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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 15:53

A Pago-Pago, Samoa, un bateau fait escale; à son bord, deux couples très dignes, un révérend d'une part, et un médecin progressiste d'autre part, avec leurs épouses. Parmi ceux et celles qui débarquent, se trouve également Sadie Thompson (Joan Crawford), une prostituée qui fuit la vie de San Francisco ou d'Honolulu. Sous le regard désapprobateur du docteur, et de Joe (William Gargan), un sergent bientôt démobilisé, le pasteur Davidson (Walter Huston) commence à s'intéresser à la rédemption de miss Thompson...

C'est la deuxième adaptation de la pièce de Somerset Maugham; la première (Sadie Thompson, 1927), également produite par Joseph Schenck, était muette et entièrement taillée pour Gloria Swanson, accompagnée de Lionel Barrymore dans le rôle du révérend fasciné au-delà du raisonnable par la dame de petite vertu! Raoul Walsh, qui réalisait le film, complétait le casting dans le rôle du beau sergent. On comprenait que la belle puisse envisager de tout quitter pour lui. Ici, c'est moins clair... Le personnage, assez falot, reste en dehors du véritable enjeu, la confrontation entre Sadie, et l'abominable manipulateur, réformateur (c'est-à-dire fondamentaliste et empêcheur de tourner en rond) jusqu'au bout des ongles, Révérend Davidson... Walter Huston est superbe, Joan Crawford aussi, dans l'un des plus beaux rôles de sa carrière...

Mais le film, tout en étant confié à un maître qui a eu les coudées franches (ses jours en tant qu'artiste étaient pourtant comptés), reste une adaptation d'une pièce de théâtre, dans laquelle le dialogue prend une place considérable. La tension accumulée par l'image dans la version muette, est ici principalement véhiculée par le dialogue... Et c'est plus conventionnel. Pourtant, on n'a pas lésiné: une photographie souvent nocturne, une partie du tournage à Catalina, des seconds rôles (Guy Kibbee!!) parfois savoureux, et un ton provocateur... Le film, surtout comparé à l'adaptation précédente, me semble quand même être moins bon que The front page et All quiet on the western front, les deux plus importants films de Milestone.

 

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Published by François Massarelli - dans Lewis Milestone Pre-code
18 octobre 2022 2 18 /10 /octobre /2022 18:03

Josef (Paul Lukas), le valet d’un prince très séducteur (Nils Asther), finit par décider de tenter sa chance comme son maître, en se faisant à son tour passer pour un noble. Il tombe amoureux d’une comtesse(Elissa Landi), sans savoir qu’elle est en réalité la femme de chambre d’une famille noble…

Sorti la dernière année de l’époque dite « pré-code », ce film de James Whale est surprenant à plus d’un titre, d’abord bien sûr dans le fait que son auteur est aujourd’hui surtout connu pour ses quatre films fantastiques (Frankenstein, The invisible man, Bride of Frankenstein) ou gothiques (The old dark house) alors que son œuvre est d’une plus grande richesse, pour l’instant largement ignorée; mais aussi, Whale s’y livre à une refonte personnelle de la comédie, selon des codes qui lui sont propres et qui vont à l’encontre, par exemple, de ceux d’un Lubitsch…

Mon choix de Lubitsch n’a rien d’u hasard : c’est que le héros du film, le valet d’un prince qui admire tellement son patron qu’il lui pique sa technique de séduction, qu’il note et répète en s’entrainant devant le miroir, nous fait penser que Lubitsch se serait plu à imaginer la même histoire, vue du point de vue du prince, justement. Et le prince aurait pu, certainement, prendre la place de son valet. Ce genre d’étude des strates de la société, du point de vue du populaire comique Berlinois qu’avait été Lubitsch, n’est pas du même genre après tout que ce que Whale en fait, lui qui s’intéresse d’abord à l’admiration inconditionnelle de Josef pour son maître.

Il va aussi plus loin, car quand le Prince rentre à l'improviste et surprend une conversation entre Josef et Marie, cette dernière appelant le majordome Prince, il se glisse automatiquement dans la peau du valet, et va même effectuer de façon impeccable les mêmes gestes que lui. Une façon de montrer ici que si le valet a observé le maître, le maître lui sait parfaitement imiter son valet, qu'il a forcément observé...

