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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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30 août 2022 2 30 /08 /août /2022 12:02

Ce n'est pas en soi l'invention du cinéma, ni celle des truquages et effets spéciaux, qui sont là et bien là depuis au moins six ans quand le film se tourne. Non, ce qui frappe dans cet incunable célèbre et probablement tellement pris pour argent comptant que peu de gens y retournent souvent, c'est à quel point il s'attache à raconter une histoire en y faisant preuve d'une imagination graphique. Certes, ça bouge et ça bouge bien trop, comme tous les films de Méliès, dont le réalisateur lui-même (on ne disait pas encore ce mot) s'emporte tellement dans son enthousiasme qu'il commence par en perdre son chapeau... Mais c'est la marque de la loufoquerie particulière de Méliès: déjà, en 1902, elle était spéciale et unique en son genre.

La preuve: combien d'autres Voyages dans la lune y-a-t-il eu de la part d'imitateurs plus ou moins talentueux dans les dix années qui ont suivi? Méliès avait sans doute une vision que nos chères têtes blondes, persuadés que le cinéma est né avec George Lucas, doivent estimer bien archaïque, mais il avait aussi un talent unique, excentrique et au charme bien ancré. 

Le film a subi les vicissitudes du temps, autant que de sa célébrité, parfois cristallisé dans des copies indignes qui circulaient tellement qu'elles en perdaient des fragments. Il a été reconstitué et surtout restitué à ses couleurs originales, grâce à une copie qui les arborait encore... Ce Voyage est donc un superbe état des lieux du savoir-faire de Méliès, en 1902, qui fait son film le plus long de son oeuvre jusqu'à ce point (il y en aura de plus longs) avec 15 minutes, naïves, mais si merveilleuses...

Et de tous ses films, c'est sans aucun doute celui qui a créé l'image la plus évidente de toute l'oeuvre de son auteur, celle dont on se servira désormais pour capturer l'univers de son auteur, comme pour en faire un logo: la preuve, j'en ai même un T-shirt!! Je parle évidemment de celle-ci:

 

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet Science-fiction
27 août 2022 6 27 /08 /août /2022 10:42

Un prologue nous montre en 1995 la vie d'une famille Américaine de l'Ohio, sauf que... Monsieur et Madame sont des "agents dormants" de la Russie, et leurs deux filles Natasha et Yelena sont en fait des fillettes qu'on leur a assignées pour qu'elles figurent leurs propre enfants! Débusqués par le S.H.I.E.L.D., les deux agents doivent fuir en urgence. Une fois à Cuba, les masques tombent, et les "parents" d'un côté, les "enfants" de l'autre, ils reprennent le cours de leur vie secrète...

On reprend le cours des choses, et nous assistons aux tribulations de Natasha Romanoff, dite Black Widow, qui tente de survivre à l'après-Avengers (oui, car dans cette saga à l'univers très étendu, il semble qu'il y ait eu un drame au sein des porteurs de lycra. Mais... on s'en fout.

D'ailleurs, on s'en fout, tout court. Déguisé en parabole vaguement féministe, avec ses personnages qui tentent de reconstituer un tissu familial, et des séquences d'action spectaculaires situées dans les endroits les plus improbables. Les relations entre l'héroïne et sa soeur sont mécaniques, ultra-corsetées par les clichés, et je pense que c'est le film qui vient enfin d'achever de me dégoûter à tout jamais de consommer du Marvel. Pas mal, finalement...

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Published by François Massarelli - dans Marvel Science-fiction
7 août 2022 7 07 /08 /août /2022 11:29

1924, à Moscou, l'ingénieur Los travaille à un grand projet, et rêve un peu trop... Quand il capte, comme la terre entière, un mystérieux message (Anta, Odeli, Uta) sur les ondes, il est persuadé que c'est Mars qui nous contacte... Entre deux crises de jalousie conjugale et autres péripéties, il conçoit une idée folle: aller sur Mars pour retrouver la Reine Aelita, dont il a rêvé...

On ne va pas y aller avec le dos de la cuiller, ce film, l'un des tout premiers à traiter un sujet qu'on qualifiera de science-fiction, est unique. Deux ans avant Metropolis, diront les tenants de la bouteille à moitié pleine. Oui, mais sans les moyens hallucinants de Fritz Lang et de la UFA, diront les autres... Réussir à mêler une histoire de lutte des classes et une intrigue de révolte sur Mars, un mélodrame qu'on n'ose pas qualifier de bourgeois, et un voyage interplanétaire...

Protazanov adaptait à la demande du studio (privé) Mejrapbom un roman prétexte d'Alexis Tolstoï (un cousin de l'autre), afin de fournir de l'évasion aux masses inquiètes. Si Protazanov, qui était parti en exil en 1917, est rentré en Union Soviétique et a accepté de travailler pour les studios locaux, et si le script fait tout son possible pour intégrer la nouvelle donne (un sale type est un pur capitaliste, un policier a des méthodes qui en font un fasciste de la pire espèce, et un soldat désoeuvré brûle d'exporter la Révolution sur Mars), le réalisateur fait quand même passer en sous-main une vision un peu moins glorieuse, avec ces appartements bondés dans lesquels toute intimité familiale est bannie, et une société qui reste quand même à plusieurs strates. Par-dessus le marché, il montre aussi la nostalgie des années d'avant lors de scènes de comédie...

Mais rien ne peut nous préparer à l'hallucinant design des costumes sur Mars, au jeu indéniablement affreux des acteurs et actrices qui doivent incarner les extra-terrestres. Et c'est, au milieu d'une joyeuse absurdité et de quelques bribes du savoir-faire évident de son metteur en scène, ce qui plombe sérieusement le film. Comme quoi on ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la kolkhozienne.

 

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Muet 1924 Bientôt, nous serons des milliers
17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 10:07

Un alien (David Bowie) a quitté sa planète afin de rendre possible l'approvisionnement en eau sur Terre. Sous le nom de Thomas Jerome Newton, aidé par des objets qu'il a apporté avec lui, il devient un géant de l'industrie de la technologie de pointe. Mais confronté à travers la télévision (qui lui permet de communiquer avec sa famille restée sur sa planète, semble-t-il) et le contact avec l'humanité, à des comportements qui l'intriguent, il se laisse corrompre par l'humanité.

Je dois avouer que ce résumé qui précède est mon interprétation, d'un film qui a toujours été intrigant, et vaguement clipesque: une sorte de salade science-fiction prise à l'envers (quoi de moins science-fiction qu'une voiture de luxe qui traverse les plaines de l'ouest au son d'un banjo?) dans laquelle l'esthétique n'en finit pas de devenir ridicule à force de vouloir être différente, et des partis-pris techniques douteux et irritants: notamment, cette étrange idée de tourner une scène qui sera montée en accéléré (léger mais notable) et d'en post-synchroniser les dialogues ensuite. C'est long, lourd et assez vague. Ah, j'oubliais, le rôle de l'alien est tenu par David Bowie.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 18:52

Après une troisième guerre mondiale nucléaire, qui aura dévasté la terre et anéanti Paris, un homme est choisi pour que les nouveaux maîtres de la terre qui vivent sous la surface se livrent à une expérience temporelle: il est partie prenante, même s'il n'a pas le choix, car il est hanté par une image qui date d'avant sa fuite sous terre pour échapper aux radiations: quand il était enfant il a assisté à une scène qu'il n'a pas comprise, mais il se rappelle qu'il y avait une femme dont le visage le poursuit jusque dans ses rêves...

L'idée est géniale, et la réalisation peu banale: pour ce qui est son unique film narratif de fiction, Chris Marker a choisi de traiter cette histoire d'anticipation à l'encontre de toutes les règles du cinéma: car un film, c'est de l'image qui bouge... Or, son film, qu'il qualifie lui-même de photo-roman au générique, est en réalité composé intégralement d'images fixes, de photos donc... 

Sauf une.

C'est étrangement séduisant, malgré l'austérité de l'ensemble, à rapprocher d'une autre expérience plus ou moins contemporaine, celle de Je t'aime, je t'aime (1968), de Resnais, qui justifiait sa construction étrange (des minutes mises bout à bout dans un désordre apparent) en suggérant que le voyage dans le temps serait, s'il existait, forcément physiquement difficile, voire hasardeux. Cet aspect (présent en voix off) informe aussi une grande partie de La jetée, et je pense qu'il rend la navigation passionnante dans ce film unique...

