une bagarre qui a éclaté alors qu'il s'encanaillait, Amarilly ramène à la maison le beau dandy Gordon Philips (Norman Kerry), un oisif qui est doté d'une famille qui est tout le contraire de celle d'Amarilly. A partir du moment où la jeune femme est entrée dans la vie de Gordon et de sa riche famille, ceux-ci se mettent en tête de l'élever socialement et humainement, si possible...

Marshall Neilan et Mary Pickford, avec ce scénario insubmersible de Frances Marion, visent la comédie tout de suite, et ils ont raison!: l'énergie déployée par tous les acteurs, Pickford en tête, pour mettre en valeur les qualités humaines et la vie profondément enthousiaste des Jenkins, ne peuvent aller que dans ce sens. Du coup le film se joue de coups de théâtre qui en d'autres circonstances auraient pu tourner au drame, et la rencontre entre les Jenkins et la richesse va devenir, pour la famille Irlandaise, juste une expérience burlesque. Dans le contexte cinématographique éminemment édifiant de la fin des années, c'est une excellente idée, et c'est assez novateur.

Le film, durant vingt minutes, nous promène d'ailleurs dune famille à l'autre avec un montage parallèle discret, nous permettant d'avoir fait notre choix au moment où Norman Kerry et Mary Pickford se rejoignent. Le choix de l'acteur est excellent, car il n'a pas son pareil pour jouer à la fois une fripouille et un type sympathique... Et il extrêmement crédible en fêtard. La bonne humeur générale, la vivacité de la production, l'abattage de Pickford, rien n'est raté dans ce joli film, l'un des derniers de l'actrice pour Artcraft avant la création de sa compagnie.

 

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Published by François Massarelli - dans 1918 Marshall Neilan Muet Comédie Mary Pickford
28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 15:28

Le Charleston est sans doute l'une des obsessions les plus folles des années 20: cette danse foncièrement joyeuse et délirante, après tout, s'explique très bien dans un pays qui était en proie à une vague d'optimisme sans précédent, et qui allait d'ailleurs le payer très cher... Mais c'était aussi une façon pour le très grand public d'appréhender et de participer au développement du jazz, qui reste tellement indissociable de la période qu'on l'a appelée The jazz age...

La comédie ne pouvait que s'en emparer, et à l'instar de l'autre Charley, Chase, Bowers a donc conçu cette comédie pour se moquer gentiment, non seulement des maniaques du Charleston, de cette mode qui consistait effectivement à organiser des concours un peu partout, mais aussi des pères-la-pudeur invétérés qui voyaient dans la danse comme dans toutes les occasions de s'amuser, le spectre de l'immoralité... 

Alors que le garçon de ferme (Bowers, le seul acteur identifié) se passionne pour le charleston, le fermier organise des réunions avec ses voisins pour organiser la riposte contre cette danse. Charley envisage pour sa part d'apprendre à danser à la perfection, afin de gagner une coupe, un prix, et tant qu'à faire la main de la mystérieuse Senorita De Coy. ...Ce qui n'arrange pas les affaires de la fille de la ferme, qui est amoureuse de lui.

Toute la première partie est consacrée au désastre que consiste l'obsession de danser du héros, qui a acheté une méthode, et passe son temps à tracer des pas à la craie dans toute la maison. La deuxième partie est plus intéressante, et nous y voyons le géniale bricoleur inventer des chaussures qui dansent toutes seules, qui vont bien évidemment occasionner leur lot d'ennuis. Une sous-intrigue, consacrée à la jeune fille de la maison, est l'occasion pour Bowers de se vautrer dans le douteux, puisque la jeune actrice est très enrobée, et ses efforts pour danser font bien sûr bouger les meubles... Pas du meilleur goût, mais le personnage aura sa revanche.

On voit ici les limites du style de Bowers, qui développe pour ses films des trésors d'invention en animation, mais reste attaché à un burlesque assez rétrograde. ...Pour ne pas dire rustique.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Bowers
25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 16:09

Dans ce court métrage de deux bobines, on assiste à peu d'invention, beaucoup d'animation: je m'explique... Bowers adorait faire reposer ses films sur une invention de son personnage, mais ici il a laissé libre cours à son imagination pour explorer son univers autrement. Tout au plus assiste-t-on à d'étranges greffes, mais le film glisse joyeusement vers le grand n'importe quoi, totalement assumé bien sûr...

Au départ, nous assistons à une rencontre entre les membres d'un club de menteurs. Ils s'échangent les anecdotes, et sachant que la première présentée concerne l'introduction d'une quarantaine d'éléphants, on se doute que le taux de mensonges va être haut. Néanmoins un membre est insatisfait, au prétexte que "tous ces mensonges pourraient être vrais!". Sortant, il rencontre Charley, qui va lui raconter une authentiquement invraisemblable (mais invraisemblablement authentique) histoire à dormir debout...

Chaque histoire, aussi idiote soit-elle (et elles le sont...) donne lieu à une illustration, bien sûr, c'est le plaisir de ce film. Et l'histoire de Bowers, dans laquelle il utilise des greffes d'arbres à chat pour dératiser une maison où on en est réduit à chasser les rongeurs à coups de balais ("alors que ce serait si pratique d'utiliser un aspirateur"), est de loin la plus glorieusement stupide de toutes... 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Bowers