Le vieux Pearson (J. Edwin Brown), un vétéran de la Guerre de Sécession se plaint tout le temps, dans la maison de retraite où il vit: tout est toujours plus beau chez son neveu (Charles Hammond)... Il passe donc son temps à tout critiquer... Parallèlement, sa famille se dit qu'il y a de la place dans leur maison: ils vont donc lui proposer de vivre avec eux: le neveu, donc, son épouse (Katherine Griffith), son fils, un jeune pasteur (Alva Blake), et sa fille (Mary Walcamp)... Ce qui aurait pu tourner au conte de fées pour le vieil homme va tourner au cauchemar pour la famille, qui voit arriver un vieil aigri qui se mêle de tout...
En deux bobines, Lois Weber, autrice du scénario et co-réalisatrice, passe de l'évocation respectueuse des vétérans à la comédie cruelle. Rappelons qu'en 1916, beaucoup de septuagénaires survivent, qui ont participé à la fameuse guerre civile. Ils font partie du décor... Le personnage de Pearson est intéressant, parce qu'il pourrait avoir tous les aspects de la caricature, surtout quand il vient chez le neveu et commence à donner son avis à tort et à travers, chamboulant chacun dans ses habitudes: par exemple, il signale à son petit neveu qu'il ne doit certainement pas avoir beaucoup d'autorité en ministre du culte, il dit à l'épouse de son neveu que son mari passe vraiment beaucoup de temps à son club, et il montre à la petite-nièce que son fiancé n'est pas assez grand... Mais il est attachant, et la fin du film en fait tendrement le héros.
Mais de toute façon, ce que voulait Weber, c'est sans doute beaucoup plus évaluer la dynamique familiale qu'autre chose, et l'enjeu dans ce film va vite devenir de dépasser la crise (Durant laquelle tout le monde se fait la tête), en se découvrant vraiment comme une famille unie. Le tout est un joli film, en tout cas, qui témoigne une fois de plus de la vitalité du cinéma de Lois Weber, et de l'étendue de sa gamme.
/image%2F0994617%2F20251216%2Fob_93116d_mv5bymriotgwmdetnzhkns00nmq2lwixmdqtmz.jpg)