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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 22:00
Teenland (Marie Grahtø Sørensen, 2014)

Sally, 17 ans, vit en permanence dans une institution pour personnes différentes: c'est une autre époque, probablement le futur, et on a découvert des mutations inquiétantes chez les adolescents, qu'on tente de contrôler en les enfermant, et accessoirement en les rendant dociles à coup de psychologie... et surtout de médicaments, à forte dose. Mais Sally, qui est venue pour un motif très grave, a mauvaise conscience. En effet, tout en étant douée d'un talent pour déplacer les objets de façon spectaculaire, sa volonté est telle qu'elle peut tuer. Un soir, elle a exprimé ses frustrations en souhaitant la mort de toute sa famille. Alors elle souffre, mais elle obéit. Jusqu'au jour ou Ting-a-ling, une autre ado "dangereuse", vient perturber un repas, en hurlant, et en prêchant la révolte. Sally se fait prier, mais l'appel de la liberté que promet son amie est trop fort, elle se laisse séduire...

On pense à THX 1138, devant cet univers clos, mélange entre un hôpital aseptisé, et un lycée totalement fermé. Les ados y sont réduits à ne plus penser, façon Metropolis, et seules les deux révoltées vont se faire entendre: bruits, transgressions et jeux, Sally et Ting-a-ling tentent de rattraper le temps perdu. Le film est inconfortable, mais passionnant, tourné au plus près des corps de ces jeunes femmes déshumanisées, et longtemps dans le film (Qui ne dure que 30 minutes, remarquez) on se demande si Ting-a-ling est réelle, ou une émanation de l'esprit de Sally, ou... autre chose.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Scandinavie
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 11:22

Cherchons les causes partout où elles se trouvent: les gens de Marvel ne doutent de rien, surtout pas du fait qu'on n'a autre chose à faire que de tenir une comptabilité de qui fait quoi, de qui est quoi, et d'où donc en sont les super-héros ballottés entre leur écrie d'origine (Le S.H.I.E.L.D.) et leurs allégeances plus ou moins privées, on n'est pas non plus forcément à jour de qui ces gens combattent, et des menaces qui planent sur le monde dans cet univers d'apocalypse quotidiennes. Et comme avec le deuxième Iron Man, les gens de Marvel ont tellement pris la grosse tête qu'ils en finissent par ne plus finir leurs films avant de les livrer en pâture au public qui est supposé dire merci, encore.

Et si il fallait savoir s'arrêter? Un film Avengers, c'est bien, c'est un excellent divertissement, dans lequel Joss Whedon a su intégrer ses obsessions personnelles, sur la fragilité humaine, les sentiments, le doute à l'heure du choix, et tout un tas d'autre choses qu'il sait si bien mettre en perspective au milieu de grosses bastons qui prennent toute la place. Comme à ce niveau tout a été dit, ici, il n'y a plus que de la baston, concentrée. Quel ennui... Ce film ne s'imposait donc absolument pas, pas plus qu'on est obligé de le regarder. Les établissements Marvel peuvent continuer à faire leur petit truc dans leur coin, on n'est pas obligé de les suivre. Et ça, c'est une bonne nouvelle, non?

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Navets Marvel Science-fiction
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 17:46

On ne sait plus... Au début de l'arrivée massive des films Marvel, on se réjouissait d'un ton différent, d'idées novatrices, et puis le ton libéré est devenu routinier, systématique, ronronnant. Et la concurrence (Interne, ou du moins partiellement, voir plus bas) avec la saga X-Men a viré au n'importe quoi. Par exemple, les Gardiens de la galaxie, film d'une nullité abyssale, et supposé être décalé (Quand un film ne ressemble à rien à cause de son je-m'en-foutisme, dites qu'il est décalé, c'est vendeur!), n'est rien qu'une tentative de donner l'impression à un public pauvre en esprit et habituer à zapper très vite sur la tévélision entre deux jeux vidéos qu'on pense à eux. C'est à ce stade qu'arrive Deadpool, qui pour l'instant et en l'absence de suite, séquelle ou autres dérivé, est pour l'instant un OFNI fort intrigant et stimulant.

Mais rappelons les faits: Marvel n'est pas un studio, mais une organisation (Comme Miramax, ou New Line) qui met en relation les major companies et des équipes, le tout autour d'un concept: l'exploitation du fonds des bandes dessinées Marvel. On compte en gros trois viviers, distincts les uns des autres par les contrats de distribution, et le public visé. D'un côté, on a la saga Spiderman, née d'un contrat entre Marvel et Columbia/Sony, qui a été exploitée dans les trois films de Sam Raimi, et une resucée à la réputation pas très glorieuse sur laquelle ne l'ayant pas vue, je n'ai absolument rien à dire d'autre... Puis, la Fox a exploité un filon jeune public, avec Les Quatre Fantastiques d'un côté (On peut s'abstenir), et X-men, sous la houlette de Bryan Singer, d'autre part; certains films sont bons; Il y a eu quelques spin-offs, avec Wolverine. Enfin, Marvel s'est allié avec Disney pour Iron man, Captain America, Hulk, Thor et bien sur The Avengers. C'est la partie la plus connue, la plus active, la plus prolifique de l'iceberg, et il y a aussi une extension télévisée bienvenue, autour de Agents of S.H.I.E.L.D., et l'excellente série de Louis Esposito (Hélas abandonnée aux dernières nouvelles) Agent Carter. N'ayant pas que ça à faire, je laisse de côté l'insupportable navet des Gardiens de la galaxie, qui tendent à donner un gout amer à l'ensemble de la potion Marvel ces derniers temps: en panne d'inspiration, les créateurs de tout le paquet se replient sur le supposé mauvais esprit.

Deadpool est une émanation de X-men, auquel il est fait allusion, mais cette fois, Tim Miller et son équipe ont décidé de jouer la carte de la fiction pour adultes, avec un héros sans restrictions. Sexe, violence, morale plus qu'élastique, et gros mots s'enchaînent, et la surprise, c'est que c'est réjouissant. Oui, oui, réjouissant: en gros, en très gros, Deadpool (Ryan Reynolds) est un petit gangster amoureux (De Morena Baccarin, on ne peut donc pas lui en vouloir), mais atteint d'un cancer en phase terminale, qui a quitté sa petite amie pour rejoindre un laboratoire qui lui promet d'expérimenter sur lui, de manière à le sauver... et se voit transformer en mutant par des sadiques. Dont il va vouloir se venger, ce qui va être l'essentiel de sa quête. Pas de justice à trouver, ce qui peine les deux X-men (Et women) dépéchés pour l'attirer vers le droit chemin... Et Deadpool, invincible mais assez colérique, enchaîne massacre sur massacre en sortant des bons mots à la mitrailleuse.

Et le film est une permanente corrida de mauvais esprit, mais jeté en pâture au milieu d'un bric-à-brac de narration à la première personne par un héros tellement rigolo qu'il souligne en permanence l'existence d'une complicité avec son public, et adopte une narration à la Scorsese, la dimension morale en moins. C'est drôle, parfois un peu longuet, ça n'a pas d'autre prétention que celle de nous faire rire.

mais la réalité nous rattrapera certainement: à un moment ou un autre, il va nous falloir supporter... une suite. Comme pour Kingsman, en fait: on n'a pas envie, enfin moi du moins. Ce qui fait la force de ces films, c'est leur unicité, donc... Profitons-en tant que ce Deadpool rigolo est unique.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 17:16

Et donc, un jour, George Lucas lâcha enfin l'affaire... il était temps, en fait. Parce que je pense que l'auteur de Star Wars était devenu le pire ennemi de ses films, et de ses spectateurs; à force de vouloir réécrire l'histoire à coup de pixels, de vouloir éliminer un à un les obstacles (Acteurs, décors, même idées) qui l'empêchaient de donner sa vision, il s'était mis à tourner certains des pires films de tous les temps (L'infecte deuxième trilogie, de sinistre mémoire) tout en effaçant le souvenir des authentiques premières versions de ses films anciens (De Thx 1138 à Star Wars, tous modifiés de façon parfois indigne, et sans oublier les deux suites de Star wars -Oui, je rappelle que le film de 1977 ne s'appelait pas autrement!- tournées par d'autres). Comme il me semble inutile de parler en long, en large et en travers de l'intrigue de ce nouveau film dans lequel Lucas n'a eu que le droit de se taire, passons en revue les 11 commandements de Star wars, si vous le voulez bien:

*De vrais héros tu inventeras, et humains ils resteront: ça tombe bien, on a ici une relève assurée, avec énergie, et par des relatifs nouveaux venus. D'une certaine façon, Abrams retourne à la source Niponne du premier film en donnant à l'attirail de son héroïne des allures de la tenue de Toshiro Mifune dans Les sept samouraïs... Wait and see.

*De façon dynamique, tu commenceras: pas de course poursuite interrompue par une longue conférence sur les midi-chloriens ou toute autre connerie du genre: on veut que le film commence par de l'action intelligemment menée, et ici, ça démarre fort. Les personnages sont en situation, le décor est superbement campé...

*Ton public, tu gâteras, certes, mais point trop n'en faut: donc, pas d'avalanche d'effets, pas d'excès à ajouter des bestioles dans tous les coins: la juste dose, bien sûr!

*Des décors réels, tu utiliseras: à nouveau, on est servi! enfin, pourrait-on dire... C'est vrai, c'est palpable, et il y a du sable... C'est un univers qui nous rappelle tant de souvenirs...

*De discours verbeux sur l'état de lieux des forces du mal, tu t'abstiendras: on a compris... le côté obscur, c'est trop tentant. c'est une motivation qui nous suffit, alors pas de discours, des actes! L'avantage de passer après deux trilogies, chacune basée sur sa propre version du fascisme, c'est que le public n'a pas besoin qu'on le lui explique.

*Un méchant, c'est une nécessité: Kylo Ren, est fasciné par Darth Vader, et en plus, c'est Adam Driver. J'adore Adam Driver! Il prend un plaisir palpable à jouer un héros torturé, dont on apprend très vite l'histoire embarrassante. Du coup, il en est renforcé...

*Tes atouts, tu dispenseras avec parcimonie, mais tu les placeras quand même parce que le public les veut: et si Lucas avait trouvé un moyen de faire revenir Han Solo, Leia, et Luke dans sa deuxième trilogie? Il fallait y penser avant! En attendant, Abrams, lui, il peut. Alors pourquoi s'en priver? Sauf que... non, rien.

*Des suites, tu rendras possibles, et ça, bien sur, il fallait se rendre à l'évidence. C'est prévu, et c'est plutôt bien fait. Tant mieux, tant qu'on ne nous propose pas d'avoir recours à Jar-Jar Binks.

*Une attaque d'escadrilles volantes dans un canyon, tu inséreras dans ton script. passage obligé, bien vu, et qui a le bon goût de ne pas être trop long...

*Une galerie de monstres idiots et malodorants, ainsi que des droïdes rigolos, tu créeras: ben tiens!

Enfin,

*les hommes et les femmes, égaux tu rendras: on aimait tant la dynamique Solo-Leia, dans la première trilogie... Ici, avec le petit bout de bonne femme incarné par Daisy Ridley, la relève est assurée. Elle est fantastique. Même si on peut regretter qu'il soit évident qu'on nous cache toute une tripotée de secrets à faire exploser le déconomètre pour les films suivants (Que je ne nommerai pas, jamais, Episode 19, Episode 32 ou Episode 456: ils ont des titres, ces films, enfin, aussi idiots soient-ils!)

Autant de commandements respectés dans ce film... Maintenant que J. J. Abrams, avec cet excellent film bien dosé dans lequel il s'adonne discrètement mais surement à ses péchés mignons (En gros, scènes dynamiques réglées comme du papier à musique, plans-séquences bien orchestrés, sens du détail bien géré et un certain flair pour rendre uniques même les plans les plus anodins), nous vengent des crimes de Lucas contre ses propres films. La prochaine étape: libérer les versions d'origine des trois premiers films... Oh, et puis, Abrams, tu peux continuer.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction JJ Abrams Star Wars
16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 09:20

Ce film qui avait l'intention d'être spectaculaire préside un peu tout seul à la création d'un nouveau genre de science-fiction cinématographique. L'intrigue est post-apocalyptique; ce genre de films est aujourd'hui établi, mais celui-ci est le premier... Pas de petits hommes verts, de soucoupes volantes, ici, la menace restera invisible jusqu'au bout.

On the beach se situe en 1964; un désastre nucléaire a anéanti toute vie dans l'hémisphère nord, et le reste de l'humanité s'est replié en Australie, le seul endroit encore épargné par les radiations. Nous faisons la connaissance de cinq personnes: Dwight Towers (Gregory Peck), le commandant Américain du sous-marin Sawfish, était en mer quand le désastre a frappé, et il a du mal à admettre que toute sa famille soit anéantie. Il continue à parler de son épouse et de ses enfants comme s'ils étaient encore vivants. Julian Osborn (Fred Astaire) est un scientifique Australien dont les conclusions sur l'étendue éventuelle des radiations sont très optimistes: il pense que l'Australie sera atteinte à son tour dans les cinq mois... Moira (Ava Gardner) est la petite amie de Dwight, et elle s'accroche à la possibilité de vivre un grand amour avant de mourir. Enfin, le lieutenant de marine Peter Holmes (Anthony Perkins) et son épouse Mary (Donna Anderson) tentent de vivre leurs derniers instants aussi tranquillement que possible malgré la perspective inéluctable de mourir dans les six mois. Peter tente de convaincre son épouse d'accepter une issue future: le gouvernement a prévu de mettre à la disposition des citoyens des pilules de suicide, pour tous les ages... Mais Mary n'arrive pas à se faire à cette idée... Le Sawfish, avec Dwight, Julian et Peter à son bord, doit partir en mission d'observation; d'une part, il s'agit de mesurer les taux de radiations du côté de l'océan arctique pour évaluer l'intérêt d'une migration massive. D'autre part, il fait résoudre un mystère: à San Diego, un poste télégraphique envoie des messages incohérents. Mais les trois hommes seront-ils revenus avant l'arrivée des radiations en Australie?

Assez typique des films de Kramer, avec ses gros sujets et ses grosses stars, On the beach déroule lourdement une intrigue scellée dès le début. L'honnêteté intellectuelle (Nous sommes laissés libre d'interpréter le désastre passé: guerre mondiale, accident... Les lieux déjà irradiés sont aperçus dans le film, comme de pacifiques endroits dont tout vie a juste disparu, aucune destruction n'y est visible. C'est une belle idée, tant visuellement qu'économiquement. Le problème est ailleurs: ces gens parlent, s'engueulent, parlent, parlementent, parlapotent... Ils n'arrêtent pas. Ca lasse, et la belle photo de Giuseppe Rottuno n'y fera rien: ce film est d'un ennui mortel.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 09:54

Un scientifique coincé sur Mars et tentant d'y survivre en attendant d'hypothétiques secours, c'est un défi de science-fiction qui sied particulièrement bien à Ridley Scott. On se rappelle de quelle façons le réalisateur a créé de toutes pièces des mondes cohérents, riches et fabuleux dans ses trois films de science-fiction précédents, surtout bien sur les deux premiers, Alien et Blade runner: pensés jusqu'au moindre détail, habités, et riches en ramifications. D'ailleurs Prometheus est une de ces ramifications... Mais The Martian est une nouvelle paire de manches, comme on dit, l'intrigue prenante devant y voisiner avec la rigueur scientifique, du moins dans l'esprit du grand public. La marge de manoeuvre en ces temps de vraisemblance sacrée, est assez étroite, et on sait que Ridley Scott ne s'embarrasse jamais trop de vraisemblance, préférant le plus souvent l'efficacité. Et pour ça, le film est en effet efficace! Mais il est plus que ça! Rappel des faits:

Lors d'une mission habitée sur Mars, les six astronautes sont pris dans une tempête de sable extrêmement violente. Durant l'évacuation, l'un d'entre eux, Mark Watney (Matt Damon), est emporté et sa combinaison est légèrement trouée. Les autres perdent sa trace, mais acceptent l'idée que selon toute vraisemblance il est mort. Ils partent donc pour un voyage de quatre années vers la terre, la mort dans l'âme. De son côté, Mark Watney a survécu, et après la tempête se réveille groggy, blessé, avec une fuite importante d'oxygène, mais vivant, après tout. Il va retourner à la base, et organiser sa survie: le but? reconstruire son univers pour y vivre quatre années avant l'arrivée hypothétique de la prochaine mission, créer les conditions de la culture durable de nourriture (Il est botaniste, et ça tombe bien, il y a des pommes de terre dans les réserves), et tenter de trouver un moyen de contacter la terre, qui pendant ce temps, a annoncé sa mort.

Matt Damon fait partie, à mon humble avis, de ces acteurs qui ne jouent jamais pour les Oscars. Il est fidèle à lui-même ici, et fait un travail fantastique. J'ai envie de dire qu'on n'en attendait pas moins, mais ça méritait d'être signalé une fois de plus. Son rôle n'est pas si éloigné de celui de Tom Hanks dans Cast away (2000) de Robert Zemeckis, à un certain nombre de nuances près: Dans Cast away, c'est d'une renaissance totale qu'il s'agit, et d'un retour spectaculaire d'un homme à la vie par ses propres moyens, alors que dans The martian, l'enjeu est pour Mark Watney d'utiliser toutes les ressources scientifiques à sa disposition en plus de son caractère personnel. Et bien sur, il s'agit plus de pousser l'humanité à regarder de son côté pour venir le sauver, que de trouver en lui-même les ressources presque mythiques d'assurer sa survie. A ce titre, le film n'a pas de dimension religieuse, ce qui est assez courant chez Ridley Scott, un athée convaincu. Une scène durant laquelle Watney manipule un crucifix nous apprend d'ailleurs qu'il est tout simplement à la recherche de matériau inflammable! Et la dimension humaniste du film ressort encore un peu plus: en ces temps de repli sur soi face aux menaces (Environnementales, terroristes, économiques, politiques), The Martian choisit de rappeler qu'être humain, c'est aussi pouvoir se mobiliser pour sauver une personne. Et le film nous montre comment la NASA va organiser les conditions du secours, comment certains dans cet organisme gouvernemental sérieux vont aller à l'encontre des principes, protocoles et autres ordres, pour sauver coûte que coûte le botaniste Watney. Et si la NASA ne suffit pas, pourquoi ne pas faire intervenir une agence Chinoise? Ainsi, c'est toute l'humanité qui attend la nouvelle du retour de Mark Watney.

Le film est non seulement formidablement prenant dans son intrigue qui ne vous lâche jamais en 150 minutes, avec son scientifique qui cache son désarroi en parlant à un écran (Ce dont nous profitons bien sur pleinement) et en multipliant les traits d'humour, mais en plus la façon dont l'esprit de débrouille se propage chez les terriens est elle aussi magistrale, avec les acteurs Jeff Daniels, Chiwetel Eijofor, Jessica Chastain et Michael Pena, tous impliqués dans cette rocambolesque aventure si délicieusement humaniste. Oubliez les commentaires politiques du moment, les gens qui vous disent qu'un pays "ne peut accueillir toute la misère du monde", ou que "les caisses sont vides", ou les inquiétants penseurs qui préconisent une inégalité de traitement afin de rétablir les économies: ce film vous rappelle que l'humain est un animal capable de se mobiliser pour son prochain, sans que le film ne débouche jamais sur la démonstration lénifiante ou dégoulinante..

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Published by François Massarelli - dans Ridley Scott Science-fiction
5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 09:11

Le tout premier film de longue haleine de Jeunet, co-réalisé avec Marc Caro, est un objet bien éloigné d'Amélie Poulain, on peut en être sur. Il est situé dans un bunker, comme le titre l'indique, dans lequel un certain nombre de soldats aux crânes rasés, avec des uniformes évocateurs des dictatures passées, aussi bien des nazis que des Russes, retranchés derrière la routine ordonnée de leurs journées: interrogatoires, tortures, surveillances, etc... Bref, des militaires, quoi. Mettez un peu d'imprévu là-dedans, que va-t-il se passer? Eh bien justement, un des soldats en patrouille découvre un compteur enclenché, à rebours. Le décompte va vite... Qu'y a-t-il au bout? La panique et le chaos vont bien vite l'emporter sur le rigueur, l'ordre et la méthode. Bref, dans ce bunker futuriste, il va y a voir du grabuge...

C'est après un autre film, Le manège (1979), réalisé par Jeunet seul, mais sur lequel Caro avait modelé des petites créatures inquiétantes, que Le bunker avait été réalisé. C'est une oeuvre ambitieuse, qui mêle prises de vues réelles et animation image par image, dans un noir et blanc tiré en sépia, agrémenté de touches de couleur. Le film est muet et sonore, mais il n'y a pas le moindre dialogue... Ce qui domine, c'est un humour à froid, très froid même, qui est à la frontière de ce qu'on a appelé le cyber-punk, et qui était très à la mode en ce début des années 80 dans la bande dessinée et l'univers visuel européen. Même si le film est une vaste blague, avec ses soldats certes fascisants, coincés dans des routines absurdes et qui se comportent tous comme des abrutis (La palme revenant au personnage principal, interprété par Marc Caro: avec son rictus et son crâne rasé il a tout du skinhead. Et comme il dessoude à tout va...), il met très mal à l'aise, par son esthétique plus qu'évocatrice... A rapprocher toutefois du grinçant Manège, qui montrait déjà un monde des faubourgs à la Delicatessen, mais dans lequel les créatures humanoïdes de Caro étaient tous des petits Nosferatu. Reste que Caro était un peu le mauvais génie de Jeunet, à cette époque, celui qui allait le pousser vers le cauchemar (Des aspects de Delicatessen, la majeure partie de La cité des enfants perdus) avant que Jeunet seul ne s'attaque un peu au rêve.

Marrant de constater que le film Pas de repos pour Billy Brakko (1984) adapté par Jeunet seul de l'oeuvre de Caro, justement, ressemble à un énoncé du choix entre ces deux univers: on y raconte avec humour, par des collages typiques du réalisateur, la vie et la mort d'un anti-héros, joué d'ailleurs par Caro (Avec des cheveux!), mais à la fin inévitable, noire du personnage, la voix off de Jean Bouise propose une alternative cartoon... Les deux auteurs de ce Bunker savaient donc jouer de leur ambiguité. C'est rassurant, parce que dans Le Bunker... on entend distinctement le bruit des bottes.

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Published by François Massarelli - dans Jean-Pierre Jeunet Science-fiction
2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 18:34
Verdens undergang (La fin du monde - August Blom, 1916)

Décidément, on mensure mal aujourd'hui la part de l'Europe dans a création de la science-fiction. J'ai déjà évoqué l'étonnant (Oui hilarant) Himmelskibet, de Holger-Madsen, sorti en 1918, qui envoyait des utopistes sur Mars. Voici un autre film Danois particulièrement bien conservé, et tourné par August Blom, mieux connu pour son spectaculaire long métrage de 1913, Atlantis... La fin du monde évoque donc une histoire bourgeoise qui croise l'inéluctable approche d'une comète destructrice sur notre planète. Un spéculateur réussit à persuader la presse de ne pas divulguer les informations les plus alarmantes, afin d'accumuler une fortune en revendant des actions au moment opportun, avec l'intention pour le moment de l'impact de se réfugier dans des souterrains qu'il a fait aménager près de son domicile. Dans cette histoire sombre, seuls seront épargnés les rares humains ayant décidé de se tenir à l'écart de tout compromis, de toute jalousie, de tout mal et de tout vice...

Bien sur, c'est moralisateur, mais ça a le bon gout de ne l'être que par l'image. Blom n'abuse pas de l'intertitre, et joue avec conviction sur le suspense, d'autant plus évident qu'à l'écran l'approche de la comète est documentée de minute en minute. Les effets sont mesurés, bien rendus, et on a un cataclysme, ma foi, tout à fait acceptable. Et la critique naïve mais violente de la spéculation est bienvenue.

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Published by François Massarelli - dans Scandinavie August Blom Science-fiction
23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 08:38

George Lucas est désormais l'auteur de l'histoire originale, et producteur exécutif sur ce deuxième film, qui prend acte de l'immense succès du film de 1977. Cette apparente désertion de l'auteur s'explique sans doute parce que le metteur en scène n'en peut plus: il n'est pas à l'aise sur un plateau et encore moins, si on en croit la légende, avec les acteurs. De plus, le poids de la production, les soucis des tournages en extérieurs ont fini par le dégoûter du métier... Une décision surprenante, donc, mais qui porte ses fruits: aujourd'hui, personne ne doute un seul instant du fait que Lucas ait gardé le contact avec la production, ni qu'il ait eu un rôle crucial dans la confection de ce qui est à mes yeux le meilleur film de cette saga. Et la décision de confier la mise en scène à Kershner s'avère payante tant le metteur en scène a su rentrer dans son tournage avec un volontarisme de tous les instants. Des scènes coupées du film, ni synchronisées, ni étalonnées et parfois non montées, témoignent de sa méthode directe et impulsive, de se placer au plus près des acteurs et de les guider dans chaque geste en maintenant un rythme soutenu, comme au temps du muet. Cette agitation débouche évidemment sur un film sans temps morts, et dans lequel les scènes de dialogue et les scènes d'action s'enchaînent en toute allégresse... Et les effets spéciaux, physiques et optiques, rendent le tout toujours aussi tangible.

Le style du premier film, établi par George Lucas sur imitation de celui de Kurosawa dans La Forteresse cachée, est maintenu, de même que la structure, qui prend une fois de plus l'action en cours avec l'aide d'un de ces fameux déroulants de texte qui établit un contexte plus surement que n'importe quel flash-back, mais cette fois un changement a eu lieu: d'une part, Star Wars devient le titre générique, et The empire strikes back est un sous-titre, et le film est désormais numéroté, d'un "Episode V" qui a beaucoup étonné les spectateurs de 1980... ou du moins moi quand je l'ai vu pour la première fois. On sait donc que les plans ambitieux de Lucas ont pris naissance à cette époque, et que de toute façon, un troisième film était rendu indispensable par une série de cliffhangers de bonne taille à la fin de ce deuxième film... Le "bestiaire" technologique s'allonge un peu plus, et si une "étoile noire" manque à l'appel (Mais on ne perd rien pour attendre), on remarquera une superbe invention, ces machines d'invasion géantes et sur pattes, qui donnent lieu à l'une des scènes les plus réjouissantes de toute l'histoire. Le film répète également brièvement la fameuse poursuite-bataille dans un canyon située lors de l'assaut de la rébellion contre l'étoile noire dans Star Wars, cette fois avec une incursion du Falcon Millenium (Pour les béotiens, l'impressionnant tas de rouille de Han Solo) sur un gros astéroïde, où les occupants du vaisseau se sont réfugiés, et où il vont faire une rencontre imprévue. Et d'une manière générale, le film déroule un univers cohérent, immédiatement saisi par le spectateur, invité à plonger dans l'action de façon dynamique... il faut aussi dire que le spectateur ne demande que ça!

Quant à l'intrigue, elle se noircit considérablement, donnant pour l'instant l'avantage aux malfaiteurs de tout poil, et permettant aux personnages de grandir un peu. Solo et Skywalker sont maintenant constamment séparés, et bien que ce soit sur quatre décors bien distincts, tous sont désormais en fuite. Luke "abandonne" ses copains pour suivre sa destinée, et Leia et Han Solo laissent leurs sentiments parler. Enfin, Luke Skywalker va devoir affronter ses démons, mais surtout il va se découvrir un peu plus en compagnie de Yoda, magnifique création qui va à la fois faire avancer la mythologie (Malgré une manie langagière qui le rend parfois volontiers obscur) et fournir, mais oui, du gag. Le final, pourtant, se déroule dans un espace qui a tout de la métaphore à la fois du mental et de l'inconscient: Luke se rend à un piège tendu par son ennemi juré, et l'affronte dans des couloirs, des boyaux, des salles de machines tout en descendant toujours plus bas dans une structure en orbite, débouchant sur le vide. C'est alors que sa vie ne tient qu'à un fil que le jeune héros va perdre une main d'une part, et faire une découverte embarrassante et qui va changer sa vie, transformant définitivement le jeune loup un peu excité en un Jedi sage et sombre dans les films suivants. Roublard et économe, George Lucas a su choisir LA bonne révélation pour terminer son film, mais il en a encore une sous le coude... Quoique arrivés à ce stade (Je parle bien sur des spectateurs de 1980), on s'en doute plus qu'un peu.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction George Lucas Star Wars
20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 10:11

Le film de 1977, phénomène de société sans précédent à sa sortie, a beaucoup changé depuis sa sortie... Que reste-t-il du troisième long métrage (Et sa dernière réalisation avant plus de vingt longues années, et soyons franc, son dernier grand film) de George Lucas, dans les infâmes tripatouillages à tous les niveaux que ce petit film d'aventures intersidérales a subi depuis? C'est un fait: pour le juger à sa juste valeur, il convient de revenir à la source, aux copies de 1977, celles qui n'ont fait l'objet d'aucun remontage, d'aucun ajout numérique, d'aucune trahison de ses personnages (Qui a tiré sur qui dans la fameuse auberge de Mos Eisley?) ni d'aucun retitrage révisionniste: En 1977, le film n'était ni un "épisode IV", ni "A new hope", ni quoi que ce soit d'autre. C'était un film inattendu, inspiré par une oeuvre Japonaise, en l'occurence La forteresse cachée, de Kurosawa, et une possibilité inattendue de véritable renouveau de la science-fiction, à cette époque essentiellement cantonnée en deux courants: le courant "noble", représenté par les films-pamphlets et les oeuvres à connotation environnementale d'un côté (Planet of the apes, Soylent green), et de l'autre le reste: "Space opera", les films de genre, séries B ou Z, promesses éphémères d'échappatoire provisoire pour des cinéphiles en quête de frisson, et pas trop regardants sur les budgets. Difficile à imaginer aujourd'hui, mais un film d'aventures intergalactiques, vu et célébré à travers le monde par des millions de passionnés, c'était de la fiction... avant Star Wars.

Lucas le dit encore aujourd'hui, et à chaque fois ça change un peu: il avait tout prévu. Et c'est probablement vrai: dans sa tête, tout était déjà là: les histoires des personnages (Le parcours de Darth Vader, par exemple, avant qu'il ne devienne cette menace ambulante et mystérieuse, les liens familiaux entre les personnages, etc.). Mais cela n'apparaît que succinctement dans le film, et cela n'était sans doute destiné à vraiment servir que dans l'hypothèse d'une suite. Comme on le sait, la possibilité de mettre en chantier The Empire strikes back est sans doute ce qui a vraiment donné vie à la "saga" Star Wars. Maintenant, on peut tout simplement imaginer que ce film de 1977 se soit planté, et qu'il n'ait donc rien généré au-delà des deux heures de plaisir qu'il offre, et... exit les liens mythiques ("I am your father"), exit le développement de la "Force" et des Jedis au-delà des quelques allusions du film, exit les Ewoks, et... exit Haydn Christensen... Traitons donc ce Star Wars de 1977 à sa juste mesure, comme le film d'aventures absolument définitif qu'il est, ce ne sera déjà pas mal...

Et pour commencer, ce qui me frappe a posteriori, c'est à quel point le film est né d'une filiation étrange avec American graffiti. On a beau être,dans Star wars, situé de nombreuses années avant notre ère dans une galaxie lointaine, Luke Skywalker et Han Solo, ce sont des jeunes Américains! l'un est désireux de sortir de son trou pour se confronter au monde, et l'autre l'a déjà fait, et depuis si longtemps que la filouterie est chez lui une seconde nature... On est proche de ces jeunes Américains en proie à un rite de passage en une seule nuit avant de partir qui à l'université, qui au Vietnam. C'est frappant aussi de les entendre parler en jeunes Américains de 1977, alors que d'autre part tous les personnages adultes engagés dans la lutte, que ce soit pour l'empire ou pour la rébellion, parlent avec une emphase qui ferait passer les dialogues de Cecil B. DeMille et Jeanie McPherson pour du Audiard. Le "couple" Solo-Skywalker, deux hommes éloignés des habitudes de la rébellion, fonctionne à merveille, nous donnant toutes les clés pour entrer en douceur dans cette histoire improbable... De son côté, la princesse Leia, inspirée d'une des héroïnes les plus fascinantes de Kurosawa, fait beaucoup plus que la prolonger, et mène sa barque avec beaucoup plus qu'une autorité capricieuse: on comprend qu'elle puisse être irrésistible. Cette force des personnages du film, bons comme méchants, est un atout de poids et l'un des grands arguments du film. Depuis THX 1138 et ses personnages en quête d'humanité, Lucas a bien su justement développer ses caractères, et cet aspect se retrouve jusque dans les droïdes, cette merveilleuse invention scénaristique qui renvoie Robbie le robot (Forbidden planet) à l'antiquité de la science-fiction. George Lucas donne aussi en quelques scènes et en regards une vérité touchante à l'oncle et à la tante de Luke, et bien sur fait d'un personnage marmoréen doté de handicaps terribles, et de soucis techniques irréversibles, l'incarnation du mal absolu. Et il laisse la porte ouverte de façon troublante, grâce à la superbe prestation d'Alec Guiness, qui donne vie sans effort au personnage le plus mystérieux du film. Lucas (Encore une fois sans doute mené par une pré-science des directions dans lesquelles il allait mener la suite, mais comment pouvait-il en être sur, et comment pouvait-on l'imaginer à l'époque?) donne même à Obi-Wan Kenobi une sortie grandiose et inexplicable à la fois, sans que jamais une explication rationnelle ne vienne gâcher la fête! Kenobi incarne bien toute la séduction de l'inconnu, de cette évasion mystique qui va faire que Luke ira dans une direction bien différente de celle de son frère d'arme Han Solo, qui ne se départit jamais de sa lecture cynique et terre-à-terre des événements. Avec ce film, le personnage du jeune Skywalker entame bien un authentique parcours initiatique totalement justifié par le destin de celui qu'il a, brièvement, choisi comme maître, et qui sans explication choisit de quitter la scène à un moment où il sait qu'on n'aura plus besoin de lui. Ainsi le film possède-t-il sa propre touche mythologique sans avoir besoin de trop en ajouter, ou de puiser dans le passé hypothétique des personnages!

Quant à la thématique, on ne sera pas surpris que Lucas choisit de botter en touche en choisissant du passe-partout: résistance contre la barbarie dictatoriale, et renvoi à une hypothétique et mythique situation primale: Leia Organa est donc une princesse, sans plus de précision. Elle est impliquée, oui, se bat contre une certaine forme de fascisme qui ne fait aucun doute, mais elle le fait en combattant pour "son peuple", comme le dit le déroulant initial. Le film, en ces généreuses années 70 (Jimmy Carter vient d'être élu président des Etats-Unis, et durant quatre années, la politique extérieure des Etats-Unis va se teinter d'un certain idéalisme), est exportable à l'infini, il trouvera grâce à son histoire passe-partout une résonance chez tous les peuples du monde, ce qui en fait un film bien pratique pour passer les fêtes... Non, décidément, l'essentiel est ailleurs, dans le renouveau d'un genre, dans le plaisir de passer deux heures en compagnie des personnages, et au niveau du film la création d'un univers aussi cohérent que possible est encore bien limitée par rapport à ce que ça va devenir dès le film suivant. On remarque ici, d'ailleurs, quelques détails qui vont bien changer, notamment dans la façon de s'exprimer: la Force est jugée essentiellement comme un élément purement religieux, sans qu'aucune (inutile) explication "physique" ne soit donnée quant à son existence, car après tout comme disait Alfred Hitchcock, la force n'est qu'un "MacGuffin", un prétexte à accepter si on veut que le film marche. Et dans ce monde troublé par la lutte entre dictature et résistance, les Jedis sont mentionné comme une secte, un élément qui disparaîtra au fur et à mesure des dialogues des films suivants...

Enfin, le film est aujourd'hui émouvant à voir parce qu'il tranche complètement sur l'image véhiculée par les superproductions qui ne manqueront pas de suivre, et c'est ce qui rend indispensable de le voir dans son montage d'origine: les effets spéciaux optiques, les truquages vintage, l'impression d'assister à un spectacle physique, et tangible sont sans prix, dans un business qui se noie dans l'artifice. Spielberg aujourd'hui fait tout pour maintenir le contact avec la réalité, en utilisant à l'ère numérique le plus de live-action possible, et en privilégiant à chaque fois que c'est possible et pertinent des effets spéciaux en système D. On sait que c'est précisément parce qu'il n'en pouvait plus de devoir lutter contre les imprévus d'un tournage que Lucas allait déléguer ses deux films suivants, puis tourner sa dernière trilogie en utilisant toujours plus de numérique. Mais ici, justement, le fait d'avoir utilisé de vrais décors (Et beaucoup, par leur nudité même, sont fascinants), de vraies maquettes, et ce bon vieil arsenal de la science-fiction, en l'état: truquages optiques et surimpressions sur maquettes: et c'est là que se situe le travail de l'illusionniste. Lucas était sans doute mal à l'aise, mais le résultats est une splendeur... si on a la chance de le voir tel qu'il a été conçu, et comme chacun sait ce n'est pas facile, compte tenu de la volonté farouche d'enterrer cette version, et de noyer le film spectaculaire et visionnaire de 1977 dans une saga dont il ne serait qu'un maillon.

Star wars (George Lucas, 1977)
Star wars (George Lucas, 1977)
Star wars (George Lucas, 1977)
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Published by François Massarelli - dans Science-fiction George Lucas Star Wars