Unique, mais refait, dans un style fort différent, par Terry Gilliam en 1995, avec Twelve Monkeys. Dans un genre différent, c'est aussi une grande réussite: un film de science-fiction qui se place à l'encontre des codes, et qui parle plus d'amour fou que de voyage dans le temps.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
16 février 2022 3 16 /02 /février /2022 18:04

La famille Atreides est désignée par l'empereur pour gérer désormais la planète désertique Arrakis (également connue sous le nom sans ambiguité de "Dune"), là où se trouve la précieuse Epice... Mais c'est un piège et non un cadeau, car le baron Harkonnen, ennemi mortel de la famille Atreides, ca utiliser l'opportunité pour les attaquer. Leto Atreides (Oscar Isaac) est fait prisonnier, mais sa concubine Jessica (Rebecca Ferguson) et leur fils Paul (Timothée Chalamet) parviennent à s'enfuir. Leur but: rejoindre le peuple des Fremen, dans le désert, pour s'allier à eux...

C'est sans espoir: quel que soit le metteur en scène, quel que soit le style (opéra grandiloquent pour Lynch, pieds sur terre et physiquement logique pour Villeneuve), je suis aussi réfractaire à l'univers de Dune que je l'ai toujours été, et incapable de prendre autrement que par la rigolade ces fronçages de sourcils si sérieux que, je n'en doute absolument pas, l'équipe a certainement pris au premier degré. Je l'espère pour eux, en tout cas. 

Cela dit, on finit, après quarante-cinq minutes d'exposition, par prendre du plaisir, un plaisir essentiellement esthétique, devant ce film lent et majestueux, où Denis Villeneuve ne peut s'empêcher de toujours sembler prendre le point de vue de l'observateur étranger, un observateur souvent fasciné comme pouvait l'être par exemple la linguiste de The arrival...

Apparemment, il y aura une suite. Notez que je m'en fous.

Sinon, il y a aussi des vers géants.

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Published by François Massarelli - dans Denis Villeneuve Science-fiction
28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 09:11

Une étudiante brillante en astronomie (Jennifer Lawrence) a repéré une comète inconnue en mouvement; elle s'en ouvre auprès de collègues, dont son professeur, Randall Mindy (Leonardo di Caprio). Ils font des calculs, et constatent que selon toute vraisemblance elle fonce sur la terre qu'elle percutera 6 mois plus tard. Ils sonnent le branle-bas au plus haut niveau de la communauté scientifique, et bien vite l'alerte arrive à la maison Blanche... Mais aussi bien au niveau présidentiel qu'au niveau des médias, personne n'écoute ni ne prend en compte la menace. Tour à tour moqués parce qu'ils ne passent pas très bien à la télévision, ou érigés en lanceurs d'alerte officiels, et donc plus faciles à contrôler, les deux scientifiques se rendent vite compte que leur mission d'alerter l'humanité est impossible...

Un intéressant paradoxe: ce film qui est en passe de devenir un phénomène (énorme succès sur la plateforme Netflix, et des sujets sur France Info!) a été rendu possible, justement parce qu'il est distribué sur internet seulement... Et ça tombe bien, car s'il avait été distribué à l'ancienne, il aurait du passer par tant de filtres et d'étapes de développement, qu'il ne serait sans doute même pas encore tourné... Donc pour une fois, ne boudons pas notre plaisir et réjouissons-nous d'avoir notre petit robinet à films.

L'année dernière, un film de Charlie Brooker (par ailleurs l'heureux papa de Black mirror) tentait de faire de la comédie grinçante avec le retour sur la situation délicate actuellement traversée par l'humanité (et je parle bien ici de la pandémie et non de cette supposée et absurde dictature des démocraties dénoncée par les imbéciles sur les réseaux), dans un film raté: Death to 2020 reposait sur un gimmick et un seul, et était tellement tarte que je ne dois pas être le seul à ne pas l'avoir regardé jusqu'au bout (notons que la chaîne et le réalisateur ont récidivé cette année avec Death to 2021: ça va probablement devenir une tradition, les Britanniques adorent rajouter des trucs systématiques lors de la période des fêtes)... Don't look up, film spectaculaire et doté d'un gros budget, évite les mêmes écueils, pour commencer en utilisant la parabole: pour parler du monde dans lequel nous vivons depuis 2019 (ou 2016, car l'élément de politique intérieure des Etats-Unis est crucial pour le film), d'une communauté scientifique qui ne parvient plus à faire passer les messages (pandémie et/ou réchauffement climatique), le film passe par le truchement d'une intrigue totalement fausse, et même extrêmement simple, dont on ne dévie jamais, y compris quand l'humanité décrite sous nos yeux, elle, noie le poisson avec allégresse... Car dans ce film, la terre va effectivement être détruite par une méga comète, c'est inéluctable, et les scientifiques qui passent le film entier à sonner l'alarme ont raison. Ce qui nous rappelle évidemment notre situation, et non, Randall Mindy n'est pas le Dr Raoult, mais son contraire, c'est à dire un scientifique intègre, ou plus ou moins: pas facile dans le monde de 2021 de rester à 100% concentré sur ses convictions!

Ce film qui nous rappelle avec humour à nos responsabilités vis-à-vis des générations futures a aussi un autre aspect paradoxal, plus dangereux celui-ci: il est long, très long, et aujourd'hui les mêmes qui sont capables de passer une nuit entière à regarder 51 épisodes d'une même série, n'aiment pas passer trop de temps sur un seul film. Je dis "plus dangereux" pour la postérité du film (dans 6 mois, on en parlera comme d'un vieux film, et "en plus il est long"), bien entendu, même si je pense que par bien des côtés il ne sera pas oblitéré avant longtemps. Adam McKay, qui est aussi militant que connaisseur des médias, a tout fait justement pour que le film repose sur des solides bases narratives: une situation claire, une utilisation contrôlée et constamment inventive des sources médiatiques, et une chronologie globalement linéaire, dans laquelle les décrochages sont minimes: des flashes de rappel, ou des montages parallèles qui alternent les causes et leurs effets, pour mieux montrer les mécanismes dialectiques à l'oeuvre...

Car l'essentiel du film repose sur la communication des nouvelles et son exploitation par les corps constitués. Une situation qui permet à McKay de viser juste, sur la présidence Trump d'une part, mais aussi sur une Amérique et une planète désormais engluées dans l'idée préconçue qu'on peut en permanence fabriquer "sa" vérité à sa guise, comme cette présidence girouette qui commence par railler les scientifiques, avant de demander des infos à "ses" scientifiques (qui vont confirmer exactement le diagnostic), mais pas pour établir la vérité, non: pour servir ses intérêts... Puis une fois les deux héros discrédités une fois de plus en public, la présidence va utiliser l'expression "don't look up", en réaction à l'injonction classique de la science-fiction: n'écoutez pas ces alarmistes, ils racontent n'importe quoi. Les meetings présidentiels dans le film sont troublants de par leur ressemblance avec la campagne Trump. 

Les personnages sont brillants, dans la mesure où le dosage entre caricature et reflet de la réalité est rendu si facile par la situation dans laquelle se trouve le monde, finalement... Il y a vingt ans, on aurait pu râler devant cette présidente qui se réfugie en permanence dans la grossièreté et la bêtise, qui se fait repérer à envoyer des textos avec photos salaces à l'appui, qui réalise que le fait de fumer en public lui donne une image de rebelle auprès des débiles qui par ailleurs votent pour elle, et par dessus le marché elle est flanquée d'un "chief of staff" qui est encore pire qu'elle (imaginez Cyril Hanouna en premier ministre d'Eric Zemmour... ou pas, d'ailleurs, c'est doublement effrayant) et qui n'est autre que son fils... Mais aujourd'hui ça passe tout seul, et pour cause! Sinon, les autres personnages, notamment les deux principaux, évitent en permanence le piège de n'être que des minables dans un jeu de massacre: on les aime bien, y compris quand ils se fourvoient...

Logique, riche, avec suffisamment de matière pour qu'on puisse y retrouver notre monde (futilité des médias, atrocité de la musique, incarnée par Ariana Grande qui joue avec gourmandise une chanteuse écervelée richissime au QI de moule, omniprésence des réseaux sociaux, promptitude de l'Américain moyen à tout questionner, politique corrompue, businessmen érigés en consciences par dessus les services publics et les scientifiques, et sondages comme seule marche à suivre), le film est formidablement interprété par un casting de luxe: Leonardo di Caprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Tomer Sisley, Jonah Hill, Melanie Lynskey, Timothée Chalamet, Cate Blanchett, Ron Perlman ou encore Himesh Patel... C'est curieux, il fut un temps où les castings de luxe étaient réservés aux films commémoratifs (The longest day, par exemple)... Plus maintenant: un conseil, quand vous voyez un film, même rigolo, avec 25 stars dedans, c'est qu'il y a probablement quelque chose qui ne tourne pas rond, du tout, du tout, du tout...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Science-fiction
27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 16:34

Un scientifique a passé le rideau de fer, pour permettre aux Américains de posséder un moyen d'améliorer une technologique phénoménale: ils peuvent maintenant miniaturiser hommes, animaux, objets... mais seulement pour une heure. Ce que leur apporte leur nouvel ami, c'est la possibilité de le faire plus longtemps. A son arrivée, il est mis hors d'état de parler, et il est entre la vie et la mort: il va falloir qu'une équipe se charge de détruire le caillot qui lui paralyse le cerveau. Excellent prétexte pour miniaturiser une équipe de choc... dans laquelle il y aura non seulement un spécialiste des flux sanguins (Donald Pleasance), un chirurgien spécialiste du cerveau (Arthur Kennedy), un barbouze (Stephen Boyd) et une assistante de choc (Raquel Welch), mais aussi un traitre!

Voilà, le décor est planté, on a une mission improbable, et son Mac Guffin: car une fois qu'on sait qu'il y a une mission au bout du chemin, nous ce qu'on veut, c'est le "voyage fantastique" promis dans le titre! une équipe d'humains, dans un quasi vaisseau spatial (avec un laser), qui se promène dans le corps humain figuré à coups d'effets spéciaux tous plus remarquables les uns que les autres, c'est suffisant pour qu'on veuille un ticket, finalement, et le film a le charme des premières fois pour lui...

Fleischer ne se contente pourtant jamais du gimmick, et a mis le paquet dès le départ: un pré-générique qui est une mini-anthologie du film d'espionnage à lui tout seul, un générique modèle, et dès que possible, Stephen Boyd en novice confronté au monde étonnant de la science: l'espion réticent ne se ravisera qu'au bout de cinq minutes, une fois qu'il aura vu l'assistante du Dr Duval...

Pour le reste, ce film ne se raconte pas, ne peut même pas s'imaginer: c'est un grand film, ne serait-ce que parce qu'il nous propose, comme les meilleurs films d'Hitchcock ou de Spielberg, des images hallucinantes qui se suffisent à elles-mêmes et qui nous offrent à voir ce qu'on n'a jamais osé espérer voir... en 1966, du moins. Certes, je n'étais pas né... Pas une raison pour bouder ce merveilleux et psychédélique voyage.

 

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Richard Fleischer
31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 12:01

Comment juger un film comme celui-ci? Disons que, comme tous les films de la saga, mais à des degrés bien différents, Moonraker est totalement tributaire de son contexte: d'un côté, les genres cinématographiques sont dominés par la science-fiction post- Star wars; de l'autre, le film précédent a été un triomphe, que la production va vouloir retrouver coûte que coûte. De là à penser qu'il y a eu précipitation, c'est évident. De là à admettre que toutes les interventions de Jaws, l'homme-dents (Richard Kiel) qui passe son temps à apparaître sans la moindre logique, sont purement motivées par le fait qu'il a été très apprécié du public (incidemment, la production a tout prévu puisqu'on apprend à la fin qu'il n'est pas mort, des fois que)... 

Les faits: une navette spatiale de type Moonraker a disparu parce que le constructeur a décidé d'implanter une race de seigneurs sur terre, c'est ce que j'ai trouvé de plus court comme résumé...

Quelques séquences sportives, beaucoup de gags et pas des plus fins, de la drague option beauferie généralisée, une tendance de la mode à faire dans le sérieusement laid (c'est 1979, que voulez-vous), des allusions plus ou moins fines à des films de l'époque (le carillon de Close encounters, pas une mais trois fois) et quarante minutes dans l'espace qui sont aussi mal foutues que, au hasard, The adventurers de Lewis Gilbert. Ceci explique cela...

Devant tant de bon goût accumulé, je n'ai pas résisté à ressortir une affiche d'époque. C'est cruel, mais ça en valait la peine...

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Published by François Massarelli - dans Navets Science-fiction Bond
30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 12:08

Chargé d'explorer la mystérieuse planète X, Duck Dodgers, accompagné d'un assistant porcin, va tomber sur un os: en même temps que lui, le martien Marvin est sur cette même planète pour l'explorer au nom de Mars... La lutte est-elle vraiment égale?

On ne répondra pas à cette question, car Chuck Jones, qui revisite ici un personnage loufoque et coriace qui a déjà été confronté à Bugs Bunny, a eu le bon goût de ne pas se limiter à la simple confrontation. Marvin est un personnage qui fonctionne très bien, parce qu'il est totalement persuadé du bien fondé de sa mission...

Par contre, pour Jones, c'est le début de la fin et des sales manies. Le rythme de son film en pâtit, et visuellement, c'est partagé. Ses productions ne tarderont pas à devenir laides. Il n'y a pas d'autre mot...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Science-fiction