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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 17:55

 

Un show en pleine dépression? Un show sur la dépression, plutôt!  Et pour le monter, les bonnes volontés sont les bienvenues. On suit les aventures de Carol, Trixie, Polly, et de leur voisin le mystérieux compositeur Brad, qui chante si bien mais se fait prier pour venir sur scène. Et lorsqu'il se laisse enfin faire, les ennuis commencent, puisque le jeune homme est l'héritier d'une puissante famille de financiers de l'est qui prennent assez mal son intronisation dans le milieu du show business...

Bien sur, il y a plus de chances de voir ce film rangé sous une bannière "Busby Berkeley" que Le Roy. Pourtant, tout en venant après deux films formidables également dus à la patte Berkeley, mais signés par Lloyd Bacon, en charge des scènes jouées (Footlight Parade et 42nd Street), cette comédie se prète assez bien à la comparaison avec les autres films majeurs de Le Roy. D'une part parce que contrairement aux deux films de Bacon qui obéissent à la même règle fondamentale (faisons un show, mettons des bâtons dans les roues du producteur, et attendons la fin pour lâcher les gros numéros de Busby berkeley), celui-ci tourne autour d'un prétexte de comédie plus traditionnel, et permet aux comédiennes et aux comédiens de développer une histoire pas entièrement dissoute dans le spectacle. Ensuite, en faisant intervenir Warren William et Guy Kibbee en hommes du monde qui tombents amoureux de deux showgirls, la vraie comédie de moeurs est plus encore de la partie. Et on retrouve la mise en scène discrète de Le Roy, son talent pour limiter le passage du temps en quelques mètres de pellicule, et son ton direct, quasi journalistique, à mille lieues du baroque des autres metteurs en scènes-artistes de la WB.

Quant à Berkeley, eh bien, ses scènes sont parfaitement intégrées, et vont encore plus loin que dans les films précédents, en particulier le grand final, Remember my forgotten man, qui prend le parti de montrer la crise et l'un de ses effets pervers de façon brutale et noire. Curieuse façon de terminer ce qui reste une vraie, une authentique "comédie" musicale, et décidément l'un des fleurons du genre. Et tant qu'à faire, rappel: il y a Joan Blondell et Warren William, et les petites manies de Berkeley en matière de numéros musicaux hallucinogènes. Donc c'est rigoureusement indispensable! Sans parler du fait que les films dans lesquels le jeune premier s'attelle à dépiauter les vêtements de sa petite amie avec un ouvre-boîte, ça ne court pas les rues...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Musical Busby Berkeley Mervyn Le Roy Danse
23 juillet 2018 1 23 /07 /juillet /2018 19:25

Le dernier des films "Sud-Américains" de Disney, le plus connu d'ailleurs, est cette fois un long métrage, qui reprend le principe de Saludos Amigos en allant cette fois vers du quasi tout-animation. Il est beaucoup moins didactique que son prédécesseur, et s'il fonctionne à nouveau sur le principe de compilation, le fil rouge prend plus de place: Donald reçoit un cadeau de ses amis Sud-Américains, un grand carton dans lequel il va trouver de quoi nourrir un film sur l'Amérique du Sud, notamment un faux documentaire sur les oiseaux rares, et l'inévitable Joe Carioca, qui va l'emmener au Brésil, puis Panchito le Mexicain. 

Mais le film, s'il démarre avec beaucoup de finesse, se perd dans le musical à l'excès; dans la dernière demi-heure, seule une danse surréaliste de Donald et des Cactus (J'aime les Cactus) nous interpelle...

Sinon, fidèle à son habitude, le studio prétend avoir expérimenté dans ce film pour la première fois avec des personnages réels intégrés dans le dessin animé, ou le contraire... Faux! ça a déjà été fait, par les frères Flesicher (Koko the clown) mais aussi pour la série des Alice dans les années 20, par un petit studio de Kansas City, qui s'appelait... Disney.

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Published by François Massarelli - dans Animation Musical Disney
8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 16:59

La dernière des opérettes de Lubitsch avec Maurice Chevalier et Jeannette MacDonald ne peut pas être considérée comme pre-code stricto sensu, compte tenu de sa date de sortie: en octobre 1934, le code Hays est en pleine application... Pourtant beaucoup d'aspects de cette production MGM la rattachent aux quatre films Paramount sortis entre 1929 et 1932: la présence des deux stars bien sûr, chacun d'entre eux ayant participé à trois des quatre films précédents; l'esprit global de polissonnerie ensuite, la légèreté ambiante et la fameuse "Touche" de Lubitsch...

Le petit royaume de Marshovia a un problème: sa principale richesse est une dame, une veuve richissime (Jeannette MacDonald), mais dont le veuvage a fini par lasser le patriotisme; elle est donc partie chasser ses idées noires à Paris. Le principal coureur de jupons du royaume, le capitaine Danilo (Maurice Chevalier) est donc envoyé en mission afin de ramener la dame, si possible à son bras, afin de garder la fortune de la "veuve joyeuse" à Marshovia. Mais deux imprévus se glissent sur le chemin de cette tentative de normalisation: la belle veuve tombe amoureuse du capitaine, et le capitaine tombe amoureux de la belle veuve. Et dans cette histoire, croyez-moi, c'est un problème...

Le film doit beaucoup, bien sûr, au fait que la MGM ait produit une version célèbre et très différente dans son esprit, sous la direction de Erich Von Stroheim en 1925. Une deuxième preuve, après l'engagement de Lubitsch pour tourner The student Prince in Old Heidelberg en 1927, de l'assimilation du Viennois Stroheim et du Berlinois Lubitsch dans l'esprit des décideurs du studio! Mais The merry widow, version musicale, est pourtant du pur Lubitsch, du début à la fin, si on veut bien fermer les yeux sur les intermèdes dansés qui sont à des années lumières en arrière des prouesses de Busby Berkeley à la Warner.

On se réjouira de voir que Lubitsch a su conserver l'esprit frondeur de son film, en dépit des tentatives d'atténuer la coquinerie de l'ensemble: le fait que Danilo et Sonia par exemple se soient vus avant leur rencontre programmée, et aient manifesté clairement leur envie de se revoir, fait d'eux des amoureux raisonnables au pays de Tonton Louis B. Mayer... Mais c'est contrebalancé par la scène durant laquelle le roi tombe dans ses appartements nez à nez avec Danilo très occupé avec la reine. Celle-ci du reste est interprétée par Una Merkel, une garantie que le ton ne sera pas trop emprunté. On verra aussi Edward Everett Horton: donc si le film reste un cran en dessous des quatre autres musicals cités plus haut, il mérite amplement le coup d'oeil...

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Published by François Massarelli - dans Ernst Lubitsch Comédie Musical
2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 17:07

Pour son deuxième film à la Paramount, Lubitsch a une mission délicate: faire oublier quelques échecs ou semi-échecs embarrassants (Eternal love, en particulier, son dernier film muet réalisé en indépendance totale), d'une part; d'autre part intégrer de façon intelligente le médium du cinéma parlant, à l'heure où bien des metteurs en scène du muet voient leur poste remis en question par les studios... Et enfin, relancer sa carrière. Ce sera une triple mission accomplie, assortie du lancement de pas moins de deux stars: Maurice Chevalier, paradoxalement, et Jeannette MacDonald...

Mais tant qu'à faire, le metteur en scène va aussi créer de toutes pièces un nouveau genre, à l'heure où le musical végète d'une façon misérable, de films-revues en fausses comédies musicales qui mélangent numéros de music-hall joués dans l'intrigue, et mélodrame plus ou moins bien fichu: Lubitsch, avec The love parade, va inventer un genre totalement nouveau de film-opérette dans lequel il va intégrer la musique, la chanson et dans une moindre mesure la chorégraphie à la continuité filmique: à l'exception des musicals de la Warner qui vont perdurer avec génie, tout le genre viendra désormais en droite ligne de ce film...

Cette "parade d'amour" raconte donc les aventures coquines de la reine Louise de Sylvania (MacDonald) , qui après tant d'années à hésiter, a enfin trouvé l'âme soeur en la personne du beau comte Alfred (Chevalier), de son patronyme seyant Renard. Mais si l'alchimie entre les deux est indéniable, le prix à payer pour Alfred est trop grand: abandonner sa masculinité afin de devenir le prince consort ne va pas aller sans être compliqué...

N'y cherchons pas un message, juste une série de variations géniales sur le thème de la friponnerie la plus pure; avec ses personnages (auxquels il convient d'ajouter Jacques, le valet joué par Lupino Lane) et sa situation, son monde à deux vitesses (les nobles et les domestiques) qui avancent de concert, et la science du sous-entendu, associée non seulement à la suggestion de l'image, mais aussi au pouvoir du langage, fait absolument merveille.

Sans parler du fait qu'avec Chevalier et MacDonald, n'en déplaise aux détracteurs de l'un et de l'autre, Lubitsch a trouvé deux interprètes fantastiques: Chevalier est doté d'un timing impeccable et d'un talent incroyable pour faire passer tout ce qui n'est pas dit dans les sous-entendus, ce que Wilder saura rappeler dans le brillant Love in the afternoon; et MacDonald n'a pas son pareil pour assumer totalement de jouer un personnage de friponne au désir bien chevillé au corps.

Bref, avec cette Love Parade, Lubitsch effectue sans doute la plus décisive de ses métamorphoses...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Ernst Lubitsch Musical Pre-code
26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 16:51

Commençons par deux évidences: d'une part, ce film de 1932, le dernier des musicals Paramount réalisés par Lubitsch, est un remake de The marriage circle, qui transpose l'adaptation d'une pièce de Lothar Schmidt dans l'esprit d'une opérette; d'autre part, The marriage circle est un chef d'oeuvre dont le remake ne s'imposait pas. Mais une nouvelle "opérette" de Lubitsch avec Maurice Chevalier et Jeanette McDonald? Et en prime un auto-remake d'un de ses propres films par le grand Lubitsch? On ne va certainement pas faire la fine bouche...

Le docteur Bertier (Maurice Chevalier) et Madame (Jeanette McDonald) s'aiment: la preuve, les policiers de Paris les surprennent dans les bras l'un de l'autre dans un parc de la capitale, enlacés dans une embrassade gourmande et nocturne... Tellement occupés qu'on ne les croit absolument pas mariés. Mais ce mariage idyllique va être soumis à rude épreuve: la meilleure amie de Colette, Mitzi Olivier (Geneviève Tobin), véritable croqueuse d'hommes certifiée, vient en effet de déménager de Lausanne avec le professeur son mari (Roland Young), et si elle se réjouit de retrouver son amie Colette, elle va rencontrer le docteur Bertier avec le plus grand intérêt... Ce que ce dernier va d'ailleurs sentir passer, mais pas forcément à son corps défendant.

Le prologue installe le style du film avec autorité: un mélange permanent entre comédie parlante, scènes chantées, et musique accompagnée de récitatifs rimés, qui permettent à tout un chacun de participer à la comédie musicale, sans pour autant prendre le risque du ridicule, et aux chanteurs chevronnés d'intégrer la musique à la mise en scène, de façon fluide. Bref, c'est le style établi par Lubitsch depuis Love Parade en 1929. Et le ton est résolument égrillard, c'est le moins qu'on puisse dire. D'une certaine façon, One hour with you complète ou plutôt prolonge The marriage circle, avec un certain nombre de scènes qui permettent à Lubitsch d'aller un peu plus loin dans l'audace. Deux scènes, l'une est célèbre, montrent bien cet aspect du film: lorsque Adolph (Charlie Ruggles), le soupirant éternel de Colette lui téléphone pour annoncer sa venue à la soirée qu'elle organise, déguisé en Roméo, il a la surprise d'entendre son amie lui dire que ce n'est pas un bal costumé... Reprochant à son domestique de l'avoir induit en erreur, il s'entend rétorquer par celui-ci qu'il avait envie de le voir en collants... L'autre scène "nouvelle" est celle où, durant la soirée, Bertier et Mitzi se retrouvent seuls à l'extérieur, avec une métaphore insistante représentée par un petit jeu autour du noeud papillon: Bertier ne sait pas le nouer, et Mitzi passe son temps à le lui défaire, ce qui les oblige à passer du temps, intimement enlacés, Mitzi concentrant son attention sur la nécessaire satisfaction de Bertier...

Mais le film a changé le ton de l'histoire originale, aussi, pour des raisons semble-t-il personnelles: Lubitsch, qui devait être seulement le superviseur de la production, a changé en cours de route de fonction, remplaçant au pied levé George Cukor (qui le lui reprochera toute sa vie), afin de relever un peu la sauce, parce qu'il trouvait les premiers efforts de Cukor insuffisants (Et accessoirement parce que Chevalier ne le supportait pas). Et Lubitsch, justement, sortait d'un divorce particulièrement compliqué... Donc le metteur en scène a tout fait pour teinter ses marivaudages, finalement assez flous dans le film muet de 1924 (A-t-il, ou n'a-t-il pas?) de réalisme. Ici, bien qu'il s'en défende, tout concourt à nous faire penser que le Docteur Bertier a bien été infidèle... Et l'image du couple idyllique du début (et du premier film) en prend, quand même, un sacré coup...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code Ernst Lubitsch Musical
14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 17:16

L'été 1959: à Newport, Rhode Island, le festival de jazz bat son plein pendant qu'un certain nombre de yachtmen s'amusent sur l'eau... Thelonious monk, le quintet de Chico Hamilton, le quartet de Gerry Mulligan avec Art Farmer, Louis Armstrong en compagnie de Jack Teagarden, Anita O'Day, Mahalia Jackson, Jimmy Giuffre, Sonny Stitt et plein d'autres, dont Chuck Berry (!) jouent devant un public aux anges...

En cet été 1959, le jazz est sans doute l'un des domaines les plus volontiers intégrés, au sens Américain du terme, de toute la société: certes, une grande majorité du public de ce festival mythique est blanche, mais les musiciens qui se succèdent sur scène, eux, sont de toutes les couleurs. Un musicien aussi blanc que Gerry Mulligan, avec sa tignasse rousse de géant Irlandais, peut désormais se produire en quartet avec un blanc et deux noirs, sans que quiconque y trouve à redire... Et la caméra est désormais autorisée à le capter sans qu'on y trouve quoi que ce soit de bizarre (pour info, quand en 1943 Duke Ellington était filmé par la MGM dans un long métrage, il fallait remplacer les quelques musiciens blancs de l'orchestre afin d'éviter d'envoyer le mauvais message de mixité aux masses de spectateurs!). De même, Louis Armstrong, ambassadeur de bonne volonté devant l'éternel, joue-t-il au sein d'une troupe bigarrée, dont le batteur d'origine Philippine Dany Barcelona n'est sans doute pas le moins exotique... 

...Et tout le monde prend, manifestement, du bon temps: c'est la leçon principale de ce long métrage commandité par George Avakian, des disques Columbia, dont le festival de Newport a souvent été une source non négligeable de "coups" publicitaires pour leur écurie phénoménale de jazzmen. 10 années avant Woodstock, c'est un peu la même impression d'échappée fabuleuse à l'écart du monde qui vous est proposée dans ce film aux séquences inégales (tout dépend si vous êtes fan de Mahalia Jackson ou de Chuck Berry!), mais dont les caméras qui vont partout, révèlent comme une idée très tangible d'un profond bonheur collectif. Et pendant certaines séquences, ce bonheur, doublé de l'humour très particulier de l'un ou l'autre des protagonistes musicaux, débouche sur une pépite absolue: Anita O'Day, pour deux chansons, en est un exemple frappant.

 

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Published by François Massarelli - dans Musical
6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 21:35

Janvier 1969: après leur coup d'éclat de 1967 qui a redéfini la musique et leur double album de 1968 qui a à la fois rappelé les quatre individualités présentes dans le groupe, et révélé les failles dans la formation, les Beatles sont au bord de l'implosion. Sentant la fin proche, Paul McCartney décide de prendre la direction des opérations, et persuade les autres de le suivre dans un projet triple: revenir sur scène, et répéter un nouveau répertoire dans ce but; filmer les répétitions et l'enregistrement live des nouvelles chansons; et enfin, sortir à la fois un film et un album pour reprendre le dessus. Un plan qui ne débouchera que sur une immense frustration et une séparation inévitable. Toutefois, le disque et le film existeront, finalement, le titre passant de Get Back à Let it be, et ce sera le dernier acte des Beatles en tant que groupe actif, avant une dissolution très compliquée...

Le film ne raconte que le périple de janvier 1969, sans aucune explication. Les Beatles s'installent dans des répétitions supposées apporter une certaine relaxation, mais qui s'avèrent vite tendues: le leadership de McCartney est à la fois arrangeant pour les trois autres qui refusent de prendre la direction des opérations, mais aussi très dérangeant pour eux, qui tous souhaitent maintenant voler de leurs propres ailes. Et en même temps que le groupe, Yoko devenue l'ombre de John Lennon, s'installe avec eux, comme elle l'avait fait pour l'enregistrement de l'album The Beatles en 1968. Le temps de studio nous est montré comme un prolongement des séances de répétition, le groupe suivant une règle absolue: celle de n'enregistrer qu'en direct: du coup un grand nombre de chansons en gardent un caractère brut, pour ne pas dire brouillon. Enfin, les Beatles montent sur le toit de l'immeuble d'Apple (au sous-sol duquel le studio a été construit) pour leur premier concert depuis 1966, et leur dernier aussi: une prestation d'une vingtaine de minutes, sans prévenir, et qui va tout à coup inonder la vile de chansons inattendues.

C'est sans doute ce coup fumant, disponible intégralement, qui fait le prix de ce documentaire souvent embarrassant, qui nous montre des Beatles peiner à retrouver le feu sacré, jouant des chansons pas très bonnes pour un album qui allait devenir le pire de leur carrière. Mais le concert en lui-même, entrecoupé de la réaction ingénue des gens du quartier qui commencent à se masser dans la rue en regardant le ciel; éberlués, sauverait presque l'entreprise par son côté enfantin, un canular géant, qui révèle que les Beatles ont, finalement, même au bord de la rupture, des ressources insoupçonnées. Mais ils ne le prouveront définitivement qu'à l'été, lors de l'enregistrement d'Abbey Road

Bon, même si l'ennui pointe un peu trop souvent le bout de son nez dans ces 80 minutes, l'intérêt historique, et l'audace pour le groupe de géants que sont les Beatles, d'avoir sorti ce film, preuve qu'ils étaient faillibles, méritent au moins le respect.

...A moins qu'il ne s'agisse d'inconscience.

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Published by François Massarelli - dans Musical
25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 14:39

L'unique film du metteur en scène de Broadway John Murray Anderson, spécialisé dans les "prologues" pour séances de cinéma (Voir à ce sujet l'excellent Footlight parade de Lloyd bacon, chaudement recommandé pour l'excellence de ses séquences musicales réalisées par Busby Berkeley), est cette production controversée de 1930. La principale controverse en réalité provient du titre: on attend évidemment en 2018 d'un film qui s'appelle The King of Jazz, qu'il nous présente du jazz, ou qu'il y ait un rapport avec la musique Afro-Américaine... Or il n'en est rien. Et pour cause.

Car en 1930 si rien ni personne ne peut vous empêcher quelle que soit votre origine ethnique d'écouter Duke Ellington, Louis Armstrong ou... Paul Whiteman, le mélange n'est pas possible sur pellicule. Sur scène non plus, d'ailleurs! Donc ce King of jazz est dédié à celui qui avait été ainsi surnommé par les médias de l'époque, le rondouillard chef d'orchestre Paul Whiteman. Les tenants d'un jazz pur et dur qui ont vu le film ont eu la dent dure avec ce personnage, qu'ils ont accusé de tous les maux. Ce qui apparaît dans ce film-revue, est que Whiteman était un vulgarisateur qui avait à coeur de fournir une musique populaire de qualité, et savait s'entourer: on entendra les légendaires instrumentistes ou chanteurs Bing Crosby, Frankie Trumbauer, Joe Venuti ou Eddie Lang (ces deux derniers, respectivement violoniste et guitariste, étant l'inspiration principale de la collaboration future entre Stéphane Grappelli et Django Reinhardt)... Les partitions portent aussi de grands noms, à commencer par George Gershwin. Excusez du peu...

Mais The King of Jazz avait plus d'un atout dans sa besace: une forme assez libre, un Technicolor rutilant, des séquences de comédie qui parfois duraient quelques secondes (et qui nous permettent de retrouver Glenn Tryon, Laura La Plante, Slim Summerville ou Walter Brennan, pour de rares fractions de secondes à l'écran), et un metteur en scène libéré des contraintes de la scène et qui pouvait s'approcher comme il le voulait de son show, plus une idée de génie, qu'on attribue à Whiteman lui-même: le film a été tourné en muet (du moins pour ses séquences musicales) et post-synchronisé ensuite. Ca paraîtra idiot, mais personne n'y avait pensé avant! On le voit, la Universal avait mis les petits plats dans les grands...

...Et pourtant le flop, malgré la popularité de Whiteman, a été retentissant. Du coup, le film a été découpé en tranches, afin que ses parties puissent nourrir les programmes de courts métrages durant quelques années. Aujourd'hui, la reconstruction diffusée sur blu-ray Criterion est donc un sauvetage miraculeux... D'un film qui serait sympathique, mais assez quelconque, s'il n'y avait l'intérêt historique d'y voir l'orchestre jouer une version de Rhapsody in blue tel que Ferde Grofé l'avait orchestré pour Whiteman en 1924, et en couleurs dans des décors délirants, entre art déco et kitschorama... Ou le plaisir bizarre du Technicolor Bichrome, décidément tellement plus séduisant que son descendant en trichromie... ou tout simplement le plaisir d'assister à la naissance d'un nouveau style de musical, dont les films de Berkeley seront les rejetons immédiats.

 

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Published by François Massarelli - dans Musical Pre-code Danse
14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 19:23

Le propos de ce film était simple: rassembler les moments de pur rock 'n roll des Who à la télévision et au cinéma (Le film Woodstock, par exemple), et les organiser dans un montage qui incorpore aussi des interviews, sachant qu'avec un groupe dont le batteur était Keith Moon, il était inévitable que cela dégénère un peu, à chaque fois qu'on les interrogeait. Le groupe ayant décidé de collaborer à fond (Et Keith Moon s'étant même proposé de mener de son côté quelques auto-interviews surréalistes, avec l'aide de Ringo Starr), on aurait du avoir sous la main le film ultime des Who, qui rende hommage à la fois à leur impressionnante maestria sonore et scénique, tout en les montrant humains, et surtout pas dupe du cirque permanent dans lequel il étaient engagés, poussés par leur public à se comporter comme des voyous irresponsables, une posture qui allait à tous les membres du groupe, le timide Pete, le discret mais efficace Roger, le marmoréen John, et bien sur le cinglé Keith.

Le destin s'invite parfois avec un manuel d'humour noir sous le bras. Cette fois -ci, c'est Keith Moon qui en a fait les frais, puisque le batteur est décédé durant les dernières étapes du mixage du film. Le seul hommage possible était de laisser sa "performance" intacte (Et non d'en rajouter -comme si ça avait été possible), et de continuer la finition du film, dont Moon avait vu une version de travail. Au final, on a un document modèle sur un groupe en pleine activité, sans aucune circonstance atténuante pour les excès souvent mentionnés (Chambres d'hôtels vandalisées, Bentleys dans les piscines) voire montrés (Tir aux pigeons sur les disques d'or, destruction systématique d'un nombre alarmant, et en ce qui me concerne, modeste guitariste dans ma chambre, effrayant, de guitares, batteries, micros...). Le groupe y apparaît en toute folie, comme ce qu'ils étaient, des génies de la musique qui renvoyaient à un monde trop sage qui souhaitait tout contrôler une image ricanante et absurde de lui-même, pris au pied de la lettre par des gamins qui avaient refusé de grandir.

L'esprit punk? Les Who l'avaient inventé, mais eux en plus ils avaient un génie musical, un vrai, un gros. Et en plus le film est souvent à se tordre de rire...

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Published by François Massarelli - dans Musical
28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 09:26

Candy Williams (Doris Day) est une jeune chanteuse/danseuse à laquelle tout sourit: actuellement à Miami, elle fait partie de la troupe de Hap Schneider (Phil Silvers), en compagnie de Duke McGee (Eddie Foy, Jr) et Flo Neely (Nancy Walker). Sauf que... la troupe joue ses revues devant des salles clairsemées, a des dettes, et en prime Candy est désespérément superstitieuse. Un jour, suite à une tentative d'entourlouper un restaurateur (Marcel Dalio) les quatre compères se retrouvent à travailler pour lui, et Candy rencontre un bel inconnu (Robert Cummings) qui n'est autre que Dick Carson, le compositeur le plus en vue du moment. Mais celui-ci a des difficultés à monter un show...

L'intrigue est une commodité de la comédie musicale, avec le scénario numéro 1 (Voir à ce sujet Gold diggers of 1933, 42nd street, Give a girl a break, Footlight parade, ou The bandwagon): monter un spectacle! Qu'on imagine, justement, propice à tous les délires... Mais non. Quand ces gens se mettent à chanter, ils chantent. Et c'est tout. Le tout est, en dépit du talent évident et de l'abattage de Doris Day (Elle est d'ailleurs la seule), d'une platitude et d'une sagesse qui ne font pas fuir, non.

Juste bailler.

C'est un peu la philosophie du musical telle que l'envisageait Michael Curtiz: des gens qui chantent, oui, mis ça doit être réaliste! En fait, le film n'accomplit qu'une seule prouesse: celle d'être le premier musical en Cinemascope. 

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Published by François Massarelli - dans Musical