
Dell Henderson, acteur et metteur en scène était déjà un vétéran de la comédie quand il a mis en scène ce tout petit film, rendu encore plus petit par l'outrage du temps: il y manque le début, ce qui fait qu'on commence bille en tête par...
Le drame: la patron d'une usine (Walter Coyle) s'est saisi de l'une de ses employées (Madge Kirby) afin de lui faire subir les derniers outrages, soit s'enfermer avec elle et la regarder en levant les bras vers le plafond, avec des yeux concupiscents, pendant que la pauvre créature reste en place, prostrée, incapable d'envisager quoi que ce soit: bref, comme dans un court métrage de Griffith, mais en étirant au maximum (Et en exagérant encore plus chaque geste). On sait la dette de Sennett à son maître Griffith, ce qui ne l'empêchait pas, la preuve, de pousser à la parodie!
Et pendant que le fiancé totalement inepte (Clarence Barr) court un peu partout comme un poulet qu'on aurait confronté à l'existence de la brosse à dents, il réussit à trouver la présence d'esprit d'appeler la police, véritable héroïne de ce film. Par "police", comprendre bien sur les fameux "Keystone cops", ces flics tellement peu efficaces qu'ils sont un spectacle à eux seuls, leur façon de partir d'un point A pour se rendre à un point A est restée célèbre entre toutes...
Donc c'est mineur, mais tellement bien conservé qu'on y prend quand même le plaisir coupable d'y rire, devant la façon dont déjà, Sennett raillait le mélodrame. Et d'y apercevoir un acteur qui... ressemble à Roscoe Arbuckle, car non, décidément ce n'est pas lui même si tout a été fait pour que cet acteur corpulent fasse illusion: on cultivait de bien des façons le star-system chez Sennett.