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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 18:42

Si les films muets de Ford sont parmi les nombreuses victimes Américaines du temps qui passe, des deux périodes, Universal et Fox, c'est la première qui a le plus souffert. Très peu des films tournés à cette époque (1917-1919), souvent en compagnie de Harry Carey, n'ont survécu.

Mais on le sait, depuis la découverte dans les années 70 d'une copie de Straight shooting, on possède encore quelques belles pièces... Mais peu ont survécu dans une version intégrale: témoin ce By Indian post, film de 1919 dont on pense qu'il totalisait deux bobines, et dont seule une copie divisée de moitié est parvenue jusque à nous.

C'est Lobster, comme souvent, qui a remis en selle cette comédie mineure, mais qui montre bien à quel point Ford était déjà en pleine possession de se moyens dès qu'il s'agissait de faire dans le picaresque, avec cette légère histoire de courrier volé et de cow-boy amoureux, interprétée par Pete Morrison. Le soin apporté à montrer la vie dans une communauté soudée malgré les bisbilles est un trait qui reviendra jusqu'à la fin de sa carrière... Et si la comédie ici ne vole pas très haut, elle reste, de par sa vulgarité roborative, proche de ces écarts grossiers assumés dont le metteur en scène conservera l'habitude d'émailler ses films jusqu'à la fin de sa carrière. 

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Published by François Massarelli - dans Muet John Ford Comédie Western
1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 18:37

La redécouverte deBucking Broadway, un film de cinq bobines tourné en 1917, mais sorti en 1918, a permis de mettre la main sur un film qu'on qualifierait volontiers d'atypique aujourd'hui, si on oubliait qu'en ces années reculées, le western racontait des histoires souvent contemporaines...

Cheyenne Harry (Harry Carey) est amoureux de la fille du patron, mais celle-ci fuit à New York en compagnie d'un gandin, dont les intentions sont tout sauf honorables... Les cow-boys se ruent donc à New York, et font irruption sur Broadway pour récupérer la belle. une comédie donc, et empreinte de mélodrame contemporain typique, avec méchant à moustache! Le tout mâtiné de western, et bien mouvementé.

Mais le film possède aussi la grâce Fordienne en matière de représentation du groupe soudé de cow-boys, partageant tous l'amour de leur métier, des animaux. Un plan montre Harry et sa belle, chevauchant au premier plan, pendant que le troupeau s'étale au second plan. Un type de composition qu'on retrouve dans The searchers. Le lyrisme Fordien est déjà bien présent, savamment dosé, avec de grandes rasades de comédie picaresque, et des cowboys saouls qui chantent en choeur... Probablement avec l'accent Irlandais.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet John Ford Western 1917
1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 17:10
Ce film a beau avoir été placé sous la haute autorité symbolique de Jules Verne, il n'a aucun rapport avec le roman; mais on s'amuse beaucoup à ce balbutiement du cinéma fantastique Hollywoodien, qui allait vite devenir majeur, dès 1931, en fait; le principal intérêt réside dans le coté OVNI du film, hybride: muet avec des séquences parlantes, noir et blanc avec des séquences couleur, il a été un pur produit de studio, préparé sous la direction de Maurice Tourneur dès 1926, puis passé brièvement sous la férule de Benjamin Christensen avant que celui-ci ne soit viré de la MGM, puis de Clarence Brown, avant d'aboutir en 1929 sous la direction de Lucien Hubbard, son scénariste. Des trois ans de préparation, reste l'étrange impression que l'acteur Gibson Gowland est parfois blond, parfois brun...
 
Reste aussi un film erratique, mal fichu, mais je le répète hautement distrayant: impossible de croire une seconde à cette apocalypse soudaine, ce déchaînement de violence et d'explosions qui frappe une île reculée d'un royaume de carnaval dans laquelle les anciens amis Lionel Barrymore et Montague Love s'affrontent, pendant qu'un hypothétique "peuple des abysses" attend son heure pour frapper... les séquences parlantes, intégrées au corpus du film, restent sans surprise les moments les plus statiques et les moins intéressants, mais pour le reste, le film ne s'arrête jamais: ça bouge tout le temps, partout, et dans tous les sens...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1929
30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 09:49

Adaptation de Blanche-Neige assez fidèle à l'intention et aux cruautés du conte, manifeste esthétique et culturel d'un cinéma Espagnol fier, mélange maîtrisé d'influences, et authentique film muet: bon, on va avancer sans trop de problèmes que ce Blanche-Neige Ibère est un objet peu banal...

