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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 18:04

...Ou comment, quand un cinéaste se lasse de la franchise qu'il a contribué à créer, et qu'il refile le bébé à un subalterne (aguerri, ça oui), on en retire une plaisante surprise! Que Spielberg ait eu envie d'arrêter, on peut le comprendre tant l'univers de Jurassic Park, ses opportunités pour le suspense, et la thématique familiale omniprésente n'avaient plus le moindre intérêt pour lui. Et en dépit des grincheux de tout poil, le réalisateur avait rendu sa copie définitive sur le thème avec l'étrange mais si séduisant The lost world. 

La mission de Joe Johnston est donc essentiellement de distraire, de le faire efficacement et si possible sur peu de temps. Et l'intrigue ici ramenée justement à la thématique susdite (un couple séparé recherche leur fils perdu sur une île infestée des dinosaures du Dr Hammond, avec l'aide involontaire du grognon Dr Grant, amené sur les lieux avec un mensonge éhonté et la promesse d'une bourse qu'il ne verra probablement jamais) est simple comme bonjour, et permet toutes les figures imposées du suspense propre à la série. Le dosage est dans les mains d'un routier qui ne la ramène jamais et réussit à circonscrire son film en 90 minutes, et en prime le couple est joué par deux excellents acteurs de comédie, Téa Leoni et le grand William H. Macy. Donc la visite de l'enclos des spinosaures est recommandée.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 17:31

Claude Ridder (Claude Rich), rescapé d'un suicide, est choisi par une équipe de scientifiques qui travaillent sur le voyage dans le temps. Ils sont à la recherche d'un humain qui n'a pas grand chose à perdre, et l'homme est le cobaye idéal, comme il le dit lui-même... Il est donc enfermé dans une structure étrange, et va voyager en revivant littéralement une minute de son passé. Mais la machine se détraque, et Claude part pour un voyage en lui-même, qui passe sans s'arrêter, et de façon aléatoire, d'une minute à l'autre de sa vie.

Et ainsi nous remontons jusqu'au moment où Claude a attenté à sa vie, point d'orgue d'une relation tumultueuse avec son épouse Catherine (Olga George-Picot).

Le film était prévu pour le festival de Cannes de 1968, celui qui n'a pas eu lieu, et n'a absolument pas intéressé le public lors de sa sortie. Privé de soutien de la part de la critique, il a quasiment disparu des radars, malgré des diffusions occasionnelles à la télévision dans les années 1970. c'est pourtant un film de Resnais qui reste bien dans la lignée de ses oeuvres plus connues et plus fêtées, comme Hiroshima mon amour ou L'année dernière à Marienbad.

L'intrigue de science-fiction y devient le prétexte à une expérience narrative formidable, qui permet au spectateur de tenter de reconstituer le puzzle de la vie de Claude Ridder, dans lequel Claude Rich y joue le jeune, l'adulte, et y est parfois confronté à des variations inattendues. On ne saura pas quelle est la part du rêve, des souvenirs, de l'hallucination, ni de la poésie langagière ou surréaliste, lors de ces minutes disjointes, poignantes ou absurdes, pathétiques ou drôles, aux répétitions aléatoires et toujours changeantes... Mais pour ça, il faudra se laisser aller, d'abord dans l'introduction froide, puis dans le grand plongeon narratif, et se laisser faire.

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Published by François Massarelli - dans Alain Resnais Science-fiction
13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 00:05

En 1994, Zemeckis  triomphé au-delà de toute espérance avec Forrest Gump: il aurait pu cesser toute activité, et se reposer jusqu'à la fin de ses jours sur ce film, un des rares des années 90 à avoir acquis et conservé le statut enviable de classique absolu et universel. Un film qui a révolutionné à sa façon le cinéma, tout en offrant une vision du passé, qu'on peut prendre ou laisser, mais qui est malgré tout une philosophie en soi, et qui parle, finalement, à la terre entière... Mais Zemeckis est un joueur, envers et contre tout, un artiste aussi; quand il s'exprime, il peur être cassant, voire désarmant parce qu'il donne l'impression de ne s'intéresser qu'à la technique. Mais ses films, ses séquences, ses plans mêmes parlent d'eux-mêmes...

