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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 08:40

On a volé les bijoux de Norma Shearer, donc la police enquête: parmi les enquêteurs et témoins, on trouve Fay Wray, Lowell Sherman, Barbara Stanwyck, Stan Laurel, Oliver Hardy, Buster Keaton, Our Gang, Wallace Beery, Gary Cooper et la liste est très longue, en particulier pour un film de 18 minutes.

C'est un court métrage de charité, dont les recettes ont été reversées à une association pour lutter contre la tuberculose... De façon intéressante, on trouve une marque de cigarettes parmi les sponsors. Le film ne brille ni par sa mise en scène ni par ses gags. Laurel et Hardy y détruisent une Ford T: La routine, quoi.

 

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie Pre-code Buster Keaton
29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 14:03

Michael Curtiz a sorti 6 films en 1933, tous pour la Warner (y compris quand le studio est sous le subtil pseudonyme de First National!) et tous sont, dans des genres différents, indispensables... Celui-ci est sans doute le plus léger, et le plus frivole, aussi: on est bien loin de la sombre et fascinante intrigue de The mystery of the wax museum, et son effroyable embaumement à la cire! Warren William, qui tentait de changer son image de vieux garçon séducteur à sang froid, y expérimente avec la comédie, et donne la réplique dans cette adaptation d'une pièce de théâtre à un superbe casting: Joan Blondell, Genevieve Tobin, Wallace Ford et Hugh Herbert...

Ken Bixby (William) est un auteur à succès: toutes les lectrices s'arrachent ses romans sulfureux, et il passe un temps important et lucratif à les rencontrer... Parfois, il fait aussi des conquêtes, au grand dam de sa secrétaire Anne (Blondell), qui l'aime sans jamais le lui avoir dit. Lors d'une étape, ils vont tomber dans les griffes d'une ancienne camarade d'université (Tobin) du romancier, qui a décidé qu'elle était certainement son inspiration. Il va être très difficile de se débarrasser d'elle, ainsi d'ailleurs que de son encombrante famille, et de leur avocat...

Fidèle à son habitude, Curtiz a pris la pièce en l'état et s'est amusé à lui donner de l'énergie, laissant les acteurs faire leur boulot avec conviction. On sent bien que Warren William s'amuse beaucoup, et il n'est pas le seul! Et époque pré-code oblige, le marivaudage éclabousse pas mal, d'autant que Genevieve Tobin, qui joue une bourgeoise fofolle, a le chic d'apparaître exactement où il ne faut pas être, à commencer par un lit qui n'est pas le sien. Curtiz a-t-il profité de ce film pour réaliser l'auto-portrait d'un coureur sans vergogne? Un regret toutefois: Joan Blondell est sous-employée...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code Michael Curtiz
23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 09:46

Aucun moyen pour moi de vérifier si la liste de réalisateurs (aucun n'est au générique) donné par un site vulgarisateur bien connu est authentique, mais suivant le bon vieil adage, j'ai décidé d'imprimer la légende... C'est que ce film, le dernier des musicals extravagants de l'ère pré-code, est un cas d'espèce. A l'origine, on avait au début du parlant cette option, de créer des films qui seraient des patchworks de studio, dans lesquels une sorte de revue mal fichue, avec sketchs, danse, chansons, numéros en Technicolor et vedettes sous contrat, permettait de remplir les bobines et les salles, en tournant un bouche-trou triomphal à moindre coût puisque tout le monde qui tournait ces machins était sous contrat. Mais Hollywood Party, qui était avancé comme une sorte de publicité interne à la MGM, a pris tant de temps à se faire qu'au final c'est un désastre absolu.

D'une part il y a une intrigue, si on ose dire; confronté à l'absolue nullité (Extraits à l'appui) de son film Schnarzan the Conqueror, l'acteur Jimmy Durante se décide à tenter le tout pour le tout: on annonce 'arrivée à Hollywood du Baron de Munchausen (??????), qui a ramené de la savane une troupe de vrais lions, Durante-Schnarzan lui dédie une fiesta grandiose, où des dizaines de chorus-girls et des centaines de stars vont se presser. Et il décide de ne pas inviter sa co-star Lupe Velez don le tempérament volcanique ne peut tolérer un refus...

