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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 19:09

Lorsque la nuit vient et le gardien a le dos tourné, les jouets d'un grand magasin s'animent et font la fête au son de la chanson qui ouvre le film Gold diggers of 1933 de Mervyn Le Roy. C'est charmant, mignon tout plein, et assez proche de Disney, comme toujours avec ce duo fort raisonnable de réalisateurs de dessin animé à la longue carrière jalonnée de films souvent assez pâles quand on les compare à la folie furieuse de certains animateurs que nous n'avons pas besoin de nommer...

Mais ici, ce court métrage totalement musical est l'une des premières contributions, à la Warner, du futur réalisateur Isadore "Friz" Freleng, qui commence ici un flirt de plusieurs décennies avec l'illustration musicale, un exercice pas facile auquel il allait vite exceller...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Looney Tunes Friz Freleng
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 19:02

A vrai dire, je ne sais pas trop qui est Bernard Brown, obscur contributeur au cinéma des années glorieuses, et dont aucune filmographie ne mentionne sa "supervision" de ce film, comme on disait alors. Il est certainement plus sage de le créditer aux animateurs Jack King et Bob Clampett. Le deuxième était tout jeunot à cette époque, mais on retrouve son absence totale d'inhibition et sa tendance au grand n'importe quoi sans limite. Le premier était déjà un vétéran de l'animation qui avait travaillé avec Ub Iwerks chez Disney... 

Quant à la chanson, elle est le prétexte: les Merrie Melodies reprenaient toujours des chansons des films WB, cette fois c'est un classique tiré de Gold Diggers of 1933 (La chanson des ombres chinoises, si vous connaissez le film vous saurez de quoi je parle...) qui sert de base. Le cartoon fait quelques efforts pour faire allusion au film avant que le grand n'importe quoi ne s'installe...

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Animation Looney Tunes Pre-code
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 18:52

Quelques années avant l'arrivée de Tex Avery, la Warner possédait déjà dans son studio de dessin animé, dirigé vaguement par Leon Schlesinger, quelques individualités singulières... Parmi eux, jack King, qui a été le principal animateur de ce court métrage dont la tâche est simple: offrir autant de variations que possible autour de la chanson I've got to sing a torch song, tirée du grand succès du studio, Gold diggers of 1933.

Tom Palmer se lâche donc dans un film indescriptible, qui passe allègrement d'une idée à l'autre, en alternant Big Crosby dans son bain avec un couplet chanté ensemble par... Mae West, Greta Garbo et Zasu Pitts. L'une d'entre elles a même l'incroyable privilège de dire à la fin "That's all, folks"... A un autre endroit, des caricatures de James Cagney et Joan Blondell inversent les rôles de Public Enemy.

On retrouve ici  l'esprit des Merrie Melodies, qui sont définitivement une version adulte de la série Disney Silly Symphonies... Et le talent de King (transfuge de chez Disney) lui rapportera de devenir le principal pourvoyeur de courts métrages de chez Mickey Mouse à partir de 1937 en revenant au bercail...

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Published by François Massarelli - dans Animation Pre-code Looney Tunes
21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 19:13

Par bien des côtés, ce court métrage prolonge et complète le fameux Snow white des Frères Fleischer, avec Betty Boop, sans pour autant pouvoir rivaliser avec lui: Betty Boop y est presque une invitée, comme dans l'autre film, et son allure lui vaut d'être repérée et courtisée (pour rester poli, mais on entre dans un territoire toujours aussi libidineux) par le "vieil homme de la montagne" du titre, et bien sûr, il y a de la musique...

Mais justement: la musique, comme pour l'autre film, est confiée à Cab Calloway et ses hommes, grâce au fructueux contrat qui lie la Paramount et Irving Mills, le manager du musicien (et de Duke Ellington, qui apparaîtra à cette époque dans un film délirant de Mitchell Leisen): et cette fois, le film commence par nous montrer l'orchestre et le leader, pas un hommage léger quand on considère la condition raciale encore compliquée à l'époque! Sinon, le vieil homme de la montagne succède au personnage de Koko le clown blanc pour recevoir la voix du chanteur, qui se lance avec Betty Boop dans un hi-de-ho d'anthologie...

