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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 09:49

Voilà un film sur lequel on ne peut être que partagé. Non que le personnage de Ernesto "Che" Guevara me soit familier, voire sympathique: l'image du Guerillero dressé contre l'impérialisme est un truc un peu facile, et en se faisant l'aide de camp d'un anti-démocrate viscéral, l'exécuteur des basses oeuvres du régime Cubain m'irrite encore plus.

Je ne crois pas cependant qu'il y ait dans ce film de volonté affichée de le rendre plus saint qu'il n'a déjà été fait, par des années de raccourcis, de T-shirts, et de posters... le film de Soderbergh n'est pas une biographie ni une hagiographie, juste la tentative de montrer deux moments-clés d'un personnage historique, en se basant sur ce qui lui a vraiment donné de la substance: son engagement auprès de Fidel Castro, qui fait l'objet d'une première partie en forme de montée en puissance (The rise of Che?), engagement qui lui a donné un goût pour la lutte armée: une activité de plein air qui lui a cruellement manqué durant sa carrière de ministre (uniquement évoquée par un épisode New-yorkais dans la première partie); puis la deuxième partie, nous confronte à son désir de reprendre la lutte, au Congo (cité dans une réplique), au Venezuela (Pareil) et enfin en Bolivie, dans ce qui ressemble d'abord à une machination à la Danny Ocean (Les lunettes, la coupe de cheveux, le dentier pour changer de tête), puis se transforme très vite en un désastre absolu (The fall of Che?).

Somme toute, à travers ces deux pôles de la vie d'un homme célèbre, Soderbergh fait son Shakespeare, et se laisse aller à sonder un mythe moderne, sans jamais se laisser aller au spectaculaire. On se perdra parfois dans cette lente et austère évocation qui prend son temps, mais dont des signes discrets ça et là nous prouvent qu'elle prendra de plus en plus de sens avec les années: qui est cet homme qu'on aperçoit trois fois, deux plans à New York, un plan à La Paz? Pouquoi Che voit-il son tueur dans le bateau qui le mène à Cuba? D'autres petits bouts de trucs et de machins sont disséminés dans ce film-fleuve. Soderbergh ne s'arrêtera jamais de s'amuser, y compris lorsqu'il a un film de 4h30 à tourner en 78 jours, pour 3 dollars 50.

 

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Published by François Massarelli - dans Steven Soderbergh Criterion