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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 16:04

Nous y voilà: je peux faire court, la preuve: cette Attaque des clones toute en politique et en traîtrises est le point le plus bas, le film le plus mauvais de toute la saga Star Wars, et à mon sens celui qui prouve à la foi l'inutilité de toute cette deuxième trilogie en même temps que l'erreur de George Lucas d'avoir voulu reprendre le contrôle intégral sur la paternité de l'histoire en se remettant à contrecoeur à la réalisation.

Mais je vais quand même développer un peu: d'autant qu'on peut quand même expliquer un peu par des facteurs extérieurs la malédiction qui pèse sur ce deuxième épisode. Bien sûr que The empire strikes back est le meilleur moment de toute cette histoire, et c'était un deuxième épisode. Mais il semble que quoi qu'il advienne l'histoire ne puisse se répéter: The last Jedi, de Rian Johnson, a ses qualités (lui, au moins...), mais c'est bien moins excitant que The force awakens. Le premier de ces deuxièmes épisodes (vous suivez toujours?) avait pour avantage d'être le film par lequel naissait véritablement la trilogie initiale de Star Wars; après un premier film qui avait rempli sa mission et les tiroirs-caisses d'un certain nombre de personnes, la décision d'étendre la saga avait été prise par Lucas, et non comme il le prétend aujourd'hui avant. L'enthousiasme, les moyens, et la créativité d'un monde à inventer ont fait le reste...

Alors que ce deuxième deuxième épisode se contente mollement de mettre ses pas dans ce qu'on sait déjà, en faisant semblant de mettre un peu de mystère: hum, qui est ce mystérieux Sidious? hum, pourquoi le chancelier Palpatine s'intéresse-t-il à Anakin Skywalker? hum, ce dernier aurait-il des pulsions meurtrières? ...Et l'enquête menée par Obi-Wan Kenobi ne présente aucun intérêt, sans parler de l'ennui que ses recherches occasionnent: d'une part parce que je suis désolé mais je trouve Ewan McGregor épouvantable dans le rôle, mais aussi les dialogues brillent par leur nullité ("viens, R2, nous allons prendre une collation bien méritée") comme d'ailleurs sur tout le film ("Oh, regardez là-bas!" "Ca alors, mais c'est le comte Dooku!"). Encore une fois, c'est vrai que parcourir Star Wars (les vrais films, soit les trois premiers et je ne parle pas de ces épisodes 1, 45, 59 à la noix mais des films de 1978, 1980 et 1982) donne envie d'en savoir un peu plus sur les personnages, mais justement, c'est à ça que sert ce merveilleux outil qu'est l'imagination... Découvrir un Yoda virevoltant qui joue du sabre laser comme d'autres du bâton de majorette, qui plus est en images de synthèse, ça n'était pas dans ma bucket list. Au passage, il me semblait que dans le monde de George Lucas, les manieurs de sabre frimeurs avaient toujours à craindre le côté laconique et expéditif des vrais héros, qu'ils aient ou non un fouet.

L'imagination, parlons-en: il en faut beaucoup pour accepter que Anakin Skywalker soit ce gamin de douze ans, grandi un peu vite, capricieux, bête, colérique et sans aucun relief. Un personnage, ça se travaille, et Lucas qui en a créé de nombreux dans sa longue carrière, le sait bien. mais ici, tout se passe comme s'il avait juste décidé que cet acteur inadéquat au possible serait Darth Vader, et qu'on n'avait qu'à l'accepter parce que c'est lui le chef de Star Wars. Et les moments ridicules de s'enchaîner, l'un des points culminants de cette gêne occasionnée par le film reste quand même ce moment où Padmé (Natalie Portman) dit à Anakin qu'elle l'aime. Lui n'y croit pas... Eh bien moi non plus.

Bon, Padmé, souvent gâchée par les effets spéciaux dus à l'obsession du metteur en scène d'un univers tout numérique, est au moins un point positif, un personnage complexe et intéressant, mais qui pâlit en raison de son emploi tous azimuts (Reine, puis Sénatrice, jeune femme, mais elle a vécu, elle est une politicienne, mais hop elle soubresaute pour échapper à la mort dans une usine mécanisée où elle est prise au piège), et comme le reste, on finit par ne plus y croire non plus. Pas plus qu'on ne saura apprécier ces Jedi qui se battent comme on mesure sa quéquette, en jugeant leurs opposants par un examen approfondi de 12 secondes de maniement du sabre laser. Où une saga qui avait une vraie classe rejoint définitivement les jeux vidéo qu'elle a engendrée dans la médiocrité et la bêtise crasse. 

Bref, c'est vraiment pas bon, hein.

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Published by François Massarelli - dans Star Wars George Lucas Science-fiction