 

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Published by François Massarelli - dans Dave Fleischer Animation Pre-code
20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 17:46

Alors que la méchante Reine se contemple dans le miroir (et on se demande bien pourquoi), et réclame constamment l'assurance de sa beauté, sa belle fille arrive, et le miroir change d'avis: c'est Betty Boop. La marâtre décide donc de se débarrasser d'elle...

C'est peut-être le chef d'oeuvre des productions Fleischer, toutes tendances et toutes séries confondues, et en pleine période pré-code, c'est un film furieusement en avance sur tous les autres studios d'animation! Le principal maître d'oeuvre n'est pas le metteur en scène Dave Fleischer, mais l'animateur Roland Crandall qui a quasiment assumé l'animation du film en solo.

On ne peut pas dire que l'intrigue soit autre chose qu'un prétexte, préfigurant les dérapages incontrôlables de Bob Clampett de quatre bonnes années. C'est extravagant en diable, et le contrat qui unissait la Paramount, les Flesicher et Cab Calloway nous gratifie d'une hallucinante version de St James Infirmary, durant laquelle Cab double Koko le clown, devenu par la grâce du miroir magique un fantomatique pantin... une vue susceptible de nous hanter longtemps.

 

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Published by François Massarelli - dans Dave Fleiccher Animation Pre-code
22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 11:16

Joe Greer (James Cagney), pilote automobile, revient chez lui pour retrouver sa famille, et a une surprise: son petit frère Eddie a beaucoup grandi et a décidé de faire comme son grand frère... Pour Joe, qui connaît les risques du métier, c'est un choix contestable, mais il décide de la parrainer... En même temps qu'il laisse son frère entrer un peu plus dans sa vie, Joe rompt avec sa petite amie Lee (Ann Dvorak) qui pour se venger, demande à sa meilleure amie Ann (Joan Blondell) de séduire Eddie...

C'est un mélo, un vrai, derrière le déguisement d'un film sur la course automobile, un sujet dont Hawks était passionné (il y reviendra en douce, en faisant un remake officieux de ce film dans les années 60). C'est probablement l'aspect professionnel qui l'a le plus intéressé, comme on le voit dans la séquence d'ouverture quand Joe et ses font tourner le moteur dans... Le wagon d'un train. Mais au montage (le film est court, 70 minutes bien tassées), l'intrigue a été resserrée façon Warner, autour des personnages et des situations amoureuses. Et Cagney et Blondell étant devenues des stars, c'est eux qui en profitent le plus...

Il y a quand même des séquences inévitables de course, dont une est mémorable (et très dramatique, je vous laisse juges). C'est l'aboutissement d'un arc bien construit, autour du personnage léger de Spud, l'éternel second, interprété par l'excellent Frank McHugh. Pour le reste du film, les exploits sportifs sont souvent traités avec légèreté, ce qui culmine dans une scène finale burlesque dans une ambulance, qui n'est pas sans rappeler la façon dont une amputation, dans The big sky, allait donner lieu à des gags enfantins...

Hawks était un vrai maverick à l'époque, et tournait en cascade pour tous les studios. Mais le style de ce film est d'abord celui de la Warner, un film rythmé à la mitraillette autour de la diction de James Cagney... Il est dommage, même si bien sûr on aime Joan Blondell, qu'on voie ici Ann Dvorak s'effacer un peu plus. Après quelques films, elle va bientôt passer la main.

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Published by François Massarelli - dans Howard Hawks Pre-code
21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 17:35

Une femme, au téléphone, appelle la police pour signaler des actes de violence en pleine rue: c'est Nan Taylor (Barbara Stanwyck) et sa mission est simple: éloigner la police du lieu d'un hold-up auquel elle va participer. Ce qui ne lui portera pas chance, car elle va se faire pincer, et écoper de cinq années de pénitencier à San Quentin, en Californie... 

Trois intrigues, donc, dans ce petit film (69 minutes) pre-code marqué par une certaine qualité: d'une part, la vie carcérale et ses luttes de pouvoir, compromissions et quelques aspects vaguement salaces: on est en 1932 et la Warner menait tambour battant la bataille de la friponnerie... Ensuite, la suite de la carrière de Nan avec ses collègues gangsters, qui s'organise depuis la prison, à travers un certain nombre de moyens, et notamment sa participation à distance à une évasion spectaculaire... Enfin, Nan a été repérée par un réformateur, David Slade (Preston Foster), qui de par son succès (il présente un show radiophonique) fait la pluie et le beau temps sur le petit monde de la justice en Californie. Il l'aime, mais elle lui reproche d'être un peu trop du côté de la loi, c'est à dire du mauvis côté. 

C'est cet aspect du film qui fera l'objet de la fin et d'un (petit) suspense: parce qu'elle croit que c'est à cause de Dave que deux de ses amis sont morts, et qu'elle a accompli toute la durée de sa peine, Nan entend se venger et se rend auprès de Dave dans le but de le tuer... 

Le film est soigné, sans plus, efficace et bien représentatif du style Warner. Mais l'ingrédient principal, faut-il le rappeler, c'est Barbara Stanwyck, qui domine le film, et d'ailleurs c'est bien simple: on ne voit qu'elle...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code
2 novembre 2021 2 02 /11 /novembre /2021 17:00

Mary Stevens (Kay Francis) et Donald Andrews (Lyle Talbot) ont affronté ensemble la fac de médecine, et ils sortent diplômés en même temps, et ouvrent un cabinet au même moment, en compagnie d'une infirmière commune, Glenda (Farrell). Mais... Très vite il apparaît que si Donald a pris leur relation pour de l'amitié, ce n'est pas du tout le cas de Mary, qui doit s'effacer lorsque son petit ami fricote, puis se marie, avec la fille (Thelma Todd) d'un politicien. Ce qui va apporter beaucoup d'opportunités au jeune homme, et des ennuis avec la justice aussi. Après quelques temps, les deux médecins doivent se rendre à l'évidence: le mariage est un fiasco, ils s'aiment et tout irait pour le mieux si la machine politique de son beau-père acceptait de lâcher Don. Mary, qui est enceinte à l'insu de Don, décide de s'effacer et part pour l'Europe avec Glenda le temps que la situation s'éclaircisse.

A l'opposé d'un Curtiz, Lloyd Bacon utilise son étonnant talent de metteur en scène afin de faire faire des économies au studio. Il n'y a pas, chez lui, de grande envolées spectaculaires, juste une solide efficacité narrative, mais il arrive qu'il s'en dégage une certaine austérité. Par exemple, Bacon va à l'essentiel et ne s'encombre pas d'ambiguités inutiles, perdant parfois des occasions... Kay Francis doit affronter aussi souvent que possible une hostilité presque burlesque du monde entier (et de sa patientèle) à l'égard des femmes médecins, par exemple, jusqu'à ce qu'un jour, pouf! ça a disparu... Glenda ne semble exister que pour son travail, voire pour Mary, mis elle la soutient dans un constant abandon d'elle-même... Et si vous voulez mon avis, ce Don, il n'est pas du plus fiable... 

Mais c'est comme ça qu'il en va de ces petits films Warner dont le ton, le rythme et l'abattage des acteurs reste un plaisir constant... Y compris quand il est question comme ici, d'assumer un adultère et une grossesse hors extra-maritale, ou de confronter le public à la mort tragique d'un enfant, voire à la possibilité du suicide: oui, Kay Francis souffre dans le film. On est en droit de penser qu'elle en fait trop, je l'ai lu ici ou là... Pas pour moi.

 

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Published by François Massarelli - dans Lloyd Bacon Pre-code
5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 09:25

Réalisé en fin d'année 1930, soit une année marquée par un film au succès spectaculaire (The big house) qui est situé dans une prison, ce film est néanmoins bien plus que la simple réponse de la Columbia à la MGM sur un genre donné. Hawks continue d'y faire ses gammes et d'y développer un savoir-faire qui est boosté par le parlant...