Et Contact, le projet immédiatement suivant, nous montre le cinéaste se mettre en danger, car d'une certaine façon il tente d'y résoudre la quadrature du cercle: d'une part, il souhaite réaliser un film de science-fiction plausible, en utilisant la machine à mentir qu'est le cinéma (il vient de le prouver en faisant dialoguer Tom Hanks avec le président Kennedy!); d'autre part il entend confronter la foi en Dieu et la foi en la science au sein d'un film unique. Celui-ci est une adaptation d'un roman de Carl Sagan, qui a eu un énorme succès en 1985, d'ailleurs ravivé par le film. 

Ellie Arroway (Jodie Foster), une scientifique obsédée par l'idée de créer le contact avec les exta-terrestres, est récompensée le jour où elle reçoit enfin un message d'une intelligence inconnue. Avec l'aide de nombreuses personnes, elle va réussir à suivre les instructions des êtres mystérieux qui l'ont contactée, et tenter d'entrer en contact, à travers une mission qui connaîtra bien des péripéties... Mais en même temps, elle va entrer en conflit plus ou moins pacifique avec un supérieur, qui entend bien lui dérober la paternité de sa découverte (Tom Skerritt) et rafler les honneurs à sa place, un responsable ambitieux et sceptique de la défense (James Woods), plusieurs représentants de la foi Américaine, dont un sénateur de droite (Rob Lowe) qui parle au nom des fondamentalistes, un fou de Dieu (Jake Busey) tenté par le terrorisme, et surtout Palmer Joss (Matthew McConaughey), un jeune pasteur progressiste avec lequel elle a eu une aventure. Pour Ellie, la foi religieuse telle que Palmer la conçoit, qui croit en raison de convictions impossibles à étayer, est non-scientifique. Pour lui, la foi reste un élément indissociable de l'humanité. Les questions posées par le déroulement du film sont les suivantes: Ellie va-t-elle oui ou non rentrer en contact avec les aliens? Si oui, va-t-elle pouvoir retirer quelque chose au-delà de la satisfaction, de cette rencontre, qui lui permette d'avancer? Et enfin, va-t-elle se réconcilier avec Palmer, le convaincre ou être convaincue par lui?

En d'autres termes, Zemeckis choisira-t-il de céder aux sirènes du politiquement-et-religieusement correct en rangeant sa scientifique auprès des religieux, ou saura-t-il être un peu plus subtil?

Je ne répondrai pas, parce que la réponse fait le sel du film; ça, et bien d'autres choses: la façon dont Zemeckis inclut son film réaliste dans la fiction des images de synthèse, à moins que ce ne soit le contraire. Il y aura de la sale manie, dans les films d'animation des années 2000 (Beowulf en tête) où le cinéaste s'abîmera, mais la maîtrise qu'il garde sur son film de science-fiction est impressionnante. Il est d'ailleurs intimement lié à Forrest Gump: derrière Ellie Arroway, petit bout de bonne femme qui court contre l'univers entier, Zemeckis donne du sens à l'existence en honorant à la fois la part de conquête et de recherche du savoir inscrite en l'homme, et sa part d'absolu. Bref, il réussit à trouver une manière respectueuse de chacun d'allier la science et la foi, ou plutôt de les faire cohabiter. Sans jamais prendre parti, mais en épousant la part de merveilleux contenue dans la recherche spatiale, et en créant à partir de là un majestueux album d'images qui s'émerveillent d'un rien, et en faisant évoluer ses personnages dans des décors fabuleux (et souvent réels), Zemeckis crée un film d'aventures et de science-fiction à la fois concret et inépuisable: un film qui garde pour lui ses clés, laissant le spectateur se faire son idée. C'est aussi une montagne russe d'émotions, servi sur un plateau à une actrice de génie: bref, c'est un chef d'oeuvre. ...Auquel il faut accéder sans cynisme.

 

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Robert Zemeckis
25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 16:39

Une petite ville du far west est l'objet d'une attaque de vaisseau extra-terrestres, qui emmènent un certain nombre des habitants pour une destination inconnue. Dans la petite ville, les pionniers vont s'unir, entre citoyens, cowboys, policiers et bandits, blancs et Apaches, pour tenter de retrouver les leurs, conduits par un trio inattendu: le colonel Dolarhyde, dont le fils a été enlevé, le bandit Jake Lonergan, le seul homme a avoir réussi à s'enfuir des griffes des aliens, et enfin la troublante Ella, qui connait bien les sales bestioles, et cache un secret inattendu...

Parfois toute critique est impossible: Jon Favreau a vendu son film aux producteurs en leur disant "on va faire un film dans lequel le far west rencontre la science-fiction", et hop! Tout ce qu'on peut imaginer se passe à l'écran. Pour ma part, je pense que le metteur en scène s'amuse d'autant plus à recréer avec un casting franchement impressionnant les codes du western: Harrison Ford, Daniel Craig, Olivia Wilde, Sam Rockwell, Keith Carradine et Paul Dano... Les aliens sont esthétiquement immondes, mais c'est un signe des temps, et tout ça n'est pas bien sérieux...

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Published by François Massarelli - dans Le coin du bizarre Western Science-fiction
10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 16:54

1983, dans une galaxie pas si lointaine, il y a... un certain temps. Les affiches sont cette fois très claires: George Lucas a gagné son pari, et tout le monde attend son troisième film de la saga. L'imaginaire de Star Wars (La franchise, désormais) est désormais établi, connu et reconnu, et les affichistes sont enfin fidèles à leurs modèles. Plus que le deuxième film, The empire strikes back, qui après tout aurait bien pu se planter dans les grandes largeurs, c'est ce troisième film qui a fini par cristalliser la légende.

Ca aurait pu, voire ça aurait du être un désastre. Parce que ce qui faisait la force de Empire, c'était de pouvoir s'établir à partir des quelques données du premier film (La donne politique, les bons, les méchants, la gentille rivalité amoureuse, les robots, les créatures) et de s'amuser à construire un mythologie en mettant tout le monde convenablement en danger, faire des révélations délirantes (Luke, I am your father) tout en ouvrant beaucoup, beaucoup de portes... Qu'un autre film se chargerait de fermer. Bref, Return of the Jedi avait la tâche impossible de rester intéressant tout en finissant le job, et il fallait que ce soit propre et net! Pas de fermer la porte en en ouvrant quinze autres comme n'importe lequel des épisodes de fin d'une saison d'une série HBO!

Certes, du coup, c'est le moins bon des trois films de la première trilogie, mais il possède des moments de grâce: les premières séquences sur Tatooïne, qui jouent avec le spectateur, tout en établissant une bonne fois pour toutes la personnalité du Jedi Luke Skywalker, endurci et au cuir désormais tanné. Sans parler de toutes les interrogations devant ces personnages (Les robots, puis Chewbacca, enfin Leïa et Luke) qui se succèdent pour venir chercher Han Solo chez Jabba le Hutt... Et la formidable poursuite en forêt, un merveilleux moment terrestre gâché un peu par l'arrivée d'une nouvelle créature en collaboration entre les ateliers Jim Henson et les établissements George Lucas: les Ewoks. Car, et c'est l'une des faiblesses du film, Lucas ne résiste pas à l'idée d'en faire trop. On sait, hélas, où ça va nous mener...

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Published by François Massarelli - dans George Lucas Science-fiction Star Wars
17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 17:22

X-men, ça finit par ne plus sentir très bon. J'avais applaudi la démarche de Bryan Singer qui était parti du principe qu'il valait mieux prendre la saga au premier degré, au moment de réaliser les deux films inauguraux; mais à force de voir des mutants aux costumes et aux noms ridicules se lancer des boules de feu, se regarder mutuellement avec l'air de découvrir les effets internes de la constipation sur les corps drapés de Spandex qui gratte, et se parler en aboyant des "Magneto!", des "Mystique!" ou autres surnoms tous plus affligeants que les autres... ça lasse.

Donc applaudissons ce reboot (C'est le terme consacré), qui dose justement le premier degré, sous la conduite d'un metteur en scène doué pour le visuel, le rythme et l'action, et qui jamais ne se prend au sérieux, jamais ne prend au sérieux ce qu'il nous raconte (comment le pourrait-il? Il faut quand même reconnaître que cette variation baroque sur le conflit entre affirmation de la différence et assimilation, donne surtout lieu à un festival psychédélique et décadent de cornichonnerie pour ados, non?), mais s'amuse comme un gamin à nous transporter dans l'histoire (la baie des cochons), le mythe (Kennedy est l'un des personnages du film, qui se déroule dans des swinging sixties assez bien reproduites même si elles sont constamment anachroniques), et... le grand n'importe quoi de Marvel.

L'idée était de relancer la machine qui s'essoufflait. Ca a marché, et ce retour aux sources est excellent, profondément distrayant et surtout sans prétention aucune. La suite, pour laquelle Singer a repris les rênes... Est bien plus gênante, je propose tout simplement qu'on la passe sous silence.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 19:06

Ce film avait avant sa sortie, déjà une réputation désastreuse... Si Kevin Costner, principal instigateur du projet, et selon la rumeur un peu plus encore, avait eu la présence d'esprit de demander conseil à James Cameron, il ne se serait pas fait. Mais comment voulez-cous prendre une telle histoire au sérieux?

Suite à un désastre écologique lambda, la terre est entièrement couverte d'eau... apparemment. Ce qui n'empêche pas le vulgus pecum d'espérer trouver la mythique terre émergée, dont on dit qu'elle existe quelque part. S'il y en a un qui n'y croit pas, c'est bien le Mariner (Kevin Costner), un solitaire qui écume les mers avec son trimaran. C'est un mutant, il a des branchies, lui permettant une telle endurance sous l'eau qu'il a pris l'habitude de piller les villes immergées pour en ramener des trésors, car dans Waterworld, tout s'achète et surtout tout se troque. Par contre, le Diacre (Dennis Hopper), un bandit qui avec sa bande s'est appropriée les milliers de litres de l'Exxon Valdez (sic) croit dur comme fer que la terre existe, et il sait qu'une fille, la petite Enola, possède un tatouage qui est une carte pour la trouver; le Mariner, suite à des circonstances qu'il serait fastidieux de raconter ici, se retrouve flanqué de deux passagères: une jeune femme, Helen (Jeanne Tripplehorn), et sa jeune protégée... Celle-ci bien sûr, n'est autre qu'Enola (Tina Majorino).

Côté pile, Costner voulait faire un film de science-fiction post-apocalyptique quasi intégralement tourné sur l'eau, avec tout ce que la mythologie du genre compte de figures imposées (Les petits groupes humains fragiles, le solitaire, la méfiance permanente, l'apprentissage de l'autre, l'existence d'un mythe pour retrouver une part d'humanité, et bien sûr la bande de zonards/zombies/débiles/ultra-violents ou tout autre truc dans ce genre qui, selon la formule de Joss Whedon dans Firefly, "sont allés à l'autre bout de l'enfer et en sont revenus plus dangereux encore"... Tout y est). Mais c'était miné d'avance, car la chose était un travail de titan, et surtout tellement chargé en kitsch que le spectre de l'auto-parodie involontaire guettait, rigolard, en amont...

Suite, j'imagine à des tergiversations, des négociations, des discussions sans fin, et des changements de personnel, le destin du film a été, heureusement, changé. Par l'expression "changements de personnel", je veux bien sûr parler en particulier du départ de Kevin reynolds, qui n'en pouvait plus d'avoir la star du film constamment sur le dos pour lui dire quoi faire, et qui a claqué la porte... Comme il n'a pas été officiellement remplacé, il paraît sensé de créditer Costner de la réalisation. Et c'est de fait lui, bien qu'il n'en ait pas été crédité, qui a eu le final cut...

...Ouf, il 'a pas fait "Danse avec les phoques"! Et donc, côté face, Costner a laissé l'humour du projet prendre le dessus: Dennis Hopper, en particulier, avec sa bande de kamikazes fumeurs, nous empêche en permanence de prendre quoi que ce soit au sérieux... Costner a veillé à resserrer le montage, mettre en évidence l'action, et au final on a un film parfaitement distrayant, volontiers kitsch, avec tous ces objets rouillés qui s'entrechoquent, et sans temps morts. Et surtout, surtout, parfaitement décérébré...

Comme Costner comprend vite, il a refait le film avec The Postman, mais sur terre. C'est un peu intelligent. Mais pas beaucoup quand même parce que Waterworld a été un échec commercial particulièrement cuisant. Mais il est édifiant de comparer les deux films, leur structure, le personnage principal... Jusqu'à une courte scène de Waterworld qui préfigure la rencontre avec Olivia Williams dans The Postman.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Kevin Costner
21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 18:38

Des fois, il est ardu de commencer une chronique... Mais rarement à ce point. Rappelons pour commencer que ce film est l'un de ces cas à part, tellement reconnu comme étant mauvais, et par tant de monde, que c'en est officiel. Un ratage certifié, qui a raflé tous les pris pour lesquels il avait été nominé... à une distribution de hochets pour les pires films, acteurs, producteurs, réalisateurs, etc...

Bref, c'est un navet officiel. Et pourtant, c'est aussi un film assez rigolo à regarder, et pour lequel on n'a pas regardé à la dépense: il dure presque trois heures. L'énorme succès de Dances with wolves, en 1991, a peut-être beaucoup fait pour que les distributeurs (Warner en l'occurrence) en autorisent la diffusion.

Ils s'en mordent les doigts depuis.

Et pourtant, Coster qui s'est lancé dans ce film à l'issue du naufrage de Waterworld (Signé par Kevin Reynolds, mais tout le monde savait qui était la patron!), aurait dû s'abstenir. Au monde entièrement sous eau de ce dernier film, The Postman substitue un environnement post-apocalyptique plus classique: les étendues sauvages et désertiques du Nord-Ouest, en particulier de l'Oregon. Le gouvernement, les villes, la technologie, rien n'a survécu à une événement d'ailleurs jamais expliqué qui a poussé le monde dans le chaos. Un fermier a profité de l'occasion pour créer une troupe de bandits à sa solde, unis par une sorte d'éthique vaguement militariste, raciste, et basée sur la loi de la jungle. La tâche, pour tout un chacun: survivre.

Dans ce contexte, un voyageur solitaire se voit réquisitionné par la troupe en question, menée par l'illuminé Bethlehem. Il s'échappe, et se réfugie dans un véhicule abandonné: une camionnette de la poste; a l'intérieur, il trouve du courrier, un uniforme de postier, et une idée toute simple: pour donner confiance aux villageois qui pourraient éventuellement le chasser, il va prétendre être un facteur, mandaté par un gouvernement rétabli... En dépit de la méfiance de certains, le truc marche. Mais il marche si bien qu'au bout de quelques temps, le "facteur" commence à croiser d'autres facteurs, mais eux croient à fond en leur mission...

L'idée du roman de David Brin est bonne: d'une part, le poids symbolique du courrier est une réalité, et d'autre part, la façon dont naît une idée, presque par hasard, qui va changer le monde, sied bien à cette histoire improbable située au-delà d'un événement mythique et qui ne sera jamais explicité. Mais au final, tout se résume à une lutte entre deux camps, le bien et le mal, une lutte dans laquelle il est impératif de choisir son camp; et si le réalisateur Costner, lui, a choisi, bien sûr, car il sait ce qu'il veut faire de ces chevauchées, de ces ralentis, de la musique de James Newton Howard, de ses héros. Mais le personnage passe les trois-quarts du film à faire sa chochotte...

Et pourtant il y a des acteurs, Olivia Williams, par exemple, ou Larenz Tate. Il y a même un peu de baroque (Mais pas assez: pensons à ce qu'aurait probablement fait de ce western futuriste le Joss Whedon de Firefly...), et un peu d'humour: notamment à travers ces mercenaires bas du front qui veulent qu'on leur montre un film, mais qui râlent pour qu'on remplace le film d'action qui leur est proposé, par The sound of music... Bref, si le film est plaisant à regarder, c'est certainement très involontaire. Un critique a d'ailleurs rebaptisé le film à sa sortie, en hommage à son réalisateur, Dances with myself. Et je pense que le ratage apocalyptique de ce film a aussi été pour beaucoup, en dépit de la qualité évidente des deux autres oeuvres de Costner, dans le fait que sa carrière s'est arrêtée au bout de trois films(Le troisième, Open range, est un western sorti en 2003, et est d'une grande dignité). Quatre si on compte Waterworld, mais je ne souhaitais pas me mouiller.

 

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Published by François Massarelli - dans Kevin Costner Science-fiction
30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 09:15

Une bonne, voire une très bonne idée. Ca fait des années que je me plains de la tendance saugrenue de George Lucas à vouloir remodeler en permanence la saga qui l'a définitivement consacrée, et qui était si fabuleuse à ses tous débuts, donc l'idée de revenir aux fondamentaux, sans tout casser, sans modifier les films a posteriori, ni donner une explication quasi religieuse à tout pour tout flanquer par terre. Je ne sais pas qui de l'Empire Disney-Lucasfilm, de l'étoile noire de Burbank, ou de la base arrière de ILM, a eu cette idée mais je le redis: elle est excellente.

Il s'agit donc, non de multiplier les univers, à la Marvel, ni de prolonger en des ramifications sans fin une saga dans laquelle, y compris si comme moi on considère qu'elle est pour l'instant réduite à 5 épisodes (Il n'y a rien, mais alors rien à voir dans les films sortis entre 1999 et 2005), on se perd. Non: Rogue one prend acte du fait que selon le Lucas de 1977, il était pertinent de commencer en cours: quand Star wars (1977) commence, on est déjà dans l'action. La rébellion existe, et d'ailleurs Darth Vader est en chasse. Il ne va pas tarder à mettre la main sur la princesse/sénatrice Leia Organa. Donc il suffisait de retourner en arrière, et pour la première fois depuis 1977, offrir à voir un film estampillé Star Wars qui commence et finit dans le cadre de ses 135 minutes! 

...Tout en offrant à ceux qui savent des petites allusions rigolotes, des détails qui prouvent qu'on a bien fait son boulot. Bien sûr, je n'ai repéré que des allusions à LA trilogie d'origine, on ne se refait pas.

Donc, le film s'intéresse à la genèse de l'Etoile Noire, cette planète artificielle qui détruit à distance les autres planètes, et aux remords de son principal concepteur, le génie Galen Erso (Mads Mikkelsen). Il a suivi l'Empire plus ou moins contraint et forcé, mais a pris le temps de permettre à sa fille Jyn de s'enfuir. Elle est devenue hors-la-loi, mais selon son propre aveu ne s'occupe pas de politique. Elle est récupérée par la rébellion suite à la défection d'un pilote impérial qui affirme que Galen Erso a des informations à faire passer...

Le travail a été confié à Gareth Edwards; solide réalisateur Britannique qui s'est illustré dans des grosses productions à effets spéciaux. Zéro personnalité, mais du dynamisme, c'est d'une certaine façon tout ce qu'on demande, il s'est glissé dans le moule nécessaire pour reprendre la formule magique (Selon moi, il y a des grincheux) de The force awakens: ne se servir de CGI que quand c'est absolument impératif, et pour le reste, faire confiance aux acteurs, et privilégier les décors réels. Bref, tout ce que GL ne faisait plus...

Et le résultat est plus qu'intéressant, apportant du nouveau sur deux aspects: d'une part, une plongée au coeur d'événements désormais coupés d'une progression compliquée, qui en deviennent plus percutants (Sans parler du fait qu'on y retrouve des réminiscences des guerillas urbaines telles que les nouveaux conflits de nos années troublées les vivent, hélas souvent en direct sur nos médias); et d'autre part, si on admet que tout Star Wars n'est qu'une mise à plat simpliste de la lutte du bien contre le mal, ce film-ci confirme que le "côté obscur" n'est pas réservé aux seuls adeptes de la Force, ni au seul empire. En témoignent le trouble personnage de Saw Gerrera (Forrest Whitaker), un rebelle qui a construit son propre petit empire à l'extérieur des méthodes propres et valeureuses de la Rébellion, ou encore Cassian (Diego Luna), un assassin/espion qui travaille par idéal pour la rébellion, mais n'est jamais regardant sur la morale, ni sur les moyens. Donc, mais oui, des nuances de gris dans Star wars...

Jyn est un personnage qu'on n'aura connu que le temps d'un seul film, mais dont l'énergie, les doutes et le parcours, nous la rendent vite familière. Et elle est comme Han Solo, un de ces héros de Star Wars, qui n'a rien à voir avec la Force, ce qui change un peu, il fait bien le dire! Car si on excepte trois personnages (Darth Vader, aperçu à deux ou trois reprises) et deux hommes mystiques, dont un super-combattant aveugle (...Zatoichi?), on nous laisse un peu tranquille avec les mcGuffin propres à Lucas. C'est une excellente nouvelle... Et le film nous montre comment, de bandit sans foi ni loi, elle devient une authentique rebelle. Edifiant, donc...

Pour finir, je dois admettre que le film est certes un peu long, et un peu trop pyrotechnique à mon goût sur la fin, mais il possède suffisamment de petits trésors, est constamment beau à voir, sans excès, et tient la route en tant que satellite du Star Wars original. Et il offre une paradoxale reprise de quelques personnages, en particulier une "reconstruction" de Peter Cushing, et en guise de dernier plan, le retour d'un personnage recréé là encore en images de synthèse, qui est émouvante (Et pour cause), et qui confirme in fine que là où Rogue one s'arrête, Star Wars commence.

...Et j'ai failli oublier: bien réelle celle-ci, le film comprend une contribution de l'immense Alan Tudyk (Firefly).

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Published by François Massarelli - dans Star Wars Science-fiction
2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 18:04

A la faveur de la sortie en Bu-ray de la mythique "version télévisée" du film de Richard Donner, enrichie de 48 minutes, faisons un petit voyage dans le temps, vers 1978, donc, inévitablement, vers l'enfance. Pas celle du cinéma, bien sûr, à cette époque le septième art est un digne octogénaire, encore propre sur lui. Non, par enfance, je voulais dire...

La mienne.

C'est sans doute pour ça qu'à l'heure de tenter une réflexion vers Superman de Richard Donner, ou Star Wars, de l'autre, toute distance critique m'échappe soudainement... Mais on va essayer quand même.

Pour commencer, en 1978 ce film de Super-héros était une révolution: on n'avait jamais traité cet univers au cinéma avec un budget conséquent, et autrement que comme un prétexte psychédélique à faire soit du serial crétin, soit de la série Z assumée. Et le pari des frères Salkind avait, derrière leurs gros sabots vaguement mercantiles, un peu de dignité: faire revenir les gens dans les salles en voyant grand, très grand. Même s'ils avaient parfois mauvais goût: confier Dumas à cet abruti de Richard Lester (qui reviendra à la fin de cet article, on n'est jamais débarrassé des escrocs), par exemple, c'était d'une rare crétinerie. Mais l'idée de redonner au cinéma du samedi soir une vraie allure, en fidélisant les spectateurs sur plusieurs séances, avait de quoi séduire. C'était le plan initial.

