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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 18:52

Après une troisième guerre mondiale nucléaire, qui aura dévasté la terre et anéanti Paris, un homme est choisi pour que les nouveaux maîtres de la terre qui vivent sous la surface se livrent à une expérience temporelle: il est partie prenante, même s'il n'a pas le choix, car il est hanté par une image qui date d'avant sa fuite sous terre pour échapper aux radiations: quand il était enfant il a assisté à une scène qu'il n'a pas comprise, mais il se rappelle qu'il y avait une femme dont le visage le poursuit jusque dans ses rêves...

L'idée est géniale, et la réalisation peu banale: pour ce qui est son unique film narratif de fiction, Chris Marker a choisi de traiter cette histoire d'anticipation à l'encontre de toutes les règles du cinéma: car un film, c'est de l'image qui bouge... Or, son film, qu'il qualifie lui-même de photo-roman au générique, est en réalité composé intégralement d'images fixes, de photos donc... 

Sauf une.

C'est étrangement séduisant, malgré l'austérité de l'ensemble, à rapprocher d'une autre expérience plus ou moins contemporaine, celle de Je t'aime, je t'aime (1968), de Resnais, qui justifiait sa construction étrange (des minutes mises bout à bout dans un désordre apparent) en suggérant que le voyage dans le temps serait, s'il existait, forcément physiquement difficile, voire hasardeux. Cet aspect (présent en voix off) informe aussi une grande partie de La jetée, et je pense qu'il rend la navigation passionnante dans ce film unique...

Unique, mais refait, dans un style fort différent, par Terry Gilliam en 1995, avec Twelve Monkeys. Dans un genre différent, c'est aussi une grande réussite: un film de science-fiction qui se place à l'encontre des codes, et qui parle plus d'amour fou que de voyage dans le temps.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
16 février 2022 3 16 /02 /février /2022 18:04

La famille Atreides est désignée par l'empereur pour gérer désormais la planète désertique Arrakis (également connue sous le nom sans ambiguité de "Dune"), là où se trouve la précieuse Epice... Mais c'est un piège et non un cadeau, car le baron Harkonnen, ennemi mortel de la famille Atreides, ca utiliser l'opportunité pour les attaquer. Leto Atreides (Oscar Isaac) est fait prisonnier, mais sa concubine Jessica (Rebecca Ferguson) et leur fils Paul (Timothée Chalamet) parviennent à s'enfuir. Leur but: rejoindre le peuple des Fremen, dans le désert, pour s'allier à eux...

C'est sans espoir: quel que soit le metteur en scène, quel que soit le style (opéra grandiloquent pour Lynch, pieds sur terre et physiquement logique pour Villeneuve), je suis aussi réfractaire à l'univers de Dune que je l'ai toujours été, et incapable de prendre autrement que par la rigolade ces fronçages de sourcils si sérieux que, je n'en doute absolument pas, l'équipe a certainement pris au premier degré. Je l'espère pour eux, en tout cas. 

Cela dit, on finit, après quarante-cinq minutes d'exposition, par prendre du plaisir, un plaisir essentiellement esthétique, devant ce film lent et majestueux, où Denis Villeneuve ne peut s'empêcher de toujours sembler prendre le point de vue de l'observateur étranger, un observateur souvent fasciné comme pouvait l'être par exemple la linguiste de The arrival...

Apparemment, il y aura une suite. Notez que je m'en fous.

Sinon, il y a aussi des vers géants.

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Published by François Massarelli - dans Denis Villeneuve Science-fiction
28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 09:11

Une étudiante brillante en astronomie (Jennifer Lawrence) a repéré une comète inconnue en mouvement; elle s'en ouvre auprès de collègues, dont son professeur, Randall Mindy (Leonardo di Caprio). Ils font des calculs, et constatent que selon toute vraisemblance elle force sur la terre qu'elle percutera 6 mois pus tard. Ils sonnent le branle-bas au plus haut niveau de la communauté scientifique, et bien vite l'alerte arrive à la maison Blanche... Mais aussi bien au niveau présidentiel qu'au niveau des médias, personne n'écoute ni ne prend en compte la menace. Tour à tour moqués parce qu'ils ne passent pas très bien à la télévision, ou érigés en lanceurs d'alerte officiels, et donc plus faciles à contrôler, les deux scientifiques se rendent vite compte que leur mission d'alerter l'humanité est impossible...