On sait que Whale a « caché » parfois de manière très visible dans son œuvre des allusions à sa sexualité, à commencer par le rapport curieux qui s’établissait par exemple entre Ernest Thesiger et Colin Clive dans Bride of Frankenstein. Dans ce film, on pourrait se livrer à une lecture asse intéressante de la fascination exercée par Nils Asther sur son valet; mais ce qui frappe plus, c’est à quel point finalement la mise en scène de la frustration du valet qui se prend pour le maître, et tombe amoureux d’une femme qui est exactement comme lui, une dissimulatrice et une menteuse, est moderne!

Et Whale utilise son élégante mise en espace en s’amusant à semer le doute, le mystère, passant au début du temps à nous faire nous interroger sur la véritable identité de ce dandy, qui s’avèrera au final être un domestique. Lorsque nous découvrons quelques séquences plus loin la fausse comtesse, elle aussi seule dans un boudoir où elle prend ses aises, nous comprendrons qu’elle est en fait, elle aussi une domestique. La mise en scène de Whale, qui utilise (d’ailleurs c’est parfois irritant) un contrepoint musical permanent, mène finalement aux mêmes conclusions que Lubitsch, mais avec des moyens bien différents : un homme est un homme et une femme est une femme. Paul Lukas est exceptionnel, Elissa Landi est assez à l’aise dans la comédie, et les personnages sont attachants: le film est une joyeuse bulle d’euphorie dans une oeuvre inquiète…

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Published by François Massarelli - dans Comédie James Whale Pre-code
16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 17:58

En Afrique, l'aventurier Aloysius 'Trader' Horn (Harry Carey) voyage de jungle en forêt inextricable en compagnie de Peru, le fils (Duncan Renaldo) d'un vieil ami, qui ne connaît ni l'aventure ni le continent, et de Rancharo (Mutia Omulu), son fidèle assistant. Ils rencontrent une vieille excentrique (Olive Golden Carey) qui parcourt l'Afrique pour retrouver sa fille qui lui a été enlevée des années auparavant. Mais quelques jours plus tard, ils vont retrouver le cadavre de la dame, et faire beaucoup de mauvaises rencontres...

Bien que le film soit basé sur un livre, lui-même inspiré de faits réels et d'un personnage authentique et haut en couleurs, on navigue constamment entre romance, aventure, réalisme, et... délire mélodramatique. Bien sûr qu'on croisera la fille perdue, seule blanche à la chevelure dorée à mener une inquiétante tribu à la baguette et préfiguration évidente d'un autre personnage qui sera l'année suivant confiée aux mains expertes de Woody Van Dyke. Mais ce dernier n'a probablement accepté la mission donnée par la MGM que parce qu'elle lui permettait de se rendre en Afrique et d'y tourner le premier film de fiction de l'histoire du continent.

Et quelque improbable que soit le résultat final, il bénéficie grandement de cet état de fait, le metteur en scène, qui avait déjà arpenté l'Ouest sauvage en long, en large et en travers dans d'innombrables westerns, qui avait mené deux tournages à succès dans les mers du sud, et qui n'attendrait pas longtemps à partir pour les solitudes frileuses du Nord du contient Américain, rêvait d'un tel défi! Un défi propre à faire ramener au cinéaste des kilomètres de pellicule quasi-documentaires, souvent présentées dans le film dans le cadre d'un dialogue entre le maître (Carey) et son élève (Renaldo), qui découvre en état d'extase permanente la beauté de l'Afrique et surtout sa faune. Les images ramenées serviront aussi de stock-shots à tous les Tarzan de la MGM, pour dix ans au moins.

Alors maintenant, on peut le dire: n'attendez pas un plaidoyer anti-raciste, ou un film très novateur. Les blancs, ici se comportent en blancs, Anglo-saxons, et la plupart des Africains y sont au mieux assujettis, au pire des sauvages. Il n'empêche, le personnage de Horn échappe quand même à cet aspect, lui qui affiche une tristesse profonde devant la perte d'un ami. Cet ami était noir, et Africain. Un détail, mais c'est toujours ça... 

Quand à Edwina Booth, elle a un rôle assez inattendu, à la fois décoratif, culotté, ridicule et humiliant... Elle a par-dessus le marché ramené un certain nombre de maladies du tournage, et je ne parle pas d'un rhume (oui, elle a à peu près le même costume que Tarzan): Trader Horn est donc le film qui a à la fois commencé, et terminé sa carrière.