D'autre part la multiplicité d'équipes, le côté morcelé du tournage, et le manque totale d'investissement de qui que ce soit on transformé ce film en un étrange cadavre exquis, une comédie qui n'est pas drôle (Durante est un outrage permanent à l'art de faire rire, mais il ne le sait pas), dans laquelle même Laurel et Hardy (pourtant parmi les plus décents, avec un interlude Disney en Technicolor) semblent naufragés. On gardera en mémoire l'un des plus hallucinants passages, où Durante et Velez, avec 2 grammes de vêtements sur eux, parodient Tarzan... Aucun des metteurs en scène qui ont oeuvré sur cet étrange objet n'a daigné le signer, on pense que George Stevens est bien le réalisateur des scènes avec Laurel et Hardy (et leur rencontre avec Lupe Velez)...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Disney Laurel & Hardy Navets
23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 09:33

Avant de devenir dans les années 60 le célèbre compilateur de scènes de comédie, qui a permis de rappeler à un public qui était privé de leurs films le génie de Keaton, Laurel et Hardy et d'autres, Youngson a exercé son art du montage d'extraits sur des courts métrages, dont celui-ci, sorti en 1955 et dont le but est de faire redécouvrir au public des films Warner devenus insortables dans les prudes années 50: cinq classiques ou moins classiques films pré-code sont au programme. Pas de Public enemy ou de Little Caesar ici... 

Au programme donc, Sinners' holiday (John Adolfi), un petit film de gangsters dans lequel James Cagney fait son entrée dans la carrière; 20,000 years in Sing-Sing de Michael Curtiz, avec Spencer Tracy et Bette Davis (on voit ici une scène dans laquelle le prisonnier Tracy explique à sa petite amie Davis qu'il faudrait qu'elle s'habile moins sexy la prochaine fois qu'elle vient le visiter!); Five star final de Mervyn Le Roy, avec Edward G. Robinson en journaliste à scandale, confronté à des types plus moches que lui (au sens moral, bien sûr) dont Boris Karloff; une adaptation de Trilby avec John Barrymore dans le rôle de Svengali, réalisé par Archie Mayo (et qui fait clairement le lien entre les années 20 et le parlant, les images choisies par Youngson sont fabuleuses); enfin, Night Nurse de William Wellman est un film-coup de poing bien dans la manière du metteur en scène, avec Barbara Stanwyck confrontée à un jeune Clark Gable en attente d'un rôle qui lui permettrait de passer à la vitesse supérieure.

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Published by François Massarelli - dans Pre-code
1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 10:33

Gloria (Mary Eaton), une jeune femme qui travaille chez un éditeur de musique se fait remarquer par un artiste de music-hall (Dan Healy) alors qu'elle danse lors d'un rassemblement public. Le dilemme initial (danser sur scène, ou rester à la maison et se marier avec le fiancé, Buddy, interprété par Edward Crandall) va vite pencher en faveur du music-hall, d'autant que la maman de Barbara (Sarah Edwards) est facilement ambitieuse pour deux... Elle part donc pour monter sur les planches, dans des théâtres de plus en plus grands, et sera même repérée par un talent scout de chez Ziegfeld. Pendant ce temps, non seulement le partenaire insiste de façon un peu trop leste pour que Gloria manifeste sa reconnaissance, mais en prime Barbara, une jeune collègue, va tout faire pour la remplacer auprès de Buddy...

C'est un cas d'école, presque: à l'instar de The Broadway Melody et Applause produits la même année, ce musical installe le terreau sur lequel tout le genre sera construit durant les années 30. Il le fait avec les moyens du bord, mais on peut constater assez vite que la production, chapeautée par Monta Bell, fait tout ce qui est possible pour éviter les écueils du cinéma en boîte qui était quand même le style en vogue cette année là, et pour cause: boudant le cinéma muet, le public était prêt à prendre n'importe quoi du moment que ça parle... Ici, pourtant, le montage est adroit, des scènes ont été filmées en extérieur, la diction n'est pas trop marquée "1929"... Et les trente dernières minutes, qui nous montrent le spectacle Ziegfeld (le grand impresario est d'ailleurs crédité à la production du film) est truffé de scènes en Technicolor 2 bandes, qui ont été restaurées pour les besoins de la version en HD: les trois segments sont des parties essentiellement dansées. Comme toujours avec cette étape du Technicolor, les personnes qui cherchent un peu de vraisemblance dans la couleur, en seront pour leurs frais, et les teintes présentes sont d'une inventivité étonnante (à rapprocher du film Universal The King of Jazz, de 1930, qui lui sera intégralement en couleurs).

Et contrairement à ce qui ne tardera pas à devenir la règle, le film comme les deux exemples cités plus haut conclut à la présence importante du sacrifice dans le monde du spectacle: tout n'est pas rose pour cette jeune danseuse effectivement talentueuse, qui va devoir tout lisser derrière elle, et termine le film adulée mais seule, condamnée au succès en raison d'un contrat indigne, et qui sait que dans le parterre de spectateurs, il y a son ex-fiancé qui vient de se marier... Un ton délibérément pessimiste, qui ne tardera pas à disparaître, ou alors restera en sous-texte dans des films comme 42nd street ou même The bandwagon.

Cela ne signifie pas que tout le film soit fascinant, bien sûr: même mis en scène avec adresse et montée afin d'éviter un plan unique et fixe de 10 minutes, le sketch d'Eddie Cantor est interminable... Le personnage de danseur sans scrupules, qui prend son statut de vétéran du show business comme un ticket pour la promotion canapé, est déjà un cliché à cette époque! Mais le film explose dans ses excès colorés, et assume bien l'extravagance de ses éléments qui viennent en droite ligne du mauvais goût à la Ziegfeld: le recours systématique à la "nudité virtuelle", les amoncellements de chorus girls qui deviennent les meubles et le décor, les tableaux vivants, la présence hallucinante d'Adam et Eve (à propos, le bellâtre ne crie pas, ne dira rien, mais on le reconnaîtra facilement derrière sa feuille de vigne)... Ca, on ne va pas l'oublier. A voir dans une copie restaurée et en HD, sinon, ça ne marchera pas...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Musical Monta Bell
14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 10:10

Un couple adultère (Walter Pidgeon, Gloria Stuart) s'apprête à passer une bonne soirée... quand le mari (Paul Lukas) survient, et tue son épouse. Il téléphone à la police, et attend sagement qu'on l'arrête. C'est son ami, l'avocat Paul Held (Frank Morgan) qui doit le défendre. celui-ci voit justement dans l'expérience de son client une situation qui lui paraît familière: il va acquérir la certitude que Maria (Nancy Carroll) son épouse, le trompe. Il entend bien se servir du procès comme d'un galop d'essai, qui le libérerait pour commettre, à son tour, le même meurtre...

Nous voilà devant un film noir, ou en tout cas un proto-film noir, qui ne ressemble pas du tout à ce qu'on attendrait... Whale, en maître de la narration en images (le prologue est formidable, majoritairement muet, et marqué par un plan-séquence virtuose et esthétiquement très travaillé), a conçu son film avec essentiellement l'envie de le situer d'une part au niveau des sentiments et de leur matérialisation physique, ainsi la scène qui va révéler aux deux maris (l'un en flash-back, l'autre en continuité) que leurs épouses les trompe, est une scène qui parle de désir, de préparation sensuelle, et de frustration: la mari voit son épouse s'apprêter pour sortir, et prend la minutie de ses gestes de travers: quand dans les deux cas le mari se précipite sur son épouse pour un baiser fougueux, il est repoussé... La préparation est donc pour un autre. 

D'autre part, le metteur en scène de Bride of Frankenstein s'amuse... à nos dépens, et à ceux de ses personnages masculins: le miroir, énoncé dans le titre, est donc un champ de bataille, et pour une large partie du film, une défaite de l'homme, mis à terre par une certaine dose d'humiliation. Bien sûr, on aurait aujourd'hui une toute autre lecture, à la lumière des moeurs du 21e siècle. Mais Whale, lui-même foncièrement sceptique à l'égard des femmes (toute son oeuvre jusqu'à 1935 tend à le démontrer), leur donne ici un rôle particulièrement négatif. Ce qui passe, car le film prend parfois des atours de comédie, et à la suite du chemin de croix de Frank Morgan, tend aussi à nous montrer l'homme émasculé, et réduit à s'en remettre à des objets de substitution, des armes donc.

Et au milieu de ce baroque film profondément caustique, il dresse aussi des portraits formidables, celui des assistants de l'avocat en particulier: un vieux clerc alcoolique au verbe narquois (Charley Grapewin), et une grande avocate, légèrement disgracieuse selon les canons de 1933, et qui affiche une assurance telle de ne jamais trouver l'âme-soeur, que quand on connaît bien l'oeuvre de Whale, on saura lire entre les lignes...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code James Whale
6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 17:48

Le Portugais de San Diego Mike Mascarenhas (Edward G. Robinson) est l'énergique patron de la Santa Maria, un bateau de pêche qui se spécialise dans la chasse au thon. Il a perdu une main lors d'un naufrage durant lequel il a sauvé la vie de son second Pipes Boley (Richard Arlen). Quand il revient au port après la mort d'un de ses marins, il rencontre la fille (Zita Johann) de ce dernier et tombe amoureux: parce qu'elle sait que le marin est une bonne opportunité d'échapper à la prostitution, Quita accepte, mais elle va vite tomber amoureuse de Pipes...

Après l'Italien (Little Caesar), le Chinois (The Hatchet man), Robinson était mis à toutes les sauces ethniques par la Warner. Une façon comme une autre de capitaliser sur son talent... ou de lui laisser les coudées franches pour en faire des tonnes et des tonnes, c'est selon les goûts! Hawks connaît son boulot et donne à voir un honnête mélodrame qui bénéficie quand même du ton et du montage propres à la Warner en ces années bénies...

...Et surtout, à travers ce matamore bavard de Mike Mascarhenas, il se prend à accumuler les images autour de ces hommes supposés être saisis dans l'exercice de leur métier, un ingrédient qui passionne toujours le réalisateur. A travers ces gens qu'on nous montre risquant leur vie pour gagner leur pain, dans des circonstances que le film se plaît à montrer toujours plus dangereuses (...il y a des requins!) le cinéaste nous chuchote comme il savait le faire que le travail et le professionnalisme sont l'essence même de l'homme. Et ce film est aussi l'une des rares occasions de retrouver l'étrange visage de Zita Johann, l'héroïne de The Mummy...

 

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Published by François Massarelli - dans Howard Hawks Pre-code
9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 16:04

C'est à l'écart de l'univers développé par Ernst Lubitsch avec les mêmes acteurs (de The love Parade à One hour with you pour rester à la Paramount) que Rouben Mamoulian a tourné ce qui reste sans doute comme l'une des plus glorieuses comédies musicales de l'époque... Contrairement à ce qui se faisait à la Warner, les films du genre proposés par la Paramount étaient souvent inspirés du monde de l'opérette, les personnages n'ayant pas le moindre besoin de s'agiter sur une scène pour tout à coup chanter... Les chansons (ici de Rodgers and Hart) sont donc partie intégrante de l'action du film...

Maurice Courtelain (Chevalier de son vrai nom) est un tailleur Parisien, victime comme ses amis et voisins, autres commerçants, d'un mauvais payeur: le Duc de Varèz (Charlie Ruggles), en effet, a pris l'habitude de vivre aux dépens d'un oncle qui ne veut plus financer un train de vie gênant, et il laisse donc des ardoises un peu partout. La rue élit donc Maurice pour aller chercher le règlement des petites notes. Seulement dans la famille du Duc, on voit un commerçant d'un mauvais oeil, et pour compliquer le tout, la cousine du nobliau, Jeannette (McDonald) est fort avenante: c'est le coup de foudre entre la belle Princesse et le Parisien, qui pour pouvoir s'introduire au château, se fait passer avec la complicité du Duc, pour un Baron.

D'une part, c'est mené tambour battant, et éblouissant de drôlerie: Mamoulian s'amuse; les dialogues fusent, les acteurs s'en donnent à coeur joie: le film est une véritable fête de plaisir, à condition mais c'est la règle du jeu, qu'on accepte le style chanté des deux protagonistes! En titi Parisien revu et corrigé par Hollywood, Chevalier est presque une étrange capsule temporelle à lui seul, et bien sûr Jeannette McDonald, entre tenue austère et déshabillages intempestifs, est une figure de sensualité assez évidente...

Mais il y a mieux encore: contrairement à Lubitsch, qui définit souvent un espace assez limité et y promène son petit monde, Mamoulian lui s'amuse justement à nous balader en permanence, en commençant par s'introduire dans un Paris mythique (les premiers plans du film sont une constante source d'invention), avant justement de nous entraîner dans un château grand luxe, allant jusqu'à nous amener avec lui dans un chasse délirante en forêt. Et lui qui a déjà redéfini le film parlant avec Applause et montré une virtuosité impressionnante avec Dr Jekyll and Mr Hyde, se lance dans une invention permanente, faisant feu de tout bois: ralenti, accéléré, gags aux frontières du surréalisme, brillants jeux d'ombres... Le film est basé de façon plus ou moins visible sur La belle au bois dormant, avec la présence de trois "bonnes fées" qui veillent sur la princesse, et une scène de réveil avec baiser. Toutes ces qualités sont combinées avec des dialogues à double sens du plus bel effet (surtout quand c'est Myrna Loy qui les prononce...), ces ingrédients en feraient presque une comédie avant-gardiste, qui reste malgré tout constamment un spectacle du plus bel effet.

...Mais un spectacle aujourd'hui bien incomplet, puisque seule a survécu une version amoindrie, rabotée du film afin de satisfaire les exigences morale et pudibondes du code de production. On a connaissance des scènes enlevées, bien sûr, mais ces dix minutes promettaient d'être passionnantes, quand on sait que ce qui reste est déjà un beau joyau gonflé de cette période intense de liberté créatrice... Et de penser que ce film, dans lequel la belle Myrna déambule de scène en scène avec toujours une gourmandise à dire qui nous indique que son personnage est une nymphomane ceinture noire, a été censuré, excite quelque peu notre curiosité...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Rouben Mamoulian Musical
3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 11:09

Un bateau rempli d'Américains désoeuvrés (et soucieux de passer du temps en dehors de leurs eaux territoriales afin de s'y adonner aux plaisirs de la boisson) aborde une petite île de Polynésie, et ce qui se passe généralement dans les films situés dans cette région est ici inévitable: les habitants de l'île se précipitent vers eux et se livrent à de multiples acrobaties. L'un des marins, Johnny (Joel McCrea) tombe amoureux d'une belle naïade (Dolores Del Rio) avec laquelle il va très vite essayer de fuir. Sauf que la dame en question est fille de chef, et qu'on ne rigole pas trop avec le protocole dans cette île volcanique où on a tendance à calmer les éléments en leur sacrifiant de jeunes vierges...

Dans son autobiographie, King Vidor disait avoir fait ce film dans le seul but de se payer deux mois au soleil, et au vu du résultat, c'est assez clair que c'est probablement en effet exactement le cas.

Pourtant, ce film jetable, à l'intrigue anémique et aux images trop belles pour être vraies (bien qu'effectivement tournées sur place), porte en germe beaucoup de grandes choses: selznick l'a produit avant King Kong, et Steiner en a aussi écrit la bande originale, du coup Bird of Paradise est un peu un précurseur, tout en renvoyant aussi bien à Tabu de Murnau, qu'à White shadows of the South Seas de Woody Van Dyke. enfin, la fameuse séquence durant laquelle Dolores Del Rio (Ou plus probablement sa doublure) nage sans l'ombre d'un maillot a probablement inspiré les metteurs en scène (ils sont nombreux à être crédités, disons qu'il y a au moins Cedric Gibbons et Jack Conway) de Tarzan & his mate, dans lequel Jane (Maureen O'Sullivan) perd sa robe sous l'eau. Coïncidence? Gibbons était le mari de la belle Dolores...

 

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Published by François Massarelli - dans King Vidor Pre-code Mettons-nous tous nus
21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 17:02

Voici l'un des films (les autres sont, sans aucune espèce de doute, les comédies musicales de Busby Berkeley à la Warner, Baby Face et le malheureux film Convention city sacrifié sur l'autel du retour à la morale) qui a probablement rendu le retour du code Hays totalement inévitable...

Des escrocs à peine sortis de prison (Robert Armstrong, James Gleason) lancent une affaire pour se remettre en selle: sous le couvert d'une reprise d'un magazine consacré au sport et à la santé, ils souhaitent se faire un maximum d'argent en exploitant sans vergogne les corps suggestifs des athlètes et les bas-instincts des lecteurs et lectrices potentiels... Ils vont aussi essayer de lancer une auberge de la santé pour y organiser des parties fines aux dépens de leurs athlètes. Ceux-ci, en bons petits soldats, s'offusquent et vont leur rendre la monnaie de leur pièce.

Cette charmante comédie un peu foutraque, avec dans les rôles principaux Buster Crabbe et Ida Lupino en athlètes très propres sur eux, est un hallucinant film, qui tire dans tous les coins, exploitant avec aussi peu de scrupules les corps des athlètes que les personnages, tout en déroulant une morale qui paraît acceptable... mais est aussi douteuse: c'étaient les années 30, et elle fait tomber le film, parfois, dans le giron du fascisme (Ah! ces corps parfaits, qui défilent au pas) qui fascinait tant Hollywood à l'époque. 

Et sinon, il convient de se poser la question: l'actrice Toby Wing était-elle la Ward Bond de l'époque pre-code? la preuve en image:

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code