L'intrigue est située au début du siècle, au Sud de l'Espagne. Le torero Antonio Villalta (Daniel Gimenez Cacho) subit un accident grave, et son épouse Carmen, sous le choc, accouche prématurément d'une petite fille avant de décéder: le père survit grâce aux bons soins d'Encarna (Maribel Verdu), une infirmière un peu trop entreprenante, qui ne tarde pas à devenir la deuxième épouse d'Antonio; et la petite Carmencita est élevée par sa grand-mère, jusqu'au décès de celle-ci: Encarna la prend alors sous son aile... et elle va souffrir car la belle-mère est tout sauf aimante. Devenue adulte, Carmen (Macarena Garcia) apprend la mort de son père, qu'elle a à peine eu le droit de voir en quelques années: Encarna demande donc à son amant de la débarrasser de la jeune femme...

Bien sûr qu'elle va être sauvée par des nains: mais ils sont six... Le film de Berger rejoint Freaks par certains côtés, et a une grande dette envers deux cinématographies muettes: les Américains, et les Français. Un truc de montage cher à Gance, par exemple, a été utilisé de façon intelligente pour souligner les émotions et établir un jeu entre le point de vue des spectateurs et celui des personnages. Le mélodrame, ici, comme chez Borzage par exemple, est à prendre au pied de la lettre: pas d'ironie, on est prié de laisser son cynisme au vestiaire, et trembler pour le torero, pas pour le toro! 

...mais le réalisateur ouvre toutefois les portes, toutes grandes, aux développements possibles: les turpitudes des uns et des autres nains? à vous de jouer! l'identité de ce mystérieux manager qui signe un contrat "pour toute la vie" la petite Carmen, dont le mystérieux sommeil prolonge la vie alors que la pomme empoisonnée aurait du la tuer, la vie dissolue d'Encarna, tout est objet d'allusions, sans pour autant nous donner les solutions...

Et Berger a laissé ses acteurs s'exprimer, une condition indispensable à la réalisation d'un film muet: il s'agit, pour cette exercice de haute voltige, de demander toujours plus à des acteurs qui n'auront pas la possibilité d'utiliser leurs voix. A ce titre, les méchants à moustache, les excès de Maribel Verdu, dont les yeux sont un festival à eux seuls, le désespoir de Daniel Cacho et l'illumination du beau visage de Macarena Garcia sont les points forts. Et tant que j'y suis, la musique d'Alfonso de Villalonga aussi: bref, voici un film dans lequel on peut s'abandonner...

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 2012
23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 17:03

Les partisans de la politique des auteurs en seront pour leurs frais... en attendant, ce film intrigant et puissant a bien été vendu comme un western, dans le cadre de la production de films de genre par Cecil B. DeMille, qui était soucieux de remplir les salles afin de pouvoir continuer à financer ses projets coûteux. William K. Howard est ce qu'on appelle un solide technicien, et on lui doit quelques films intéressants: celui-ci est sans doute au sommet de la pyramide... Probablement par accident d'ailleurs!

Dans la ferme du père Carson (George Nichols), on élève des moutons. Ca nécessite du personnel, bien sûr, d'autant que le père est maussade: son fils (Kenneth Thompson), qu'il a élevé tout seul, est marié, et il n'aime pas sa belle-fille. Celle-ci (Jetta Goudal), pourtant, est adorable, loyale et volontaire, et particulièrement soucieuse de réussir à se faire accepter par son beau-père. Mais la routine s'installe, et le vieux Carson n'en démord pas: il estime qu'elle ne vaut rien. Quand un ouvrier de passage (George Bancroft), un dur à cuire un peu fort en gueule, vient travailler pour lui, il voit que le nouveau venu cherche à tourner autour de la jeune femme. Plutôt que de l'empêcher, il souffle sur les braises...

C'est âpre, et pour tout dire assez austère. Le film est un huis-clos dans l'essentiel de sa durée, et si un personnage d'ouvrier un peu gauche (Clyde Cook) vient apporter un peu de comédie, le ton est grave. On sent très vite que le conflit qui se joue (contrairement à celui qui est au coeur de City Girl de Murnau, assez similaire par certains côtés) est et restera entre Nichols et Goudal. L'actrice, qui était une découverte de DeMille, est fantastique, réussissant sans jamais perdre en cohérence à osciller entre la fragilité et la douceur d'une femme sur laquelle le ciel tombe, et la force de caractère d'une personne sûre de son bon droit, et qui est confrontée à trois caractères d'hommes qui la révoltent: au premier, la méchanceté et la mauvaise foi; au deuxième, la lâcheté; au troisième, la duplicité et la luxure... 

