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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 09:09

Dans la pléthore des films et séries Marvel, je ne sais pas pour vous, mais j'avoue avoir de moins en moins de patience. Ce qui était une bonne idée sur la base d'un film par an, tourne à la fois à la mauvaise manie, et au chantage commercial: en substance, venez voir nos films et prenez des notes car sinon vous n'y comprendrez plus rien. Un film, quel que soit son contexte, et sa participation à une série ou un ensemble, doit tenir tout seul. Je réclame le droit de voir L'empire contre-attaque sans avoir vu Star Wars, sans être obligé d'aller voir Le Retour du Jedi... Ce qu'il est impossible de faire avec Avengers, age of Ultron, par exemple. Mais ça, les frères Russo l'ont semble-t-il bien compris, qui jettent ça et là des balises immédiatement compréhensibles, et du coup la narration du film est fluide. C'est un excellent point...

Pourtant ça commence (De mon point de vue du moins) assez mal: une scène de castagne et grosse baston, en pleine rue, à Lagos, qui vire à l'accident bête: les Avengers, déjà sous le feu des critiques, ont effectué une intervention avec dommages collatéraux... Ce qui nous amène dès le départ au thème principal du film: toute action a ses conséquences, alors vivre une vie de super-héros, ça laisse des traces. L'affaire "Ultron" a déjà fait des dégâts, mais Lagos est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Les Nations-Unies posent un ultimatum aux Avengers, qui vont devoir passer sous contrôle, afin d'éviter toute conséquences de leur impulsivité. Le groupe est sérieusement divisé en deux factions, on devrait d'ailleurs dire trois: un certain nombre d'entre eux (Dont les particulièrement incontrôlables Bruce Banner et Thor) sont dans la nature... Les deux groupes qui sont en désaccord sur la proposition des politiques sont menés par une forte tête: autour de Tony Stark, qui regrette encore amèrement l'affaire Ultron dont il se sent responsable, les super-héros prêts à suivre les Nations-Unies sur leur proposition de contrôle. Autour de Captain America, ceux qui en revanche n'en attendent rien de bon...

Et les deux groupes vont se déchirer, suite à un attentat qui n'est rien d'autre qu'une manipulation: tout porte à croire qu'il a été perpétré par "Bucky" Barnes, un ancien ami du Captain, mais celui-ci en doute, et va se mettre dans l'illégalité en venant en aide à son ancien copain...

Voilà du nouveau, et plutôt intéressant: le Captain, anciennement le symbole du patriotisme à l'ancienne, celui qui ne pose pas de questions les yeux rivés sur la bannière étoilée, est désormais envahi par le doute. Et il va questionner ses valeurs... Sinon, le fait de mettre face à face pour une confrontation musclée mais jamais privée d'humour les deux personnages principaux, apporte beaucoup d'avantages au film, et en particulier une vraie lisibilité. Encore un bon point: chacun des deux camps va faire appel à des nouvelles recrues pour pallier à la division; si Captain America réussit à s'adjoindre les services de Scott Lang (Ant-Man), Tony Stark va lui former un jeûnot qui vit à New York chez sa tante, et s'est tricoté un costume dans le plus grand secret. C'est ainsi que Marvel lance le nouveau reboot de Spider-Man (Il y a tellement de reboots de Spider-man que chaque film semble être le premier). Ces deux apports fonctionnent à merveille...

Le film est entre les mains de deux metteurs en scènes qui savent doser l'action (Même si celle-ci, adaptée à cette ère de jeux vidéos, va décidément trop vite pour moi) et les autres scènes, gardent les acteurs (Y compris Downey, et ça il faut le faire, la diva ayant déjà fortement plombé les deux pires films du cycle) fermement sous contrôle, et réussissent à montrer intelligemment le thème principal. C'est d'ailleurs l'occasion en or de lancer Spider-man, dont toute la saga et toute l'ambiguïté du personnage repose précisément sur la même notion: les conséquences. Un super-héros met le monde qu'il veut sauver en danger (En sauvant Captain America, Wanda provoque une explosion d'un building et la mort de dizaines de personnes). Un super-héros n' pas le droit à la tranquillité (Clint Hawkeye doit abandonner sa retraite). Un super-héros n'a pas la possibilité d'une vie de famille (Spider-man demande à Tony Stark de laisser sa tante en dehors de sa vie)... Et tout le film passe, fluide, de fil en aiguille et de conséquence en conséquence. Pari réussi... Avant le prochain, car ces gens ne s'arrêtent jamais.

