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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 18:45

En 1905, avec son opérateur Anatole Thiberville, est partie en Espagne afin d'y trouver des "vues" pittoresques, comme on disait alors. Il en subsiste un ensemble de plans touristiques qui sont autant de vues d'un autre âge (littéralement) de nos voisins du Sud... Un peu dans l'esprit des films Lumière: cette fois, Guy et Thiberville posent la caméra, et filment avec un mouvement panoramique de gauche à droite, une rue de Madrid ou un panorama de Grenade...

Puis elle convoque des danseurs et des musiciens pour des films muets, mais coloriés au pochoir: Tango, La malaguena et le torero, et aussi  Saharet -Le boléro, une danse 'typique' exécutée par une artiste de music hall. L'intérêt est plus qu'anecdotique.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 18:42

Le miroir aux alouettes: Holywood et le cinéma Américain n'ont pas attendu très longtemps avant de s'auto-représenter, et par exemple en Californie, à la Keystone, dès les années 10 le pli était pris. Plus loin vers l'Est, dans les studios de Fort Lee où on résistait encore à la tentation de l'exil vers le Pacifique, Maurice Tourneur a mis en chantier cette petite comédie avec Doris Kenyon, où une jeune femme de la campagne est repérée lors d'un tournage en extérieurs par l'acteur principal d'une série de westerns... Kenneth Driscoll (Robert Warwick) est vain, attaché à son statut de star et il séduit sans trop de problème Mary (Doris Kenyon), qui en dépit d'un début difficile (son essai est une catastrophe) va s'accrocher, et sous la protection de Driscoll, devenir une vedette... Mais sa mère (Jane Adair) vient la voir pour son anniversaire, et tombe sur une soirée bien arrosée...

C'est touchant: d'une part, le film part des ressorts du mélodrame et réussit à en faire quelque chose d'assez solide, de par l'ironie dont fait preuve le cinéaste face à ses pantins qui sont tout à coup confrontés à la vraie tendresse, rustique mais sincère, d'une mère éplorée; d'autre part Tourneur se fait plaisir à tourner en montrant les studios où il travaille quotidiennement, et où il a déjà accompli un nombre important de grands films. On le verra d'ailleurs en plein travail, sauf qu'il joue un accessoiriste... Il montre également le studio sous un jour bien moins glamour que ce qu'on aurait pu imaginer, avec ses acteurs farceurs et dragueurs, mais de fait, dans le film, tout le monde ou presque a l'air de prendre du bon temps dans son métier.

Le film est adorable, même s'il est mineur. Le réalisme de la situation, au milieu de ce mélodrame très classique, donne un intéressant mélange. Quel dommage que les copies qui circulent soient assez peu glorieuses, sauf la version abrégée disponible un temps dans une anthologie consacrée, justement, aux studios du New Jersey.

 

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Published by François Massarelli - dans Maurice Tourneur Muet 1916
27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 18:34

Les trois femmes du titre sont celles qui vont tourner autour d'Edmund Lamont (Lew Cody), un malhonnête moustachu qui utilise son allure pour séduire et vivre au dépens des femmes. La première est Mabel Wilton (Pauline Frederick), une quadragénaire qui se rend compte que le temps passe et que sa séduction commence à s'effacer... Mais pas ses millions. La deuxième est sa fille Jeannie (May McAvoy), qui est éloignée de sa mère le temps de ses études, et décide de venir chez Mabel sur un coup de tête, afin de renouer avec celle qui la néglige. Enfin, Harriet (Marie Prevost) est la maîtresse de Lamont, celle chez qui il retourne quand il n'en peut plus de séduire les autres...

Au début du film, Mabel tombe dans le piège de Lamont, qui a des dettes à n'en plus finir; puis Jeannie qui a rencontré le séducteur, va se jeter dans ses bras pour ne pas gérer sa frustration vis-à-vis de sa mère, et va se trouver dans l'obligation de se marier avec le bonhomme, pendant que Fred (Pierre Gendron) son petit ami, à l'université, se décide à venir lui avouer sa flamme: on ne pouvait pas trouver pire timing...

Ce n'est pas une comédie, et pourtant... Lubitsch y déploie son talent fabuleux  en matière d'ellipses, et y montre une intrigue qui aurait pu glisser vers le théâtre de boulevard. Prenons une scène: quand Lamont a fixé un rendez-vous galant avec promesses diverses à Jeannie, le moustachu guindé a la surprise de voir arriver Mabel. Il doit donc se débarrasser de cette dernière avant de recevoir sa fille! Mais Mabel n'est pas dupe, elle a compris que son amant attend une femme, et reste cachée. La scène avait tout pour virer au vaudeville, sauf que le point de vue reste fermement ancré du côté de Mabel: la scène en devient tragique, et se clôt sur une magistrale révélation hors champ: non seulement la femme qui est venue est Jeannie, mais en plus elle a couché avec Lamont.

La dette de ce film envers A woman of Paris est assez claire... Le film commence pourtant par une scène qui tient plus de Lois Weber que de Chaplin: Mabel se pèse, et évalue l'effet des ans sur son corps avant de partir faire la fête. Plus tard, alors qu'elle attendra Lamont, elle cherchera en variant l'éclairage à trouver la façon de cacher au mieux les effets du vieillissement sur son visage. Son apparente indifférence à sa fille est surtout une atroce peur de vieillir... Elle s'y résigne pourtant au milieu du film, et désormais l'héroïne est Jeannie, qui va vite déchanter dans son mariage...

Ce joyau rare est le troisième film Américain de Lubitsch, et le fait est qu'on reste bouche bée devant un réel chef d'oeuvre, mélange d'un sens de l'observation hors du commun, d'une interprétation constamment formidable (tiens, il y a une petite apparition surprise de Max Davidson!), et d'un sens inné du cinéma pur. Oui, il y a des intertitres... mais uniquement quand on ne pouvait pas faire autrement: c'est l'image qui parle, ici. 

 

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Published by François Massarelli - dans 1924 Ernst Lubitsch Muet Max Davidson
27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 18:28

Des artistes dansent le cake-walk, cette danse début de siècle identifiée aux gens d'origine Africaine, et qui faisait fureur, au point que George Méliès en mettait absolument partout, et c'était souvent lui qui dansait. Notons que les premiers danseurs à l'écran sont un homme et une femme noire et que l'autre titre souvent donné pour ce film est Cake-walk nègre, ce qui n'est pas le cas pour la copie visionnée: le terme est, comme chacun sait, tombé quelque peu en désuétude.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 18:14

Continuant à traquer pour le compte des films Gaumont les numéros de music-hall possibles à résumer en moins de deux minutes, Alice Guy jette cette fois son dévolu sur un numéro de clown avec chien: c'est d'ailleurs la source d'un titre alternatif, Clown, chien et ballon. On ne s'étonnera pas trop que ce soit furieusement anecdotique...

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 15:36

Voici un film plus élaboré que d'habitude, qui nous est manifestement arrivé complet: un prestidigitateur avise un mendiant, lui donne, par magie, de quoi manger, et pour finir le transforme en bourgeois: il devient alors pingre et refuse l'aumône à un pauvre. Mais c'est, hélas pour lui, le magicien...

Un cas étrange: c'est sans doute un film au scénario très personnel, parce qu'on n'y retrouve pas du tout de la trace habituelle de l'influence de Méliès sur Alice Guy. Chez le magicien de Montreuil, un illusionniste de cinéma, c'est un prestidigitateur assisté par des truquages techniques, pas un magicien... Or ici, Alice Guy fait se promener ses protagonistes dans les rues (il y a trois plans) et utilise les truquages pour toucher à la magie, la vraie. C'est un peu rustique, mais ça a l'avantage d'être assez original. Et il y a une morale...

Mais laquelle? s'agit-il de dire (on est chez Gaumont, la compagnie fort catholique et droitière des gens comme il faut) que les pauvres, si on leur donne la charité ça les rendra égoïstes et profiteurs, ou le message est-il que quand on est un bourgeois, on est un salaud avare? J'aime mieux la deuxième interprétation, rien que pour embêter Léon Gaumont.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 15:32

Deux clowns essaient de prendre une photo d'une statue qui a la bougeotte, et leur joue à sa façon des tours...

Que la statue ne soit pas immobile est connu dès le départ par les deux autres protagonistes, puisqu'ils essaient d'en régler la position à l'aide d'une manivelle... Mais il faut plus le deviner que le voir, ce qui pose la question de la lisibilité de ce cinéma premier, dans lequel la caméra se mettait à bonne distance d'un inamovible proscénium. Mais la statue qui bouge aurait pu donner lieu à des gags nettement plus satisfaisants si ça avait été à l'insu des deux clowns... Au lieu de cela, on a face à nous un interminable film de cinq minutes...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Alice Guy Muet
23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 15:27

C'est, à l'origine, un spectacle donné par des acrobates burlesques: ceux-ci interprètent des maçons qui sont sur un échafaudage, et qui en se passant des sacs de ciment, en projettent un peu partout y compris sur des gendarmes qui passaient par là.

Comme souvent dans la comédie contemporaine de ce film, c'est assez frustrant, et pour tout dire fortement basique. Notons quand même que même à la très respectable Gaumont, le pandore en prend plain la figure...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 15:21

Alors que Gaumont cherche à développer des sujets sonores, qui seront effectivement dirigés par Alice Guy, cette dernière tente de concilier sa mission culturelle et le format court du cinéma qu'elle pratique, en proposant en moins de deux minutes un condensé de Faust de Gounod. Sans la musique, s'entend...

Nous avons donc ici droit à un certain nombre de tableaux vivants, plus ou moins mobiles, extraits d'un opéra qui jouera un rôle crucial dans le cinéma, y compris muet, avant longtemps... Pour qui souhaiterait se concentrer sur l'intrigue de l'opéra, un conseil: une bonne télécommande et de bons yeux, plus un synopsis vous seront certainement utiles.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 15:16

Un homme tente de se déshabiller pour prendre un bain, mais il en est empêché par le fait qu'à chaque fois qu'il enlève un de ses vêtements, un autre le remplace... comme par magie cinématographique.

Continuant à observer les tendances du cinéma de son époque, Alice Guy a donc, avec ce film, donné sa propre version du Déshabillage impossible, de Méliès, un film qui date quand même de 1903. Elle y utilise la technique chère à Méliès d'arrêter la caméra au bon moment et d'en reprendre l'activité afin de donner à voir des transitions fantastiques... Un truquage (ou un effet spécial, rien que pour embêter ceux qui pensent que ce terme a du attendre l'arrivée de l'informatique dans le cinéma!) déjà fort bien connue à cette période

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy Comédie