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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 08:42

Après les péripéties de The force awakens, qui se termine par le retour au chaos, nous retrouvons les protagonistes, dès le départ en pleine action: Finn, le stormtrooper qui a décidé de fuir le "Premier Ordre", l'organisation de reconquête de l'empire disparu, mené par le puissant Snoke. Poe Dameron, l'as des pilotes de la Résistance, toujours à parcourir les galaxies à la recherche d'un truc à dézinguer. Et Rey, la jeune impétueuse pilleuse d'épaves, qui est attiré par la Résistance et fondamentalement loyale à la République, mais a surtout un problème d'identité: qui sont ses parents? Pourquoi l'ont elle abandonnée? 

Les enjeux de ce film sont nombreux: rejoindre la résistance, mais aussi empêcher sa destruction définitive; mener à leur terme les quêtes identitaires des uns (Kylo Ren, le fils de Han Solo et Leia, passé chez la concurrence avec de phénoménaux pouvoirs et des complexes d'humanité dans sa tête compliquée) et des autres (Rey, dont le rapport à la force est naturel et fait d'elle une Jedi de toute première catégorie), voire des deux ensemble: ils sont en connexion permanente, à leur très grande surprise. Mais qui manipulera qui?

Si on n'échappe hélas pas totalement à une partie "mytho-mystique" autour de la force, qui occasionne du bla-bla à n'en plus finir de la part de Mark Hamill (celui-là même qui abattait trois vaisseaux ennemis dans son sommeil et ne tenait pas en place, a quarante ans de plus, n'oublions pas), ce film reste comme son prédécesseur, un Star Wars à l'ancienne. Les acteurs y donnent la réplique à d'autres acteurs, la toile de fonds est aussi simplifiée que possible et on ne s'ennuie pas... La référence est de tout évidence The Empire Strikes Back, le deuxième opus de la première trilogie, que d'aucuns (j'en fais partie) considèrent comme le meilleur film des six (ne comptez pas sur moi pour intégrer la trilogie bouseuse de 1999 à 2005): même point de départ "en action", même enjeu (défendre voire garder en vie l'opposition au mal, devenu super-puissant) et mêmes "décrochages" (en 1980, Luke partait passer son BTS de Jedi en compagnie de Maître Yoda, cette fois c'est Rey qui se voit passer le témoin, avec des résultats plus surprenants encore). Sans oublier une bataille d'anthologie sur la neige, qui est ici retranscrite sur... du sel. 

Mais on échappe pourtant au sentiment de redite, tout comme les nombreux points communs entre Star Wars (1977) et The force awakens (2015) ne faisaient pas de ce dernier film qu'un simple remake. L'avantage de ces films qui visent désormais l'avenir de la saga tout en en redécouvrant le passé, c'est que tout devient possible... C'est foncièrement distrayant, et particulièrement bien mené esthétiquement. Les combats, au lieu de la pyrotechnie dégueulasse des scènes d'action de la deuxième trilogie, donnent lieu à des difficultés physiques, et une tension particulière. L'accent mis sur l'importance hiérarchique des femmes est notable. Et Yoda, dans la majorité de son apparition, est une marionnette menée par Frank Oz, donc la sensation de son existence même est garantie! Des éléments d'importance, non seulement pour le respect du public, mais surtout pour la véracité de l'ensemble. Enfin, le metteur en scène qui sait qu'il joue avec la force des sentiments, des liens familiaux, et de l'affection des êtres les uns par rapports aux autres (loyauté de Kylo vis-à-vis de sa famille ou de son maître, identité à tiroirs de Rey, lien amoureux entre Finn et Rey, mais aussi entre Finn et la nouvelle venue Rose, et lien par delà les distances entre les frères et soeurs, comme entre les ennemis intimes), a utilisé un code de couleurs qui le voit toujours privilégier le rouge, surtout dans les scènes situées sur la "planète salée". Et franchement? C'est beau.

...Et pourtant ça ne fonctionne pas vraiment, du moins pas complètement. Le film possède des trous dans sa continuité, des failles aussi dues à un montage parfois chaotique. Est-ce que le temps a manqué, à cause d'une date de sortie imposée par Disney (deux ans après le film précédent, au lieu des trois années habituelles)? Est-ce que le choix a été de privilégier le lyrisme et l'esthétisme sur l'efficacité? Peut-être les deux... Mais la structure du film prend l'eau, du début à la fin. Néanmoins, on y prend du plaisir, on y avance sur l'intrigue sans avoir à se coltiner les leçons de morale à la Lucas, et on y clôt en douceur le parcours d'un certain nombre de personnages. Maintenant, si on a évité à ce film de n'être qu'un épisode de trop d'une saga en perte de vitesse, on sait que les troisième acte sera déterminant. Pression...

J'oubliais! Les acteurs sont souvent excellents dans ce film: Benicio Del Toro fait une apparition remarquable, Laura Dern (Laura Dern!!!!!) se plante en beauté, et Justin Theroux quant à lui est juste là pour un cameo. Mais sinon, on a un atout de choix: Adam Driver! Je passe mon temps à dire que ce gars-là ira loin. Il y est déjà.

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Star Wars Science-fiction