 

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Published by François Massarelli - dans Woody Van Dyke Pre-code
12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 09:13

Le vieux Sud, avant la guerre civile... Le planteur Van Horn s'est installé depuis sa Pennsylvanie natale, et bien il vit remarié avec une (insupportable) ancienne "belle" locale, et avec son grand fils Carl. Celui-ci a rencontré une jeune femme, Dixiana (Bebe Daniels), qui est chanteuse à New Orleans. Avec le soutien de son père, il la ramène chez eux pour se marier, mais la belle-mère s'oppose au mariage quand elle apprend que Dixiana a travaillé dans le cirque... Elle doit quitter la plantation et décide de le faire sans Carl, dont elle pense qu'il ne doit pas mettre son avenir en danger.

Cinématographiquement, c'est du pur Musical de 1930, cette fois servi par la RKO: intrigue vague d'opérette, répartition parfois hasardeuse des ingrédients (chants, danse, comédie, et intermèdes de music-hall) dans laquelle les trois vedettes sont Bebe Daniels (compétente en dépit du matériau usé jusqu'à la corde qu'on lui confie), et les insupportables comiques pas drôles Wheeler et Woolsey, dont je ne vais pas plus parler parce qu'ils n'en valent pas la peine. Everett Marshall, le chanteur qui joue Carl, est nul. Le film vaut sans doute plus par ses vingt minutes finales en Technicolor qu'autre chose, et son méchant est épouvantablement fade...

Sinon, c'est le Sud tel que le cinéma s'est toujours obstiné à le représenter: douceur de vivre, mint juleps, et "mes esclaves chantent mieux que les esclaves des autres, c'est parce qu'ils aiment leur maître"... Bref.

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Musical
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 19:09

Lorsque la nuit vient et le gardien a le dos tourné, les jouets d'un grand magasin s'animent et font la fête au son de la chanson qui ouvre le film Gold diggers of 1933 de Mervyn Le Roy. C'est charmant, mignon tout plein, et assez proche de Disney, comme toujours avec ce duo fort raisonnable de réalisateurs de dessin animé à la longue carrière jalonnée de films souvent assez pâles quand on les compare à la folie furieuse de certains animateurs que nous n'avons pas besoin de nommer...

Mais ici, ce court métrage totalement musical est l'une des premières contributions, à la Warner, du futur réalisateur Isadore "Friz" Freleng, qui commence ici un flirt de plusieurs décennies avec l'illustration musicale, un exercice pas facile auquel il allait vite exceller...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Looney Tunes Friz Freleng
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 19:02

A vrai dire, je ne sais pas trop qui est Bernard Brown, obscur contributeur au cinéma des années glorieuses, et dont aucune filmographie ne mentionne sa "supervision" de ce film, comme on disait alors. Il est certainement plus sage de le créditer aux animateurs Jack King et Bob Clampett. Le deuxième était tout jeunot à cette époque, mais on retrouve son absence totale d'inhibition et sa tendance au grand n'importe quoi sans limite. Le premier était déjà un vétéran de l'animation qui avait travaillé avec Ub Iwerks chez Disney... 

Quant à la chanson, elle est le prétexte: les Merrie Melodies reprenaient toujours des chansons des films WB, cette fois c'est un classique tiré de Gold Diggers of 1933 (La chanson des ombres chinoises, si vous connaissez le film vous saurez de quoi je parle...) qui sert de base. Le cartoon fait quelques efforts pour faire allusion au film avant que le grand n'importe quoi ne s'installe...

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Animation Looney Tunes Pre-code
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 18:52

Quelques années avant l'arrivée de Tex Avery, la Warner possédait déjà dans son studio de dessin animé, dirigé vaguement par Leon Schlesinger, quelques individualités singulières... Parmi eux, jack King, qui a été le principal animateur de ce court métrage dont la tâche est simple: offrir autant de variations que possible autour de la chanson I've got to sing a torch song, tirée du grand succès du studio, Gold diggers of 1933.

Tom Palmer se lâche donc dans un film indescriptible, qui passe allègrement d'une idée à l'autre, en alternant Big Crosby dans son bain avec un couplet chanté ensemble par... Mae West, Greta Garbo et Zasu Pitts. L'une d'entre elles a même l'incroyable privilège de dire à la fin "That's all, folks"... A un autre endroit, des caricatures de James Cagney et Joan Blondell inversent les rôles de Public Enemy.

On retrouve ici  l'esprit des Merrie Melodies, qui sont définitivement une version adulte de la série Disney Silly Symphonies... Et le talent de King (transfuge de chez Disney) lui rapportera de devenir le principal pourvoyeur de courts métrages de chez Mickey Mouse à partir de 1937 en revenant au bercail...

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Published by François Massarelli - dans Animation Pre-code Looney Tunes
21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 19:13

Par bien des côtés, ce court métrage prolonge et complète le fameux Snow white des Frères Fleischer, avec Betty Boop, sans pour autant pouvoir rivaliser avec lui: Betty Boop y est presque une invitée, comme dans l'autre film, et son allure lui vaut d'être repérée et courtisée (pour rester poli, mais on entre dans un territoire toujours aussi libidineux) par le "vieil homme de la montagne" du titre, et bien sûr, il y a de la musique...

Mais justement: la musique, comme pour l'autre film, est confiée à Cab Calloway et ses hommes, grâce au fructueux contrat qui lie la Paramount et Irving Mills, le manager du musicien (et de Duke Ellington, qui apparaîtra à cette époque dans un film délirant de Mitchell Leisen): et cette fois, le film commence par nous montrer l'orchestre et le leader, pas un hommage léger quand on considère la condition raciale encore compliquée à l'époque! Sinon, le vieil homme de la montagne succède au personnage de Koko le clown blanc pour recevoir la voix du chanteur, qui se lance avec Betty Boop dans un hi-de-ho d'anthologie...

 

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Published by François Massarelli - dans Dave Fleischer Animation Pre-code
20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 17:46

Alors que la méchante Reine se contemple dans le miroir (et on se demande bien pourquoi), et réclame constamment l'assurance de sa beauté, sa belle fille arrive, et le miroir change d'avis: c'est Betty Boop. La marâtre décide donc de se débarrasser d'elle...

C'est peut-être le chef d'oeuvre des productions Fleischer, toutes tendances et toutes séries confondues, et en pleine période pré-code, c'est un film furieusement en avance sur tous les autres studios d'animation! Le principal maître d'oeuvre n'est pas le metteur en scène Dave Fleischer, mais l'animateur Roland Crandall qui a quasiment assumé l'animation du film en solo.

On ne peut pas dire que l'intrigue soit autre chose qu'un prétexte, préfigurant les dérapages incontrôlables de Bob Clampett de quatre bonnes années. C'est extravagant en diable, et le contrat qui unissait la Paramount, les Flesicher et Cab Calloway nous gratifie d'une hallucinante version de St James Infirmary, durant laquelle Cab double Koko le clown, devenu par la grâce du miroir magique un fantomatique pantin... une vue susceptible de nous hanter longtemps.

 

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Published by François Massarelli - dans Dave Fleiccher Animation Pre-code
22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 11:16

Joe Greer (James Cagney), pilote automobile, revient chez lui pour retrouver sa famille, et a une surprise: son petit frère Eddie a beaucoup grandi et a décidé de faire comme son grand frère... Pour Joe, qui connaît les risques du métier, c'est un choix contestable, mais il décide de la parrainer... En même temps qu'il laisse son frère entrer un peu plus dans sa vie, Joe rompt avec sa petite amie Lee (Ann Dvorak) qui pour se venger, demande à sa meilleure amie Ann (Joan Blondell) de séduire Eddie...

C'est un mélo, un vrai, derrière le déguisement d'un film sur la course automobile, un sujet dont Hawks était passionné (il y reviendra en douce, en faisant un remake officieux de ce film dans les années 60). C'est probablement l'aspect professionnel qui l'a le plus intéressé, comme on le voit dans la séquence d'ouverture quand Joe et ses font tourner le moteur dans... Le wagon d'un train. Mais au montage (le film est court, 70 minutes bien tassées), l'intrigue a été resserrée façon Warner, autour des personnages et des situations amoureuses. Et Cagney et Blondell étant devenues des stars, c'est eux qui en profitent le plus...

Il y a quand même des séquences inévitables de course, dont une est mémorable (et très dramatique, je vous laisse juges). C'est l'aboutissement d'un arc bien construit, autour du personnage léger de Spud, l'éternel second, interprété par l'excellent Frank McHugh. Pour le reste du film, les exploits sportifs sont souvent traités avec légèreté, ce qui culmine dans une scène finale burlesque dans une ambulance, qui n'est pas sans rappeler la façon dont une amputation, dans The big sky, allait donner lieu à des gags enfantins...

Hawks était un vrai maverick à l'époque, et tournait en cascade pour tous les studios. Mais le style de ce film est d'abord celui de la Warner, un film rythmé à la mitraillette autour de la diction de James Cagney... Il est dommage, même si bien sûr on aime Joan Blondell, qu'on voie ici Ann Dvorak s'effacer un peu plus. Après quelques films, elle va bientôt passer la main.

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Published by François Massarelli - dans Howard Hawks Pre-code