Le procureur Brady (Walter Huston) envoie le jeune Bob Graham (Barry Norton) en prison pour le meurtre involontaire d'un sale type qui s'en est pris à une femme dans un speakeasy. Le jeune homme ne va pas tarder à perdre son innocence au milieu des gangsters de la pire espèce, mais v aussi expérimenter la solidarité entre les détenus. Après six ans des dix que doit durer sa peine, il voit arriver à la prison Brady, nommé directeur après une élection malheureuse. Ca va tout changer...

C'est un de ces excellents films des débuts du parlant, où le metteur en scène s'est imposé de garder le contrôle du naturel en permanence. Pas de texte ralenti pour des raisons techniques, ici, pas de prudence à l'égard du débit, Hawks et ses acteurs ont compris que la technique fragile du parlant peut qund même s'accommoder d'une diction rapide, et c'est tant mieux! Occasionnellement, certains acteurs (Karloff en tête mais c'était son style) vont ralentir un peu le rythme, mais ce drame de la prison apparaît comme l'un des meilleurs du genre, car oui: c'était un genre (Thunderbolt, The Big House, 20,000 years in Sing-Sing et même Pardon us avec Laurel et Hardy...).

L'histoire d'amour en toc, par contre, à laquelle Hawks ne s'est pas du tout intéressé, ne joue pas en faveur du film, et cela explique la supériorité, au hasard, de l'impeccable 20,000 years in Sing-Sing de Curtiz.

 

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Published by François Massarelli - dans Howard Hawks Pre-code
10 août 2021 2 10 /08 /août /2021 16:18

Alors que la guerre interne pour le leadership d'un gang de trafiquants de bière bat son plein, un tireur d'élite (Gary Cooper) qui travaille dans une fête foraine file le parfait amour avec Nan (Sylvia Sidney), la fille d'un des gangsters... Elle essaie de le recruter, mais il résiste, jusqu'au jour où elle fait un petit séjour en prison parce que son père (Guy Kibbee) l'a impliquée dans un meurtre. Une fois sortie de prison, elle décide de tout faire pour qu'il en sorte. Mais ça va être dur, d'autant que le big boss (Paul Lukas) a des vues sur elles, et les moyens d'obtenir tout ce qu'il veut...

Un peu comme dans Scarface ou Public enemy, ce film montre un monde de la pègre où la police semble particulièrement peu efficace, presque une vague utilité plutôt qu'une menace. Mamoulian utilise en permanence l'image en priorité sur le dialogue et son film est l'un des plus stylisés de la période, sans surprise pour qui a vu son Dr Jekyll... Avec ses interprètes, particulièrement Sylvia Sidney et Gary Cooper qui sont vraiment excellent, il s'ingénie à laisser les personnages prendre toute la place, dans une lutte souvent tragique entre le bien et le mal, qui prend souvent des tournants inattendus. 

En parlant d'inattendu, il est curieux de voir des acteurs comme Paul Lukas ou Guy Kibbee dans des rôles aussi antipathiques que les gangsters qu'ils interprètent, mais justement c'est l'un des thèmes du film, l'attrait insurmontable du crime. Un autre thème, omniprésent à cette époque, réside dans l'apparente impossibilité de l'amour, présenté comme la rencontre de deux mondes antagonistes: c'est commun à la plupart des oeuvres de Mamoulian à l'époque, et ça s'incarne, en particulier, à travers le chassé-croisé entre vie honnête et gangstérisme, qui se joue autour des deux héros, dans une scène de visite en prison où une grille dressée entre les deux personnages les empêche avec difficulté de laisser libre cours à leur tendresse... Enfin, le film est notable pour un pari gonflé, celui de dissocier totalement le son et l'image, en choisissant de cadrer l'image d'une conversation sur des figurines d'animaux, qui sous-tendent ironiquement le dialogue, en soulignant les non-dits... tout ça bien sûr enfonce le clou: Mamoulian était doué, très doué.

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Rouben Mamoulian Noir