Un intéressant paradoxe: ce film qui est en passe de devenir un phénomène (énorme succès sur la plateforme Netflix, et des sujets sur France Info!) a été rendu possible, justement parce qu'il est distribué sur internet seulement... Et ça tombe bien, car s'il avait été distribué à l'ancienne, il aurait du passer par tant de filtres et d'étapes de développement, qu'il ne serait sans doute même pas encore tourné... Donc pour une fois, ne boudons pas notre plaisir et réjouissons-nous d'avoir notre petit robinet à films.

L'année dernière, un film de Charlie Brooker (par ailleurs l'heureux papa de Black mirror) tentait de faire de la comédie grinçante avec le retour sur la situation délicate actuellement traversée par l'humanité (et je parle bien ici de la pandémie et non de cette supposée et absurde dictature des démocraties dénoncée par les imbéciles sur les réseaux), dans un film raté: Death to 2020 reposait sur un gimmick et un seul, et était tellement tarte que je ne dois pas être le seul à ne pas l'avoir regardé jusqu'au bout (notons que la chaîne et le réalisateur ont récidivé cette année avec Death to 2021: ça va probablement devenir une tradition, les Britanniques adorent rajouter des trucs systématiques lors de la période des fêtes)... Don't look up, film spectaculaire et doté d'un gros budget, évite les mêmes écueils, pour commencer en utilisant la parabole: pour parler du monde dans lequel nous vivons depuis 2019 (ou 2016, car l'élément de politique intérieure des Etats-Unis est crucial pour le film), d'une communauté scientifique qui ne parvient plus à faire passer les messages (pandémie et/ou réchauffement climatique), le film passe par le truchement d'une intrigue totalement fausse, et même extrêmement simple, dont on ne dévie jamais, y compris quand l'humanité décrite sous nos yeux, elle, noie le poisson avec allégresse... Car dans ce film, la terre va effectivement être détruite par une méga comète, c'est inéluctable, et les scientifiques qui passent le film entier à sonner l'alarme ont raison. Ce qui nous rappelle évidemment notre situation, et non, Randall Mindy n'est pas le Dr Raoult, mais son contraire, c'est à dire un scientifique intègre, ou plus ou moins: pas facile dans le monde de 2021 de rester à 100% concentré sur ses convictions!

Ce film qui nous rappelle avec humour à nos responsabilités vis-à-vis des générations futures a aussi un autre aspect paradoxal, plus dangereux celui-ci: il est long, très long, et aujourd'hui les mêmes qui sont capables de passer une nuit entière à regarder 51 épisodes d'une même série, n'aiment pas passer trop de temps sur un seul film. Je dis "plus dangereux" pour la postérité du film (dans 6 mois, on en parlera comme d'un vieux film, et "en plus il est long"), bien entendu, même si je pense que par bien des côtés il ne sera pas oblitéré avant longtemps. Adam McKay, qui est aussi militant que connaisseur des médias, a tout fait justement pour que le film repose sur des solides bases narratives: une situation claire, une utilisation contrôlée et constamment inventive des sources médiatiques, et une chronologie globalement linéaire, dans laquelle les décrochages sont minimes: des flashes de rappel, ou des montages parallèles qui alternent les causes et leurs effets, pour mieux montrer les mécanismes dialectiques à l'oeuvre...

Car l'essentiel du film repose sur la communication des nouvelles et son exploitation par les corps constitués. Une situation qui permet à McKay de viser juste, sur la présidence Trump d'une part, mais aussi sur une Amérique et une planète désormais engluée dans l'idée préconçue qu'on peut en permanence fabriquer "sa" vérité à sa guise, comme cette présidence girouette qui commence par railler les scientifiques, avant de demander des infos à "ses" scientifiques (qui vont confirmer exactement le diagnostic), mais pas pour établir la vérité, non: pour servir ses intérêts... Puis une fois les deux héros discrédités une fois de plus en public, la présidence va utiliser l'expression "don't look up", en réaction à l'injonction classique de la science-fiction: n'écoutez pas ces alarmistes, ils racontent n'importe quoi. Les meetings présidentiels dans le film sont troublants de par leur ressemblance avec la campagne Trump. 