La mise en scène adopte très vite une linéarité intéressante, tout en concentrant l'essentiel du point de vue autour de Jetta Goudal. Si le premier plan nous montre Nichols sur son rocking-chair, le bruit fait par les ressorts nous permet de comprendre que le bruit indispose la jeune femme... Ce qu'il sait d'ailleurs probablement! Et une conversation à bâtons rompus entre père et fils, à table, est vécue par la jeune femme qui se noie dans leurs propos sur le bétail: pour illustrer cette conversation sans intertitres, on nous montre des surimpressions envahissantes du troupeau... Enfin, la scène-clé du film, celle qui va occasionner la confrontation finale entre les trois membres de la famille Carson (la jeune femme a été "visitée" par Bancroft durant la nuit), est absente, volontairement: à nous de nous situer, moralement, comme la jeune femme le demande à son mari qui l'accuse un peu trop rapidement...

Le western n'en est pas vraiment un, par contre les liens avec d'autres films de l'époque sont nombreux: comme Sunrise, White Gold est une épure. Comme le film de Murnau (sans pour autant être un tel sommet bien sûr), il se passe souvent de titres inutiles. Comme The Wind, de Sjöström, il est la confrontation d'une femme qui n'est pas préparée à la dureté de la vie chez les pionniers; et comme City Girl, de Murnau, White Gold est un tableau sans compromis de la vie campagnarde, qui se tient bien à l'écart des clichés du paradis pastoral...

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Cecil B. DeMille Muet 1927
22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 11:13

Le dernier film retrouvé de Harold Lloyd est ce court métrage d'une bobine, qui sans être son chef d'oeuvre, est après tout de bonne facture: il enchaîne les quiproquos avec agilité et sans temps morts...

Harold et Bebe Daniels sont mariés, ils ont tout pour être heureux, y compris un berceau garni d'un adorable... chien. Mais un événement qui se produit alors qu'Harold est en ville va les mettre dans l'embarras: un bandit masqué (Snub Pollard) qui vient de voler le portefeuille d'un homme âgé prend Harold en otage, et échange ses vêtements avec lui. Désormais, Lloyd est l'ennemi public numéro un...

C'est du slapstick, du vrai, et il est assez étonnant de voir que le film commence justement par la vision d'une certaine quiétude domestique. C'est à ma connaissance la seule fois que Lloyd tente cette approche dans son oeuvre, du moins avec sa première partenaire Bebe Daniels. Mildred Davis, elle, jouera l'épouse légitime dans I do, et Jobyna Ralston dans Hot Water. A chaque fois Lloyd fera du reste le même constat: il était mal à l'aise pour trouver un créneau satisfaisant pour des gags dans ce domaine.

Ce que je trouve sévère: il s'en tire très bien, surtout ici et dans Hot Water... Pour finir sur ce film rare, il n'en a été conservé que deux copies, toutes deux sur support 28 mm, probablement complètes...

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Comédie Muet
22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 10:58

Un jeune homme, travailleur et dynamique, sort avec sa petite amie: ils vont au théâtre... sauf qu'il n'a pas les entrées, et qu'au moment de la rejoindre, un quiproquo fait qu'il est pris pour un joueur de base-ball. Son meilleur copain profite de son absence pour proposer à la jeune femme (passablement mécontente) de l'accompagner... à un match de base-ball, bien sûr!

La place de ce film dans l'histoire est assurée, et pour cause: Lloyd trouvait que son personnage à succès, Lonesome Luke, avait fait son temps, il souhaitait lui donner meilleure allure, et un plus grand réalisme, bref, en faire un "monsieur tout-le-monde"... le résultat est ici l'apparition, pour la première fois, du personnage de ce jeune homme dynamique avec des lunettes... Qui évolue pourtant dans un cadre qui est proche de celui de Luke, mais cette fois il a un travail, une vie plausible, donc.

Avec Lloyd, on retrouve toute l'équipe des Lonesome Luke, à savoir Bebe Daniels et son caractère, le concurrent/rival/copain à moustache de morse, Snub Pollard, et Bud Jamison qui joue les utilités. Et ce film sent l'improvisation, je pense que Roach a du négocier auprès d'un club sportif pour utiliser les temps morts d'un match de base-ball, et que ces scènes ont été tournées vite-fait, bien fait. Du reste, Lloyd se lâche complètement en une parodie géniale de base-ball, qui ne va pas très loin pour autant. 

Il ne reste de ce film qu'une version très abrégée: des probables dix à douze minutes de l'original, on ne conserve que 5 petites minutes, sauvegardées sur une copie 9.5mm. Mais au moins, on les a! Sinon, un crédit incompréhensible attribue sur plusieurs sites la direction du film à J. Farrell McDonald. Ce dernier, célèbre pour ses rôles chez John Ford dans les années 20, 30 et 40 (il a une filmographie distinguée, puisqu'on y trouve aussi bien Sunrise que My darling Clementine) était bien réalisateur à cette époque, mais il était en charge des sujets de prestige et des serials à la Universal. je doute fortement qu'il ait été amené à réaliser pour Roach un film d'une bobine, donc je m'en tiens à la version plus raisonnable d'une mise en scène assurée par Lloyd lui-même, ce qu'il faisait effectivement souvent, en alternance avec Roach et Alf Goulding, dans les années 10.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Harold Lloyd Comédie
15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 17:54

Cecil B. DeMille a risqué le tout pour le tout en 1923: lassé de travailler pour la Paramount, qui commençait à être un carcan, il a largué les amarres et s'est lancé dans l'aventure du studio indépendant: une aventure vouée à l'échec, d'autant que l'idée de se placer sous l'aile protectrice de Pathé était une erreur fatale: le distributeur, comme le studio, était condamné à plus ou moins brève échéance... Mais en attendant ce funeste destin, l'autocrate à bandes molletières a au moins eu le temps de lancer une production intéressante, partagée entre des films de série A (les siens, souvent ambitieux et toujours singuliers, parmi lesquels The King of Kings, ou The Volga Boatman, The Road to Yesterday et The Godless Girl sont les plus notables, à des degrés divers), d'autres destinés à alimenter les goûts du grand public (Dont le meilleur films de Rupert Julian, The Yankee Clipper, ou l'impressionnant Chicago crédité à Frank Urson, mais dont la paternité réelle ne fait aucun doute, et puis de nombreux drames romantiques parmi lesquels White gold)... enfin, les films DeMille produisaient aussi des comédies, dont ce joyau.

Rod La Rocque, apparu justement dans les productions ambitieuses du grand réalisateur, est la vedette de ce film, qui prend probablement prétexte de la sortie cette même année de The Black Pirate d'Albert Parker et Douglas Fairbanks. Non que cette comédie soit un film de pirates, mais les clins d'oeil savoureux à Fairbanks, son style et son univers, sont légion... Rod La Rocque, dédié le plus souvent aux rôles sous-valentiniens de séducteur musclé, se moque ouvertement de sa propre image en même temps qu'il nous fait une parodie espiègle de Fairbanks, dans un film qui renvoie d'ailleurs souvent à l'esprit un peu ironique des films du grand acteur réalisés avant son Zorro: des oeuvres souvent marquées par un humour physique et assez inventif...

Jerry Cleggett est le dernier héritier d'une glorieuse famille fondée par un pirate: pour avoir le droit de devenir maîtres d'une conséquente fortune, les Cleggett doivent se marier comme leur ancêtre le jour de leur vingt-cinquième anniversaire. C'est donc l'anniversaire de Jerry, et... pas de fiancée à l'horizon. Mais comme c'est un jeune homme bien de son temps, ça n'a pas l'air de le gêner, sauf que... les huissiers sont là et saisissent jusqu'à son pyjama, dernier rempart contre l'indécence... Et pourtant une femme va entrer dans sa vie: Agatha (Mildred Harris), héritière légitime d'une fortune conséquente, poursuivie par un oncle (Snitz Edwards) qui lui n'hérite que de trente cents, et lui en veut: il a d'ailleurs détruit l'héritage, dont il ne reste qu'une trace: la feuille s'est en effet collée un instant sur le dos humide de la jeune femme qui prenait un bain, et l'oncle voudrait effacer cette dernière preuve...

Oui, ça a l'air délirant comme ça, mais ce n'est que le début: le reste part encore plus dans tous les sens, et comme James Horne est aux commandes, on est dans la tradition du slapstick le plus joyeux, c'est-à-dire drôle, improbable, mais ni sans rebondissements (poursuites, hold-up, coups sur la tête, bagarres, cascades idiotes, et j'en passe) ni sans rigueur... La Rocque se fait plaisir en parodiant son identité de jeune premier (et certaines scènes du début, qui montrent un essaim de rombières tentant de capter la nudité furtive du jeune homme sous des draps, sont particulièrement coquines), et lui et Mildred Harris dynamitent avec allégresse les conventions du cinéma de genre, en alternant baisers fougueux et bourre-pifs bien balancés. Snitz Edwards est généralement un minable dans les films qu'il interprète: ici, c'est un minable méchant, il y est splendide! Bref, ce petit film pour rire est une vraie pépite...