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Published by François Massarelli - dans Marvel Science-fiction
18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 09:19

Dans l'espace, personne ne s'attend à ce qu'un vaisseau destiné à se rendre sur une planète lointaine, avec 2000 colons à bord et tout l'équipement nécessaire pour créer les conditions d'une vie durable, y parvienne. Pourquoi? Parce qu'Alien. C'est donc à ce scénario qu'on est confronté pour la nouvelle (Et troisième) incursion de Scott sur ce terrain.

Et Alien: Covenant est à la fois un prequel, et une suite. Situé 18 années avant les événements contenus dans le film Alien (1979), il commence un nouveau cycle qui va je suppose se charger de donner aux obsédés de la mythologie Alien des éléments de réponse, dont je pense qu'ils ne serviront d'ailleurs absolument à rien, quant aux questions nombreuses qu'on est supposés se poser sur les créatures dangereuse et leur raison d'être... Et il est aussi la suite plus ou moins directe de Prometheus.

Le prologue renvoie d'ailleurs explicitement à ce dernier: on voit Peter Weyland (Guy Pearce), jeune, qui discute lors de ses préparatifs de la mission Prometheus avec l'androïde qu'il vient de créer, David (Michael Fassbender). La conversation porte sur ce qui sera le sujet essentiel du film, la création, vue sous l'angle obsessionnel. On le sait quand on a vu Prometheus: c'est en effet la marotte de Weyland... Ca va devenir celle de David. 

Fast forward vers 2104: le Covenant, un vaisseau de la compagnie Weyland-Yutani est en route pour une planète lointaine afin d'y terraformer l'environnement, et d'y créer une colonie. L'équipage est composé d'une quinzaine de baroudeurs, hommes et femmes, qui quittent tout, et donc sont venus en couple. Sinon, le vaisseau contient 2000 colons et un nombre imposant d'embryons... Tout le monde est en pleine cryogénisation mais Mother, l'ordinateur de bord, réveille la troupe: il va y avoir un problème créé par une éruption stellaire, durant lequel des membres d'équipage vont être tués. Parmi eux, le capitaine de l'expédition, compagnon du premier officier Daniels (Katherine Waterston)... C'est donc au second, Oram (Billy Crudup) que le commandement échoit. Et l'équipage, avant de retourner pour un sommeil de plusieurs années, reçoivent un message humain qui provient d'une planète toute proche... Oram décide, contre l'avis de Daniels, d'aller y faire un tour et d'en évaluer le potentiel, pour voit si on ne pourrait pas gagner plusieurs années de voyage dans l'espace... C'est une très mauvaise idée, mais elle fait partie de ces idées stupides qui font l'histoire de la science-fiction: "si je construisais un robot presque humain pour me venger de mon meilleur ami tout en faisant renaître la femme de ma vie?", Ce monolithe nous pousse à aller aux confins de l'espace, allons-y", ou encore "Cette planète me semble épouvantablement hostile, je suis sur qu'elle recèle des dangers hallucinants, donc allons-y"... Si les personnages de ces films ne commettaient pas ces erreurs funestes, on s'amuserait moins.

Et de toute façon, Daniels (qui est l'héroïne, maintenant la tradition, de Ripley à Daniels en passant par Shaw) n'est pas celle qui peut prendre la décision. C'est donc avec sa désapprobation totale que le très hésitant commandant du vaisseau lance une expédition de reconnaissance sur la planète inconnue: dans l'espace, personne ne vous entend vous mordre les doigts...

