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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 10:44

Meilin "Mei-Mei" Lee est une jeune fille de Toronto, qui se définit comme à l'aube de sa vie d'adulte, car elle a... treize ans. Chinoise, élevée entre traditions et modernité, elle a beaucoup participé au culte des ancêtres dans sa famille, dont les parents gèrent un petit temple à la gloire de la famille Lee et de sa filiation par des contes et légendes au dieu Panda roux... Mais c'est aussi une adolescente de 2002, très intégrée dans une bande de copines très soudées, toutes fans d'un boys band dont on annonce qu'il pourrait bien, un jour, venir jouer à Toronto.

Mei-Mei a du mal à assumer son indépendance face à une mère envahissante, et ses copines sont inquiètes pour elles... D'autant qu'un jour le malheur arrive: non pas le souci qui arrive à bien des futures femmes aux alentours de cette aube d'adolescence, mais bien pire: Mei-Mei est affligée d'une malédiction familiale, qui a donné à tous les membres féminins de sa famille un don de métamorphose en grand panda roux... Ce qui va poser problème puisqu'en attendant qu'elle puisse "contrôler son Panda", le jeune fille doit subir des transformations à chaque émotion forte, c'est à dire toujours...

C'est le premier long métrage de Domee Shi, qui a mis énormément d'elle-même dans ce film, situé dans sa communauté et dans sa ville d'adoption. De là à parier qu'elle ait eu un problème avec sa mère durant l'adolescence, il n'y a qu'un pas que le film nous engage allègrement à franchir! Car très vite on verra dans le film que la vraie malédiction, pour Mei-Mei, au delà de la métaphore menstruelle qui prouve que, décidément, les films distribués par Disney évoluent considérablement, est sa filiation, et la présence immense, incontournable et envahissante de sa maman, et l'incapacité de la jeune fille à assumer son envie de s'écarter du giron familial...

Le fait de passer par une représentation du "monstre" intérieur de n'importe quelle adolescente à travers un animal plus ou moins lié à la culture et la mythologie d'une communauté spécifique est assez typique de Pixar, bien sûr, et avec un gros panda roux, on coche en prime les nombreuses cases d'acceptabilité pour Disney! Mais le film est bluffant pour son invention, et le décalage entre la représentation de 2002 à travers les yeux et la dynamique (excès probable de sucre, ici) d'un jeune fille de treize ans, et le monde intérieur de ces femmes chinoises qui doivent affronter leur panda privatif est une source constante d'émerveillement. Finalement, si ce n'était pour la sous-musique envahissante d'un boys band qui prend un peu toute la place et qui est loin, très loin, de montrer la moindre preuve d'originalité et de talent, et pour la manie agaçante des dessins animés de se terminer sur une tentation étouffante du gigantesque (toujours impeccablement réalisé), le film est un vent de fraîcheur dans un studio connu pour son étonnante capacité de renouveau: chapeau.

...Et en plus, c'est toujours drôle.

 

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Published by François Massarelli - dans Pixar Animation Comédie Disney
8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 07:15

Dans un monde parallèle qui a longtemps été dirigé par des forces magiques, vivent désormais des elfes, centaures, trolls, fées et autres sirènes... mais ce petit monde a oublié la science de la magie, et à l'exception de quelques personnages un peu fantasques, se replie sur sa normalité. Nous faisons la connaissance d'une famille Elfe: Laurel, la mère, élève désormais seule ses deux garçons Barley et Ian, car leur père est décédé durant sa deuxième grossesse. Barley a bien quelques souvenirs de lui, mais bien sûr Ian vit dans l'immense frustration de ne jamais l'avoir connu. La frustration, mais aussi une intense timidité, voire une gêne phénoménale: Ian n'a pas confiance en lui, et son frère l'embarrasse plus qu'autre chose, car Barley est obsédé par l'histoire, le passé, donc la magie. Il considère que les gens devraient reprendre le contact avec ce qu'ils sont vraiment.

A la faveur du 16e anniversaire de Ian, les deux garçons vont en avoir l'occasion: leur père, qui était lui aussi fasciné par l'histoire de la magie et la science disparue des sorts et des objets magiques, leur a laissé un héritage, à ne leur donner qu'une fois cet âge atteint. Un sort, et les objets pour le réaliser, qui leur permettra de passer une journée avec leur père: pour Barley, l'occasion, enfin, de lui dire au revoir, et pour Ian la possibilité de faire sa connaissance...

Tout n'ira pas comme prévu, évidemment. C'est un film Pixar qui obéit aux lois qui régissent le plus souvent les films du studio: deux personnages qui sont opposés par les faits et qui sont amenés à cohabiter, se révéler et découvrir qui ils sont vraiment, et changer le monde par cette occasion. On coche un peu toutes les cases, y compris celle de l'humour.

On peut être agacé par cette incapacité qu'ont ces films à compléter leur originalité esthétique par une gamme de possibilités scénaristiques qui n'aient pas l'air d'être tirées du manuel, mais on a au moins l'avantage d'être face à une merveille de design. La texture de ce monde en particulier, mélange permanent entre l'Amérique profonde et un univers magique qui ne demande finalement qu'à être révélé à ses habitants, est fabuleuse. Les personnages, eux, cochent toutes les cases réglementaires...

Et il y a quand même une série de gags gonflés, sur la brèche, avec ce que je ne vois pas comment appeler autrement que le demi-père des deux jeunes elfes... Un non-personnage, entité incomplète, dont la possibilité de le rendre complet devient très vite l'enjeu du film. Avec des chaussettes violettes.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Disney Pixar
1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 10:54

Tout commence par une idée simple, qu'on peut considérer comme une uchronie: la comète qui est supposée avoir tué les dinosaures (à moins que ce ne soit un événement météorologique) serait passée à côté de la terre, et donc notre planète a un visage bien différent de celui que nous connaissons: les dinosaures ont continué à vivre et prospérer...

Des dinosaures doués de paroles et même civilisés, on craint immédiatement le retour au film Dinosaur des ateliers de confection Disney (moi gentil iguanodon, toi méchant carnataure) et heureusement il n'en est rien: le bon goût de Pixar reste intact dans ce qui reste pourtant l'un de leurs plus grands flops. 

Pourquoi un flop? Certains accusent un script qui ne serait pas à la hauteur, et c'est vrai que l'équilibre habituellement facilement atteint entre leçons de vie à la Disney (tu seras un dinosaure courageux, mon fils), pathos (le papa qui disparaît, en d'autre temps c'est la maman de Bambi qui symbolisait le passage à la vie adulte), humour gentiment idiot (les fruits hallucinogènes) et merveille visuelle (ces décors!!) est ici largement handicapé par le premier de ces ingrédients, qui admettons-le est toujours le pire...

Peut-être le fait qu'il y ait eu des problèmes durant le travail sur le long métrage, avec changement de réalisateur et de direction, est-il une indication d'un projet mal parti dès le départ. C'est, à l'arrivée, définitivement un poids léger dans l'histoire du studio.

Mais cette histoire d'un petit apatosaure inadapté qui réussit à affronter la vie grâce à un petit humain (les humains sont des bestioles qui vivent dans l'ombre des dinos, et donc ils ne parlent pas) est un charmant film... pour les petits, et sans doute un peu moins pour les grands. Reste un étonnant et finalement assez logique arrière-plan de western, une rencontre avec un stégosaure névrosé, et une chevauchée de T-Rex (et d'un apatosaure) au milieu de vaches-bisons: ne boudons pas trop notre plaisir...

 

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Published by François Massarelli - dans Pixar Animation Disney
2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 17:18

Dans une pièce, d'un côté un garçon d'origine Indienne se plonge avec délices dans un dessin animé de super-héros, et de l'autre, son père essaie de trouver le calme nécessaire à la méditation religieuse. Comme le compromis est impossible, le père éteint le téléviseur et le petit Sanjay, totalement contre son gré, doit participer à l'exercice de méditation paternel. Jusqu'à ce que son imagination ne commence à se mettre en route...

Voici donc comment Pixar a sorti le premier film autobiographique de son histoire! Blague à part, Sanjay Patel a choisi une voie intéressante pour conter son histoire, d'abord toute en douceur, avant de partir dans toutes les directions en suivant l'imagination de son double enfant. Pas de grande surprise au bout, le message reste consciencieusement consensuel bien sûr...

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation Pixar
5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 09:35

Joe Gardner est un pianiste de jazz, à Harlem, qui n'a jamais eu la chance de sa vie: se faire engager pour un boulot de pianiste, un vrai. Plus ou moins découragé par sa mère qui ne souhaite pas qu'il prenne le même chemin que son père, un musicien qui a galéré toute sa vie, il gagne la sienne en dirigeant l'orchestre d'un collège public local: et franchement, ils ne sont pas bons, à part une petite tromboniste qui m'a tout l'air d'avoir le feu sacré.

La chance arrive pourtant: un de ses anciens élèves, devenu batteur professionnel, lui signale que la grande saxophoniste Dorothea Williams se produit en quartet au club Half Note et a perdu son pianiste... Il se rend sur place pour une audition, époustoufle tout le monde, et apprend qu'il a le job! Il est heureux, c'est la chance de sa vie, il ne regarde pas où il va, tombe dan un trou, et...

Se retrouve, âme en transit, sur un escalator galactique en direction d'une grande, très grande lumière. Ca ne lui convient pas, mais alors pas du tout, il se rebelle, et se retrouve dans un autre univers, un autre site de transit: non pas l'au-delà, mais le "you seminar", un endroit où les âmes des humains futurs sont dotés des caractéristiques qui les différencieront plus tard. Une fois dotés de leurs éléments constitutifs, elles peuvent aller vers la terre. Joe va devoir aider une âme réfractaire à tout valider, afin de lui prendre son badge et retourner sur terre, car l'âme n°22, de son côté, n'a pas, mis alors pas du tout envie de tester la vie terrestre...

C'est cette intrigue existentielle qui est le point de départ de ce film, pour lequel on distingue essentiellement trois aspects: d'une part, donc, un nouvel univers Pixar dans lequel une fois de plus on nous montre comment chacun peut compter (au fait, un thème récurrent en particulier chez Pete Docter: voir Monsters Inc, Up et Inside out), ensuite un portrait sensible et affectueux, à l'écart des clichés réducteurs, de la communauté afro-américaine; enfin, une belle promenade dans le monde du jazz et de sa difficulté: à l'écart des clichés, là aussi, et réalisé avec une rigueur qui laisse pantois. La séquence de l'audition est d'une beauté picturale, et d'une exactitude impressionnantes. Et non seulement les gestes de ces musiciens sont totalement crédibles, mais la musique en est aussi une version complètement dans la ligne du jazz actuel, c'est-à-dire qu'on y entend une musique qui vient en droite ligne des années 60 et de leurs cassures révolutionnaires, en John Coltrane (même si Dorothea Williams joue de l'alto et non du ténor) et du quintet de Miles Davis de 1964 - 1968...

Mais avec Pixar, rien n'est jamais simple, et si on peut toujours essayer de leur reprocher d'appliquer une formule (conte initiatique + buddy movie + exploitation d'un univers représenté dans son intégrité), les films se différencient toujours par leur sensibilité, et par le fait que chacun d'entre eux représente un défi visuel, voire plusieurs... Et techniquement comme esthétiquement, celui-ci se distingue par son exceptionnelle richesse, et la façon dont les recherches picturales ont débouché sur un au-delà et un "avant" des plus singuliers, avec ces âmes rondouillardes et ces "guides" spirituels en fil de fer; l'animation y est superlative, les décors surprenants, et les gags distribués avec une précision d'horloger. 

Mais pour moi, le sel du film provient plus de la façon dont Joe, éternel loser, va revenir sur terre, et au lieu d'y retrouver le bonheur, y être confronté à son propre univers, mais par personne interposée, car quand il retourne sur terre avec un stratagème, il emmène accidentellement "22" avec lui, et au lieu d'habiter son corps, Joe va devoir passer une demi-heure de film dans la peau d'un... Non, regardez-le plutôt, je ne veux pas vous gâcher ce plaisir. Mais le conte initiatique double va aussi passer par la découverte du plaisir de vivre par l'âme n°22, dans la peau d'un pianiste de jazz frustré, et c'est irrésistible.

Et pour finir, le film a été fait dans un souci de respect culturel, de la communauté Afro-Américaine d'abord, mais aussi afin de ne pas enfermer l'intrigue existentielle dans une seule obédience religieuse. Une façon de respecter les religions comme celles et ceux qui n'en ont pas, ce que les Américains ont parfois tendance à oublier.

 

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Published by François Massarelli - dans Pixar Animation Pete Docter Disney
1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 10:30

Pour faire court: un film de science-fiction dystopique, à vocation profondément écologique, avec un message d'espoir (mais à peine, quand même, car l'avenir n'est pas rose), et qui plus est visible en famille, ça ne court pas les rues. Quand en plus on y rigole, que demander de mieux? Wall-E est une merveille! 

Dans un avenir très, très lointain, la terre est totalement désertée. Seuls sans doute, quelques organismes survivent (nous savons qu'un cafard, par exemple, est bien vivant, et même bondissant!), et la seule activité semble être celle d'un robot nettoyeur, qui se nomme Wall-E (Waste Allocation Load Lifter, Earth Class: un nettoyeur de déchets, en gros), et qui a reconstruit une sorte de petit univers personnel autour des objets qu'il décide de garder... Il va faire une rencontre, celle de EVE (Extraterrestrial Vegetation Evaluator), une jolie robote dont la mission est de venir sur terre pour trouver des traces de végétation. Et... Elle en trouve!

Elle est envoyée de l'espace, où un vaisseau en perpétuel transit conduit les humains vers nulle part. Habitués à leur sort, immobiles et résignés, ces bibendums ont bien besoin qu'on leur secoue les puces, c'est ce qui va arriver! 

Au-delà même de sa métaphore et de son intrigue parfaitement construite, Wall-E est une réussite à tous les niveaux, par son esthétique (on évite l'abominable écueil de Cars), par son scénario, par ses personnages, mais aussi par le choix de mise en scène, de doser en les faisant progresser, les péripéties:: au début, nous sommes face aux aventures Tatiesques d'un petit robot quasi muet, puis le dialogue s'installe peu à peu, ainsi que les rencontres.

La mise en scène fait un grand usage d'un geste, qu'o retrouve dans tous les stades de l'intrigue, et qui est d'abord le signe d'humanité retenu par Wall-E: prendre la main de quelqu'un. Ce que vont faire les humains à leur tour en se redécouvrant au fur et à mesure... Un geste simple, donc, mais riche de sens dans un message que d'aucuns trouveront probablement gnan-gnan. Tant pis pour eux...

C'est constamment merveilleux, souvent très drôle, et d'une richesse insoupçonnable. Pixar et Stanton ont ancré leur film dans l'histoire du cinéma, en faisant de Wall-E un romantique qui se regarde Hello Dolly pour se raccrocher à l'humanité. De même, lors de son "éveil", un humain cherche sur son ordinateur des infos sur les plantes, et tombe sur un plan extrait de A corner in wheat, de Griffith! Plus tard, sa (re)découverte de la station debout est l'occasion de ressortir du placard Also Sprach Zarathustra, de Richard Strauss! 2001, encore et toujours... Mais Wall-E ne se contente pas de se placer dans l'histoire de la science-fiction et du cinéma, c'est un grand film surprenant, à voir et revoir séance tenante.

 

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Published by François Massarelli - dans Pixar Disney Andrew Stanton
30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 11:09

La tradition est respectée: The Incredibles, en 2004, avait été à l'origine de la confection d'un court métrage qui en explorait certaines coulisses: lors de l'intrigue, les Parr devaient laisser à leur baby-sitter Kari leur dernier né, le petit Jack-Jack, dont on soulignait à plusieurs reprises, dans le long métrage, l'absence de pouvoirs... détectés, du moins. Et Kari vivait un enfer.

Cette fois, c'est Edna Mode qui doit faire la baby-sitter, et elle sait, parce que Bob Parr le lui a dit, qu'il y a effectivement des pouvoirs, mais pas qu'un peu: en ayant vu d'autres, Edna est fascinée et volontaire pour le garder, avec comme corollaire à cette mission, la confection d'un costume tout-terrain. 

Pas de suspense, ni de grosse surprise pour qui a vu le film Incredibles 2, donc, mais ce n'est pas grave: Jack-Jack et Edna, c'est un couple paradoxal qui fonctionne très bien, et la découverte des pouvoirs de ce danger public à face d'ange (la plupart du temps, du moins), est une source inépuisable de gags sublimes. Le film, qui mord légèrement sur le long métrage, a été dirigé par le superviseur de l'intrigue du film de Brad Bird, Ted Mathot, et une bonne part de l'animation découle directement du long métrage: comme quoi le recyclage a parfois du bon!

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Published by François Massarelli - dans Animation Pixar Disney
30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 10:54

Dans la maison d'une famille Sino-Canadienne, la maman prépare des baos: des petits raviolis fourrés aux légumes, cuits à la vapeur. Elle met la table pour elle et son mari, et le repas se passe... très vite: Monsieur avale tout très vite et part au travail, laissant Madame toute seule. De dépit, elle enfourne un bao... sauf que celui-ci se rebelle! elle le sort de sa bouche et constate que le dernier bao se comporte comme un nouveau-né... Elle va donc s'en occuper, l'accompagner dans ses premiers pas, le nourrir, le voir grandir, et le voir l'abandonner...

Un grand nombre de personnes ont exprimé leur confusion devant ce film, aux Etats-Unis. Il faudra s'y faire: encouragés par certains dirigeants, les gens ont décidé de voir le monde avec les oeillères de leur ethno-centrisme ragaillardi! Donc, je le dis pour le blanc moyen, ce film est empreint de culture Chinoise, et plus précisément il nous parle du "syndrome du nid vide". Le fait de mêler, comme Domee Shi l'a fait, nourriture et famille, émotions et culture, est assez typiquement Chinois en effet, et c'est fait de façon magistrale. Après, si les gens ne peuvent comprendre ce qui est devant leurs yeux, tant pis! Reste un film superbe, plus intimiste que bien des courts métrages Pixar, tout en proposant ce qui fait le meilleur de la plupart d'entre eux: de l'émotion, car on y affronte effectivement une thématique (familiale bien sûr) douloureuse, mais aussi une animation des objets inanimés, plus une esthétique intéressante.

Réjouissons-nous que pour accompagner le film dans lequel Helen Parr prend les rênes de l'entreprise familiale qui sauve le monde (Incredibles 2), les dirigeants de Pixar aient encouragé une femme, qui plus est d'origine doublement exotique: elle aussi est Sino-Canadienne.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Pixar Disney
30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 09:58

Je n'aime pas cette manie, chez Disney ou les autres, de gâcher un film a posteriori en livrant une suite contractuelle. D'ailleurs, on constatera que dans bien des cas, en particulier pour les films Disney-Canal Historique, la suite est purement et simplement un objet commercial et ultra-formaté qui sort directement en vidéo, sans passer par les salles: Mulan 2, Le bossu de Notre-Dame 2, etc... Oui, mais il y a eu Toy Story 2! Ou la possibilité, cinq années plus tard, de revenir aux personnages et d'aller plus loin, et honnêtement, de faire mieux, beaucoup mieux, que le film initial. On pourrait aussi argumenter à partir des exemples habituels, The Godfather Part II ou The Empire Strikes Back, et conclure, après tout, qu'il y a suite et suite... Pourtant on n'attendait pas (en fin, JE n'attendais pas!) de suite au carton fabuleux de Brad Bird, à ce qui restait pour moi le film le plus abouti de toute la galaxie Pixar. Tellement complet, achevé, fermé aussi, que 'on pouvait vraiment se demander ce qui motiverait une remise en route de la franchise. Mais entre le premier film et le deuxième il y a eu le passage de quatorze années, des changements internes au studio, la carrière de Brad Bird qui a eu des hauts (Ratatouille, avec Pixar, et Mission Impossible, le protocole fantôme, sans Pixar) et des bas, voire très bas (L'échec commercial de Tomorrowland, pour Disney)...

...et il y a eu Donald Trump et l'affaire Weinstein.

Bref: le monde quatorze années après The incredibles a suffisamment changé, et tous ces gens ont suffisamment ruminé pour qu'on puisse espérer, au moins un bon film, non? Mais si ce n'était que ça!

La décision prise pour relancer la machine a été de prendre exactement à la fin du premier: on se rappelle que dans une fin ouverte qui laisse présager un retour en grâce des super-héros, la famille Parr unie comme jamais, après avoir débarrassé leur ville de la menace de Buddy, le fan de super-héros passé du coté des Super-Méchants, s'apprêtait à affronter un autre Super-Méchant, qui faisait son apparition. C'est généralement casse-gueule, mais le film commence en effet par développer cette situation, de deux façons: bien sûr, on aura une bataille héroïque, délirante, dans laquelle toute la famille (et leur copain Frozone) vont s'impliquer, pour un résultat en demi-teintes: menace écartée, certes, mais des dizaines de bâtiments endommagés, des sommes considérables volées à la banque, et en prime, le criminel ne sera pas arrêté! Un reproche qui sera souligné par tous, avec pour effet de confirmer de façon plus importante encore la défiance à l'égard des super-héros. Comme le dit un policier aux Parr: laissez faire les assurances, bon sang!

La deuxième façon de réintroduire la scène de fin du premier film fait l'objet de la séquence d'ouverture: on y rappelle un gag qui a servi d'argument au court métrage Baby-Sitting Jack-Jack. Rick Dicker est un agent des services secrets dont le boulot consiste à "nettoyer" derrière les super-héros, et notamment effacer la mémoire des témoins qui ont vu quelque chose qui pourrait les amener à percer l'identité des super-héros: ici, Dicker efface la mémoire de Tony, le garçon qu'on voyait flirter avec Violet Parr à la fin du film; il a vu les "indestructibles" en action, et a reconnu Violet... Un effacement qui sera lourd de conséquences, puisque en effaçant la mémoire de ce jour-là, Dcker efface aussi tout souvenir de Violet. Mais rassurons-nous, le film ne va pas nous conter les mésaventures de Violet tentant de reconquérir le jeune homme, non: leur idylle balbutiante n'est que la victime collatérale d'une situation qui dans son ensemble est plus détaillée, plus réaliste presque, que dans le premier film: après l'affaire lamentable d'un sauvetage partiel qui tourne mal en effet, les super-héros sont donc conspués par la police, la justice et la presse, sans parler du public; les Parr sont privés de leur maison qui a brûlé à la fin du premier film; et il faut tout reconstruire... 

C'est ici qu'intervient un nouveau groupe de protagonistes: un milliardaire enthousiaste avec un lien fort au passé (son père était un mécène qui aidait les super-héros à l'époque de leur gloire, et est mort dans des circonstances tragiques); ce nouveau personnage, Winston Deavor, est un spécialiste de la télécommunication, et il travaille avec sa soeur Evelyn (incidemment, elle est délicieusement interprétée par la grande Catherine Keener) dans une firme multinationale aux moyens super-illimités...

Bien sûr qu'on sent que ça va amener des ennuis, mais reprenons.

...Aux moyens super-illimités, donc, avec lesquels ils ont décidé de contacter autant de super-héros mis au ban que possible, afin d'aider à leur réhabilitation: simple, dit Winston Deavor... Il suffit de manipuler l'opinion, et d'assurer soi-même la couverture médiatique. Il s'agit aussi de contrôler l'impulsivité des justiciers aux super-pouvoirs, et c'est la raison pour laquelle les premiers essais seront faits, non pas avec le "couple" Mr Incredible/Frozone, jugés trop "destructeurs", mais avec ElastiGirl, soit Mme Parr, dont le style plus subtil, plus féminin, conviendra à merveille à un retour en grâce sous monitoring médiatique. Si josais, je dirais que cette fois c'est elle qui fait bande à Parr...

Beaucoup des éléments de la thématique du premier film sont donc présents, à commencer par le sens aigu de la famille, la difficulté de cohabiter à côté des gens "normaux", la quête identitaire (même si le film nous la présente comme partiellement résolue)... Il y a aussi des reprises intelligentes de certains atouts: la présence d'Edna Mode, jalouse car les Deavor ont fait appel à un autre designer pour les costumes des Parr; la question des super-pouvoirs potentiels de Jack-Jack, dont nous savons nous qu'ils sont particulièrement délirants si nous avons vu le court métrage qui lui était consacré, ce que Bob Parr, puis ses enfants, et enfin Helen vers la fin, vont découvrir par eux-mêmes... Mais le plus important, c'est sans doute la reprise par le deuxième film de la situation de base, mais inversée: cette fois, c'est Helen qui part pour travailler pendant que Bob reste à la maison, permettant en effet à toute une thématique de se mettre en place, autour de la guéguerre des genres. Helen, d'ailleurs appuyée par Evelyn, se met en avant d'une façon inattendue quand on a vu le premier film, et Bob apparaît effectivement comme un gros super-nounours incapable de maîtriser sa force exceptionnelle... 

A ces éléments viennent s'ajouter de nouvelles épices fascinantes: Brad Bird étudie de quelle façon les nouveaux communicants pourraient en effet "vendre" du super-héros, en optimisant tout et n'importe quoi. Le portrait de Winston Deavor, tout en en faisant un personnage positif, est ambigu, et nous laisse un goût étrange, surtout quand il fait dire à Helen "It's time to make Super-Heroes great again": sans doute pas un hasard, non? Le film joue sur cette ambiguité, en nous montrant un monde qui tourne fort mal, finalement, où le public peut nous apparaître comme une masse de crétins ignorants des bienfaits qui les préservent, et capables de se jeter dans le moindre piège médiatique. Tiens donc!

...Mais le film n'est pas qu'un prêche, c'est d'abord et avant tout une montagne russe de gags, d'émotions, de séquences d'action impeccablement réalisés, et d'animation sublime. Le rendu des personnages est de plus en plus beau, le style de Brad Bird et Pixar est ici à son plus haut niveau, et en prime le rendu des décors est encore plus hallucinant que la dernière fois. La musique est splendide, etc etc. Pour finir, Jack-Jack est absolument Incredible.

 

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Published by François Massarelli - dans Pixar Animation Disney Brad Bird
16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 09:50

Dans le film The incredibles, une scène de pirouette finale est restée dans toutes les mémoires: alors que la situation s'est éclaircie, que tout va bien, c'est en écoutant les messages de la baby-sitter du petit Jack-Jack qu'Helen et Bob Parr apprennent non seulement que ce dernier a été enlevé, mais aussi qu'il a sans doute enfin démontré qu'il avait des pouvoirs... Et quels! Ce court métrage de complément (destiné au DVD) explore cette sous-intrigue en nous montrant l'envers du décor: comment Kari, la baby-sitter (Interprétée par l'animatrice Bret Parker), a vécu l'expérience de garder un bébé dont elle ne savait pas (et ses parents non plus) qu'il pouvait être invisible, léviter, traverser la matière, envoyer un rayon destructeur avec ses yeux et tant qu'à faire opérer une combustion spontanée sans la moindre conséquence sur sa propre santé... mais pas sur son entourage.

C'est une irrésistible suite de gags qui complètent avantageusement le film de long métrage; plutôt que de laisser cette suite de séquences très drôles à la fin du film, en lieu et place de l'énervant bêtisier qui était devenu la tradition Pixar, Bird a préféré en faire une cerise sur le gâteau, mais surtout un film de court métrage à part entière, soigné et fort bien construit... Tant mieux. 

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Published by François Massarelli - dans Animation Pixar Disney Brad Bird