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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 09:31

Le labyrinthe des passions, avec un titre pareil, renvoie à une certaine forme de mélodrame, celui qui accumule les péripéties, ou au soap opera. d'ailleurs la multiplicité des personnages et des sous intrigues de cet hallucinant film confime cette impression, tout comme le finale délirant dans un aéroport... Essayons d'abord d'y voir clair: Sexilia est une jeune artiste nymphomane, dont le père est un gynécologue rendu célèbre par ses expériences, son but étant de supprimer le rapprochement charnel dans la conception. Riza est l'héritier d'une famille dirigeant un micro-pays; homosexuel, il est caché à Madrid afin de vivre librement sa passion pour les jeunes hommes. Il est recherché activement par des terroristes qui cherchent à le kidnapper, et par Toraya, l'ex-belle-mère de Riza, qui souhaite se faire féconder par le jeune homme afin d'assouvir une vengeance personnelle. Sexilia et Riza se rencontrent et tombent amoureux, et tout un tas d'autres personnages, généralement liés au mouvement underground, se croisent dans ce film.

 

Dès le début, qui voit Sexilia  déambuler en regardant avec avidité le pelvis et le fessier de tous les hommes qu'elles croisent, pendant que Riza fait de même, le sujet est installé: il est question ici, et exclusivement de sexe. Sous toutes ses formes, dans toutes les obédiennces, en particulier avec l'anecdote ahurissante de Queti, une jeun femme qui travaille au pressing, et que son père devenu gâteux viole avec une métronomique régularité tous les deux jours, la prenant pour sa mère. les situations sont par ailleurs si rocambolesques qu'il est impossible de prendre le film au sérieux, qui serait de fait plutôt un film-movida, une sorte de reflet de cette soif de provocation et de joyeuse fiesta, provoquée par la frustration de ces années dominées par Franco, le catholicisme triomphant, et qui éclate décidément en ces années 80. Par ailleurs, la présence d'Almodovar lui-même en maitre de cérémonie punk et travesti d'une soirtée branchée renvoie à un besoin personnel d'assumer une identité sexuelle qui est le propre de la plupart des personnages du film.

 

Bien sur le film est plus soigné que le premier, plus regardable aussi, et si l'intrigue va très loin dans le n'importe quoi, on ne l'abandonne jamais tout à fait. Mais ce n'est quand même pastrès sérieux, tout ça...  Maintenant, il est fascinant de constater que beaucoup des ingrédients de ce qui fera le grand Almodovar quelques années plus tard sont déja là. A commencer par Cecilia roth (Sexilia) et un tout jeune Antonio Banderas (l'un des terroristes)...

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Published by François Massarelli - dans Pedro Almodovar
17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 09:43

Impossible de comparer ce film tourné en 16mm à la sauvette, et disons, Etreintes brisées ou Volver... le premier long métrage d'Almodovar est une somme de transgressions et de provocations liées à un contexte évidemment encore marqué par la sortie du Franquisme, et est forcément marqué par l'engagement du réalisateur sur la scène avant-gardiste et punk d'Espagne en même temps que par son identité gay. Pour résumer, disons simplement que le film raconte plus ou moins les tribulations de Pepi (Carmen Maura), une jeune femme qui survit d'abord en vendant de l'herbe cultivée maison, et qui veut se venger du flic qui l'a violée (Il souhaitait faire payer le prix de son silence sur ses cultures un peu voyantes) en faisant asservir son épouse Luci par sa copine Bom, une chanteuse punk un peu dominatrice et Lesbienne sur les bords.... ouf! Le scénario réussit même à placer un changement phénoménal de carrière pour Pepi qui devient conceptrice de spots publicitaires, ce qui permet à Almodovar de céder à l'un de ses premiers péchés mignons en nous gratifiant d'un hallucinant faux spot pour un slip-miracle, du pire mauvais goût... Il continuera dans cette veine en se laissant aller de film en film à des séquences décalées, le plus souvent chantées.

L'homme est donc absent du titre, mais il est probable qu'il est à la base de tout: la vengeance qui donne un point de départ au film est basée sue le viol, Luci veut se venger de son mari et de sa propre frustration en allant se faire brutaliser ailleurs... Sinon, il y a un concours de longueur de quéquette, orchestré par Agustin Almodovar, le frère; beaucoup d'hommes dans le film sont homosexuels ou tangents, et le flic est un salopard de la pire espèce, anti-communiste, macho et brutal. Mais au milieu de ce fatras provocateur et franchement vain, on voit se dessiner un peu une sorte de fascination pour les atours (Certes flashy et de mauvais goût) et le vêtement comme mise en scène, en ces années de "paraître" pur: Carmen Maura change de toilette à chaque scène, et Almodovar la dirige déjà en star de tout ce cirque. Dans ce film assez franchement anecdotique, de cette fascination affichée pour l'actrice, il sortira bien quelque chose, non?

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Published by François Massarelli - dans Pedro Almodovar
18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 18:16

Le quatrième film d'Almodovar est bien sur bien en phase avec sa période de provocation, de ses années Movida, et cette histoire de mère de famille qui tente de joindre le deux bouts, dont la famille dysfonctionnelle est en particulier bien représentée par la belle-mère un peu fantasque, les deux fils, l'un dealer, l'autre homosexuel (amateur d'adultes!!), et bien sur le mari volage et vulgaire. La tendance à dépeindre une faune un peu bigarrée est contrebalancée par la clarté du récit, qui tourne autour d'un certain nombre de frustrations (Le flic impuissant, l'écrivain à la recherche du parfait faux, l'envie d'exil pour la prostituée Cristal, etc), qui viennent en écho du ras-le-bol de Gloria, l'héroïne du film interprétée par Carmen Maura. A la provocation, vient s'ajouter déjà une tendance à la ligne claire dans la mise en scène, qui aboutira dans quelques années à la beauté que l'on sait dans Talons aiguilles, La fleur de mon secret et d'autres.

 

Bien sur, l'impression générale devant ce film parfois gentiment culotté est que l'Espagne populaire (Tout le film ou presque est situé dans une banlieue défavorisée de Madrid ne tourne pas très rond, et le meurtre qui est représenté dans le film est un point de non-retour moral, qui aurait pu conclure le film sur une note dramatique. Mais au lieu de cela, il représente un point de départ, la personne qui a tué s'en sortant indemne. Faut-il y voir une métaphore politique? Pourquoi pas? Et d'ailleurs, le principe du meurtre symbolique du chef de famille reviendra, en plus flamboyant, dans Talons aiguilles, puis à nouveau dans Volver. Tiens donc!

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Published by Francois Massarelli - dans Pedro Almodovar