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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 10:11

J'avais franchement été emballé par le premier film de cette nouvelle série qui semblait inaugurer d'un univers différent, plus adulte et généralement gentiment allusif à l'autre partie du monde de J. K. Rowling, qu'on n'appelle pas parfois le Potterverse pour rien... Mais ce deuxième film n'est pas du même acabit... Le rôle de ce deuxième chapitre d'une saga qui contrairement à Harry Potter ne vient pas directement d'une source littéraire, est d'installer les spectateurs dans la durée, de donner à voir quelques bribes d'une intrigue dont on devine qu'elle sera noire et qu'elle coïncidera fortement avec la noirceur historique des années 30: ce prélude au chaos est situé en 1927...

Mais le problème, justement, c'est la façon dont la production doit gérer un mélange entre narration, passages obligés, références au Potterverse, allusion à la sacro-sainte mythologie, efficacité, action, et magie... Profitant de décors superbes (dont Paris, totalement sous-exploité), David Yates se contente d'accumuler les morceaux de bravoure de ses personnages sans prendre une seconde pour leur donner la moindre substance. L'intrigue est une ligne d'événements parfois plus ou moins clairs, avec des personnages sympathiques ou non dont on sait qu'à un moment, il devront franchir une ligne: bons ou mauvais... Et on se raccroche au futile, à l'artificiel: tel personnage est lié à l'autre univers, par son nom, parce qu'il ou elle a été cité(e) dans tel chapitre de Harry Potter: comment voulez-vous qu'on s'intéresse à Johnny Depp en super-méchant après ça? Et pourtant, l'entrée en matière, une évasion spectaculaire où on ne l'entendra pas prononcer un mot, est vraiment très réussie... Mais après l'acteur, pas doué pour la subtilité, se lâche et fait ce pour quoi on l'a engagé: trop.

Mais ce qu'on avait aimé, dans le premier film, c'est précisément de suivre un personnage (Newt Skamander), mal-apprécié dans ce monde où TOUT, absolument tout, est supervisé jusqu'à l'extrême, et voir comment il allait pouvoir y mener sa petite vie d'excentrique en toute liberté, et y déployer en toute maladresse un bestiaire totalement décalé. Cette liberté poétique, réduite à sa plus simple expression, fait ici cruellement défaut, au milieu d'une machine bien huilée... mais vide de sens.

 

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Published by François Massarelli - dans Harry Potter