
Peu de temps après la sortie du premier épisode de Die Spinnen, son premier film conservé, Lang signe ce curieux film, adaptation statique et ampoulée de l’opéra Madame Butterfly. Sur un scénario de Max Jungk, il raconte comment une jeune Japonaise (Lil Dagover), jusqu'alors protégée par son père, un notable local, tombe sous la coupe d'un prêtre Bouddhiste (Georg John) qui va essayer de l'assujettir faute de pouvoir la posséder. Mais elle trouve une échappatoire en la personne d'un occidental, Olaf Anderson (Niels Prin) avec lequel elle file le parfait amour. Mais quand il part, pour rejoindre sa légitime épouse, elle reste seule, et... enceinte.
Décoratif, esthétique, mais mortellement ennuyeux, le principal intérêt est qu’on ait retrouvé ce film, réputé perdu pendant des décennies… Lang y sacrifie à une mode exotique et orientaliste qui était également un peu présente dans Les araignées, et tourne ses scènes dans des jardins japonais plus pittoresques encore que les vrais. Mais comment le prendre au sérieux? Georg John, en prêtre Vouddhiste, a du mal à nous faire oublier que le crâne rasé qu'il arbore est un bout de plastique mal ajusté... La vision du bouddhisme est hallucinante de stupidité, et le Japon y est certes décoratif, mais à peu près aussi Japonais que Bourg-en Bresse.
Bref, réjouissons-nous: on a retrouvé un film, et on a pu le voir et constater qu'il n'a pas grand intérêt, si ce n'est en le comparant avec les épisodes "exotiques" et décoratifs de Die Spinnen et Der müde Tod. La situation de Harakiri est par contre paradoxale: le film est sorti en décembre 1919, soit deux mois après la première partie des Spinnen (Les araignées), dont la deuxième partie ne sortirait qu'en février 1920...