Bien sur qu'il va y avoir des problèmes, qui font d'ailleurs écho à ceux du films Alien: arrêt imprévu, transmission inconnue, problèmes de leadership, exploration assortie d'infection par un organisme étranger, puis retour sur le vaisseau... Ca rappelle des souvenirs, mais les proportions ne sont pas les mêmes: l'épisode sur la planète occupe une large proportion de l'intrigue, et c'est là que les membres d'équipage vont rencontrer... David. Ce qui va créer un choc, en particulier pour Walter, qui est l'androïde de la mission Covenant: c'est un "petit frère" de David, avec une différence notable: le premier modèle était trop indépendant, et les nouveaux modèles ont été mis à jour afin de la ramener un peu moins... Quoi qu'il en soit, David est le seul "rescapé" de la mission Prometheus, et il vient au secours des membres de l'équipage du Covenant, qui ont fait la découverte, fatale pour certaine d'entre eux, d'une espèce animale qui s'infiltre par un contact entre un être vivant et des "oeufs" posés au sol, avant de "pondre" dans le corps, une bestiole qui se libère en tuant son hôte, puis massacre tout ce qui passe à sa portée. 

Je sais, la description qui précède était probablement inutile, mais... ce n'est pas la créature de Giger. C'était l'un des points les plus troublants du film Prometheus, qui justifiait sans doute le fait que le titre ne contenait pas le nom de la saga! Et d'ailleurs, le premier titre de travail de ce nouveau film était Prometheus 2... Justement, le film va éclaircir sur un certain nombre de points le lien entre Prometheus et Alien, en montrant le cheminement de ces aliens différents de ceux qu'on a connus depuis 1979, et la créature "finie". En installant une barrière à mon hulble avis infranchissable entre Alien (Ridley Scott, 1979), et Aliens (James Cameron, 1985). Ca ne colle plus... Pour faire court, une réplique de David m'a mis la puce à l'oreille: "Ils sont en attente de mère"... Les aliens de ce film, des xénomorphes parfaitement formés, n'ont pas besoin de la "mère", ou de la "reine", cette créature imaginée par les concepteurs du film de Cameron, et qui était déjà incompatible avec certaines scènes contenues dans une première version abandonnée (Mais tournée, et même montrée dans une édition spéciale sortie en 2005 sur un DVD) du film de 1979. Est-ce à dire que Ridley Scott, revenu sur la franchise qu'il a créé en 1979, a décidé d'effacer les trois films qui suivront, et leur mythologie? 

Pourquoi pas? Ce n'est que du cinéma...

Et le film, comme Prometheus, parle de création, et on revient justement à la création de la créature, littéralement. Voulue, planifiée, orchestrée comme on crée un film. Une mise en abyme, donc, qui s'amuse même à égrener ça et là des allusions au film fondateur, non seulement dans sa structure mais aussi de façon plus explicite (La musique de Jerry Goldsmith, le petit oiseau en plastique qui orne la cuisine, et des dessins de Giger retrouvés dans les affaires de David. Mais si vous voulez mon avis, l'ingénieur Scott s'amuse aussi beaucoup à dézinguer toute tentation de sérieux derrière tout ça, tout en se choisissant une cible imposante: le Créateur avec un grand C! En voyant Peter Weyland qui frissonne de plaisir en observant la créature parfaite (et si blonde) interpréter du Wagner au piano, avec ce David qui contemple la providentielle arrivée d'humains qui vont enfin l'aider (malgré eux) à accomplir un projet démesuré, l'acte de création est ici moqué, et je pense qu'il faut pour y prendre tout le plaisir prévu, une bonne dose d'humour pour apprécier ce film. Ce n'est pas une critique en soi, loin de là...

Sinon, Scott s'est amusé, et a fait ce qu'il sait si bien faire: construire des univers jusque dans leurs moindres recoins, puis mis des gens en danger en faisant monter graduellement la sauce du suspense, dégagé les personnages inutiles, isolé celle qu'on doit suivre, bref. Le film est 2017-compatible, c'est à dire qu'il va vite (Très, trop vite même parfois), qu'il frappe fort, et qu'il doit apparaître à son consommateur moyen comme un produit de consommation courante... Mais il est un peu plus, donc. Si je pense que c'est une erreur de vouloir donner aux fans de la franchise des solutions qui n'auront pour seul effet que de rendre caduques les merveilleuses questions sans réponse qui font justement le sel du premier film, au moins Scott se réaffirme-t-il en créateur en chef de ces histoires de bestiole qui fait peur, en s'amusant comme il ne l'avait encore jamais fait, à explorer toutes les combinaisons de scènes terrifiantes: dans un champ de blé, sur une planète, et dans une douche. Bref, il s'amuse. Et nous aussi, alors... Peu importe finalement que ce nouveau film ne puisse nous fournir qu'une fraction du plaisir du premier film, qui reste et restera longtemps ce qu'il est.

 

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Published by François Massarelli - dans Ridley Scott Science-fiction
5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 19:10

Après le grand bruit généré par la sortie de ce film au printemps 2014, on constate quand même que tout ça pour ça... Qu'il est loin le temps où Singer faisait oeuvre de révolutionnaire en osant prendre de front le mythe aussi plastique que thématique des X-men, les rebelles et résistants en skaï jaune fluo, et redonnait des lettres de noblesse à une saga de super-héros au premier degré. Il fait écho à son premier film ici avec un début qui rappelle l'allusion aux camps d'extermination, pour tomber ensuite dans le tout-venant: des effets spéciaux, des voyages dans le temps et des mutants qui ne servent pas à grand chose, si ce n'est à apparaitre deux minutes voire moins, faire leur show, et puis s'en vont. La concurrence musclée avec les autres Marvel (Ceux sui sont sous l'écurie Disney) tourne au ridicule, mais de toute façon, en matière de scénario bien ficelé, de personnages qui flirtent avec le second degré et même, pardon Bryan, de mise en scène (Il baisse le gamin, il commence à ressembler à Luc Besson), la lutte est inégale. Singer en fait trop, ou pas assez, son premier degré finit par virer au ridicule, et encore une fois, Hugh Jackman est caricatural. C'est dommage, mais décidément X-Men, c'est gentil, mais on ne fera sans doute pas mieux que X2 (Singer) et First class (De Matthew Vaughn, le jeune prodige qui monte)... 

Et puis l'intrigue avec voyage dans le temps dans laquelle tout est bien propre, bien rangé, c'est pas bien ça: un film avec voyage dans le temps, c'est fait pour donner mal à la tête! Pour compliquer le tout mais pas le paradoxe temporel hélas, Singer, qui a si souvent dit qu'il ne ferait jamais de director's cut, vient d'ajouter une nouvelle version, pas beaucoup plus convaincante, à ce qui reste un film de transition. Un peu plus de liberté, certaines scènes incontournables (La scène mythique dans la cuisine, par exemple) et bien sur les moments hautement ridicules durant lesquels Halle Berry, en pose super-héros, déclenche la tempête de la mort qui tue... Basiquement, c'est le même film. Bon, on l'aura sans doute assez vite oublié, hein!

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 11:59

Tout à une fin, dit-on souvent. On est tenté, devant ce film qui nous prend par surprise par la nostalgie et même par l'embarras, de dire aussi que tout a un début. On assiste, avec ce film qui était à l'origine à peine plus qu'un modeste divertissement de samedi soir dans l'esprit de ceux qui l'ont promu, à la naissance d'un mythe, d'une saga cinématographique et d'un cinéaste. Concernant ce dernier, James Cameron, il convient sans doute de rappeler qu'il est dans le circuit depuis quelques années au moment ou ce film sort, ayant assisté John carpenter (New York 1997) et même tourné un long métrage pour la galaxie Corman (Le très embarrassant Piranhas 2, the last spawn). Bref, il a fait ses classes... Mais The terminator, c'est son premier film personnel, imaginé, écrit et dirigé par lui.

Faut-il raconter l'histoire? The Terminator nous explique omment un jour de 1985, un cyborg venu du futur, très rapidement suivi par un homme, son ennemi, se mettent dans le LA de qui est le passé pour eux, à chercher Sarah Connor, la future mère du futur chef de la résistance aux robots, l'un pour la tuer (Et empêcher toute rebellion par voie de conséquence), et l'autre pour l aprévenir, la protéger, voire la sauver au péril de sa vie. et plus si affinités... Le robot, c'est un Terminator, une machine qui a tout de l'humain sauf les sentiments et la fragilité (Arnold Schwarzenegger), et c'est le mythe qui naît dans ce film, que cameron fera fructifier et rendra définitivement immortel avec un autre film... Mais n'anticipons pas.

L'histoire est simplissime, réellement, sans autre enjeu que la survie basique, pure et dure, de son héroïne, qui doit à la fois courir, survivre et apprendre à vivre avec la menace permanente qui pèse sur elle, alors qu'elle n'est pour rien dans ce que lui reproche cette société du futur qui se dessine. mais le film est décidément du Cameron typique, à savoir qu'il s'agit pour le metteur en scène d'explorer l'interpénétration de deux mondes situés à deux époques différentes, en se situant à leur point d'impact exact: la tentative d'imposer une colonie dans l'espace (Aliens), la rencontre sous-marine du troisième type (The Abyss), et l'aventure du Titanic ne seront pas autre chose. Mais il y a aussi une thématique souvent présente, le metteur en scène étant fasciné par les machines comme étant une extension de l'humain. Le Terminator, mais ausi les armes et tous les procédés de survie au jour le jour manipulés par Kyle Reese (Bill Paxton) en montrent des exemples.

Maintenant, j'avais parlé d'embarras au début: il faut qund même reconnaître qu'en choisissant de montrer sarah Connor en jeune femme bien d eson temps, le metteur en scène n'a pas eu le nez creux... On a donc droit à l'esthétique dégueulasse, la mode infecte, la musique vomitive et surtout, surtout, la coiffure caniche de Linda Hamilton.

...Ouch!

Mais que cela ne nous fasse pas bouder notre plaisir devant ce qui reste une aventure très efficace, qui n'a sans doute pas coûté grand chose, mais qui fait son petit effet...

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Published by François Massarelli - dans James Cameron Science-fiction
13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 09:54

Le docteur Louise Banks, linguiste de renom, est un personnage solitaire; elle enseigne à l'université et vit isolée dans une volonté évidente de repli sur elle-même... Au début du film, on nous montre le plus grand drame de sa vie: comment sa fille, qu'elle a fini par élever seule, a souffert d'un cancer inopérable, et comment elle l'a accompagnée jusqu'à la mort. Mais l'intrigue principale de Arrival reste bien sur ce qui se passe à partir du moment ou Louise Banks, aux côtés du scientifique Ian Donnelly, est appelée par l'armée Américaine pour participer à une aventure hors du commun que vit désormais l'humanité entière: 12 vaisseaux extra-terrestres se sont en effet installés sur terre, à douze endroits différents, et elle doit entrer en contact avec ceux qui sont stationnés dans le Montana, pour décoder leur langage et entrer en communication avec eux... Mais surtout, elle doit permettre à son gouvernement de faire le bon choix: l'arrivée des extra-terrestres est-elle invasion ou visite de courtoisie? Faut-il répondre militairement ou diplomatiquement?

C'est elle, interprétée par Amy Adams, qui est le personnage central d'un nouveau film de Denis Villeneuve, qui comme souvent nous manipule en nous faisant intervenir contre notre gré dans sa mise en scène... Et cette fois-ci, c'est à la science-fiction qu'il fait appel, pour une intrigue qui sonde deux aspects de l'humanité: le pouvoir du langage (Pas celui de la communication) d'une part, et le choix d'un humain d'autre part. Ce dernier thème est déjà au coeur de bien des films du réalisateur qui nous a montré des êtres face à plusieurs dilemmes: dans Maelstrom, Polytechnique, Incendies, Prisoners, Enemy, Sicario, invariablement les personnages sont dotés de ce libre-arbitre, et les circonstances du choix deviennent l'enjeu principal du film. Mais dans toutes ces oeuvres, le metteur en scène s'est plus à nous embrouiller, notamment en jouant sur la chronologie... Le meilleur exemple de cette tendance est sans doute Enemy, dont les lectures multiples aujourd'hui n'ont pas encore épuisé son capital d'étrangeté.