 

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Published by François Massarelli - dans 1926 Comédie Cecil B. DeMille Muet
2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 09:39

On attribue parfois ce film à Jacques Feyder, mais ce dernier n'était que l'assistant de Ravel quand Des pieds et des mains a été mis en chantier; à en croire les historiens, c'est lui qui l'a terminé, sans pour autant en être crédité.

C'est une expérience, plutôt réussie: tout y est vu par des plans des membres (le titre est en effet assez clair), on ne verra les visages des protagonistes qu'à la toute fin du film, qui conte la cour empressée qu'un homme (André Roanne) fait à une femme (Kitty Hott) dont il est éperdument amoureux; en particulier, un épisode montre le sauvetage de la jeune femme alors qu'un 'apache' (Comme on disait alors à Paris) s'est introduit chez elle pour lui voler ses bijoux. Deux détails me semblent à souligner lors de cette séquence: alors que c'est la nuit, pendant la visite du malfrat chez la dame, que fait justement son prétendant au pied de son immeuble, ainsi prêt à la sauver? La preuve que la subtilité n'est pas étrangère à ce film... l'humour non plus puisque le deuxième détail significatif de la scène est que quand il se sent repéré, le bandit se cache derrière un rideau, et seules dépassent... ses chaussures, au milieu des bottines, mules et escarpins de sa victime! C'est non seulement drôle, mais en prime la cohérence du projet est maintenue totalement.

Oui, car l'utilisation des mains et des jambes exclusivement conditionne le film a développer un sens du geste parfait, et les acteurs s'en sortent très bien. Tout en nous présentant une situation particulièrement datée, et socialement extrêmement marquée (ces gens ne sont évidemment pas des roturiers!), Ravel semble s'amuser du détail, que rarement le cinéma des années 10 (à part bien sûr DeMille ou Lois Weber) nous aura aussi bien montré: privée de sa tête pour jouer, Kitty Hott laisse ses pieds interpréter tous seuls la séquence du réveil. Les préparatifs du matin, ceux e la soirée de bal sont l'occasion d'une capsule temporelle complète: élégance des chaussures, précision du maquillage... Feyder a bien sûr tourné un film sur le principe exactement contraire avec Têtes de femmes, femmes de tête. ...Un titre, si j'ose dire, très parlant.

Reste que ce tout petit film (il ne fait, environ, que 800 pieds, si ma mémoire est bonne: je cite ce chiffre de tête) est emballant car très réussi.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 17:12

Faut-il présenter l'intrigue de ce film? Bien sûr que non, puisque dans cette version, la deuxième à laquelle s'est attaqué Richard Oswald, cette fois en qualité de réalisateur après avoir écrit l'adaptation du film de 1914, on est particulièrement fidèle à l'histoire du roman, et en particulier à son ambiance.

On y retrouvera donc non seulement Holmes, interprété par Carlyle Blackwell, et Watson, qui donne de sa personne (George Seroff). Fritz Rasp est un génial Stapleton, et parmi les acteurs, Oswald a fait appel à des Allemands, mais aussi des Italiens, des Britanniques... Et surtout il a veillé à ce que la lande et Baskerville Hall soient crédibles... ET il s'y attache dès le plan d'ouverture, un panorama sur la vieille demeure et ses habitants, une nuit durant laquelle le vent souffle... 

C'est l'un des plaisirs du film, une obsession pour le metteur en scène de donner vie à l'atmosphère inquiétante de ce roman, qui a eu une telle influence justement pour ça... Le metteur en scène se plaît à nous lancer sur des fausses pistes, par le biais de son montage et de son cadrage, et même si le choix de cette vieille fripouille de Rasp conditionne le fait que le spectateur qui ne connaîtrait pas le roman n'ait pas beaucoup de doutes, il est toujours intéressant de faire semblant de ne pas savoir la clé de l'énigme.

Voilà, c'est tout, finalement, mais c'est déjà beaucoup: un film de samedi soir pour l'année 1929, qui n'est pas sorti dans beaucoup de pays, mais qui montrait mine de rien un savoir-faire conséquent en matière d'ambiances gothiques... 

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet