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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 09:24

1744: une petite noble Autrichienne (Elizabeth Bergner) débarque à Moscou. Sa mission? devenir l'épouse de Pierre III (Douglas Fairbanks Jr), l'héritier fantasque du trône après sa tante Elizabeth (Flora Robson). En dépit des frasques du potentiel empereur, le mariage a bien lieu, mais il tourne à l'affrontement, puis à la farce... Avant que le conflit entre les deux époux ne décident la cour à conspirer pour tout faire afin que Catherine ne récupère le trône pour elle toute seule...

Comme tout le monde, j'ai pensé inévitablement à un autre film, sorti la même année, sur le même matériau historique: The scarlet empress, de Josef Von Sternberg, est pourtant très différent... Il s'agit dans cet autre film de montrer l'irrésistible ascension d'une jeune femme romanesque qui se rend tout à coup compte qu'elle est un personnage de roman et semble ne pas avoir trop de mal à accepter cette destinée. Dans le film, la cour est dépeinte comme un lieu assez barbare aux yeux de la d'abord très prude Catherine, et Pierre III est dépeint comme un malade mental, inapte à diriger un pays. Czinner et Bergner (qui n'avaient pas connaissance du film Américain qui se tournait en même temps) pour leur part ont choisi de prendre un autre chemin...

Ca commence dans la comédie, une comédie leste où le marivaudage repose sur du vent: Pierre ne veut pas coucher avec Catherine, et celle-ci s'invente des liaisons fictives afin de le rendre jaloux. C'est que Catherine, interprétée comme elle savait si bien le faire en post-adolescente décalée par Bergner, est amoureuse de son prince, qui ne le lui rend pas bien, mais alors pas bien du tout. Une fois le mariage consommé, le lien entre les deux va se briser, et l'amour laisser la place à la responsabilité pour la jeune femme qui aura freiné jusqu'au bout pour sauver la peau de son mari...

Le film est tributaire de ses trois interprètes principaux, bien sûr, et on retrouve la patte du producteur Korda qui venait de triompher avec son film The private life of Henry VIII. mais ce serait une erreur d'imaginer que ce nouveau film de la London Production n'est qu'un démarquage de leur précédent succès. Czinner et Bergner, habitués à leurs propres méthodes, ont vraiment apposé leur marque sur le film à commencer par cet étrange petit bout de femme, cette actrice qui une fois de plus nous montre un parcours à partir de l'enfance... Bergner a cette fois bien du mal à nous faire croire qu'elle est une adolescente, trahie par sa voix. Elle ne fait aucun effort pour cacher son accent Autrichien, qui après tout sert le film, et elle promène ses grands yeux de scène en scène, sous le regard affectueux de la grande Flora Robson, et avec un partenaire étonnant: Douglas Fairbanks Jr avait un talent fou, et rarement autant de chances de la prouver et de se faire plaisir en interprétant un personnage ambigu... Dont acte.

Voilà, ne  nous amusons pas à chercher qui a fait le meilleur film, cela n'aurait aucun sens tant les deux films, qui commencent presque au même moment, et se terminent exactement au même endroit, sont dissemblables et racontent une histoire différente.

 

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Published by François Massarelli - dans Paul Czinner
24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 09:18

La jeune Else (Elizabeth Bergner) part en vacances avec des amis, à St Moritz. Sa beauté et sa fraîcheur, dans la petite station de ski en effervescence (ce sont les jeux olympiques d'hiver) ont attiré l'oeil d'un ami de son père, Von Dorsday (Albert Steinrück)... Pendant ces vacances, son père apprend qu'il est ruiné suite à un coup en bourse mal négocié. Les parents envoient donc à leur fille une lettre où ils lui supplient de demander un prêt à leur "ami". Celui-ci accepte, à une condition: voir la jeune femme nue... 

Le film prend son temps pour arriver à ce stade: les vacances et leur douceur de vivre, mais aussi le statut particulier d'Else dans la famille, une jeune adolescente insouciante et heureuse de vivre, qui est adorée par les domestiques (une scène au début montre les convives d'un dîner se boucher les oreilles quand le maître de maison se met au piano, et quelques instants plus tard les domestiques tendent l'oreille quand Else lui succède...). a perspective des vacances l'enchante légitimement, et la caméra véloce et mobile de Karl Freund s'insinue dans chaque pièce, à la suite de la bondissante demoiselle...

Tout n'est pas réussi: la scène de la découverte de la ruine par les parents sonne juste mais est trop longue, et de fait, on aimerait rester plus longtemps en compagnie de l'héroïne. Mais une fois la cruauté de sa situation connue, tous les efforts précédents paient. En effet, dans ce film où tout va se résoudre dans un déshabillage crapuleux et profane, le quotidien et une certaine dimension innocente de la jeune femme nous ont été détaillées, en particulier les efforts pour s'habiller, entre une robe de mousseline, qui soulignait sa jeunesse, les habits adéquats pour faire du ski... Et pour finir les atours d'une jeune femme, pour aller quémander une aide. Le film nous montre ces habillages comme en écho d'une nudité que nous ne verrons jamais vraiment, mais qui est le centre du fil, dans une scène extraordinaire et d'une grande tristesse.. Le film est inspiré d'une nouvelle de Schnitzler, il est inutile de dire que l'ironie domine, et que ça ne se terminera pas bien... 

Quant à Elizabeth Bergner, décidément après Le violoniste de Florence, on pourrait croire qu'elle aimait à interpréter les jeunesses... Mais c'est en phase avec son physique étonnant, et ce film n'en finit pas de nous convaincre, elle n'est pas Mary Pickford. Cette ironique et méchante initiation express est un conte d'une grande noirceur.

 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Paul Czinner Muet
17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 18:30

Renée (Elisabeth Bergner) est une jeune femme de très bonne famille qui a tout pour être heureuse, ou presque: elle vivait seule avec son père veuf (Conrad Veidt), mais hélas: celui-ci s'est remariée, et la "nouvelle maman" (Nora Gregor), comme on la lui présente, ne lui plait pas, mais alors pas du tout. Son but en chaque chose étant de pousser la nouvelle venue dehors, la vie n'est pas très rose. Du coup le père prend la décision de trouver une pension qui veuille bien accueillir la capricieuse. Mais quant à la retenir...

Quand elle se fait la belle pour rejoindre son père en Italie, Renée doit faire face à l'inévitable: sans papiers, sans aide, elle n'ira pas loin. Elle finit par trouver un stratagème, qui implique de se déguiser en garçon. Mais une fois recueillies par un peintre qui s'est mis en tête d'immortaliser ce drôle de bonhomme, elle va devoir continuer la farce. Jusqu'à quand?

Elisabeth Bergner, tragédienne et actrice atypique, avait sa propre maison de production, un mari qui réalisait ses propres films, et pour tout dire, personne à qui rendre des comptes. Comme on le voit, l'entreprise était après tout florissante, leur permettant d'engager rien moins que Conrad Veidt lui-même! Le film est pourtant une comédie dans laquelle les efforts de Czinner sont réduits au minimum, laissant faire le décor splendide de l'Italie estivale, où le film a été tourné. C'est bien sûr Bergner qui fournit l'essentiel du travail, chaque scène et même chaque plan tournant autour d'elle. C'est un drôle de petit bout de femme, au physique intéressant, qui fait beaucoup passer par son regard. En dépit de ses 29 ans au moment du tournage, elle interprète une jeune femme qui sort à peine de l'adolescence, mais s'en sort très bien. On est plus circonspect devant la partie du film dans laquelle cette femme de 29 ans interprète une adolescente en fuite qui elle même se grime en garçon...

Cela dit, cette partie reste fascinante par l'ensemble de possibilités contenues dans les confrontations, notamment le fait que l'arrivée du "garçon" dans la famille du peintre reproduit pour la soeur de ce dernier la situation de jalousie déjà vécue par Renée prise entre son père et sa belle-mère; mais aussi et surtout en raison de l'étrange réaction du peintre à son égard, qui dira à Renée "par moments on dirait que tu es une fille. Si c'était le cas, je t'épouserais"...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1926 Paul Czinner