En effet, pour raconter avec panache l'histoire de Superman, il fallait bien quatre ou cinq heures; c'était donc le plan: un film en deux parties de deux heures et demie, mais unies par la même ligne narrative. 

Deux ans après le lancement de la production, pourtant, les circonstances ont décidé d'un changement de direction: Richard Donner était épuisé, le producteur Pierre Spengler ne pouvait plus le voir en peinture, et les distributeurs ne croyaient pas au film géant. La décision a donc été de faire subir à Superman exactement le même traitement que celui qu'a subi le film The wedding march, de Stroheim (Attention, je ne dis pas que Donner est le Stroheim des années 70, hein!): on sort la première moitié telle quelle, et on retouche le reste afin d'en faire un film indépendant... Sous la direction d'un imbécile. Le résultat, Superman II, est sans doute dans le Guiness Book des records, pour avoir été le festival de retakes les plus moches de l'histoire, et si vous coulez mon avis, je ne le reverrai de toute façon pas! Nous voici donc face à un film de deux heures et demie, qui devrait être déséquilibré, mais qui, miracle, ne l'est pas. C'est que donner a au moins réussi à obtenir  des Salkind de contrôler cette première moitié, et de lui donner de l'allure...

Quand on aborde un film pareil, il faut abandonner non seulement les habitudes prises devant les 1547 longs métrages jetables sortis par Marvel chaque année, mais aussi son âme d'adulte, raisonnable et réaliste. Toi qui entre ici, reprend donc ton âme d'enfant.

Quand je vous le disais!

Donc ce Superman possède des qualités, beaucoup de qualités: la naïveté indispensable à l'entreprise, une certaine dose de second degré, sans cynisme (Ce qui gène bien sûr aujourd'hui), et une sorte d'esprit comic-book particulièrement réussi; c'est sans doute le meilleur film de Richard Donner, un metteur en scène qui n'a pas vraiment à mon humble avis fait beaucoup d'étincelles, mais qui a pris un certain nombre de bonnes décisions ici. On aurait pu faire mieux (Margot Kidder, par exemple...), mais le film a su passer les années tel quel avec la tête haute. L'humour et le second degré sont d'autant plus poussés qu'ils sont essentiellement confiés à la bande de Gene Hackman, et franchement, l'opposition entre la mégalomanie de BD de Luthor, face à l'héroïsme premier degré de Christopher Reeve, pour moi, font merveille.

Le montage du film, tel qu'il est sorti, a donc été trituré à deux reprises: d'une part pour une director's cut très décente qui fait passer le métrage de 140 à 151 minutes (c'est la version montée par Donner pour les DVD en 2000), d'autre part, pour une 'extended version' montrée à la télévision à l'aube des années 80: le film y passe à 188 minutes; on s'attend à ce que ce soit trop long, l'idée essentielle étant d'allonger les scènes existantes. 

...Surprise: je trouve que le film en ressort grandi (sans jeu de mots), que le rythme qui aurait pu être poussif, en acquiert une certaine majesté. Bon, certes, ce n'est ni fast ni furious, mais... tant mieux, non? Et les trois heures sont élégamment divisées en deux parties égales pour permettre un visionnage en deux épisodes...

Et bien sûr, ça donne envie d'allonger la sauce en y ajoutant le remontage de Superman II par Donner, qui y a inséré ses scènes tournées avec goût, en enlevant tout ce que Lester y avait vomi. On va sans doute prolonger l'aventure, donc.

Comment ça, je n'aime pas Richard Lester? Et qu'en savez-vous, d'abord?

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction