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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 22:31

Film fondateur, ce western est né d'une intention, celle de Thomas Ince, de redonner au genre une nouvelle dimension, alors que les productions vite faites mal faites se multipliaient.C'es un long métrage, avec une vedette reconnue et qui n'allait pas tarder à être profondément associé au genre, et on y trouve une complexité morale en même temps qu'une impressionnante fluidité narrative. ...Et pour couronner le tout, on y ose un final baroque dans lequel les images possèdent une expressivité rare, et très en avances sur son temps!

Le révérend Henley (Jack Standing) doit selon sa hiérarchie se confronter à une communauté tranquille, car ils pensent qu'il a besoin de temps avant de montrer les qualités essentielles à son ministère. Ils commettent l'erreur de l'envoyer dans une ville nouvelle de l'Ouest, où le crime et la luxure sont partout... Flanqué de sa soeur Faith (Clara Williams), il arrive dans un endroit dont les deux citoyens les plus en vue sont déterminés à ne laisser ni la loi ni la religion s'installer. Pourtant, à l'arrivée des Henley, le bandit Blaze (William Hart) subjugué par la jeune femme, va changer d'optique. Mais la partie va être rude...

Hart est le premier héros adulte de western, d'une certaine façon; ici, il incarne un cowboy corrompu, mais avec une sorte de préjugé essentiellement politique; il n' a sans doute jamais rencontré de prêtre qui l'ait respecté, ce qui explique son agacement à l'idée de la venue des deux jeunes gens de l'est. Mais la rencontre avec Clara Williams (Qui a un rôle délicat, car elle doit incarner le bien même, c'est casse-gueule et elle s'en sort plus que bien) est une épiphanie authentique, dans un film qui ne manque pas de symboles: Blaze, à propos, c'est un nom qui n'est pas innocent, le terme ayant un cousinage avec le feu, et c'est dans les feux de l'enfer que la ville finira, sous le regard rageur d'un homme qui a choisi le bien, et qui est presque devenu un ange exterminateur...

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Published by François Massarelli - dans Western Muet Thomas Ince William Hart 1916
30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 22:29

Les Tumbleweeds, ce sont ces petits branchages secs, qui roulent partout dans certains territoires arides de l'Ouest Américain. C'est aussi une métaphore des cowboys, ces gens sans attaches, qui voient venir les "Homesteaders", ces pionniers désireux de se fixer, comme un changement de civilisation...

Dernier film de William S. Hart, garant en cette époque difficile d'un western pur, dans lequel les costumes, dates, lieux, comportements, sont authentiques, ce qui lui vaudra sa carrière! Une histoire de ruée vers l'Oklahoma dont Morris et Goscinny sauront se souvenir en 1958 dans un chef d'oeuvre d'un autre genre, mais John Ford n'attendra pas 1958: dès 1926, il recycle non seulement le style de Tumbleweeds, mais aussi une séquence mythique de "Land Rush" de ce même film, lorsque tous les pionniers doivent au même moment prendre le départ sur la même ligne, à une heure donnée, pour coloniser un territoire plus grand que la France. Chez Ford, dans Three bad men (1926), c'est le Dakota qui est ainsi envahi. Peut-on parler de plagiat? Disons que John Ford influencé par un western majeur, a fait un chef d'oeuvre, et arrêtons là la comparaison.

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Published by François Massarelli - dans Western Muet 1925
22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 16:15

Ce film, le deuxième du réalisateur Eastwood, vient compléter le premier de façon rudement efficace: difficile en effet de voir en ce personnage incarné par le metteur en scène, le même reflet légèrement déformé de lui-même qu'il s'était amusé à peindre dans Play Misty for me. En lieu et place, il est crédité en tant que "The stranger", un homme qui ne sera jamais identifié, du moins dans la version originale, j'y reviendrai et j'en profiterai une fois de plus pour dire à quel point le doublage est une sale manie... Cet étranger, par bien des égards, semble prolonger un autre personnage codifié et bien connu pourtant, ce "Blondie", surnommé de façon impropre "l'homme sans nom" dans trois films de Sergio Leone. Et cet étranger apporte aussi un bonne dose de surnaturel, dans une intrigue westernienne formidable et propice à de la violence, bien sur, mais aussi du baroque et un humour noir qui n'hésite pas à franchir les limites du bon goût. Et le tout fait un film parfaitement réjouissant...

Lago (Dans un état qui n'est jamais nommé, mais le film a été tourné en Californie), une petite ville minière sur les bords d'un lac austère mais assez majestueux reçoit la visite d'un étranger. mal accueilli par trois hommes au saloon, il est agressé par ces mêmes bandits alors qu'il se fait raser chez le barbier de la ville. Il les tue tous les trois, sort de la boutique, et se fait accoster par une femme. Après un échange vif avec elle, il l'emmène dans une grange... Elle parlera ensuite de viol, mais il semblerait que ce n'en soit pas un. Bref, l'étranger dérange, agace, et fait peur, dans une ville où bien des conversations rappellent, à l'occasion, un événement qui s'est passé quelques années auparavant, et dont l'évocation semble faire peur à tous: la mort d'un homme, fouetté à mort par trois bandits, trois malfrats qui s'apprêtent à sortir de prison, et revenir en ville pour y régler un vieux compte. La population se décide à engager le nouveau venu, certes désagréable dans son attitude, mais qui sait y faire avec une arme, et à lui confier la sécurité de la ville en cas de retour des trois hommes... Il accepte, mais va surtout, semble-t-il, profiter de la situation pour s'amuser aux dépens des villageois...

L'une des belles idées du film a déplu, semble-t-il, au distributeur Français: on ne saura jamais, en effet, le nom du "héros", cet ange exterminateur qui vient de nulle part et y retourne, ce qui est clairement suggéré par l'ouverture et le final du film. Une scène, située vers la fin, a donc été triturée en France de manière à incorporer une réplique supplémentaire qui indique, sinon le nom, en tout cas un indice qui me semble arbitrairement ajouté à l'intrigue. Bref, non content d'avoir été créé sur demande de Mussolini, non content d'être techniquement une infamie (Il n'existe pas de bon doublage, point final), le doublage dénature les oeuvres, la preuve est faite...

Mais revenons au film: à la peinture amoureuse du western proposée par l'Italien Leone, Eastwood ajoute une variation sur un thème de vengeance qu'on a souvent vu dans les films depuis les années 60: quelle que soit son identité et sa nature, cet étranger sait ce qu'il est arrivé au marshal Jim Duncan, fouetté à mort. sans que quoi que ce soit puisse le légitimer (L'étranger n'est jamais venu à Lago), il semble en porter le souvenir en lui, et ce souvenir se réveille lorsqu'il se tient à l'endroit où le crime a eu lieu, ce qui semble confirmer une connexion de type surnaturelle avec le défunt. L'homme, véritable outsider absolu (Hors la ville, hors la loi, et même hors le crime!) est une incarnation de la vengeance, sur une bande de médiocres...

Et c'est là sans doute que le film est réjouissant: car on découvre au fur et à mesure de ses idées farfelues, toutes plus provocatrices les unes que les autres, que ce que cherche à faire l'homme dans l'exécution de son contrat, c'est d'être aussi désagréable que possible en se servant copieusement et gratuitement dans les magasins, en nommant les édiles et les hommes de loi à sa guise (C'est un nain qui va devenir le shérif, selon le bon vouloir de l'homme qui a carte blanche!).. et en les laissant se débrouiller un peu avant de leur venir en aide quand le besoin s'en fait sentir! Cette stratégie fait bien sûr partie de la punition du village, qui va aussi se retrouver peint en rouge (Et renommé "Hell") pour accueillir les bandits de retour... Tout ça n'est pas très sérieux, bien sûr, mais on peut y voir sans doute une expression Anglaise prise au pied de la lettre, "paint the town red", ce qui veut le plus souvent dire "faire la fête"... Mais on s'en rend vite compte, c'est la fête d'un seul homme.

Mis en scène avec le même style que son film précédent, un mélange de simplicité directe, et d'une façon de prendre son temps à l'imitation de Leone, ce film rappelle à sa façon comment l'Ouest s'est parfois construit, à coup de fouet parfois, et de quelle façon une communauté peut parfois avancer en se retournant contre un membre et un seul, ce qui ne peut évidemment que déplaire au farouche partisan des libertés qu'est Eastwood depuis toujours. Bien sur, ce film est léger, il n'est pas un réquisitoire à la Wellman, mais ce dernier n'est pas pour rien un modèle revendiqué par Eastwood...

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Western
20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 16:32

Ce film est une preuve supplémentaire du fait qu'il faut se garder de sous-estimer la carrière de Curtiz après son départ de la Warner; La période "free-lance" qui commence avec The egyptian et s'achève avec The comancheros et la mort du réalisateur est en effet riche et même si quelques films ne valent pas grand chose (A breath of scandal, St Francis of Assisi), on y trouve quelques joyaux... Dont cet impeccable western.

Tout commence par l'arrivée du "proud rebel" à Aberdeen, une petite ville, L'homme est un ancien soldat Sudiste, et il va dans le Nord pour oublier. Il est accompagné de son fils, devenu muet pendant la guerre suite à un traumatisme, et sinon ils ont un cheval et un chien. Le but de Chndler (Allan Ladd) est de se rendre dans le Minnesota pour y dénicher un docteur qui rendra la parole à son fils. Celui-ci, David (David Ladd) pourtant semble s'accommoder de son handicap, et a développé une solide amitié avec son chien Lance, qu'il a d'ailleurs dressé avec succès. Du coup l'animal devient un objet de convoitise, en particulier pour deux bergers qui tentent de le voler. dans l'altercation qui suivra, Chandler n'aura pas le dessus, et devra en prime, à cause de l'hostilité de la population à son égard, passer en jugement. Linett (Olivia De Havilland), une femme qui vit seule, un peu à l'écart de la ville, et qui a pris David en affection, se propose de payer la caution de John Chandler en échange d'un peu de travail. Mais le séjour de l'homme et de son fils ne sera pas de tout repos: non seulement il s'avère que le prix d'une opération de la dernière chance pour David est très cher, mais la lutte avec les voisins, les éleveurs de moutons rencontrés au début, sera âpre...

Le "rebel" du titre est un "reb", un ancien Sudiste qui a participé à ce que le Nord a appelé "civil war", et le Sud "Guerre de rébellion"... Et de fait, dans ce film comme toujours Allan Ladd incarne un homme fier, campé sur ses principes, en butte à la folie humaine et pas spécialement un rigolo. le contraste avec la bonté chaleureuse de Linett ne dure pas longtemps, on se doute que ces deux-là sont faits l'un pour l'autre et qu'ils se sont trouvés. Mais le film n'est pas que l'histoire d'un amour tardif et poétique, c'est aussi une étude de l'éternelle violence des pionniers, y compris dans une ville pacifiée, établie et dont les affaires marchent rondement. on y dénombre des éleveurs, des agriculteurs, et un roche éleveur de chiens. il y a aussi un docteur, un quaker qui va beaucoup aider John pour tenter une opération... mais en dépit de ces gages de civilisation, Curtiz nous montre les hommes en proie à la lutte pour la terre, des bergers faisant exprès de faire brouter leurs bêtes sur la terre des agriculteurs, pour affirmer leur puissance et les faire dégager... Des gens qui assènent, du hait de leur suffisance, que "tout s'achète, si le prix est le bon" avant de perdre bêtement ce qu'ils ont acheté au jeu. Au milieu de tout ça, John Chandler, gentleman sudiste qui a tout perdu sauf l'honneur, apporte justement un souffle de vraie civilisation à Linett, qui redevient une femme grâce à sa présence... Allan Ladd est fidèle sa légende, à l'austérité de Shane, mais il est aussi, avec ses illusions perdues et sa volonté de survivre à l'abri des autres, et des conflits, un héros Curtizien, un homme revenu de tout qui va apprendre en bon Américain à s'impliquer un peu au moment opportun...

Le film est délibérément chargé en émotions, non seulement par le truchement d'Allan ladd, qui a beaucoup à gagner dans cette aventure, lui qui est décidément très mal vu (On l'appelle "Le reb" partout où il va), mais aussi par le biais de David Ladd, qui est absolument parfait. Je n'ai pas besoin de dire qu'Olivia De Havilland est formidable dans un rôle qui lui fait assumer son âge avec panache, mais ce qui est aussi très frappant dans le film, c'est la façon dont, dans une superbe scène d'une grande cruauté, le metteur en scène adopte le point de vue... du chien. Superbe film quoi qu'il en soit

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Western Olivia de Havilland
16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 09:07

"Rex, king of the wild horses” était pour Hal Roach une vedette comparable à Rin-tin-tin, le chien qui a maintenu la Warner à flot avant qu’ils ne s’imposent avec la révolution du cinéma sonore… en un peu moins canin, et un poil plus chevalin. Il est donc la star en titre de ce western du au studio plus connu pour la qualité de ses comédies que pour ses westerns et films d’aventures de série B. Mais soyons honnêtes: s’il n’y a que quatre autres acteurs (ainsi qu’une jument et un serpent) dans ce petit film, on retiendra la présence de… Oliver Hardy et James Finlayson. Ce sont bien eux, l’un rappelant sous un maquillage un brin excessif son talent pour incarner les méchants particulièrement vicieux, et l’autre interprétant derrière sa grosse moustache un ahuri qui sert surtout à alléger le ton d’un film âpre et assez brutal…

L’intrigue se situe dans les abords de la vallée de la mort, en Californie, où deux bandits qui sont amenés à cohabiter (non sans discorde) vont se retrouver près d’une mine d’or: celle de Jake Belcher, un vieux prospecteur un peu minable, qui a recueilli quelques années auparavant une petite fille, maintenant adulte. Les deux bandits vont repérer un filon qui a échappé à son propriétaire, et se disputer la mine d’or, mais aussi la fille. Quant à elle, elle va manifester une tendance certaine au réveil de ses sens en côtoyant l’un des deux bandits… Et c’est bien ce qui fait l’intérêt du film: 16 ans avant la gauche et ridicule tentative de Howard Hugues avec The outlaw, No man’s law est un western qui tourne principalement autour de la sensualité. A l’exception de Jake Belcher, interprété par James Finlayson et sa grosse moustache, et censé amener les gags, c’est principalement de désir qu’il est question, dans le drame humain un brin violent qui se joue autour de la mine d’or, dont l’étalon Rex se veut un témoin partial avant d’être un juge. Après avoir vu la mine et son contenu, Nye (Hardy) et Spider O’Day (Theodore Von Eltz) vont voir Toby, la jeune femme, qui se baigne dans un point d’eau, et vont quelque peu oublier le pactole. Les diverses aventures qui suivent tournent plus autour de la rivalité pour la possession de la jeune femme que pour la possession de l’or, et bien sur le comportement des deux hommes va être différent: à la brutalité de Nye, O’Day oppose une certaine décence et une humanité qui va faire que la jeune femme tranchera sans trop de problèmes. D’autant que les deux hommes se différencient non seulement par leurs manières à son égard (O’Day essaie de séduire en se rasant, et est plus délicat, mais Nye recourt à la classique tentative Griffithienne de viol), mais aussi par leur traitement du père adoptif: Nye le met dans une brouette pour le jeter dans le trou d’eau! Barbara Kent, qu’on connait au moins comme la jeune sœur de Lars Hanson dans Flesh and the devil (Clarence Brown, 1927) et la jeune héroïne dans Lonesome (Paul Fejos, 1928), interprète d’une façon clairement sensuelle la jeune femme, et ce dès le départ, lorsqu’elle se réveille dans la cabane, vêtue de ce qui est manifestement une chemise d’homme bien trop grande, et bien sur durant la deuxième bobine, qu’elle passe surtout dans l’eau, nue. Cette attirance sexuelle exercée par la jeune femme, principal moteur du drame est inattendue non seulement pour un western, à plus forte raison pour une production Roach. Mais Toby est en fait l’objet de cette lutte cosmique entre le bien et le mal, sous l’œil de Rex. Le cheval intervient deux ou trois fois au début du film dans le but de manifester son hostilité à Nye, mais reste surtout le sauveur des justes, épargnant Toby et O’Day dans le conflit, mais causant, et l’écrire me fait froid dans le dos, la mort d’Oliver Hardy. La scène mérite d’être vue, et est à l’image de la réalisation impeccable du film, due à Fred Jackman, sous la supervision de F. Richard Jones. Bref, on peut certainement faire bien bien pire, si on a une heure à perdre, que de voir No man's law...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Laurel & Hardy 1927
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:09

Un western qui pose en termes aussi clairs et crus la question de la justice expéditive, dénonçant du même effet tous les aspects qui posent problème dans la Loi américaine, et disons-le, universelle, tant le message du film parle à tous. On va le redire: message. Ce film n'est en rien gratuit, il n'est pas de ces westerns qu'on regarde pour y retrouver un plaisir escapiste, il se regarde comme on retourne à un exposé brillant. Confié à un maître qui n'a pas pour habitude de mâcher ses mots, habité par des comédiens qui incarnent tous d'une façon convaincante des humains embarqués dans une affaire regrettable qui sera exacerbée par d'incontrôlables passions, le film est nécessairement une grande date, et une oeuvre gonflée, dans la mesure ou une vision aussi radicale est finalement rare en temps de guerre, ou la simplification manichéenne est le plus souvent érigée en loi absolue... Il est vrai qu'à l'extérieur des Etats-Unis, en ces temps troublés, la justice expéditive existe bel et bien...

 

Deux cowboys fatigués reviennent dans une ville qu'ils ont quitté depuis longtemps, et vont se trouver pris plus ou moins de force dans un posse, le but du rassemblement étant de trouver et lyncher les meurtriers d'un homme qui vient d'être tué après que son bétail lui ait été volé. Les "justiciers" vont vite tomber nez à nez avec trois hommes, accompagnés d'un troupeau, qui pourraient bien être les criminels recherchés, bien qu'il apparaisse très vite à un certain nombre des membres du posse que ce n'est pas le cas. Le débat fait rage entre les différentes personnes présentes: les lyncheurs, les coupables et les témoins plus ou moins impliqués...

Le film est court, très court même pour un film de 1943. Wellman a débarrassé sa démonstration de tout ce qui pouvait l'encombrer, pas d'histoire sentimentale donc, même si il y en a l'ombre d'une esquisse, vite mise de côté. Pas de grands discours, même si un procédé permet au scénariste Lamar Trotti d'introduire une sorte de conclusion en forme de lecture humaniste par Henry Fonda: l'un des "condamnés"  a eu le temps d'écrire une lettre, qui sert de conclusion au film, et termine de désigner post-mortem les lyncheurs comme des hommes qui se sont mis hors-la-loi, par rapport aussi bien à la société que la religion. Fonda, qui permet l'identification du spectateur, n'est pas ici un donneur de leçons, mais un homme qui passait par là, et qui n'a participé à cette odieuse aventure que contraint et forcé, son statut d'étranger en faisant un suspect potentiel. Mais sa vision pragmatique lui permet d'agir en conscience, en se désolidarisant très vite du troupeau d'obsédés du noeud coulant. Ceux-la sont pointés du doigt plus que les autres, et sont bien sur un mélange hétéroclite: une dame un peu trop pittoresque, un riche propriétaire qui se réclame de la confédération (Le film se situe un certain temps après la guerre de sécession) et qui tourmente son fils, jusqu'à le pousser à participer au lynchage contre son gré, et divers personnages qui se situent plus ou moins officiellement du coté de la loi. Les "justes" ne seront, eux, que sept...

 

Les trois "victimes" de ce qui est une erreur judiciaire rappellent bien sur qu'on n'est pas égaux aux Etats-Unis devant la justice, que cette inégalité soit liée à une origine, à une classe sociale ou comme ici, au fait qu'on ne vous connait pas, ce qui fait automatiquement de vous un suspect... Le film, bien sur, dénonce avant tout le lynchage, sous couvert de folklore westernien. Mais on sait qu'en 1943, un lynchage n'aurait pas été perpétré comme il est fait dans le film sur un jeune homme blanc (Dana Andrews), un vieux cabochard Irlandais (Francis Ford, admirable) ou un Mexicain (Anthony Quinn). Donc le film prend une couleur politique contemporaine, en dénonçant un phénomène qui est une réalité, encore, à cette époque, dans le Sud notamment. Mais Wellman, usant de son habituelle tactique de cacher au moins partiellement l'action des scènes-clés, ne nous montrera jamais la pendaison, mais en insère l'ombre dans les plans, une ombre qui pourchassera les auteurs du lynchage qui auront survécu à l'incident... De la même manière, il nous montre Fonda dissimulé derrière un chapeau, seule sa bouche étant visible, ce qui de fait met en valeur le discours final, lu par le comédien sur la lettre du jeune condamné, qui remet les choses en place: on ne tue pas, que ce qoit par visée criminelle, ou par justice. La lettre enjoint l'homme de faire la justice dans la dignité, l'objectivité, et à l'écart des passions. Devant ces braves gens, tous réunis autour d'un crime qui n'aurait pas du se commettre dans un pays de droit, la lecture de la lettre rappelle avec force où l'Amérique devrait se situer, et ce qu'elle doit faire, pour lutter contre la barbarie aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de ses frontières.

On ne saurait mieux le dire: tuer est mal, que ce soit légitimé par la loi, ou non. Ce n'est plus ici ni Fonda, ni Dana Andrews ni William Wellman, ni Lamar Trotti qui s'expriment: c'est moi.

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Published by François Massarelli - dans William Wellman Western
1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:31
She wore a yellow ribbon (John Ford, 1949)

On repart donc à Monument Valley, pour l'un des films centraux de l'oeuvre de John Ford, un nouveau western avec John Wayne, encore une fois (la quatrième) situé à Monument Valley, et comme Fort Apache tourné l'année précédente, une histoire située dans le quotidien de la Cavalerie. Fort Apache était inspiré de la bataille fameuse de Little Big Horn, cet affrontement dans lequel Custer avait entraîné tout un régiment, dont Ford montrait le mécanisme fatal dans son film. Ce nouveau chapitre de l'histoire (Ou des histoires pour être plus juste) de la Cavalerie commence justement en pleine actualité, en 1876 au moment ou la nouvelle de la défaite spectaculaire de Custer et du 7e de Cavalerie se répand sur la Frontière. Dans un petit fort, on assiste à des mouvements de troupe des tribus Indiennes Kiowa, Arapaho, Cheyenne et Comanche qui mettent de côté leurs différences, et on craint une nouvelle attaque sur l'armée. Le fort étant aux premières loges, le risque est grand. Et justement, le Major Allshard (George O'Brien) commandant le fort est doublement inquiet. Il fait d'une pierre deux coups, il charge son second le Capitaine Nathan Brittles (John Wayne) de patrouiller pour observer les indiens, et leurs trafics avec des contrebandiers qui leurs fournissent les armes, tout en véhiculant deux femmes que le commandant du fort souhaite éloigner de l'éventuel théâtre des opérations: sa propre épouse (Mildred Natwick), et sa nièce (Joanne Dru). Pour Brittles, la période est particulière: il est à cinq jours de la retraite. Une retraite bien méritée pour ce vieux soldat qui prépare activement sa succession en couvant les trois jeunes loups les plus brillants de sa troupe, interprétés par Ben Johnson, John Agar et Harry Carey Jr, mais veut-il vraiment prendre sa retraite? Et surtout, les circonstances vont-elles vraiment le lui permettre?

La patrouille, le risque de guerre Indienne, l'ombre de Little Big Horn... tout ça n'est finalement que prétexte, voire contexte. Une façon comme une autre d'amener les deux véritables sujets du film: la vie quotidienne d'un poste avancé de l'armée Américaine, sur la frontière, dans le territoires qui ne sont plus tout à fait des terres à prendre, mais pas encore des états de l'Union. Cette vie tourne autour d'une certaine dose de discipline, mais tempérée de bon sens: une scène montre Nathan passer sa colère de devoir transporter des civiles dans une mission dangereuse en faisant une réclamation en bonne et due forme, sous les yeux de son supérieur hiérarchique, cible de sa diatribe mais qui lui corrige impassiblement ses fautes, avec une certaine tendresse... L'atmosphère de camaraderie, de solidarité masculine, éclate au grand jour dans l'une des scènes les plus simplement poignantes de tout le cinéma Fordien, lorsque le matin de sa retraite, Brittles voit face à lui toute la troupe, impeccablement rangée, avec un cadeau pour lui... Et la façon dont Nathan couve son soldat préféré (Ben Johnson), le sergent Tyree (Bien que Brittles ait été un soldat du Nord, et Tyree soit du Sud), ou encore l'impayable et sempiternel sergent Quincannon, vieille baderne Irlandaise et alcoolique, interprété comme de juste par Victor McLaglen, tout va dans cette même direction de montrer des hommes unis dans et par l'adversité, dans laquelle la discipline et les éventuelles sanctions ne sont finalement que des pudeurs d'homme. Tous ces gens meurent d'envie de s'embrasser à la moindre occasion... Et pas loin, les Indiens qui se massent en l'attente d'une éventuelle bataille ne sont pas beaucoup plus menaçants. Oui, le danger est là, mais une scène montre Brottles qui va repérer les lieux, et deviser avec le chef Pony-That-Walks (Chief Big Tree) comme on retrouve un vieux camarade. Les deux hommes philosophent au sujet de la vieillesse, leur lot commun...

Avec son troisième film de long métrage en couleurs, Ford a trouvé la palette juste, et ce film est d'une beauté plastique impressionnante, avec des effets de brume et d'orage (Rajouté en post-production!), des crépuscules d'un rouge très vif, et comme toujours chez Ford cet oeil de peintre qui sait tirer parti de n'importe quel environnement pour créer des images inoubliables: Cette façon de faire contraster les rochers gigantesques de Monument Valley, et la petitesse des cavaliers en contrebas, ces jeux de couleurs inspirés de Frederick Remington, qui mettent en scène des Indiens sur le sentier de la guerre, certains d'entre eux d'ailleurs authentiques, car Ford a, en cette période, un carnet d'adresses impressionnant... Il n'oublie pas non plus de continuer à nous montrer ces hommes qui visitent la tombe d'une femme qu'ils ont aimée, comme dans Young Mr Lincoln, une figure courante dans le cinéma Fordien, et qui parfois s'étende à d'autres liens familiaux (Dans My Darling Clementine, Fonda-Earp visite la tombe de son jeune frère). La mort fait partie de la vie de ces soldats, aussi bien dans l'exercice de leur métier, que dans leur vie privée... Elégie à un soldat sur le départ, réflexion désabusée mais tendre sur le crépuscule d'un homme, et l'héroïsme quotidien des obscurs et des sans-grade, ce film est le plus beau des trois films de Cavalerie inspirés de James Warner Bellah, haut la main.

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Published by François Massarelli - dans John Ford Western
29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 19:52
3 godfathers (John Ford, 1948)

C'est après l'échec public retentissant de leur première production en commun, The fugitive (Objectivement, l'un des pires films de Ford, adapté de Graham Greene) que Merian Cooper et Ford ont renchéri avec un film clairement taillé pour le succès, un conte de Noël déjà tourné une fois à la MGM par Chester Morris... Ford disait souvent que Marked men (1919) qu'il avait tourné avec Harry Carey, était aussi une version de la même histoire, mais le film étant perdu, on pourra juste le croire sur parole, ce qui n'est jamais garanti! Le deal avec la MGM, après l'aventure du flop précédent, était une bonne affaire, et le film (Dédié au passage, à Harry Carey, décédé quelques mois plus tôt) ressemble quand même beaucoup à du sur-mesure pour le box-office. De fait, c'est un classique, sur lequel je ne peux pas m'empêcher d'avoir deux avis...

Rappelons l'histoire: trois hommes (John Wayne, Harry Carey Jr et Pedro Armendariz) arrivent dans la sympathique petite ville de Welcome Arizona, et conversent quelques minutes avec le shériff (Ward Bond) et son épouse (Mae Marsh) avant de se tuer sur la banque et de la dévaliser. En fuite, ils se précipitent dans le désert, qu'ils envisagent de traverser en allant d'un point d'eau à l'autre... mais la malchance les poursuit, l'eau vient à manquer bien vite, es chevaux s'enfuient, et l'un d'entre eux (Harry Carey Jr) est sérieusement blessé. Ils trouvent un chariot, dans lequel une femme (Mildred Natwick) enceinte, agonisante, va donner vie en leur présence à un garçon. Ils décident de le suver, même s'ils doivent tous mourir pour ça...

Donc d'un côté, un conte fortement teinté de Christianisme pour cous d'écoles, dans lequel "trois parrains" vont se donner à fond pour un enfant, rachetant du même coup tous leurs péchés, même si cela ne semble pas du tout être l'intention! Un conte simpliste, fait de bons sentiments, de coïncidences et de miracles téléphonés...

De l'autre, c'est un film de John Ford, certes pas forcément de la meilleure eau, mais on sent qu'il a aimé tourner cette histoire, et que ses acteurs l'ont aussi apprécié. On aime toujours voir John Wayne en baroudeur du désert de l'ouest, on sent que ce n'est jamais un rôle de composition. De même, Ward Bond en shériff bourru est fantastique, et le Technicolor rutilant (C'est le deuxième film de Ford en couleurs après Drums along the Mohawk), vu par son oeil unique mais légendaire fait merveille avec les teintes du désert et la nuit d'un bleu pâle inattendu, mais si esthétique... Alors on se laisse gentiment aller, bien entendu...

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Published by François Massarelli - dans John Ford Western
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:06

On peut rêver pire, dans le déroulement d'une journée, que de regarder ce film... Mais il faut avoir conscience de son importance, tant pour la carrière de ses deux principaux protagonistes que pour l'histoire du genre dont il fait partie: avant Stagecoach, Ford a réalisé des films pendant 21 ans, et a fait son dernier western en 1926. Plus encore, on peut considérer qu'il ne tourne plus pour ce genre depuis son passage à la Fox en 1920; en effet, Cameo Kirby se passe dans le sud des Etats-Unis, The iron horse sera d'abord vendu pour ses aspects épiques et historiques, et Three bad men pouvait passer comme un film d'aventures classiques, même s'il mélangeait, plus efficacement que ne le faisait The iron horse les valeurs du western et celles de l'épopée historique. C'est donc un grand retour pour Ford, et en 1939, le western était motibond, confiné à part quelques rares films à la série B. Le résultat sera pourtant non seulement un énorme succès, tant critique que public, mais on peut aussi le considérer comme l'invention consciente du western moderne...

Ford y ménage bien son suspense, de façon magistrale, en jouant sur quatre enjeux: une diligence parcourt le pays en proie à la rébellion Apache, quand attaqueront-ils? Les passagers en réchappront-ils? Ringo Kid parviendra-t-il a assumer sa vengeance une fois arrivé à Lordsburg? Et enfin, quelle sera sa réaction lorsqu'il découvrira que Dallas, la femme dont il est tombé amoureux, est une prostituée? On peut ajouter un cinquième, voire un sixième enjeu, d'une part la façon de percevoir Dallas: quand va-t-elle être acceptée par les autres, et dans quelle mesure (On sait ce que le film doit à Boule de suif, de Maupassant)? Et enfin, le "major" Hatfield va-t-il trouver la rédemption dans le voyage, par le biais de l'amitié de la belle native de Virginie (qui n'est autre que la fille de l'homme sous les ordres duquel le jouer professionnel a jadis servi)? Autant de question qui trouveront à temps des réponses...

Purement Rooseveltien, avec ses luttes de classe dans une diligence, le film est aussi très Fordien, par sa symbolique construction d'une famille idéale, Américaine, faite de parias qui se rachètent (Le prisonnier évadé Ringo Kid, la prostituée Dallas, qui dorlote un nouveau-né pendant une bonne demi-heure, ce qui va faire changer d'avis toute la bonne société en ce qui la concerne). Ford attaque le mauvais esprit des conventions, opposant à la bigoterie et aux préjugés des "braves gens" (John Carradine, le "major", Berton Churchill, le corrompu banquier, Louise Platt l'oie blanche de Virginie) la simplicité et la véracité des sentiments humains du délinquant et de la femme déchue. On prend, une fois de plus, Ford en flagrant délit d'humanisme catholique! Par ailleurs, le réalisateur aimait à confronter un groupe communautaire en fuite à des forces négatives, on peut donc difficilement trouver meilleur exemple que cette diligence en proie à un groupe d'Apaches anonymes...

Et de nouveau confronté au western 13 années après Three bad men, Ford s'en donne à coeur joie: il installe ce sentiment d'urgence et de menace sur la frontière qui nous aggrippe dès l'ouverture du film, campe ses personnages les uns après les autres dans le cadre de la ville nouvelle dans laquelle la diligence va faire le plein de ses passagers, et laisse éclater son lyrisme dans les plans de Monument Valley... Où il orchestre une poursuite d'anthologie, ainsi qu'une charge de cavalerie de bon aloi. Le plan est célèbre, et mérite d'être rappelé: un panoramique tranquille, pris depuis les hauteurs d'une mesa, nous montre a diligence à vive allure... avant de brusquement se tourner vers la gauche: sur une hauteur, les Apaches que nous attendions depuis 75 minutes sont là, et ils vont enfin attaquer! Une autre scène va alimenter des centaines de westerns à venir: Luke Plummer, le bandit de Lordsburg, est prévenu que Ringo Kid est en ville. Il se met en chasse dans la ville obscurcie par la nuit. Ford nous rappele son influence expressonniste dans une scène paradoxale, puisque c'est le héros qui se fait cette fois attendre, et les trois bandits vont être ses proies. Après quelques minutes, Wayne, en silhouette, entre dans le champ par la gauche. On sait que les trois autres n'ont aucune chance. Quelques années plus tard, Ford tournera une variante de la scène pour l'un de ses ultimes chefs d'oeuvre... 

Mais il fait mieux encore: Revitalisant le western, John Ford en profite pour lui créer une star, vue dans le plus glorieux de ses moments dans le film: après 15 minutes passées à remplir une diligence, on se rendait bien compte qu'il y manquait quelqu'un: le bandit au grand coeur. Tout à coup, un homme arrête la diligence, et la caméra, comme prise par surprise, a du mal à faire le point. La Winchester virevolte, une voix dit "Oh, it's the Ringo kid!" A star is born. Magnifique plan!! Superbe film.

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Published by François Massarelli - dans John Ford Western John Wayne
28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 18:04

Produit par Aaron Rosenberg pour Universal, sur un script de Borden Chase, et interprété par James Stewart: avec ses scènes de haute montagne, on est forcément tenté de rapprocher ce film de la série des collaborations de l'acteur avec Anthony Mann: ce film aurait d'ailleurs du être leur 9e collboration, mais Mann, qui désapprouvait le choix du studio de confier un rôle à Audie Murphy, en a décidé autrement. Et c'est ainsi qu'en l'absence d'un réalisateur prestigieux, Night passage est devenu l'unique production de cinéma du metteur en scène de télévision James Neilson. Avec son pedigree, on serait bien sur tenté de crier au tâcheron, mais il s'en sort finalement assez bien...

Le film commence tranquillement, avec une scène durant laquelle James Stewart interprète un homme qui va le long de la voie ferrée, de ville en campement, pour proposer ses services de musicien. Il joue de l'accordéon, et semble tenter de faire oublier un passé de fine gâchette, en faisant danser les ouvriers du cheval de fer... Les premières scènes renvoient à une caricature des films de Ford, avant que le drame Shakespearien ne nous rappelle qu'on est dans un territoire proche des films de Mann, avec sa rivalité entre le grand frère James Stewart passé du côté de la morale, et le plus jeune Audie Murphy qui lui penche du coté de la flibuste un peu romantique, mais assez franchement malhonnête: il travaille pour un dingo, joué avec conviction et un poil de sadisme, par Dan Duryea. Stewart, lessivé et lâché par tous, obtient un job dangereux: il doit convoyer la paie des ouvriers, alors que la bande dont fait partie son frère attaque systématiquement les trains qui passent à sa portée.

C'est un film dont l'intrigue se bonifie au gré de son déroulement, avec un certain nombre d'avantages: la montagne, bien sur, et des points de vue à couper le souffle, que William Daniels ne se prive pas de rendre magnifiques à l'écran. Un Technirama, petit cousin du Cinémascope, de fort belle tenue, la musique de Dmitri Tiomkin. Bon, certes, Murphy n'est pas à la hauteur... Mais Neilson, à quelques exceptions près, fait un bon boulot: l'attaque du train, vue de plusieurs points de vue, est passionnante, et certaines scènes de fusillade à la fin (Certes un cran en dessous du final de Winchester 73, mais à l'impossible nul n'est tenu) valent le détour. Occasionnellement, il révèle son métier de réalisateur de télévision en privilégiant les plans d'ensemble, au détriment du suspense, mais il s'en tire bien avec l'écran large, ce qui n'en doutons pas, devait le changer un peu...

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Published by François Massarelli - dans Western