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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 09:25

Réalisé en fin d'année 1930, soit une année marquée par un film au succès spectaculaire (The big house) qui est situé dans une prison, ce film est néanmoins bien plus que la simple réponse de la Columbia à la MGM sur un genre donné. Hawks continue d'y faire ses gammes et d'y développer un savoir-faire qui est boosté par le parlant...

Le procureur Brady (Walter Huston) envoie le jeune Bob Graham (Barry Norton) en prison pour le meurtre involontaire d'un sale type qui s'en est pris à une femme dans un speakeasy. Le jeune homme ne va pas tarder à perdre son innocence au milieu des gangsters de la pire espèce, mais v aussi expérimenter la solidarité entre les détenus. Après six ans des dix que doit durer sa peine, il voit arriver à la prison Brady, nommé directeur après une élection malheureuse. Ca va tout changer...

C'est un de ces excellents films des débuts du parlant, où le metteur en scène s'est imposé de garder le contrôle du naturel en permanence. Pas de texte ralenti pour des raisons techniques, ici, pas de prudence à l'égard du débit, Hawks et ses acteurs ont compris que la technique fragile du parlant peut qund même s'accommoder d'une diction rapide, et c'est tant mieux! Occasionnellement, certains acteurs (Karloff en tête mais c'était son style) vont ralentir un peu le rythme, mais ce drame de la prison apparaît comme l'un des meilleurs du genre, car oui: c'était un genre (Thunderbolt, The Big House, 20,000 years in Sing-Sing et même Pardon us avec Laurel et Hardy...).

L'histoire d'amour en toc, par contre, à laquelle Hawks ne s'est pas du tout intéressé, ne joue pas en faveur du film, et cela explique la supériorité, au hasard, de l'impeccable 20,000 years in Sing-Sing de Curtiz.

 

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Published by François Massarelli - dans Howard Hawks Pre-code
10 août 2021 2 10 /08 /août /2021 16:18

Alors que la guerre interne pour le leadership d'un gang de trafiquants de bière bat son plein, un tireur d'élite (Gary Cooper) qui travaille dans une fête foraine file le parfait amour avec Nan (Sylvia Sidney), la fille d'un des gangsters... Elle essaie de le recruter, mais il résiste, jusqu'au jour où elle fait un petit séjour en prison parce que son père (Guy Kibbee) l'a impliquée dans un meurtre. Une fois sortie de prison, elle décide de tout faire pour qu'il en sorte. Mais ça va être dur, d'autant que le big boss (Paul Lukas) a des vues sur elles, et les moyens d'obtenir tout ce qu'il veut...

Un peu comme dans Scarface ou Public enemy, ce film montre un monde de la pègre où la police semble particulièrement peu efficace, presque une vague utilité plutôt qu'une menace. Mamoulian utilise en permanence l'image en priorité sur le dialogue et son film est l'un des plus stylisés de la période, sans surprise pour qui a vu son Dr Jekyll... Avec ses interprètes, particulièrement Sylvia Sidney et Gary Cooper qui sont vraiment excellent, il s'ingénie à laisser les personnages prendre toute la place, dans une lutte souvent tragique entre le bien et le mal, qui prend souvent des tournants inattendus. 

En parlant d'inattendu, il est curieux de voir des acteurs comme Paul Lukas ou Guy Kibbee dans des rôles aussi antipathiques que les gangsters qu'ils interprètent, mais justement c'est l'un des thèmes du film, l'attrait insurmontable du crime. Un autre thème, omniprésent à cette époque, réside dans l'apparente impossibilité de l'amour, présenté comme la rencontre de deux mondes antagonistes: c'est commun à la plupart des oeuvres de Mamoulian à l'époque, et ça s'incarne, en particulier, à travers le chassé-croisé entre vie honnête et gangstérisme, qui se joue autour des deux héros, dans une scène de visite en prison où une grille dressée entre les deux personnages les empêche avec difficulté de laisser libre cours à leur tendresse... Enfin, le film est notable pour un pari gonflé, celui de dissocier totalement le son et l'image, en choisissant de cadrer l'image d'une conversation sur des figurines d'animaux, qui sous-tendent ironiquement le dialogue, en soulignant les non-dits... tout ça bien sûr enfonce le clou: Mamoulian était doué, très doué.

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Rouben Mamoulian Noir
8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 09:48

Dans un music-hall, le ventriloque Gabbo n'arrive plus à retenir son égocentrisme et manifeste à l'égard de Mary, son assistante, une froideur et une méchanceté de tous les instants. Le couple se disloque et Mary s'éloigne... Deux ans plus tard, ils partagent la vedette d'une revue: Gabbo s'est rendu compte de son erreur et tente de la faire revenir vers lui, mais Mary est mariée à son partenaire, et souhaiterait trouver le moyen de le dire à celui qui continue, malgré leur histoire commune si compliquée, à la fasciner...