Les personnages sont brillants, dans la mesure où le dosage entre caricature et reflet de la réalité est rendu si facile par la situation dans laquelle se trouve le monde, finalement... Il y a vingt ans, on aurait pu râler devant cette présidente qui se réfugie en permanence dans la grossièreté et la bêtise, qui se fait repérer à envoyer des textos avec photos salaces à l'appui, qui réalise que le fait de fumer en public lui donne une image de rebelle auprès des débiles qui par ailleurs votent pour elle, et par dessus le marché elle est flanquée d'un "chief of staff" qui est encore pire qu'elle (imaginez Cyril Hanouna en premier ministre d'Eric Zemmour... ou pas, d'ailleurs, c'est doublement effrayant) et qui n'est autre que son fils... Mais aujourd'hui ça passe tout seul, et pour cause! Sinon, les autres personnages, notamment les deux principaux, évitent en permanence le piège de n'être que des minables dans un jeu de massacre: on les aime bien, y compris quand ils se fourvoient...

Logique, riche, avec suffisamment de matière pour qu'on puisse y retrouver notre monde (futilité des médias, atrocité de la musique, incarnée par Ariana Grande qui joue avec gourmandise une chanteuse écervelée richissime au QI de moule, omniprésence des réseaux sociaux, promptitude de l'Américain moyen à tout questionner, politique corrompue, businessmen érigés en consciences par dessus les services publics et les scientifiques, et sondages comme seule marche à suivre), le film est formidablement interprété par un casting de luxe: Leonardo di Caprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Tomer Sisley, Jonah Hill, Melanie Lynskey, Timothée Chalamet, Cate Blanchett, Ron Perlman ou encore Himesh Patel... C'est curieux, il fut un temps où les castings de luxe étaient réservés aux films commémoratifs (The longest day, par exemple)... Plus maintenant: un conseil, quand vous voyez un film, même rigolo, avec 25 stars dedans, c'est qu'il y a probablement quelque chose qui ne tourne pas rond, du tout, du tout, du tout...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Science-fiction
27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 16:34

Un scientifique a passé le rideau de fer, pour permettre aux Américains de posséder un moyen d'améliorer une technologique phénoménale: ils peuvent maintenant miniaturiser hommes, animaux, objets... mais seulement pour une heure. Ce que leur apporte leur nouvel ami, c'est la possibilité de le faire plus longtemps. A son arrivée, il est mis hors d'état de parler, et il est entre la vie et la mort: il va falloir qu'une équipe se charge de détruire le caillot qui lui paralyse le cerveau. Excellent prétexte pour miniaturiser une équipe de choc... dans laquelle il y aura non seulement un spécialiste des flux sanguins (Donald Pleasance), un chirurgien spécialiste du cerveau (Arthur Kennedy), un barbouze (Stephen Boyd) et une assistante de choc (Raquel Welch), mais aussi un traitre!

Voilà, le décor est planté, on a une mission improbable, et son Mac Guffin: car une fois qu'on sait qu'il y a une mission au bout du chemin, nous ce qu'on veut, c'est le "voyage fantastique" promis dans le titre! une équipe d'humains, dans un quasi vaisseau spatial (avec un laser), qui se promène dans le corps humain figuré à coups d'effets spéciaux tous plus remarquables les uns que les autres, c'est suffisant pour qu'on veuille un ticket, finalement, et le film a le charme des premières fois pour lui...

Fleischer ne se contente pourtant jamais du gimmick, et a mis le paquet dès le départ: un pré-générique qui est une mini-anthologie du film d'espionnage à lui tout seul, un générique modèle, et dès que possible, Stephen Boyd en novice confronté au monde étonnant de la science: l'espion réticent ne se ravisera qu'au bout de cinq minutes, une fois qu'il aura vu l'assistante du Dr Duval...

Pour le reste, ce film ne se raconte pas, ne peut même pas s'imaginer: c'est un grand film, ne serait-ce que parce qu'il nous propose, comme les meilleurs films d'Hitchcock ou de Spielberg, des images hallucinantes qui se suffisent à elles-mêmes et qui nous offrent à voir ce qu'on n'a jamais osé espérer voir... en 1966, du moins. Certes, je n'étais pas né... Pas une raison pour bouder ce merveilleux et psychédélique voyage.

 

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Richard Fleischer
31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 12:01

Comment juger un film comme celui-ci? Disons que, comme tous les films de la saga, mais à des degrés bien différents, Moonraker est totalement tributaire de son contexte: d'un côté, les genres cinématographiques sont dominés par la science-fiction post- Star wars; de l'autre, le film précédent a été un triomphe, que la production va vouloir retrouver coûte que coûte. De là à penser qu'il y a eu précipitation, c'est évident. De là à admettre que toutes les interventions de Jaws, l'homme-dents (Richard Kiel) qui passe son temps à apparaître sans la moindre logique, sont purement motivées par le fait qu'il a été très apprécié du public (incidemment, la production a tout prévu puisqu'on apprend à la fin qu'il n'est pas mort, des fois que)... 

Les faits: une navette spatiale de type Moonraker a disparu parce que le constructeur a décidé d'implanter une race de seigneurs sur terre, c'est ce que j'ai trouvé de plus court comme résumé...

Quelques séquences sportives, beaucoup de gags et pas des plus fins, de la drague option beauferie généralisée, une tendance de la mode à faire dans le sérieusement laid (c'est 1979, que voulez-vous), des allusions plus ou moins fines à des films de l'époque (le carillon de Close encounters, pas une mais trois fois) et quarante minutes dans l'espace qui sont aussi mal foutues que, au hasard, The adventurers de Lewis Gilbert. Ceci explique cela...

Devant tant de bon goût accumulé, je n'ai pas résisté à ressortir une affiche d'époque. C'est cruel, mais ça en valait la peine...

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Published by François Massarelli - dans Navets Science-fiction Bond
30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 12:08

Chargé d'explorer la mystérieuse planète X, Duck Dodgers, accompagné d'un assistant porcin, va tomber sur un os: en même temps que lui, le martien Marvin est sur cette même planète pour l'explorer au nom de Mars... La lutte est-elle vraiment égale?

On ne répondra pas à cette question, car Chuck Jones, qui revisite ici un personnage loufoque et coriace qui a déjà été confronté à Bugs Bunny, a eu le bon goût de ne pas se limiter à la simple confrontation. Marvin est un personnage qui fonctionne très bien, parce qu'il est totalement persuadé du bien fondé de sa mission...

Par contre, pour Jones, c'est le début de la fin et des sales manies. Le rythme de son film en pâtit, et visuellement, c'est partagé. Ses productions ne tarderont pas à devenir laides. Il n'y a pas d'autre mot...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Science-fiction
30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 17:17

Les Washowski ne sont pas simples: leurs films sont souvent un écheveau complexe reposant au mieux que des structures liées à deux univers au moins, quand ce n'est pas comme dans leur série Sense8 sur huit personnages, mutants sensoriels interconnectés... On connaît Matrix et ses héros qui se déguisent en ninja du futur (gros manteau en cuir et lunettes de grosses mouches) dans le but de passer inaperçu, mais Matrix a été un énorme succès (pourquoi d'ailleurs, ça me dépasse). Pas Cloud Atlas.

D'ailleurs, ce film de 2013, qui a quand même du beau monde au générique, a droit à sa recherche "explication de Cloud Atlas" sur Google. Pas de panique, il y en a pour beaucoup de films, et pas forcément uniquement pour ceux qui sont complexes! De fait, Cloud Atlas est à la fois complexe par sa structure et ses ambitions, et simple comme bonjour. La preuve?

Complexe: six histoires, avec une récurrence des mêmes acteurs dans des rôles systématiquement différents. En bonus, les actrices et acteurs échangent parfois leur identité sexuelle, et les histoires n'ont intrinsèquement pas de lien entre elles, si ce n'est un personnage, par-ci, par-là. Chaque histoire est égrenée sur l'ensemble de 172 minutes, en ordre chronologique, et les liens de transitions sont à la fois arbitraires et thématiques, jouant souvent sur l'effet et les associations d'idées. Ainsi, quand dans une des histoires un personnage est tué, puis glissé dans le four d'un crématorium, la séquence suivante, appartenant à une autre narration, nous montre les restes d'un incendie. Des personnages "répondent" aux questions des protagonistes d'une autre intrigue, et les "points" marqués dans leur progression par les personnages semblent également bénéficier à leurs collègues d'un autre arc narratif...

Ce qui nous rappelle furieusement quelque chose, à nous autres qui étudions de près le cinéma muet, mais n'allons pas trop vite.

Simple comme bonjour: chaque intrigue se situe dans une époque clairement définie (de 1845 au 25e siècle) des personnages ont des problèmes, ils tentent d'y remédier, et ils y parviennent... Plusieurs couples (Doona Bae et Jim Sturgess, Tom Hanks et Halle Berry, Jim Broadbent et Susan Sarandon, Ben Whishaw et James D'Arcy) se maintiennent d'une intrigue à l'autre pour triompher à la fin, et sinon les méchants sont systématiquement Hugh Grant et Hugo Weaving... 

Le film passe d'un genre à l'autre, avec une thématique forte mais simplissime (apprentissage et acquisition de la liberté, triomphe du bien sur le mal, triompher de la lâcheté, découvrir un complot mondial, ne pas être bouffé par des cannibales, etc), et sans jamais se restreindre sur le bizarre ni sur la comédie. Il en résulte une poésie du trop plein, qu'on ne va pas condamner trop vite (et Kubrick? Et Gance? ...Et Griffith, alors?) parce que tant qu'il y aura des artistes pour trouver un budget aussi pharaonique pour faire des films aussi uniquement étranges, qu'importe qu'il y ait des moments de ridicule absolu, après tout ça témoigne encore d'une certaine vivacité du septième art.

Oui, un art.

 

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Published by François Massarelli - dans Washowski Science-fiction Tom Hanks
28 juin 2021 1 28 /06 /juin /2021 07:40

Johannesburg: en 1982, un vaisseau spatial dont on ne sait pas grand chose s'est retrouvé stationné juste au dessus de la ville, et n'a plus bougé... A l'intérieur, des aliens, souffrant de malnutrition. Après une courte période, les bestioles se sont vus offrir une certaine forme d'hospitalité à la sud-africaine... 20 ans plus tard, les "non-humains" comme on les appelle sont devenus les boucs émissaires d'une société violente, la zone qui les accueille une zone de non-droit, et le gouvernement a décidé de se débarrasser du problème en les envoyant dans un camp à distance des zones urbaines. Un fonctionnaire zélé et un peu crétin, Wikus Van de Merwe (Sharlto Copley) est chargé du problème... Ca ne va pas lui apporter autre chose que des ennuis...

Transposer l'apartheid et les vieux démons de l'Afrique du Sud vers un script de science-fiction, l'idée est bonne, et enveloppée dans une forme très osée: quand le film commence, on croirait un vrai documentaire sensationnaliste de la télévision, donc il faut avoir l'estomac bien accroché, et rester bien concentré... Une bonne part du début du film vient d'ailleurs d'un court métrage de 2005 réalisé dans cet esprit, Alive in Joburg. Le personnage qui va se dégager de tout ça, contre toute attente, est le très minable petit fonctionnaire du gouvernement, auquel les pires avanies vont apporter, disons, une nouvelle vie. 

Le film ne manque pas de qualités, à commencer par l'originalité et une vraie liberté: déguisé en documentaire à trois euros et douze centimes, il ne semble pas viser le grand public, et l'humour subtil qui s'en dégage est assez rafraîchissant. Qu'on se rassure, sous le vernis "différent", il y a un film de science-fiction assez traditionnel, avec des figures qui reviendront d'ailleurs dès le deuxième long métrage de Blomkamp: le mercenaire à grosses coucougnettes qui adore tuer les gens qui sont différents, le tout petit héros qui n'est qu'un rouage de la machine, les dirigeants corrompus, etc... 

 

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Neill Blomkamp
14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 10:35

Un film de science-fiction qui laisse la part belle à l'action, qui utilise à merveille les effets spéciaux d'aujourd'hui (ceux qui ne vous font plus croire à rien puisqu'on peut tout faire), et qui développe une belle parabole généreuse sur un monde en perdition, que demander d'autre? C'est tout ce que Blomkamp a à offrir avec ce deuxième long métrage attendu au tournant...

Au XXIIe siècle, le monde est tellement pollué et surpeuplé que l'élite a réussi à construire une station spatiale à une relativement petite distance, dans laquelle ils ont reconstruit un paradis ultra-moderne pour happy few. C'est de là que la terre est gérée, ou en tout cas officiellement. Pour les gens qui grandissent sur terre, et qui sont tous soit dans la misère, soit exploités par des gens qui habitent dans ce refuge céleste, Elysium devient un but, un rêve impossible à atteindre. C'était le cas quand ils étaient petits de Max (Matt Damon) et Frey (Alice Braga). Lui est ouvrier, et a passé sa vie turbulente à se créer des ennuis avec la police; elle est infirmière, et travaille dur pour sa fille qui se meurt d'une leucémie. L'un et l'autre rêvent d'aller sur Elysium, l'un par obsession personnelle, l'autre parce qu'elle sait que sa fille peut y être soignée en un clin d'oeil... Un accident qui laisse à Max cinq jours à vivre va pourtant être l'élément déclencheur d'une opportunité pour l'un comme pour l'autre...

C'est sans doute le défaut du film: il est trop riche! Beaucoup de choses se télescopent, et quand il s'agit de le résumer, on est vite dépassé. Mais c'est à porter au crédit de Blomkamp et de son équipe d'avoir su trouver un équilibre juste, et un dosage parfait qui ne gène en rien le visionnage: on y recrée une terre qui souffre des maux qui sont actuellement dénoncés partout; l'évolution logique représentée dans le film est un thème à part entière. La différence entre les élites sur Elysium et le peuple qui souffre sur terre est bien sûr d'une grande clarté, avec un effort pour ne pas surcharger l'inutile: les costumes notamment sont assez peu différents de ceux qu'on porte aujourd'hui. Les comportements sont éternels, et on applaudira particulièrement Jodie Foster en politicienne machiavélique: en ministre anti-immigration qui vise le fauteuil suprême, elle est fantastique. On notera que pour contribuer à l'impression de rebrassage du monde et de ses habitants, elle affecte un accent français qui lui va décidément très bien. De la même manière, Blomkamp a créé avec Kruger un mercenaire obtus avec un accent Sud-Africain aussi corrompu que lui... 

L'action y est aussi dosée, avec une capacité rare à faire passer à tous le message contenu dans les fulgurances de la violence. Le monde de 2159 n'est pas facile, et comme les forces de l'ordre y sont des machines (un message, derrière cette anecdote, peut-être?), tous les coups sont à peu près permis... Bref, c'est inventif, généreux, réussi, esthétiquement beau, et... très distrayant.

 

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Published by François Massarelli - dans Neill Blomkamp Science-fiction
25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 16:08

Le futur: un policier observe avec rancoeur les robots prendre de plus en plus de place dans notre quotidien. Aussi, quand un scientifique qui a joué un rôle crucial dans le développement des intelligences artificielles meurt, il soupçonne de suite le premier robot venu. Et comme le film ne dure que 110 minutes et qu'on n'a pas trop le temps de compliquer, il a raison. Donc son pire cauchemar, des robots qui se retournent contre leur créateurs, devient réalité. 

S'ensuivent une phase durant laquelle le monde entier lui dit qu'il a tort, une phase durant laquelle il tente de prouver qu'il a raison, puis enfin le monde entier qui réalise qu'il a effectivement raison. Et puis c'est tout, ou presque. 

...Bien sûr, il y a Will Smith dans le rôle de Will Smith. Des zefféspécio en CGI (cris d'extase d'un côté, cris de vomi de l'autre), de l'action (ben, oui, en fait, mais c'est un film, donc ça bouge, hein), et puis le vide intersidéral. Une même pas adaptation d'un récit d'Isaac Asimov, transformée en une pub de presque deux heures pour Converse, c'est beaucoup. Ou rien.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction