
Tourné en 1906, La femme du lutteur fait partie de la première vague des courts métrages de Capellani. Vu à plus grande distance que les autres, ce film incorpore un grand nombre de figurants, ce qui est d'autant plus justifié qu'une partie de l'action se place dans le cadre forain: un lutteur à succès se laisse draguer par une riche bourgeoise, et abandonne roulotte, femme et enfants pour s'installer dans la belle vie.
Le sujet parle d'abandon du domicile conjugal, d'adultère, et donc de sexe. Le fait que l'homme fasse un usage professionnel de son corps est à prendre en compte. En tout cas, cette fois, contrairement aux crimes et autres actions violentes commis dans Drame Passionnel, Mortelle idylle ou dans L'âge du coeur, on utilise ici plutôt une arme blanche qu'une arme à feu. Une fois de plus, le crime est la fin: la police n'intervient pas, en tout cas pas dans l'espace filmique, tout comme, on le verra, dans L'assommoir... Pas de résolution bourgeoise, donc. Mais je me garderai d'y voir une intention, puisqu'on nous annonce que cette copie est incomplète.