A côté de cette intrigue, il y a Otto: la poupée articulée de Gabbo, en effet, est la raison pour laquelle le film a souvent été mis un peu à tort et à travers dans la case fantastique. Le rapport entre le ventriloque et sa marionnette est impressionnant et pose forcément des questions au spectateur: quand il est seul dans sa loge, Gabbo lui parle et Otto lui prodigue généralement des conseils. Quand Mary s'en va, Otto lui témoigne la sympathie que Gabo lui refuse. Et quand elle est définitivement partie, Otto devient, plus que jamais, le confident de l'artiste. Un artiste qui est détesté par tous ceux qui l'approchent: ses voisins dans les coulisses se moquent de lui, et les danseuses et chorus-girls 'apprécient pas sa morgue et se moquent de son côté hautain... Seul contre tous, Gabbo adopte une position de repli, parlant toujours plus à Otto sans se rendre compte qu'il devient peu à peu complètement fou...

De son côté, Mary écoute Otto, car elle sait qu'il exprime le côté positif de son propriétaire. Quand elle dit adieu à Gabbo, c'est à Otto qu'elle le dit. Du coup, le doute est permis, et ni Cruze ni Stroheim ne nous diront jamais clairement si Otto est doué de vie ou si c'est tout simplement une histoire, littéralement, de fou. La solution s'impose de toute façon d'elle-même, le personnage de Gabbo étant, comme un Svengali malchanceux, totalement fascinant... Un mélange de folie, donc, mais aussi d'une pudeur malvenue, celle d'un personnage qui s'enferme dans un amour impossible...

Il fallait, pour un tel personnage, un monstre sacré comme Stroheim. Celui-ci est royal, jouant de son accent et de sa raideur comme rarement... Il semble apprécier le fait d'utiliser enfin sa voix, d'ailleurs: c'est son premier film parlant, et il réussit brillamment le test... Le personnage a sans doute bénéficié de ses idées, et on trouve des touches personnelles dans son costume et son maquillage: en plus de l'aspect cérémonial de son costume de scène (une veste blanche impeccable, une culotte de velours noir avec des as jusqu'aux genoux, et une paire de chaussure à la dernière mode du XVIIIe siècle), il a ajouté des médailles sur lesquelles nous ne saurons rien, et qui ajoutent un peu plus à la dimension mythique et passée du personnage: il a vécu, et il ne sait pas lui-même qu'il est en bout de course... Comme pour confirmer ce dernier point, la cicatrice de l'acteur, située sur le front, au-dessus de l'oeil droit, est accentuée par le maquillage et justifie une fois de plus de manière éclatante la présence d'un monocle...

Betty Compson est formidable, et il est dommage qu'elle n'ait pas pu prolonger cette carrière de premier plan... Ici, elle est doublée aussi bien pour les scènes chantées que pour la danse. Car c'est la particularité, mais aussi la malédiction, de ce film: c'est aussi une comédie musicale... Typique de 1929, c'est à dire qu'on y considère le spectacle comme devant être à l'imitation de ce qui se passait à New York chez Ziegfeld: des danseuses habillées de mousseline, qui marchait en rythme, accumulées de tableau en tableau. Une spirale de mauvais goût au goût artistique réduit à néant... Ces scènes était rehaussées de couleurs dans la version originale disparue, mais en noir et blanc, elles sont des tentations coupables de zapper, malgré l'extravagance des moyens mis en oeuvre: des mises en scènes délirantes (l'un de ces numéros montre les danseurs et danseuses évoluer sur une toile d'araignée...) et les clins d'oeil à la permissivité de Ziegfeld (les statues nues et vivantes, maquillées de blanc). Ces scènes ont probablement joué pour la bouche à oreille du film, mais aujourd'hui elles l'alourdissent considérablement.

Ce qui est aujourd'hui considéré comme un classique, paradoxalement, n'a pas eu une très belle carrière en salles. C'était un pari risqué pour Cruze, et il a payé le prix: après un ou deux films indépendants voire tournés pour des compagnies de seconde zone (Republic ou Tiffany, par exemple), et quelques productions occasionnelles pour Universal ou Paramount, la carrière de l'ambitieux metteur en scène de The covered wagon et Old ironsides était finie...

 

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Published by François Massarelli - dans Erich Von Stroheim Pre-code Musical James Cruze
8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 09:28

La petite amie du gangster Jim "Thunderbolt" Lang (George Bancroft), Ritzy (Fay Wray), voit en secret Bob Moran (Richard Arlen), un jeune banquier sans aucun lien avec le crime. C'est le début d'une série d'événements qui conduiront le généralement prudent chef de la pègre au couloir de la mort... Mais il a de la ressource, même en prison: peu de temps après, Moran se fait piéger et le rejoint...

Pour son premier film parlant, Sternberg a tout de suite pris les choses en main, en intégrant le son à sa mise en scène. Il réalise d'une part un film de gangsters très proche de ce qu'il avait réussi brillamment avec Underworld, et du reste la présence de Bancroft est tout sauf un hasard; il y montre un parcours étonnant, celui d'un gangster qui n'a rien à perdre, mais agit en permanence selon des codes complexes qu'illustrent ses actions et son regard. Bancroft, finalement, parle peu... D'autre part, la mise en scène intègre les dialogues comme un choeur grec mais mis en situation, la plupart des personnages en place servant à véhiculer de l'information, faire avancer l'intrigue, etc... Si le dialogue souffre de la lenteur propre à la prudence conseillée par les techniciens qui pensent qu'un débit rapide serait dommageable à la compréhension (ce qui va changer), Sternberg se résout à limiter les répliques, comme le fera Lang deux ans après dans M...

En choisissant de commencer par suivre Fay Wray et Richard Arlen, Sternberg baigne le film de romantisme, mais qu'on ne s'y trompe pas: le héros reste Thunderbolt, et son destin flamboyant... Cela étant les deux tourtereaux s'en tirent bien, surtout Fay Wray en fiancée d'un gangster. L'attitude ferme et décidément aguerrie qu'elle affiche dans la scène située au poste de police nous change de ces sempiternels rôles qui la voient crier plus souvent que parler (cela étant dit avec le respect, bien entendu, qui est dû aussi bien à King Kong qu'à Doctor X). La deuxième moitié du film est dominée par les scènes tournées à Death row, où Sternberg trouve des moyens d'utiliser le son d'une manière novatrice: le dialogue et les bruits ambiants sont partagés entre les personnages vus à l'écran (le plus souvent Bancroft et un savoureux directeur de prison dépassé par les événements, incarné par Tully Marshall), et tout leur environnement, fait largement de voix et de son off. Il en sort une vision forte de cette situation humaine si particulière, qui sied bien au romantisme si original de Josef Von Sternberg...

 

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Published by François Massarelli - dans Josef Von Sternberg Pre-code
8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 17:28

Un mariage va avoir lieu en Arizona, chez les bous... pardon, les cow-boys, d'ailleurs tous préservés de la poussière et de la saleté, portant tous le même costume... Mais ce mariage arrangé n'a rien d'une occasion de se réjouir, car il séparera définitivement deux amoureux: l'un est un indien (un peu) et l'autre une, je mets des guillemets parce que je ne suis pas Eric Zemmour, "blanche"...

Pendant ce temps, Eddie Cantor joue un hypochondriaque qui chante les pures sous-entendus de la planète en roulant des yeux gracieusement, les girls chantent et dansent, Busby Berkeley cherche mais ne trouve pas encore. Ce serait anecdotique à l'extrême si le film n'avait pas été intégralement préservé dans son Technicolor d'origine, et franchement c'est un miracle. ...Pas le film.

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Published by François Massarelli - dans Musical Pre-code
16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 08:40

On a volé les bijoux de Norma Shearer, donc la police enquête: parmi les enquêteurs et témoins, on trouve Fay Wray, Lowell Sherman, Barbara Stanwyck, Stan Laurel, Oliver Hardy, Buster Keaton, Our Gang, Wallace Beery, Gary Cooper et la liste est très longue, en particulier pour un film de 18 minutes.

C'est un court métrage de charité, dont les recettes ont été reversées à une association pour lutter contre la tuberculose... De façon intéressante, on trouve une marque de cigarettes parmi les sponsors. Le film ne brille ni par sa mise en scène ni par ses gags. Laurel et Hardy y détruisent une Ford T: La routine, quoi.

 

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie Pre-code Buster Keaton
29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 14:03

Michael Curtiz a sorti 6 films en 1933, tous pour la Warner (y compris quand le studio est sous le subtil pseudonyme de First National!) et tous sont, dans des genres différents, indispensables... Celui-ci est sans doute le plus léger, et le plus frivole, aussi: on est bien loin de la sombre et fascinante intrigue de The mystery of the wax museum, et son effroyable embaumement à la cire! Warren William, qui tentait de changer son image de vieux garçon séducteur à sang froid, y expérimente avec la comédie, et donne la réplique dans cette adaptation d'une pièce de théâtre à un superbe casting: Joan Blondell, Genevieve Tobin, Wallace Ford et Hugh Herbert...

Ken Bixby (William) est un auteur à succès: toutes les lectrices s'arrachent ses romans sulfureux, et il passe un temps important et lucratif à les rencontrer... Parfois, il fait aussi des conquêtes, au grand dam de sa secrétaire Anne (Blondell), qui l'aime sans jamais le lui avoir dit. Lors d'une étape, ils vont tomber dans les griffes d'une ancienne camarade d'université (Tobin) du romancier, qui a décidé qu'elle était certainement son inspiration. Il va être très difficile de se débarrasser d'elle, ainsi d'ailleurs que de son encombrante famille, et de leur avocat...

Fidèle à son habitude, Curtiz a pris la pièce en l'état et s'est amusé à lui donner de l'énergie, laissant les acteurs faire leur boulot avec conviction. On sent bien que Warren William s'amuse beaucoup, et il n'est pas le seul! Et époque pré-code oblige, le marivaudage éclabousse pas mal, d'autant que Genevieve Tobin, qui joue une bourgeoise fofolle, a le chic d'apparaître exactement où il ne faut pas être, à commencer par un lit qui n'est pas le sien. Curtiz a-t-il profité de ce film pour réaliser l'auto-portrait d'un coureur sans vergogne? Un regret toutefois: Joan Blondell est sous-employée...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code Michael Curtiz
23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 09:46

Aucun moyen pour moi de vérifier si la liste de réalisateurs (aucun n'est au générique) donné par un site vulgarisateur bien connu est authentique, mais suivant le bon vieil adage, j'ai décidé d'imprimer la légende... C'est que ce film, le dernier des musicals extravagants de l'ère pré-code, est un cas d'espèce. A l'origine, on avait au début du parlant cette option, de créer des films qui seraient des patchworks de studio, dans lesquels une sorte de revue mal fichue, avec sketchs, danse, chansons, numéros en Technicolor et vedettes sous contrat, permettait de remplir les bobines et les salles, en tournant un bouche-trou triomphal à moindre coût puisque tout le monde qui tournait ces machins était sous contrat. Mais Hollywood Party, qui était avancé comme une sorte de publicité interne à la MGM, a pris tant de temps à se faire qu'au final c'est un désastre absolu.

D'une part il y a une intrigue, si on ose dire; confronté à l'absolue nullité (Extraits à l'appui) de son film Schnarzan the Conqueror, l'acteur Jimmy Durante se décide à tenter le tout pour le tout: on annonce 'arrivée à Hollywood du Baron de Munchausen (??????), qui a ramené de la savane une troupe de vrais lions, Durante-Schnarzan lui dédie une fiesta grandiose, où des dizaines de chorus-girls et des centaines de stars vont se presser. Et il décide de ne pas inviter sa co-star Lupe Velez don le tempérament volcanique ne peut tolérer un refus...

D'autre part la multiplicité d'équipes, le côté morcelé du tournage, et le manque totale d'investissement de qui que ce soit on transformé ce film en un étrange cadavre exquis, une comédie qui n'est pas drôle (Durante est un outrage permanent à l'art de faire rire, mais il ne le sait pas), dans laquelle même Laurel et Hardy (pourtant parmi les plus décents, avec un interlude Disney en Technicolor) semblent naufragés. On gardera en mémoire l'un des plus hallucinants passages, où Durante et Velez, avec 2 grammes de vêtements sur eux, parodient Tarzan... Aucun des metteurs en scène qui ont oeuvré sur cet étrange objet n'a daigné le signer, on pense que George Stevens est bien le réalisateur des scènes avec Laurel et Hardy (et leur rencontre avec Lupe Velez)...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Disney Laurel & Hardy Navets
23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 09:33

Avant de devenir dans les années 60 le célèbre compilateur de scènes de comédie, qui a permis de rappeler à un public qui était privé de leurs films le génie de Keaton, Laurel et Hardy et d'autres, Youngson a exercé son art du montage d'extraits sur des courts métrages, dont celui-ci, sorti en 1955 et dont le but est de faire redécouvrir au public des films Warner devenus insortables dans les prudes années 50: cinq classiques ou moins classiques films pré-code sont au programme. Pas de Public enemy ou de Little Caesar ici... 

Au programme donc, Sinners' holiday (John Adolfi), un petit film de gangsters dans lequel James Cagney fait son entrée dans la carrière; 20,000 years in Sing-Sing de Michael Curtiz, avec Spencer Tracy et Bette Davis (on voit ici une scène dans laquelle le prisonnier Tracy explique à sa petite amie Davis qu'il faudrait qu'elle s'habile moins sexy la prochaine fois qu'elle vient le visiter!); Five star final de Mervyn Le Roy, avec Edward G. Robinson en journaliste à scandale, confronté à des types plus moches que lui (au sens moral, bien sûr) dont Boris Karloff; une adaptation de Trilby avec John Barrymore dans le rôle de Svengali, réalisé par Archie Mayo (et qui fait clairement le lien entre les années 20 et le parlant, les images choisies par Youngson sont fabuleuses); enfin, Night Nurse de William Wellman est un film-coup de poing bien dans la manière du metteur en scène, avec Barbara Stanwyck confrontée à un jeune Clark Gable en attente d'un rôle qui lui permettrait de passer à la vitesse supérieure.

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Published by François Massarelli - dans Pre-code
1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 10:33

Gloria (Mary Eaton), une jeune femme qui travaille chez un éditeur de musique se fait remarquer par un artiste de music-hall (Dan Healy) alors qu'elle danse lors d'un rassemblement public. Le dilemme initial (danser sur scène, ou rester à la maison et se marier avec le fiancé, Buddy, interprété par Edward Crandall) va vite pencher en faveur du music-hall, d'autant que la maman de Barbara (Sarah Edwards) est facilement ambitieuse pour deux... Elle part donc pour monter sur les planches, dans des théâtres de plus en plus grands, et sera même repérée par un talent scout de chez Ziegfeld. Pendant ce temps, non seulement le partenaire insiste de façon un peu trop leste pour que Gloria manifeste sa reconnaissance, mais en prime Barbara, une jeune collègue, va tout faire pour la remplacer auprès de Buddy...

C'est un cas d'école, presque: à l'instar de The Broadway Melody et Applause produits la même année, ce musical installe le terreau sur lequel tout le genre sera construit durant les années 30. Il le fait avec les moyens du bord, mais on peut constater assez vite que la production, chapeautée par Monta Bell, fait tout ce qui est possible pour éviter les écueils du cinéma en boîte qui était quand même le style en vogue cette année là, et pour cause: boudant le cinéma muet, le public était prêt à prendre n'importe quoi du moment que ça parle... Ici, pourtant, le montage est adroit, des scènes ont été filmées en extérieur, la diction n'est pas trop marquée "1929"... Et les trente dernières minutes, qui nous montrent le spectacle Ziegfeld (le grand impresario est d'ailleurs crédité à la production du film) est truffé de scènes en Technicolor 2 bandes, qui ont été restaurées pour les besoins de la version en HD: les trois segments sont des parties essentiellement dansées. Comme toujours avec cette étape du Technicolor, les personnes qui cherchent un peu de vraisemblance dans la couleur, en seront pour leurs frais, et les teintes présentes sont d'une inventivité étonnante (à rapprocher du film Universal The King of Jazz, de 1930, qui lui sera intégralement en couleurs).

Et contrairement à ce qui ne tardera pas à devenir la règle, le film comme les deux exemples cités plus haut conclut à la présence importante du sacrifice dans le monde du spectacle: tout n'est pas rose pour cette jeune danseuse effectivement talentueuse, qui va devoir tout lisser derrière elle, et termine le film adulée mais seule, condamnée au succès en raison d'un contrat indigne, et qui sait que dans le parterre de spectateurs, il y a son ex-fiancé qui vient de se marier... Un ton délibérément pessimiste, qui ne tardera pas à disparaître, ou alors restera en sous-texte dans des films comme 42nd street ou même The bandwagon.

Cela ne signifie pas que tout le film soit fascinant, bien sûr: même mis en scène avec adresse et montée afin d'éviter un plan unique et fixe de 10 minutes, le sketch d'Eddie Cantor est interminable... Le personnage de danseur sans scrupules, qui prend son statut de vétéran du show business comme un ticket pour la promotion canapé, est déjà un cliché à cette époque! Mais le film explose dans ses excès colorés, et assume bien l'extravagance de ses éléments qui viennent en droite ligne du mauvais goût à la Ziegfeld: le recours systématique à la "nudité virtuelle", les amoncellements de chorus girls qui deviennent les meubles et le décor, les tableaux vivants, la présence hallucinante d'Adam et Eve (à propos, le bellâtre ne crie pas, ne dira rien, mais on le reconnaîtra facilement derrière sa feuille de vigne)... Ca, on ne va pas l'oublier. A voir dans une copie restaurée et en HD, sinon, ça ne marchera pas...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Musical Monta Bell