Ce sera plus simple avec ce film, qui obéit à certains codes de la science-fiction, en nous laissant en particulier appréhender ce qui est toujours un facteur de frisson inégalable, à sa voir une nouvelle confrontation avec une civilisation inconnue, sous l'angle non de la guerre, mais plutôt de la rencontre: plutôt Spielberg, donc, que MIchael Bay. De quoi se tourner vers ce film avec toute la bienveillance dont nous pouvons être capable, donc... Même si une fois de plus c'est un leurre... Vous ne croyez quand même pas que ce film nous parle vraiment de la marche à suivre au moment de rencontrer les aliens, non? Et c'est un professeur de langue qui s'adresse désormais à son lecteur: ce film nous parle donc, en le comparant au pouvoir de la science (certes immense), au pouvoir de la science militaire (Trop important si vous voulez mon avis), voire au pouvoir de la diplomatie, du pouvoir du langage tout simplement. Un petit bout de bonne femme tient tête à une junte militaire armée jusqu'aux dents (Commandée par Forrest Whitaker, un revenant: il est excellent), à un scientifique un peu railleur et dragueur, qui se moque gentiment de la linguiste timide, avant de tenter de la séduire (Jeremy Renner), puis à l'humanité toute entière y compris un général Chinois un peu pressé de la gâchette, et va leur expliquer qu'avant de précipiter quoi que ce soit, et avant de poser n'importe quelle question, il convient d'établir tout ce qui doit être établi: comment pose-t-on une question? A quoi doit-on la reconnaître? Quels sont les sens de chaque item de la question, et comment puis-je les faire passer, car leur compréhension est indispensable au bon déroulement du message: elle leur fait donc la leçon: pour communiquer , et avant de tirer dans tous les sens à tort et à travers, il convient d'éduquer au langage, de la rendre aussi limpide que possible, et là seulement on pourra communiquer. Et le temps presse, car non seulement l'armée dans la plupart des pays a la gâchette qui démange, mais les populations sont au bord du chaos devant ce qu'elles considèrent comme un risque majeur: toujours cette peur de l'autre...

Le film sera donc assez statique, entièrement ou presque situé au milieu de ce champ du Montana au-dessus-duquel un vaisseau oblong stationne, comme suspendu, et dans des rencontres passionnantes, entre une linguiste, un scientifique fasciné, des militaires éberlués, et deux extra-terrestres nimbés de brume, que les humains ne vont pas tarder à appeler Abbott et Costello! A ce titre, le film passe par une esthétique à la fois jamais vue, et classique, sans rien forcer en terme de morphologie des aliens, et en les rendant jamais trop visible, deux règles parfaitement indispensables à mon sens. Donc Arrival se pare d'une poésie de science-fiction qui fait merveille, d'un suspense plutôt bien mené.

...et nous mène, bien sur, en bateau. Ce que, je le dis et le répète, Villeneuve fait systématiquement, et le fait bien car c'est justement le but de ses films. Mais voyez Arrival, traduit si vous voulez mon avis de manière malencontreuse en "Premier contact". Et là, je ne peux absolument pas en dire plus, surtout que j'en ai déjà, certainement, trop dit.

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Published by François Massarelli - dans Denis Villeneuve Science-fiction
1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:36

Une jeune Américaine se rend en Angleterre pour visiter la famille, parfaitement déterminée à montrer par un tempérament totalement désagréable à quel point elle est décidée à s'ennuyer. Mais elle se laisse vite aller à la douce vie de ses cousins, dont la mère diplomate n'a plus le temps de s'occuper. Et surtout il y a son cousin Eddie... Mais à l'extérieur, les choses se précipitent, le terrorisme fasciste se manifeste, et la guerre éclate.

Saoirse Ronan habite totalement son personnage d'Américaine paumée qui fait le bon choix (Rester en Angleterre) au mauvais moment (C'est l'état d'urgence, et les militaires se comportent comme des militaires, soit ils régentent, brutalisent et massacrent). Elle y est admirable, et le film, fait d'urgence post-apocalyptique matinée de poésie bucolique (Si, si...), est de ceux qui vous restent longtemps dans la tête. Et pourtant ce n'était pas gagné: trois films en un, réellement; un conte de science-fiction noir, très réussi. Une histoire d'exaltation amoureuse adolescente, ce qui peut tout donner y compris le pire. Et un conte philosophique qui prend acte du rite de passage très particulier qui va changer Daisy en une femme.

Et le film ne prend surtout pas de gants, n'invente pas de raisons ni d'excuse à la violence, ne rationalise pas à outrance... Et on y tue des chiens et des enfants. Pas de gants, je vous dis, dans ce conte d'anticipation en noir et rose...

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 09:34

En 1985, Joe Dante faisait confiance à son cinquième long métrage pour l'installer définitivement parmi les metteurs en scène qui comptent. Du moins pendant le tournage. C'était sans compter sur, comment va-t-on appeler ça? La poisse? La malédiction? Quoi qu'il en soit, c'était sans compter sur le studio qui s'apprêtait à le sortir, pour les fêtes pensait Dante, mais en fait en été. le tournage n'était pas fini, les scènes à effets spéciaux n'avaient pas été finalisées, et la fin n'était même pas décidée. Le résultat est un naufrage...

Ben (Ethan Hawke) et ses copains Wolfgang (River Phoenix) et Darren (Jason Presson) sont des pré-ados assez typique de ce qu'on trouve dans un film de Dante: des jeunes mal assurés, victimes des railleries des néandertals qui les entourent, et laissés à des parents qui les négligent (Ben), les battent (Darren), ou sont tout simplement complètement à l'ouest (Wolfgang). Mais Ben a reçu, en rêve, des instructions mystérieuses pour pouvoir aller à la rencontre... des extra-terrestres. Et comme ils n'ont rien de mieux à faire, ils se mettent au travail.

Ouch! Une fois passées les premières quarante minutes, qui sont du pur Joe Dante (Description amusée d'une banlieue modeste, établissement de la différence entre Ben et ses copains d'une part, qui sont fans de cinéma et de cartoons classiques évidemment, et les débiles qui les entourent (Comme le dit un gamin: "J'aime pas les livres, j'aime pas l'école"), l'histoire devient du grand n'importe quoi. La rencontre avec les extra-terrestres a bien lieu, mais elle a l'air tellement amateur qu'elle est embarrassante et insupportable à regarder... D'autant qu'elle est longue et redondante. Dante assurait que dans tout ce qui a été coupé il y aurait le coeur du film, ce qui est toujours facile à dire une fois que le mal est fait, mais tel qu'il est, le film et surtout son dernier tiers, sont tellement embarrassants, qu'on ne demande qu'à le croire! reste que les ados vont rencontrer des extra-terrestres qui sont en fait... des ados. Et que la menace qui pèse sur eux et qui a motivé leur appel au secours, c'était bien sur leurs parents. Le monde est petit...

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Joe Dante
25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 17:38

1893: Herbert G. Wells (Malcolm McDowell) a enfin réalisé son rêve; après avoir fait le mercenaire en plaçant des articles et éditoriaux un peu racoleurs dans plusieurs journaux, il a pu financer la réalisation de sa machine à voyager dans le temps. Et il a invité un groupe de ses amis scientifiques, intellectuels et médecins afin de leur faire part de son invention... L'un d'entre eux, le docteur John L. Stevenson (David Warner) arrive un peu tard: et pour cause, il vient d'assassiner une prostituée, une vieille habitude qui l'avait beaucoup amusé à l'hiver 1888, mais qui lui était pourtant passée. Lorsque la police, sur les traces du meurtrier, arrive sur les lieux, qu'on trouve toutes les peurves de son acte dans sa trousse de médecin, Stevenson a disparu... Wells comprend qu'il est parti dans le temps, et se précipite à son tour... pour arriver à San Francisco en 1979, dans une exposition consacrée à l'univers de H. G. Wells dans laquelle la machine est justement l'une des attractions majeures. Décalé, déboussolé, Wells va vite pouvoir compter sur l'aide d'Amy Robbins (Mary Steenburgen), une jeune Américaine délurée, pendant que les meurtres de prostituées vont se multiplier à San Francisco...

Sorti à la toute fin des années 70, ce film inattendu d'un auteur-réalisateur qui n'a ps forcément fait beaucoup de vagues dans sa vie, est plus qu'un ovni. Avec son scénario qui entremêle adroitement et avec humour Jack l'éventreur et H. G. Wells, suspense et voyage dans le temps, l'époque Victorienne et le San Francisco qui avait vécu la libéralisation et la révolution sexuelle, le film anticipe avec bonheur sur la production des années 80 dans son extravagance, cachée derrière les Indiana Jones, ou les autres productions de Spielberg, Young Sherlock Holmes en tête... nous sommes donc face à un mini-classique!

Le décalage entre le Victorien malgré lui Wells (McDowell est un immense acteur, ce n'est pas nouveau, mais ici il est formidable dans le rôle du Candide), qui dans le Londres de son époque professe le socialisme, l'utopie et l'amour libre, mais se choque vite du comportement très rentre-dedans de la belle Amy, l'arrivée de Jack L'Eventreur qui explique à son ex-ami en lui montrant la télévision (drames, guerres, enlèvements, massacres) qu'il est désormais dans un monde taillé pour son génie criminel, la confrontation aussi d'un homme à sa propre mortalité (Wells arrive dans un musée qui lui est consacré, et peut voir autour de lui toute son oeuvre qui lui est encore étrangère), le film fourmille d'idées et adopte une narration à hauteur d'homme perdu, en montrant constamment la façon dont Wells n'a pas les clés pour comprendre ce monde. C'est drôle, mais pas que, c'est aussi à bien des égards une certaine forme de conte de fées. Et on passe, définitivement, un bon moment...

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Comédie
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 09:33

Continuant de révolutionner discrètement mais en profondeur le canon de la science-fiction dite 'intelligente', les Britanniques vous sortent parfois des pépites inattendues qui se voient et se revoient avec plaisir: il y a deux ans, Under the skin, de Jonathan Glazer, et puis en 2015, cette petite merveille. Un sujet est commun aux deux films: qu'est-ce que l'humain? Et la façon d'évaluer est la même dans les deux: la séduction, la sensualité et la nudité (Ainsi que l'attirance qui en découle) jouent un rôle déterminant. Ex machina conte l'expérience à laquelle se prête un analyste informatique, engagé officiellement pour évaluer l'intelligence artificielle d'un androïde, une jeune 'robote' très séduisante qui répond au doux nom d'Ava (Alicia Vikander), et qui va d'emblée (Elle est programmée pour ça, d'une certaine façon) jouer avec lui le jeu de la séduction. Dans un huis clos dévastateur, Ava, son interlocuteur, son créateur et une mystérieuse jeune femme d'origine Japonaise nous entraînent dans une intrigue de chat et de souris particulièrement relevée, et montée avec une délicieuse lenteur.

Et bien sur le film brasse un nombre gourmand de thèmes, de la créationnite aigüe dont souffrent tant de scientifiques, au désir de la tour d'ivoire, de la place de l'homme sur l'échiquier métaphysique, à la nouvelle donne technologique de nos années trop évoluées... N'en jetez plus, l'essentiel c'est que tout le monde s'y retrouvera!

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 18:28

Arthur Hamilton, engoncé dans une routine qui le tue à petit feu, reçoit d'étranges appels d'un homme qui prétend être un ami mort... Il lui annonce qu'il peut comme lui, disparaître du monde et renaître, un nouvel humain qui pourra entièrement refaire sa vie à l'abri de son passé. Après beaucoup d'hésitations, Arthur va se laisser tenter, et bien sur... tomber dans un piège terrifiant.

C'est en plein coeur des sixties (Dont le joyeux laisser-aller se retrouve dans une scène de bacchanale délirante qu'on n'attend pas dans un film Paramount, fut-il de 1966) que Frankenheimer s'est pu à évoquer la paranoïa de l'humanité plutôt que son avenir. Pour lui, la technologie n'st pas une solution, mais ce qui va nous piéger et nous enfermer, on le voit ici avec une entreprise qui emprunte à la chirurgie esthétique sa sophistication la plus extrême, mais le fait dans une atmosphère de secret et de dissimulation criminelle...

Frankenheimer avait vu des films européens, dont la modernité l'avait manifestement inspiré: il y a du Bergman, de l'Antonioni et du Resnais (Voire du Fellini) dans l'étrange dispositif de ce film dont la structure est pourtant fortement linéaire. Les jeux de points de vue déstabilisent le spectateur, autant que le personnage impliqué dans cette expérience de changement d'identité, où le héros devient littéralement quelqu'un d'autre, pour finir par se rendre compte que même en choisissant une nouvelle vie, il finira toujours par aboutir à la même aliénation. Et ça, c'est une interrogation très Américaine, en ces années 60 qui sont définitivement celles du doute. Un film désespérant, mais essentiel... Le rôle peut-être le plus significatif de Rock Hudson, qui interprète le "nouveau" Arthur Hamilton.

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