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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 16:46

Après Gallipoli, ce film aux allures internationales était le sésame pour Weir et Mel Gibson, qui souhaitaient s'affranchir des limites et des carcans culturels d'un cinéma Australien cantonné à une audience locale. De fait, ça marchera pour l'un et l'autre, en partie grâce à ce film. Co-produit par la MGM, The year of living dangerously est basé sur un script adapté d'un roman Australien à succès, écrit par Christopher Koch, et dont plusieurs cinéastes (incluant Philip Noyce) souhaitaient tirer un film. 

1965. En Indonésie, le journaliste Guy Hamilton, correspondant de presse Australien, arrive en urgence pour couvrir les événements en cours pour son journal: la situation est devenue brûlante, entre le gouvernement du président Sukarno, le Parti Communiste local (P.K.I.) et un groupe de généraux Musulmans. Tous ces gens, autrefois unis dans la proclamation de la république, sont désormais concurrents. Mais la concurrence existe aussi dans le milieu du journalisme, comme va le découvrir Hamilton. D'autant qu'il est pressé par ses patrons de fournir des scoops le plus souvent possible, et que la situation évolue de jour en jour. Il va pouvoir bénéficier de l'aide de Billy Kwan (Linda Hunt), un photoraphe Américano-Chinois, qui vit à Djakarta, confesse une véritable admiration pour le président Sukarto, et va agir en bon génie pour Guy: d'une part, il va l'aider à trouver des sujets d'intérêt pour ses articles, le poussant en particulier à écrire sur la misère du peuple; mais il va aussi lui présenter des gens importants, notamment l'envoûtante secrétaire de l'attaché d'embassade Britannique, la belle Jill Bryant (Sigourney Weaver). Mais quel jeu joue réellement Billy Kwan, cet étrange petit bonhomme qui a ses entrées partout, et qui possède aussi des dossiers sur toutes et tous?

C'est un peu la question la plus importante du film, sur un personnage fascinant, mais qui pourrait aussi bien être un démiurge dangereux, que le bon génie qu'il nous apparaît. Le mystère un peu maladroit qui l'entoure reste à la fin l'un des défauts du film, qui accumule les informations à une vitesse impressionnante, et prend en permanence le risque de perdre un peu son public. Mais Billy reste de toute façon l'un des personnages les plus attachants du film, qui reste à l'écart de la romance un brin téléphonée qui se joue entre Gibson et Weaver... Probablement accentuée par un besoin d'audience internationale.

Mel Gibson, à peine remis de ses aventures juvéniles dans Gallipoli, incarne avec le mélange nécessaire de masculinité et de naïveté le personnage de reporter qui croyait vraiment qu'on allait le prendre au sérieux, mais qui ne met pas longtemps à comprendre qu'il ne comprend pas grand chose. Le personnage n'est pas foncièrement sympathique de bout en bout, ce qui rejette d'ailleurs les affections du public vers Billy Kwan.

Puisqu'on en reparle, venons-en à l'un des aspects du tournage les plus souvent rapportés: c'est donc l'actrice Américaine Linda Hunt qui est chargée du personnage-clé du film... IL y a beaucoup de raisons, j'imagine, mais elle est tellement exceptionnelle, qu'on n'a plus besoin de raison. Elle "crée" son personnage complexe comme l'équipe recrée avec talent l'Indonésie enfiévrée de 1965... Mais le film n'est pas une réussite totale, parce que Weir, qui ne s'habituera jamais à la manière Américaine de tout cadrer et de tout fermer, est sans doute mal à l'aise avec son film qui part dans tous les sens. Par contre, il est d'une grande générosité, et nous rappelle que l'occident ne peut pas tout... Et que parfois devant l'histoire en marche, les Anglo-saxons (mais pas que) feraient bien de se faire tous petits.

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Published by François Massarelli - dans Peter Weir