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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 18:19

La dépression, vue de l'intérieur, du chaos intérieur: voilà le sujet de ce film qui réussit constamment à naviguer entre comédie et drame, entre description rationnelle et décalage inquiétant. Mel Gibson est excellent, mais oui, quant à la réalisatrice, elle s'est gardé un rôle moins marquant, comme elle l'avait fait avec son premier film, Little man Tate: là encore, elle y joue un personnage lié au "héros" (Elle était en la mère dans le premier film, elle est ici l'épouse), mais qui non seulement ne comprend pas le problème, et plus encore dans ce film en deviendrait presque l'ennemi... On y verrait bien comme un goût pour les situations de crise, qu'elle soit familiale, ou liée à une prise d'otage (Money Monster).

Walter Black (Mel Gibson), nous informe une voix off mystérieuse au fort accent Australien, est dépressif. Du coup, tout dans sa vie se casse la figure: son épouse Meredith a beau avoir de la patience, elle en a marre de ce mari qui ne fait que dormir. Son entreprise, héritée de son père, est en train de tout perdre, et il ne mène plus rien. Si son plus jeune fils Henry lui est pour l'instant très attaché, son grand fils Porter (Anton Yelchin) est en plein conflit. 

Quand Meredith décide de chasser Walter purement et simplement, Porter applaudit... Et Walter se saoule, et tente de se suicider.

Il en sera empêché par une marionnette, celle d'un castor qui va désormais "le prendre en main". Bien que le castor en question soit juché sur la main de son "support humain", et que ce dernier parle pour lui visiblement, on jurerait que la bête est vivante. Et dans un premier temps, Walter va aller mieux. Mais c'est surtout que le castor va prendre le pouvoir, ce que Meredith, d'abord séduite par le regain d'énergie et d'optimisme de son mari quand il est sous l'influence d'un castor, va avoir de plus en plus de mal à accepter.

Une sous-intrigue, qui met en lumière une sorte de malédiction familiale, s'intéresse à la vie de Porter au lycée, son business de devoirs faits pour les autres, et sa rencontre avec la fille la plus en vue du lycée, qui lui confie un 'travail'. Mais si la belle Norah (Jennifer Lawrence) est attirée par Porter, celui-ci va tout gâcher... cette portion du film est sympathique, mais nettement plus conventionnelle. Mais elle n'est qu'un des points de vue complémentaires et contradictoire d'une réalisatrice (On le voit bien dans son film Money Monster) qui aime beaucoup croiser les subjectivités autour d'un personnage. Mel Gibson a beau être en permanence ou presque à l'écrn, nous n'avons jamais son point de vue, mais celui de sa famille, de ses collaborateurs...

...et du castor bien entendu. Admettons-le: personne ne pourra décider à la fin, si l'animal existe vraiment, ou s'il s'agit d'un tour de passe-passe psychologique visant à sortir de la dépression, et qui tourne particulièrement mal. Car le film, en dépit de son prétexte loufoque, n'a absolument rien d'une comédie: il est profondément noir, et touche vraiment juste sur le sujet de la dépression, et installe un véritable malaise. Et Mel Gibson, qui sent généralement le soufre, n'y est pas pour rien.

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Published by François Massarelli - dans Jodie Foster